lundi 31 octobre 2011

Freddy's Tricks and Treats (Road to Halloween)

ROAD TO HALLOWEEN
Freddy's Nightmares – A Nightmare on Elm Street: The Series
FREDDY'S TRICKS AND TREATS


Pour conclure cet Halloween 2011, quoi de mieux qu'une aventure mettant en scène l'homme de nos rêves en personne, j'ai nommé Freddy Krueger ?! C'est donc avec un épisode de série télé que nous achevons ce marathon thématique: Freddy's Tricks and Treats, chez nous étrangement retitré Enlève ton Masque. Mais avant de tailler dans le vif, une petite introduction s'impose pour ceux qui ne connaîtrait pas le show...


Freddy's Nightmares, connu en France sous le titre de Freddy, le Cauchemar de vos Nuits (diffusion sur La Cinq) ou celui des Cauchemars de Freddy (en cassettes vidéos), a vu le jour en 1988 au cours d'une incroyable Freddymania. Le croquemitaine étant plus populaire que jamais, l'idée était de capitaliser via une série télé où il apparaîtrait régulièrement et le projet fut rapidement produit, avec un budget très limité. En conséquence, le show ne survécu pas au-delà de la seconde saison et se traîne, a raison, une réputation catastrophique bien qu'une sorte de bonne humeur générale se dégage de l'entreprise.


La faute en incombe surtout au concept, très mal pensé. Plutôt que de faire de Freddy le personnage principal, ou en tout cas l'antagoniste de toute la série, Freddy's Nightmares s'apparente à une anthologie d'histoires horrifique où le Springwood Slasher ne serait qu'un présentateur à la manière du squelette des Contes de la Crypte ! Et encore, les-dites présentations étant limités à quelques apparitions minimalistes ici et là, avec blaguounettes risibles à la clé !


Quelques exceptions subsistent toutefois, où Krueger est directement impliqué dans l'intrigue. C'est le cas de ce quatrième épisode de la série télé, diffusé le 30 octobre à la télévision et se déroulant tout naturellement pendant Halloween. Mêler Freddy à cette fête des monstres était une bonne idée qui aurait pu aboutir à un résultat intéressant, hélas celui-ci est totalement insignifiant. Aux commandes de ce beau gâchis, Ken Wiederhorn (le fauché mais sympa Shock Waves et l'ignoble Retour des Morts-Vivants II) offre une réalisation impersonnelle au même titre que ses prédécesseurs sur le show...


L'histoire, pas vraiment originale, nous montre comment le croquemitaine s'applique à rendre folle une étudiante en médecine qui ne croit pas aux fantômes, et donc qui ne croit pas en lui. Un postulat de départ pas franchement excitant et très mal exécuté en raison de la structure narrative particulière de la série: il faut savoir que chaque épisode est séparé en deux parties, avec l'intrigue servant de fil rouge. Freddy's Nightmares suit généralement les mésaventures d'un protagoniste avant de le quitter pour se concentrer sur un personnage secondaire du récit, lequel va devenir le nouveau personnage principal dans l'histoire.


Ici nous suivons donc Marsha, une jolie jeune fille ne pensant qu'au boulot et qui semble avoir beaucoup de mal à se détendre. Malgré la fête d'Halloween, l'étudiante ne pense qu'à son examen du lendemain et même son seul ami, Mark, ne parvient pas à la soustraire de son travail. Se rendant à l'école de médecine pour s'entraîner à pratiquer une autopsie, la jeune femme prend à la rigolade les histoires de fantômes que lui raconte le gardien de nuit, notamment celle de Freddy Krueger dont elle n'avait jamais entendu parlé. Aussitôt Marsha est victime de visions cauchemardesques et tout laisse à penser qu'elle a perdu la raison...


