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vendredi 3 mai 2013

[FRAGMENTS] A Nightmare on Elm Street: Dreamwar (traitement)

Encore une fois, c'est l'une de ces histoires que je n'ai jamais pleinement écrites et qui demeurent à l'état d'idées, de notes et de résumés. Quelque chose que j'ai pensé faire un temps avant d'abandonner totalement et de laisser mes notes prendre la poussière. Puisque je commence à ressortir mes fonds de tiroirs, voilà donc le concept de Dreamwar, une fanfiction s'inscrivant dans l'univers de A Nightmare on Elm Street et qui devait explorer quelques concepts esquissés par les différents films.


Dreamwar est une alternative au malheureux sixième épisode de la franchise, tout en retenant d'une certaine façon son scénario. Ainsi celui-ci se déroulait dans un futur assez lointain après le cinquième opus et utilisait ce bond dans le temps pour apporter un élément nouveau dans son intrigue. Freddy y était victorieux, ayant décimé tous les enfants de sa ville (et non plus juste Elm Street) à l'exception d'un seul, et ses actions maléfique ont considérablement influencées les habitants. Springwood est devenu un lieu surréaliste où les adultes ont perdus la raison et où la société ne fonctionne plus. Qui plus est, le reste du pays ne semble même pas avoir réalisé la perte de contact avec la commune, comme si celle-ci avait partiellement fusionné avec le monde des rêves et se retrouvait hors d'atteinte. Ce qui est clairement visible lors des entrées / sorties des personnages, avec une étrange frontière invisible qu'ils traversent sans s'en rendre compte...

Beaucoup de Freddy s'ouvrent sur une citation d'auteur, liée aux rêves.
J'avoue aimer celle-ci, vue dans le film d'horreur Maya (1989).


Pour les besoins de cette relecture, la continuité avec les opus précédents a bien été gardée malgré quelques retouches ici et là:

• A Nightmare on Elm Street
Freddy Krueger parvient à entrer dans les rêves des descendants de ses bourreaux et commence sa vengeance. Il connaît sa première défaite avec la jeune Nancy Thompson, qui parvient à le "terrasser".

• A Nightmare on Elm Street 2 & 3
Se nourrissant pendant des années des cauchemars des habitants d'Elm Street et des environs, Freddy parvient à revenir grâce aux évènements se déroulant dans le second film, lequel est une sorte d'introduction à sa longue escapade meurtrière décrite à la radio dans Dream Warriors. Il semble encore une fois vaincu, mais il est devenu trop fort pour vraiment disparaitre.
Perdu dans les limbes, quelque part entre le rêve et la réalité, il rencontre d'autres êtes qui peuvent comme lui visiter et influencer l'imaginaire des humains. Ce sont d'anciens démons (les Dream Demons détestés du 6ème film) avec qui il va faire un deal: il sacrifiera plusieurs âmes de ses victimes en échange de plus de puissance...

• A Nightmare on Elm Street 4 & 5
Freddy revient, obtient vengeance pour de bon. Grâce à des pouvoirs accrus et en retournant contre elles le don de Kirstin et Alice (qui leur permettent de ramener des gens dans leur rêve – les transformant en victimes potentielles), il étend son influence d'Elm Street au reste de la ville. Il connait une nouvelle défaite lorsque l'âme de sa mère est invoquée, laquelle le scelle en elle temporairement. Il ne lui faut cependant pas longtemps pour s'évader, absorbant le fantôme, et mettre son plan en marche.


De nouveau libre et pouvant puiser des forces à travers l'âme de n'importe quel habitant, Krueger devient une entité supérieur, proche d'un dieu, qui sème le trouble entre la Réalité et l'Imaginaire. Springwood est totalement contaminé par le Mal et Freddy a fini par tuer tous les enfants de la ville, plongeant celle-ci dans un état second comme perçu dans Freddy's Dead. Les habitants sont confrontés à ses pulsions meurtrières et la bourgade ressemble à un cauchemar vivant, similaire à la conclusion du film Terror Tract, où se mêlent visions monstrueuses et crimes sanglants à la vue de tous et sans que personne ne puisse réagir concrètement – exactement comme dans un rêve où rien n'a de sens et où l'on ne ressens rien même devant la situation la plus grotesque. On peut considérer les évènements de la série Freddy's Nightmares comme le prélude à cette situation.

