dimanche 24 juin 2018

dimanche 20 mai 2018

Les 16 ans et le Site

Et oui, après 16 ans de chroniques et un passage du format papier au numérique, la plateforme blog ferme définitivement ses portes au profit d'un site Internet bien plus confortable et navigable. Définitivement ? Peut-être pas tout à fait puisque je ne vais pas non plus supprimer L'Imaginarium pour autant et effacer toute trace de son existence !

A la place, ce Blog deviendra une zone où je réunirai les derniers articles en dates, probablement au mois, pour que ceux qui atterrisse ici de temps à autre - où ceux qui ne veulent pas s'embêter à visiter le site chaque jour en attente de nouveaux articles - puissent avoir une sorte de résumé des textes disponibles. 

Et ainsi voilà les trois dernière MàJ depuis le lancement de Perdu dans la 5ème Dimension, ce 15 Mai:

Le texte anniversaire habituel, qui sert également d'article de lancement du site.

Une news pas vraiment relayé par chez nous étrangement, même s'il faut avouer que l'ancien Maitre n'a plus trop la cote depuis un moment.

Lost (and Found) épisode 20, avec une Pin-Up qui est cette fois un personnage de comics.

mercredi 25 avril 2018

Will Smith & Freddy Krueger – The Fresh Prince of Bel-Air (1990)

Lost (and found) in the 5th Dimension
Épisode 19

WILL SMITH & FREDDY KRUEGER
The Fresh Prince of Bel-Air (1990)
saison 1, épisode 6

"Four: Get the stick out of your butt !"


Bien avant d'être une star internationale de cinéma, Will Smith a commencé sa carrière comme rappeur au milieu des années 80. Une époque où ce genre était plutôt populaire et loin de véhiculer les clichés vulgaires et sexistes qu'ils sont désormais nombreux à afficher. S'il n'était pas le meilleur, il n'était pas non plus le pire et fini par se faire remarquer. A la toute fin de l'année 1989, il est même approché par la chaine de télévision NBC qui souhaite capitaliser sur ce petit succès et lui propose d'être la star d'un sitcom s'inspirant de son "personnage" artistique. Ainsi née la série Le Prince de Bel-Air, où Will Smith joue une version fictionnelle et idéalisée de lui-même: un jeune rappeur de banlieue cool et branché, immature et blagueur mais ne pensant jamais à mal.
C'est à travers cette série télé que sa réputation va vraiment décoller, et il rebondira sans mal à la fin de celle-ci, ses apparitions dans Independence Day puis Men In Black lui assurant une place dans le gratin d'Hollywood. Désormais on ne lui refuse rien, mais cela n'a pas toujours été le cas et il est bon de rappeler un petit fait divers arrivé en 1988.


Lui et son comparse DJ Jazzy Jeff sortent alors un nouveau titre, A Nightmare on my Street, inspiré par la grande popularité de Freddy Krueger. La musique incorpore le fameux thème du personnage dans sa mélodie, utilise une voix trafiquée pour imiter celle du croquemitaine et surtout s'inspire librement des Griffes de la Nuit dans ses paroles: Smith et ses potes partent au cinéma avec quelques donzelles (dont une Tina), puis se font attaquer la nuit venue par un dénommé Fred, évidemment brûlé et vêtu d'un pull-over. Toute la fin de la chanson est une reprise de la scène où l'héroïne, enfermée dans sa chambre, tente d'appeler son petit ami afin de s'assurer qu'il ne s'endorme pas, la réplique "I'm your boyfriend now" devenant pour l'occasion "I'm your DJ now, Princey".
Le tube est un succès et se hisse très haut dans le hit-parade, ce qui amène naturellement Smith et Jeff à créer un vidéo-clip. Pour faire court, et parce que je préfère garder toute l'histoire pour un article à propos de la musique, disons que si film existe et fut diffusé sur MTV (montrant le rappeur être poursuivit par un mauvais sosie de Freddy en imperméable), la New Line Cinema fut rapide à l'interdire.


