mercredi 31 mai 2006

Lordi, gagnant de l'Eurovision !


Ne suivant pas ce genre d'émission c'est avec une surprise immense que le résultat m'ait parvenu. Le groupe de hard-rock finlandais Lordi est le gagnant de l'Eurovision 2006 ! Le choc.

Rappelons que si ce groupe pèche par un style trop basique et une absence de son particulier (leur gros riffs de guitares sont sympas mais trop proche de Metallica, mais parfois aussi à Kiss), ils sont surtout réputés pour leur look tout bonnement euh... Enfin... Ben pas conventionnel quoi. Loin du cliché gothique/satanique à la Cradle of Filth ou des masques de Slipknot, Lordi affiche une image de marque propre aux films d'horreurs Old-School. Un univers visuel barbare et bourrin qui n'est pas sans renvoyer à celui de Todd MacFarlane, le créateur de Spawn, au point que l'on s'imagine déjà les superbe statuette que ce dernier pourrait confectionner.

Avec cette victoire, Lordi risque donc de devenir un phénomène mode, malheureusement, d'autant plus que depuis lors, le groupe commence à avoir un sacré succès. Pour donner une petite idée, un concert gratuit à été organisé à Helsinki, le vendredi 26 mai où plus de 70.000 personnes furent présente. On parle d'un karaoké collectif, et je ne vois pas trop ce que ça peut être vu que dans un grand concert les fans reprennent toujours les chansons en cœur avec le chanteur (faites vous du Alice Cooper pour voir !) mais ça à l'air d'avoir fait plaisir au public puisque les chiffres annoncent 50.000 personnes qui auraient reprit les paroles de Hard Rock Hallelujah.

Bref la Finlande aura vu ce moment comme un grand évènement culturel (!) au point que la présidente elle-même monta sur scène pour récompenser Lordi (le chanteur) d'une récompense du pays: une clé de bronze offerte par la "Fédération du travail finlandais."

Autre preuve de la folie ambiante: alors que plusieurs journaux auront profité de l'histoire pour mettre le groupe de Lordi à la Une, l'un d'eux aura "osé" révélé nos musiciens sans leur maquillage. Crise de colère général: aussitôt une pétition de plus de 200.000 signatures avec menace de boycott a contraint le journal de faire ses excuses public ! Et dire qu'on pensait les américains extravagant...

Personnellement je connais Lordi depuis un ou deux ans et je n'avais jamais soupçonné l'existence d'un tel mouvement envers le groupe (à vrai dire celui-ci n'étant pas si exceptionnel et valant surtout pour son look impressionnant) et je suis quelque part déçu de les voir céder à la célébrité et au succès grand public puisque bon, Lordi était avant tout destiné au fan de gros monstres et de films d'horreurs (on se souvient du clip de Blood Red Sandman reprenant le concept de Evil Dead). Quoiqu'il en soit, cela me permettra peut-être de récupérer les autres albums du groupe donc bon, ça ira pour cette fois.


dimanche 28 mai 2006

Fruits Basket, T.17

Les attentifs auront remarqué que ce nouveau volume de Fruits Basket est sorti en avance, avant même le début du mois... Pourquoi du retard pour cet article ? Mettez ça sur le compte de la flemme. Quoiqu'il en soit c'est avec plaisir que l'on aura pu se procurer un peu plus tôt que prévu ce petit plaisir. Ce mois-ci c'est à la toute mimi Saki de faire la couverture.

Comment faire mieux que le volume précédent ? C'est la question qui nous vient immédiatement en tête tant Natsuki Takaya avait fait de son précédent tome une véritable baffe. La réponse est simple: il suffit d'avancer l'intrigue et de balancer en pleine face de ses lecteurs quelques révélations majeurs.

Pas d'inquiète je ne spoile pas et ne gâche pas le plaisir de la découverte. Cependant attendez vous à quelques surprises à propos de Akito, Shiguré et même Kureno que l'on avait un peu oublié. Des révélations donc, des surprises, mais surtout encore une fois des séquences à couper le souffle. Loin d'être de simples cliffanghers afin de relancer l'intérêt de l'histoire général, ces passages sont ici de véritable coups de poing à l'encontre du fidèle lecteur de la série depuis le début.

