mercredi 26 juin 2013

Hannibal (Ep. 1.13)

Ep.1.13
Savoureux


Et bien voilà, c'est la fin d'Hannibal ou du moins de sa première saison et c'est donc l'heure du bilan. Commençons d'abord avec ce dernier épisode, Savoureux, qui porte bien son nom d'ailleurs puisqu'il conclu l'affaire de fort belle manière. Oh bien sûr, une grande partie de ce qui arrive est finalement assez convenue puisqu'on le sentait venir à des kilomètres, mais Bryan Fuller a su nous réserver quelques surprises et le fameux cliffhanger qu'il évoquait ouvre des perspectives réjouissantes pour la suite des évènements !
Le récit nous montre la conclusion logique des stratagèmes d'Hannibal et comment il parvient finalement à piéger tout le monde. Exit Abigail donc, laquelle ne sert plus ses intérêts même s'il avoue le regretter lui-même: c'est Will Graham qui est considéré coupable aux yeux de la Justice. Celui-ci pense d'ailleurs avoir perdu la boule lorsqu'il se réveille un beau matin, pour aller vomir une oreille humaine ! Il est arrêté et interrogé par Crawford, lequel est accusé par Alana Bloom d'être responsable de son état.
L'affaire Hobbs semble close puisque Crawford conclu qu'Abigail était bien la partenaire de son père et que Graham l'a assassiné dans une crise de démence, mais c'était sans compter sur l'esprit retord d'Hannibal qui pousse le bouchon encore plus loin. Il fait passer les autres meurtres inexpliqués de la saison sur le dos du profiler ! Le but avoué est de faire croire à Crawford que Will n'est pas la victime d'une maladie mentale mais un véritable psychopathe ayant conscience de ses actes.
Toutefois les choses ne pouvaient pas tourner parfaitement, surtout pas avec Will qui se rapproche de plus en plus de la vérité. Suffisamment malin pour comprendre qu'il a été piégé avec ces autres meurtres dont il se sait innocent, et par conséquent qu'il n'est probablement pas responsable de la mort d'Abigail, il s'évade pour se confronter à Hannibal. Car ses visions du Cerf se sont modifiées, l'animal ayant maintenant prit une forme monstrueuse qui représente la véritable apparence du cannibale... 


Si le moment clé de l'épisode réside dans ces retrouvailles entre les deux personnages, tout ce qu'il y a autour retient également l'attention. Hugh Dancy campe un Will Graham vulnérable à souhait, à la limite de la dépression et ne possédant pratiquement plus la volonté de se battre contre le sort. Et si Alana Bloom se montre évidemment bouleversée par ce qui arrive, c'est avec une grande surprise que l'on peut voir Hannibal lui-même craquer sous la pression, en réalisant qu'il va peut-être perdre celui qui aurait pu être son seul ami.
Dans une superbe scène où il se confie à sa psychiatre, il avoue comprendre maintenant le plaisir d'avoir un enfant et de le guider dans sa vie, se référant à Abigail, avant de fondre en larme ! La réaction de Graham qui se laisse aller le rend également mal à l'aise, lui donnant l'impression de ne pas avoir su l'aider. Du coup c'est pour lui une grande victoire lorsque le profiler fini par assembler toutes les pièces du puzzle et comprendre enfin ses motivations. Peu importe s'il en meurt finalement, car comme il le dit lui-même, il ne se prétend pas immortel ni à vouloir prolonger son existence au-delà du temps imparti.
Mais il va de soi que pour apprécier pleinement ce season finale, il convient d'avoir vu et retenu un certain nombre d'évènements. Le travail d'écriture se montre assez subtile à ce sujet puisqu'il n'a pas recours aux flashes-back faciles et demande au spectateur de faire un effort de mémorisation. Ainsi lorsque Will s'échappe de son transfert, c'est évidemment grâce à sa reconstitution de l'évasion du Dr. Childon, deux épisodes auparavant, où il s'imaginait déjà dans une situation semblable. Les appâts que retrouve le FBI avaient été trafiqués plus tôt dans la saison, alors qu'Hannibal avait accès à la demeure du profiler pour nourrir ses chiens. Enfin il convient de se rappeler de l'épisode pilote, puisque la scène où Will démasque Hannibal se déroule en miroir de la celle où il abat Garret Jacob Hobbs...


Enfin on ne peut oublier de mentionner la dernière séquence, se déroulant à l'asile de Baltimore. Le cannibale s'y rend pour la première fois mais il semble presque s'y sentir comme chez lui aux vues de ses réactions, et le scénariste s'amuse à détourner l'imagerie la plus célèbre de la saga: celui d'Hannibal, prisonnier dans sa cellule mais dangereusement libre grâce à sa diabolique intelligence. Cette fois les rôles sont inversés et c'est Will Graham qui se retrouve derrière les barreaux, avec un secret qui pourrait bien l'aider à manœuvrer Hannibal lui-même...
La dernière image n'est autre qu'un Dr. Lecter souriant, visiblement très satisfait de la situation puisque se retrouvant face à un homme à l'intelligence incomparable qui a su le percer à jour. N'était-ce pas ce qu'il souhaitait de tout son cœur ?
De quoi laisser présager le meilleur pour la prochaine saison, le showrunner ayant déjà prévu tout un plan concernant le futur d'Hannibal. Ainsi les saisons 2 et 3 devront poursuivre l'étrange relation qu'entretien le psychiatre avec Will Graham jusqu'à son incarcération, permettant l'adaptation du livre Dragon Rouge pour la quatrième saison. Suivront alors celle du Silence des Agneaux et d'Hannibal pour les saisons 5 et 6, puis la série trouverait sa conclusion dans une saison supplémentaire ramenant Will Graham pour traquer Lecter et sa compagne !
Mais pour que tout cela fonctionne, il faudrait déjà que la seconde saison puisse raviver les audiences qui sont au plus bas. En l'état c'est déjà un miracle que nous puissions obtenir treize nouveaux épisodes, alors avant de s'extasier il va falloir croiser les doigts et espérer que NBC face un peu mieux la promotion de son bébé.


