jeudi 21 décembre 2006

Ambre – Sous le Lit

SOUS LE LIT


Les flocons tombent par millions, innombrables morceaux de ciel blanc gouttant au ralenti sur le monde. Et sur moi. Allongée là, sur le toit plat d'un bâtiment quelconque, je les regardes. Eux et l'unique tâche noire voltigeant en cercle tout là-haut. Le gros corbeau ne semble pas s'en lasser et l'effet provoqué est comme hypnotique. L'absence de sons n'aide pas. Tout est si silencieux, tout est si vide… comme moi.
‹‹ – Qu'y a-t-il sous le lit ? ›› avait dit le corbeau.
Sa question n'a de cesse de me hanter depuis le réveil.
Il faisait si froid ce matin. J'avais oubliée de fermer la fenêtre cette nuit là, et, dans ma chambre miteuse, la neige était entrée. Avec le corbeau. Peu vêtue et toute engourdie par le manque de repos, j'ai posée un vague regard sur l'animal responsable de mon réveil. Là, assise sur le morceau de matelas, j'ai regardé la neige et le ciel.
‹‹ – Ah… C'est Noël… ›› avais-je simplement constatée.
J'avais oubliée. Et puis qu'est-ce que cela signifiait désormais ? Pourtant, le corbeau me posa la question.
‹‹ – Qu'y a-t-il sous le lit, Natasha ? ››
Un instant de flottement, ses yeux dans les miens. Pourquoi ?
‹‹ – Qu'y a-t-il sous le lit ? ›› fit en écho mon esprit.
Sous le lit sont tapis les monstres de notre enfance.
‹‹ – Les monstres sont sous le lit. Sous le lit et dans le placard… ›› ai-je alors répondu.
Le corbeau avait sautillé sur place pour mieux se positionner. Ses yeux dans les miens.
‹‹ – Mais si les monstres sont dehors, qu'y a-t-il sous le lit ? ››
Là haut, le grand oiseau noir croassa, rompant le charme du silence et de l'état second qui m'envahissait. Malgré mon gros manteau, là, allongée dans la neige, je m'engourdissais. Et le sommeil revenait. Mais le corbeau vint se poser à mes côtés, et je me redressa.
– Où sont les monstres ?, demanda t-il.
Je regarda autour de moi. Tout était désert, tout était vide et silencieux. Juste un grand manteau de neige, recouvrant tout, ensevelissant tout. Les cauchemars et les mauvais souvenirs.
– Les monstres sont partis, dis-je.
– Alors s'il n'y a plus de monstres, ni même dans le placard…
Ses yeux dans les miens.
– … Qu'y a-t-il sous le lit ?, répéta t-il.

Je marchais. La grande rue était méconnaissable ainsi couverte de ce tapis d'argent. Les voitures, cachées, formaient de grosses boules que d'improbables enfants géants auraient pu s'envoyer à la figure. Seule au monde, je marchais. Le corbeau à mes côtés, ses immenses ailes noires fouettant les doux flocons d'un Noël que jamais plus personne ne fêterait. Plus de cadeaux, plus de joie, plus d'espoir. Et pourtant l'Enfer revêtait sa grande robe blanche, demeurant calme, retenant son souffle comme en l'attente de cet évènement. Mais qu'y avait-il à célébrer désormais ? Tout n'était que néant. Et moi aussi.

La chaleur du lieu me réchauffa un peu le corps. Pas le cœur bien sûr, il est trop froid, trop mort. Et puis cet endroit n'est pas ce que je peux appeler un doux foyer. Mais mon cœur bat fort, vite, et je tremble. En moi, je sens ce besoin. Et le corbeau me montre le chemin, la porte à ouvrir. Je viens rendre visite.
– Les monstres sont partis, fait le corbeau comme pour me presser. Les monstres sont partis.
Il accélère, et moi je ressens comme le besoin de me dépêcher. Pourquoi ? Et qu'y a-t-il sous le lit ?

Anormalement essoufflée, je me tiens sur le pas de la porte. Malgré le froid qui m'entoure et l'aura d'un blanc immaculé qui jaillit des fenêtres, je reconnais l'endroit. De toute façon, je n'ai jamais oubliée, je suis revenu tant et tant de fois… Alors pourquoi est-ce que cette fois cela semble différent? Et pourquoi est-ce que je me sens attirée par…?

Réminiscence. Fantôme du passé. Quand je vois le lit, les visions viennent à moi.
‹‹ – Est-ce que tu crois aux fées ? Aux anges ?  ››
En m'approchant du lit, je la revoie m'enlacer. Je me souviens de cette nuit là.
‹‹ – T'es un ange ?  ››
Une nuit qui fut sûrement la plus belle de toute mon existence. La seule depuis très longtemps où je me suis sentie vivante. Non… Où j'ai été vivante… Ce fut une nuit magique.
‹‹ – T'es magique !  ››
Secouant la tête, je tente de chasser ces visions. Ces visions qui me hantent depuis toujours. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Qu'est-ce que je cherches ?!
‹‹ – Je veux un monde sans monstres.  ››
Je regarde le corbeau. Mes yeux dans les siens. Il semble moqueur, il a une longueur d'avance sur moi.
– Alors s'il n'y a plus de monstres, Natasha… Qu'y a-t-il sous le lit ?
Mon cœur cogne si fort que ça en devient douloureux. Prise de sueurs froides, je me focalise sur le lit.
‹‹ – Je peux dormir dedans ?  ››
Elle voulait se réfugier dessous mais je lui avais dit que ça irait, qu'elle pouvait dormir normalement. Je me souviens.

De tout temps, les enfants se sont réfugiés dans des mondes imaginaires pour fuir leur triste quotidien. La réalité si insupportable. Quand vient la nuit, ces mondes se peuplent de monstres et de cauchemars, et alors l'enfant essaie de se raccrocher à cet ordinaire si banal et ennuyeux qu'il tentait alors de fuir. Mais si le vrai monde est déjà remplis de monstres, si la réalité est déjà un Enfer terrifiant, que cherche l'enfant ?
‹‹ – Je veux un monde sans monstres.  ››
Il cherche à se mettre à l'abri, à se cacher. Un monde sans monstres. Et alors même l'endroit qui était le plus effrayant pour un enfant peut devenir, au sein de cet Enfer, un Paradis.
‹‹ – Qu'y a-t-il sous le lit ? ››
Il y a le monde d'une petite fille qui s'appelait Cynthia, et elle y trouvait la paix.