Au cours de sa carrière cinéma, Freddy Krueger a vu les règles régissant sa mythologie se modifier de plus en plus. Lui qui ne tuait que les adolescents d'Elm Street a fini par pouvoir s'en prendre aux autres gamins de toute la ville via quelques astuces scénaristes, et l'âge de ses victimes a fini par ne plus avoir vraiment d'importance avec le temps. Ici cependant, rien ne vient vraiment justifier l'intrusion du croquemitaine dans l'esprit de Marsha, une jeune femme qui n'est aucunement lié à lui et qui surtout ne semble même pas dormir lors de ces attaques ! Les visions dont elles souffrent lui arrivent sans raisons alors qu'elle est pleinement éveillée, ou qu'elle se remémore des évènements passés. Même le trauma et les problèmes mentaux qui se dévoileront par la suite ne peuvent fournir d'excuses valides...


Élevée par une grand-mère puritaine à la mort de ses parents, Marsha se révèle être une jeune femme sexuellement inhibée et surtout hantée par le décès de son aïeul, occasionné par une crise cardiaque lors de son seul instant de rébellion ! Ce souvenir douloureux, qu'elle semble refouler au plus profond d'elle-même, est bien sûr la raison qui l'a poussée à devenir étudiante en médecine. Si Krueger utilise ce background pour torturer Marsha, rien ne justifie qu'il puisse pénétrer dans sa tête et affecter son quotidien alors qu'elle n'est même pas endormie.


Pire encore vient la révélation a propos de Mark, l'ami de notre héroïne qui s'inquiète pour elle. Comprenant qu'elle traverse une crise d'angoisse en cette nuit d'Halloween, il décide de s'occuper de son cas et la ramène à la maison de sa grand-mère afin de la forcer à se confronter à ses démons. Au final, alors que Marsha s'en tire in-extremis sans pour autant avoir réglé son problème avec Freddy, Mark décrète qu'elle a réussie son épreuve et qu'elle n'a plus besoin de lui désormais... Car Mark n'était qu'un ami imaginaire veillant sur elle sans qu'elle ne le réalise !


Voilà une belle opportunité complètement gâché. Un ami imaginaire tentant de protéger sa « créatrice » de Freddy à travers rêves et visions ! Le concept aurait pu permettre beaucoup de choses mais il n'est même pas effleuré ici. Ni Mark ni Freddy n'auront conscience l'un de l'autre et lorsque le croquemitaine attaque le jeune homme lors d'une vision, lui crevant les yeux, il n'y a par la suite aucune répercussion comme si cela n'était jamais arrivé.


En ressort une certaine confusion, avec ces multiples éléments qui n'amènent nulle part et ne se mêlent jamais, d'autant plus que la thématique d'Halloween passe complètement à la trappe, le récit pouvant faire sans. Et pour couronner le tout, une grande partie de ce qui vient d'être construit lors de cette première partie n'est même pas réutiliser dans la suite de l'épisode, la seconde moitié rebondissant sur une idée différente et tout aussi farfelue...


Suite à la disparition de Mark, Marsha devient alors volontaire pour une expérience sur les rêves, conduite par deux étudiants aperçu un peu plus tôt dans l'épisode. Grâce à une machine de leur invention, ceux-ci sont capable de visionner les rêves de leur patient et même de les enregistrer sur VHS ! Bon, dans un film de science-fiction pourquoi pas, mais dans l'univers de Freddy Krueger, ça va un peu loin. Et pourtant, quitte a utiliser une idée comme ça, autant le faire correctement et exploiter toutes les possibilités que pourrait permettre un tel appareil. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas le cas ici...


Avec Marsha, nos chercheurs pensent avoir un cobaye idéal pour avancer dans leurs recherches et ils l'utilisent pour des sessions d'enregistrements. En quoi le cas de la jeune femme est-il important pour leur projet, cela demeure un mystère. En tout cas les scientifiques passent surtout pour de sacrés pervers puisque les rêves de leur cobaye se résument a du strip-tease avorté ! Elle se caresse doucement face à sa fenêtre, devinant la silhouette de voyeurs l'observant, puis se met en sous-vêtement avec poses lascives à la clé. Les mecs inventent une machine à rêves et s'en servent pour regarder un porno soft à l'image brouillée !


