dimanche 20 mai 2018

Les 16 ans et le Site

Et oui, après 16 ans de chroniques et un passage du format papier au numérique, la plateforme blog ferme définitivement ses portes au profit d'un site Internet bien plus confortable et navigable. Définitivement ? Peut-être pas tout à fait puisque je ne vais pas non plus supprimer L'Imaginarium pour autant et effacer toute trace de son existence !

A la place, ce Blog deviendra une zone où je réunirai les derniers articles en dates, probablement au mois, pour que ceux qui atterrisse ici de temps à autre - où ceux qui ne veulent pas s'embêter à visiter le site chaque jour en attente de nouveaux articles - puissent avoir une sorte de résumé des textes disponibles. 

Et ainsi voilà les trois dernière MàJ depuis le lancement de Perdu dans la 5ème Dimension, ce 15 Mai:

Le texte anniversaire habituel, qui sert également d'article de lancement du site.

Une news pas vraiment relayé par chez nous étrangement, même s'il faut avouer que l'ancien Maitre n'a plus trop la cote depuis un moment.

Lost (and Found) épisode 20, avec une Pin-Up qui est cette fois un personnage de comics.

jeudi 12 octobre 2017

The Vault of Horror #30 – Who Doughnut ? (1953)

ROAD TO HALLOWEEN IV


The Vault of Horror #30
Who Doughnut ?
(1953)


J'ai toujours voulu trouver une excuse pour parler de cette histoire. Pas de la série The Vault of Horror en générale, pas même de ce 30ème numéro dans son entier, juste cette petite histoire. Ce n'est ni une des meilleures, ni une des plus graphiques ou des plus drôles, et en fait c'est tout le contraire ; Who Doughnut ? est l'une des plus anecdotiques, des plus poussives et des plus oubliables contributions aux titres Horreur des EC Comics. A la lire, on est même en droit de penser que c'est le genre de truc avec quoi on se retrouve quand les scénaristes n'ont plus d'idées, improvisant n'importe comment pour atteindre leurs quotas !
Publié dans le numéro d'Avril / Mai 1953, ce conte est pourtant écrit par Bill Gaines lui-même (le patron d'EC et créateur de la branche horrifique de sa compagnie) et illustré par le légendaire Jack Davis – avec peut-être une contribution de Al Feldstein dans l'un ou l'autre des départements puisque c'était à son tour de jouer l'éditeur cette fois-ci (le superviseur si vous préférez). Il fait cependant pâle figure au regard de ses voisins de papiers, dont Split Personality qui sera adapté dans la série télé HBO avec Joe Pesci, et le sympathique Practical Choke a qui le magazine dédie sa couverture (des étudiants en médecine s'amusent à piquer des morceaux d'un cadavre légué à la morgue afin de faire de mauvaises blagues dans toute la ville... jusqu'à ce que ce qui reste du cadavre se rebelle !). Seul Notes to You paraît tout aussi oubliable, ne valant que pour sa conclusion visqueuse.
Who Doughnut ? le surpasse cependant grâce à un titre calembouresque limite honteux et le caractère extravagant de sa menace. Tellement fou que cela reste en mémoire. Tellement, que j'ai toujours voulu en parler un jour.


Cet Halloween en est l'occasion parfaite, et encore plus étant donné ma dernière chronique en date (l'épisode Squid du Punisher de Garth Ennis), forcément raccord avec celle-ci comme nous le verrons plus tard. Déjà un mot sur le titre, Who Doughnut ? (littéralement "Qui beignet ?", oui, oui comme le gâteau), en fait un jeu de mots bien minable avec le terme "Who [has]done it ?" (Qui l'a fait ?" ou "Qui est coupable ?") alias Whodunit, un style de roman policier dans lequel on ne connait pas l'identité du criminel avant la fin. Pourquoi "Doughnut" ? Tout simplement à cause des étranges mutilations que le tueur de cette histoire laisse sur ses victimes.
L'intrigue s'intéresse à une vague de crimes qui laisse la police dans l'embarras. Sept victimes en un mois, toutes des femmes retrouvées exsangues et le corps couvert de blessures rondes comme des anneaux. Autre détail: les cadavres sont imprégné d'eau salé, laissant croire que l'assassin est un pêcheur. Ce n'est pas l'avis du reporter Danny Hughes, qui couvre l'évènement. Pour lui le coupable est un vampire ! Cela explique pourquoi les victimes ont été vidée de leur sang et pourquoi il échappe aux autorités si facilement. Son seul problème reste les blessures rondes inexplicables, qui ne sont pas raccords avec la mythologie des Nosferatus.
Hughes s'implique encore plus dans l'enquête après qu'une de ses collègues ne trouve la mort, alors qu'il l'avait raccompagné chez elle ce soir là. Son chemin avait justement croisé celui d'un sinistre individu qu'il n'a hélas pas pu détailler, caché derrière un imperméable et un grand chapeau. Traquant le monstre, il fini un soir par le retrouver et le poursuit jusque dans son repaire: l'aquarium de la ville !


La conclusion, bien amenée, le montre errer entre les bassins rempli de poissons exotiques sans retrouver le fugitif. Jusqu'à ce que la déclaration d'une survivante ne lui revienne en tête, celle-ci expliquant que le tueur était arrivé derrière elle en lui attrapant les poignets de ses mains gantés, tandis qu'une autre s'était plaquée sur sa bouche. Trois mains au total. Le journaliste réalise avec horreur l'identité du coupable lorsqu'il tombe sur un aquarium vide. Devil Fish, dit l'écriteau. Autrement dit, une pieuvre ! Et la créature de l'embusquer, l'emmêlant dans ses tentacules, ses ventouses laissant des traces rondes comme des donuts sur sa peau tandis que de minuscules dards le percent pour lui sucer le sang...
La dernière image, surréaliste, d'une pieuvre géante laissant derrière elle son costume d'humain, est probablement l'une des plus marquantes que j'ai pu voir dans tous les EC Comics. Absolument pas choquant, mais inattendu, ça oui ! Le simple fait d'imaginer la vie quotidienne de ce poulpe dément met mon cerveau sens dessus-dessous. Imaginez un peu la bête vivre paisiblement dans son aquarium de jour, avant de sortir discrètement la nuit, enfilant manteau, chapeau et des gants au bout de chaque tentacules dans l'espoir de camoufler autant que possible son apparence. Cela n'a absolument aucun sens et c'est ce qui rend cette histoire absolument géniale !