Vous ne regarderez plus jamais Akito de la même manière, pas plus que Shiguré qui décidément change de plus en plus. Quant à l'histoire même de Fruits Basket, via Kureno, elle va maintenant prendre un tournant très important. Que ce soit à propos de la Malédiction des Soma, de la relation des personnages ou des problèmes psychologiques, ce 17ème volume met le paquet et retourne son lecteur dans tous les sens.

En dehors de ces faits majeurs et ultra-important, qui vont jusqu'à introduire un nouveau personnages (la maman d'Akito !), on relève quelques autres petites choses comme une légère évolution du personnage de Arisa et la sensation toujours plus grandissante d'une possible relation entre Yuki et Machi, laquelle se dévergonde de plus en plus l'air de rien (ce qui semble par ailleurs laisser le champ libre pour Kyô avec Tohru... C'est dingue ce que ça fait Feux de l'Amour hein ?). On peut aussi saluer le retour de l'éditrice de Shiguré qui nous fait toujours autant rire.

Avec virtuosité et humour, Fruits Basket continue son bonhomme de chemin avec cette fois un volume incontournable, puisque riche en évènements importants et stupéfiants.

Un grand bravo !

jeudi 25 mai 2006

NYX, Vol.2

Le deuxième tome de NYX vient enfin de sortir. Après un premier intriguant mais intéressant volume narrant l'histoire de quelques mutantes livrées à elles-mêmes dans une cité oppressante (pour schématiser en très gros), on peut dire que cette seconde partie n'est pas sans apporter une petite déception.

L'histoire reprend là où on l'avait laissé, et notre trio (Kiden, sa prof et la clone de Wolverine, X-23) sont toujours en fuite. Tandis que le fantôme du père de Kiden continue de lui apparaître et de la guider, des tensions se forme entre l'adolescente et sa prof. Dans le même temps, elles finissent enfin par croiser Tatiana qui se révèle être une mutante tirant son pouvoir de métamorphose par le sang des animaux (chat-garou, etc.), tandis que le mac de X-23 retrouve leurs traces et décide de les supprimer...

Rien de particulier en ce qui concerne l'intrigue, qui reste très classique, mais le traitement aurait mérité à être plus développé. NYX donne l'impression de bien commencer avant de voir chacun de ses éléments être précipité... On note une quasi inutilité de X-23 qui s'enferme dans son mutisme (même si elle tape dans le tas), l'histoire de Tatiana est à peine évoquée et ne sert finalement à rien du tout, quant à Kiden, c'est à peine si on trouve la conclusion de son histoire potable...

Il faut rajouter aussi un climax très confus, alors qu'il s'agit d'un simple combat entre mutants et mafieux, et on peut rester perplexe devant l'entrée en scène d'un étrange mutant pouvant voyager de corps en corps, mais qui n'a au final aucune utilité véritable.

Ce second volet de NYX est donc une déception, malheureusement, même si le graphisme de la couverture reste très jolie (mais pas autant que celui du premier tome) et que les éléments présents en son sein sont intéressants. A noter par ailleurs qu'en guise de conclusion, les auteurs appel sûrement à une suite...

A suivre donc, en espérant que le niveau soit revu à la hausse cette fois.

mardi 23 mai 2006

[Ciné] OSS 117 – Le Caire, Nid d'Espions


OSS 117 Le Caire, Nid d'Espions 
(2006)
Cap Cinéma, Blois (41)


House of Re-Animator – Poster teaser / fake (?)


Image récupérée sur le forum de Mad Movies. Il y a de grandes chances qu'il ne s'agisse que d'un fake, mais en même temps le Festival de Cannes à lieu en ce moment et on sait que Brian Yuzna y est avec quelques comparses afin d'y vendre ses projets, alors... Il se pourrait très bien qu'il s'agisse du premier poster teaser.

