dimanche 31 juillet 2011

Sortie Steampunk – Montparnasse 1900


Sortie organisée par l'équipe de Steampunk.fr
Le 31 Juillet 2011
Restaurant Montparnasse 1900 et Marché du Livre Ancien et d'Occasion,
(Parc Georges Brassens), Paris

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Photos par Andrew Redstone, Deangelisiole (Athena) et quelques autres que je n'ai pas pu retrouver...

mardi 26 juillet 2011

Night of the Living Dead: Prelude (1991)


La compagnie de comics FantaCo Enterprises est notoirement reconnue dans le genre horrifique pour sa série anthologique Gore Shriek dont l'éditeur était Stephen R. Bissette, comparse de Alan Moore sur Swamp Thing. Alors que Tom Savini réalise le remake de La Nuit des Morts-Vivants (dont le but avoué était de réattribuer les droits de l'œuvre à George A. Romero), FantaCo lance une adaptation de ce grand classique. Bissette ne participe pas, quittant la firme suite à une dispute sur le sujet. C'est Thomas Skulan, fondateur de la compagnie, qui occupe le poste de scénariste tandis que l'illustrateur Carlos Kastro offre au titre des graphismes sombres et torturés.


En plus de reprendre l'histoire du film, le duo invente de toute pièce un avant et un après qu'ils vont publier dans deux one-shots, respectivement titrés Prelude et Aftermath. Le premier nous montre quelques scènes évoquées en paroles par des protagonistes du long métrage tandis que le second forme un conclusion générale de l'intrigue, pour mieux rebondir vers une nouvelle histoire (Night of the Living Dead: London, écrit par Clive Barker !). Une dérivation qui ressemble beaucoup au travail de John Russo, coscénariste du film original qui a depuis tenté de capitaliser en imaginant ses propres suites. Et si ce dernier n'est pas officiellement impliqué dans le projet, on peut retrouver son nom à la section remerciement de l'adaptation ("for taking care of the detail work").


Night of the Living Dead papier prenant la forme d'une mini-série en 4 parties, ce prélude fait office de #0 et n'a par conséquent pas grand chose a offrir. Reprendre les backstories des différents évènements et personnages pour les présenter en prologue étaient une bonne idée, hélas Tom Skulan élude les plus intéressantes d'entre-elles ! L'histoire de Ben, avec son arrêt au restaurant et l'impressionnant crash de camion, passe complètement à la trappe, de même que la mise en place de la milice anti-zombies conduite par le shérif McClelland suite à l'invasion du comté. Même la communauté scientifique est vite évincée de l'histoire passé les premières pages.


Celles-ci nous montre le retour de la sonde spatiale après sa mission sur Vénus. La NASA préfère détruire l'appareil en raison d'un fort taux de radiation qui en émane, mais l'hésitation d'un technicien retarde l'explosion qui s'effectue alors dans l'atmosphère. Voilà donc l'explication de la résurrection des morts, information vaguement évoquée par la radio dans le film. Les désastreuses conséquences nous sont immédiatement dévoilées avec une première attaque, le récit faisant probablement un léger bond en avant dans le temps et ignorant malheureusement la  réanimation des morts-vivants.


L'horreur de la situation est très bien rendue, de l'intrusion des zombies au sein d'une petite maison isolée à la mise à mort brutal de ses habitants, les enfants se faisant dévorer par leurs propres parents. En revanche on peut questionner l'utilité d'une telle scène dans un prologue censé dévoiler les scènes-clefs antérieur au film, forcément plus intéressantes. De plus l'agressivité des morts-vivants est représentée encore une fois dans la scène suivante, d'où un sentiment de superflu chagrinant.


L'histoire reprend ensuite deux jours plus tard, quelques instants avant le début de La Nuit des Morts-Vivants, et nous découvrons enfin les propriétaire de la célèbre maison assiégés. Souvenez-vous dans le film de ce cadavre dévoré retrouvé à l'étage, près des escaliers. Il s'agit du triste sort d'une épouse qui, manquant de tomber dans les escaliers, bouscule son mari qui fait la chute mortelle à sa place. Tué sur le coup, il se relève immédiatement pour s'en prendre à elle alors que ses jambes ne la soutiennent plus.