J'aime comment certaines idées prennent effectivement racine dans le véritable fonctionnement des pieuvres, comme leur grande intelligence, leur capacité à s'extraire des bassins et même de ramper au sol hors de l'eau et l'utilisation d'un déguisement, les céphalopodes étant comme des caméléons, changeant de couleur pour mieux se cacher ou chasser. Et puis d'un autre côté il y a cette histoire de dards qui absorbent le sang des proies, totalement inventé et semblant juste être là pour justifier la fausse piste du vampire dans la première partie. Le monstre n'a aucune motivation (n'est-il pas bien nourri à l'aquarium ?) et on ne peut même pas expliquer son comportement en lui donnant l'excuse d'être un monstre marin ou une créature surnaturelle...
Même son modus operandi ne semble pas avoir de sens: lorsque la police évoque la présence pêcheurs dans les environs, ceux-ci étant suspects durant l'enquête, on pourrait imaginer que le poulpe retournerait à l'océan une fois ses méfaits accomplis afin de ne pas se faire prendre. Encore plus s'il fut capturé et placé en aquarium, lui donnant une raison de détester les humains. Mais non. Il faut juste accepter l'idée qu'une créature marine a un jour décidée de jouer les Jack l’Éventreur, ne s'en prenant qu'aux femmes, les attaquant même à domicile, tout en poursuivant sa vie d'animal pépère le reste du temps  !


Ce concept justifie à lui seul la lecture de Who Doughnut ? et représente parfaitement l'esprit déconneur de William Gaines et de toute son équipe. Difficile de croire qu'ils furent réellement suspectés de pervertir la jeunesse américaine au point qu'un procès de grande instance ait eu lieu ! Pour ma part, je range ces sept petites pages parmi ce que j'ai lu de meilleur à travers les trois titres d'EC Comics. Parfois le gore et le morbide peuvent se faire voler la vedette par un tout petit gag stupide juste parce que celui-ci est fun.
D'ailleurs le fou rire se poursuit après le twist ending puisque le Cryptkeeper (car bien que figurant dans les pages de The Vault of Horror, la présente histoire est frappée du sceau The Crypt of Terror, les trois GhouLunatics ayant l'habitude de s'inviter les uns dans les pages des autres) y va de son humour noir habituel pour conclure. On y apprends donc que la pieuvre s'appelle Oscar est qu'elle continue de se promener parmi nous (méfiance si quelqu'un vous tapote l'épaule), tandis que Hughes aura quand même pu écrire son dernier texte... dans la rubrique nécrologique de son propre journal !
Forcément après ça on en redemande, et cela montre bien pourquoi les Tales From the Crypt, Vault of Horror et Haunt of Horror ont marqué tant d'esprits, s'assurant une reconnaissance éternelle même bien après leur triste disparition...


Publié en son temps dans The Vault of Horror #30, Who Doughnut ? a connu plusieurs réimpression au fil des ans. Comptons The Vault of Horror #4 en 1982, réédition chez Russ Cochran, puis Vault of Horror #19 en 1997, chez Gemstone. Plus récemment, et pour désigner une édition ultime, l'histoire est incluse dans la volumineuse compilation The EC Archives, qui reprend l'intégralité de la collection dans une qualité d'impression optimale puisque conçue à partir des illustrations d'origine. Dans le cas qui nous intéresse, voyez The Vault of Horror T.4, qui regroupe les numéros 30 à 35 de la série.
Notes pour les puristes: pour le conforts des yeux, c'est de cette édition que sont extraits les images qui accompagnent la chronique, forcément plus plaisantes que les scans de la revue d'alors. Puisque les dessins en noir et blanc, avant le passage à la couleur / censure de Marie Severin, furent utilisés dans un soucis de qualité, l'éditeur a recoloré digitalement chaque histoire car ne pouvant exploiter les planches finales d'époque, d'une résolution plus basse. On y perd certes en authenticité, mais l'éditeur a tenu à suivre le style de Severin autant que possible. C'est tout à son honneur, et cela permet de ne pas avoir à présenter un comparatif assommant entre les différentes versions.



https://i.imgur.com/fi07wZD.jpg   https://i.imgur.com/EYIpL3F.jpg

A gauche l'original de 1953, à droite la version restaurée de 2015
YOU DUMB DICK !


https://i.imgur.com/NQlhNPw.jpg    https://i.imgur.com/4CZkpgT.jpg    https://i.imgur.com/RFkMobF.jpg    https://i.imgur.com/BgnDl3v.jpg

dimanche 8 octobre 2017

Judge Dredd – An Elm Street Nightmare (1989)

ROAD TO HALLOWEEN IV


2000 AD Prog 635 
Judge Dredd – An Elm Street Nightmare 
(1989)


Après le succès des Griffes du Cauchemar, c'est une véritable Freddymania qui s'empara des États-Unis, le Springwood Slasher étant devenu une icône de la pop-culture. Même les enfants le reconnaissent et parmi les produits dérivés de la franchise on compte de nombreux jouets: ballons, poupées, pistolets à eau et chewing-gum règnent dans les cours de récréations ! Avec Le Cauchemar de Freddy, quatrième volet de la saga, le personnage lui-même se transforme et devient un bouffon amusant, véritable mitraillette à blagues qui n'est plus du tout dérangeant. Oubliés sont ses premiers meurtres sanglants et son passé de pédophile: désormais seuls comptent l'extravagance des effets spéciaux et l'humour outrancier qui découle de ses apparitions.
Le reste du monde n'y échappe pas et on peut croiser Freddy partout: il s'exporte en Angleterre où Robert Englund débarque en makeup complet dans D.C. Follies (leur équivalent des Guignol de l'Info) et il fait la même chose au Japon pour une émission humoristique, alors qu'il ne parle même pas leur langue. Chez nous son image est parfois "empruntée" par quelques illustrateurs lorsque l'occasion se présente (L’Éventreur et Hurlements n°2, dans la collection Gore de Fleuve Noir) et à Bollywood il faut l'objet d'au moins deux copycats avec Mahakaal et Khooni Murdaa.