Je m'approche du Sanctuaire sous le regard du corbeau, maintenant bien silencieux. Le froid n'a plus d'emprise sur mon être. D'une lenteur extrême, bien plus que durant les derniers pas sur la Grande Marelle d'Ambre, je m'agenouille, je soulève le long drap, et je rampe sous le lit…

‹‹ – Cet endroit est sans danger ?
Y a pas de monstres ici. ››

N'avez-vous jamais aimé une personne pour laquelle vous auriez tout fait ? Une personne qui aurait tellement d'importance que rien d'autre ne compterait ? Et si cette personne venait à disparaître, n'auriez vous jamais rêvé d'en connaître plus à son sujet ? Le moindre petit détail, la moindre petite odeur, tout ça comme pour vous retrouver à ses côtés ? Pour avoir l'impression, même une fraction de seconde, que cette personne se tiendrait là, à vos côtés ?

‹‹ – Je m'appelle Natasha. Et toi ?
Cynthia.
C'est un très joli nom. Veux-tu me suivre ? ››

Tout, ici, me la rappelle. Tout est imprégné de son essence, de son existence. Et sans même ne l'avoir jamais vraiment connue, je peux sentir chaque particule de son être. Je me visualise son passé, je me mets dans sa tête et m'imagine sa vie.

Sa naissance.

Ses premiers pas.

Ses premières dents.

Sa première peluche, qu'il me semble voir ici même.

Ses cauchemars et ses appels dans la nuit. Attendant le réconfort.

Toutes ces choses auxquelles je n'ai jamais participé. Et pourtant j'aurai tant voulu…

Ma vie a été un échec complet, une erreur. Et pourtant, l'apparition de Cynthia, je ne sais pas vraiment pourquoi, a réanimé une flamme en moi que je pensais morte depuis longtemps. Je me suis sentie vivre. Je me suis sentie l'envie de foutre en l'air tout ce qu'il y avait autour de moi, ou dans ma tête, juste pour ce petit être. Plus rien n'importait à part son sourire.
« – P-prenez s-soin d-de Cynthia , qui que vous soyez... »
J'aurais tout fait – tout – pour prendre soin d'elle, pour l'élever. Pour être mère. Pourquoi un lien si fort envers cette petite, alors que tant d'autres enfants ont croisés ma route ? Je n'en sais rien… C'est peut-être injuste même… Mais elle était différente… Parfois je me demande si…
« – T'es un ange ?  »
J'ai aimée Cynthia bien plus que je ne pourrai aimer n'importe qui.
« – Vraiment vrai ?
Vraiment vrai !  »
Un seul de tes cheveux étaient plus important que ma propre vie, Cynthia. Je voulais tant être avec toi.. Me placer sous ce lit avec toi entre mes bras, me montrant chacun de ces objets avec bonheur: ce petit œuf en porcelaine contenant quelques unes de tes dents de lait, cette tirelire en forme d'une improbable créature avec ton argent de poche. Ce petit pendentif porte-bonheur, un corbeau taillé dans du jade. Et puis toutes ces peluches, oursons, fauves, gentils monstres… Là, je découvre quelques feuilles avec tes dessins: une famille heureuse, un animal que vous aviez dû avoir (navrée ma chérie, est-ce un chat ou un chien ?). Des petits mots, déclarant ton amour pour ton père, pour ta mère… Et les photos. Toutes ces photos qui traînent. Ton sourire magnifique qui semble s'adresser à moi, ses yeux qui pétillent de bonheur.

Je me surprends à sourire aussi, comme si te voir heureuse me suffisait. Comme si subitement toute ma vie venait de se figer dans le temps et que tu étais là auprès de moi. Juste toutes les deux.
« – Les monstres sont là Nasha ?  »
Non mon ange, plus maintenant. Il n'y a plus de monstres. Ni dans le placard, ni sous le lit. Et sous ce lit, il y a toi et moi. Tu me montres tes trésors et me révèle une part de toi. C'est comme si je te retrouvais après tout ce temps, comme si mon cœur se remettait à battre. Je suis heureuse, Cynthia.

Si tu savais à quel point je t'aime...

Et... Si tu savais comme je m'en veux... Si tu savais à quel point je me sens coupable. Il ne se passe pas un jour sans que j'y pense, pas une nuit sans que j'en rêve... Tes cris résonnent toujours dans mes oreilles, je revis sans cesse cette dernière journée.
« – J'ai peur Nasha !  »
J'ai peur moi aussi ma puce... Je suis si désolée...
« – J'ai mal ! J'ai mal ! Nasha !! »
Moi aussi j'ai si mal... Pardonne-moi, c'est ma faute si...
« – Les monstres sont là Nasha ?  »
C'est ma faute... Je ne voulais pas d'eux... Je sais que je passe mon temps à en voir, à en combattre mais... Ce n'est pas ce que je voulais !!!

Ce que je veux c'est... C'est être avec toi et... Et comme à cet instant sous ton lit mais pour de vrai... Je veux être heureuse et prendre soin de toi, ne plus être blessée, ne plus pleurer et ne plus avoir si mal... Je veux...
« – Je veux un monde sans monstres. »
Oui...

Mes larmes me pique les yeux et je commence à avoir du mal à voir ton visage sur les photos. Mais c'est rien, ça va passer. Parce que le sommeil recommence à m'engourdir mais qu'à la place du froid, c'est une petite chaleur qui m'accompagne. Celle de ton corps, comme lorsque tu t'étais installée contre moi, juste au-dessus de nous là, sur ce lit. Ta petite bouille endormie contre ma hanche, mes mains dans tes cheveux...