Tom Skulan en profite pour donner ici les origines du premier zombie apparaissant dans le film (joué par Bill Heintzman) puisque le mort-vivant quitte la ferme pour s'en aller vers le cimetière où l'on peut apercevoir Barbara et son frère. Une trouvaille toujours plus sympathique que celle de John Russo dans sa version 30th Anniversary Edition, qui en faisait un tueur en série fraîchement exécuté et sur le point d'être inhumé.


Après un court interlude montrant Judy et Tom, le couple d'adolescents, écouter la radio à propos des vagues de crimes dans les environs et trouver refuge dans la cave de la maison, nous retrouvons la famille Cooper en pleine dispute pour un passage mettant en scène leur attaque et la blessure de leur petite fille. Le comportement irascible et détestable de M. Cooper est parfaitement représenté (il n'hésite pas à traiter sa femme de salope parce qu'il ne trouve pas sa route !) et nous sommes enfin témoin du danger que représente un large groupe de morts-vivants.


Alors que M. Cooper se rend à un restaurant pour demander son chemin, découvrant un établissement déserté (peut-être celui où se trouvait Ben ?), sa femme et sa fille se font encercler par plusieurs zombies qui retournent le véhicule et parviennent à briser les fenêtres, mordant la petite Karen au bras. Le couple prend la fuite avec l'enfant, rejoignant naturellement la ferme où ils vont se croire à l'abri. Ainsi se conclut ce prélude à La Nuit des Morts-Vivants, tout prêt à se poursuivre dans la mini-série principale. Dommage que cette dernière scène se finisse aussi abruptement, sans prévenir le lecteur avec des mots comme "fin" ou "to be continued'" et donnant l'étrange impression qu'il manque une dernière page quelque part...
 

En conclusion, ce Prelude est un très bon one-shot suivant correctement le film de George A. Romero et s'intégrant parfaitement à son univers. On évite ici l'effet "monstre de Frankenstein" que peuvent donner les mauvais rajouts comme ceux de John Russo par exemple, et le tout est magnifiquement illustré par Carlos Kastro qui donne aux zombies une allure cauchemardesque. Tout au plus peut-on déplorer les quelques manques comme l'histoire de Ben ou l'étude de la situation par les scientifiques et les autorités, qui auraient pu être intéressants à suivre. Du bon travail qui promet une adaptation soignée de ce grand classique de l'horreur.


vendredi 22 juillet 2011

Frank Frazetta's Dracula Meets the Wolfman (2008)


Grandes figures de l'épouvante, Dracula et le Loup-Garou hantent depuis toujours le genre Fantastique avec succès. De House of Frankenstein en 1944 jusqu'à Van Helsing, soixante ans plus tard, ces deux icônes n'ont de cesse de se rencontrer et de s'affronter. Illustrateur emblématique de la Fantasy, Frank Frazetta leur a dédié une peinture en 1966 dénommée Dracula Meets the Wolfman et c'est celle-ci que l'éditeur Image Comics se décide d'adapter dans ce one-shot du même nom.


Suite au succès de Death Dealer, une mini-série inspirée d'une autre œuvre de l'artiste, la firme a en effet décidé de lancer une série de titres inspirés de son travail. Celui qui nous intéresse ici est écrit par rien de moins que Steve Niles (30 Jours de Nuit) et ce sont les somptueux dessins de Francesco Francavilla (un très bon run sur Zorro à son actif) qui l'accompagnent ; une équipe talentueuse qui aurait pu accoucher d'une splendide mini-série. Hélas c'est un court récit qu'ils réalisent, certes de très bonne tenue et respectueux de son matériel d'origine mais forcément frustrant au regard de ce qu'il aurait pu être.