Sa popularité est telle que l'idée d'un crossover avec Jason des Vendredi 13 est adoptée alors qu'elle fut lancée en l'air par un fan lors d'une convention. Et bien sûr le grand brûlé d'Elm Street se retrouve héros d'une série télé ainsi que de plusieurs titres comics relatant ses exploits. Des bandes-dessinées officielles, et d'autres qui le sont beaucoup moins, détournant comme elles peuvent la licence en évitant de trop détailler ou de nommer le croquemitaine. C'est justement le cas avec ce An Elm Street Nightmare, très courte histoire publiée dans les pages de l'anglais 2000 AD en Juillet 1989, soit un mois tout juste avant la sortie de Freddy 5: L'Enfant du Cauchemar sur les écrans américains. Probablement pas une coïncidence.
Si les mots "nightmare" et "Elm street" permettent tout de suite d'identifier la référence, il faut savoir qu'ils ne tombent sous la coupe d'aucun copyright, ce qui permet alors – placés dans le désordre – de parodier le titre A Nightmare on Elm Street sans avoir à se préoccuper du moindre problème. C'est à peu près la même chose pour le personnage lui-même, jamais ouvertement nommé et dont l'apparence est subtilement modifiée (pas de brûlures). Naturellement New Line Cinema aurait malgré tout pu poursuivre l'éditeur en jouant sur les énormes ressemblances, et la saga Judge Dredd en a déjà fait les frais avec la célèbre storyline Burger Wars, qui montrait l'affrontement délirant de deux gangs meurtriers représentant respectivement Ronald McDonald et le Burger King !


Bien heureusement, et probablement parce qu'il existait déjà de nombreux Freddy bootlegs un peu partout, la compagnie a simplement fermée les yeux, sans doute très heureuse de voir que sa poule aux œufs d'or se portait à merveille. Il aurait de toute façon été très ridicule d'avoir recours à la Justice pour un malheureux épisode de seulement six pages, très anecdotique et fonctionnant plus comme une blague qu'autre chose pas même une satire ou une parodie, la chose apparaissant juste comme une simple excuse pour dessiner Freddy se faisant descendre par Dredd ! 
An Elm Street Nightmare c'est un peu ça: un concept pour une illustration qui aurait été étiré sur plusieurs vignettes, sans fil rouge ni narration ! Peut-être pas très satisfaisant par rapport à l'idée que l'on pourrait s'en faire, mais totalement dans l'esprit Punk revendiqué par 2000 AD. C'est ainsi que "l'intrigue" montre un pastiche de Freddy Krueger rôder la nuit dans un coin de Mega-City One, à la recherche de proies. Il repère un couple d'adolescents, deux jeunes amoureux venu braver l'interdit et taguer un mur tout en se déclarant leur flamme et attaque... 
...pour immédiatement se faire fusiller par le célèbre Judge qui patrouillait dans le coin. Et celui-ci de repartir avec les victimes qu'il vient tout juste de sauver, afin de les condamner pour dégradation de biens publics !


Rien de neuf ou de particulier pour quiconque connait l'univers et le concept de la série, qui contient grand nombre d'épisodes de ce genre: de l'humour noir et subversif ou l'on caricature à l'extrême la justice pénale, Dredd trouvant toujours quelque chose à reprocher à quelqu'un même chez la plus innocente des créatures. Jack Wagner, le scénariste, est coutumier du fait puisqu'il est tout simplement l'un des créateurs de Judge Dredd (la version brute que peaufinera ensuite l'illustrateur Carlos Ezquerra pour donner naissance au personnage définitif) et le plus gros contributeur d'histoires pour celui-ci, dont plusieurs des plus importantes ou mémorables de toute la saga: The Long Walk, Judge Death, The Apocalypse War ou encore The Judge Child Quest.
Ici par exemple, nous apprenons qu'il existe un équivalent pour mineurs aux célèbres Iso-Cubes de détention, tout simplement baptisé Juve-Cubes, et le scénariste se moque gentiment des amourettes de jeunesse lorsque les deux adolescents s'embrassent et se retrouvent immédiatement coincés quand leurs appareils dentaires s'emmêlent ! Enfin, Freddy n'est absolument pas une menace pour le Judge qui le crible de balles à vue, l'autre ayant à peine le temps de lever son gant pour le menacer.


Pour autant il ne faut pas croire que An Elm Street Nightmare se montre dédaigneux de son modèle. Le respect est là, tant dans l'apparence que la gestuelle du croquemitaine (très bons dessins de Mick Austin), lequel refait même ce mouvement pervers de la langue comme dans les films. La BD baigne dans une ambiance onirique dès les premières cases, avec ce Freddy qui bondit de toit en toit, escaladant les Mega Blocks titanesques ou se laissant tomber depuis des hauteurs vertigineuses, sorte d'électron libre dans cette ville géante.
La narration à la première personne fait des merveilles pour rappeler à quel point il est un prédateur qui aime s'en prendre aux plus jeunes, à "un âge entre l'enfance et l’adolescence, entre l'innocence et la culpabilité". Une voix off qui décrit parfaitement le personnage sans jamais évoquer son nom, le présentant comme un monstre prisonnier d'un cauchemar sans fin, déjà mort et ayant brûlé en Enfer... 
Au gag de Dredd qui se débarrasse facilement de lui se colle le cliché habituel du film d'horreur qui veut que le tueur se relève toujours. Le twist ? Apparemment tout ceci est bien un cauchemar, mais en fait celui d'un simple poivrot ayant trop bu !