Je ne suis pas triste ma chérie. J'aperçois dans un coin une petite boite enveloppée d'un papier cadeau, avec marqué de ta jeune écriture “pour maman”... C'était un cadeau pour elle ? Ma main l'attrape et attend un moment, comme pour avoir ta permission. Je te vois toujours sourire et m'enlacer alors... J'ouvre... Mes doigts enlèvent le scotch avec délicatesse et j'ai comme l'impression que tu me regardes avec impatience, que tu guettes ma réaction... Avec la plus grande précaution, je sors l'objet. La boite est d'un noir délicat, marbré de bordeaux. Les petits éléments en or me font penser à une petite clé à tourner et je remarque la rainure qui sépare la boite en deux...

Je sais que ce cadeau n'est pas pour moi mais pour ta mère. Et de toute manière je n'ai pas reçu de cadeaux depuis des lustres, mais... Mais avec tes peluches pour témoins et ton visage illuminé sur ces photos, j'ai comme l'impression que vous me poussez à l'ouvrir... Je cède. Je peux pas te résister ma chérie. Je tourne la clé et j'entends le faible cliquetis d'un petit mécanisme. La boite fait “clac” et puis s'ouvre subitement... Et la petite mélodie se joue.

Je me sens bercée, hypnotisée. La musique est mélancolique ou... Nostalgique ? Elle me rappelle toi. Nos moments. Je surmonte le flots de souvenirs et d'émotions qui me submerge pour regarder au cœur de la boite à musique, où tu as glissé quelques objets... Une petite photo de toi encore, plus belle que jamais. A son dos ton petit mot: “Je t'aime, maman”. Je ne suis pas ta mère mais... J'en pleure. J'ai l'impression que ce message m'est destiné, pardonne moi si cela t'indigne... Je serre la photo contre mon cœur avant de ramasser ce petit collier que tu as fait de tes propres mains.

... C'est très beau mon ange. Ta maman aurait adorée. Elle t'aurait sûrement prise dans ses bras et attirée contre elle pour te faire un énorme câlin. Et puis vous seriez restée là, toute les deux, à regarder la neige tomber par la fenêtre. En paix.

Je souris à cette pensée. Tu aurais mérité un moment pareil Cynthia... Et j'aurai voulu connaître ça aussi... Ta musique est vraiment une berceuse formidable, tu sais ? J'ai l'impression de t'entendre fredonner pour moi, comme pour m'endormir. Enfin... En fait c'est le manque de nourriture, de sommeil... Je n'ai plus beaucoup de force tu sais, et puis même quand je dors je fais ces cauchemars... Pourtant, j'ai vraiment l'impression que tu veux que je me repose. Là, les yeux à moitié fermés, je ressens plus que jamais ta présence. Et c'est comme si ta petite voix me parlait.
« – Allons dormir maintenant. Bientôt, tout sera fini. »
« – Vraiment vrai ?
Vraiment vrai !  »
Héhé, on inverse les rôles hein ? Je te fais confiance mon ange... Je t'aime... Je t'aime...


*
*   *


La jeune femme dort profondément sous le lit, une masse de peluche serrée contre elle. Le visage d'une petite fille la regarde en souriant à travers les photos tandis que la boite à musique termine sa douce mélodie. Dehors, la neige ne cesse de tomber, illuminant la nuit d'une lumière argentée.

L'adolescente rêve paisiblement d'un monde sans monstres et d'une petite fille. Elle n'a pas conscience du bruissement d'aile qui résonne dans la pièce. Elle n'entend pas le croassement de l'oiseau qui se pose sur le lit, baissant la tête comme pour la regarder.

L'Esprit, qui le suivait, le remercie de l'avoir guidé puis s'agenouille près de l'Ambrienne. Celle-ci n'en aura jamais conscience, mais en cette nuit, son vœux le plus cher s'est réalisé.

Il est minuit. Natasha dors dans les bras invisibles de sa fille, sous le regard protecteur du grand corbeau. Il viendra le temps où il devra dire à l'Esprit de repartir, mais pour l'heure il veille sur elles. Personne ne viendra troubler cet instant sacré.

Une seule fois pourtant, il se permet de rompre le silence.

‹‹ – Joyeux Noël ››. 

dimanche 3 décembre 2006

Gypsy Witch – Carnets d'Ombre – Introduction

Ceci est mon premier carnet de voyage en Ombre.

"Cthulhu Mythos". La base de toutes mes recherches. Il aurait semblé évident de commencer mon voyage à travers ces mondes que décrit Lovecraft dans son Œuvre, pourtant ce n'est pas tout à fait le cas.
Peut-être parce que je ne suis pas prête à affronter les "créatures indicibles et innommables" qui pullulent en ces lieux, je me suis rabattue vers un autre monde sensiblement différent mais appartenant néanmoins à cette mythologie lovecraftienne.

De l'Âge Hyborien je n'en connais que ce qu'en disent quelques textes... La Bible tout d'abord. Via les connexions avec la cosmogonie de Lovecract je pu également faire le rapprochement avec certaines époques cités dans le Necronomicon (celui de Paris). Enfin, le Livre d'Eibon fut bien écrit durant cette période et me fournit de précieuses informations.
Cette époque préhistorique fut longue, aussi ce premier voyage durera bien plus de quelques années je pense. Quel importance désormais puisque l'Immortalité semble m'être acquise ? Aussi longtemps que durera ma vie, je parcourerai les terres de ce monde. J'en suis terriblement excitée...

Bien sûr je suis prévenue: c'est une Âge primitif hostile et barbare. Les populations sont arriérées, les animaux dangereux, la magie omniprésente et les créatures démoniaques légions. Et si je suis immortelle je ne suis pas pour autant invincible !
Toutefois, je ne peux m'empêcher de penser à toutes les découvertes qui vont m'attendre là-bas... En savoir plus sur les Grands Anciens, sur le Mana, et dénicher quelques artefacts. Qui sait, peut-être même assisterai-je à l'écriture du Livre d'Eibon ?