L'histoire se déroule en 1849, en Moldavie, où Nicholae observe en cachette celle dont il est amoureux, la belle Marta. S'il n'ose pas lui avouer ses sentiments, il se trouve que ceux-ci sont tout de même réciproque et le véritable problème du jeune homme est tout autre: c'est un loup-garou ! Maudit, il se transforme les nuits de pleine lune en une créature sauvage et seule sa famille est au courant de son secret, faisant ce qu'elle peut pour l'empêcher de s'attaquer aux innocents.




Tandis qu'il observe la jeune femme à la dérobé, Nicholae perd la notion du temps et réalise trop tard son erreur. C'est la pleine lune et il se métamorphose subitement, parvenant toutefois à garder le contrôle et à s'enfuir pour ne pas attaquer Marta. Mais celle-ci n'est pas tirée d'affaire pour autant car ses parents ont arrangés pour elle un mariage avec le Comte de la région, un individu sur lequel elle a entendu d'étranges rumeurs. Et tandis que Nicholae tombe dans un piège tendu par son père et son jeune frère pour l'enfermer, un cocher arrive pour emmener la promise au château de celui que l'on peut raisonnablement appeler Dracula (dont le nom n'est jamais officiellement prononcé).




Le frère de Nicholae étant témoin de la scène, il part immédiatement prévenir son frère. C'est sous sa forme animale qu'il se rend chez le Comte, l'interrompant au moment même où il s'apprête à boire le sang de Marta. La lutte s'engage alors entre les deux monstres... Hélas le scénario n'ira jamais vraiment plus loin que cette confrontation, toute l'idée derrière l'adaptation étant que le conflit entre Dracula et le Loup-Garou est éternel, comme nous l'avons évoqué plus haut. Un concept symboliquement mis en scène à travers un épilogue se déroulant à l'époque contemporaine, où les deux adversaires immortels se retrouvent pour finir ce qu'ils avaient commencés, concluant le one-shot par un ''The End ?'' qui ne trompe pas.



 


Dracula Meets the Wolfman trouve sa force dans son ambiance délicieusement rétro plus que dans son écriture finalement basique et bien trop courte. Tout le comic-book est teinté d'un sépia parfaitement en phase avec le sujet et les dessins de Francavilla parviennent à donner vie aux personnages malgré leur temps de présence très réduit. Le lecteur s'en retrouve plus impliqué, ce qui joue beaucoup en faveur du ressort dramatique de l'histoire. Car qu'est une histoire de ce genre si ce n'est une tragédie ? Le sort de Marta est vite scellé, condition obligatoire pour amener le conflit vers un point de non retour. Sur le papier, la scène aurait été trop rapide pour engendrer la moindre émotion. Illustrée, elle gagne beaucoup en puissance.




Enfin, posons LA question: que vaut le match entre les deux titans ? Et bien si l'on accepte le fait qu'il soit bref, il est plutôt bon. Les deux monstres ont l'occasion de briller et les coups qu'ils se portent sont relativement violent, avec le loup-garou qui arrache les tripes de Dracula et ce dernier capable de soulever son opposant d'un seul bras. Même Marta a droit à son moment de bravoure lorsqu'elle réalise que son sauveur providentiel n'est autre que Nicholae. Dommage que le souffle épique contenu dans l’œuvre de Frazetta ne se fasse pas tellement ressentir ici...




Vous l'aurez compris, ce one-shot ne dépoussière pas tellement le mythe et fonctionne avant tout graphiquement, ce qui semble logique au vu de sa source d'inspiration. C'est donc une bonne idée de la part de l'éditeur de placer quelques croquis et illustrations en bonus à la fin du livre, nous permettant de nous imprégner encore un peu de cette superbe ambiance gothique issue de l'Âge d'Or du Cinéma Fantastique.