Marscha, en effet, bloque inconsciemment ses rêves, refusant de « se lâcher », et la machine perd rapidement le signal. Ce qui n'est jamais expliqué c'est si cette retenue psychologique est dû à la sexualité refoulée de la jeune femme ou à la peur de Freddy. Décidé à en voir plus (pour le bien de la science, ou pour mater une femme nue ?), l'un des inventeurs se met en tête de booster l'imagination de sa patiente et lui fait alors visiter la vieille chaufferie où travaillait de son vivant Freddy Krueger...


A partir de là, le spectateur va complètement perdre le fil de l'histoire. Tout s'enchaîne trop vite et sans logique: Marsha a de nouvelles visions, de véritables rêves cette fois puisqu'elle pratique une session d'enregistrement directement sur place, où elle découvre une petite fille retenue prisonnière par Freddy qui a tôt fait de venir l'attaquer. La machine à rêve semble incapable de stabiliser les images qu'elle reçoit, au grand dam de son créateur qui s'insurge. Puis nous découvrons que tout ceci était un rêve dans un rêve, Marsha se trouvant en fait toujours à la clinique sans que nous sachions si la première visite à la chaufferie a réellement eu lieu ou non.


La jeune femme se réveille pour découvrir qu'elle se fait étrangler dans son sommeil par le chercheur, lequel est devenu fou a force ne pas obtenir les résultats qu'il espérait, et soudainement Freddy surgit de la machine pour l'attirer avec lui dans le monde des rêves. Le croquemitaine se débarrasse de lui et semble ensuite s'en prendre à Marsha, mais celle-ci se réveil une nouvelle fois, dans la clinique et indemne. Et en guise d'épilogue, nous découvrons via la machine à rêve que le jeune scientifique est toujours vivant, prisonnier à l'intérieur du cauchemar de Marsha... Avant de se faire tuer une nouvelle fois !


Honnêtement je n'avais pas vu si confus depuis Nightwish. L'intrigue n'a aucun sens, brouille les pistes mais n'amène à aucune véritable révélation, et on ne sait plus bien ce qui se passe. Est-ce que Freddy peut tuer indéfiniment ses victimes à travers le monde des rêves, comme ce double-meurtre du scientifique semble le laisser croire ? Pourquoi fini t-il par laisser vivre Marsha, envers qui il avait un motif harcèlement, pour s'en prendre à un autre adolescent ? Et si la machine à rêve fonctionne, pourquoi tout simplement ne pas l'avoir testée sur un autre sujet que Marsha ? Autant de questions qu'il convient de ne pas poser si on veut éviter la migraine...


Autant le dire, cette seconde partie de Freddy's Tricks and Treats est un véritable calvaire qui plombe un récit déjà sérieusement handicapé. Le thème d'Halloween disparaît totalement, mais on peut facilement supposer que les tests effectué sur Marsha se passent quelques temps plus tard. Ce qui relance la question: pourquoi utiliser cette période si particulière lorsque l'intrigue peut totalement s'en passer ?


Bref vous l'aurez compris, Freddy's Nightmares est un beau bordel qui témoigne de l'avidité des producteurs et il y a vraiment peu de chose à en tirer. Quelques séquences ici et là, comme un amusant squelette-Freddy et l'idée de la petite fille enfermée dans la chaufferie. Le maquillage de Krueger est de bonne qualité, effectué par Kevin Yagher qui était déjà au poste sur le troisième et quatrième film. Dommage que la voix du Springwood Slasher ne subisse pas le même traitement, laissant Robert Englund prononcer ses répliques sans le bon effet sonore qui l'accompagne habituellement. On peut également noter un clin d’œil amusant envers les franchises concurrente puisqu'apparaissent un masque de Jason, porté par un farceur très maladroit, ainsi que celui d'une citrouille emprisonnant la tête de l'héroïne, tout droit tirée de l'excellent Halloween III.


Enfin rayon anecdote, on peut remarquer la présence de Mariska Hargitay dans le rôle de Marsha, qui n'est autre que la greluche réac' de New York: Unité Spéciale. Quant à sa grand-mère anti-sexe que l'on aperçoit finalement que quelques secondes, elle est jouée par Elsa Raven. Elle ne vous dit probablement rien, mais vous l'avez tous déjà vu: elle était celle qui tentait de sauver l'horloge de l'hôtel de ville de Hill Valley dans Retour vers le Futur ! D'ailleurs n'y empêchait-elle pas Michael J. Fox d'embrasser sa bien-aimée ? Coïncidence, coïncidence...