Un peu décevant en un sens, car l'idée qu'un alter-ego de Freddy Krueger puisse œuvrer dans Mega-City One sans être inquiété des Judges est plutôt plaisante. Surtout à le voir se promener de bâtiments en bâtiments comme un animal, totalement libre et affranchi de la technologie. Vu le nombre d'habitants, il pourrait continuer à tuer pendant des années et des années avant même de se faire remarquer, expliquant ainsi pourquoi son absence dans l'univers général de la série n'est pas problématique.
Cependant cet épilogue est celui que le lecteur inattentif pourra retenir. Celui qui fait un peu plus attention aux cases pourra remarquer que le fameux clochard qui se réveille est déjà présent dans un petit coin de case lorsque le croquemitaine abattu par Dredd, un peu avant la révélation finale. Faut-il donc croire que Freddy existe bel et bien dans cette réalité, et qu'il est simplement "généré" dans le vrai monde lorsque dors ce sans-abri ? C'est certes poussé par les cheveux... mais c'était justement toute l'intrigue de La Revanche de Freddy ! Une petite mise en abime subtile et totalement en phase avec son sujet (les rêves), qui prouve tout le talent de John Wagner pour l'écriture même lorsqu'il livre un petit épisode bouche-trou pour son héros.


Quoiqu'il en soit le simple fait de trouver un sosie de Krueger dans les pages de Judge Dredd est sympathique et le fan pourra se consoler avec ce double clin d’œil à Wes Craven et Philip K. Dick, quand l'écriteau "Wes Craven Conapts" est utilisé pour nommer le quartier où se déroule l'histoire, et le fait que le bruit donné aux griffes du croquemitaine, "Shnikk", évoque fortement le "Snikt" que font celles de Wolverine ! Il y a aussi quelque chose de très drôle dans le fait que Dredd identifie d'abord son assaillant comme un mutant avant de réaliser qu'il n'est qu'un simple détraqué. 
Si elle est totalement anecdotique, cette petite histoire mérite malgré tout de sortir de l'oublie puisque indéniablement amusante. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été rééditée, puisque outre sa publication originale dans le magazine 2000 AD Prog 635 ("prog" étant la façon de dire "numéro" dans le jargon comico-futuriste de l'éditeur), An Elm Street Nightmare a connu une version colorisée pour sa sortie aux USA un an plus tard, dans Judge Dredd #48 (Vol. 2) et a été évidemment incorporé aux volumineux Judge Dredd: The Complete Case Files, gros recueils qui reprennent l'intégralité de la saga (ici dans le tome 13).



https://i.imgur.com/3JFKYJT.jpg    https://i.imgur.com/FHwhoXg.jpg    https://i.imgur.com/mlo9Lhi.jpg

jeudi 6 juillet 2017

Martian Manhunter / Marvin the Martian (2017)


Martian Manhunter / Marvin the Martian
Special #1
(2017)

https://i.imgur.com/U1upAYo.jpg

DC Comics et les Looney Tunes c'est une longue histoire qui remonte jusqu'aux années 90, lorsque la Warner Bros. s'associa avec l'éditeur pour un partenariat fructueux: une série régulière qui persiste encore à ce jour avec 237 numéros depuis 1994, les adaptations des films Space Jam et Looney Tunes: Back in Action, et puis bien sûr la fameuse mini-série Superman & Bugs Bunny, où déjà les super-héros de la Justice League clashaient avec les Toons fous lorsque le Dodo et Mxyzptlk s'associaient pour les faire tourner en bourrique. Dans la conclusion, les habitants du "Looniverse" deviennent des membres à part entière de la Ligue !
Dans la série Duck Dodgers, en 2003, Daffy devient le Green Lootern et affronte Sinestro avec le reste du Corps. En 2015, DC Comics produit une série de vingt-cinq variantes de couvertures pour quelques unes de leurs séries, chacune montrant les personnages interagir entre eux de façon amusante: Batman s'attaque à Rocky et Mugsy, Flash fait la course avec le Roadrunner et Speedy Gonzales, Wonder Woman joue la Walkyrie pour Elmer à l'opéra, Sam le Pirate est en pleine fusillade avec Deathstroke, etc.
Ce mois de juin 2017 marque une nouvelle étape avec l'arrivée de six comics assez particuliers. Pas vraiment des crossovers, mais plutôt une réinterprétation des Looney Tunes au sein de l'univers DC. Comme si la bande à Bugs Bunny n'avait jamais été des héros de dessins animés mais plutôt des seconds couteaux dans les pages de Batman et consorts.


En cela ce nouveau projet évoque un peu le concurrent IDW, qui a déjà eu quelques idées similaires avec ses Infestations et équivalents: plutôt que de montrer différents héros s'associer contre une menace commune, leurs histoires présentent le même antagoniste envahir différents titres, adoptant un aspect et un comportant différent en fonction de chaque série afin de s'adapter aux mieux à celles-ci. Qu'il s'agisse de zombies, d'abominations lovecraftiennes ou des martiens de Mars Attacks !, l'idée demeure: offrir de multiples interprétations pour un même point de départ, en fonction des personnages.
C'est pareil ici avec six histoires qui sont totalement indépendantes les unes des autres et dont le style diffère en fonction des héros auxquelles elles sont associées. Celle avec Batman s'apparente à un film Noir, celle avec Jonah Hex donne dans le western ultra-violent, Wonder Woman joue sur les créatures mythologiques, Lobo est ce qui se rapproche le plus d'un cartoon avec cette touche de cynisme qui le caractérise et Legion of Super-Heroes est un hommage au Silver Age et à ses délires nonsensiques.
Avec une parution au rythme de deux comics par semaine, la série débute via Martian Manhunter / Marvin the Martian, probablement le titre le moins remarquable du lot mais qui s'avère parfait pour entrer dans le bain. Comme le titre l'indique, la BD fait simplement se rencontrer les deux personnages, qui ne pourraient pas être plus différents l'un de l'autre...


