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jeudi 14 juin 2012

The Pterodactyl Hunters in the Gilded City

THE PTERODACTYL HUNTERS IN THE GILDED CITY

Il y a de ces œuvres qui vous surprennent. En feuilletant cet ouvrage en provenance des États-Unis, j'étais très loin de m'imaginer que j'avais affaire a ce que l'on appel communément un comic-book. Ou plus exactement, un Graphic Novel. La ressemblance avec ce qui se fait par chez nous, côté Europe, et notamment dans les publications indépendantes, est flagrante. Tant et si bien que j'ai même effectué quelques recherches afin de m'assurer de son origine ! Une sacrée surprise que l'on doit au plutôt débutant Brendan Leach. 
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Photo de "The Comics Journal", article "Pterodactyl Hunters Rule".

Véritable maître à bord de son projet, Leach ne se contente pas d'écrire et illustrer son histoire. Il conceptualise totalement l'album pour lui donner un aspect unique et original, jusque dans l'esthétisme. Ainsi, avant d'en venir au sujet même de cette bande-dessinée, attardons nous un bref instant sur son aspect: loin des formats habituels, il s'applique a prendre la forme d'un ancien tabloïd. Un choix voulu par l'auteur, et très judicieux puisque mêlant habilement la forme et le fond de son œuvre. 

Photo de "Comics & Cola", article "Pterodacyles Hunters in the Gilded City by Brendan Leach".

En ces temps où les copies digitales deviennent de plus en plus communes, faisant craindre chez les paranoïaques la disparition prochaine des publications papiers, on ne peut que féliciter cette initiative à la fois créative (le livre semble tout droit sorti de l'univers qu'il explore) et commerciale (comment ne pas succomber à un ouvrage aussi beau ?). Juste à titre d'information, précisons que la première édition de Pterodactyl Hunters était même offerte gratuitement sur demande ! Un succès public qui entraina inévitablement une rupture de stock. La seconde et nouvelle édition s'est vue dotée d'une couverture cartonnée supplémentaire afin de mieux protéger son contenu. Un petit rajout qui a un coût (la BD coûte désormais 2$, ça reste très raisonnable).

En première page de ce journal fictif daté de Novembre 1904, divers articles servant tout simplement à mettre en place l'intrigue. Sont présentés des évènements historiques et des personnages qui permettent au lecteur de planter le décors en seulement quelques secondes. Ingénieux. L'occasion aussi de placer quelques références cachées puisqu'y sont cités certains illustrateurs américains, dont David Mazzucchelli (le dessinateur du célèbre Batman: Year One) qui fut par ailleurs le professeur de thèse de Brendan Leach !
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Se déroulant donc au tout début du 20ème Siècle, l'intrigue prend place à New York City, dans ce que les américains surnomment le Gilded Age (l'âge doré). D'où le titre complet de l’œuvre d'ailleurs: The Pterodactyl Hunters in the Gilded City, que l'on traduit par "Les Chasseurs de Ptérodactyles dans la Citée Dorée". Il s'agit là d'une période de Reconstruction suivant la célèbre Guerre de Sécession. Un reflet historique sensiblement détourné puisque la population vit dans la terreur de ptérodactyles voraces ! Il n'y a ni comment, ni pourquoi, et c'est là qu'on plonge dans la délicieuse uchronie qui stimule tellement l'imaginaire.


Ici les tours de guet surplombent la ville et les Montgolfières patrouillent. On chasse le ptérodactyle à la dynamite et au harpon sur les toits d'immeubles. Des pancartes conseillent de ne pas sortir la nuit et un dinosaure va faire son nid sur le toit d'une église. Oui, il y a matière a rêver dans l'univers de Pterodactyl Hunters. Guère étonnant alors qu'on souhaite voir des batailles épiques au-dessus de l'île de Manhattan, avec tout un tas d'invention de type Steampunk pour donner la chasse aux ptérosaures ! Moi-même je visualisais déjà une sorte de relecture moderne du vieux serial Zeppelin vs Pterodactyls de 1936 (et qui fut également un projet abandonné par la Hammer en 1971). 


