samedi 29 septembre 2007

[Ciné] La Vengeance dans la Peau


La Vengeance dans la Peau
The Bourne Ultimatum (2007)
Cap Cinéma, Blois (41)


Premutos – Tribal Dragon


Représentation du tatouage de Premutos du Chaos, en fait une tête de dragon en Tribal inspirée d'un artwork de Warhammer. Réalisé au bête crayon rouge par Lady A., un après-midi. C'est également elle qui a prit les photos, jouant avec les voilages et l'éclairage de notre chambre pour donner une certaine ambiance.

http://i.imgur.com/h3Oku6X.jpg   http://i.imgur.com/lv3Euvq.jpg

mardi 25 septembre 2007

Fallen Angels, un cast de malade !


Fallen Angels, une toute petite production de rien du tout, ne révolutionnera ni le cinéma, ni le Fantastique. Bien au contraire, tout laisse présager un petit Z fauché et sans aucune originalité, la bande-annonce présentant de plus une image DV pas très attrayante et des décors très limités.

L'histoire raconte la découverte d'un charnier sur une ancienne prison en voie de démolition. Trouvés dans une section souterraine que personne n'a visité depuis une centaine d'années, les squelettes sont tous ceux d'enfants. Une équipe du CSI (Les Experts !) arrive sur place pour enquêter, mais se retrouve subitement confronté à sept démons (ou anges déchus ?), un pour chaque péché capital. L'occasion de montrer quelques morts plus ou moins brutale et une pointe d'érotisme donc.

Fallen Angels semble pour l'instant n'être qu'un énième gros B ou Z du marché vidéo, boursouflé de défauts en tout genre et surtout de nullité affligeante. Mais là où la chose devient bigrement intéressante, c'est grâce à son casting de malade. Une véritable réunion de vieilles tronches a été mise en place et on n'avait pas vu ça depuis les films de Kurtzman (Wishmaster).

On note ainsi la présence Kevin McCarthy, grande icône ayant souvent trainé chez Joe Dante (Piranha, Hurlements) et aussi dans l'adaptation ciné de La Quatrième Dimension. On a pu le voir dans le Invasion of the Body Snatcher original ainsi que dans l'un des plus grand B de tous les temps, j'ai nommé Ghoulies III, où il interprétait un personnage du nom de Quentin Ragnar qui restera dans les mémoires ("
– Les Ghoulies n'ont pas d'zizi !", "... Ragnar n'a pas d'zizi !", bref on se comprend).


A ses côtés, des figures moins "prestigieuse" mais tout autant légendaire: Kane Hodder, inoubliable interprète de Jason Voorhees durant quatre épisodes, Reggie Bannister, l'un des héros de la saga Phantasm, également présent dans Bubba Ho-Tep et The Mangler Reborn, mais aussi Bill Moseley, qui fut le frère de Leatherface dans l'excellent Massacre à la Tronçonneuse 2 (celui de Tobe Hopper, pas la préquelle du remake !) et surtout le terrifiant Otis du diptyque House of 1.000 Corpses et The Devil's Reject de Rob Zombie.

Et dans la famille "je reviens de chez Wes Craven" c'est également le retour de notre adorable tête d’œuf de Michael Berryman, de l'originale Colline à des Yeux, dernièrement présent dans The Devil's Reject, et le désormais oublié David Hess, surtout connu pour avoir été le grand psychopathe de La Dernière Maison sur la Gauche.

Bref, que du bon en perspective. On espère que les rôles et les dialogues seront à la hauteur !

(lien mort)



dimanche 23 septembre 2007

Le prochain Isaac, ou le retour de Razorback


Alors que son Skinwalkers n'est pas encore sorti chez nous, le sympathique James / Jim Isaac (House III et Jason X) s'attaque à un film annoncé bien gore et old-school: Pig Hunt.

C'est bien de sanglier qu'il sera question ici, et impossible de ne pas penser au visuellement superbe Razorback. Dans la campagne profonde américaine où la chasse à ces bestiaux est un véritable sport, on y raconte la légende de "The Ripper" (l'éventreur), un animal gigantesque et meurtrier qui vivrait dans le coin...