Contrairement aux Fat Boys et leur Are You Ready for Freddy, le duo n'a pas attendu d'avoir une autorisation légale afin d'utiliser la licence "Freddy" et la sortie de leur chanson était en soit une violation du droit d'auteur. Au final, aucun compromis ne sera trouvé et le clip sombra dans les limbes pour ne jamais réapparaitre. Même actuellement, à l'heure d'Internet et de YouTube, personne n'a jamais mis en ligne une copie de cette fameuse vidéo.
Si Will Smith et Jazzy Jeff le prirent mal, ils n'en parlèrent jamais à personne et l'affaire elle-même a fini par tomber dans l'oublie avec le temps. Pourtant, quelques années plus tard, cela n'empêcha pas Will Smith de s'emparer une nouvelle fois du Springwood Slasher pour les besoins du Prince de Bel-Air. Dans le sixième épisode de la première saison, Mistaken Identity (chez nous Si ce n'est toi...), le héros du sitcom s'amuse à surprendre son cousin Carlton afin de lui faire une blague. Celui-ci est en voyage au volant de la Mercedes d'un ami richissime de son père, inconscient que Will Smith s'est caché sur la banquette arrière.


Alors que le conducteur prend des notes sur ce qu'il doit faire une fois arrivé à destination, l'autre émerge de derrière son siège, vaguement déguisé en Freddy afin de le faire sursauter. Son attirail est minimaliste et il ne possède qu'un chapeau noir en plastique, un masque mou évidemment très cheap et le faux gant que l'on retrouvait à l'époque au rayon Jouet pour enfants. Pas de pull, mais c'est compréhensible dans le contexte.
Maintenant, si vous êtes comme moi, votre premier réflexe sera d'essayer d'identifier la provenance de ces accessoires. Considérant la célébrité de Freddy Krueger à l'époque, véritable icône de la pop-culture et alors pas encore enterré par la New Line avec La Fin de Freddy, il existe une myriade de possibilités et de combinaisons possibles. La plus évidente est l'utilisation des produits officiels alors disponibles un peu partout, des grandes surfaces aux boutiques de costumes, et considérant l'absence de pull et la présence du chapeau, je pencherai pour quelque chose comme le A Nightmare on Elm Street – Dream Package.


Mais il y a de forte probabilité que l'accessoiriste ait visité le drugstore / la supérette du coin et acheté quelques équivalents bootleg valant moins cher. Après tout il y en existait des tonnes (comme ce Fright Glove apparemment porté par un Diable élégant) et cela aurait permis de faire des économies à la production. Plausible puisque les objets n'apparaissent à l'écran que quelques secondes seulement. Qui plus est l'apparence du masque utilisé ne colle pas avec ceux vendus dans le Dream Package ou le Freddy's Costume Kit. Le mieux serait de contacter directement Ron "Ron Dog" Valentine, technicien en charge de l'affaire, mais je doute de pouvoir accorder le moindre crédit à un type qui porte un surnom pareil.
Et c'est tout. Je n'ai plus rien à dire. Ce n'est pas comme si le costume de Freddy avait la moindre importance dans la suite de l'épisode et j'ai fini par arrêter de le regarder quelques temps plus tard. Étant donné que le reste de l'histoire montre Carlton et Will être arrêté par la police et prit pour des voleurs de voitures (parce qu'ils sont Noirs, et oui), vous penserez que le masque aurait pu revenir comme pièce à conviction pour envenimer la situation ! Mais non...


Mistaken Identity fut diffusé le 15 Octobre 1990, écrit par le couple Borowiz, Susan et Andy, et filmé par Jeff Melman, réalisateur récurrent sur la série. Et a celui qui se demande pourquoi j'ai perdu mon temps à traquer cette référence perdue à Freddy Krueger, je conclurai en disant que lorsque l'on est fan et quand l'on a vu tous les films, lu tous les comics et répertorié les différentes apparitions officielles et non officielles de Robert Englund en costume, on fini forcément par s'intéresser au reste. Les sosies, les imitateurs, les apparitions "gags" sous forme de déguisement foireux comme celui dans le Roseanne Barr Show. C'est une façon un peu stupide et artificiel de faire perdurer sa passion sur le sujet, et surtout cela permet de sortir des sentiers battus afin d'explorer un peu plus le panorama filmique mondial. 
Et alors parfois vous tombez sur des choses incroyables, comme cette émission japonaise jamais traduite nulle part, où Englund intervient dans le rôle de Freddy. Ne parlant pas la langue, il reste muet et participe à des jeux stupides typiques de là-bas avant de manquer de violer l'héroïne et d'être abattu par la foudre, dans ce qui est sans doute l'une de ses meilleures morts de toute la franchise. On y reviendra.