Et pourtant non. Point de bataille rangée entre humains et dinosaures dans cette histoire. Nous ne sommes pas dans un épisode de Cadillac & Dinosaurs et le réalisme reste de mise, aussi étonnant que cela puisse paraître. De l'aveu de l'auteur, l'histoire privilégie avant tout le drame humain et se veut même plutôt intimiste, se focalisant sur la relation dysfonctionnelle de deux frères travaillant pour la Pterodactyl Commission. Deux frangins que tout oppose, sans que cela soit surligner au marqueur comme il est de bon ton dans beaucoup de production américaine. Pour peu que l'on remplace le boulot lié aux ptérodactyles, on se retrouve alors avec un drame familiale très terre-à-terre ! 
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Les protagonistes de ce scénario sont les frères Sullivan, deux hommes venant d'une famille irlandaise. Depuis toujours les Sullivan sont chasseurs de ptérodactyles et Eamon, l'aîné, ne fait pas exception. Il est même le dernier espoir de la ville puisqu'il traque les monstres sans relâche, avec un acharnement qui tient parfois du Capitaine Achab. Faisant peu cas des dommages collatéraux qu'entraine ses combats, il espère bien exterminer les derniers volatiles et libérer New York. Tous les journaux parlent de lui et il fait très certainement la fierté de son père.


Tout le contraire du pauvre Declan, dont la tâche ingrate consiste à surveiller le ciel chaque nuit depuis sa tour de guets, et éventuellement sonner l'alarme lorsqu'un ptérodactyle apparaît. Lassé de cette vie, agacé que le monde n'est d'yeux que pour son frère, il caresse secrètement le rêve de devenir un chasseur lui-même. Peu probable vue la tournure des évènements. Peu probable aussi sa romance avec une amie d'enfance désormais entrée dans les Ordres... Et que faire d'autre ? Son avenir paraît plus qu'incertain.


Avec une grande subtilité, Brendan Leach met en avant les failles de ses personnages, sans porter de jugement. Jamais Declan n'est montré comme lâche ou sournois malgré sa jalousie, et l'héroïsme d'Eamon est contrebalancée par ses actes. Il n'est même pas demandé au lecteur de se positionner, simplement d'observer, bien que le pivot du récit (selon moi) puisse éventuellement faire prendre parti. Malin, l'auteur ne donne pas dans le manichéisme facile et les deux frères se rendent chacun coupable d'un acte réprouvable...

En cette année 1904, la menace ptérodactyle semble pratiquement éteinte. La plupart des créatures ont été exterminées et lorsque commence la bande-dessinée, il pourrait n'en subsister encore que trois. C'est au cours d'une des dernières chasses que Eamon et son partenaire aperçoivent un ptérodactyle et sa proie. Un enfant dont on ne saurait dire s'il est vivant ou non. Faisant peu cas de la situation, Eamon attaque, coûtant – peut-être – la vie a une victime innocente.

 
Pour Declan s'en est trop. Sa jalousie peut l'aveugler, mais peut-être a t-il également raison lorsqu'il déclare que son frère ne pense qu'à la gloire, et non pas à la sécurité des habitants. Aussi décide t-il de mettre fin à la carrière d'Eamon en trafiquant son fusil qui va lui exploser au visage, lui faisant perdre un œil et son travail. Une action qui lui permet enfin d'obtenir le poste tant convoité, mais il le regrette aussitôt... Et puis n'est-il pas un peu trop tard pour devenir chasseur, alors même qu'il ne reste peut-être plus qu'une seule créature ?

En dire plus serait raconter le récit dans son intégralité, car Pterodactyl Hunters est une histoire courte qui se lit très vite. Mais les situations décrites ci-dessus devraient vous donner un aperçu de la maturité de l'écriture. Brendan Leach semble avoir un véritable don pour raconter sans trop en faire, allant jusqu'à approfondir un personnage secondaire à travers une simple réplique, une simple phrase faisant écho aux confessions de Declan et qui en dit bien plus long que n'importe quel discours ! Bridget, ou plutôt Sœur Bridget, laisse sous-entendre que pour elle non plus les choses n'ont pas tournés comme elle l'aurait voulu.


Ce passage, a priori insignifiant au regard de l'histoire, interpelle pourtant énormément. Quel est l'histoire de Bridget ? Quelles étaient ses rêves ? Ses liens avec Declan ? Pourquoi est-elle devenue nonne ? Autant de question qui nous passe à travers la tête et nous donne envie d'en découvrir encore plus. En fait c'est peut-être même le seul défaut de ce livre, car il faut pouvoir supporter la conclusion très abrupt, qui ne finalise pas vraiment les problématiques soulevées dans le récit. Mais au regard du drame humain qui se joue, cela convient très bien. Ce sera donc a l'appréciation du lecteur, ou non. Une question de goût...

