vendredi 10 novembre 2017

G.H.O.U.L.S. – Grateful Homeless Society


Il y a des monstres qui vous marquent plus que d'autres et dont on a envie de parler. Pas de leurs histoires, mais de eux en tant que tel, car ils se retrouvent parfois coincés dans des intrigues qui ne sont pas à la hauteur de leur potentiel. Ainsi s'il y a beaucoup de choses à dire à propos de la série Tales From the Crypt de HBO, entre la modernisation de l'adaptation, la permissivité des effets spéciaux pour l'époque et les incroyables invités qui se sont retrouvés dans le show, j'ai toujours voulu écrire quelque choses à propos des créatures de l'épisode Mournin' Mess (saison 3, épisode 10). Et juste d'elles. L'épisode en lui-même est de toute façon très court et repose sur la découverte finale dont je désire parler, aussi je réserve une véritable chronique pour une rétrospective à venir...
Et donc, comme le titre l'indique, il est ici question de Goules. Des créatures trop peu représentées même à travers le cinéma horrifique et servant généralement de morts-vivants ou de vampires selon le scénariste. Des servants sans pouvoirs ni intelligences, utilisés comme chair à canon par un antagoniste plus puissant: dans le Vampires de John Carpenter, ils sont les suceurs de sang décérébrés qui squattent la maison au début du film, même chose dans Hellsing où ils ne sont que des zombies que les Nosferatus utilisent comme mini-armée. Il y a quelques exceptions qui essaient d'explorer leur mytholgie, comme l'excellent sketch Humegoo de Monster Club et surtout La Nuit des Morts-Vivants, puisqu'ils en était les héros avant que les termes "zombies" et "morts-vivants" ne soient employés et leur volent la vedette, mais cela reste infime.

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Le scénario, grandement retravaillé par rapport à la bande-dessinée originale (où les goules s'étaient littéralement inspirées d'une autre histoire de Tales From the Crypt à propos d'un restaurant pour vampires, afin d'en reprendre le concept !) est signé Manny Coto, réalisateur du génial Dr. Giggles qui injecte forcément ici aussi une forte dose d'humour noir à cette histoire de service de restauration moderne pour charognards. Car si Mournin' Mess, l'épisode, traite d'un mystère à propos de meurtres en série sur des sans-abris, tous enterrés dans un même cimetière récemment inauguré par une société excentrique préférant financer des services funéraires que donner des aides à ceux qui en ont besoin de leur vivant, l'élément principal du récit dépoussière surtout le mythe de la goule pilleuse de tombes pour l'intégrer aux us et coutume du XXe siècle.
Dans son petit univers, le récit montre comment elles ont secrètement rejoint la société américaine depuis le temps des Pères Fondateurs, comme le prouvent de grands tableaux montrant des êtres au faciès monstrueux en costumes d'époque. C'est un détail amusant qui mériterait d'être un peu plus exploré et qui rappelle fortement les cannibales de l'hilarant épisode The Washingtonians de Masters of Horror (saison 2), mais on peut facilement supposer que les monstres ont, comme beaucoup, quittés le Vieux Contient pour tenter leur chance avec le Nouveau Monde. C'est peut-être d'ailleurs par nostalgie ou habitude que leur antre souterraine reste décorée comme durant cette période. Les différents conflits de l'Histoire américaine les auront sans doute fournis fréquemment en cadavres frais, comme la guerre d'indépendance ou celle de Sécession...

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Depuis lors, elles ont fini par s'adapter à la vie moderne et même l'investir sans se soucier de leur apparence grâce à des masques ultra-réalistes. On découvre dans la révélation finale que l'un des rival du protagoniste, un journaliste, était une goule depuis le début. Un autre personnage mentionne le fait que plusieurs officiels de la ville sont de mèches avec la société de donateurs responsable du cimetière pour SDF et on peut en déduire que les monstres ont atteint de très haut postes, s'enrichissant secrètement. Et que font les grands riches ? Ils profitent, bien sûr !, et investissent dans ce qui est un restaurant haut de gamme pouvant répondre à leurs besoins si particuliers et sans jamais attirer le regard sur eux. Leur idée est même ingénieuse, prenant racine dans un mal très contemporain: le manque de considération de la société pour les sans-abris. Les nombreux marginaux errant dans la rue leur permettent de se procurer des corps en abondance sans que personne n'y prête réellement attention.
Et pour s'assurer de bien récupérer les cadavres, ils fondent un organisme de charité spécialement dédié à offrir un peu de dignité à ces miséreux, dans la mort. Quand un journaliste leur demande pourquoi ne pas directement financer des aides aux pauvres vivants, ils rétorquent alors qu'il existe suffisamment d'associations s'occupant déjà de cela ! Les charognards le sont décidément jusqu'au bout, et d'ailleurs ils ne s'en cachent pas comme l'atteste l'acronyme formé par le nom de leur groupe:


Ghouls. Goules. Adorable. Pour ne pas attirer l'attention là-dessus, ils insistent même pour dire que le diminutif se dit Grateful Homeless Society, ou GHS. Pour les curieux, en français cela donne quelque chose comme la "société des sans-abris, proscrits et des laissés pour compte reconnaissants", et effectivement, SSAPLPCR, ça claque tout de suite beaucoup moins.
Ne reste plus qu'à faire la récolte pour s'assurer d'avoir assez de provisions afin de nourrir tout le monde. La première d'ailleurs, et on peut clairement voir l'inauguration du cimetière comme celle, non officielle, du restaurant. Le scénariste ne laisse rien au hasard et la vague de meurtres en série de clochards qui secoue la ville est évidemment organisée par les monstres. Car c'est à une véritable industrialisation de la violation de sépulture que nous sommes confronté: plutôt que de creuser les tombes, tout a été organisé afin que la réception des cercueils soient aisées. Les pierres tombales sont marquées d'un étrange blason et les emplacements pour enterrement possèdent une porte au fond du trou, qui s'ouvre directement sur un réseau de galeries. Celles-ci mènent aux catacombes où résident les goules et surtout à la grande salle à manger, parodie de dinning room bourgeoise avec mobilier chic, service en argent et jusqu'à la présence de rince doigts et de petites sauces pour relever le goût !
L'épisode va jusqu'à leur jeter le héros en pâture, finissant dévoré par des monstres qui "n'ont pas eu de chair fraiche depuis si longtemps". De quoi rendre mémorable leur grande ouverture, c'est certain...

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Mournin' Mess ressemble au final beaucoup à l'histoire montrée dans Monster Club, que j'évoquais plus haut. Dans les deux cas l'aspect "classique" de la créature est revisité dans un contexte contemporain, où elle aurait su s'adapter à la société actuelle pour en tirer les avantages. L'intrigue de Humegoo montrait le protagoniste s'échapper d'un village de monstres semblant appartenir au siècle passé pour mieux tomber sur les "Anciens", la haute caste, provenant quant à elle de la grande ville et se faisant même escorter par des policiers, goules capablent de dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains.
Sûrement pas un hasard cette ressemblance, puisque la maison de production, la Amicus, fut justement responsable des premières adaptations de Tales From the Crypt et de The Vault of Horror. Nulle doute que les nombreux magazines lu par les responsables de ces deux films ont dû marquer quelques personnes pour les autres anthologies horrifiques qui suivirent (Asylum, From Beyond the Grave et donc Monster Club).
La version HBO, plus récente et ne pouvant se réclamer d'un héritage british classique, développe juste un peu plus le sujet tout en s'amusant avec. A ce titre la scène de la conférence de presse est plutôt réussi, l'évènement réunissant tout au plus une dizaine de journalistes (preuve que tout le monde se moque du sort des SDF) tandis que les goules cachent à peine leurs origines: le président et ses associés expliquent partager un passé commun, où ils étaient sans-abris autrefois, ce qui n'est évidemment plus le cas maintenant qu'ils ont envahi notre société !


Si d'ordinaire je ne suis pas grand fan des intrigues de conspirations où un réseau tentaculaires et omniscient réussi forcément à poursuivre ses méfaits en toute discrétion, un héros solitaire ne pouvant jamais les confondre par manque de preuve et finissant toujours par tomber dans les pièges les plus stupides, il y a ici assez de folie et d'originalité dans le propos pour que le résultat soit divertissant et surtout très amusant. Encore que j'aurai bien voulu voir la classe du bas prendre sa revanche et montrer un Vincent Schiavelli héroïque dégommer ces sales goules finalement trop semblables à ces rapaces de 1% qui contrôlent le vrai monde.


dimanche 5 novembre 2017

[Ciné] Thor: Ragnarok


Thor: Ragnarok
(2017)
Mega CGR Centre, Tours (37)