Oui je sais, tout le monde s'en fout mais c'est le but d'un blog de mettre des trucs à la con...
Et puis on parle de Re-Animator 4, merde !

lundi 22 mai 2006

Monsieur Poulpe


Monsieur Poulpe. Nanarland.
Je pourrai fournir le contexte, mais... C'est encore mieux comme ça.

J'aurai dû en profiter pour me faire dédicacer une copie de La Furie du Caribou 4.

Mad Movies #186 (Mai 2006)


C'est en avance que Mad est sortit ce mois-ci, et avec son DVD ! Faut le signaler !   

Au sommaire de ce numéro rien de bien folichon, la faute à une actualité plutôt pauvre. Je zappe les rubriques habituelles pour entrer dans les grandes lignes: 

Un compte-rendu de la 24ème édition du Festival du film policier de Cognac, les Masters of Horror encore et toujours, et dont il s'agit logiquement du dernier article (jusqu'à la sortie DVD bien sûr): le Haeckel's Tale de John McNaughton, réalisateur du culte Henry, Portrait d'un Serial Killer, qui semble faire dans le gros gore qui tâche, le Pick Me Up de l'habitué Larry Cohen, au pitch simple mais dément (deux tueurs en série s'en prennent à une même proie) et de nouveau l'article du The Fair-Haired Child de Malone en raison d'une mauvaise iconographie lors du précédent numéro. 

Concernant les actualités on aura bien sûr la chronique du Silent Hill de Gans et... D'une petite série B, voir Z, du nom de Reeker, avec interview du réalisateur. Un film sûrement pas top et destiné au marché direct-to-video, mais on commence à avoir l'habitude avec Mad quand ils n'ont rien à raconter. 

Reste un joli mais inutile dossier effets spéciaux (alors que le hors-série paru dernièrement est toujours dispo dans les boutiques !). On y parle du latex et du old-school sur Silent Hill, Horribilis et Fragile, mais attention ! Énorme spoiler quant aux créatures / fantômes de ces derniers (et hop qu'on te balance une tof de la Mechanical Girl ou du bestiaux mutant final de Horribilis) ! A éviter de feuilleter si on a pas encore vu les films. 

L'interview-carrière du mois est quand même celle de William Friedkin, à suivre dans le prochain numéro et puis on termine sur les chroniques DVD dont quelques unes ont été un peu poussée (le pathétique Flesh for the Beast ici élevé au rang de série B de haut de gamme alors que bon... C'est franchement pas fameux). Dans un registre bien plus acceptable le coffret Hanzo the Razor de HK, le gros Z délirant Zombie King and the Legion of Doom et une des dernières acquisition de Neo: Zombie Honeymoon, qui aura droit également à une mini-interview du réal. 

Pour le reste quelques petits articles sympathiques suivant les rubriques classiques et un papier intéressant sur Dan Curtis, récemment décédé. 

Le véritable intérêt (si l'on peut dire) de ce numéro est donc le DVD de Démons II, de Lamberto Bava, toujours aussi hard rock et un peu gore mais bien en-dessous du premier volet. Moins de délire mais plus de Z avec la présence de ce bébé Ghoulie adorables. Un disque à la très bonne qualité d'image, comme pour son prédécesseur, mais qui là encore se contente d'une version française... 

Pour le mois prochain, ça sera DinoCroc... Aïe... 

dimanche 14 mai 2006

Jason au point mort


Il y a quelques temps Hollywood a déclaré vouloir refaire un Vendredi 13. Une bonne nouvelle qui en a laissé plus d'un perplexe en apprenant qu'il s'agirait (peut-être) d'un remake de l'original, mais avec Jason Voorhees en personnage principal. Un concept foireux qui bousillerait par ailleurs toute la logique de la série (si Jason tue c'est justement en raison du premier film et de son final).

