vendredi 6 mai 2011

[FRAGMENTS] The Evil Dead Retrospective – Shop till you Drop Dead


THE EVIL DEAD RETROSPECTIVE
– ARMY OF DARKNESS –

Shop till you Drop Dead


Quelques mois après la publication de la mini-série Ashes 2 Ashes, Army of Darkness lance son second story-arc. Comme son prédécesseur, le titre est divisé en quatre épisodes et reprend là où l'histoire s'était arrêtée. Cependant, plutôt que de poursuivre l'intrigue à base de paradoxes temporels laissés en plan à la fin du dernier numéro, le récit va choisir de revenir à un concept plus simple quitte à foutre en l'air sa propre continuité ce faisant.

Il faut dire que le scénariste en charge de Ashes 2 Ashes laisse sa place à quelqu'un d'autre, James Kuhoric (que l'on retrouve sur Friday the 13th et A Nightmare on Elm Street), lequel va s'employer à nous offrir un remake futuriste de L'Armée des Ténèbres sans résoudre la problématique générale de l'histoire. Tout en nous offrant quelques bons délires dans la ligné de Ashes 2 Ashes, ce Shop till you Drop Dead se contente surtout de balancer une multitude de références à son lecteur tout en sacrifiant ses personnages secondaires pourtant intéressant.

Allez comprendre, Kuhoric aura tout de même été récompensé pour son travail en recevant un Spike TV Award pour la catégorie ''Best Movie to Comic Book''. Autant le dire, ce prix il le doit surtout à une concurrence raplapla plutôt qu'à un véritable boulot d'écriture...


SHOP TILL YOU DROP DEAD


Et puisque la série a décidée de foutre en l'air sa propre chronologie, autant faire de même ! Au lieu de commencer par le début, avançons de quelques pages jusqu'à ce flashback nous montrant ce qu'il est advenu du Necronomicon après avoir été oublié dans le désert, et plus précisément au Caire.


Et bien celui-ci parvient à dévorer un scorpion de passage et à utiliser son enveloppe charnelle afin de se déplacer, quittant les ruines pour rejoindre l'hôtel touristique le plus proche où il va se glisser dans un les affaires d'un visiteur avant de le piquer, et par conséquent le posséder...


Qui est cette nouvelle victime susceptible d'aider le grimoire à rependre le Mal sur le reste du monde ? Un peu de patience, nous allons bien voir. Faisons maintenant un petit bon en avant, probablement de quelques jours après les évènements de Ashes 2 Ashes.


Nous retrouvons Ash à son travail, dans le magasin S-Mart (chez Priba pour la version française) où son patron demande à le voir. C'est là que notre héros lui fait ouvertement le résumé de ses grandes aventures, ce qui permet au nouveau lecteur de se familiariser avec le background de la série. Oh, et ne vous posez pas de questions sur ce qui pousse l’Élu à dévoiler son histoire au grand jour: après tout il avait déjà prévenu ses collègues plus tôt, avant qu'un démon ne fasse son apparition devant tout le monde.
Nous voilà avec deux pages de résumé très amusantes grâce au vocabulaire employé (il traite son double maléfique de Dildo-Ho-Tep, que l'on peut traduire par Godemichet-Ho-Tep, amusante référence à Bubba-Ho-Tep) mais qui déjà va chambouler la continuité de la série. Car nous apprenons qu'après sa dernière bataille, Ash a finalement pu être réuni avec sa bien-aimée Sheila, laquelle travaille maintenant avec lui au supermarché.


… Hein, quoi ? Mais non, elle était repartie avec les autres ! Et je me moque de l'image qui nous la montre ici se tenir à ses côtés, je sais ce que je dis puisque j'ai déjà chroniqué l'histoire ! Oh ? Que nous dit l'éditeur ?
Que c'est une histoire pour une prochaine fois? Donc entre-temps Sheila à trouvée un moyen de revenir dans le futur ? Et le scénariste suppose qu'on va gober ça sans avoir la moindre explication ?! De plus sa présence dans le récit est totalement incohérente puisque c'est justement elle qui a essayée de prévenir Ash qu'il oubliait le Necronomicon à la fin ! Si elle a découvert un moyen de revenir, elle lui aurait expliqué la situation pour corriger le paradoxe, et le grimoire ne pourrait pas revenir ici pour ce scénario !!
A vrai dire, le comment de son retour sera bien raconté des mois plus tard dans le one-shot Tales From Army of Darkness. Des mois plus tard ! Alors certes, maintenant tout ça semble anodin, le lecteur se disant qu'il n'a plus qu'à se procurer le comic-book en question pour faire le pont entre les deux histoire... Mais quand bien même cela ne règle pas le soucis du paradoxe temporel concluant Ashes 2 Ashes !