Car après tout l'un est un défenseur de l'humanité, membre de la Justice League ayant adopté notre monde après la destruction du sien. Grand, fort et calme, il use avant tout de ses pouvoirs psychiques pour remplir ses missions. L'autre est un être de petite taille, colérique, susceptible et souvent seul. Il désire détruire la Terre pour des raisons insignifiantes et dispose pour cela de tout un arsenal de haute technologie. L'opposition est simple à exploiter et cela fait pour un bon rapport héros / vilain que le lecteur, même occasionnel, peut facilement appréhender. Qui plus est, la nature d’extraterrestre de Marvin fait que, même revisité, celui-ci conserve beaucoup d'éléments "cartoon" de son répertoire. De quoi ne pas trop surprendre celui qui est venu pour l'aspect Looney Tunes du livre.
Ainsi retrouve-ton l'inévitable "Illudium Q-36 explosive space modulator", arme préféré du martien qui n'est portant qu'un gros bâton de dynamite, une soucoupe volante en gélule à laquelle il faut rajouter de l'eau afin de la faire apparaître (une référence aux "martiens instantanés" des dessins animés), et le personnage lâche sa célèbre réplique "Isn't that lovely ?" lorsqu'il ne tire pas sur tout ce qui bouge avec son pistolet désintégrant. Enfin, si le personnage a été redessiné afin de correspondre aux graphismes de DC, il garde son apparence originale et demeure parfaitement identifiable.
Bref pour ce qui est d'intégrer Marvin au sein d'une histoire de Martian Manhunter tout en respectant la source d'origine, les écrivains (Steve Orlando, qui a planché sur l'actuel crossover Batman / The Shadow, et Frank J. Barbiere) ont fait du bon boulot.


Tellement même, qu'il est permis de dire que Marvin ferait une très bon ennemi régulier pour le super-héros ! Un autre "dernier martien" avec qui il aurait une forte connexion, un besoin de communiquer avec ce semblable, tout en devant s'opposer à lui malgré tout. Et ce Martian Manhunter / Marvin the Martian en représenterait le parfait premier numéro puisque mettant en place toute cette dynamique au sein d'une intrigue marquant leur première rencontre. Intitulée Best Intentions, celle-ci raconte comment J'onn J'onzz découvre à travers la télévision un message caché en langue martienne, possiblement un signal de détresse. Dans l'espoir de retrouver l'un des siens, il réactive l'invention qui l'avait sauvé de la destruction de sa planète et ouvre un portail d'où émerge bientôt un extraterrestre, M'arvinn,  qui lui apparaît très dissemblable. Et en effet, s'il s'agit bien d'un martien, celui-ci provient en fait d'un univers parallèle, avec toutes les différences que cela implique.
De plus celui-ci lui explique que sa transmission de communication a été brouillée par la technologie humaine et qu'il ne s'agit pas du tout d'un appel à l'aide: c'est une offre à tous les martiens existant à travers le multivers connu qu'il a lancé, cherchant ceux qui auraient besoin d'aide pour détruire leur version de la Terre ! (et le crossover d'avoir le potentiel d'inclure Mars Attacks ! dans de futures histoires – si seulement !) Le fait est que, comme J'onn, M'arvinn est le dernier représentant de son peuple, Mars ayant presque été détruite par les Terriens irresponsables.


Ayant été le seul à percevoir la menace qu'ils représentaient, il a échoué à convaincre les siens du danger et considère l'humanité comme primitive et dangereuse. Après avoir anéanti la planète dans son univers, il en a découvert une infinité d'autres à travers le multivers et, parce qu'il pense qu'aucun martien ne devraient endurer les mêmes tourments que lui, s'est donné la mission de les protéger. C'est tout naturellement qu'il pense que J'onn l'a invité pour se débarrasser de son "problème" et il l'entraine avec lui dans sa quête de destruction. Imaginez donc la tête du super-héros qui, passé la surprise de découvrir un autre martien, doit maintenant l'empêcher de détruire son monde adoptif... Et M'arvinn de ne pas l'écouter, gambadant à droite et à gauche, insaisissable, totalement braqué sur son objectif, et donnant l'impression d'assister effectivement à une improbable course-poursuite à la Looney Tunes.
Quand l'un s'enfuit en vaisseau spatial, l'autre le poursuit en lui volant après. Quand M'arvinn balance une bombe qui fait exploser un avion, J'onn doit sauver celui-ci et faire face au mécontentement des voyageurs. Un des martiens s'attaque à une base militaire, et c'est naturellement l'autre qui prend à sa place. Et le script de nous rajouter un troisième larron sous la forme de Solovar 5000, un robot qui, avec ses quatre bras et ses défenses, apparait comme une référence aux martiens du John Carter of Mars de Edgar R. Burroughs. Une clin d’œil parmi d'autre, tout comme la présence d'une Aera 52 assurément reprise à Looney Tunes: Back in Action,  où elle renfermait déjà pas mal de créatures de SF d'une autre époque...