Isaac déclare que son film ne sera pas vraiment un monster-movie et que le sanglier monstrueux ne sera qu'un élément de l'histoire. Ainsi Pig Hunt se rapprocherait plus de films comme Délivrance, avec une certaine analyse de l'Homme, citadin ET campagnard, dans la nature sauvage. La plupart des personnages nous seront présentés comme des rednecks se réjouissant à l'idée de massacrer des animaux (et peut-être des hommes... ?), la tension montant de plus en plus au fur et à mesure que l'expédition avance.

Aux vues de House III et Jason X, il est permis d'espérer le meilleur de Pig Hunt. Cela dit on aimerait bien voir Skinwalkers également...

(lien mort)


samedi 15 septembre 2007

[FRAGMENTS] Gypsy Witch – Golgotha

GOLGOTHA


    L'endroit n'était qu'une plaine désertique, un lieu vaste, infini, dépourvu de toute forme de vie et brûlé par un soleil éternel. Le temps n'avait aucune emprise ici, la nuit n'existait pas. Tout comme l'Enfer avait été conçu par Dieu pour y punir Caïn, ce néant avait été façonné pour y enfermer une personnalité bien précise.
    La scène prenait place au centre de cette immensité de sable, en une grossière reproduction du Golgotha. Plantée sur l'unique dune existante se dressait, colossale, la gigantesque croix de bois. Imposante, elle s'exposait à la dure chaleur du désert en véritable engin de mort. Y gisait une forme nue et meurtrie, suppliciée par le faux dieu créateur de ce spectacle. Sa muse du sadisme et de la souffrance.
    La femme était crucifiée, les membres cloués contre le bois massif. Les yeux clos, la tête rejetée en arrière, elle endurait le tourment avec toute la force mystique encore présente en elle. Autrefois puissante sorcière, elle n'était maintenant qu'un jouet aux mains d'un esprit malade, qui se délectait de son agonie.
    Des vagues de douleurs parcouraient régulièrement son corps mais elle se refusait encore à crier, car celui qui l'observait n'attendait que cela. Ses lèvres entrouvertes laissaient tout juste échapper quelques gémissements, mais tôt ou tard elle ne pourrait plus tenir...

    Il a pour nom Iscariote. Un nom lourd de signification dont il n'était pas sans ignorer l'histoire. Après avoir fuit son monde devant l'obscurantisme de celui-ci, il était devenu scientifique, horloger et alchimiste, et il était venu ici pour admirer son "œuvre".

(...)

Récit incomplet, jamais poursuivit au-delà de cette introduction. Toutefois quelques explications et commentaires de texte sont lisibles sur l'article suivant: "Notes de Texte – Golgotha".

lundi 10 septembre 2007

Preview: The Ferryman


Sur cette bien belle affiche, qui repompe quand même un peu celle du remake de The Fog, on retrouve un nom connu: John Rhys-Davies, celui qui est désormais le nain le plus célèbre du monde (et accessoirement un Professeur Arthuro que beaucoup semblent avoir oublié). On le retrouve dans cette petite série B qui tente un peu de profiter du succès des Pirates des Caraïbes...

L'habituel bande de jeunes part cette fois en croisère et se retrouve deux psychopathes surnaturels, "Le Grec" (Rhys-Davies) et "The Ferryman", et chacun compte bien exterminer tout le monde. Bon autant le dire tout de suite, ça risque d'être foutrement plus trash que les productions Disney ! L'inconvénient c'est aussi que ça risque d'être très banal...


Bandes-annonces et autre dans le petit site du film... (lien mort)

Allez ! On pari que Gimli sera bien plus convaincant en gros tueur teigneux qu'en taupe barbue des Terres du Milieu ?


Les Horreurs du Rap


Je n'aime pas le rap, le R'N'B ni le hip-hop. Je n'aime pas ces clips où les chanteurs ressemblent à des maques et les danseuses à leur prostituées. Je n'aime pas spécialement Snoop Dogg, dont la vidéo X semblent n'être que l'aboutissement de ces dernières années de clips dans ces genres musicaux.