Bref passons. M. Smart semble très bien accepter le rapport de son employé et le ramène immédiatement à son travail, non sans lui annoncer qu'il devra rembourser les dégâts causés par son altercation avec la cliente Deadite de la fin de L'Armée des Ténèbres. Mais, qu'est-ce que... Ne serait-ce pas le Necronomicon sur son bureau ?
Oui autant vendre la mèche, le client possédé par le livre est bien M. Smart, ce qui est une coïncidence tout de même énorme. Le Necronomicon aura fait tout le chemin jusqu'ici pour se venger de Ash, planifiant de l'attaquer sur son terrain à lui pour changer. Moi je me demande: savait-il d'avance que M. Smart prenait ses vacances justement en Égypte ou est-ce qu'il a découvert cela en cours de route ? Et pourquoi n'a t-il pas simplement contaminé tout le continent pour fabriquer une nouvelle armée des Ténèbres ? Ça aurait tout de même été un peu plus simple...


Enfin bon, sitôt son employé parti que le bonhomme se transforme en Deadite. Le grimoire semble alors déployer sa mauvaise influence sur tout le magasin puisque nous pouvons voir fréquemment des créatures démoniaques tourner autour de Ash, sans qu'il en ait conscience, attendant le bon moment pour frapper.


C'est durant ce lap de temps que nous faisons la connaissance des personnages secondaires qui vont accompagner notre héros durant cet épisode. Nous avons tout d'abord Mindy, la femme que Ash embrassait à la fin d'Evil Dead III. Celle-ci semble complètement amoureuse de son collègue et se retrouve très jalouse de la présence de Sheila.


Puis nous avons Iggy et Buck. Le premier n'est autre que le personnage de Ted Raimi visible dans le film tandis que l'autre est adepte du survivalisme et de l'autodéfense. Deux personnages que nous n'allons pas à tarder à connaître un peu plus.


Et alors qu'Ash est séparé de Sheila suite à une malheureuse tentative de drague de la part de Mindy, le Necronomicon frappe enfin. La force invisible aperçu dans les films en vue subjective fait soudainement son apparition dans les rayonnages de S-Mart et s'en va posséder une jolie cliente.


Comme tout démon, celle-ci agresse Ash et ses compagnons d'infortunes. Durant la lutte c'est finalement Buck qui la dégomme car ne se déplaçant jamais sans arme, juste au cas où, tandis qu'Iggy se coupe avec un morceau de verre brisé où apparaissait le visage d'une créature quelques instants plus tôt. Évidemment, il est infecté sans le savoir...


L'épisode se conclu en beauté en nous révélant que tous les clients du magasins sont désormais sous l'influence du Necronomicon, forçant le trio à prendre la fuite afin de se réfugier dans la cave qui pourrait bien être le dernier endroit encore sûr du bâtiment.
L'ultime case nous dévoile cependant la mutation de la main d'Iggy qui est entrain de subir le même sort que Ash durant Evil Dead II. Le second numéro, sûrement le meilleur de la mini-série, commence lorsque les compères se frayent un chemin parmi les monstres sans savoir que l'un des leurs est déjà possédés. 


Dans les rayons, l’Élu découvre une monstrueuse tronçonneuse qui se présente à lui tel Excalibur. Alors qu'il s'empare de ce qu'il considère comme le Saint Graal des Tronçonneuses, la main d'Iggy passe à l'attaque. De quoi donner dans le gag cartoonesque habituel à la série.


Toute la scène qui suit peut-être à la fois vu comme extrêmement fun et significatif d'un manque flagrant d'imagination de la part du scénariste, puisqu'il s'agit d'une reprise de la scène culte d'Evil Dead II où le héros remplace sa main par une tronçonneuse.


Pour se débarrasser de l'encombrante mutation, Ash ampute son collègue en lui tirant dessus à bout portant avant de traiter son moignon en lui greffant une arme. L'idée peut paraître vraiment facile, mais heureusement l'exécution arrange un peu les choses.