Cela n'a pas empêché le livre d'obtenir le Xeric Award 2010, une récompense attribuée par une œuvre de charité versé dans les Arts et la Littérature. Pour moi, le seul défaut que je lui ai trouvé tient dans son lettrage. De la police ridiculement petite de la première page du journal, quasi illisible, à l'esthétique des phylactères, un peu trop tremblants, la lecture peut en souffrir légèrement. Rien de bien grave cependant, d'autant qu'on peut arguer qu'il s'agit d'un choix créatif volontaire.


Bref, vous l'aurez compris, je recommande grandement cet ouvrage, beau dans sa forme et dans son contenu. Poétique et rêveur, il offre énormément et témoigne d'un grand talent de la part de son auteur dont il convient de suivre la carrière ! Thumbs up, comme dirait l'autre.


D'ailleurs Brendan Leach lui-même considère revenir sur son univers, évoquant lors d'une interview la possibilité d'écrire deux autres histoires: l'une qui se déroulerait avant Pterodactyl Hunters, montrant finalement New York aux prises avec d'innombrables ptérosaures (la fameuse terreur évoquée en début de récit), et l'autre qui ferait suite aux évènements du présent livre. L'inévitable trilogie en somme, et pourquoi pas du moment que l'écrivain conserve son style enchanteur !

Vous pouvez vous procurer la BD pour une somme dérisoire sur le blog de l'auteur (dont je livre l'adresse plus bas) mais également avec l'édition française de Ça et La, malheureusement dans un format relié des plus classiques et pour un prix supérieur, sous le titre Chasseurs de Ptérodactyles. 


Et si par hasard vous étiez en redemande de ptérodactyles de ce genre, je ne peux que vous conseiller le film Q – The Winged Serpent de Larry Cohen, avec l'excellent Michael Moriarty et David Carradine. Réalisé en 1982, il raconte comment une créature mythologique volante se cache à New York, ayant fait son nid en haut du plus grand gratte-ciel de la ville et sortant de temps à autres se procurer de la nourriture parmi la population !

vendredi 6 mai 2011

[FRAGMENTS] The Evil Dead Retrospective – Shop till you Drop Dead


THE EVIL DEAD RETROSPECTIVE
– ARMY OF DARKNESS –

Shop till you Drop Dead


Quelques mois après la publication de la mini-série Ashes 2 Ashes, Army of Darkness lance son second story-arc. Comme son prédécesseur, le titre est divisé en quatre épisodes et reprend là où l'histoire s'était arrêtée. Cependant, plutôt que de poursuivre l'intrigue à base de paradoxes temporels laissés en plan à la fin du dernier numéro, le récit va choisir de revenir à un concept plus simple quitte à foutre en l'air sa propre continuité ce faisant.

Il faut dire que le scénariste en charge de Ashes 2 Ashes laisse sa place à quelqu'un d'autre, James Kuhoric (que l'on retrouve sur Friday the 13th et A Nightmare on Elm Street), lequel va s'employer à nous offrir un remake futuriste de L'Armée des Ténèbres sans résoudre la problématique générale de l'histoire. Tout en nous offrant quelques bons délires dans la ligné de Ashes 2 Ashes, ce Shop till you Drop Dead se contente surtout de balancer une multitude de références à son lecteur tout en sacrifiant ses personnages secondaires pourtant intéressant.

Allez comprendre, Kuhoric aura tout de même été récompensé pour son travail en recevant un Spike TV Award pour la catégorie ''Best Movie to Comic Book''. Autant le dire, ce prix il le doit surtout à une concurrence raplapla plutôt qu'à un véritable boulot d'écriture...


SHOP TILL YOU DROP DEAD


Et puisque la série a décidée de foutre en l'air sa propre chronologie, autant faire de même ! Au lieu de commencer par le début, avançons de quelques pages jusqu'à ce flashback nous montrant ce qu'il est advenu du Necronomicon après avoir été oublié dans le désert, et plus précisément au Caire.