Et c'est honteux car Hannibal est une véritable réussite. Une suite thématique du MilleniuM de Chris Carter, en beaucoup plus permissif. La série propose une atmosphère sombre et déprimante sans faire la moindre concession, nous plongeant au cœur d'une sorte de cauchemar vivant où se mêlent le pire visage de la réalité et des visions oniriques infernales. J'irais même jusqu'à rapprocher Hannibal des premiers jeux Silent Hill, tant elle évoque la saga à travers ses musiques étranges, son imagerie dantesque et ses personnages à la psyché souffrante.
Plutôt que de se contenter de reproduire les films qui ont précédés ou de jouer la carte de la série policière classique où chaque épisode se ressemble, Bryan Fuller a opté pour une approche différente et totalement imprévisible. Je redoutais la version Guignol d'Hannibal, celle d'Anthony Hopkins, mais Mads Mikkelsen s'est magistralement réapproprié le personnage pour le rendre plus sobre, plus réaliste, peut-être même plus humain mais, paradoxalement, plus monstrueux encore.
J'imagine que le public n'a pas su se retrouver à travers ces jeux d'esprits pervers, ces longues conversations de psy sur le comportement humain et la brutalité surréaliste des tueurs qui est dépeinte ici. Et si je désire ardemment qu'Hannibal se poursuive, que cela ne soit pas au détriment de cette vision particulière qui donne toute son âme à la série ! Car un show s'ajuste souvent après son premier coup d'essai et des changements malvenus sont toujours à craindre...

Si seulement Bryan Fuller pouvait manipuler l'esprit de ses producteurs aussi facilement que son personnage !


mardi 25 juin 2013

Mighty Honey (2012)


Mighty Honey
(2012)


Alors que le grand public se rue dans les salles de cinéma pour la sortie de Man of Steel, attardons nous de notre côté sur cette version japonaise du Kryptonien, qui met en scène une jolie super-héroïne à taille de guêpe. Non, il ne s'agit pas d'un remake de Supergirl mais d'une production bien particulière que l'on ne peut même pas décemment appeler un "vrai" film.
Il s'agit en fait d'une vidéo semi-pro issue d'un circuit plutôt fermé et s'adressant à une clientèle assez restreinte. Et contrairement à ce que vous pensez, il ne s'agit pas d'un film porno. Enfin pas tout à fait. Pour expliquer un peu mieux l'origine de ce film, il nous faut parler avant tout de sa compagnie de production, Zen Pictures, qui a une façon bien à elle de faire du cinéma...



Tout commence avec une société du nom de Giga Freeks (ou Akiba-Web), dont le business repose effectivement sur la réalisation de films X. Seulement la compagnie est spécialisée dans un sous-genre bien particulier, s'éloignant drastiquement des productions conventionnelles pour correspondre à des fantasmes d'otakus: leurs films se focalisent avant tout sur des super-héroïnes. Des personnages hors-normes qui se retrouvent au cœur d'histoires à caractères sexuelles, leurs uniformes et/ou concept  servant d'argument de vente.
Et là-dessus il y en a un peu pour tous les goûts puisque l'on y retrouve de nombreux archétypes féminins tirés de l'imaginaire fantastique: lycéennes détectives, aventurières de l'espace, tueuses professionnelles ou encore guerrières médiévales... Mais bien entendu les super-héroïnes "classiques" sont les plus représentées, qu'elles soient inspirées des comics américains ou du tokusatsu, ces séries de super-héros japonais façon Power Rangers. Celles-ci représentent d'ailleurs une source d'inspiration intarissable tant elles comptent de styles différents, depuis les célèbres sentai (groupe de héros façon Bioman) au kyodai (héros géant à la Ultraman) en passant par les innombrables henshin heroines (les héroïnes transformables et autres magical girls type Sailor Moon)...
Mais il ne s'agit pas là du seul fétiche au centre des productions Giga Freeks et, si chaque vidéo peut s'en approprier un en particulier (bellypunching, tickling, slime), on retrouve presque immanquablement celui qui va permettre de placer la belle héroïne en mauvaise posture.



On peut l'appeler DID (pour Damsel in Distress), puisqu'il présente effectivement de belles demoiselles en périls, mais il s'agit là plus précisément du Ryona, un terme japonais utilisés pour désigner la maltraitance que peut subir une héroïne ou une combattante des mains de son adversaire.  L'exemple le plus simple est de s'imaginer un personnage ayant perdu un combat et se retrouvant à bout de force, encaissant des coups ou se retrouvant maîtrisé et torturé physiquement et/ou psychologiquement par l'ennemi.
Ce fétiche est généralement assez large pour regrouper ou assimiler d'autres spécialités avec lui (bondage, BDSM, humiliation, etc) mais ne va généralement pas trop loin puisque des mutilations ou une mise à mort entre plutôt dans le cadre du Guro, qui lui est beaucoup plus extrême.
Dans les productions Giga Freeks, cela signifie naturellement que les héroïnes se retrouvent ligotées et forcées par la menace qu'elles devaient combattre, tout ça dans un rapport de soumission/domination qui évoque le SM "classique", une pratique ouvertement pratiquée dans la culture japonaise.



De la pornographie assez particulière donc, et pourtant j'ai bien précisé au-dessus que Mighty Honey n'était pas un film X. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il se trouve que Giga Freeks a eu l'idée de concevoir une version "tout public" de leur concept ! Des productions au contenu similaire pour la plupart, mais dépourvues de scènes hard ou de situations trop explicites. Dans certain cas, cela privilégie l'érotisme (le bondage demeure, le corps de l'héroïne se veut sexy) mais le ton général est semblable à celui de n'importe quel tokusatsu familial.
Et si quelques unes de leurs vidéos sont naturellement des versions soft de leurs films pour adultes, Zen Pictures (et le sous label Cos-More qui l'accompagne) se montre extrêmement prolifiques quant à ses productions originales, allant jusqu'à se lancer dans une catégorie dédiée à des héroïnes de moins de quinze ans pour marquer le coup ! Il va de soi que les comédiennes choisies ne sont alors plus des actrices porno, mais de simples Idols (jeunes starlettes à la popularité temporaire) sélectionnées pour leur physique attrayant.
Mighty Honey fait partie de ces productions "sages", son héroïne ne subissant aucun attouchement et ne se déshabillant pas en cours de film. Bon, évidemment, vu la tenue sexy qu'elle porte cela ne semble pas vouloir dire grand chose, mais soyez sûr qu'il n'y ici aucune scène "chaude" ou provocante. "On dirait du porno sans le porno", l'expression qui revient souvent chez ceux qui découvre l'étrange univers de Zen Pictures, résume parfaitement la situation.