Évoquons enfin l'existence d'une superbe statuette sculptée par Troy McDevitt et peinte par Joy & Tom Studios, sortie en édition limitée (500 exemplaires) chez ReelArt Studios.





mercredi 20 juillet 2011

Éléments Steam dans Le Fantôme de l'Opéra (1998)

 
Bien qu'existant depuis des années, le mouvement Steampunk n'en est encore qu'à ses balbutiements dans la reconnaissance publique, et même si cela va en s'améliorant avec le temps nous sommes encore loin de l'époque où n'importe quel quidam pourra reconnaître et nommer ce genre au premier coup d’œil. De ce fait, très peu d’œuvres purement Steampunk existent à ce jour. Certes, la littérature et les jeux vidéos sont des domaines plutôt producteurs et le cinéma fait de plus en plus appel à sa superbe imagerie (citons Sucker Punch pour le plus récent), mais le Steampunk reste encore coincé dans une période charnière.

C'est pourquoi j'ai eu envie de recenser non pas les œuvres Steampunk, mais plutôt les éléments qui peuvent s'en réclamer, à travers divers média comme le cinéma ou la BD. Une sorte de petit catalogue qui permettra de (re)découvrir pas mal de machineries et de mécanismes s'intégrant parfaitement au style que nous admirons tant et de les accueillir une bonne fois pour toute dans cet univers. La polémique sera peut-être de mise, qui sait, mais le but étant d'être constructif, autant se tromper en essayant !

Amies Steameuses, amis Steameurs (et ami barbarisme), je déclare ouvert ce premier épisode de...

ÉLÉMENTS STEAMPUNK DANS...

LE FANTÔME DE L'OPERA
(version 1998)

Parlons brièvement de cette adaptation du roman de Gaston Leroux. Elle a été réalisée par l'ancien maître de l'Horreur Dario Argento, autrefois connu pour ses films magistraux et sulfureux (Suspiria, Les Frissons de l'Angoisse...) mais qui alors connaît une incroyable baisse de talent qu'il ne retrouvera jamais. Sa version du Fantôme de l'Opéra va décevoir tout le monde en raison de choix scénaristiques douteux et d'une mise en scène aberrante. La liste est longue mais parmi d'autres choses on peut citer des rats intelligent, un Fantôme doté de pouvoirs psychique et... ça.


Une machine à tuer les rats motorisée, conçue pour éliminer la vermine grouillant juste sous l'opéra. La chose n'a aucun rapport avec l'intrigue, apparaît pour une séquence pratiquement inutile et se fait détruire aussitôt après ! Qu'a t-il bien pu se passer dans l'esprit du cinéaste italien ?


Cette petite voiture dont le secret de fabrication ne nous sera jamais révélé n'est même pas le fruit d'un grand esprit. Il s'agit de l'invention d'un dératiseur vivant dans la crasse (nous sommes en 1877), qu'il conçoit dans son petit atelier de fortune ! Propulsée par un moteur à hélice et doté de phares permettant d'éclairer les souterrains obscures, cet engin à deux places (un conducteur et un opérateur) possède tout un tas de gadgets mortels pour effectuer sa tâche. Ça et un bouchon de radiateur en forme d'angelot ridicule.


De petites balayettes rotatives disposées à l'avant permettent de brouiller la vue des rats et, grâce à la force centrifuge, de les propulser sur les côtés du véhicule. A partir de là plusieurs modes d'extermination se mettent en place, certains manuels, d'autres automatiques. La plus efficace est bien entendue celle qui à laisser les lames rotatives faire tout le boulot. Ces hélices aux formes particulièrement soignées découpent les nuisibles en rondelles en un instant, ce qui en fait l'outil le plus fiable de toute la panoplie.


Les aspirateurs présents sur les côtés de la voiture vont quant à eux récupérer le surplus de rats pour les emporter vers deux directions différentes. La première est un container broyeur, pouvant visiblement contenir plusieurs spécimens qui seront déchiquetés. Le détail glauque c'est que ces mixeurs, installés sur les côtés du véhicule, sont transparents...