 Willow Smith, à la Première de Men In Black 3

mardi 24 avril 2018

Black Lagoon #2 – Sommaire et vidéo


Avec mon petit retard accumulé depuis le mois de Mars, il faut avouer que j'ai globalement passé sous silence radio les dernières news à propos de Black Lagoon Fanzine et de l'arrivée imminente de son deuxième numéro, qui débarque en Mai prochain. Les précommandes sont ainsi ouvertes depuis pratiquement un mois et la revue sera disponible d'ici deux ou trois semaines, cependant il n'est pas encore trop tard pour récupérer son exemplaire ! Vous pouvez l'acheter en suivant la marche à suivre décrite ici, via paiement Paypal ou postal. Le tirage global de ce second volume sera cette fois de 250 exemplaires, mais attention de ne pas attendre trop longtemps si cela vous intéresse...


L'équipe demeure pratiquement la même que la dernière fois et ainsi retrouve-t-on les géniteurs principaux, Rigs Mordo de la Toxic Crypt et Jérôme Ballay de Ze Curious Goods, derrière le plus gros du travail. A leurs côtés, l'ami Thierry Augé de La Séance à Roggy, Frédéric Tognet de chez Excalibur Comics, et moi-même. Aussi, Laurent du Fanzinophile a gentiment assuré la correction. Nouveau venu pour l'occasion, un dénommé David Didelot dont le CV implique un truc comme Vidéotopsie et quelques ouvrages de références trouvables en librairie. Ne le bizutons pas trop pour l'instant. Ces braves plumes sont mises à contribution pour un sommaire particulièrement chargé dont voici une description:

The Big Wynorski
Le dossier principal du fanzine qui s'étale sur une cinquantaine de pages et s'intéresse à l'un des plus grands noms de la série B. Vous y trouverez un bon aperçu de sa filmographie déjantée, pleine de monstres baveux, de cyborgs criminels et de demoiselles dévêtues à forte poitrine, via une quarantaine de chroniques retraçant les grands points de sa carrière – des films d'exploitations horreur et SF aux bandes érotiques, en passant aussi par quelques téléfilms familiaux pour la télévision américaine. En bonus: une interview exclusive de Jim Wynorksi lui-même !

C'est là que ma minuscule participation à cette édition entre en compte, puisque j'ai écris les textes pour les films Bone Eater et Cry of the Winged Serpent. Deux DTV, l'un bon, l'autre beaucoup moins. Je préfère prévenir, ces chroniques sont bien plus courtes que d'habitude puisqu'il n'y avait évidemment pas de place pour s'étendre sur trois pages à chaque fois !



Swamp Thing: En Vert et Contre Tous !
Parce que Wynorski a réalisé le très fun Return of Swamp Thing, suite du plutôt bof original de Wes Craven, voilà un dossier complémentaire d'une quinzaine de pages sur la sublime créature protectrice de La Sève. Une rétrospective qui englobe les films, la série, le cartoon, le jeu vidéo, les jouets, et évidemment l'illustre bande-dessinées chez Vertigo, qui fut développée entre autre par Alan Moore et Bernie Wrightson et a donnée naissance au personnage de John Constantine, un équivalent du Harry d'Amour de Clive Barker. Si j'ai l'air passionné, sachez que je n'en ai pas écrit la moindre ligne !

Ivan Cardoso: Horror Do Brasil !
Retour sur ce réalisateur brésilien, ami de Joe du Cercueil et sacré farceur ayant inventé le Terrir, qui est effectivement un mélange de "Terreur" et de "Rire" (dans sa langue, mais ça fonctionne quand même en français). Un style parodique où les grandes figures du Fantastique sont détournées façon comédie polissonne. Ça promet de belles images.