Devant le gabarit physique ridiculement maigrichon d'Iggy, il est décidé de lui donner un petit taille-haie, et sincèrement je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'avoir Ted Raimi façon Ash miniature en guise de sidekick pour Bruce Campbell est un concept absolument génial !
Nos héros repartent en quête d'un abris lorsque le smiley d'une affiche publicitaire prend soudainement vie pour essayer de les tuer. Non sérieusement, c'est vraiment ce qui arrive...


La chose est vite exterminée mais aussitôt de nouveaux ennemis vont faire leur apparition. Quelques instants plus tôt, Mindy faisait sa crise de jalousie en brisant un flacon au sol: des débris de verres émergent alors des versions miniatures de la jeune femme et de Ash, à la manière de L'Armée des Ténèbres. La scène est globalement reprise ici, encore.


La troupe est assommée et se réveille ligotée au sol façon Gulliver. Tout comme nous, l'Élu sait très bien ce qui va se passer: les mini-Deadites font un numéro de plongeons pour s'introduire à l'intérieur de leurs corps. Iggy et Buck les avalent mais notre héros parvient à se libérer.



Si les petits démons sont détruits, leur influence maléfique fait rapidement effet et Iggy commence déjà à se diviser, voyant une seconde tête lui pousser. Ash décide de décapiter immédiatement ce doppelgänger et tue dans l’œuf le dédoublement, même si l'échange entre les deux collègues semble sous-entendre qu'il ignorait quelle tête était la mauvaise !
De façon assez inexplicable, aucun changement ne survient chez Buck. Il est supposé que la liqueur qu'il ingurgite régulièrement l'ait protégé, mais on décide de lui donner un laxatif à tout hasard histoire d'être certain de virer le parasite... 


Le numéro arrive à sa conclusion lorsque le trio se rend finalement à la cave d'où ils peuvent entendre Sheila appeler à l'aide.


Sur place ils découvrent celle-ci et Mindy hélas déjà possédées avant que la chaudière ne prennent vie pour les attaquer avec ses tuyaux, imitant ici le monstre final d'Evil Dead II avant de reproduire le final du film.


Car tout semble perdu et les Deadites pensent là encore avoir gagné. Alors que Ash se bat contre la chose avec sa tronçonneuse, exactement comme à l'époque de la cabane, M. Smart choisi de se débarrasser de lui en invoquant un nouveau portail temporel dans lequel il le précipite...
Shop till you Drop Dead passe alors d'un remake de Evil Dead II dans un super marché à un remake de Evil Dead III dans le futur. Car après avoir envoyé Ash dans le passé, quelle idée originale de lui faire explorer l'avenir ! Plus sérieusement, s'il y a là encore quelques idées intéressantes, c'est le moment où la mini-série commence à montrer ses limites.
Ce troisième opus fait effet d'entracte, coupant net l'histoire en cours avant de la reprendre plus tard sans pratiquement aucune incidence ! Car non, la visite en 2501 ne déborde pas au-delà d'un seul numéro et donne au final un sentiment d'inutilité assez flagrant.


Notre héros se retrouve ainsi dans la ville Deca City One – référence à la cité de Judge Dredd, où il est immédiatement attaqué par une bande de mutants sans cervelle. Serait-ce le futur apocalyptique aperçu dans Ashes 2 Ashes ?
L'Élu est alors sauvé par un étrange commando issu de fiction cyberpunk, qui ne sont pas sans évoquer Killzone ou Jin-Roh, lesquels parviennent aisément à se débarrasser de ces ''Deaduns''.

http://i.imgur.com/CD5hpFw.jpg    http://i.imgur.com/dB4pYLu.jpg

Manque de bol, ils prennent Ash pour l'un d'eux et l'attaque également, ce qui l'oblige à se défendre, nous montrant à nouveau son redoutable lancé de ceinture qu'il utilise ici en se prenant pour Scorpion dans Mortal Kombat.