Et bien celui-ci parvient à dévorer un scorpion de passage et à utiliser son enveloppe charnelle afin de se déplacer, quittant les ruines pour rejoindre l'hôtel touristique le plus proche où il va se glisser dans un les affaires d'un visiteur avant de le piquer, et par conséquent le posséder...


Qui est cette nouvelle victime susceptible d'aider le grimoire à rependre le Mal sur le reste du monde ? Un peu de patience, nous allons bien voir. Faisons maintenant un petit bon en avant, probablement de quelques jours après les évènements de Ashes 2 Ashes.


Nous retrouvons Ash à son travail, dans le magasin S-Mart (chez Priba pour la version française) où son patron demande à le voir. C'est là que notre héros lui fait ouvertement le résumé de ses grandes aventures, ce qui permet au nouveau lecteur de se familiariser avec le background de la série. Oh, et ne vous posez pas de questions sur ce qui pousse l’Élu à dévoiler son histoire au grand jour: après tout il avait déjà prévenu ses collègues plus tôt, avant qu'un démon ne fasse son apparition devant tout le monde.
Nous voilà avec deux pages de résumé très amusantes grâce au vocabulaire employé (il traite son double maléfique de Dildo-Ho-Tep, que l'on peut traduire par Godemichet-Ho-Tep, amusante référence à Bubba-Ho-Tep) mais qui déjà va chambouler la continuité de la série. Car nous apprenons qu'après sa dernière bataille, Ash a finalement pu être réuni avec sa bien-aimée Sheila, laquelle travaille maintenant avec lui au supermarché.


… Hein, quoi ? Mais non, elle était repartie avec les autres ! Et je me moque de l'image qui nous la montre ici se tenir à ses côtés, je sais ce que je dis puisque j'ai déjà chroniqué l'histoire ! Oh ? Que nous dit l'éditeur ?
Que c'est une histoire pour une prochaine fois? Donc entre-temps Sheila à trouvée un moyen de revenir dans le futur ? Et le scénariste suppose qu'on va gober ça sans avoir la moindre explication ?! De plus sa présence dans le récit est totalement incohérente puisque c'est justement elle qui a essayée de prévenir Ash qu'il oubliait le Necronomicon à la fin ! Si elle a découvert un moyen de revenir, elle lui aurait expliqué la situation pour corriger le paradoxe, et le grimoire ne pourrait pas revenir ici pour ce scénario !!
A vrai dire, le comment de son retour sera bien raconté des mois plus tard dans le one-shot Tales From Army of Darkness. Des mois plus tard ! Alors certes, maintenant tout ça semble anodin, le lecteur se disant qu'il n'a plus qu'à se procurer le comic-book en question pour faire le pont entre les deux histoire... Mais quand bien même cela ne règle pas le soucis du paradoxe temporel concluant Ashes 2 Ashes !


Bref passons. M. Smart semble très bien accepter le rapport de son employé et le ramène immédiatement à son travail, non sans lui annoncer qu'il devra rembourser les dégâts causés par son altercation avec la cliente Deadite de la fin de L'Armée des Ténèbres. Mais, qu'est-ce que... Ne serait-ce pas le Necronomicon sur son bureau ?
Oui autant vendre la mèche, le client possédé par le livre est bien M. Smart, ce qui est une coïncidence tout de même énorme. Le Necronomicon aura fait tout le chemin jusqu'ici pour se venger de Ash, planifiant de l'attaquer sur son terrain à lui pour changer. Moi je me demande: savait-il d'avance que M. Smart prenait ses vacances justement en Égypte ou est-ce qu'il a découvert cela en cours de route ? Et pourquoi n'a t-il pas simplement contaminé tout le continent pour fabriquer une nouvelle armée des Ténèbres ? Ça aurait tout de même été un peu plus simple...


Enfin bon, sitôt son employé parti que le bonhomme se transforme en Deadite. Le grimoire semble alors déployer sa mauvaise influence sur tout le magasin puisque nous pouvons voir fréquemment des créatures démoniaques tourner autour de Ash, sans qu'il en ait conscience, attendant le bon moment pour frapper.


C'est durant ce lap de temps que nous faisons la connaissance des personnages secondaires qui vont accompagner notre héros durant cet épisode. Nous avons tout d'abord Mindy, la femme que Ash embrassait à la fin d'Evil Dead III. Celle-ci semble complètement amoureuse de son collègue et se retrouve très jalouse de la présence de Sheila.