MonsterVision: The Horror Show
Hommage à cette émission télé américaine totalement inconnue chez nous, où le sympathique Joe Bob Briggs présentait aux spectateurs des séries B en tout genre, des classiques aux navets plus obscures. Le bonhomme avait pour habitude de résumer les films via un compteur de "choses" marrantes: nombre de monstres, nombres de cadavres, nombres de paires de seins, etc.

Klaus Combat
Klaus Kinski, suite. Après Nosferatu à Venise, décortiqué dans Black Lagoon #1, ce sont les deux autobiographies de l'acteur fou qui sont étudiées ici, ainsi que le livre Real Depravities: The Films of Klaus Kinski de Troy Howarth. De quoi en savoir plus sur l'acteur mythique et ses fréquentes crises de nerfs qui laissent planer le doute sur qui il était réellement. Acteur difficile, malade mental, ou s'est-il retrouvé piégé d'un rôle qu'il jouait devant tout le monde ?

•  Domestic Terror / Diabolus in Musica
Deux nouvelles rubriques, l'une dédiées aux nouvelles sorties DVD / Blu-ray (3615 Code Père Noël, Frightmare, Mortelles Confessions, Les Bêtes Féroces Attaquent...), l'autre à la culture musicale, qu'elle soit Metal (Offal, Paul Chain, Incantation, Verminous) où issue de bandes-originales.

Craignos Sentai
Le coin des monstres Japonais venus du  Tokusatsu. Qu'ils proviennent d'Ultraman, de Kamen Rider, des Super Sentai ou des mulptiples Metal Hero, voilà de quoi apprécier les costumes et designs les plus fous de cette culture nippone très fans de monstres (et avant de vous moquer, petit rappel que les Kaiju d'aujourd'hui ne sont que les descendants des Yōkais d'autrefois, qui étaient tout aussi absurdes mais ancrés dans leur Histoire mythologique).


Enfin les habituelles News ainsi que les fausses publicités venant illustrer la splendide maquette signée Rigs Mordo. Pour vous donner une idée de ce à quoi vous avez droit, cinq pages entières ont été mise à votre disposition, ainsi qu'une vidéo de feuilletage du numéro. J'attire aussi votre attention sur l'existence du Blog officiel et de la page Facebook afin d'obtenir les informations en temps et en heure (ça sera toujours mieux que de compter sur moi). Et pour toutes demandes spécifiques, l'adresse E-mail: fanzineblacklagoon@gmail.com.

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lundi 23 avril 2018

Friday the 13th: Bloodbath (2006)


Friday the 13th: Bloodbath
(2006)


Il me semble inutile de revenir sur la longue introduction autour d'Avatar Press et sa gestion des licences Horreur de la New Line Cinema. Tout a déjà été dit ici et il est plus simple d'entrer cette fois dans le vif du sujet plutôt que de recopier ces longs paragraphes à chaque nouvelle chronique. J'invite donc le lecteur à naviguer d'un article à l'autre en fonction de ce qui l'intéresse. Pas la peine non plus de revenir sur l'équipe en charge de cette mini-série puisque le duo est le même dans l'épisode précédent. Leur histoire est d'ailleurs plus une suite qu'un nouvel arc, et la lecture du Special est fortement recommandée pour avoir une meilleure appréciation de l'intrigue générale qui nous est raconté dans les pages de Friday the 13th: Bloodbath...
Publiée entre fin 2005 et début 2006, la BD marque un passage à l'étape supérieur en terme de narration, avec l'idée de rendre le récit un peu plus complexe que le bain de sang annoncé. Si celui-ci n'a rien d'original, mélangeant simplement les introductions de Jason Goes to Hell et Jason X en une même idée, introduire le sujet progressivement au fil d'une trame plus classique permet de briser un peu le train-train habituel de la saga et surprendre les lecteurs qui s'attendaient à du Vendredi 13 classique.