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Les animaux ont tous été transformés en d'horribles créatures (à la manière de ceux apparaissant dans Freddy's Revenge: les chiens, le chat et la souris, et l'oiseau coupé au montage) tandis que les figures d'Autorités, police et membre hospitaliers, sont gardés sous contrôles. Prisonniers de leurs établissements, ils sont comme des pantins de chair dans un théâtre de marionnettes. Un spectacle similaire au garçon somnambule de Dream Warriors, les fils étant ici non plus des ligaments, mais des chaines insérés dans leur corps à la manière de Hellraiser.

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Parmi la population il y a toujours ceux qui parviennent à se réveiller et échapper à l'emprise mentale de Freddy, et ceux qui sont dotés d'un esprit fort et ne se laissent pas manipuler. Ce sont ces âmes que Freddy doit sacrifier aux démons, utilisant pour cela le reste des habitants en guise de patrouilles. A la manière du final de Invasion of the Body Snatchers, les humains zombifiés et sans aucune volonté peuvent repérer ceux qui ne sont pas comme "eux", alerter les autres de leurs présences et les capturer. L'ancien asile de Westin Hills, où Freddy a été conçu des années auparavant, fait office de centre de détention provisoire. On y retrouve d'ailleurs le Dr. Neil Gordon de Dream Warriors (joué par Craig Wasson), tout aussi contrôlé que les autres mais  Il est le seul qui connaisse le point faible de Krueger, un artefact qui contient la puissance que lui ont prêté les démons et qui pourrait lui être dérobé ou détruit.
Celui-ci est en quelque sorte de noyau de ce nouveau Springwood et se situe en son centre, prenant la forme de la petite maquette faite par Kirstin à l'époque où elle fréquentait l'établissement. Le modèle de la maison de Krueger...



Pour apaiser les Dream Demons et s'assurer de sa domination sur le monde des vivants, Freddy à  inventé un autel en leur honneur et les survivants capturés y sont exécutés. L'endroit évoque autant les origines du croquemitaine que les rites sacrificiels des Ammonites pour Moloch, une ethnie à qui l'on offrait des enfants et des nouveaux-nés. Ainsi se dresse en pleine ville une gigantesque statue, laquelle évoque une version démoniaque de Krueger un peu à la manière de cette construction visible dans New Nightmare, lorsque Heather Langenkamp se rend dans le monde des rêves pour la confrontation finale. Comme pour Moloch, elle possède des bras tendus afin de recevoir ses victimes et précipites celles-ci dans sa "bouche", l'ouverture du four d'où l'on peut voir des flammes d'origines surnaturelles – présumablement celles de l'Enfer. Les corps consumés libèrent une fumée spectrale qui représente leur âmes transformées, mélangées, qui se mélange en un tourbillon pour aller nourrir la dimension des démons. Un "Soulnado" comparable à celui visible dans les Mortal Kombat en quelque sorte.

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Du reste, Freddy est pratiquement omniscient et s'est transporté physiquement dans Springwood bien que retenant tout ses pouvoirs. Il a réintégré son ancienne demeure qui fait office de palace, et dans son jardin est visible un abime infernal semblant mener vers l'Enfer – exactement comme à la fin de 976-EVIL, justement réalisé par Robert Englund ! Il y a gardé en guise de trophées les cadavres et les âmes de certaines de ses victimes et ainsi peut-on retrouver sa mère, de nouveau emmurée "vivante" dans une pièce qui évoque une Église, fantôme prisonnier des lieux et gardée "pure" afin que soit testée sa Foi face à toutes les horreurs commises par son propre enfant. Le corps de Loretta Krueger, la femme de Freddy, est visible sur son lit, réduit à l'état de squelette et pouvant être vue comme une sorte de macabre poupée gonflable. Enfin les responsables de sa mort sont également présent comme "Dream Slaves", des esprits en constantes agonies qu'il peut torturer à sa guise, transformer et corrompre à volonté. Parmi eux, l'ancien Lieutenant Donald Thompson, père de Nancy, qui fait office de parodie de représentant de la Loi et réduit à l'état de squelette.
Également présentes, les trois jeunes femmes qui avaient réussie à triompher du croquemitaine. Nancy, Kirstin et Alice, qu'il a fini par traquer et tuer à son tour, sont désormais ses "Dream Brides", un trio d'esclaves qu'il se plaît à tourmenter de toutes les manières possibles et qui sont généralement enchainées à ses côtés, sur son trône ou autre, et vêtue de façon très suggestive à la manière de Slave Leia dans Le Retour du Jedi.