House of Mystery #1 – The Hollows (2008)


House of Mystery #1
The Hollows
(2008)

"For, even though all mysteries contain secrets,
not all secrets contain mysteries."
– Cain


House of Mystery et House of Secrets étaient deux titres servant d'anthologies horrifiques et fantastiques chez DC Comics, flirtant également avec le récit à suspense. Totalement inspirés par le succès les EC Comics. Il y a là justement une histoire secrète autour de leur création puisque les fondateurs de DC étaient autrefois les partenaires du père de Bill Gaines (patron d'EC et créateur des Tales From the Crypt et compagnie). C'est Gaines, Sr. qui révolutionna – relança ! – l'industrie comics aux États-Unis et sans lui, rien de ce qui n'existe désormais n'aurait été possible. Mais la réussite fini par corrompre et ses associés se séparèrent de lui pour fonder leur propre boite, emportant avec eux les droits des revues se vendant le mieux: DC, du titre de Detective Comics, un de leur plus grand succès.
Gaines fonda de son côté Educational Comics (EC), jusqu'à ce que sa mort accidentellement n'oblige son fils à prendre la relève. DC baigne dans le dollar tandis que Gaines, Jr. découvre le déficit de sa compagnie, à deux doigts de la faillite. Il a alors l'idée de génie de créer la bande-dessinée d'horreur, sorte de coup de poker qui rapportera gros. Tellement gros que EC (dont les initiales signifient désormais Entertainment Comics) fut sauvé et que leurs nouvelles séries, Haunt of Fear, Tales From the Crypt et Vault of Horror, devinrent les comics les mieux vendus de leur époque, surpassant toute la concurrence.


Le succès du trio engendra un grand nombre d'imitateurs dont DC qui, comme les autres copieurs, firent partie des premiers à se cacher lorsque la politique se mêla au business pour le recadrer et le censurer. House of Mystery et House of Secrets devinrent moins monstrueux et dérangeant, tapant alors dans la science-fiction (façon Weird Science, chez EC) et les histoires de crimes et suspenses (Shock: SuspenStories et Crime: SuspenStories, toujours EC).
Le véritable atout de la firme étant ses super-héros, il fut plus tard décidé de "recycler" les deux maisons surnaturelles dans cet univers où elles devinrent le théâtre de nouvelles aventures pour Batman, Superman et quelques autres. Même Elvira s'y retrouva invitée pour une mini-série, afin de raconter ou élucider quelques affaires étranges ! De véritables origines, assez passionnantes d'ailleurs, leur furent attribuées et leur emplacement véritable est désormais situé dans The Dreaming, c'est-à-dire le Royaume des Rêves dans l'univers DC. L'occasion parfaite pour leur faire côtoyer le célèbre Sandman de Neil Gaiman sous le label Vertigo. C'est justement dans cette collection que House of Mystery va connaître un revival en 2008, via le duo William Willingham et Lilah Sturges (ex Matthew Sturges, et oui il y a des mystères partout !), responsables de Fables et de son spin-off Jack of Fables.


Leur idée est simple mais parfaite pour dynamiser la vieille tradition du récit anthologique. Ainsi cette nouvelle mouture va non seulement continuée de proposer des récits d'horreur indépendantes comme autrefois, mais également proposer sa propre intrigue, servant de fil rouge et reliant ainsi chaque personnage d'une façon ou d'une autre. Une manière de fusionner les deux versions de la revue et de permettre au lecteur aussi bien de suivre la grande narration sur plusieurs numéros que de piocher ici et là en fonction de ses envies. Ingénieux et très bien géré.
Le duo fait de la Maison une sorte de purgatoire où se retrouvent prisonniers des personnages issu d'époques et de dimensions différentes. Parce qu'ils ne peuvent pas quitter les lieux et n'ont rien à faire, raconter des histoires est devenu une sorte monnaie, payant leur repas ou des informations. Et c'est justement celle narrée dans le premier numéro de ce reboot qui m'intéressait d'explorer, étant donner son caractère body horror plutôt osé et unique (merci au label Vertigo de permettre les excès). Une chronique que je voulais faire durant Road to Halloween, puisque c'était le thème, avant que le manque de temps ne me force à laisser tomber. Comme je n'ai pas envie d'attendre un an supplémentaire avant d'en parler, voyez ça comme un bonus.