Toujours pas édité en DVD ou Blu-ray a ce jour, Freddy's Nightmares n'est visible que par le biais de rip télé de très mauvaises qualités. Autant le dire, voilà un argument supplémentaire pour ne PAS recommander la série. Si certains aficionados passeront outre les nombreux défauts pour une franche partie de rigolade, tous les autres trouveront beaucoup plus difficile d'encaisser ces 45 minutes.

"Stick that in your VCR... And suck on it !"


jeudi 27 octobre 2011

The Hazing (Road to Halloween)


ROAD TO HALLOWEEN
THE HAZING

«  – The book is evil !
– And it will be punished, we'll all take turns spanking it later. »


Avec The Hazing, le réalisateur du très sympathique There's Nothing Out There poursuit dans la direction du film d'horreur semi parodique et, s'il ne parvient pas à égaler son opus précédent, il livre un amusant clone de Night of the Demons. Il y invite rien de moins que Brad Dourif dans le rôle de l'antagoniste ainsi que la pin-up Tiffany Shepis, laquelle dénude tout naturellement sa poitrine. L'amateur éclairé pourra également y reconnaître le jeune Parry Shen, vu dans Hatchet I & II, mais sa réputation n'étant pas encore faite, pas la peine de s'y attarder.


Un peu d'exposition tout d'abord. Il est donc ici question d'un livre antique, un grimoire dont on ne sait pas très bien s'il a été conçu par Dieu ou par le Diable (euh, probablement la seconde option si vous voulez mon avis) et qui contiendrait des formules permettant de libérer les âmes du monde matériel et d'échapper à la mort. On apprend notamment qu'en des temps très anciens, un groupe de moines se fit corrompre par ces pouvoirs, utilisant le livre pour quelques rites innommables avant que l'un d'entre eux ne tente en vain de le détruire. L'ouvrage est désormais entre les mains du Pr. Kapps, joué par Brad Dourif, lequel compte bien l'utiliser en cette nuit d'Halloween.


D'emblée nous le retrouvons en plein jeu de séduction avec la belle Brooke Burke (playmate et épouse de David Charvet), laquelle n'hésite pas à enfiler une tenue de danseuse orientale pour le charmer. Bon point, même si Chucky n'est intéressé que pour la sacrifier et se libérer du monde physique. Malheureusement pour lui, son plan est interrompu par l'irruption de deux jeunes en quête de son grimoire et il se retrouve accidentellement empalé en tentant de se débarrasser d'eux. Aux portes de la mort, il est emmené à l'hôpital d'où il parvient à prendre une forme astrale... 



Le livre, lui, est dérobé par une bande d'étudiants en pleine séance d'initiation pour leur fraternité (d'où le titre The Hazing, le bizutage). L'objectif, pas bien méchant, vise à récupérer divers objets en pleine ville avant de passer la nuit dans une maison réputée hantée depuis qu'un crime y fut commis il y a bien longtemps. Pas de quoi ramener Acid Sid d'entre les morts, mais bien sûr les membres de la sororité comptent effrayer leurs victimes avec quelques effets spéciaux. Et tandis que les deux responsables de la mort de Kapps tentent de cacher leur secret, l'esprit de leur victime s'introduit dans la maison afin d'utiliser le grimoire. Apparaissant sous la forme d'un fantôme verdâtre, il commande à l'un de ses agresseurs de lire un passage qui lui permettrait de rejoindre l'autre monde...



Le reste du scénario est pour le moins évident. Comme dans Evil Toons, Witchouse et n'importe qu'elle copie d'Evil Dead, s'ensuit possession démoniaque et portail entre le monde des vivants et celui des morts. Ici Kapps investit le corps d'un adolescent, lui donnant ongles longs et sourcils broussailleux au passage, et s'amuse à tourmenter ses victimes avec ses pouvoirs démoniaques. Un étudiant se prend une fléchette géante en pleine tête, une jeune femme froide et insensible se fait tripoter par un mannequin avant de prendre elle-même la consistance de plastique... Kapps s'apparente à Freddy Krueger avec ces mises à mort inventives et ses blagues foireuses. « Pussy got your tongue ? » lance t-il à un jeune chaud lapin qui a justement dû s'amputer de sa langue après une séance de cunnilingus pour le moins cauchemardesque.