Parce que les films d'Akiba-Web ne bénéficient d'aucune sortie en-dehors du territoire nippon, il n'existe aucun doublage et, généralement, aucun sous-titres permettant de comprendre pleinement les dialogues. Une chose dont la majeur partie du public se moque éperdument puisque, porno ou non, les films ne possèdent qu'un soupçon d'intrigue (simple prétexte pour exhiber l'héroïne) et la plupart des répliques sont constitués des gémissements de l'actrice. Mais certains déviants du cinéma tel que moi aimeront tout de même disposer d'informations sur le contexte général, afin de savourer pleinement le délire que constitue une production de ce calibre.
Bien heureusement certaines de leurs vidéos disposent d'un sous-titrages anglais et Mighty Honey fait partie des heureux élus. Plus important, le site Internet présente généralement un résumé assez détaillé de l'intrigue, parfois beaucoup trop complet au regard de ce qui se passe dans le film lui-même, le tout dans un anglais approximatif qu'il convient de retranscrire savamment sous peine de ne rien comprendre. Et il faut avouer qu'il est plutôt amusant de lire ce "scénario" qui n'est que très partiellement retranscrit à l'écran, le réalisateur se devant surtout de filmer son actrice sous toute les coutures plutôt que de représenter une véritable histoire....
Voilà donc un aperçu de Mighty Honey tel qu'on ne le voit pas forcément à la première vision du film (ni après toutes les autres d'ailleurs): 



On y suit une certaine Misaka (ou Leona d'après le résumé), une jeune reporter qui est en fait la  puissante super-héroïne Mighty Honey, laquelle combat le Mal partout où il se présente. Cependant ses actions ne sont pas sans conséquences puisque tout le pays se repose désormais sur elle pour gérer les conflits, l'opinion public allant jusqu'à considérer la police comme obsolète. C'est après avoir sauvé le Président de l'attaque de deux extraterrestres que Misaka réalise la situation, face à l'amertume de son collègue Tanabe qui a couvert l'incident. La jeune femme décide alors de n'avoir recours à ses super-pouvoirs qu'au minimum...
Au même moment, Tanabe mène l'enquête sur une puissante compagnie coupable de rejeter ses déchets toxiques dans la nature. Un produit hautement nocif qui, d'après une rumeur, serait à l'origine d'un horrible cas de mutation qui a fait grand bruit. Espérant trainer les coupables devant la justice et gagner le prix Pullitzer, Tanabe s'associe à Matsuda, un détective privé, pour infiltrer l'entreprise et découvrir la vérité. Misaka les accompagnent naturellement, espérant régler cette affaire sans avoir à devenir Mighty Honey.
Sur place le trio découvre que le fluide toxique est en effet à l'origine de la mutation et que toute la compagnie n'est qu'une façade pour les opérations des deux aliens qui en avaient après le Président. Les reporters sont alors trahi par Matsuda, corrompu au même titre que de nombreux officiels du Gouvernement, et Misaka n'a pas d'autre choix que de se transformer pour lutter contre la menace...



Bien évidemment notre super-héroïne ne parvient pas à défaire ses adversaires car l'un d'eux utilise le fluide pour se transformer en une grotesque créature. Un mutant surpuissant qui a vite fait de terrasser Mighty Honey, laquelle est alors capturée et torturée par ses ennemis qui disposent de l'Ohmnight, une matière verte fluo qui fait ici office de kryptonite. Affaiblie, la jeune femme est attachée, passée à tabac et électrocutée jusqu'à épuisement, ce qui constitue là le plus gros morceau de la vidéo.
En fait on peut même dire que le film "s'arrête" littéralement, se contentant dès lors de répéter les mêmes séquences en boucles jusqu'aux dernières minutes qui vont offrir une conclusion précipitée. L'intrigue cède la place au fétiche et la vidéo n'offre plus qu'une Mighty Honey soumise et enchaînée qui endure les coups, les caresses de l'Ohmnight et les décharges électriques en se tortillant sensuellement. Le jeu d'acteur n'existe plus, l'héroïne n'ayant plus droit à la parole et les vilains extraterrestres se contentant de quelques mots, et la mise en scène disparait au profit d'une caméra voyeuse qui s'attarde longuement sur le corps de notre héroïne. Même si Zen Pictures livre un produit virtuellement inoffensif, il faut reconnaître que l'ensemble repose avant tout sur les courbes délicieuses de l'interprète de Mighty Honey !
Forcément, celle-ci apparaît dans un costume qui exhibe son ventre et ses jambes, inspirée de la tenue la plus sexy qu'ait jamais portée Supergirl. Du coup le réalisateur se concentre à fond sur l'abdomen découvert de sa belle et ne pense plus à grand chose d'autre...



Il est alors amusant de noter que ces séquences ecchi (un érotisme soft) sont toutes répétées en boucle au moins deux à trois fois chacune ! Le monteur ne fait aucun effort pour le cacher, nous diffusant l'intégralité de ces "reprises" sans interruption et laissant les acteurs reprendre plusieurs fois les mêmes lignes de textes lorsqu'ils recommencent.
Ces passages, déjà assez longs et répétitifs en soi, en deviennent tout simplement interminables ! Et lorsqu'enfin le film passe à autre chose, ça recommence avec les scènes de combat. Quand Mighty Honey lutte contre un mutant obèse qui se permet de la serrer d'un peu trop près, la vidéo nous montre alors ce corps-à-corps sous tous les angles.
Il est évident que ces nombreuses scènes fassent partie du cahier des charges de Zen Pictures, et si la comédienne est agréable à l'œil comme c'est le cas ici, cela passe encore. Dans le cas contraire ce procédé à vite fait de venir à bout de la patience du spectateur qui va accélérer un peu les choses pour voir ce qui se passe après



Mais évidemment personne n'est intéressé par les histoires bateaux de Zen Pictures et Mighty Honey apparaît alors presque comme incomplet, tant sa dernière partie fut emballée en vitesse. Ainsi après sa libération, la super-héroïne comprend que les deux aliens veulent de nouveau attaquer le Président. Ceux-ci ont d'ailleurs presque réussi puisqu'ils l'ont transformé en mutant à l'aide de leur produit toxique ! Comment Mighty Honey va t-elle faire pour inverser le procédé ? Nous ne le saurons jamais car, après avoir battu l'énorme mutant qui lui bloque le chemin, elle s'envole dans les airs avec le politicien vers une destination inconnue.
De nombreux points de l'histoire ne sont pas du tout résolue au final. L'un des deux extraterrestres disparait du film et n'est plus jamais évoqué, tandis que toute la problématique autour de la population japonaise qui se repose sur les exploits de Mighty Honey ne débouche sur rien ! Même Tanabe ne semble être là que pour libérer l'héroïne de son piège, n'apparaissant plus une fois son rôle accompli.
Des problèmes d'écritures auquel Zen Pictures n'accorde aucune importance de toute manière. Parce que sinon il faudrait relever les nombreuses zones d'ombre qui parsèment le film: que veulent exactement les aliens et comment parviennent-ils a attaquer la ville s'ils ne sont pas capable de lutter contre Mighty Honey ? D'où vient cette dernière et pourquoi ses ennemis évoquent le fait qu'il y ait une importante prime sur sa tête ? Et qu'est exactement l'Ohmnight ?