Puis nous avons Iggy et Buck. Le premier n'est autre que le personnage de Ted Raimi visible dans le film tandis que l'autre est adepte du survivalisme et de l'autodéfense. Deux personnages que nous n'allons pas à tarder à connaître un peu plus.


Et alors qu'Ash est séparé de Sheila suite à une malheureuse tentative de drague de la part de Mindy, le Necronomicon frappe enfin. La force invisible aperçu dans les films en vue subjective fait soudainement son apparition dans les rayonnages de S-Mart et s'en va posséder une jolie cliente.


Comme tout démon, celle-ci agresse Ash et ses compagnons d'infortunes. Durant la lutte c'est finalement Buck qui la dégomme car ne se déplaçant jamais sans arme, juste au cas où, tandis qu'Iggy se coupe avec un morceau de verre brisé où apparaissait le visage d'une créature quelques instants plus tôt. Évidemment, il est infecté sans le savoir...


L'épisode se conclu en beauté en nous révélant que tous les clients du magasins sont désormais sous l'influence du Necronomicon, forçant le trio à prendre la fuite afin de se réfugier dans la cave qui pourrait bien être le dernier endroit encore sûr du bâtiment.
L'ultime case nous dévoile cependant la mutation de la main d'Iggy qui est entrain de subir le même sort que Ash durant Evil Dead II. Le second numéro, sûrement le meilleur de la mini-série, commence lorsque les compères se frayent un chemin parmi les monstres sans savoir que l'un des leurs est déjà possédés. 


Dans les rayons, l’Élu découvre une monstrueuse tronçonneuse qui se présente à lui tel Excalibur. Alors qu'il s'empare de ce qu'il considère comme le Saint Graal des Tronçonneuses, la main d'Iggy passe à l'attaque. De quoi donner dans le gag cartoonesque habituel à la série.


Toute la scène qui suit peut-être à la fois vu comme extrêmement fun et significatif d'un manque flagrant d'imagination de la part du scénariste, puisqu'il s'agit d'une reprise de la scène culte d'Evil Dead II où le héros remplace sa main par une tronçonneuse.


Pour se débarrasser de l'encombrante mutation, Ash ampute son collègue en lui tirant dessus à bout portant avant de traiter son moignon en lui greffant une arme. L'idée peut paraître vraiment facile, mais heureusement l'exécution arrange un peu les choses.


Devant le gabarit physique ridiculement maigrichon d'Iggy, il est décidé de lui donner un petit taille-haie, et sincèrement je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'avoir Ted Raimi façon Ash miniature en guise de sidekick pour Bruce Campbell est un concept absolument génial !
Nos héros repartent en quête d'un abris lorsque le smiley d'une affiche publicitaire prend soudainement vie pour essayer de les tuer. Non sérieusement, c'est vraiment ce qui arrive...


La chose est vite exterminée mais aussitôt de nouveaux ennemis vont faire leur apparition. Quelques instants plus tôt, Mindy faisait sa crise de jalousie en brisant un flacon au sol: des débris de verres émergent alors des versions miniatures de la jeune femme et de Ash, à la manière de L'Armée des Ténèbres. La scène est globalement reprise ici, encore.


La troupe est assommée et se réveille ligotée au sol façon Gulliver. Tout comme nous, l'Élu sait très bien ce qui va se passer: les mini-Deadites font un numéro de plongeons pour s'introduire à l'intérieur de leurs corps. Iggy et Buck les avalent mais notre héros parvient à se libérer.



Si les petits démons sont détruits, leur influence maléfique fait rapidement effet et Iggy commence déjà à se diviser, voyant une seconde tête lui pousser. Ash décide de décapiter immédiatement ce doppelgänger et tue dans l’œuf le dédoublement, même si l'échange entre les deux collègues semble sous-entendre qu'il ignorait quelle tête était la mauvaise !
De façon assez inexplicable, aucun changement ne survient chez Buck. Il est supposé que la liqueur qu'il ingurgite régulièrement l'ait protégé, mais on décide de lui donner un laxatif à tout hasard histoire d'être certain de virer le parasite... 