Bref, voilà qui est fort sympathique même si tout cela ne réinvente rien. Malgré le fort potentiel, l'absence de certains éléments se fait cruellement ressentir (pas de martiens blancs même s'ils sont évoqués, J'onn n'utilise pas ses dons de métamorphe et M'arvinn ne dispose ni de K-9 ni de ses autres créatures) et prouve que l'idée aurait mieux fonctionné sur une mini-série plutôt que sur un simple one-shot. Cependant la conclusion est bien amenée et rappelle à quel point Martian Manhunter est un personnage puissant et capable de surprendre le lecteur.
Graphiquement la BD est finalement très simple et sans grands exploits notables, à l'image de l'histoire qu'elle illustre, toutefois le plus remarquable reste la transformation de l'univers Looney Tunes en mode DC. Marvin conserve sa grosse tête noire et ronde, avec ses larges yeux, ainsi que sa tenue de centurion bien qu'elle soit plus détaillées et mise au norme anatomique. Il reste de ce fait totalement reconnaissable et l'artiste joue avant tout sur son langage corporel pour lui permettre de s'exprimer, lui faisant transmettre différentes émotions malgré son absence de visage. Passé la surprise de le voir si différent, il faut reconnaitre que ce design lui convient parfaitement, fusionnant comme il faut les deux univers.
Concluons ce tour d'horizon avec The (Next to the) Last Martian, un petit bonus qui fait office de version Bizarro de l'histoire précédente. Écrit par Jim Fanning et dessiné par John Loter (deux experts en comics basé sur... Disney !), celui-ci montre plutôt ce qui arrive lorsque c'est J'onn qui est intégré au Looniverse, adoptant un style et une attitude typique de leurs cartoons.


L'intrigue, se situant clairement dans une autre continuité que la précédente, fonctionne comme un remake inversé: ici c'est Marvin qui se trouve dans son univers, voulant comme d'habitude détruire la Terre, jusqu'à ce qu'arrive le Martian Manhunter. Débarquant de nulle part, celui-ci se présente à son alter ego qui ne peut visiblement supporter un autre martien doté de super-pouvoirs. La guerre est déclarée et J'onn œuvre ici comme un Bugs Bunny, mais en plus gentil, esquivant tous les pièges et jouant l'empêcheur de tourner en rond. Il use et abuse de ses dons de transformations (se changeant en Bugs, Daffy et Porky) tandis que son adversaire tente de se débarrasser de lui avec l'aide de son fidèle K-9, utilisant des appareils vendus par ACME et les fameux "cookie" Oreo pour lesquels le super-héros à une addiction. En gros, presque tout ce qui manquait à Best Intentions se retrouve ici.
La BD est extrêmement courte, tant parce qu'il ne s'agit que d'un supplément que pour reprendre le format des dessins animés classiques, et au final elle apparait plutôt agréable malgré qu'elle soit totalement insignifiante.
Voilà donc beaucoup de points positifs pour ce Martian Manhunter / Marvin the Martian, bien qu'il soit l'un des moins bons comics du lot. L'humour est présent, les idées sont là, tout fonctionne parfaitement, mais il manque juste un petit quelque chose pour le rendre vraiment mémorable. Car il faut le dire, s'il n'y a rien à lui reprocher, il ne propose rien d'extraordinaire non plus et c'est surtout son concept qui retient l'attention. 


C'est probablement pour cela qu'il fut, avec Legion of Super-Heroes / Bugs Bunny, le premier a paraître en boutique. DC semble avoir eu conscience de la différence de qualité entre les divers histoires produites pour ce projet, et a choisi de les sortir dans un ordre croissant de réussite, commençant par les plus médiocres pour graduellement s'améliorer jusqu'à une conclusion en beauté. Pas une mauvaise stratégie de vente si vous voulez mon avis, car nous avons ici véritablement l'impression de progresser à force de lecture plutôt que de se retrouver avec l'habituelle anthologie mitigée où il faut faire son tri, faisant pour une expérience en dents de scie.




https://i.imgur.com/dIjRCpk.jpg    https://i.imgur.com/cJ2oA5E.jpg    https://i.imgur.com/inqFuzc.jpg    https://i.imgur.com/K8sIio4.jpg

mercredi 21 juin 2017

Vidéotopsie #19, par Psychovision

Alors que je m'apprêtai à publier le premier opus d'une petite série de chroniques sur de primitifs jeux vidéos primitifs, et basés sur quelques licences bien connues de l'amateur de films Fantastiques, voilà que Psychovision remet ça en livrant son avis sur le dernier Vidéotopsie (et avec une petite erreur apparemment puisque Jérôme Pottier et Jérôme Cinestrange sont deux personnes différentes – mais bon, nul doute que cela sera corrigé un peu plus tard).

Du coup petit repartage qui me permet de gagner une publication rapide sur le blog. Hop. Achetez Vidéotopsie, suivez Psychovision, etc.


lundi 19 juin 2017

Black Lagoon Fanzine, par Psychovision

Rien d'important aujourd'hui (ça vous apprendra à ne pas commenter, bande de creepozoids) si ce n'est l'avis d'un futur fidèle lecteur, théoriquement, de Black Lagoon Fanzine à propos de notre N°1. Et c'est signé Philippe Chouvel, du site Psychovision et anciennement de Sueurs Froides. Merci sincèrement à lui pour ce retour encourageant !


jeudi 1 juin 2017

Bloody Week-end VIII


Voyons-voir... Compte-rendu du Bloody Week-end 2015 ? Check. Compte-rendu du Bloody Week-end 2017 ? Vous lisez ses premières lignes en ce moment même. Mais où Diable se cache celui du festival de 2016 ?! Des photos et messages sur Facebook prouvent que je m'y suis bien rendu mais impossible de mettre la main dessus... A vrai dire, c'est parce que je ne l'ai pas complété. Il existe, mais essentiellement sous forme de notes, de brouillons, et dans ma tête. Il faut dire qu'au-delà de quelques bons moments, ce Bloody Week-end VII fut surtout une mauvaise expérience pour moi, pour diverses raisons, et si l'article sortira peut-être un jour ou l'autre, pour l'heure il demeure introuvable.
Ce qui est dommage puisque Rodolphe Laurent, un Bisseux fort respectable (auteur du fanzine Inferno et du Bissophile), m'avait justement demandé si je ferai un compte-rendu pour cette année, ayant apparemment apprécié le précédent ! A ma décharge cependant, presque tous mes collègues avaient justement décidé de ne pas faire d'article sur le sujet, puisque "ça sert à rien" (grosso-modo), se contentant de petits messages de remerciements et d'appréciations à l'intentions des amis. Autant dire que je ne devrais théoriquement pas me sentir trop coupable de ne pas avoir fait mon taf, mais...