Pourtant j'avoue apprécier la culture du sieur Dogg, dont le goût prononcé pour le Fantastique est indéniable. Après une participation plutôt réussie dans le calamiteux Bones (un très mauvais Dickerson surtout en comparaison de son excellent Le Cavalier du Diable), où sa romance avec la reine de la Blaxploitation Pam Grier relevait la sauce, le chanteur livre donc une nouvelle production nommé Snoop Dogg's Hood of Horror.


Film à sketches à l'ancienne (aaah, Creepshow...), pendant rap du métalleux Cradle of Fear avec Danny Filth, Hood of Horror sera composé de trois histoires, Snoop Dogg y jouant le rôle du conteur nous les présentant. Si le budget semble maigre et que l'image DV donne une impression très amateur (comme c'était déjà le cas avec Cradle of Fear et de nombreuses série B ainsi filmées vous allez me dire), il n'est pas interdit d'en attendre quelque chose.


On remarque que l’œuvre semble tout de même un minimum soignée, avec des passages animés (comme Creepshow 2, oui oui !), un thème musical réussi (la preuve, moi qui suis totalement réfracteur au rap/hip-hop/R'N'B, je l'aime bien !), et surtout un casting super sympathique, où l'on retrouve Billy Dee Williams (Lando Calrissian les gars !), Ernie Hudson (le Winston de Ghostbusters, mais n'oublions pas The Crow) et aussi Danny Trejo, barman-vampire et lanceur de couteau chez Robert Rodriguez.


Ne connaissant pas du tout la popularité de Snoop Dogg par chez nous je ne me prononcerais pas quant à une éventuelle sortie de par chez nous, mais les USA viennent d'avoir leur DVD, édité par... Lions Gate !

Je doute que très peu tenteront la chose mais pour les rares qui voudrait y jeter un œil (et tester ses oreilles sur la zic du film) voici un petit lien vers le site officiel. (lien mort)


dimanche 9 septembre 2007

Black Roses, enfin le DVD !

Black Roses, petite série B des années 80 perdue parmi des milliers de ses semblables. Et pourtant quelle musique ! Comment ne pas se souvenir de cette superbe intro au son du "Me Against the World" du psychélédique Lizzie Borden ? Tout une époque révolue où le Heavy Metal, musique rebelle et cool par excellence, était l'hymne nationale du Fantastique et de l'Horreur.

Bref je m'emporte, nostalgique et metalleux que je suis. Toujours est-il que Black Roses va désormais avoir droit à son édition DVD, prévue le 25 de ce mois aux États-Unis, avec commentaire audio du réalisateur, de la scénariste et d'une des actrices (très probablement Julie Adams, désormais connue par les séries Lost et Cold Case, mais surtout une égérie du Fantastique depuis le classique La Créature du Lac Noir
– a noter par ailleurs que celle-ci n'a qu'un rôle relativement mineur dans le film, mais ça fait vendre).

On espère une édition française peu de temps auparavant, ce qui est très possible vu le nombre de petits produits sortant dans les bacs sans faire de vagues et apparaissant lorsque l'on ne s'y attend pas. Une occasion de réécouter quelques morceaux fun et de hurler...



Hail ! Soldiers of the Night !