Le numéro arrive à sa conclusion lorsque le trio se rend finalement à la cave d'où ils peuvent entendre Sheila appeler à l'aide.


Sur place ils découvrent celle-ci et Mindy hélas déjà possédées avant que la chaudière ne prennent vie pour les attaquer avec ses tuyaux, imitant ici le monstre final d'Evil Dead II avant de reproduire le final du film.


Car tout semble perdu et les Deadites pensent là encore avoir gagné. Alors que Ash se bat contre la chose avec sa tronçonneuse, exactement comme à l'époque de la cabane, M. Smart choisi de se débarrasser de lui en invoquant un nouveau portail temporel dans lequel il le précipite...
Shop till you Drop Dead passe alors d'un remake de Evil Dead II dans un super marché à un remake de Evil Dead III dans le futur. Car après avoir envoyé Ash dans le passé, quelle idée originale de lui faire explorer l'avenir ! Plus sérieusement, s'il y a là encore quelques idées intéressantes, c'est le moment où la mini-série commence à montrer ses limites.
Ce troisième opus fait effet d'entracte, coupant net l'histoire en cours avant de la reprendre plus tard sans pratiquement aucune incidence ! Car non, la visite en 2501 ne déborde pas au-delà d'un seul numéro et donne au final un sentiment d'inutilité assez flagrant.


Notre héros se retrouve ainsi dans la ville Deca City One – référence à la cité de Judge Dredd, où il est immédiatement attaqué par une bande de mutants sans cervelle. Serait-ce le futur apocalyptique aperçu dans Ashes 2 Ashes ?
L'Élu est alors sauvé par un étrange commando issu de fiction cyberpunk, qui ne sont pas sans évoquer Killzone ou Jin-Roh, lesquels parviennent aisément à se débarrasser de ces ''Deaduns''.

http://i.imgur.com/CD5hpFw.jpg    http://i.imgur.com/dB4pYLu.jpg

Manque de bol, ils prennent Ash pour l'un d'eux et l'attaque également, ce qui l'oblige à se défendre, nous montrant à nouveau son redoutable lancé de ceinture qu'il utilise ici en se prenant pour Scorpion dans Mortal Kombat.


Mais son otage se révèle être une très belle femme, ce qui est suffisant pour perturber notre macho qui relâche alors toute son attention et se fait aisément neutraliser.
A son réveil, un gentil petit robot baptisé K-B lui annonce qu'il se trouve en observation chez le Dr. Sagittarius Von Cadillac III (!) lorsque celui-ci arrive en compagnie de la femme aperçue plus tôt, en fait le Capitaine Wren Grey de l'ordre militaire.
C'est à partir de là que l'épisode va se perdre un peu en exposition. Rien de bien méchant et au contraire, tout l'intrigue qui va nous être raconté ici est très intéressant et

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Travail inachevé pour des raisons diverses. L'une d'elle étant tout simplement que ce style de chronique ne m'a jamais vraiment plu: trop long, contraignant, peu analytique et sans grand intérêt...

dimanche 10 octobre 2010

[FRAGMENTS] The Texas Chainsaw Massacre – Chap. II: The Grind

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE

CHAPITRE II
The Grind

 
Après un épisode spécial réintroduisant les personnages, c'est un arc en trois épisodes que lance Avatar Press pour débuter la série. Le seul hélas, puisque l'éditeur va perdre la licence New Line Cinema's House of Horror quelques temps plus tard. Chez Freddy et Jason, l'épisode en trois numéros poursuit l'histoire mise en place avec l'épisode spécial. Pour The Texas Chainsaw Massacre, c'est une toute nouvelle intrigue sans aucun rapport avec la précédente qui commence.

Ce qui pouvait être un moyen de se montrer un tant soit peu original est malheureusement gâché par un traitement simpliste et sans nouveauté. The Grind reprend le schéma habituel du groupe traqué par le clan tronçonneuse, meurtres et scène du repas inclus, jusqu'à ce qu'une survivante parvienne (plus ou moins) à s'en sortir. Et si le récit peut ici s'étirer sur trois numéros, ce n'est qu'en raison de la multiplication de personnages, toutes victimes désignées.

Bref aucune surprise et c'est bien dommage car le média comic-book était parfait pour orienter la saga au-delà de son concept habituel.