A la manière d'un Night of the Demons où Tiffany Shepis remplacerait Angela, The Hazing ne s'embarrasse pas un seul instant de premier degré et vise le délire absolu, avec beaucoup d'humour et d'effets sanglants. Une bimbo passe son temps à se prendre les têtes coupées de ses amis dans les pieds, une photo de Bruce Campbell apparaît ensanglantée avec la mention « Not Groovy », les protagonistes costumés refont l'ouverture de Reservoir Dogs, et que dire de cette scène tout droit sortie d'une parodie: après avoir détruit l'hôte de Brad Dourif, nos survivants réalisent qu'ils n'ont pas pensé au fait que l'esprit peut désormais s'abriter dans un autre corps. Le cadavre se relève alors immédiatement, s'écriant « Vous auriez dû ! » avant de retomber raide mort à nouveau. Pas de doute, nous sommes bien là dans le même univers délirant que There's Nothing Out There.



Et puisque nous sommes à évoquer les bons moments, il m'est impossible de ne pas parler du moment d'anthologie du film. Vous vous souvenez lorsque je parlais un peu plus haut d'un cunnilingus cauchemardesque ? Il se trouve que notre maléfique professeur va jouer un sacré tour de cochon à la (fausse) bimbo de service en donnant une vie propre à la langue de son partenaire, alors que celui-ci pratique le sexe oral avec elle. L'organe s'allonge à la manière d'un dessin animé, devenant un tentacule vigoureux façon Killer Tongue qui ne rechigne pas à poursuivre son activité ! Son propriétaire n'a d'autre choix que de le sectionner à coup de dents, sa compagne en plein extase ne réalisant même pas la situation.





Et la scène ne s'arrête pas là car débarque soudainement l'une des dirigeantes de l'initiation, pensant interrompre ses camarades en plein coït en les effrayant avec une tronçonneuse. L'amputé se saisit alors de l'outil pour mettre en pièces lui-même ce morceau d'anatomie indépendant, sous le regard effarée de sa belle qui se faisait léchouiller le visage par la chose. A la manière de la main de Ash dans Evil Dead 2, la créature reviendra plus tard dans le film pour hanter la jeune femme, lui arrachant un morceau de vêtement qui lui servait de mini-jupe...



Sans temps morts et généreux, The Hazing se laisse suivre avec bonne humeur et surpasse sans problème bon nombre d'imitateurs d'Evil Dead. Et avec son ton volontiers déconneur, il est le digne successeur de Night of the Demons 2, forcément plus sympa à voir que le pathétique troisième épisode ou le récent remake. Et sinon vous pouvez toujours vous le faire un double feature avec Le Couvent de Mike Mendez.



mercredi 26 octobre 2011

Flesh Eater: The Revenge of the Living Dead (Road to Halloween)


ROAD TO HALLOWEEN

Flesh Eater
THE REVENGE OF THE LIVING DEAD
 
Avec la Zombie Walk Paris qui s'est terminée ce week-end et Halloween qui arrive au suivant, voici l'occasion parfaite pour parler de FleshEater, ou  plutôt Flesh Eater: The Revenge of the Living Dead comme semble l'indiquer le titrage vidéo. 


Le film est signé Bill Hinzman, un nom qui vous dit peut-être quelque chose car il était le tout premier zombie a apparaître à l'écran dans La Nuit des Morts-Vivants: celui qui, dans le cimetière, tuait Johnny et forçait Barbara à fuir en direction de la ferme. Quelques vingt ans plus tard, l'acteur reprend du service dans une œuvre qu'il écrit, produit et réalise en plus d'y apparaître sous la forme d'un mort-vivant très ressemblant a celui qui l'a rendu célèbre.