mardi 4 septembre 2007

Gypsy Witch – Une Blessure de Mort-Vivant

UNE BLESSURE DE MORTS-VIVANT



     La mission terminée, toutes obligations remplies, la jeune vampire rentra chez elle. L'Ordo Dracul l'avait énormément récompensé pour sa peine et tous derniers sentiments de colère ou lassitude avaient fini par disparaître au profit d'une certaine joie. Dépourvue de ses dernières forces, elle n'aspirait qu'à prendre un peu de bon temps, s'allonger et se laisser envahir par le néant du sommeil.
     Passée la dernière surprise, l'incrustation au sein de son domicile par un surfeur-vampire pour le moins farfelu, Alice n'avait plus une once de volonté. Une fois le canapé-lit installé pour son étrange pensionnaire, c'est tel un zombie qu'elle se dirigea vers la salle de bain, traînant les pieds. Refermant à clé derrière elle – être vampire aide à développer la méfiance – la jeune non-morte rechigna à se regarder dans le miroir. Lentement, comme pour retarder cet inévitable instant, elle se déshabilla.
     Son cuir long avait été le vêtement le moins endommagé, ayant glissé le long de ses bras au début de l'agression, mais il gardait lui aussi quelques séquelles de la lutte. Tout le côté droit, du col jusqu'à l'épaule, était laminé, effiloché. Peut-être qu'une tannerie pourrait encore sauver les apparences ? Peu convaincue, Alice gratta quelques tâches de sang sur la matière avant d'abandonner. Elle verrait ça plus tard même s'il ne fallait sûrement pas se faire d'illusion. Dommage.  
     Le plus difficile maintenant était de ne pas jeter un œil sur les plaies, mais la vision de son torse inondé de sang lui donnait déjà le vertige. Son haut, un top de danse orientale de couleur noir et sans fioritures, était en lambeau. Il ne tenait plus que par une bretelle, l'autre ayant sûrement été arrachée et dévorée en même temps que sa chair, et était complètement irrécupérable. Imbibé de sang, on aurait sûrement pu en récupérer un bon litre rien qu'en l'essorant à mains nues. Ôtant le tissu sans ménagement, Alice le jeta dans la corbeille à linges. Elle l'aimait bien ce haut, heureusement qu'il lui en restait un semblable…
     Terriblement douloureuse, la non-morte grimaça en effectuant les mouvements d'épaules nécessaires pour se déshabiller. Torse nue, elle jeta un vague regard sur sa jupe également aspergée de sang, mais renonça à se changer. Devant le miroir, elle ferma les yeux un bref instant, comme pour se préparer mentalement au spectacle, puis s'examina.
     Le terme "blessure" était peut-être un peu trop léger et Alice dû s'agripper aux rebords de l'évier pour ne pas défaillir. Pâlissant malgré une récente ingestion de sang, la vampire commença à comprendre la notion de "blessures aggravées" dont on lui avait vaguement parlé: elle avait été littéralement mâchée du cou à l'épaule. D'énormes morceaux de chair avaient été arrachés, mangés. La plupart des muscles, apparents, étaient déchiquetés et déchirés, et de multiples os saillaient de la blessure, brisés ou broyés, comme d'innombrables épines d'ivoires jaillissant hors de son corps.
     Sa trachée été visible et elle comprit alors l'origine de ce petit chuintement qu'elle entendait depuis tout à l'heure. Mal à l'aise, elle tenta de la boucher avec ses doigts mais se rendit compte de l'inutilité de ce geste. Tout cela, tout ce corps… Tout simplement un amas de chair morte, un véhicule physique pour son esprit damné. L'enveloppe corporelle ne représente plus rien pour un vampire. Pouvait-elle même se considérer encore comme une femme désormais ?