Bref, en tant que film Mighty Honey est une purge qui n'obéit à aucune règle cinématographique. En tant que vidéo sexy c'est déjà mieux, puisque l'actrice possède un corps de rêve qui est parfaitement mit en valeur. Mais c'est surtout en tant que nanar que cette production ce dévoile, cumulant tout un tas d'éléments foutraques.
De la musique pop-rock totalement hors sujet en début de film à l'imitation raté du thème de John Williams au générique de fin, du nom ringard de son héroïne (Mighty Honey, que l'on peut traduire par "miel puissant" ou "douceur puissante") à l'apparence de sa kryptonite qui est simulée par deux bâtonnets de plastique couleur fluo... Misaka ne fait aucun effort pour dissimuler son identité en endossant sa panoplie de reporter et Tanabe ne s'inquiète même pas de son sort après avoir libéré Mighty Honey du repère des aliens. Était-il donc au courant ?
Chaque bruitage est exagéré à l'extrême pour donner une illusion d'effet, mais cela sonne désespérément faux a chaque fois. Lorsque la ville est attaquée, nous n'avons droit qu'à quelques flammes en CGI sur une photo pixelisée et quand l'héroïne s'envole, le détourage sur fond vert est plutôt grossier. Le repère des méchants se limite à un décors industriel passé à la machine à fumée tandis que leurs costumes sont de la qualité d'un très mauvais cosplay...
Et que dire de ces deux vilains qui, ayant vaincu leur adversaire, préfèrent remettre à plus tard son exécution pour aller manger quelque chose ?!
Autant de défauts qui font plaisir à voir et qui permettent de relever un peu l'intérêt d'un film qui serait bien trop ennuyeux sans cela. Bien sûr cet anti savoir-faire est entièrement à imputer à Zen Pictures et son budget inexistant, puisque l'on retrouve la totalité de ces problèmes dans chacun de leur film ! Nombre
limité d'acteurs, recyclage de costumes, de musiques ou de décors, faux raccords, prises de sons et de vues parfois ratées mais finissant tout de même dans le produit final...


Du coup c'est presque un miracle de pouvoir relever quelques "bonnes" choses de temps en temps ! En l'occurrence ici le costume réussi de Mighty Honey qui rend très bien à l'écran. Les combats sont plutôt dynamique et assez bien chorégraphié comte-tenu des conditions de tournage et les maquillages des mutants est parfois bien mieux foutu que certaines "véritables" productions ! Mention spéciale pour ce zombie à bec de lièvre qui semble tout droit sorti de Poultrygeist.
Le réalisateur, Kanzo Matsuura, n'est pas un débutant et emballe quand même le tout avec  soin comparé à certains de ses collègues, tandis que la belle Risa Saiki possède un charisme et une énergie qui font plaisir à voir, à défaut de véritables talents d'actrices. C'est même dommage qu'il s'agisse là de son unique expérience avec Zen Pictures puisqu'elle porte clairement une bonne partie de cette vidéo sur ses petites épaules !
Je l'aurai bien vu dans la suite, Heroine in Danger Omnibus  ̶  Mighty Honey, toujours réalisé par Matsuura, mais c'est une autre actrice qui la remplace et le personnage semble être sensiblement différent (le résumé la présente sous le nom de Sayaka).



Avec sa durée réduite (seulement 60min), Mighty Honey est une très bonne introduction aux productions Akiba-Web et peut facilement s'adresser à un autre public que celui des otakus.
Pour ceux que ça intéresse, je ne peux que vous conseiller d'entrer en contact avec un dénommé slater74, un internaute qui possède son propre site en français sur le sujet et qui écume certains forums comme Mad Movies ou Nanarland. Mais attention, vous voilà prévenu, ce type de film ne s'adresse pas à tout le monde !

Et pour les autres, il y a toujours Man of Steel au cinéma.




GALERIE




jeudi 20 juin 2013

Hannibal (Ep. 1.12)

Ep. 1.12
Relevés


A vrai dire je ne sais pas trop quoi raconter à propos de cet épisode. Non pas qu'il soit mauvais, loin de là, seulement il s'agit simplement d'une première partie à la conclusion de cette première saison et les évènements qui nous sont présentés ici ne sont pas suffisant pour valoir un compte-rendu. En gros, le scénariste place ses personnages comme des pions sur un échiquier, préparant une fin de partie imminente. A partir de là tout ce qui se déroule à l'écran est pour ainsi dire incomplet tant que la seconde partie n'est pas visionnée.
C'est probablement la première fois que Hannibal donne ce sentiment, celui d'avoir à attendre le prochain épisode pour que les choses bougent un peu plus, mais il s'agit d'une construction obligatoire pour nous servir le final comme il se doit. Un peu comme pour un bon plat qui nécessite de passer par le temps de cuisson avant d'être servi.


Cela étant dit, Relevés n'est pas "vide" et comble certaines attentes. Il fallait bien qu'Hannibal Lecter se trouve enfin un bouc-émissaire pour protéger ses arrières. Il fallait bien que Will Graham fasse la connexion entre différentes affaires criminelles n'ayant a priori aucun lien entres elles. Ce qui n'est pas sans troubler Jack Crawford et son équipe: tous se demandent si le profiler n'a pas définitivement perdu la tête. L'Affaire Hobbs arrive également à son terme, tant à travers son enquête que dans la prise de décision des protagonistes, et l'étrange relation qu'entretien Hannibal avec sa psy révèle quelques surprises...
L'épisode s'ouvre sur une nouvelle rencontre entre Will et Georgia, la fille qui ne perçoit pas les visages. Un moment tendre, mais avant même que l'on puisse faire une parallèle entre la relation qui s'établit entre eux et celle construite entre Hannibal et Abigail Hobbs, l'adolescente est tuée. Brûlée vive dans son caisson à oxygène. Une mise à mort façon Destination Finale que l'on doit bien sûr à Hannibal, celui-ci éliminant le témoin gênant qui vient de mettre la puce à l'oreille de son "ami".
Mais cette fois ses agissements ne sont pas sans avoir des conséquences car Will Graham n'est pas dupe. Le mystérieux appel chez Hobbs, le copycat du Chesapeake Ripper, le meurtre du médecin de l'hôpital... Autant d'éléments qui ne font que le convaincre qu'une "taupe" se cache au sein du FBI pour brouiller les pistes. Mais vous auriez tord de croire qu'Hannibal est aussi facilement démasqué et il met à profit ses séances de thérapie avec Will pour semer le trouble et le faire passer pour le coupable. Et lorsque ce dernier embarque Abigail avec lui sans prévenir pour vérifier sa théorie, Crawford est rapidement persuadé que son équipier est devenu fou...