Apparemment les réactions des fans auront été entendu car on parle aujourd'hui de quelque chose de différent. L'histoire ne se déroulerait plus durant / à la place du 1 mais disons pendant la période du Jason humain, à savoir proche du 2, 3 et 4 (qui, je le rappel, se suivent tous sans rupture de temps, chaque film reprenant exactement là où le précédent se finissait).

Le projet serait donc de faire un film sur les origines de Jason, alors encore humain et dans la vieille période. Reste que certains détails empêchent une continuité logique: apparemment le film se déroulera entre le 1 et le 2, mais Jason possédera déjà son masque de hockey alors qu'il ne le porte qu'à partir du 3ème film... Mais bon, sachant qu'arrivé au 8ème Vendredi 13 la cohérence et la continuité n'est plus respectés, on est peut-être plus à cela près... En fait de la même façon que pour le remake de Massacre à la Tronçonneuse (et la futur préquelle à celui-ci, The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning qui nous montrera également les origines de Leatherface et de sa famille cannibale), beaucoup voient ce Vendredi 13 comme un film indépendant de la série original. Un nouveau film pour une série parallèle ? En tout cas il est clair que le film s'apparente à une sorte de Ultimate Friday the 13th (en rapport aux comics Ultimate Spider-Man vis-à-vis des Spider-Man).

C'est peut-être ça le soucis. Jason Voorhees est une trop grosse icône pour changer son background / univers d'un coup, notamment après les sorties encore récentes de Jason X et Freddy vs. Jason... Le griffu d'Elm Street s'était déjà planté en beauté avec un Freddy Sort de la Nuit et son faux Freddy (je persiste et signe, ce film est très mauvais !). Heureusement, comme pour faire un peu plus réfléchir les producteurs sur leurs décisions, les choses font que le projet est tout bonnement dans une impasse: les négociations financières entre Platinum Dunes, la boîte de Michael Bay (déjà responsable de la catastrophe Amityville version 2005), et les ayant droits de la série n'aboutissent apparemment pas.

Si Jason peut garder sa dignité pour l'instant, et on peut prier qu'un Freddy vs. Jason 2 soit mis en place pour garder l'intégrité du personnage entre-temps, ces couillons de producteurs se focalisent alors sur un autre projet: celui du remake du cultissime Hitcher. Mais quelle bande de cons !

samedi 13 mai 2006

... and Rebirth !


Et oui, car Brian Yuzna n'en a pas fini et va continuer ses projets sous la bannière de Halcyon International Pictures.

Et quels projets ? Bien sûr de "petits" projets, tel ce Everdark (histoire de Poltergeist co-écrite par Yuzna) et ce Sprawl: Grizzly (une horde de grizzly sauvages va s'attaquer à des citadins en vadrouille), mais il y a évidemment LE projet, celui qui aura toute les chances de permettre à Yuzna de faire connaitre sa nouvelle société: un quatrième Re-Animator !


House of Re-Animator, un projet dont Stuart Gordon (réalisateur du premier opus) avait déjà un peu parlé à la sortie de Beyond Re-Animator... Celui-ci voyait alors une satire politique, faisant se dérouler l'histoire à la Maison Blanche où le vice-président (apparemment une caricature de V.P. Cheney) est victime d'une crise cardiaque. Herbert West serait alors appelé à le ramener à la vie pour couvrir cet évènement, ce qui ne fera bien sûr qu'empirer les choses...

A l'annonce de cette nouvelle, Jeffrey Combs avait déclarer être prêt à reprendre le rôle de Herbert West. Désormais, nous en apprenons plus. Avec les producteurs dans la poches, Brian Yuzna et Stuart Gordon lancent donc la machine en route. Le film sera bel et bien ce House of Re-Animator et l'idée de Gordon a été gardée. Pas d'autres éléments à propos de l'intrigue pour l'instant, mais du très gros en perspective:

Brian Yuzna à la production et Stuart Gordon à la réalisation. Jeffrey Combs sera toujours Herbert West et... Bruce Abbott reprendra le rôle de Daniel Cain ! Personnage absent du troisième opus et expédié de façon peu satisfaisante (il aurait trainé West au tribunal pour le massacre de Arkham), on ne peut que se réjouir du retour de la Golden Team du film original et on à hâte de voir comment sera traité le duo West / Cain.