On peut n'y voir qu'un énième gimmick, concept sur lequel la franchise se repose beaucoup afin de trouver un semblant d'originalité: le copycat de Part 5, l'argument surnaturel et autoparodique de Part 6, l'héroïne aux pouvoirs psychiques de Part 7, l'escapade à New York dans Part 8, la version démoniaque de Hidden dans Goes to Hell, la virée dans l'espace de Jason X et naturellement le crossover avec Freddy... Autant d'éléments qui permettent de petites variations autour du même thème. Et ici le auteurs utilisent leur rebondissement afin de détourner les codes propres à la série, un peu à la manière de La Cabane dans les Bois d'une certaine façon.
Ainsi, après une introduction faisant directement suite au Special et montrant Jason mettre en charpie un couple de braconniers, pendant les corps dans les arbres comme des trophées de chasse, nous voilà de retour à Crystal Lake six mois plus tard pour l'ouverture d'un tout nouveau camp de vacance, Camp Tomorrow. Dix jeunes sont engagés afin de préparer l'endroit avant son ouverture – un job d'été bien payé et commençant sous les meilleurs auspices puisqu'ils ont droit à une soirée de rêve: jacuzzi, alcool à volonté, un manager qui les poussent à prendre du bon temps...


Les couples se forment presque naturellement, tout le monde y trouvant chaussure à son pied. Y compris l'unique lesbienne du groupe, qui se dégotte une bisexuelle sensible à ses charmes. Tout semble un peu trop parfait et bien vite les fêtards relèvent quelques bizarreries comme le fait qu'ils soient tous des orphelins, ou que leur chef de projet, un pur redneck, s'éclipse pour "aller lire" mais rôde en fait dans les parages avec un complice afin de les espionner... Cela ne les empêche pourtant pas d'en profiter et tous (tous !) vont s'envoyer en l'air, inconscient que Jason observe. Celui-ci passe vite à l'attaque, tuant d'abord les couples isolés tandis que le mystérieux organisateur de Camp Tomorrow entreprend de le traquer avec l'attitude d'un professionnel froid et détaché.
C'est Violet, punkette rebelle et forte tête, qui sent venir le coup fourré et décide de partir à la recherche des disparus alors que personne ne l'écoute. Mais lorsque la présence du tueur ne fait plus de doute, les survivants découvrent qu'ils doivent non seulement fuir Jason, mais aussi leur employeur qui les utilises en fait comme des appâts !


Il se trouve qu'un mystérieux conglomérat international, l'Organisation, cherche à étudier le zombie de Crystal Lake pour découvrir le secret de son immortalité, l'idée étant bien sûr de revendre les résultats pour des applications médicales ou militaires afin d'enrichir. Leur méthode consiste alors a recréer un environnement familier pour leur cobaye, avec un faux décor et un casting de victimes parfaites qui ne manqueront pas de "s'amuser" afin de l'attirer. Tout est mis en place afin que le scénario typique de Vendredi 13 puisse avoir lieu, parties de jambes en l'air comprises.
Les mercenaires cachés n'ont plus qu'à suivre le déplacement du mort-vivant puis le neutraliser. Nous avons là basiquement le plan du FBI au début de Jason Goes to Hell, avec juste un peu plus de soldats et quelques acteurs non consentant. Et parce que le tueur est invulnérable, le plan est de le cryogéniser en utilisant des lances à azote liquide. Ce qui était une des stratégies entreprises au début de Jason X, avant que David Cronenberg ne vienne tout faire foirer. L'Organisation serait arrivée à ses fins sans le moindre problème si elle n'avait pas sous-estimée l'héroïne, pleines de ressources et accessoirement grande fan de Neil Gaiman.


Capturée mais furieuse, celle-ci n'hésite pas à se jeter sur ce traitre d'organisateur pour lui arracher un morceau d'oreille ! Dotée de ce qu'elle décrit comme un "sens d'Araignée", elle est capable de pressentir le danger et se montre bien plus prudente et pro-active que les personnages habituellement croisés dans la franchise. Ainsi n'hésite t-elle pas à tirer sur l'hélicoptère de transport contenant un Jason congelé afin qu'il se crash, l'incendie réanimant alors le monstre...
Elle est au centre des meilleurs scènes du comic book, et particulièrement dans le final qui la montre conduire un énorme camion citerne rempli de nitrogène tandis que Jason, perché sur le toit, essai de la tuer – ceci alors que le véhicule s'engage sur un champ de mines et que si le véhicule explose, tout sera congelé sur cent mètres à la ronde ! Bad-ass, elle n'hésitera pas à faire péter tout ça afin de se débarrasser tant du tueur au masque de hockey que des soldats qui lui tirent dessus, devant alors courir pour échapper à la déflagration glaciale. Disons-le franchement, Violet sert globalement de substitut à Cassie Hack de Hack/Slash, la parfaite Final Girl. Elle adopte le même physique, le même look et la même attitude, et fait pour un adversaire coriace que l'on soutien immédiatement.