Si le comic général possède un titre plutôt compliqué (House of Mystery #1 sur la couverture, The First Drink is on the House dans les pages, sous-titré Room and Boredom Part 1), le conte qui nous intéresse est heureusement simplement nommé The Hollows. Toujours écrit par Bill Willingham, il trouve son introduction dans le fil rouge lorsque les personnages se réunissent dans la section bar/restaurant de la Maison pour passer le temps. C'est là que l'on découvre la belle Sally, surnommée Hungry Sally car elle a toujours faim et qui justement se bâfre au grand dam de Harry, le restaurateur. Étant donné l'ardoise impressionnante de la demoiselle, il l'encourage à payer ses dettes par une histoire et se montre suffisamment poli pour qu'elle accepte.
Sally se décide alors à raconter la sienne, qui l'a amenée à se retrouver prisonnière de la Maison des Mystères et qui explique également son intrigante boulimie. Nous apprenons comment la jeune femme a quittée la grande ville à la mort de ses parents pour rejoindre une "adorable" petite ville appelée The Hollows. Malgré ce que l'héroïne nous dit sur la beauté de l'endroit, nous voyons que la zone est une ruine. Les maisons sont délabrés, les extérieurs mal entretenus, les lampadaires sont tous cassés, et surtout, les habitants sont... des mouches géantes, de taille humaine !


La situation ne semble pourtant pas alarmante pour Sally, qui persiste à planter un décors de rêve. Tant pis si elle est la seule humaine du coin, elle est heureuse à l'idée d'être devenue le centre d'attention de la population locale et jamais ne réagit quant au caractère singulier de toute cette affaire. Sa narration se perd au contraire dans une improbable histoire d'amour: sa beauté lui attire de nombreux prétendants et elle est bientôt courtisée par un certain Albert Crimp, l'homme le plus beau et le plus riche du patelin. Un gentleman dont elle tombe amoureuse et avec qui elle fini par se marier.
Et donc oui, l'héroïne se marie avec une grosse mouche dégoutante et l'intrigue prend un tournant pour le moins perturbant puisqu'il est ensuite question de leur relation. Les deux passent leur nuit de noce (accouplement seulement suggéré mais quand même déroutant) et Sally tombe enceinte. Immédiatement.
Et le conte de sombrer dans l'horreur absolue grâce à la différence de ton entre la narration et les images. D'un côté les illustrations nous montre des images absolument ignobles, dont l'aspect body horror dépasse même ce que Cronenberg à osé faire avec sa Mouche, de l'autre le personnage principal semble relater une banale histoire de mariage voué à l'échec en raison d'une grossesse difficile. Si l'on en croit ce qu'elle raconte, Sally est victime d'une dépression post-natale suite à l'arrivée précoce de son enfant et finira par divorcer en réalisant qu'elle est une mauvaise mère et épouse.


La jeune femme culpabilise sur ses propres sentiment, expliquant n'avoir jamais aimée son enfant, ne s'être jamais occupée de lui et avoir préférée vouloir retrouver sa silhouette de jeune femme d'autrefois. Son récit se conclu sur une séparation puisque Sally déclare qu'elle n'a pas le droit de faire souffrir Albert ainsi. Elle aurait ensuite fini par errer jusqu'à se retrouver dans la Maison, où elle se sent plutôt bien vu l'accueil chaleureux qu'elle a reçue, et espère maintenant s'absoudre de ses péchés et redevenir quelqu'un de bien.
Les graphismes montrent une situation bien différente et sont pour le moins percutant. Nous y retrouvons Sally malade et dans un sale état après sa relation sexuelle, ressemblant à une victime de viol avec ses cheveux en bataille, ses vêtements déchirés et les traces de lutte visible sur sa peau. Elle vomie, se sent mal et... son petit corps explose sous l'émergence de dizaines de larves qui lui sortent du dos ! Albert n'est visible nulle part, ni pour elle qui l'appelle à l'aide, ni pour les "petits" qui finissent par devenir des moucherons trainant près du cadavre décomposé de leur mère. Il y a ainsi plusieurs niveaux de lecture et d'interprétation à cette histoire et il est difficile de savoir où se positionner.