Évidemment David Gale ne pourra jamais revenir en tant que Dr. Carl Hill, décédé peu après le tournage du second épisode, et on pourrait toujours fantasmer sur un retour de Barbara Crampton dans le rôle de Meg, mais ceci reste encore un délire de fan. Pour se consoler, quelques autres nouvelles réjouissantes:

Le Président des États-Unis pourrait être interprété par William H. Macy (l'Homme-Pelle de Mystery Men, et inoubliable dans Fargo) et... il est annoncé que deux autres Re-Animator, encore, sont en projet, faisant ainsi de House of Re-Animator le premier volet d'une seconde trilogie sur le Dr. West !

Le rêve absolue, reste qu'il faudra que les histoires tiennent. Mais avec du gore (Yuzna oblige) et Jeffrey Combs, tout espoir est permis. Après tout Beyond Re-Animator s'était annoncé sous les plus mauvais auspices (Combs pas prévenu officiellement de cette nouvelle séquelle, problème de droits, absence de Bruce Abbott et de la musique de Charles Band...) et pourtant on connait le résultat.

Fantastic Factory est morte mais Herbert West veille au grain ! Merci ! Tout cela débute ce mois-ci à Cannes, du 17 au 27, où les producteurs et le réalisateur tenteront bien évidemment de vendre leur projet aux distributeurs !

jeudi 11 mai 2006

Death...


C'est d'une source pas vraiment officielle mais suffisamment sérieuse (Devil Dead) pour être considérée comme réelle que j'apprends la triste nouvelle: La firme "Fantastic Factory" disparaît. Brian Yuzna et Filmax International viennent de mettre un terme à leur collaboration.


Fantastic Factory ne sera jamais connue des cinéphiles "respectables" et lecteurs de Télérama. Et pourtant, Fantastic Factory avait des couilles, chose très rare pour notre époque. Co-création espagnole et américaine, elle fut fondée par le producteur Julio Fernández (celui qui nous aura permis de découvrir LE grand nom du Fantastique Espagnol actuel, Jaume Balagueró, avec La Secte Sans Nom) et du réalisateur américain Brian Yuzna que l'on ne présente plus (le délirant Society, les suites de Re-Animator). Autant dire l'association de deux grands talents. A leurs côtés, le réalisateur et comparse de Yuzna, le très bon Stuart Gordon (Re-Animator et From Beyond, deux grands titres).


Une courte production avec un rythme de parution assez lent. En 2001 tout d'abord, avec successivement un moyen Arachnid, grosse série B assez gore mais trop basique, le sympathique Dagon, d'après l’œuvre de Lovecraft, puis l'adaptation d'un comic-book ultra gore et politiquement incorrect, Faust: Love of the Damned. Silence radio par la suite jusqu'au titre supra attendu en 2002: Beyond Re-Animator, troisième volet de la série culte qui failli ne pas se faire. En 2004 sort discrètement chez nous Romasanta, une relecture du mythe du loup-garou à travers un whodunit se déroulant au XIXème siècle, et pour l'instant, les trois derniers films de la firme n'ont toujours pas été distribué: Rottweiler, un Terminator version canine, ainsi que La Monja et Beneath Still Waters.


Le soucis de Fantastic Factory fut, comme toujours, l'argent. Un manque de budget flagrant qui se voyait au travers d'un grand nombre de figurants espagnols, d'effets spéciaux numériques parfois foireux (très visibles dans Faust) et des unités de lieux limitées. Et pourtant on se souvient surtout de films meilleurs que la moyenne, très souvent complètement barrés (les productions étant espagnoles, pas de soucis liés aux prudes américains), et des noms connus des fantasticophiles.