   

Springwood est donc totalement à feu et à sang mais cela ne se remarque pas dans le reste du pays. Les pouvoirs de Freddy ne lui permettant pas encore de s'étendre autre part, il demeure en quelque sorte coincé sur ce territoire, se retrouvant finalement aussi limité qu'autrefois. Pour éviter d'être remarqué et interrompu, ses pouvoirs et l'aide des Dream Demons lui ont permis d'ériger une sorte de champ de protection autour des lieux, un filtre de perception de plus en plus dense au fur et à mesure que l'on entre en ville. En le traversant, un visiteur finira par être progressivement contaminé par le Mal qui rôde, passant d'une personne ne remarquant rien d'anormal au premier regard à un prisonnier se faisant happer par une réalité distordue.


C'est dans ces conditions que le jeune Jacob, fils d'Alice et qui était utilisé par Freddy dans le cinquième épisode, a fini par grandir. Il possède le même don que sa mère et l'a utilisé pour échapper aux griffes du croquemitaine. Toujours petit garçon, il est cependant devenu une sorte de légende urbaine auprès des habitants, et un véritable Messie auprès des résistants, utilisant ses pouvoirs pour visiter ou sauver ceux qu'il peut, réveiller la conscience des êtres zombifiés. Son personnage est en cela très similaire à celui de Jody dans les Phantasm, et plus particulièrement dans Phantasm II lorsqu'il fini par rencontrer une jeune femme doté des mêmes dons et lui rendre régulièrement visite par rêves interposés avant de venir la chercher physiquement lorsqu'elle se retrouve menacée par le Tall Man. Les deux personnages expérimentes plus d'une fois et se découvre de ses aptitudes qui dépassent le simple contrôle des rêves, entrant dans un domaine plus proche de la télépathie et autres talents psychiques du genre.
Ici Jacob a réussi à rassembler une petite armée et ceux-ci tentent de s'organiser malgré tous les dangers. Ils doivent éviter le contact avec les citoyens au service de Freddy, qui peuvent les repérer, ainsi qu'aux dangers liés aux abominations qui errent dans Springwood. Toutefois, tous sont des Dream Warriors en puissance et peuvent utiliser d'incroyables talents dans leurs rêves pour combattre l'oppresseur et faire avancer la bataille. Leur plus grand espoir est de trouver comment obtenir ces capacités de façon régulière, en jouant sur la fusion de la réalité et du rêve comme le fait Krueger.


Leur but est évidemment de trouver la source de sa puissance, le fameux artefact créé par Kirstin, mais aussi de détruire l'autel à sacrifices afin de supprimer la livraison d'âmes entre Freddy et les Dream Demons. Cela mettrait fin au pacte qui les unis et le croquemitaine perdrait la plupart de ses pouvoirs. Qui plus est, celui-ci ayant prit une forme physique en fusionnant les deux plans, il peut alors se retrouver humain et vulnérable s'il est prit au dépourvu, ce qui permettrait de le neutraliser pour de bon.
L'histoire de Dreamwar commence lorsque Jacob entre contact avec une native américaine du nom de Neige, une jeune shaman et Dreamwalker, qui comme lui peut manipuler les rêves à sa guise, et lui demande son aide. Celle-ci est aussi puissante que lui et se trouve hors de Springwood, pouvant alors opérer sans trop de risques d'être repérée. Freddy, de son côté, commence à se lasser de son terrain de jeu si petit et commence à tester ses limites pour s'étendre sur le reste du pays. S'il en est encore incapable, il parvient cependant à entrer en contact avec sa propre fille, vivant à New York, espérant la gagner à sa cause et trouver en elle un moyen de se propager comme un virus...


Le reste de l'histoire n'a malheureusement pas été noté et je n'ai plus que quelques flashs et scènes en tête sans me rappeler de ce qui était planifié. Cependant quelques notes supplémentaires étaient ajoutées sur le document, dans l'idée de jouer avec le format comme un comic-book et créer une sorte de crossover  (un "tie-in" comme on dit) avec un autre récit. Celui-ci basé sur l'univers de Massacre à la Tronçonneuse et plus particulièrement du mal-aimé 3ème opus...