Il me tarde de découvrirent les différentes formes de cultures de ce monde, tant de richesses s'offrent à moi ! Peut-être même pourrai-je – à titre purement personnel cela s'entend – améliorer mon art de la danse. En tout cas certains textes me laissent entendre que celle-ci était d'une façon presque semblable au style oriental: j'y dénote de grands rapprochements dans l'architecture, les costumes et les traditions.
Par ailleurs dans un soucis de discrétion, je n'emporterai pas de vêtements de notre monde. J'ai choisie une de mes robes de danse (la belle noire) pour me vêtir. J'espère d'ailleurs qu'il fera chaud là-bas, parce que ce genre de tenue n'est pas très couvrante. Surtout celle-ci qui est plutôt osée ! C'est plutôt marrant de ce dire qu'une telle tenue est tout ce qu'il y a de plus commun là-bas...

En tant qu'exploratrice je dois voyager léger de toute façon, et s'il me manque quoi que ce soit, je pourrai toujours revenir ici. J'ai de la nourriture, des armes, de quoi prendre des notes et un bon sac. Je n'ai donc pas de soucis à me faire de ce côté là.
Reste à savoir si je saurai éviter les dangers ou bien me battre. Ça serait stupide d'y laisser la vie alors qu'il y a temps d'autres mondes à voir...

Je vais partir maintenant. C'est une expérience terrifiante mais grisante. Unique. Qu'importe les dangers, je suis prête !

Voyons ce que l'Âge Hyborien à a offrir !

samedi 2 décembre 2006

Ambre – Veuve...

VEUVE...
par Pern du Chaos


Le claquement sec couvrit à peine le bruit de la chitine cédant sous l'impact...
Lentement le démon porta sa main à son visage. Les griffes cliquetèrent sur les fissures qui ornaient maintenant sa face.

“Pourquoi... Tu veux te venger toi aussi ?”

Au milieu de cette Ombre sans début ni fin, sous cette énorme lune rousse, l'immense gargouille faisait face à la jeune femme. Ça n'était pas prévu. Le démon chitineux n'avait jamais prévu ça. C'était une probabilité qui n'avait même pas pu ne serait-ce que l'effleurer. Elle était bien la dernière personne dont il s'attendait à relever le défi... Et sur son terrain encore.
Il en était perplexe. Il se rendait compte que non content de ne jamais avoir prit la jeune femme au sérieux, il l'avait de très loin sous-estimé.
Il l'a jugeait lâche et pourtant elle se tenait devant lui, il l'a jugeait légère et pourtant sa douleur déformait l'espace autour d'elle, il l'a jugeait stupide et pourtant en cet instant le regard qu'elle posait sur lui était dénué de toute trace de doutes, du moindre soupçon...

La large créature stabilisa lentement sa position, écartant ses puissantes jambes dans le sable gris. Il avait battit toute son existence sur des certitudes et pour la première fois se trouvait en but à ce qu'il n'avait pas prévu et qu'il ne comprenait pas...

La jeune femme était une experte en combat à mains nues, sa position ne laissait aucun doute, aucune faille. Sa garde était impitoyablement fermée...

Dante le savait... Léandra allait le tuer...

Les faits étaient assez frais... A la vérité, il refroidissait encore.
Par vengeance, suite à l'extermination de sa race par la famille dont Premutos était le dernier représentant, Dante avait exécuté son frère. Premutos Dalgarry gisait sans vie non loin de là. Le pourquoi ni le comment importait peu, après tout, c'était leur histoire. Dante avait simplement fait ce qu'on attendait de lui. Deux derniers héritiers de deux lignées qui s'était exterminée: l'un des deux devait mourir sous les coups de l'autre, c'était inévitable... Et Dante avait choisi de ne pas être celui-là.

Le combat avait été bref... Si on peut parler de combat, il avait frappé une seule fois et son frère s'était écroulé, blessé à mort ! Premutos avait toujours mis un point d'honneur à ne pas savoir se battre, c'était sa répartie sa seule véritable arme... Une arme bien légère face au la force brut d'un Démon de sa stature. Dante avait imaginé que Léandra serait en colère, ou très triste, voir les deux. Ou bien encore qu'elle se sentirait libérée... Mais il ne s'attendait pas à la voir apparaître devant lui par un portail d'atout aussi puissant !
La jeune femme, visage fermé, était déjà en larme quand elle avait jaillit devant lui. Elle s'était précipitée sur le corps de son époux. Dans son attitude, Dante avait reconnu autant de douleur que d'incrédulité. Il l'avait regardé ausculter le corps de son époux, cherchant un dernier souffle de vie. Elle s'était résignée... Elle avait passé une main dans les cheveux du mort, essuyé le sang qui maculait son visage, fermé ses yeux et l'avait embrassé tendrement. Cette attitude si douce et si féminine, de la part d'une femme qui défonçait les murs à coup de poings, l'avait profondément marqué.
Dante avait commencé à comprendre que sous ces dehors de folle furieuse, la jeune femme cachait un cœur...
Et c'est dans un silence un peu gêné qu'il l'avait observé reboutonner la veste de son défunt mari et lui chuchoter quelques mots à l'oreille...

Elle avait réussi en quelque geste à apporter un semblant de paix à cet homme qu'elle avait à l'évidence sincèrement aimée.

“Je n'te demanderais même pas pourquoi... Je le sais déjà...”

La phrase était dure, violente et le ton calme avait le tranchant d'une guillotine. C'était une attitude adulte. L'attitude de celui qui sait face à l'enthousiasme brouillon d'un jeune enfant... Dante l'avait reçu de plein fouet. Il s'était attendu à un 'pourquoi' à des pleurs ou à des imprécations plus violentes les unes que les autres. Il s'était préparer a ce qu'elle se rue sur lui en larme lui tambourinant la poitrine de ses petits poins serrés... Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui dise de but en blanc, et avec une telle maturité, qu'elle comprenait.

“Vous ne pouviez même pas imaginer une autre issue hein ? Trop con pour ça ! Et l'un... Et l'autre... ”

Elle s'était redressée, le visage baissé. Dans le sable, de petites marques se creusaient dans le sable comme autant de goutte de pluie creusant le sol...
Dante avait gardé le silence et remarqué, à la lueur de la lune, l'anneau d'or blanc qu'elle portait à l'annulaire de sa main gauche. Tsumyn luisait faiblement. Comme souvent en situation de crises, l'esprit se focalise sur des détails sans grande importance... C'était sans doute cette alliance qui, concrétisant le liens qui unissait la traîtresse du Phoenix et le rejeton des Dalgarry, avait permis a sa détentrice de ressentir les derniers instant de son époux.