Cela fait pas mal d'intrigues en parallèle, mais toutes se recoupent pour en arriver au même point: Hannibal Lecter se joue du FBI et met au point ses stratagèmes par curiosité. Parce qu'il se demande si Abigail va suivre les traces de son père, parce qu'il se demande si Will est assez intelligent pour découvrir la vérité. Le cannibale utilise sa grande intelligence pour attirer ceux qui l'entourent dans son univers macabre.
On sait le personnage solitaire et incapable de se fondre pleinement dans la masse puisque complètement psychopathe. Sans cesse en recherche de compagnie et façonnant les autres à son image (il est pousse au crime et fait manger sa cuisine à ses invités), le psychiatre fabrique un monde où il peut avoir sa place et peut-être une utilité véritable. Mais il n'est pas fou au point de tout sacrifier pour quelques sentiments et se débarrasse de ses pions dès qu'il se sent en danger. Ainsi Will Graham en fera les frais, se retrouvant accusé à sa place, et Abigail est sur la sellette.
Intéressant ces jeux de manipulation, tout comme cette chasse de la vérité qui s'engage entre lui et Will. Si Hannibal semble prêt à tout pour préserver son secret, il parait clair que son véritable de désire est de voir le profiler triompher. Qu'il soit suffisamment intelligent pour  déjouer ses manœuvres et l'exposer sous son vrai jour. Car cela signifierait qu'enfin Hannibal soit confronté à une personne digne de lui.


C'est vers cette conclusion inexorable que semble se diriger le season finale même s'il faut parier que les choses ne seront pas aussi simple. Le showrunner semble aimer nous piéger également et un cheminement différent n'est pas a exclure. J'avais déjà évoqué ce patient se référant au "lion" en début de saison, et la psychiatre d'Hannibal semble en savoir long sur la façon dont il test ses "alliés". Elle évoque ouvertement savoir que le patient qui avait tenté de la tuer avait été envoyé par Hannibal, et pourtant elle ne semble le considérer comme une menace...
Vu la qualité d'écriture assez exceptionnelle de la série, gageons que Bryan Fuller saura mener à bien cet épilogue pour nous mener en bateau. N'évoquait-il pas un incroyable cliffhanger pour la saison 2 ?


mardi 18 juin 2013

Hansel & Gretel: Witch Hunters (2013)


Hansel & Gretel: Witch Hunters
(2013)


Je suis le genre de personne à tout faire à l'envers et après vous avoir parlé de la version Asylum d'Hansel & Gretel, voilà que je m'intéresse enfin à l'original. Et pour résumer succinctement ce que je pense du film,  permettez-moi de reprendre une formulation américaine à la mode: "Meh".
Ce terme à l'orthographe similaire au cri de la vache est une manière de designer une œuvre qui n'est ni bonne ni mauvaise, ni intéressante ni décevante. Car Hansel & Gretel: Witch Hunters est le prototype parfait du blockbuster saisonnier, le film de divertissement calibré pour tous et donc vierge de toute personnalité. Un produit sans âme, techniquement réussi, visuellement simple et au service d'une intrigue passe-partout qu'on a déjà vu une centaine de fois.
On connait tous l'histoire: les producteurs n'aiment pas les prises de risques, craignant que le film ne se plante au box-office et ne fournisse pas le retour sur investissement + intérêt désiré, et en résulte des décisions qui aseptise le projet afin de le rendre visible par tous. Et par conséquent, à vouloir plaire au plus grand nombre, le film n'intéresse plus personne.
Comme toujours des stars sont mises en avant pour appâter le public, sorte d'habillage parfois séduisant, parfois énervant selon les goûts, tandis que la mise en scène est généralement attribuée à ce que l'on surnomme un "Yes Man", c'est-à-dire un cinéaste sans solide caractère, qui ne risque
donc pas d'imposer sa vision des choses au détriment de l'entreprise, acquiesçant à chaque nouvelle demande des producteurs ("fait plus comme-ci, rajoute plus de ça").
C'est exactement le cas ici avec quelques avec quelques grands noms comme Famke Janssen et Jeremy Renner en tête d'affiche et la présence d'un jeune "débutant" à la barre: Tommy Wirkola...



Et c'est bien dommage car la seule attente que suscitait le blockbuster résidait dans la présence du réalisateur norvégien, notamment coupable d'un rigolo Dead Snow qui, à défaut d'être vraiment bon, laissait au moins transparaître une attitude un peu rebelle, légèrement trash. Juste de quoi relever un peu la sauce et faire de Hansel & Gretel autre chose qu'un nouveau Van Helsing transparent. Malheureusement, il n'en est rien.
Tout dans le film semble évoquer le ratage de Stephen Sommers,  de l'esthétisme rétro-Steampunk (armes improbables, costumes sexy, décors gothiques) aux monstres classiques relookés façon cartoon. Les gags sont les mêmes, les scènes d'actions sont les mêmes, les enjeux sont les mêmes, plusieurs scènes partagent de fortes similitudes (le Bal des Vampires pour une assemblée de sorcières, la mort tragique d'une love interest, le gentil monstre qui offre son aide) et on retrouve grossièrement la même construction: les héros arrivent dans une région menacée pour faire leur boulot, découvre que la menace est plus importante qu'ils ne le croyaient, apprennent que l'antagoniste est directement lié au mystère qui entoure leurs origines et s'allient finalement avec quelques sidekicks pour exterminer les créatures des Ténèbres...
Cette fois au moins on peut s'estimer heureux que l'ensemble ne fasse pas ouvertement écho à quelques jeux vidéos ou animes populaires comme c'était le cas avec Van Helsing. Et encore puisque je pourrais évoquer ce fouet qui ressemble à s'y méprendre à celui d'Ivy dans les SoulCalibur...



Mais pour ceux qui n'auraient pas vu (ou ne veulent pas se souvenir de) Van Helsing, voilà le point de départ d'Hansel & Gretel: il s'agit d'une continuité très libre du célèbre conte pour enfants, dont les évènements ont conduits les héros à devenir des chasseurs de primes spécialisés dans la mise à mort des jeteuses de sorts. Invulnérable à la magie pour d'étranges raisons, Hansel et Gretel parcourent désormais le pays à la recherche de nouvelles cibles et sont responsables de la destruction d'environ 600 sorcières, utilisant une flopée d'armes et de gadgets qu'ils ont eux-mêmes inventés.
Au cours d'une mission de routine dans un village isolé, ils réalisent qu'ils sont au centre d'une affaire plus importante encore que la disparition de quelques enfants puisque Muriel, de la caste des Grandes Sorcières, projette de réunir ses consœurs des quatre coins du monde. Elle vient de mettre au point un rituel qui permettrait à ses semblables de devenir invulnérable au Feu, leur seule véritable faiblesse. Une course contre la montre s'engage entre les chasseurs et les sorcières, Hansel et Gretel devant également faire face à un groupe de villageois hostiles à leur autorité et à la présence d'un puissant Troll qui assiste leurs ignobles adversaires....