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE
THE GRIND


La BD s'ouvre sur un monologue à la manière des voix-off introduisant les différents films de la série. Rien de particulier à signaler si ce n'est que nous sommes prévenus que l'histoire qui va nous être raconté ici aurait pu être l'une des plus grandes affaires criminelles des États-Unis si toute la vérité était connue.

Les premières images sont en fait un aperçu du destin de l'héroïne après sa confrontation avec les Hewitt. Pour plus de suspense, nous allons reporter ces premières images à la toute fin et conserver un suivi chronologique de toute l'histoire. Non pas que cela change quoique ce soit à l'intrigue mais c'est beaucoup plus simple pour commencer.



Commençons donc sur l'arrivée à Fuller d'un bus transportant un petit groupe de jeunes femmes, chanteuses de chorales, en route pour un concert qui à lieu dans une ville voisine. Elles sont cinq et accompagnée de leur professeur de chant, ainsi que de la famille de celle-ci.


 

 

 

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Chronique vite abandonnée, car il est vrai que le format était extrêmement rébarbatif, peu constructif et finalement trop révélateur quant au contenu de l'oeuvre étudié. Ca et le fait que la mise en page prenait beaucoup trop de temps vu le nombre d'images utilisées...

samedi 6 décembre 2008

[FRAGMENTS] Le Cavalier du Diable (1995)


LES CONTES DE LA CRYPTE: LE CAVALIER DU DIABLE
TALES FROM THE CRYPT: DEMON KNIGHT
(1995)


La série télé Les Contes de la Crypte atteint la toute fin de sa sixième et avant-dernière saison en 1995. En parallèle des épisodes est tourné ce Demon Knight, un film inspiré par le show et qui en reprend le générique et l’inévitable Cryptkeeper (le gardien de la crypte) en guise de conteur afin  de s’intégrer parfaitement à la série. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Demon Knight n’est pas un film à sketches dans la ligné de Creepshow (ou de l’adaptation de 1972 avec Peter Cushing), ce qui paraît pourtant naturel pour une franchise dont le principe est de raconter diverses petites histoires horrifiques, mais bien un one-shot. Un épisode unique de la durée d’un long métrage qui aurait pu être un bon moyen de faire évoluer la série en une franchise cinéma. Si l’avenir des Contes ne sera pas si glorieux, Demon Knight demeure une excellente réussite, à la fois autonome et parfaitement respectueux des EC Comics et de la série télé dont il est dérivé.

On était en droit de craindre une trop grande indépendance du film vis-à-vis de cette dernière, car tout le monde ne la connaît pas nécessairement et cela peut être vu comme un handicap aux yeux des producteurs souhaitant rentabiliser autant que possible. Que l’on se rassure, ceux-ci sont les responsables originaux du show télé (parmi lesquels Richard Donner, Walter Hill, Joel Silver et Robert Zemeckis) et aucun changement n’a été effectué pour perturber les fans. Tous les éléments habituels sont réunis ici à commencer par le célèbre générique. Les interventions du Cryptkeeper, avant et après l'histoire, sont bien entendu de la partie puisqu’il s’agit avant tout de la marque de fabrique de la série. Celles-ci sont réalisés par Gilbert Adler, futur metteur en scène du second film des Contes (La Reine des Vampires), qui en quelques minutes parvient à parodier tous les clichés possibles: sexe, violence et situations abracadabrantesques.


Tales From the Crypt Presents Demon Knight (le titre alternatif et complet du film) nous dévoile ainsi l’intrigue d’une femme adultère ayant tuée son mari, se débarrassant du corps dans une cuve d’acide. Pendant qu'elle prend un bain en attendant son amant, le défunt se relève et attrape une hache pour trucider son épouse… Un stéréotype si éculé que la blague ne dure pas longtemps: il s’agit en fait du tournage d’un segment des Contes, dirigé par le Cryptkeeper lui-même ! Celui-ci s’adresse alors au spectateur, comme a son habitude, pour lui expliquer que son show a fini par intéresser Hollywood et qu’il fut décidé de tourner un long-métrage, qu’il nous propose de regarder.