“Tu pourrais avoir la décence de répondre à celle dont tu as fais une veuve...”

Il n'y avait rien à rép...

Le claquement sec couvrit à peine le bruit de la chitine cédant sous l'impact...
Lentement Dante porta sa main à son visage. Ses griffes cliquetèrent sur les fissures qui ornaient maintenant sa face...

Le mouvement de la jeune femme avait été si fulgurant qu'il n'avait même pas vu le bras se déplacer. Elle venait de lui coller la plus belle mandale de toute sa vie.

“Pourquoi... Tu veux te venger toi aussi ?”

Il se faisait maintenant face, Léandra, le visage baigné de larmes et une détermination farouche au fond des yeux plantait son regard au fond de celui du démon:
“– Tu vas répondre...
– Il n'y a rien à dire femme.
– Ne me parle pas comme ça ! Ça ne te ressemble pas !
– Qu'est ce que tu en sais, je suis un...
– TA GUEULE !”

Le cri avait atteint Dante au creux de l'estomac. Un cri primal, chargé d'une myriade d'émotions. Le cri qu'ont redouté tout ceux qui se sont heurté aux véritables défenseurs des valeurs de la famille... Un cri devant lequel on ne peut que baisser les yeux et regarder ses pieds...

“– Ta famille, ta nature ! Tout ça ce n'est qu'un prétexte ! Vous êtes les deux même toi et lui ! Deux parfaits crétins qui n'ont jamais pris leurs propres décisions ! Tu n'as fait qu'exécuter les choix qu'un autre a fait pour toi et lui n'a fait que refuser de se plier à tout ce qu'on a pu lui demander ! Et en faisant ça, lui aussi se conformait a ce qu'on attendais de lui
– Non je dev...
– RIEN DU TOUT !!! Tu as choisi ! Inutile de chercher une raison ou une excuse ! Il n'y en a aucune de valable !”

Dante ne répondit rien. Il savait comment cela allait finir. Ils allaient s'affronter et l'un d'eux allait mourir.

“– Tu peux chercher tout les prétextes que tu veux, pas un ne pourra excuser ce que tu as fais. Tu as tué ton frère !
– Ce n'était pas m...
– Bien sûr que si ! Pas par le sang ni même par l'espèce ! Mais regarde moi dans les yeux et ose me dire en face que tu n'as jamais été sincère quand tu le protégeais et que tu vivais sous son toit! Pendant vos dispute et vos jeux... Pendant vos aventures ! Vas-y je t'écoute ! Dis-moi que tu ne la jamais aimais et respecté comme le ferait un frère !
– ...”

Souvenirs et vieilles images traversèrent l'esprit de Dante. Il s’aperçut avec horreur que les bons était au moins aussi présent que les mauvais. Si ce n'est plus.
La chitine de ses certitudes était ébranlée... Fissurée.
Finalement... Finalement...
“– Mais il n'y a aucun autre moyen d'éviter ce qui va suivre, n'est-ce pas ?
– Oui...
– Tu es convaincu que l'on va se battre et que l'un de nous doit mourir...
– Oui...
– Tu sais pourtant que chaque mort ne vengeait pas le précédent ?
– Oui...
– Et malgré ça, tu reste convaincu que c'est la seule façon juste ?
– Oui...
– Soit, mais avant ça, je dois te dire une chose, Dante...”

Dante regarda le bout de jeune femme devant lui qui enlevait lentement son blouson et le posait derrière elle. Sur son visage, la douleur et la rage le disputaient à la tristesse et l'indignation.
Symbiosis se ramassa sur lui même et coula lentement au sol le long des jambes de la jeune femme, figé en une petite sphère palpitante.

A présent, Léandra ne portait rien d'autre que sa détermination. Elle était telle que Premutos la préférait... Nature. Et sans son armure symbiotique, Dante ne doutait pas qu'elle ne pourrait pas le vaincre. Ou voulait elle en venir ? Elle voulait mourir elle aussi ? C'était ça sa vengeance ? Tenter de le faire culpabiliser, de lui salir les mains ?

“– Aujourd'hui, tu as tout perdu !”

Hein ?

“– Aujourd'hui tu as sacrifié ta famille, ta noblesse, ton intégrité et tu as perdu tout ceux pour qui tu comptait et qui comptaient pour toi !”

Mais qu'est ce qu'elle...

“– Aujourd'hui, tu as trahis celui qui t'aimait plus que tu n'en a jamais été capable et tu as fait une veuve et un orphelin...”

Quoi ?

L'énorme Lune Rousse flottait au dessus de lui. A tendre la main il était persuadé qu'il pourrait la toucher.
La mémoire lui revenait doucement. Implacablement...

Le combat avait été rapide. Chaque coup s'était enfoncé profondément et lui avait vrillé le cœur. Chaque impact avait résonné en lui comme un coup de feu dans une église. Elle lui avait fendu le cœur. Il avait voulu revenir en arrière... Il avait prié que ce ne soit qu'un cauchemar et qu'il allait se réveiller... Il se sentait salis, bafoué. Et il savait maintenant qu'il en était le seul responsable...

Dante gisait, étendu sur le sable, sa carapace fendue en de multiples endroits le faisait souffrir, il allait falloir de long mois pour qu'elle se ressoude d'elle-même.
Il n'aurait jamais pu imaginer qu'une jeune femme nue pouvait lui donner autant de fil à retordre.

Léandra l'avait écrasé ! Et chacun des coups qu'elle lui portait était ponctué de reproche. Il s'était trompé. Trompé sur toute la ligne... Il avait sacrifié des choses irremplaçables... Maintenant, il s'en voulait... Elle l'avait tabassé jusqu'à ce qu'il sombre dans l'inconscience. Ivre d'une douleur qu'il n'avait jamais connue, le cœur déchiré de chagrin et de remords, il avait prié pour sombrer à jamais.
Elle allait le mettre à mort et il pourrait enfin retrouver les siens... Tous les siens...