Mais son otage se révèle être une très belle femme, ce qui est suffisant pour perturber notre macho qui relâche alors toute son attention et se fait aisément neutraliser.
A son réveil, un gentil petit robot baptisé K-B lui annonce qu'il se trouve en observation chez le Dr. Sagittarius Von Cadillac III (!) lorsque celui-ci arrive en compagnie de la femme aperçue plus tôt, en fait le Capitaine Wren Grey de l'ordre militaire.
C'est à partir de là que l'épisode va se perdre un peu en exposition. Rien de bien méchant et au contraire, tout l'intrigue qui va nous être raconté ici est très intéressant et

(...)
Travail inachevé pour des raisons diverses. L'une d'elle étant tout simplement que ce style de chronique ne m'a jamais vraiment plu: trop long, contraignant, peu analytique et sans grand intérêt...

lundi 2 mai 2011

Bellydance in Capitaine Conan (1996)



Dans le film Capitaine Conan de Bertrand Tavernier, une drame historique se déroulant durant la guerre des Balkans, se trouve cette très courte scène de danse dans un restaurant. Une apparition anecdotique tant elle est expédiée en quelques secondes et absolument pas mise en valeur.

Le gros problème vient déjà de son introduction, où le présentateur du spectacle décrit la performance que s'apprête a voir le public comme « une danse, hum hum, "artistique" », sous-entendant grossièrement qu'il ne s'agit que d'un numéro de charme sans valeur.

Passe encore cette désignation, l'histoire se déroulant peu avant les années 20 à une époque où la danse orientale était bien généralement perçue comme une forme de séduction à des fins purement sexuelle. Le soucis c'est que le réalisateur ne semble pas du tout intéressé par la mise en scène a cet instant précis.

Pourtant renommé dans le monde du cinéma français, Tavernier film ici très platement sa danseuse en seulement deux plans différents, champ et contre-champ, ne jouant jamais sur l'ambiance, la musique ou quoique ce soit. La femme apparaît, entame son numéro et se fait interrompre immédiatement a tel point que l'on se demande pourquoi perdre son temps avec son apparition.

Quant à la chorégraphie, elle est tout aussi inexistante. La performeuse, Juliana Ciugulea (qui ne fit qu'une seule autre apparition dans sa carrière), ondule vaguement les hanches et les bras et marche de la scène jusqu'à la table où se tient le personnage principal. Point barre. Non, ce n'est pas de la danse.

Capitaine Conan n'offre ainsi rien, ni costume intéressant, ni charisme, ni ambiance, ni mouvements. Ces quelques secondes sont inutiles tant à l'intrigue qu'aux intéressés de la danse. A éviter. 


Bellydance in Juana la Loca (2001)


Apparition surprise là encore, au cœur de ce drame historique retraçant la vie amoureuse de Jeanne la Folle et Philippe de Habsbourg au XVIème Siècle. L'intrigue se concentre sur la relation tumultueuse des deux amants, le roi délaissant son épouse qui devient maladivement jalouse avec le temps.

La belle danseuse Maure fait son apparition durant l'une des escapades du Roi, se produisant sur la scène d'une petite taverne. Dans le film, elle est incarnée par la sublime Manuela Arcuri, actrice italienne qui n'hésite pas à dévoiler ici tous ses charmes lors d'une scène de nue.



Alors que son rôle devient plus important par la suite dans le film, sa prestation se limite cependant à sa scène d'introduction, malheureusement bien trop courte. Le budget confortable de la production permet ici un jolie costume très riche en détails qui donne toute sa sensualité au personnage.



La femme est belle et envoûtante (littéralement, puisque le film la montre plus tard pratiquer la sorcellerie pour garder son amant auprès d'elle), et c'est ici le plus important. Toute l'atmosphère magique de la danse opère par cette beauté et cette grâce qui se dégage de la performeuse.



Les mouvements sont en revanche assez limités. Quelques ondulations, quelques gestes de base, mais c'est tout. Une partie de la chorégraphie disparaît hélas au profit de scènes de dialogues entre d'autres personnages et la danseuse apparaît assez souvent en arrière-plan malgré quelques prises de vue plus travaillées.


Techniquement parlant c'est donc assez faible, mais ce qui marche est l'ambiance. Certes il serait facile de dire que le personnage est composé pour être perçue comme une séductrice, tentatrice, sur un point purement sexuel (puisque c'est son rôle dans l'intrigue du film), mais la grâce de Manuela Arcuri et sa tenue élégante la place au-dessus de ça.

Pour cette simple raison, cette courte apparition vaut le coup d’œil même si l'idée de base est très certainement douteuse à l'origine...