L'histoire commence avec la cavale de Leatherface, sa fille et le "shérif" (dont l'implication n'est connue que dans la fin originale et l'adaptation comics), seuls survivants du clan à la fin du film Leatherface: The Texas Chainsaw Massacre III. Une introduction explique leur histoire, comment leur univers est indépendant de Massacre à la Tronçonneuse 2 et décrypte le texte compliqué au début de leur film: suite aux évènements du premier volet, Leatherface a prit la fuite avec son grand-père pour rejoindre le reste de la famille, laissant derrière lui son autre frère (Cook, ou Drayton dans Massacre 2, baptisé W.E. Sawyer dans l'intro de Massacre 3). Pour leur permettre de s'échapper, celui-ci s'est rendu à la police en disant être Leatherface et sera jugé et condamné à mort.
La fillette à maintenant grandi et s'appelle Sally, d'après l'héroïne du film original. Elle possède toujours sa poupée et se trouve être complètement psychotique. Le shérif parle très peu, mutique. Leur errance fini par les amener jusqu'à Springwood où ils réalisent la situation. Sally semble apprécier les lieux, qui convient à leur vision macabre du monde, mais comprend vite qu'ils ne peuvent rien contrôler et que la ville est finalement plus dangereuse que leur longue fuite des autorités.

- Necronomicon Ex Mortis
- Jason ??
- Leatherface montrant son vrai visage (celui prévu pour le film 3, est-ce que même que remake ?)
- Leatherface mettant le Necronomicon comme visage pour faire le plein de pouvoirs


dimanche 10 octobre 2010

[FRAGMENTS] The Texas Chainsaw Massacre – Chap. II: The Grind

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE

CHAPITRE II
The Grind

 
Après un épisode spécial réintroduisant les personnages, c'est un arc en trois épisodes que lance Avatar Press pour débuter la série. Le seul hélas, puisque l'éditeur va perdre la licence New Line Cinema's House of Horror quelques temps plus tard. Chez Freddy et Jason, l'épisode en trois numéros poursuit l'histoire mise en place avec l'épisode spécial. Pour The Texas Chainsaw Massacre, c'est une toute nouvelle intrigue sans aucun rapport avec la précédente qui commence.

Ce qui pouvait être un moyen de se montrer un tant soit peu original est malheureusement gâché par un traitement simpliste et sans nouveauté. The Grind reprend le schéma habituel du groupe traqué par le clan tronçonneuse, meurtres et scène du repas inclus, jusqu'à ce qu'une survivante parvienne (plus ou moins) à s'en sortir. Et si le récit peut ici s'étirer sur trois numéros, ce n'est qu'en raison de la multiplication de personnages, toutes victimes désignées.

Bref aucune surprise et c'est bien dommage car le média comic-book était parfait pour orienter la saga au-delà de son concept habituel.

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE
THE GRIND


La BD s'ouvre sur un monologue à la manière des voix-off introduisant les différents films de la série. Rien de particulier à signaler si ce n'est que nous sommes prévenus que l'histoire qui va nous être raconté ici aurait pu être l'une des plus grandes affaires criminelles des États-Unis si toute la vérité était connue.

Les premières images sont en fait un aperçu du destin de l'héroïne après sa confrontation avec les Hewitt. Pour plus de suspense, nous allons reporter ces premières images à la toute fin et conserver un suivi chronologique de toute l'histoire. Non pas que cela change quoique ce soit à l'intrigue mais c'est beaucoup plus simple pour commencer.



Commençons donc sur l'arrivée à Fuller d'un bus transportant un petit groupe de jeunes femmes, chanteuses de chorales, en route pour un concert qui à lieu dans une ville voisine. Elles sont cinq et accompagnée de leur professeur de chant, ainsi que de la famille de celle-ci.


 

 

 

(...)

Chronique vite abandonnée, car il est vrai que le format était extrêmement rébarbatif, peu constructif et finalement trop révélateur quant au contenu de l'oeuvre étudié. Ca et le fait que la mise en page prenait beaucoup trop de temps vu le nombre d'images utilisées...

samedi 22 novembre 2008

The Texas Chainsaw Massacre – Special



THE TEXAS CHAINDAW MASSACRE
– SPECIAL – 
(2005)

Les films d’Horreur et les comics font plutôt bon ménage et les plus grands titres on fini, tôt ou tard, par se retrouver en format BD (Freddy et Jason, Re-Animator, Evil Dead…). La chaotique franchise des Massacre à la Tronçonneuse n’a cependant jamais vraiment eu droit à sa propre série, si l’on excepte Leatherface, la très laide adaptation du troisième opus, et le sympa Jason vs Leatherface, un crossover avec Vendredi 13. Après le remake du film original par la New Line Cinema en 2003, c’est Avatar Press qui récupère les droits et décide de lancer un comic-book basé sur la nouvelle version de la famille cannibale, dont ce Special représente la première publication.