Arachnid a été mit en boîte par Jack Sholder (réalisateur du classique The Hidden et du deuxième film de Freddy) et Stuart Gordon a pu continuer sa série de réadaptation de Lovecraft avec Dagon. En ce qui concerne Faust, l'adaptation est certes à des années lumières de la folie de la BD originale, mais a tentée ce qu'elle a pu pour rester dans sa logique (du gore, du pétage de plomb, une femme transformé en créature informe...) et surtout a pu bénéficier de la participation de Andrew Divoff (éternel Djinn des Wishmaster) et de Jeffrey Combs ! Grand ami de Yuzna et Gordon, Jeffrey Combs a par ailleurs pu reprendre son rôle culte du Dr. Herbert West dans le 3ème volet de la série, au côté de l'espagnol complètement barge Santiago Segura (l'inoubliable Torrente, vu aussi dans Action Mutante et... Trop de films pour citer !). Romasanta fut marqué par la présence de l'excellent Julian Sands (le Warlock entres autres), Yuzna a continué de mettre en scène avec Faust mais aussi Rottweiler et Beneath Still Waters, quant à La Monja, il a carrément Jaume Balagueró pour scénariste.


Le public d'aujourd'hui, gavé de SFX au "top" et de fantastique édulcoré tout public (aah les remake The Ring et Vanilla Sky...), n'aura évidemment pas suivi et on se doute que c'est ce qui a causé la fin de Fantastic Factory. Dommage car l'association de talents américains et espagnols était à la fois original, osé (Yuzna avait toutes les chances de foirer son coup en proposant cette association) et sacrément généreuse pour la communauté Fantastique.

Doit-on pleurer sur la mort de Fantastic Factory ? Et bien non ! Car si toutes choses à une fin, rien n'empêche de tout recommencer...


lundi 8 mai 2006

Shark Attack



SHARK ATTACK
(1999)
Si on connaissait surtout Nu Image pour ses films de guerre et d’action au rabais, l’aube du nouveau millénaire signe un renouveau chez la firme. Celle-ci relance sur le marché du direct-to-video une batterie de films fantastiques animaliers dans l’espoir de redorer un peu son blason et d’élargir son cercle de vente. Sortirent alors simultanément Spiders, Crocodile, Octopus et, un peu avant, ce Shark Attack (ou Alerte aux Requins à la télévision française) qui va rapidement devenir un titre phare de la firme et le premier volet d’une trilogie.


Shark Attack se déroule à Amanzi, en Afrique du Sud. Nous y voyons le biologiste Marc Desantis être assassiné par deux policiers: tailladé, il est jeté à l’eau et aussitôt attaqué par un requin. Travaillant sur l’étrange recrudescence d’attaques de squales dans les parages, il aura toutefois eu le temps d’envoyer un e-mail à un confrère, Steven McKray. Ce dernier se rend alors sur place et apprend le décès de son ami. Avec la sœur de celui-ci, il entreprend alors de continuer l’enquête, gênant quelque peu le Dr. Miles Craven, un ancien camarade de McKray et Desantis qui travail également sur les requins. Pendant ce temps l’entrepreneur immobilier Lawrence Rhodes expulse les pêcheurs du coin suite au déclin de l’économie régionale depuis les attaques de requins…



Alors qu’on s’attendait à une bête copie du mythique Dents de la Mer, Nu Image « innove » en s’inspirant non pas de ce classique mais du Peur Bleue de Renny Harlin sorti la même année. Pas question d’un énorme requin intelligent mais bien de toute une colonie de squales ayant été rendu hyper agressif par la faute de scientifiques: dans l’espoir de guérir le cancer (contre Alzeimer dans Peur Bleue) avec le système immunitaire très performant des requins, une hormone de croissance synthétique a été placée dans leur cerveau afin de surmultiplier leur métabolisme. Le problème c’est que cela entraîne une encéphalite (hypertrophie du cerveau) et donc un retour au besoin primaire. Pour faire simple: l'organe est tellement endommagé que les requins croient avoir toujours faim et cherchent à se nourrir continuellement, agressant alors tout ce qui passe à leur portée. Et comme il n’y a presque plus de poissons dans la baie, les humains sont au menu.