Rien de bien neuf à l'horizon et croyez-moi si je vous dit que le récit enchaine les lieux communs: un jeune admirateur devient l'assistant du duo par la force des choses, le méchant Troll se révèle être un sympathique servant qui va devenir le protecteur de Gretel tandis que son frère va découvrir les joies de l'amour dans les bras d'une guérisseuse, une "sorcière blanche" qui ne jure que par le Bien.
Frère et sœur vont également découvrir le secret derrière leur immunité à la magie: ils sont évidemment les enfants d'une sorcière! De la plus puissante des sorcières blanches mêmes, et s'ils ont été abandonné dans la forêt à leur enfance, c'était pour les sauver d'une foule de villageois en colère. Et devinez qui est derrière cette tragique histoire? Muriel, bien sûr!
Tout ce conclut naturellement lors d'une bataille finale de grande ampleur, nos héros parvenant à se défaire sans trop de mal d'une trentaine d’ensorceleuses à eux seuls. Je ne vous donne là que les grandes lignes d'un scénario banal qui suit un chemin tout tracé sans jamais s'en écarter une seule seconde. Hansel & Gretel ne brillant ni par son originalité ni par son enrobage, il ne lui reste plus que le facteur "spectaculaire" pour rehausser le niveau. Là encore ce n'est pas une grande réussite puisque tout ce qui se déroule à l'écran est on ne peut plus basique. Nous sommes désormais à une ère où il est possible de réaliser à peu près n'importe quelle situation et les grosses productions ont fini par nous blaser à force de surenchère. Tout comme le récit, l'action est ici extrêmement prévisible. Du coup bien qu'efficaces, les scènes restent dans le domaine de l'habituel, le pain quotidien de n'importe quel blockbuster, et ne sont donc pas suffisante pour raviver l'intérêt. 



A tout cela se rajoute les éventuels défauts et problèmes qui ne font rien pour aider. Par exemple comment croire un instant à la menace que représentent les sorcières et leur supposé plan pour survivre aux flammes, lorsque Hansel et Gretel les exterminent tout simplement avec des armes conventionnelles durant le final ? Pourquoi introduire cette sorcière blanche comme héroïne tragique si la dramaturgie n'est même pas soulignée ? Et lorsque se réunissent enfin toutes les sorcières, ce qui devait être le grand moment du film n'est qu'un pétard mouillé: pas un seul instant le film ne s'attarde sur ces nombreuses créatures au design et capacités uniques. Sorcières tribales, orientales, vaudou, naines unijambistes et siamoises adeptes du katana... La bataille finale aurait pu être un festival visuel et technique, mais Tommy Wirkola traite la chose avec un tel dédain que cela en devient honteux !
L'idée que Hansel et Gretel ne craignent pas la magie évacue d'emblée la moindre notion de magie, toutes les sorcières se battant au corps à corps comme des adeptes du kung-fu, et si Jeremy Renner s'éclate dans les bras d'une belle fille nue, on peut se demander pourquoi sa partenaire doit se contenter d'un monstre hideux en guise de prétendant !



J'ai peut-être l'air d'accabler le film mais ce n'est pas le cas. Toutes ces choses ne sont pas tellement proéminentes et ne m'apparaissent surtout que parce que je n'ai rien d'autre à regarder. Quelques bonnes idées viennent contrebalancer tout ça, comme celle d'avoir rendu Hansel diabétique et dépendant de ses injections quotidiennes suite à sa visite dans la maison de pain d'épice. Si Van Helsing était très family friendly dans son approche de la violence, Hansel & Gretel se lâche beaucoup plus et n'hésite pas à se montrer surprenant dans ses débordements: écartèlement, décapitations, cervelles arrachées, visage écrasé d'un coup de pieds, et jusqu'à un jeune garçon qui se retrouve forcé de tirer au fusil sur sa mère sous l'influence d'une sadique sorcière ! Le ton général vient parfois se rapprocher de L'Armée des Ténèbres auquel un clin d'œil vient faire directement référence, lorsque Jeremy Renner tir un coup en l'air pour gagner un peu d'attention.
Les sorcières abordent un look monstrueux qui n'est pas sans renvoyer au superbe Sorcières produit par Jim Henson, avec des maquillages peut-être trop grotesques mais en tout cas uniques et parfois très intéressants. Un grand bravo également à Famke Jansen, qui reste dissimulée derrière son apparence démoniaque les 3/4 du temps plutôt que d'avoir recours à la facilité de l'apparence humaine dès que possible. Voilà une décision fort honorable.
Et puis un film qui met en boite la saga Twilight, même involontairement, en nommant son gros Troll des bois "Edward", ne peut que remporter ma sympathie. Cette pauvre Gretel n'en fini plus de faire rire dès qu'elle fait appel à lui lors de scènes résolument sérieuses.



Outre Famke Jansen qui par miracle ne s'adonne pas au cabotinage dans son rôle de grande méchante, le casting principal d'Hansel & Gretel est un autre bon point. La belle Gemma Arterton (héroïne du Choc des Titans et de Prince of Persia) campe une Gretel dure à cuir, séduisante et compétente, ce qui est beaucoup trop rare pour ne pas être signalé, tandis que le charisme naturel de Jeremy Renner (dans une bonne passe à l'époque, puisqu'on le retrouvait aussi dans Mission: Impossible – Protocole Fantôme, Jason Bourne: L'Héritage et The Avengers au même moment !) joue en faveur du personnage d'Hansel. S'il est clairement moins intéressant que sa sœur, l'énergie que dégage l'acteur suffit à lui donner corps.
Enfin il me serait impossible de ne pas citer Derek Mears, le Jason Voorhees de 2009 dans le rôle d'Edward. Un sidekick sans grand intérêt mais qui se montre déjà beaucoup efficace que l'autre lopette qui brille comme une boule à facettes. Dommage que les autres protagonistes soient sans importance ou peu exploités, comme ces deux sœurs sorcières au service de Muriel.