     Maintenant complètement nue, Alice se sentait révulsée par son propre reflet. Finalement cette fameuse légende du vampire ne supportant pas sa propre image dans un miroir commençait à prendre un certain sens à ses yeux…
     Le tissu de sa jupe n'était pas imperméable et ses jambes étaient maculées d'un liquide écarlate. Peut-être son sang, peut-être pas… Elle hésita à prendre une douche. Les chairs à vif ne risqueraient-elles pas de la faire encore plus souffrir ? Déjà qu'elle se retenait de ne pas hurler au moindre mouvement… Au moins elle ne risquait pas d'infection, c'était déjà ça…
     Se laver au gant lui parut la solution la plus pratique. Elle ne compta pas le temps nécessaire au nettoyage des bords de la plaie, surtout dans le dos, mais elle fini par en voir le bout. L'évier était plein de morceaux de peaux arrachés, de muscles hachés, et d'échardes d'os. Son estomac délicat menaçait de régurgiter tout le sang qu'elle avait pu récupérer mais elle ne pouvait pas se le permettre. Bientôt, il ne lui resta plus que son beau visage et ses traces de larmes de sang, pleurées sous la douleur. Une nouvelle goutte apparu au coin de l'œil, suivant le trait déjà dessiné sur sa joue. Elle l'essuya d'une main, surprise et troublée… Pourquoi pleurer ? Elle s'en était bien tirée après tout, non ? C'était même un miracle… Un "acte héroïque", comme certain l'on qualifié… Cela lui avait même permis de commencer à prendre ses marques dans sa ligue… Pourtant…
     Pourtant elle n'aurait pas dû survivre. En regardant son corps à moitié mâchouillé, Alice comprit que même pour une vampire, elle avait eu beaucoup de chance. Et elle réalisa que c'était sa première blessure depuis qu'elle était une non-morte. Une blessure de mort-vivant. Et il y en aurait encore beaucoup d'autres…
     D'autres larmes de sang coulèrent et Alice se prit la tête dans les mains. Il fallait qu'elle fasse le vide en elle, qu'elle se calme. Qu'elle comprenne que l'aspect physique ne voulait plus rien dire maintenant. Comme les Nosferatus. Un physique monstrueux mais l'esprit, lui, reste intact. Et elle n'était pas un monstre. Pas comme cette femme, cette "Aswang", avec sa peau ridée et ses huit crocs, qui s'était jetée sur elle… Pourtant la peur demeurait. La peur qu'au contraire, être vampire destine à être un monstre corps et âme. Que cette blessure n'est qu'un premier palier avant une lente transformation.… Que connaissait-elle vraiment des vampires après tout, à part qu'elle leur devait respect et protection de son vivant ?
     L'Ordo Dracul, ligue à laquelle elle s'était quelque part vouée depuis sa naissance, de par l'histoire de son clan, cherchait la transcendance. Et si celle-ci n'était qu'un moyen de s'élever au-delà de la condition monstrueuse du vampire ? Préserver l'être mystique et surnaturel de toute corruption... ?
     D'un doigt, Alice parcouru doucement sa blessure, tressaillant comme une enfant malade. L'honneur lui avait été fait d'apprendre les Anneaux du Dragon. Vu l'état de sa plaie, l'Anneau de Sang avait sûrement été un bon choix. Le seul qu'elle avait peut-être eu à faire depuis sa vampirisation. Le seul…
  
     La réplique buveuse de sang de Brice de Nice regardait un Chuck Norris, absolument fasciné par le spectacle. Se rendre dans la chambre sans vêtement n'avait donc pas été une difficulté. Là, elle avait pu fouiller un placard, se dénicher une nouvelle jupe, un bustier de velours noir, sans bretelles pour ne pas éprouver les plaies… S'asseyant sur le lit, Alice fixa son portable avec hésitation. Son malaise ne se dissiperait sûrement pas avant sa guérison totale, autant dire dans très longtemps… Peut-être avait-elle besoin de quelques conseils ? D'une oreille prête à l'écouter ?
     Sa main attrapa d'elle-même le téléphone, le pouce glissant tout seul sur les touches. Plus qu'une pression bientôt. Le nom affiché sur l'écran l'hypnotisait.


"Grand-mère"

     La voix de la vieille femme lui revint en tête. « Tu n'as pas fait de bêtises j'espère ? ». Non grand-mère… Je n'ai pas fait de bêtise…

     La non-morte ferma les yeux, puis le portable.

     Il y avait un vampire étranger dans son repère, il fallait le surveiller. Elle ne pouvait pas se permettre d'agir avec émotion, ni se laisser aller à la fatigue. Il fallait être froid, être fort. Être vampire…
  