Toutefois Shark Attack se contente de reprendre simplement cet élément du film de Harlin, préférant au laboratoire immergé au beau milieu de l’océan un cadre plus exotique avec cette baie des côtes africaines, et zappant même pratiquement l’élément de science-fiction de son intrigue pour virer au pur film d’aventure et… D’action! Comme quoi, on ne se refait pas. La majeure partie de l’intrigue se déroule donc sur la terre ferme avec la mise en place d’un complot, car il est évident que les attaques de requins cachent quelque chose. On peut être surpris de cette orientation tant les mangeurs d’hommes ne constituent au final qu’un petit élément de l’histoire alors que l’on s’attendait à ce que l’action soit centrée sur eux (le film se rapproche alors plus de Barracuda que de Peur Bleue pour le coup). A ce titre, les attaques sont au final bien limitées: deux personnes dévorées (respectivement au début et à la fin de l’histoire), une autre blessée. Par ailleurs à l’exception de ces attaques, les squales n’apparaissent généralement que lors de séquences sous-marines incluant les deux personnages principaux. Autant dire que pour l’aspect horrifique et la peur du grand blanc, c’est plutôt maigre.



Bien entendu il s’agit moins d’une volonté créatrice que d’une histoire de budget. Shark Attack n’est qu’un téléfilm prévu pour la diffusion télévisuel américaine avant même une exploitation vidéo et en conséquence le budget n’est pas prévu pour faire des miracles. Le scénario exploite au maximum son histoire de complot et d’enquête, et avance de façon linéaire et prévisible, enchaînant les scènes de discussions et limitant le reste au minimum syndical. Et pour ceux qui s’attendent à une intrigue solide ou à un quelconque suspense, c’est plutôt raté: le film sombre presque dans la caricature tant le Dr. Craven est désigné comme quelqu’un de louche et irresponsable (son remède contre le cancer ne marche évidemment pas, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre ses expériences et de les tester sur des cobayes humains) et que les deux flics corrompus semblent tout droit sortit d’un film de Chuck Norris (un chauve barbu nerveux et un type qui ricane tout le temps).


Sûrement conscient de son histoire bancale et de sa quasi-absence de scènes d’horreurs aquatiques, le réalisateur tente comme il peut de garder éveiller l’intention du spectateur en lui offrant un peu de dynamisme. Ainsi le biologiste de l’histoire est également expert en arts martiaux à ses heures, comme il nous le prouve au détour d’un combat de bar purement gratuit, et les voitures explosent au moindre choc, comme c’est bien connu aux États-Unis. On se retrouve avec de la petite action digne des Nu Image habituel en somme. En fait c’est bien simple, passé les 60 première minutes les requins disparaissent complètement de l’histoire et les 25 minutes restante semblent tout droit sortis d’un sous-James Bond: sidekick pseudo-comique, fusillades, poursuites en voitures et en bateau, explosion de véhicules en tout genre dont un hélicoptère, Shark Attack va même jusqu’à oser nous refaire le coup de la scène finale devenu un cliché ambulant: prisonniers dans le repère du grand méchant et entourés de viles gardes armés, nos héros découvrent qui tire les ficelles de toute cette histoire tandis que, évidemment, le fameux plan secret leur est révélé à la dernière minute. Ceci avant qu’un commando de pêcheurs en colère n’entre en scène et ne provoque le combat final entre les Méchants et les Gentils ! Hallucinant, mais après tout c’est un Nu Image.