Il se redressa.

Elle était toujours là, elle s'était rhabillée. Assise sur le sable, elle berçait doucement son époux décédé dans ses bras en regardant la lune. Léandra chantait doucement a voix basse une petite berceuse destiné aux enfants... Pour apaiser leurs peurs.
Il se souvint que son frère dormait souvent très mal. Agité de remords ses nuits étaient ponctuées de terreurs nocturnes...
Le souvenir de la petite chansonnette entendu jadis derrière l'intimité de la chambre des deux amants lui perfora le cœur. Elle lui tournait le dos...

La chanson s'arrêta... Léandra soupira doucement.

“– Tu as cru que ce serait aussi simple... Et bien non... Tu vas devoir vivre avec ça Dante. C'est ce que font les êtres humains et c'est ce que tu vas faire toi aussi... Puisque Premutos t'as donné sa vie, tu vas t'en montrer digne. Mais ne compte plus jamais sur moi pour t'adresser la moindre parole, pour t'accorder le moindre soutien... Si seulement tu pouvait savoir à quel point je te hais de ce que tu m'as fait...”

Une question restait suspendu... Une question a laquelle il devait absolument répondre...

“– Leandra, tout à l'heure, tu as dit que j'avais fais un orphelin... Tu es... En… ?”

La réponse avait longtemps résonné sur l'étendu du désert.

“Oui...”

vendredi 1 décembre 2006

Ambre – La Fin, ou Expiration (d'un Monstre ?)

LA FIN
ou Expiration (d'un Monstre ?) 


Allongé là, au milieu d’une mare de sang, il ne pense même plus. Plus besoin. Quelle importance désormais ? Alors d’un bras tremblant, ses forces le quittant, il prend une dernière cigarette qu’il allume.
Droit devant lui, une silhouette immense le domine. Le regarde. Ils savent tous les deux qu’il n’y en a plus pour très longtemps maintenant. Car tout à une fin, n’est-ce pas ce qu’on dit ?

Dante, créature ancestrale, dernier de sa race, ne ressent ni pitié ni compassion pour l’être prostré à ses pieds. Il avait longuement attendu son moment, et désormais, c’était fini. Ou presque. Tout se termine là. Silencieux comme à son habitude, il observe comme il a toujours fait.
– Ta fin approche.
Il n’avait aucun besoin de converser avec lui et pourtant… Peut-être ses années passées ensemble l’avait affecté plus qu’il ne le croyait ? Et bien ! Ce qui est fait est fait.
– Ouais…
Une voix dénuée de sentiment lui répondit, confirmant simplement les faits. Il n’y a plus de place pour les émotions dans une scène pareille. Ni Dante ni l’homme n’en ressentaient. Ils en étaient là, tout simplement. Et malgré tout, les paroles viennent d’elle-même.
– Peut-être as-tu une dernière chose à dire ?
Pourquoi ce besoin de parler ? Dante ne comprend pas vraiment, surtout maintenant. Car maintenant est le moment qu’il attendait depuis toujours. Pas un triomphe, pas une victoire, mais simplement SON moment. Sûrement est-ce pour faire durer cet instant plus longtemps, pense t-il sans vraiment y croire.
- Je pourrai…
De tous temps cet homme a été désespérant. Navrant. Pathétique. Et encore maintenant, alors qu’il va mourir et que des millions de questions, de doutes, se percutent dans sa tête, il se contente de se donner un genre. Soupirant, Dante se pencha au-dessus de lui.
– Alors pose-moi tes questions, frère…
Un ricanement sans joie. Un sourire factice.
– « Frère »? Ce mot est encore d’actualité ? Allons Dante, je te connais. Peut-être l’as-tu pensé à une époque mais… Ce mot ne représente rien pour toi maintenant. Je me trompe ?
– … Pardonne-moi. Appelons ça « l’habitude ». Il est vrai que désormais cette appellation a quelque chose d’erroné… Mais ce n’est pas le point.
– … Ouais…
– Et bien, Premutos. Que puis-je t’expliquer ? Quand bien même tu n’écoutes jamais rien.

L’autre regarda la blessure mortelle d’où fuyait sa vie. Il haussa les épaules.
– Je sais pas… Peut-être: « pourquoi » ?
– Tu sais pourquoi. Tu sais que mon peuple a été exterminé. Le sang appel le sang, voilà tout. Ton père les a tués, mais moi je suis toujours là. Des tiens il ne reste que toi, des miens juste moi. Ne te doutes-tu pas que ta mort a été planifiée depuis notre rencontre ?
Premutos grogna.
– Non. Je voulais dire « pourquoi maintenant » ?
– Parce que justement, il n’y a rien « maintenant ». J’ai frappé quand tu t’y attendais le moins. Ou peut-être au contraire, que tu en as eu peur. Que tu as redouté qu’un jour comme celui-ci arrive mais sans jamais chercher à l’éviter. Oh ne prend pas cet air offusqué. Tu t’attendais à quoi ? Je suis un Démon, Premutos. Et toi tu es un monstre. Tu n’as pas à t’indigner. De part ta nature tu comprends parfaitement tout ceci. Pour toi comme pour moi tout cela est naturel. Normal.