Un chemin alternatif projette les rats directement vers l'opérateur, les propulsant vers une ouverture où celui-ci peut alors les récupérer manuellement et, comme nous le voyons dans le film, les fourrer dans un sac et leur taper dessus avec un marteau. Quand on aime ce métier j'imagine que ça doit être amusant.


Donc voilà pour cette curiosité (un brin macabre, je vous l'accorde) qui va connaître un bien triste sort puisque son conducteur, dès la première sortie, va être incapable de gérer sa vitesse. Au premier obstacle, un mauvais coup de frein à main va faire basculer le véhicule qui finira sa course contre des rochers. Car oui, dans ce Fantôme de l'Opéra, les catacombes sont de véritables grottes.



J'espère que ce premier épisode aura éveillé votre intérêt et vous aura donné envie de prolonger l'expérience à travers d'autres œuvres. N'hésitez pas à me faire part de vos réactions, positive ou autre, que je sache moi-même s'il me faut trouver matière à un second numéro !


mardi 19 juillet 2011

Carnage: It's a Wonderful Life (1996)


Second one-shot dédié à Carnage après l'excellent Mind Bomb de Warren Ellis, ce It's a Wonderful Life en constitue un très bon supplément puisqu'il en reprend les thèmes pour les pousser encore plus loin. A la manière du film The Cell, le Dr. Kafka va cette fois s'introduire au sens propre dans le mental détraqué de son patient et se laisser contaminée par sa folie. Quant au graphisme organique de Kyle Hotz, qui faisait des merveilles dans l'opus précédent, il ajoute une touche de continuité bienvenue à l'ensemble.


L'intrigue se déroule plusieurs mois après Mind Bomb et entre temps se sont déroulés les événements de Web of Carnage, dans les pages de Spider-Man, durant lesquels le symbiote a tenté une évasion en utilisant un autre hôte que Kasady. Suite à cela, l'Institut Ravencroft ferme ses portes et voit ses patients et son équipement être transférés, au grand dam du Dr. Kafka et de John Jameson, le chef de la sécurité. Sachant parfaitement quel danger représente Carnage, son déplacement leur apparaît évidemment comme une erreur.


Le personnel, négligeant, est déjà bien vite victime d'un accident avec deux autres patients. C'est le signal d'alarme qui pousse Kafka et Jameson a tenter une toute dernière action contre le monstre. L'idée est de reprendre la technique du Dr. Kurtz (dans Mind Bomb) afin de paralyser tout aussi bien Kasady que son symbiote, neutralisant l'identité de Carnage. Mais ce dernier  trouve une parade et projette ses filaments sanglants sur ses geôliers. Une attaque qui n'a rien de physique puisque le symbiote connecte alors les hôtes mentalement, projetant l'esprit de Kafka et Jameson dans celui de Kasady... Welcome to Carnage World !



A partir de là, le scénario perd la notion de structure et ne progresse plus qu'au compte-goutte grâce au personnage de Kafka, qui tente d'analyser l'environnement afin de trouver une façon de contrecarrer les plans de Carnage. Lequel ne semble pas vraiment vouloir les tuer mais plutôt les assimiler à sa psyché. Un sort peu enviable d'autant plus que l'esprit dérangé du serial-killer les contamine petit à petit, au point de les transformer en créatures difformes. Kafka l'avait évoquée au début de l'intrigue: le symbiote est une sorte de virus dont le travail est de supprimer l'Humanité de son hôte, d'où le changement de Kasady en Carnage.


Jameson et sa partenaire vont alors évoluer vers une forme monstrueuse qui va supplanter leur identité s'ils ne se dépêchent de décortiquer le schéma de pensée de Carnage pour en trouver la faille. Jameson, répondant agressivement, régresse vers l'état de loup-garou enragé (une référence à son historique passé). De façon plus amusante, le Dr. Kafka se change petit à petit en cafard géant ! Difficile pourtant de voir Cletus Kasady en amateur de grande littérature ! C'est une véritable course contre la montre qui s'engage, Carnage gagnant la partie si la métamorphose se complète.