Débute alors le véritable film, réalisé par Ernest Dickerson (responsable du très sympathique Que la Chasse Commence ! avec Ice-T et Rutger Hauer et plus tard de Bones avec Snoop Dogg): deux hommes se pourchassent en voitures, poursuite qui se conclue par le crash explosif des deux véhicules. L’un des conducteurs réussi à s’en sortir et erre dans les parages avant de tomber sur un clochard qui va lui trouver un endroit où passer la nuit. Tous deux se rendent dans un hôtel, ancienne église reconvertie, tandis que le shérif et son adjoint enquête sur l’accident. Ils découvrent le second automobiliste parfaitement indemne, lequel leur apprend qu’il est à la poursuite d’un voleur et que des choses atroces risques d’arriver s’ils ne font rien pour le retrouver…


Première constatation, le film démarre sur les chapeaux de roues avec cette poursuite sous fond de l’excellente Hey Man Nice Shot de Filter. Les connaisseurs des Contes savent qu’il ne faut jamais se fier au apparence et que l’histoire va nous révèler une surprise quant aux origines et aux motivations de ces deux personnages, et c’est d’ailleurs là-dessus que joue le premier quart d’heure du film: l’un blouson noir, nerveux et qui ne met pas très en confiance, l’autre bien propre sur lui, calme et vêtu façon Walker Texas Ranger. En a peine quelques scènes le charisme des acteurs agit tout de suite. Un très bon choix de casting que d’avoir prit William Sadler et Billy Zane, dans les rôles principaux.

Le meilleur point de Demon Knight demeure son histoire relativement originale où l’éternel combat du Bien contre le Mal, littéralement, n’a jamais semblé aussi désespéré. En reprenant à son compte les origines de la Génèse et du Saint Graal, le scénario y va de sa propre mythologie: l’idée est qu’ici le « Graal » est en fait une ancienne relique en forme de clé, autrefois possédée par les démons avec six autres afin de capter le pouvoir du cosmos. Lorsque Dieu dit « Que la Lumière soit », il dispersa alors les créatures des Ténèbres et leurs artefacts, permettant aux humains d’hériter de la Terre. Des millions d’années plus tard, les forces du Mal ont pu retrouver six de leurs reliques, la dernière se trouvant dans notre monde. Dieu remplit l’objet avec le sang du Christ, juste après sa crucifixion, pour la protéger, puis la confia à un homme alors marqué par le tatouage de sept étoiles dans le creux de sa main. Fuyant le Demon Knight, un envoyé du Diable, le protecteur de la clé doit agir selon certaines règles et passer le relais à quelqu’un d’autre lorsque les étoiles sont alignées dans un ordre précis, quitte à en mourir.


Une histoire étonnement soignée par rapport à ce que l’on s’attendait et très différentes des critères habituels des Contes. Une qualité de travail qui ne peut que pousser le film vers le haut, d’autant plus que la mise en scène d’Ernest Dickerson évite les poncifs et les écueils qui aurait pu handicaper un tel projet. Le récit est tout aussi excitante sur le papier qu’à l’écran et on ne peut que féliciter les responsables d’avoir dépassé le simple cadre d’adaptation d’un show télévisuel pour livrer un véritable film. Si contraintes économiques il y a eu, celles-ci ne sont pas ressenties et le huis-clos qui s’installe fonctionne à merveille. La majorité des petites productions ont bien souvent recours à ce stratagème pour limiter le nombre de personnages et de décors, et le procédé devient généralement synonyme de petit budget, mais bien heureusement il s’incorpore ici parfaitement à l’histoire.

L’atmosphère sombre, déprimante même, du film nous montre un univers où il en faut peut pour que le Mal triomphe. Tout se joue sur un petit groupe totalement isolé du reste du monde, attaqué en pleine nuit par une horde démons au look tribal, particulièrement hargneux, mais aussi par leur chef, terrible tentateur qui a tôt fait de vous trahir pour prendre votre âme. Les protagonistes tombent comme des mouches, tour à tour dépecés ou transformés en créatures infernales aux yeux verts fluo.

(...)


Texte incomplet car j'ai arrêté là ma rédaction. Ci-dessous quelques notes qui devaient figurer dans l'article complet:

• Scène coupée du Cryptkeeper tirant au Uzi dans une cellule de prison (bande-annonce)
• Quelques concepts comme celui de détruire les démons en leur tirant dans les yeux, furent utiliser par les scénaristes Ethan Reiff et Cyrus Voris pour leur série télé Brimstone (1998)
• La réplique "Turn if off ! My nipples are smokin' !"