Premutos grogna légèrement, puis rien. Ni l’un ni l’autre n’échangèrent de mot pendant quelques minutes. Jusqu’à ce que leur regard se croisa à nouveau.
– C’est la fin, fit Dante.
Premutos ne répondit pas. Peut-être la blessure et la faiblesse l’en empêchaient, ou peut-être tout simplement n’avait-il rien à dire… En tout cas, il resta à dévisager l’immense créature.
– Tu as pensé à Leandra ?, demanda le démon.
– … Non… Et toi ?
Pas de réponse. On ne pense pas aux autres quand une situation de ce genre arrive. Ni à Leandra, ni à Kiara, ni à Natasha… Ni même à Faust ou Sylia…
– Ne m’en veux pas, fit le démon. Le destin a voulu que je gagne, voilà tout. Les choses auraient pu être tout à fait différentes, alors acceptons-les telles qu’elles se présentent à nous.
– … Peut-être…
L’immense gargouille pencha la tête sur le côté.
– Je suis surpris… De ta part je m’attendais à des insultes. A une dernière volonté « d’envoyer chier le monde », comme tu sais si bien le faire… Accepterais-tu la situation sans chercher à la changer ?
Premutos tourna la tête sur le côté, laissant s’échapper de ses lèvres un long filet de fumée. Et de sang.
– Moi, j’ai rien à me reprocher… Et puis tu fais chier… On a vécu un bon bout de chemin ensemble ouais, moi j’ai aimé. Toi je sais pas. Après tout, qu’est-ce que j’en savais en fait ? Si tu veux te barrer libre à toi. Fais ce que tu veux. C’est pas moi qui aurai provoqué tout ça.
Le Chaosien regarda celui qui fut son frère dans les yeux. Un regard où toutes les émotions humaines étaient mêlées à la fois.
– Je t’ai aimé, espèce d’enculé… Alors vas te faire foutre.
Puis d’une voix plus faible:
– Si t’es mieux comme ça…
Dante inclina la tête.
– Tu parles pour ne rien dire, comme toujours… De la même manière que tu n’as rien vu avant qu’on en arrive là. J’étais là, juste à côté, tout près de toi. Et tu as été aveugle.
L’autre se redressa légèrement, faisant jaillir une petite cascade de sang de la blessure mortelle.
– Personne n’est parfait, surtout pas moi. Si tu tiens à me foutre sur le dos tout ce qui te tiens à cœur vas-y, mais au moins fait-le en face. Pas comme ce coup donné dans le dos.
– Tu n’aurais jamais dû t’apercevoir que je t’avais porté ce coup.
– Super, je me sens mieux maintenant… J’aurais dû ignorer tout de ça ? Quelle mentalité.
Dante secoua la tête, soupirant.
– Nous n’arrivons à rien, fit il. De toute façon… Nous n’avons pas à en arriver à quelque chose. J’ai pris ta vie, Premutos. Peu importe les circonstances, les erreurs de l’un et de l’autre.

Premutos se reposa contre le rocher. Dante avait raison. Et puis à qui se plaindre ? De quoi se plaindre ? Que dire ? A qui le dire ? De toute façon, c’est trop tard. C’est la fin. De la manière la plus horrible qu’il soit, certes mais après tout… Il faut bien que ça arrive, dit-on.

Dante fit jaillir ses griffes. Échange de parole inutile. Si l’un et l’autre ne se mettaient pas d’accord maintenant alors cela ne servait à rien.
– Je vais t’achever maintenant.
Premutos acquiesça, immobile. Tout au plus regarda t-il les étoiles et la lune une dernière fois. Dante attendit un peu. Il était un Démon, lui était un Monstre, mais ils s’étaient connus suffisamment pour se respecter.
– Lequel est vraiment le monstre ?, fit Premutos à mi-voix comme s’il avait lu dans ses pensées. Toi ? Moi ? Les deux ou personne ?
Quelqu’un a dit que seul un humain peut tuer un monstre. Deux monstres ne peuvent s’entretuer… Alors Premutos décida que peut-être, au vu de la situation, c’était lui le monstre, et Dante « l’humain ». Ouais… Ça semblait logique au vu de leur passé respectif. Et il ne trouva rien à redire à cela.

Un regret peut-être… A tant passer pour un monstre, a tant s’attirer les foudres de dizaines de personnes dans quelques cercles de relation différents… Peut-être aurait-il dû leur montrer ce qu’était vraiment un monstre ? Pour justifier leurs plaintes. Pour justifier leurs insultes. Pour justifier leurs trahisons… Et pour qu’ils comprennent de quoi ils parlent avant d’utiliser ces termes ?

… « Trahison »… Un bien grand mot…

« Pour dire ça, c’est bien que je suis un monstre, non ? », pensa t-il. Alors il allait mourir. Premutos se redressa une dernière fois, écrasant sa cigarette.
– Allez… Vas y.
Il n’avait jamais aimé que les choses traînent en longueur. Et Dante frappa en une dernière et fatale attaque.

Lorsque le démon se redressa, s’en était fini. Premutos était mort. Dante eu un dernier regard pour lui, puis il leva les yeux vers les étoiles… Et regarda la nuit.


Fin
(d'un monstre ?)

mardi 28 novembre 2006

Iron Maiden + Trivium – Bercy


Iron Maiden
Iron Maiden + Trivium
28 Novembre 2006
Palais Omnisports de Paris-Bercy (75)


SET-LIST

Different World
These Colours Don't Run
Brigther Than a Thousand Suns
The Pilgrim
The Longest Day
Out of the Shadows
The Reincarnation of Benjamin Breeg
For the Greater Good of God
Lord of Light
The Legacy
Fear of the Dark
Iron Maiden

Encore

Two Minutes to Midnight
Hallowed Be Thy Name
The Evil That Men Do




 

samedi 18 novembre 2006

Festival BD Boum, 23ème – Dédicace Team French Crow

23ème édition du Festival BD Boum de Blois, et une nouvelle dédicace. Un peu particulière celle-ci puisqu'il ne s'agit pas de l'illustration d'un auteur, mais du petit mot d'un scénariste ! Le fait est que je suis sûrement arrivé à un mauvais moment puisque le dessinateur était absent, et du coup je n'ai pu avoir que le message d'un des membres de la Team French Crow.


Le premier tome étant, hélas, indisponible, je me suis rabattu sur le second tome que je ne connaissais pas. Un brin moins bon à mon opinion, toutefois je reste ravi de voir que le projet a pu continuer au-delà de l'album original.

http://i.imgur.com/KPoPHIG.jpg    http://i.imgur.com/cEoRLkp.jpg    http://i.imgur.com/kwGfHj4.jpg

mardi 14 novembre 2006

Wallpaper Ambreworld – Natasha & Guns


Quelques petites retouches d'images signées Linoa, pour le forum Ambreworld dont elle est l'administratrice. Il s'agit d'un Wallpaper représentant le personnage de Natasha d'Ambre, inspiré par l'héroïne Revy de l'anime Black Lagoon avec qui elle partage une assez grande ressemblance tant physiquement que dans l'attitude au combat. Et en bonus une petite signature de compte pour l'accompagner, représentant assez bien l'héroïne en mode "Black".
Un grand merci pour ce cadeau !