Son compagnon de route Rich, bien que globalement laissé sur la touche suite à une blessure par balle, n'est pas en reste et amuse pas mal la galerie via des répliques décalées. Lorsqu'il voit Jason encaisser de multiples rafales, il se demande où est Schwarzy quand on a besoin de lui. Les mercenaires à la solde de l'Organisation, il les décrit comme de "bloodthirsty, second amendment cocksuckers", et du mort-vivant cristallisé par l'azote, il déclare "He looks like a serial killing popsicle". Aussi, il n'hésite pas à poignarder celui-ci dans les couilles pour protéger sa petite copine et semble considérer Sandman comme l'un des meilleurs comics du monde, ce qui est sans doute vrai.
Et Jason alors ? Il y est splendide, l'air parfaitement décomposé derrière son masque et exagérément puissant. A un couple qui fait l'amour sous son nez, il transperce leur deux corps d'un seul coup de pied ! Un autre, il les coupe en deux en même temps d'un unique coup de machette. Lorsqu'un mercenaire est distrait par deux jeunes femmes sexy  s'embrassant, il arrive discrètement derrière lui, place sa machette entre ses jambes et remonte la lame afin de le trancher entièrement dans le sens de la longueur...


Son invincibilité est pleinement démontrée par les nombreux coups de mitrailleuses et de fusils à pompe qu'il encaisse, et sa force démentielle est l'objet d'une séquence mémorable lorsque, réveillé de sa prison de glace, il s'empare de la pale de l'hélicoptère écrasé afin de l'utiliser comme machette géante ! Notons également quelques passages en vue subjective avec les contours des trous du masque apparent, la présence de chasseurs qui le trouvent si moche qu'ils pensent avoir affaire à un extraterrestre, et un bref moment où le zombie à l'air tuer afin de venger la mort d'un cerf, comme s'il était une sorte de gardien de Crystal Lake contre la connerie humaine.
Enfin, il faut souligner a quel point la première partie de la BD évoque désormais beaucoup le récent jeu vidéo Friday the 13th: on y retrouve les adolescents éparpillés aux quatre coins du campement, certains devant fuir Jason en trouvant des cachettes ou repousser ses attaques en utilisant de petits couteaux. Ils leur faut même gérer un véhicule qui refuse de démarrer (ici trafiqué) tandis qu'un couple découvre par hasard la cabane du tueur, celle du deuxième film. A ce niveau là, c'est pratiquement une adaptation.


Friday the 13th: Bloodbath est une petite réussite qui parvient à garder l'esprit de la franchise tout en la modernisant un peu. L'introduction de l'Organisation est parfaite pour créer une Némésis différente à Jason Voorhees et placer celui-ci dans un rôle d'anti-héros, sans pour autant diminuer ses propres méfaits: lorsque l'on voit de sales types faire disparaitre les cadavres de leurs victimes innocentes dans des incinérateurs miniatures, afin de couvrir leurs traces, on ne peut qu'espérer que Jason leur fera la peau. Tout monstre qu'il soit, il ne possède pas cette malfaisante intelligente typiquement humaine et on se retrouve dans la même thématique que la franchise Alien, avec d'un côté les Xénomorphes cauchemardesques et de l'autre la puissante Compagnie, au moins tout aussi monstrueuse. Violet aurait fait la Ripley parfaite pour la suite des évènements.
Hélas le volume suivant, Fearbook, ne sera pas écrit par Brian Pullido et viendra gâcher tout cela en achevant plusieurs personnages-clés et en clôturant l'arc de manière expéditive. Peut-être un choix de la part d'Avatar Press en réalisant qu'elle ne garderait pas les droits de la licence plus longtemps. Un scénario préférable à celle de l'incompétence des successeurs sur le titre, dont le one-shot aurait plombé les ventes et obligé New Line Cinema a renégocier son contrat avec l'éditeur...



GALERIE

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