A la manière des arnaques montées par John Russo (Children of the Living Dead), FleshEater emprunte pratiquement tout au film de George Romero. L'invasion progressive des morts-vivants, la ferme isolée où se réfugient les survivants, la milice qui prend les choses en main, et jusqu'au final qui voit quelques bouseux abattre les héros en pensant avoir affaire à des zombies. Quant au cadavre ambulant joué par Hinzman, il échappe au massacre final, laissant sous-entendre que tout ceci pourrait être une préquelle de l'illustre modèle.



De nombreuses références renforce la parenté entre FleshEater et La Nuit: l'intitulé lui-même provient d'un des titres originaux du film de Romero (Night of the Flesh Eaters). L'acteur Vincent Survinski, qui abattait Ben à la fin du film, revient ici dans un rôle quasi similaire et la ferme assiégée est désigné comme appartenant aux Spencer, comme dans le roman La Nuit écrit par John Russo. Enfin, comme nous l'avons déjà dit, Hinzman reprend le rôle d'un mort-vivant grimaçant même s'il ressemble ici beaucoup plus à Gerrit Graham dans C.H.U.D. II qu'à la goule historique qu'il a incarné.



L'histoire prend
cependant quelques distances avec l'aspect science-fiction évoquée dans La Nuit. Ici le peu de background qui nous est offert évoque la présence d'un culte satanique ayant œuvré dans la région il y a longtemps, lequel aurait apparemment pratiqué des sacrifices humains. Pour le reste il faudra se contenter de l'étrange découverte d'une sépulture dans la forêt par un fermier. Arrachant une énorme souche d'arbre, il découvre dessous une épaisse dalle en pierre gravé d'un pentacle. Encore en-dessous, un vieux cercueil avec une gravure pour le moins prévenante:

"... This Evil
which will take
flesh and blood
from thee
and turn all ye
unto evil..." 



Et plutôt que d'alerter les autorités, notre brave pecnot arrache le cadenas rouillé protégeant la tombe et met à jour un cadavre qui s'empresse de se réveiller et de le mordre au cou. Qui est ce zombie ? Une victime de ces sacrifices humains ou un disciple de Satan mis en terre par ses confrères ? Et dans tout les cas, pourquoi tant de protections et d'avertissements ? Autant de questions que l'on ferait mieux d'oublier car l'invasion des morts-vivants commence aussitôt, chaque personne tué par Hinzman revenant à la vie pour se nourrir de chair humaine. Oui, même celui empalé par une fourche et qui n'a même pas été touché par notre flesh eater.


Ce qui s'ensuit est un enchainement de séquences qui n'ont pas vraiment de liens entre elles, hormis sur le tard la présence d'un couple, personnages ''principaux'' fuyant les morts-vivants d'un endroit à l'autre sans jamais vraiment rien faire d'autre. Les vingts premières minutes, longues à démarrer, nous montrent ainsi l'habituelle fête de jeunes qui tourne mal lorsqu'interviennent enfin les rares zombies du coin. Les survivants vont vite se réfugier dans une ferme isolée, la tension montant rapidement lorsque l'un d'eux refuse d'ouvrir à ses camarades toujours à l'extérieur et que la police ne croit pas à leur histoire. 



Si jusqu'ici nous sommes sur le terrain très classique du slasher, avec la mise à mort progressive d'une bande de teenagers fornicateurs et buveurs de bière, le script surprend car ne pointant pas particulièrement de personnages principaux et éliminant d'entrée de jeu la quasi totalité du petit groupe ! Un bon point malheureusement vite contrebalancé par l'écriture décousue de la suite des évènements. FleshEater ne progresse plus vraiment et s'enlise dans la même séquence répétée encore et encore, laquelle montre simplement des zombies arriver quelque part et attaquer les humains présents. Seul fil rouge: un couple ayant survécu à la première attaque qui passe par là en espérant se faire aider, en vain.



Le scénario semble rebondir lorsque l'on suit alors les troupes d'extermination montées par la police, mais là encore on se retrouve prit dans une boucle: la même scène de ces quelques ploucs, armés de fusil et faisant un carton sur trois malheureux zombies, encore et toujours. Le nombre de munitions utilisés est d'ailleurs assez astronomique (j'ai compté environ 30 coups de feu pour 3 cibles !). Puis subitement on réalise que tous les morts-vivants croisés dans le film sont anéantis. Quelques coups de feu, une grange où sont supposément réunis d'autres zombies est brûlée, et voilà. Aucun retournement de situation ne vient entraver ce dénouement soporifique, aucune tension dans la mise en scène, FleshEater se contente de s'arrêter, comme ça.