Cependant il faut noter néanmoins une chose: Shark Attack a été un minimum soigné. Doté d’un paysage plutôt séduisant et qui change des plages américaines habituelles, il est amusant de constater que ces séquences de requins que l’on ne trouvait pas terrible à l’époque apparaissent désormais comme très bien maîtrisés aux vues des futurs autres films de la série. On ne voit certes jamais clairement les squales surgirent de l’eau lorsqu’ils attaquent, pas plus que de pauvres victimes se débattent dans leur gueule, ni même de séquences gore (quoique l’on apercevoir quelques dissections de squales), mais les faux grands blancs sont très réalistes et particulièrement bien conçues, tandis que les nombreux stocks-shots sont parfaitement intégrés à l’action: pas de changement de grain d’images, pas d’appâts visibles, tout est calculé pour très bien correspondre à ce qui se déroule dans le film (un grand bravo au monteur en tout cas). Et surtout ici les requins ne rugissent pas comme des lions ! Alors si Shark Attack souffre toujours d’être une petite production Nu Image, elle n’en reste pas moins infiniment supérieur face à ses successeurs à ce niveau.



Enfin il est aussi bon de remarquer un casting assez étoffé puisque l’on y croise aussi bien un Casper Van Dien sur la touche depuis Starship Troopers qu’un Ernie Hudson qui s’est empâté depuis S.O.S. Fantômes. Et si le premier nous refait un peu la même chose que dans le film de Paul Verhoeven (il faut le voir lutter seul contre un énorme grand blanc à l’aide d’un simple petit bâton, ce qui renvoie un peu à son rodéo sur le scarabée géant), le second nous montre qu’il peut très bien interpréter les grosses enflures malgré son image de grand gentil. Dans un registre bien moins connu, le Dr. Miles Craven est lui interprété par Bentley Mitchum, que l’on a pu apercevoir alors tout jeunot dans Demonic Toys. Quant à Jenny McShane, qui ne sert à rien si ce n’est à faire acte de présence et à montrer son bikini de temps à autre, il faut croire que l’expérience lui a plu car nous la retrouverons au générique de Shark Attack 3 (dans un autre rôle, précisons).


Shark Attack
, avec une réalisation plus maîtrisée que ses successeurs et ses quelques acteurs sympathiques, est le meilleur opus de sa série mais il ne reste toutefois qu’un petit téléfilm à bas budget (Nu Image coproduit avec l’Afrique du Sud et l’Israël, se payant ainsi des figurants moins cher), prévisible et sans grand intérêt. Il demeure ainsi semblable aux productions habituel de la firme, le côté nanar en moins, ce qui lui vaut de perdre de l’intérêt puisque du coup, il risque d’en ennuyer plus d’un ! Paradoxal ?


samedi 6 mai 2006

Monster Allergy, T.12: L'Autre Dompteur

On se disait que ça faisait un moment que Monster Allergy n'était pas sorti et hop, il revient pour notre plus grand plaisir !

Encore un très bon album ce mois-ci, ce qui viens à nous faire penser que la série nous offre de très bons numéros de façon régulière contrairement à bon nombre de bandes-dessinées. Gage de qualité quoi.

L'Autre Dompteur, comme son nom l'indique, introduit un nouveau personnage de Dompteur. Cependant les auteurs prennent soin de ne pas faire traîner l'histoire générale et nous offre quelques révélations importantes et la mise en place d'éléments préparant le terrain pour la suite des évènements. Généreux.

Tandis que la sorcière Ermelia s'attire les foudres de Zach pour avoir mit en danger son fils, celui-ci découvre un autre Dompteur dont le père serait lui aussi prisonnier d'un maléfice. Ermelia n'en reste évidemment pas là et tente de manipuler les deux enfants pour son propre compte, quand bien même Zick vient à sympathiser avec ce dernier. Et pendant ce temps, Masque de Feu se prépare à la guerre avec une armée constitué aussi bien de fantômes que de monstres ! Les premiers ayant pourtant l'habitude de dévorer les seconds, les voilà désormais alliés pour terrasser le peuple de Bibbur-Si. Heureusement Timothy veille au grain et ira carrément retrouver Charlie Schuster, l'ami imaginaire d'Elena, qui s'est carrément incarné dans l'un de ses deux petits frères !

Un volume fort agréable qui possède toujours la même fraîcheur et le même humour, et qui se conclura par une révélation assez étonnante et sûrement pleine de conséquence pour la suite des évènements, mais qui resserrera encore plus les liens qui unissent Zick à Elena.