C. se rapproche de Premutos


Voici un nouveau dessin de Lady A., montrant le rapprochement qui se fait entre nos deux personnages d'Ambre. Si la jeune femme se tenait d'abord très distante vis-a-vis du Chaosien, elle fini progressivement par briser la glace, comme le montre le détail de la main dans la main.
"Si jamais ils devenaient amis, peut-être qu'ils se donneraient du courage comme ça juste avant la bataille..."

– Lady A.

Illustration faite à l'aquarelle.

Image de qualité médiocre car il s'agit d'une photo et pas d'une numérisation.

C. attaque Premutos


Une nouvelle illustration de C. et Premutos par Lady A. ! Une situation très "piquante" qui reflète bien le caractère de la jeune femme. Celle-ci vient d'être surprise dans sa douche par Premutos et se jette immédiatement sur lui afin de s'occuper de ce pervers à sa façon, prenant juste le temps de s'enrouler dans une serviette maintenant toute mouillée. La belle ne se sépare pas de son couteau, accroché à sa cuisse, et compte bien s'en servir. Étrangement le Chaosien ne semble pas particulièrement effrayé par la situation et en profite même pour poser ses mains ici et là.

La scène se déroule lors des premières rencontres entre les deux personnages. Là encore il ne s'agit pas tout à fait d'une reprise d'un jeu de rôle et plus d'une mise en situation imaginée.

Réalisé au feutre noir et à l'aquarelle comme toujours.

Premutos console C.


Nouvelle illustration de Lady A. basée sur nos personnages d'Ambre. L'histoire derrière le dessin montre C. et Premutos passer quelques temps ensemble sur une Ombre du nom de Morocco, d'une influence orientale évidente. Comme le titre l'indique, le Chaosien tente de consoler la jeune femme qui est perdue dans ses pensées et les souvenirs de son triste passé.

L'image ne provient pas d'une partie de jeu de rôle, il s'agit plus de l'imagination de la vie futur des personnages alors qu'ils se rapprochent progressivement...

La dessinatrice s'est inspirée des villes orientales dont nous adorons tous les deux l'architecture et la culture, d'une richesse visuelle incroyable, pleine de petits détails. Ces hautes tours colorées sont garnies d'un style de toiture que l'on s'amuse à surnommer "meringue" à cause de leur ressemblance avec la pâtisserie.

Les personnages portent leur tenues classiques, C. étant vêtue d'un pantalon de cuir lacé sur les côtés et d'un foulard de soie enroulé autour de la poitrine. Premutos porte son éternelle chemise couleur bordeaux et son chapeau à large bord.

Croqué au crayon, encré puis peint à l'aquarelle dans un style très coloré. L'illustration a été effectuée sur une feuille qui contenait déjà d'autres réalisations et simplement prise en photo, d'où la qualité passable de l'image...

lundi 13 novembre 2006

Psykiatry Komedy – Brainwash



Richard met enfin en ligne le clip Brainwash de Psykiatry Komedy !

Nous avions été contactés, quelques temps auparavant, par le groupe (en fait une bande de potes) afin de réaliser un petit vidéo-clip et ainsi promouvoir leur album démo. Anciennement Dying Days, ils étaient alors en pleine restructuration sous le nouveau nom Psykiatry Komedy. J'ai accepté avec plaisir, jouant le rôle de caméraman pour enregistrer les différentes séquences que nous avons globalement improvisés en une journée. J'ai par la suite numérisé les rushes seulement mon matériel étant peu performant, cela explique la qualité de l'image (ça plus la compression lors de la mise en ligne). Richard a effectué le montage car je n'étais vraiment pas sûr de pouvoir le faire.

Je pense souvent à retrouver les rushes parmi mes mini-DV afin de renumériser le tout et de faire ma propre version. Peut-être un jour, si toutefois je n'ai pas effacé l'enregistrement depuis...

samedi 11 novembre 2006

mercredi 8 novembre 2006

Preview: Big Bad Wolf


Dans le registre grosse série B, voilà qu'arrive Big Bad Wolf qui, comme son nom l'indique va nous offrir une histoire d'un grand méchant loup. Relecture du Petit Chaperon Rouge version monster movie ? Pas du tout, juste un énième film de loup-garou plutôt banal...
Car franchement, en dehors de quelques titres (Hurlements, bien que je le trouve très mou, Le Loup-Garou de Londres, et pas celui de Paris, Dog Soldiers – j'assume, ou encore Bad Moon) les loups-garous sont les bêtes maudites du ciné fantastique. Assez rares à trouver et généralement très mal traités, les pauvres petits gloumoutes n'ont jamais vraiment pu s'imposer (même dans les Underworld ils sont bien souvent en retrait).


Ici pas d'innovation, c'est de la grosse tambouille déjà mille fois resservis: comme nous le montre la bande-annonce, nous avons un prologue avec quelques militaires à la Predator qui se font décimer, puis un groupe de jeunes se rend dans le coin avant de se faire attaquer. Un pitch classique mais à la rigueur on pourrait s'en moquer un peu si la forme était un minimum bien tenue. Le soucis c'est que rien qu'aux premières images, on voit le massacre: jeu d'acteurs ratés, donzelles dansant nombril à l'air au ralentis avant de hurler à en péter les vitres, héros au torse imberbe et un gros loup au visage plat qui... parle ! Ça choque toujours. Un trailer très mal monté par ailleurs, ce qui est assez hallucinant: mêmes plans repris plusieurs fois, identité du loup-garou dévoilée et même gravement surlignée, musique en complet décalage...


Bref ça doit voler plus haut que les derniers David DeCoteau mais bon... un gros nanar ça se refuse pas non ? D'autant que Clint Howard et sa trogne adorable viennent cachetonner !