En guise de conclusion, Hinzman se permet inexplicablement de survivre, surgissant des ruines sans la moindre trace de brûlure là où ses semblables ne sont plus que des corps calcinés, et le jeune couple qui avait tenu jusqu'ici se fait abattre sans la moindre surprise par un chasseur qui ne semble même pas les entendre crier. Si l'idée était de nous surprendre, elle a vingt ans de retard...



Avec un rythme mou et peu de renouvellement dans ses péripéties, FleshEater ne peut guère compter sur autre chose que le facteur ''choc'' des scènes gores et sur la nudité féminine plutôt abondante pour accrocher ses spectateurs. Et à ce titre il faut plutôt lui reconnaître quelques idées farfelues: un nez arraché à la bouche, un cœur extrait à mains nues, quelques headshots bien placé et même un poing transperçant un dos pour ressortir de la poitrine. Mais hormis ces séquences, il faut surtout se contenter de quelques morsures dans le cou, façon vampire donc sans aucun impact. Le quota de nue s'en tire un peu mieux avec une jeune femme dévoilant ses seins dès les 10 premières minutes de film.



Plusieurs candidates révèlent ainsi leur poitrine, et l'une d'entre elles se montre même intégralement au spectateur, sa serviette de bain lui étant arraché par Hinzman lui-même lors de son agression ! Plus gratuit tu meurs, et il faut d'ailleurs souligner l'étrange perversité de nos zombies qui prennent l'habitude de toucher les seins de leurs victimes...



Ne soyons pas langue de bois, Flesh Eater: Revenge of the Living Dead est mauvais. Il est même très mauvais, rongé par un amateurisme absolument hilarant. Il faut voir ce bouseux expliquer à ses collègues qu'il ne peut pas tirer sur le zombie en face de lui parce qu'il s'agit de sa fille, la scène étant entièrement doublé avec des voix plates et peu concernées ! Les nombreux figurants surjouent les scènes de peur ou de mise à mort en tirant la langue, et les dialogues font mouches: 

«  – Hey, why don't you ever kiss me like that ?
 – Well, maybe if you had tits like her I would »


Techniquement parlant, le film est à la ramasse. Certes le grain 16mm confère à l'image un côté brut assez bienvenu mais soulignant le manque de budget de l'entreprise. Le montage aurait pu permettre de dynamiser les scènes mais fait tout le contraire: la même musique tourne en boucle pendant toute la durée du métrage, devenant rapidement crispante, et les bruitages et doublages sont de pauvre qualité (quelques grognements agacés pour représenter les râles d'agonie de zombies brûlés vifs).



Ici et là cependant surnagent quelques bons moments, à commencer par cette petite fille déguisée en ange qui ouvre la porte à Hinzman le soir d'Halloween. Suivant sa mort, elle sera retrouvée plus tard avec une aile en moins, parfaitement immobile dans le jardin auprès d'un moulinet à vent. Une image saisissante, pour le coup à la hauteur d'un bon film de morts-vivants. On peut également évoquer le sort réserver à son grand frère, fuyant la maison envahie en passant par la porte de derrière pour mieux tomber dans les bras d'un autre zombie.



C'est mince et peu sont ceux qui arriveront à s'en contenter. FleshEater n'est ni un bon film de morts-vivants ni un bon hommage au classique du genre. En le voyant aujourd'hui, il n'apparaît guère différent de toutes ces vidéos trouvables sur Internet et réalisées en amateur par quelques amis. Triste constat, mais pour se rassurer on peut toujours se dire qu'il y a pire. D'ailleurs dix ans plus tard, Hinzman se glissera une nouvelle fois dans la peau du mangeur de chair humaine pour le compte de John Russo, dans l'ignoble édition du 30ème Anniversaire de La Nuit des Morts-Vivants...


Et Halloween continu !