Véritable purge pour certains, ce que je comprends parfaitement, Hansel & Gretel: Witch Hunters s'avère juste d'une platitude désespérante. Et peu importe les gimmicks qu'utilisent les producteurs pour ramener du monde, entre la version 3D et la version "extrême" qui sort en Bluray, rétablissant (faussement ?) quelques passages sanglants oubliés en salles. Il ne s'agit que d'artifices destinés à faire croire à la vraisemblance du produit.
Alors ne soyons pas dupe face à cette séquelle qui vient d'être annoncée et que Tommy Wirkola et ses producteurs nous promettent déjà d'être "encore plus folle". Quant la recette fonctionne, il n'y a aucune raison de changer les ingrédients et c'est exactement ce que l'on nous réserve...



lundi 17 juin 2013

Aztec Rex (2007)


Aztec Rex
(2007)


Aztec Rex, autrefois connu sous le titre de Tyrannosaurus Azteca mais ça devait être trop compliqué, est l'œuvre de Brian Trenchard-Smith, un cinéaste qui n'est pas sans avoir sa réputation dans le milieu de la série B. S'il est l'auteur du vraiment sympa Secret du Lac, il est surtout connu pour avoir réalisé Les Traqués de l'An 2000 ainsi que les divertissants Demon House 2 et Leprechaun 3 et 4 (celui à Las Vegas et celui dans l'espace !), tous bien supérieurs à leurs ennuyeux prédécesseurs.
Mais le monde du DTV a bien changé depuis et les films du genre ont globalement cédés la place à des téléfilms formatés, comportant généralement une ou plusieurs créatures en CGI mal foutus. Cerberus, Mammoth, Supergator, Dinoshark, Mongolian Death Worm, la liste est longue et on peut y inclure cet Aztec Rex produit par la chaine Syfy, lequel qui met en scènes quelques T-Rex reproduits en basse résolution...
Heureusement le réalisateur parvient à relever un peu le niveau, transformant ce qui devrait être un énième DTV fade et sans originalité en quelque chose d'un peu plus fun, misant avant tout sur un concept totalement délirant qui nous montre une bande de conquistadores chasser le T-Rex durant la découverte du Nouveau Monde ! Une idée assez prenante qui change de l'habituel cadre contemporain.


C'est même autour d'un personnage historique qui se développe le récit, l'espagnol Hernán Cortés qui a triomphé de l'Empire Aztèque durant les conquêtes. Aztec Rex nous dévoile ainsi sa toute première tentative, lorsque lui et ses hommes pénètrent dans une vallée du Mexique pour asservir une tribu adepte des sacrifices humains. Des rites sensiblement différent de ceux que l'Histoire connaît, car si les natifs arrachent le cœur de leurs victimes c'est pour mieux les offrir aux animaux sacrés qu'ils vénèrent: des Tyrannosaures !
Ces dinosaures, probablement à l'origine du mythe du Serpent à Plumes, sont au nombre de deux. Un couple qui a survécu on ne sait comment à l'extinction et qui rôdent autour d'un petit village, croquant tout ceux qui passent à portée de leurs dents. Les Aztèques les ont baptisés Thunder Lizards et pensent avoir affaire à des créatures envoyées par les Dieux, qu'il convient d'apaiser régulièrement par quelques offrandes afin d'éviter une colère divine.
Du moins c'est l'explication qu'entretien le shaman de la tribu, un véritable psychopathe avide de pouvoir et qui prend plaisir à exécuter ses semblables. Manipulateur, il s'est aussi arrangé afin d'obtenir la main d'Ayacoalt, la fille du chef de clan, de manière à hériter plus tard du statut de leader incontesté.


Ses plans vont être contrariés par l'apparition de Cortés, qui compte bien conquérir le pays au nom de l'Espagne et de revenir vers le Roi avec tout l'or qu'il peut trouver. Alors que l'assaut des conquistadores est un échec, les soldats étant facilement maîtrisés en quelques coups de sarbacane, le lieutenant Rios sauve Ayacoalt d'un T-Rex. Pacifiste dans l'âme, il tente d'apaiser les tensions entre les deux peuples en demandant une trêve et en proposant de débarrasser la tribu des monstres qui hantent la vallée.
Mais si Rios, Ayacoalt et son père considèrent véritablement cette alliance, Cortés comme le Shaman essaient de retourner la situation à leur avantage. L'un espère pouvoir s'enfuir avec l'or, pour revenir avec une armée entière, tandis que l'autre jalouse Rios et tente de convaincre son peuple qu'en affrontant les Thunder Lizards, ils risquent de défier leurs Dieux...
Complots et trahisons se forment de chaque côté tandis que les dinosaures continuent à faire des ravages. Et lorsque le mâle est finalement abattu, la colère de la femelle se fait immédiatement ressentir...


Une bien belle histoire pour un budget maigrichon. Trop ambitieux. Aztec Rex n'est jamais à la hauteur de ses intentions et perd en ampleur à cause de ses productions values quasi inexistantes. Les troupes de Cortés se limitent à un groupe de sept personnes et le village Aztèque ne compte pas plus d'habitants, les superbes pyramides cédant la place à trois ou quatre huttes en pailles dans un coin de prairie. L'autel dressé en l'honneur des Thunder Lizards n'est qu'une petite plateforme ornée d'une décoration représentant en T-Rex en faïence et un seul sacrifice nous est montré en début de film, pratiquement hors champ puisque le budget effets spéciaux est des plus réduits.
Dommage car le film possède alors le même aspect "lisse" ou "épuré" que les autres petites productions de ce type, pas très accrocheur et désespérément triste. La faute bien entendu aux producteurs, trop effrayés pour livrer un bon film et ayant apparemment causés quelques soucis à Brian Trenchard-Smith lorsqu'il tentait de mettre en scènes les passages dramatiques du script. Et c'est dommage puisqu'il reste encore un peu de substance à cet Aztec Rex. Un petit côté "Pocahontas au pays des dinosaures" qui n'est pas déplaisant et qui repose même sur un certain sens du suspense puisque l'on sait que Cortès a finalement triomphé des Aztèques.
Cela rend l'intrigue un peu plus imprévisible que prévue, même si la conclusion façon Astérix et Obélix n'était probablement pas le meilleur choix à faire. De même il est assez amusant de voir comment vont s'y prendre les conquistadores pour affronter les Tyrannosaures, compte-tenu de leurs ressources limitées et du fait que les dinosaures se montrent insensibles aux boulets de canons !


Il va sans dire que le film est très loin d'être un spectacle épique et mémorable, le manque de budget et la frilosité des producteurs ayant tué dans l'œuf cette possibilité. En revanche ces tares servent à donner l'effet inverse, Aztec Rex s'imposant instantanément comme un bon gros nanar. A peu près tout ce que vous pouvez attendre d'un tel film se retrouve à l'écran: les Aztèques parlent parfaitement l'anglais, les personnages n'entendent jamais les T-Rex arriver, même à un mètre de distance, et les demoiselles sont vêtues de bikinis en peaux de bêtes...
Bref tout est là, et même si ces éléments que l'on a pu voir maintes et maintes fois ne réservent aucune grandes surprises, cela reste suffisant pour s'amuser. Comment ne pas sourire devant les incroyables perruques que portent les conquistadores, ou lorsqu'un prêtre apparaît soudainement pour justifier le parlé anglais des Aztèques ? Les espagnoles chargent les T-Rex à la hallebarde et à la rapière malgré leur invulnérabilité, les héros se marient et s'envoient en l'air alors qu'un dinosaure rôde à quelques mètres de là et l'épilogue vient carrément nous expliquer que la création de la sangria découle de toute cette histoire !