Quoiqu'il en soit, c'est sur ce modèle que j'ai décidé de parler du Bloody Week-end VIII. Rien d'énorme ou de complet, juste un vague résumé pour souvenirs et dans l'idée de saluer les copains.


Alors en guise d'intro, passons vite fait sur l'avant festival, puisque j'en reste à mon organisation de venir un jour avant tout le monde par sécurité, vu que je fais le trajet seul et que considérant le budget nécessaire à la totalité du séjour, je m'en voudrai de gâcher la première journée par un retard sur les routes ou par fatigue. Et évidemment cela me parait toujours être une mauvaise idée lorsque je débarque à Audincourt puisqu'il n'y a rien à y faire – particulièrement cette année avec le week-end prolongé, le jour férié, le pont et les départs en vacances... J'ai laissé un petit message sur mon profil Facebook qui résume bien la situation.
Autrement, je m'installe mais ne prévoit rien: des achats, oui, mais sans plus. Cette fois-ci je viens surtout pour retrouver tout le monde, plonger le nez dans certains fanzines et surmonter ma mauvaise impression de l'an passé. Au-delà de ça, nada.


VENDREDI 26 MAI

Tout commence, comme il se doit, au McDonald's du coin. Je m'y rends pour déjeuner et y croise Thierry Auge, de La Séance à Roggy, celui-ci ayant eu la même idée pas exactement pour manger mais pour m'y retrouver ! Suis-je si prévisible ? Partant ensuite pour le Bloody Week-end, nous tomberons tout aussi directement sur les amis Belges, en pleine file d'attente pour les billets: ce sont Laurent, du Fanzinophile, Augustin, de la Toxic Crypt, et les amis Nicolas et Sandy. Quelques mètres plus loin se trouve Jérôme (Curious Goods) que nous rejoignons pour découvrir le stand Vidéotopsie / Black Lagoon, où poireaute justement David Didelot. En quelques minutes tout le monde se retrouve, se salue, s'embrasse et s'enlace, et... bref. C'est un peu LE moment du séjour.
J'en profite pour finalement découvrir Black Lagoon Fanzine #1, une belle bête bien faite malgré quelques "problèmes" que regrettent ses créateurs mais qui sont bien minimes. Récupération également du Vidéotopsie #19 que j'avais oublié de précommander quelques temps plus tôt. Pas grave, c'est raccord: ma chronique qui y figure (Riki-Oh 2, le film) n'a pas été écrite pour celui-ci mais pour le numéro précédent, se retrouvant décalé suite à du retard sur la deadline. Ça continue ensuite avec l'arrivée de Peter Hooper et la réception de son Inglorious Critik #0, fanzine-hommage qui possède quelques gadgets comme un mini-comic de Julien Lauber (l'illustration à la toute fin du livre Gore de David Didelot, c'est de lui). J'aime particulièrement la check-list de clowns tueurs, que je peux presque entièrement cocher.


Question achat c'était plutôt du repérage pour commencer, avec les retrouvailles des différents stands habituellement présents. Celui de Richard Duquet, qui d'emblée balance une collection complète de Category 3 dont je me suis aussitôt emparé. Uncut Movies, où j'ai pillé anciennetés comme nouveautés, et la table de Damien et Delphine Debiemme, qui propose toujours des choses intéressantes. Passage obligés chez Artus, le Chat qui Fume, Ecstasy of Films mais aussi chez Crocofilm, dont le bipack Super Riders / Impact 5 était très attendu.
La journée se passe très rapidement, entre les salutations, l'exploration, les découvertes, les fouilles, les pauses boissons, etc. Citons notamment la rencontre avec Chris Labarre, du Steadyblog, du Steadyzine, et dont c'était la première fois au Bloody Week-end. Tout cela se conclura à la Pataterie d'Audincourt, déjà visitée auparavant lors du festival de 2015. Une très bonne soirée à parler de tout et surtout de n'importe quoi (Johnny Dick !), à argumenter autour de Human Centipede 3 et à croire à un attentat terroriste lorsqu'un malheureux ballon de baudruche explose inopinément. Par deux fois.
Quelques heures plus tard c'est retour à la cour extérieure du festival autour d'un dernier verre pour raconter des conneries – moi tout spécialement, parce que j'avais bu au moins 25cl de cidre.

Certains diront plus tard avoir vu un improbable OVNI dans le ciel, le prenant même en photo: une sorte boule lumineuse non identifiée. Pour rappel, les frères Bogdanoff sont attendus pour une conférence le lendemain. Coïncidence ? La vérité est ailleurs, mais en tout cas pas dans ma bouteille de cidre...


SAMEDI 27 MAI
 
Le samedi, c'est forcément la journée la plus longue, la plus complète et la plus chargée. Surtout à cause de la chaleur infernale, exacerbée par la foule humaine qui se masse en attendant l'arrivée des Bogdanoff, un peu en retard – on aurait pu faire cuir un œuf sur la table de chaque stand, que ça aurait donné une super omelette. Ça n'empêche pas l'équipe du Boulevard du Cinéma de se mettre au boulot, avec un sympathique passage dédié à la naissance (koff koff "promo" koff) de Black Lagoon. Et pour ma plus grande surprise, je suis aussi passé devant la caméra: pas préparé, pas à mon avantage, je me suis retrouvé à déblatérer des conneries pendant deux minutes, regardant mon interlocuteur plutôt que l'objectif braqué devant moi. Ça risque d'être coupé au montage, mais si non, ça sera aussi collector que mon moonwalk dans The Bloody Experiment 2015.
Les achats commencent enfin pour de bon, et malgré que le film en tête de ma liste (Zeder) ait finalement été mis entre parenthèse vu son prix assez élevé. Ma plus belle prise est sans doute la découverte de Sleepaway Camp 2 et 3 chez Oh my Gore ! ; des éditions garnies de bonus pour une collection dont j'ignorais l'existence. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai hâte de mettre en route la version karaoké de The Happy Camper Song et d'imiter Pamela Springsteen. Un autre titre qui a mérité mon attention est l'intriguant Le Scaphandrier, slasher québecois faussement rétro qui semble aussi contenir des zombies. Enfin, Thierry m'interpelle avec un film qui a l'air tout à fait dans mes cordes, White God, dont il s'empare hélas de l'unique copie.