D'un côté The Hollows fonctionne très bien comme simple petite histoire d'horreur surréaliste, où la "Sally "de la Maison pourrait être un fantôme ou quelque chose du genre. On peut également se concentrer sur les dires de la narratrice qui se perçoit comme un monstre de vanité, ayant créée un véritable scandale avant de disparaître en abandonnant sa famille et ayant peut-être une vision tordue de la réalité comme le montre les illustrations. Même si d'ordinaire cela fonctionne dans l'autre sens, le narrateur pensant être "normal" quand les images reflètent la vérité qu'il n'arrive pas a accepter.
Enfin il y a tout ce que l'on peut déduire à travers les dessins, les mouches représentant des prédateurs sexuels tournant autour d'une jeune femme avant de la "détruire" via une grossesse plus ou moins forcée. Cela expliquerait l'absence d'Albert dans les moments détresses de Sally et la destruction du corps de la jeune femme, qui devient quelque chose de dégoutant comme tout ce qui se trouve dans le village.
Dans tous les cas The Hollows fonctionne sur l'impact, qu'il s'agisse de la répulsion engendrée par les mouches, de la mort atroce de l'héroïne ou de ses propre mots qui ne sont pas tendres: elle se considère comme vaniteuse, creuse, horrible, ne valant rien, et refuse d'excuser son comportement de quelque manière que ce soit...


Même la conclusionest triste, lorsqu'elle avoue qu'elle n'est pas prête à avoir une autre relation avec un homme et que cela lui prendra du temps – et cela malgré la courtoisie et la gentillesse dont fait preuve Harry, probablement touché par son sort. Lorsque l'histoire se termine et que nous retournons au fil rouge, l'histoire principale de House of Mystery, une dernière image choquante montre ensuite pourquoi la jeune femme mange sans arrêt: si son apparence parait normale vu de devant, elle est en fait totalement creuse à l'intérieur (hollow) et la nourriture qui entre dans sa bouche tombe du trou qu'elle a dans le dos. Par décence, Harry lui conseillera d'inventer ses récits à l'avenir, de moins s'exposer, et lui offre sa propre table dans le fond du restaurant, la plaçant dos au mur pour la cacher du regard des autres....
Un drôle de choix que cette histoire plutôt abstraite pour ce premier numéro, dont le côté anthologie horrifique était jusqu'ici bien plus classique dans ses sélections. Sans doute une manière de légitimiser l'aspect "adulte" du label Vertigo et de revisiter le titre sous un angle différent, plus moderne et plus permissif qu'autrefois. Dans tous les cas cela fait pour un point de départ remarquable, ce premier numéro était tout sauf ennuyeux et conventionnel !


Ce revival durera plusieurs années, s'arrêtant définitivement en 2011. La Maison n'a cependant pas définitivement fermée ses portes puisqu'elle existe toujours au sein du DC Universe classique, qui a récemment intégré Vertigo à sa continuité. Cette incarnation reste sans doute la plus intéressante à suivre et fait une excellente introduction à la Maison des Secrets pour quiconque serait tenté de s'y intéresser.
Concluons avec un petit mot pour les illustrateurs, qui y sont aussi pour beaucoup dans la réussite de House of Mystery. La trame générale est dessinée par Luca Rossi, qui est particulièrement doué pour peindre des personnages expressifs et attachants. Malgré la foule bigarrée qu'il doit représenter, il arrive à rendre les habitants suffisamment différent les uns des autres pour mettre en valeur ce côté "interdimensionnel" de la série. L’œil attentif pourra même identifier Manchester Black dans le restaurant, adversaire british-punk occasionnel de Superman.
The Hollows est illustré par Ross Campbell – à ne pas confondre avec Sophie "Ross" Campbell, ayant parfois travaillée sur les mêmes séries, ni Ross A. Campbell, qui est encore quelqu'un d'autre ! Il trouve le moyen de mêler la beauté (sa Sally ressemble à un personnage de Margaret Keane) et la répugnance au sein des mêmes cases, même s'il garde un certain sens de l'humour comme le prouve cette grosse mouche portant un beau chapeau, perdue quelque part dans un arrière-plan !

Enfin, l'immense  Bernie Wrightson, qui avait débuté comme illustrateur sur la série originale (#179, The Man Who Murdered Himself), a apporté sa contribution via une variante de couverture. Une manière pour lui de rendre hommage au titre qui a lancé sa carrière.