     Et elle le serait…


lundi 3 septembre 2007

[FRAGMENTS] Gypsy Witch – Frénésie

FRÉNÉSIE


    Idiote. T'es qu'une idiote ma belle. Sinon tu serais pas là, prisonnière des bras de cette chose monstrueuse qui fut autrefois une femme. Sinon tu serais pas là, à essayer d'esquiver cette mâchoire béante garnie de crocs. Sinon tu serais pas là, à souffrir et à retenir de jaillir la bête qui est en toi…
    Une seconde plus tôt, je me revois encore dans le coin sombre de l'entrepôt, à surveiller les alentours. Ah ça, je pouvais me sentir fière à me la jouer "Madame sérieuse dans le boulot"et à m'inquiéter de ces bruits de pas, alors que cela ne semblait pas choquer les autres plus que ça ! Mais au final c'est moi la bonne poire ! Très franchement j'aimerais même bien revoir ma tête lorsque cette chose est sortie de l'ombre derrière moi, lorsque sa main toute ridée et griffue s'est plaquée sur ma bouche. Et cette autre main ridée se posant sur mon ventre pour m'attirer à elle dans le noir…
    Et me voilà isolée de tous, une chaussure en moins, face à cette gueule béante qui claque juste sous mon nez. Huit crocs, j'ai tout le loisir de les compter. Elle me soulève comme un rien, me plaquant durement contre une grosse caisse de l'entrepôt, et je n'ai aucun doute quant à ses intentions. Pendant les dix minutes qui suivront, nous jouerons ensemble, moi essayant de la repousser, elle de mordre. Jusqu'à l'inévitable.
    Oh bien sûr je pourrai modifier les faits, ou tout simplement les souligner, comme le fait qu'elle et moi avions sensiblement la même force, ce qui rendait la lutte plutôt ridicule tant ni l'une ni l'autre ne parvenait réellement à avoir le dessus. Mais je ne le ferais pas. Ce n'est pas le point. Le fait est que ce n'est tout simplement pas le sujet de ce récit. Je ne suis pas une guerrière, ni une combattante, mais il s'est pourtant bien passé quelque chose cette nuit là. Le réveil d'une fureur enfouie, d'une nature vampirique m'étant encore inconnue.
    La Aswang avait plongé ses dents dans mon cou, et cela n'avait rien de comparable avec le baiser du vampire, bien plus… Subtile. La pression de ses mâchoires se comptait en dizaine de kilos et l'image d'un requin s'imposa à moi. Ma peau fine n'offrit aucune protection à mes muscles, qui se déchirèrent comme du papier devant l'avidité de la créature. La douleur me fit presque perdre conscience, et c'est à ce moment que le phénomène commença…
    C'est ma faute peut-être, je dois avouer que je n'étais moi-même guère rassasiée à ce moment et la blessure me fit perdre une quantité affolante de sang. Alors, tout au fond de mon être, tout au fond des ténèbres de ma damnation, jaillit un cri intérieur. Un appel.

Le Sang appel le Sang.

    Fascinée malgré la douleur, il fallu réunir plusieurs condition externe pour parvenir à m'en détourner. Et paradoxalement à me faire céder. Tout d'abord un coup de feu, une détonation de pistolet très proche de moi, me faisant sursauter et m'arrachant à la douce transe qui s'était emparée de moi. Puis une nouvelle morsure, plus puissante encore.
    Rapport d'analyse de situation: un de mes équipiers parvient à comprendre ce qui m'arrive et attaque mon agresseur. En résulte une blessure probablement très douloureuse qui, plutôt que de lui faire lâcher prise, lui fait serrer les dents. Dents actuellement plantée dans mon corps. Résultats observés: grosse perte de tissu et hémorragie externe abondante. Sans parler d'un putain de mal de chien ! Cette saloperie m'avait fait perdre un sacré morceau de chair et de muscle, et ses crocs me sectionnèrent tendons et ligaments. Mon hurlement me sembla sortir de chaque pore de ma peau tandis qu'un voile noir recouvrit ma vue. Perte de connaissance ? Pas vraiment. Cette dernière blessure me vida totalement de mon sang et opéra un changement en moi.

Je répondis à l'Appel.

    Jamais de ma vie – ni de ma non-mort – je n'ai été si affamée. Je comprends mieux la Aswang maintenant, peut-être aurais-je dû me montrer plus clémente. Mais allez freiner une pulsion bestiale ! Rien à faire: j'ouvre la bouche et pousse un cri primal, ampli des ténèbres antiques de mes ancêtres vampires, tout ceux de ma lignée qui m'ont précédés. Ma force s'en retrouve décuplée et je trouve une faille dans l'étreinte de mon agresseur. Si elle ne me relâche pas, elle perd au moins l'avantage en

(...)

Texte inachevé, sur le moment mis en attente pour favoriser un autre, écrit exactement au même moment: Une Blessure de Morts-Vivant. Bizarrement, après l'avoir fini, je ne suis jamais revenu sur celui-ci...