Petite déconvenue avec les autographes cette année, pour la plupart payants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas réalisé la petite blague que je voulais faire à Vernon Wells: lui apporter un mini-comics basé sur Commando, et réalisé dans le cadre d'une éphémère ligne de jouets pour enfants ! Parce que les gamins seraient trop sensible à la violence, les créateurs ont décidés de leur fournir une version édulcorée du film de Mark Lester où... Personne ne meurs ! Vous vous souvenez de la scène où John Matrix tient un ennemi par le pied au-dessus du vide, lui rappelant qu'il devait le tuer "en dernier" avant de le lâcher ? Ici il le laisse simplement rentrer chez lui !
L'idée était de lui faire signer sa réplique "I'm going to shoot you between the balls" tout en observant sa réaction devant l'objet. Mais j'ai trouvé que devoir payer pour la blague cassait un peu la chose, surtout en raison de l'enchainement quasi industriel des signatures. Tant pis. Du reste la soirée fut paisible, en mode pizza / burger sur la pelouse tandis qu'un type en kilt hurlait d'une voix cassée les paroles de Bang Bang (My Baby Shot Me Down), mais en français. Sérieusement.


DIMANCHE 28 MAI

Jamais le meilleur moment puisque mes collègues ont tendance à se barrer un peu avant la fin du festival. Résultat on est surtout dans l'attente du départ plutôt que dans l'esprit de profiter d'une journée qui se termine tôt. J'ai quand même pu discuter avec les amis de Hors-Circuits, préparant une futur commande pour l'intégral du magasine Delirium, continuer à vagabonder de stands en stands, récupérant différents DVDs (dont le Giallo Mais... Qu'avez-vous Fait à Solange ?, et oui), et j'ai pu voir Linnea Quigley siroter une bière dans son coin avant de jeter la bouteille à la poubelle... c'est une anecdote, quoi. Dans le même genre je peux aussi me vanter de l'idée de la jolie photo pour David Didelot, après qu'il ait récupéré une maquette cartonnée du 112 Ocean Avenue, Amityville (Long Island), en la posant à côté de son Vidéotopsie #18 spécial Amityville. Les couleurs vont bien ensemble.
Mais vraiment, peu de chose à dire. Les différents groupes se séparent, on s'entre-aide pour le rangement des affaires et vers 16 ou 17h il ne reste plus que Thierry et moi. Je terminerai ma course au McDonald's, comme pour bien boucler la boucle, investissant ce qui me reste de deniers dans un McFlurry bien frais: vu la tronche de mon crâne rouge (qui m'a donc valu le gentil surnom de Red Skull par mes camarades, mais j'y gagne: j'ai toujours cru que j'étais Mole Man), c'était sans doute ma décision la plus intelligente de tout le weekend.


Seul à Audincourt pour la seconde fois, j'ai eu le temps de lire le dos de chaque DVD récupéré – un peu plus d'une cinquantaine au total – et de commencer à feuilleter mes différents 'zines. J'en dirai le plus grand bien, mais quitte à le faire autant que ça soit dans un autre article. Cependant n'hésitez pas à les acheter.
Au final l'expérience fut incomparable avec la déception de l'an dernier, au contraire plus proche de la folie du Bloody Week-end de 2015. La seule chose que je voulais faire une fois dans ma chambre d'hôtel, c'était de commencer à écrire pour le prochain Black Lagoon et de trouver quelque chose de bon pour l'ultime Vidéotopsie. Toutefois la chaleur et les ampoules aux pieds ont un peu freinées mes ambitions, alors à la place j'ai choisi de regarder Denzel Washington se rendre pour un Jason Statham Black dans Equalizer. Un quasi slasher dans sa dernière partie, donc ce n'était pas tellement hors sujet. La résidence étant pratiquement déserte à ce moment là, personne ne m'a entendu fredonner le thème de la série originale, et c'est tant mieux.

Quoi d'autre à dire si ce n'est que je reviendrai assurément l'an prochaine ?


Et pour les habituels remerciements, citons pêle-mêle l'équipe officielle de Black Lagoon avec Jérôme Ballay, Thierry Auge et Rigs Mordo-Didelot, "fils de". Grand gourou et futur retraité, David Didelot, qui fut bien plus disponible sans ses dédicaces. La "bande des Belges", avec Laurent, Nicolas et Sandy, qui sont littéralement mon point de repère chaque année. Chris Labarre, qui débarqua pour la première fois et m'offrit un exemplaire de son Steadyzine. Pascal Gillon, que je n'ai croisé que sporadiquement mais qui témoigne toujours d'une grande gentillesse. Peter Hooper, dont je me demande s'il a finalement gagné à la tombola. Romuald et Patrice d'Uncut Movies, qui me font définitivement regretter Orléans. Patrice Lamare et sa compagne, avec qui il est impératif de parler bouquin vu leur passion communicante. Luis Alcaide, du Boulevard du Cinéma, pour sa gentillesse.
Et puis tout ceux dont le nom m'échappe ou que je ne connais encore que trop peu pour les citer avec franchise, mais qui se souviendrons peut-être avoir eu quelques interactions avec moi.
Et surtout Gus, le gentil toutou de l'hôtel des Tilleuls, parce qu'il est vraiment cool.

Espérons que l'on retrouvera tout ce petit monde la prochaine fois !

       

    



Photos par David Didelot, Jérôme Ballay, Thierry Auge, Laurent Faiella et Grégory Wallerich