Le scénario de David Quinn est malheureusement un peu trop confus pour rendre tout ce récit aussi sympathique qu'il n'en a l'air. La première raison étant l'abondance de dialogues inutiles, notamment les déclarations de Carnage qui certes soulignent sa folie, mais deviennent bien vite redondantes et difficilement supportables. Il ne se passe pas une case sans qu'un personnage ne s'exprime de façon bien trop excessive  pour être crédible. Une nuisance renforcé par le fait que très peu de ces paroles possèdent un véritable rapport avec le récit !


La lecture en devient d'autant plus difficile que le scénario ne semble jamais vraiment progresser avant la toute fin. Nous suivons Kafka et Jameson dans l'univers macabre de Carnage, où ils sont constamment assaillis par des visions dantesques (un champ de bataille éternel, Carnage prenant la forme d'une Nécropole vivante !) et Wonderful Life semble finalement n'être qu'une succession de scénettes liées par un fil rouge plutôt qu'une véritable histoire construite.


Reste que tout ceci trouve toutefois une certaine logique puisque se déroulant dans l'esprit de Kasady, où rien n'a de sens. On y trouve pêle-mêle des flash-back et des personnages du passé de Kasady (la mort de ses parents et son ami d'enfance Billy), des fantasmes (Carnage tuant Spider-Man ou se dupliquant pour se tuer lui-même, histoire de passer le temps !) et tout un tas d'autres choses surréalistes qui évoquent inévitablement le croquemitaine Freddy Krueger.


Impossible de ne pas penser à lui tant Carnage lui reprend ses méthodes: contrôle total sur un monde imaginaire, mises à mort absurdes, le rire incessant de Kasady, sans parler de la femme qui se transforme en cafard (voir Freddy 4: Le Cauchemar de Freddy). Quinn a sans doute été très influencé et l'idée de modifier l'image du super-vilain banal pour en faire une incarnation cauchemardesque est très louable. Dommage que le reste ne suive pas.


Il serait cependant injuste de discréditer complètement ce one-shot. Carnage se révèle être un adversaire très menaçant et la perspective d'être coincé dans son esprit malade est proprement effrayante (bien plus que la simple idée d'être tué). Quinn prend soin d'évoquer un grand nombre de détails provenant d'histoires antérieur du personnage (l'enfance de Kasady et jusqu'à cette connerie de voyage à travers l'Ethernet !) et offre une imagerie incroyable à son histoire: Carnage se faufilant dans tout l'asile à travers la tuyauterie, sa cellule qui ressemble plus à un laboratoire du Dr. Frankenstein, le carcan type torture médiévale dans lequel il est bloqué...


Une fois encore tout cela est amplement rehaussé par les traits de Kyle Hotz qui offrent un aspect unique à l'ensemble, au point qu'on peut clairement affirmer que Wonderful Life ne serait pas aussi bon sans lui.


Ma chronique est officiellement terminé puisque je n'ai plus rien à ajouter, cependant je ne peux pas conclure sans évoquer deux éléments très surprenant de l'Insitut Ravencroft qui me font me poser quelques questions sur sa gestion quotidienne (oui, même au sein de l'univers Marvel). Premièrement la présence de grilles de protection dans toute la plomberie du bâtiment, afin d'empêcher Carnage de s'enfuir. Le symbiote étant sensible au son, la sécurité a donc installé des grilles à micro-ondes dans le moindre canal de l'établissement. Même dans les fils électriques ! Je serais vraiment curieux de savoir comment une telle installation se réalise et fonctionne...


Enfin il faut noter l'apparition furtive de deux patientes, jusqu'ici inconnues au bataillon des personnages Marvel: une certaine Razorwine (hommage évident de Quinn au personnage de Razor, anti-héroïne de London Night Studios) et... Wolverina ! Comment un tel personnage a t-il pu ne pas être réemployé  par la suite, franchement ?! Rrrr !


• La version française est disponible dans Le Magazine Marvel #18 (juillet 1998), sous le titre de Carnage: C'est Chouette la Vie !