Avant toute chose rappelons que le Massacre à la Tronçonneuse de 1974 est souvent réputé pour être un film extrêmement sanglant, ce qu’il n’est pas le moins du monde en vérité. Son remake, bien que graphiquement beaucoup plus explicite, jouait lui aussi sur une atmosphère glauque et oppressante plutôt que sur l’effet gore uniquement. Cependant Avatar Press a bâtie sa réputation sur son absence totale d’interdiction en matière de violence ou de nudité, permettant aux auteurs de se lâcher complètement sur ces points. Leur Texas Chainsaw Massacre va alors exhiber de jeunes femmes en tenues sexy, à la manière de Jessica Biel dans le remake, la tronçonneuse de Leatherface fait des ravages semblables à ceux, pourtant parodiques, de Massacre à la Tronçonneuse 2 et la notion de cannibalisme, carrément absente dans le film de Marcus Nispel, est ici volontiers soulignée à grand renfort d’images brutales. Certains pourront avoir du mal a accepter cette orientation de la série…



Si tout ça pouvait amplement se justifier à travers les personnages de Freddy et Jason, ou bien dans la saga des morts-vivants de John Russo (hérité de celle de Romero), autant dire que l’univers de la franchise en prend un sacré coup. Bien loin de la vision de Tobe Hooper, de Kim Henkel, et plus féroce que la dérive slasher flick de la New Line (l’opus 3 et la version remake), le Texas Chainsaw Massacre de Avatar Press prend des allures de séries B en présentant justement les stéréotypes dont souffre Massacre à la Tronçonneuse et les films d’Horreur en général dans l’esprit collectif (violence gratuite et filles nues). Particulièrement déviants et immoraux, ses « héros » deviennent plus qu’une simple famille de psychopathes homicides car accumulant les tares (si Leatherface se contente de tuer, le reste de la famille humilie et torture lentement leurs victimes, allant parfois même jusqu’à vouloir les violer) au point de faire passer des croquemitaines comme Jason ou Freddy pour des enfants de chœurs ! Des éléments déjà présent dans la nouvelle version du film, mais ici beaucoup plus développés.



Tout cela promet un scénario bien sombre et effectivement ce numéro Special ne fait pas de cadeaux à ses protagonistes. L’histoire se déroule durant l’été 1972, soit a peu près un an avant le déroulement des évènements du remake. Alors que Leatherface et Hoyt assassinent une jeune femme terrifiée dans leur sous-sol, ils reçoivent un appel de Luda May (la vieille femme tenant la station essence) qui voit débarquer dans sa boutique une bande de jeunes activement recherchés par la police et en fuite pour le Mexique. Au nombre de cinq membres, le groupe se compose de trois hommes évadés de prison (un dealer de drogue, un violeur et un membre des Black Panthers), de la compagne de l’un d’eux et d’une autre jeune femme, innocente celle-ci et embarquée dans l’aventure car elle souhaitait joindre la même destination qu’eux. Bien sûr la première réaction du groupe est de piller la caisse du magasin, mais tout va très vite dégénérer.



Le script ne s’écarte ensuite pas vraiment des sentiers battus pour qui connaît un tant soit peu les scénarii des Massacre à la Tronçonneuse: le groupe se disperse bien vite et chacun se voit être attaqué par un membre de la famille, jusqu’à ce que l’unique survivante se retrouve prisonnière des psychopathes dans leur maison avant de s’en échapper. La différence étant qu’ici la pauvre héroïne ne s’en sortira pas vivante, sa mort faisant se conclure l’histoire sur une dernière touche d’humour noir certes amusante mais relativement contrebalancée par l’injustice de son sort. Car autant les autres protagonistes ne sont que de la chair à canon, punis de leur propre goût du sang, autant le chemin de croix que va subir cette jeune femme est particulièrement cruel.