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vendredi 3 novembre 2017

[Ciné] Au Revoir Là-haut


Au Revoir Là-haut
(2017)
Les Cinémas Studio, Tours (37)


Halloween Aftermath 2017

HALLOWEEN AFTERMATH
2017


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Voilà un mois d'Octobre qui fut plutôt chargé même si cela a faillit ne pas être le cas. J'ai en effet considéré faire l'impasse sur le Road to Halloween de cette année, ayant déjà déserté le blog depuis mi-Juillet. D'ailleurs je n'ai rien écris durant la première semaine, pesant le pour et le contre avant de finalement me laisser aller à la tradition. C'est sans doute pour trancher la poire en deux que j'ai opté pour une sélection de comics plutôt que de films. Plus rapide à lire, plus rapide à chroniquer, et c'était l'occasion de parler de quelques petites choses mise de côté jusqu'ici. J'avoue ne même pas m'être embarrassé de critères de sélection, tapant au hasard dans ma bibliothèque du moment qu'il s'agissait d'histoires horrifiques.
J'ai ainsi pu évoquer quelques délires d'EC Comics à base de pieuvres vampires et de tumeurs géantes, de l'improbable clin d’œil à Freddy Krueger par 2000 AD et même de me débarrasser une bonne fois pour toute de l'affaire Creature From the Depths, que je voulais d'abord réaliser dans le cadre du dossier "homme-poissons" de Black Lagoon Fanzine avant que le manque de place ne m'oblige à abandonner. Les autres BD avaient également pour elles de m'avoir fait bonne impression par le passé et leur rendre hommage n'était que justice.


Pour autant ce Road to Halloween ne représente qu'un fragment des bons moments passés durant cette fête de la Toussaint et il me faut au moins mentionner la très bonne surprise que fut Cult of Chucky, me poussant même à faire un petit extra sur le sujet. Le visiteur récurrent aura également remarqué un petit changement à travers ce blog, qui s’enorgueillit d'un nouveau titre et d'une nouvelle bannière. Alors c'est moche, ça débarque sans prévenir et il y avait un projet vidéo associé qui trainasse, devant initialement expliquer un peu plus ma démarche. Mais au final cela représente un peu plus la nouvelle direction que je cherche à prendre depuis ma pause. Des articles plus variés, plus "fun", des textes plus détendus et simples à écrire, sans se soucier d'une sériosité peut-être handicapante ou qui n'a probablement pas lieu d'être. Difficile de dire si It Came From the 5th Dimension représente une V6 officielle où s'il faut juste voir cela comme un simple ravalement de façade, dans tous les cas de nouvelles rubriques et idées devraient progressivement voir le jour.
Un exemple comme un autre est la chronique divisée en deux, avec d'un côté l'exploration de sa difficile gestation et de l'autre l'habituelle critique de l’œuvre...


Bref, pour en revenir à l'actualité, si cette période d'Halloween a commencée lentement et avec hésitation, elle s'est achevée en apothéose avec la multiplication de petites choses en cette journée du 31. C'est tout d'abord la réception de Nightbreed – The Cabal Cut en BluRay ultra limité, version définitive du film maudit de Clive Barker. Seulement 250 exemplaires qui furent pratiquement tous vendu en une heure, même si quelques retournés furent réuni pour une seconde session tout aussi courte. Avoir pu en obtenir une copie relève du miracle et la recevoir pour Halloween me laisse à penser que l’œuvre est belle et bien magique. Ou que mon facteur possède un sens du timing absolument parfait.
Il y a également des petits plaisirs comme l'habituelle vidéo de Madd Matt chez Dinosaur Dracula ! ou le nouveau segment de Mr. Plinkett de Red Letter Media. Sans parler du superbe cadeau de l'illustrateur Brandon Santiago, nous offrant carrément un court-métrage d'animation sur Erma. Autant de petits divertissements qui aide à se mettre dans l'ambiance. Aussi, le hasard du calendrier a voulu que l'on puisse inclure un Vendredi 13 a cela, nous donnant toutes les excuses du monde pour retrouver l'ami Jason.


Et enfin il y a eu la soirée d'Halloween en elle-même, passée chez de précieuses amies avec maison décorée, enfants qui sonnent à la porte, orgie de sucrerie (et pas d'autre chose, malheureusement) et diffusion de quelques films comme Dolls et Deathgasm. Une "tradition" comme je n'en avais plus fait l'expérience depuis bien longtemps. Je remercie énormément Catherine et Noémie pour ce moment et j'espère remettre ça l'an prochain !
Bilan: un excellent Halloween qui m'a forcé à me sortir de mon arrêt prolongé pour finalement me remotiver et me permettre de me renouveler un peu (si j'arrive à tenir mes engagements). Je n'en espérais pas tant.



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