Les monstres en CGI sont super moches, bien qu'il faille reconnaître un certain effort de la part des programmeurs pour retransmettre quelques détails graphiques (membres amputés tombant de la gueule lorsqu'une victime se fait mâcher, le sang maculant les écailles après repas, blessures de combats), et les véritables acteurs sonnent tout aussi faux. Tous des transfuges du petit écran, parmi lesquelles Ian Ziering dans le rôle de Cortès, un acteur reconnu par beaucoup pour avoir joué pendant dix ans dans Beverly Hills et dont la prodigieuse perruque ferait ici office de facteur nanar ultime.  A ses côtés Dichen Lachman (Dollhouse) dans le rôle de la princesse en petite tenue et Marco Sanchez (SeaQuest) dans celui de son chevalier servant, sans conteste le seul à faire un tant soit peu illusion.
Il obtient d'ailleurs un peu de reconnaissance actuellement puisque vous pourrez le voir dans le rôle de "Torpedo Security" dans Star Trek: Into Darkness au cinéma !

Le constat n'est pas déplorable mais pas des plus emballant non plus. Au mieux Aztec Rex fait preuve d'originalité par son cadre "historique" et son concept de base, mais il échoue a atteindre le niveau d'une série B correct en raison de son format: un banal téléfilm vite emballé. On y trouve sans problème de quoi rire, mais pas de quoi y revenir.
Sachez en tout cas qu'aucun dinosaure ne fut maltraité durant le tournage, et ça c'est plutôt cool.




mercredi 12 juin 2013

Hannibal (Ep. 1.11)

Ep. 1.11
Rôti


Le season finale est imminent et Hannibal nous le fait bien sentir. De nombreuses séries télé sont généralement victime d'une baisse de rythme juste avant la conclusion de saison, pour diverses raisons. Il peut s'agir d'un choix artistique, sorte de calme avant la tempête, de contraintes budgétaires, le showrunner ayant préféré attribuer un plus grand budget aux épisodes clés, ou juste de problèmes d'écriture dû à de mauvais scénaristes (prenons The Walking Dead en exemple).
Dans le cas d'Hannibal, cette "baisse de tension" n'a pas lieu. Bien au contraire, les choses s'accélèrent et si ce onzième épisode ne fait pas partie intégrante du final, il en apporte clairement les premiers éléments.


L'intrigue, pourtant, paraissait relativement anecdotique et ne faisait même pas particulièrement envie. Nous y retrouvons le Dr. Abel Gideon, ce médecin fou persuadé d'être le Chesapeake Ripper et qui maintenant fait machine arrière. Victime d'un grave trouble de l'identité, il est persuadé que le Dr. Chilton est le responsable de son état actuel et décide de le trainer en Justice pour non respect du code déontologique. Selon lui, s'il est pleinement coupable du meurtre de sa famille, c'est Chilton qui est responsable de celui de l'infirmière qu'il a massacré, à force de le persuadé qu'il est bel et bien l'
Éventreur.
L'affaire est importante puisque c'est tout l'établissement du psychiatre qui est visé, mais il s'agit en fait d'un piège, un stratagème permettant à Gideon de s'évader durant son transfert et de courir après ceux qu'il juge responsable de son état. Ne supportant plus l'idée d'avoir été "déconstruit" psychologiquement, il veut se venger de chaque personne ayant effectué une thérapie avec lui. Cela concerne Chilton, mais également le Dr. Bloom.
Tandis que Crawford et son équipe se lancent à ses trousses, Will Graham déconnecte complètement de la réalité et hallucine ouvertement. Pendant ce temps, Gideon se débarrasse de ses victimes et tente d'attirer l'attention du véritable Chesapeake Ripper afin de le confronter, s'il existe, et de  recouvrer ainsi ses esprits...


Encore une fois la série s'amuse à établir un lien entre Graham et le tueur qu'il poursuit, le thème principal étant la perte de l'identité et la peur de devenir quelqu'un d'autre. Alors que Gideon ne sait plus du tout si il est l’Éventreur ou non, craignant de ne jamais retrouver le véritable "lui", Will sombre dans la folie et panique à l'idée de devenir un malade mental. Ses visions fantomatiques de Garret Jacob Hobbs viennent se mêler aux apparitions réelles de Gideon et le profiler agit alors pour lui-même et non plus pour les besoins de l'enquête.
Sa première réaction est évidemment de se confier à son seul point de repère, Hannibal Lecter, mais ce dernier a sa propre façon de traiter la situation. Il faut dire que le cannibale semble désormais être pleinement identifié comme étant l'
Éventreur (même s'il reste toujours la possibilité qu'il s'agisse d'une fausse piste, souvenez-vous de ce patient craignant le "lion" en début de série) et qu'il ne compte pas rendre Gideon à la police, allant au contraire se mesurer à lui pour savoir qui se cache derrière cet imitateur. Manipulateur, il reproduit le même schéma qu'avec le psychopathe Tobias dans le but de manœuvrer le FBI à sa convenance.
Il va sans dire que les retombées de toute cette histoire jouerons un rôle essentielle pour le season finale.
 

Finalement, Rôti se révèle beaucoup plus intéressant que ce qu'on pouvait croire et captive même grâce aux choix inattendu des scénaristes. La série en impose toujours graphiquement, osant montrer des éventrements et des prélèvements d'organes en direct tandis que le meurtre de la semaine, simple mais particulièrement efficace, nous montre une langue être extraite d'une gorge tranchée pour lui donner l'allure d'une cravate ! Mais, plus osé, est le choix narratif de s'en prendre à un personnage "inattaquable" et de nous y faire croire jusqu'au bout.
Ainsi le Dr. Childon, qui détiendra la garde d'Hannibal Lecter lors de son incarcération, est victime d'un traitement particulier de la part de son ex-patient et se fait disséquer vivant sous les yeux d'une Freddie Lounds horrifiée mais contrainte de l'assister ! D'ordinaire le spectateur n'est pas dupe: on sait très bien que le protagoniste ne peut pas mourir vu le rôle conséquent qu'il détient dans l'avenir de la série. Et pourtant Hannibal parvient à nous manipuler,  ne faisant presque croire à l'impossible.
C'est bon, très bon même, puisque dès lors on sait que les responsables peuvent nous faire gober à peu près n'importe quoi tant qu'ils conservent cette manière de faire, sans s'assagir. Cela laisse présager le meilleur pour la fin.
Espérons simplement que la série ne soit pas finalement pas victime de ses taux d'audiences misérables, la seconde saison risquant d'être déprogrammé au dernier moment malgré qu'elle ait été validée...