Tout juste enceinte, sa fuite vers le Mexique n’est pas expliqué mais suffit pour la faire prendre en pitié tant elle n’a rien en commun avec les énergumènes franchement vulgaire avec qui elle fait route. La pauvre va éviter de peu le viole grâce à Leatherface, avant d’être capturée pour son bébé qu’elle va malheureusement perdre lors d’une fausse couche, a cause de la panique. Sa mort, loin d’être une délivrance, est un point de non-retour qui empêche toute possible "sympathie" pour le clan Hewitt (là où Freddy et Jason peuvent éventuellement s’imposer comme des icônes certes maléfiques mais appréciables).



Le scénariste semble charger la mule mais ce Special est avant tout une présentation de la « famille Tronçonneuse »: sont donc présent Leatherface, le shérif Hoyt et Luda May, mais également le cul-de-jatte Old Monty, l’anorexique Henrietta, obsédée par les enfants, et la grosse dame au thé qui, par erreur, est ici identifiée en tant que Luda May et justement par cette dernière (une nouvelle preuve du trop grand nombre de personnages qui fait que tout le monde s’y perd) ! Chacun va participer au piège qui se referme sur le groupe, mais la contrainte de limite de pages (ce numéro n’est qu’un court one-shot destiné à faire la promotion de la série à venir) empêche tout développement.



Si l’autoritaire Luda May est à l’honneur et que Leatherface est bien présent, Hoyt et Monty sont carrément relégué au second rôle, tous les autres ne faisant finalement qu’une simple apparition. Un problème finalement très semblable au film de Nispel, le surplus de protagonistes amenant forcément à quelques sacrifices pour une question de durée. Et c’est dommage puisqu’ici c’est Brian Pulido, le créateur de Lady Death et Evil Ernie et président de Chaos! Comics, qui a écrit l’histoire.



Les travaux de l’homme ne sont certes pas une garantie de qualité (n’oublions pas que Chaos! Comics a vu le jour durant la période sombre du comic-book, où le surplus de violence et de nudité faisait loi) mais il se trouve ici clairement dans son élément avec cette nouvelle monture de Massacre à la Tronçonneuse et cela aurait pu garantir un minimum d’efficacité concernant cette multiplication de personnages s'il avait pu se permettre une plus longue histoire. L’homme ne déçoit pas concernant la violence: décapitation au hachoir, éventrement à la tronçonneuse, doigts coupés, sans parler de la mort atroce du dealer qui, la main cloué à une table, va être forcé de sniffer un produit ménager décapant !



Un scénario très graphique qui mit en image par un habitué d’Avatar Press, Jacen Burrows (Dark Blue et Bad World avec Warren Ellis, The Courtyard et Yuggoth Cultures and Other Growths du côté de Alan Moore, et 303 et les Chronicles of Wormwood pour Garth Ennis), dont les illustrations sont des plus appréciables. Les coups de crayons rendent le tout très agréable à l’œil et évitent le détail répulsif trop facilement vulgaire question gore. Ses dessins sont complétés par Andrew Dalhouse, le coloriste habituel d’Avatar Press qui fait ici un bon travail en évitant les tons trop vifs (comme ça lui arrive parfois) ou trop sombres.



The Texas Chainsaw Massacre – Special offre une variation très particulière aux Massacre à la Tronçonneuse qui s’éloigne énormément de l’œuvre originale et qui ne fait pas vraiment honneur à l’ambiance si particulière du film de Tobe Hooper. Sorte de vulgarisation du film de Nispel, le comic-book illustre ici ce que certains pouvait redouter avec l’arrivée du remake: un prolifération de scènes sanglantes et un érotisme gratuit et très série B au profit de l’atmosphère oppressante qui anime cet univers particulier. Pourtant ça n'est pas la première fois que la saga passe par là et dans le genre, c’est toujours mieux que Leatherface !



Certains noterons la présence d’un « # 1 » en face de la nomination « Special » de ce titre, mais ne cherchez pas un second numéro: Avatar Press a bien vite perdu les droits de ses licences horrifiques (avec celles de Freddy et Jason) au profit de Wildstorm. Seuls un second one-shot et une mini-série en trois épisodes vont voir le jour chez l’éditeur après cela. Celui-ci, dans un esprit commercial proprement hallucinant, va republier ce Special avec d’innombrables couvertures alternatives pour booster ses ventes, ce qui a surtout pour effet de rendre beaucoup plus confus le nombre
réel de comics existant chez eux. Une habitude franchement désagréable chez Avatar Press.


The Texas Chainsaw Massacre – Special (USA, 2005)
Histoire: Brian Pulido
Graphisme et encrage: Jacen Burrows
Coloration: Andrew Dalhouse