mercredi 29 mai 2013

Hannibal (Ep. 1.08)

Ep. 1.08
Fromage


Et bien je dois avouer m'être bien trompé concernant le devenir du personnage de Franklyn, le patient qui s'intéressait d'un peu trop près au Dr. Lecter. J'imaginais que celui-ci servirait de porte de sortie au cannibale, qui couvrirait ainsi ses activités, mais Fromage prend une direction différente et c'est tant mieux ! L'épisode se focalise ainsi sur Tobias, le "meilleur ami" de Franklyn qui l'accompagnait à l'opéra la dernière fois. Sans grande surprise, celui-ci se révèle être un véritable psychopathe et sa brève entrevue avec Hannibal Lecter n'avait rien de fortuite. Car Tobias a un plan impliquant le meurtre de son camarade ET de son psy.
Cependant, alors qu'il devait passer à l'acte, le tueur en série a fini par découvrir la véritable nature du Dr. Lecter et semble maintenant plus intéressé par partager
avec lui ses passions. Une aubaine pour le cannibale qui se sentait terriblement seul, mais celui-ci est-il vraiment enclin à partager sa vie avec un confrère homicide ? Rien est moins sûr. Il va d'ailleurs se servir de la situation pour "tester" Will Graham et voir si ce ne serait pas lui finalement, qui serait un compagnon digne d'intérêt...


Le récit se resserre une nouvelle fois autour d'Hannibal Lecter et le fait avec brio. Son tête-à-tête avec Tobias est pour le moins surprenant et totalement imprévisible, surtout quand chacun avoue à l'autre qu'il était une victime potentielle ! Hannibal invite Tobias à dîner dans l'idée de se débarrasser de lui, jusqu'à ce que ce dernier raconte l'avoir suivit un soir dans le but de le tuer, y renonçant en découvrant que le psychiatre est également un meurtrier.
On imagine alors déjà une sorte d'alliance se former entre les deux personnages, en tout cas un rapport où Hannibal exploiterait pleinement la folie meurtrière de son compagnon. Après tout le cannibale souffre de solitude et Tobias pourrait combler le vide, d'autant plus qu'il partage cette passion pour l'Art et la Mort au point de mêler les deux ensembles.
Violoncelliste et luthier, Tobias utilise les boyaux de ses victimes pour en faire des cordes d'instruments qu'il revend ensuite à ses clients. Dans l'espoir d'attirer l'attention de son semblable, il va même mettre en scène une composition macabre en créant une véritable contrebasse humaine, utilisant les cordes vocales de sa victimes sur laquelle il greffe manche et cheviller !


Évidemment l'équipe de Crawford mène l'enquête et alors que Tobias s'attend à la visite des Autorités, qu'il prévoit tranquillement d'assassiner afin de prouver à Hannibal son efficacité dans le domaine du meurtre, le psychiatre décide d'utiliser la situation pour clarifier certaines choses: souhaite t-il réellement d'un alter ego démoniaque pour ami ou bien cherche t-il au contraire quelqu'un de différent, capable de voir les choses sous un autre angle ? Will Graham semble le candidat idéal, son opposé total avec qui il est parfois en désaccord mais qui est capable de l'écouter. Un homme qui serait même suffisamment intelligent pour découvrir la véritable personnalité du Dr. Lecter derrière le masque de galanterie.
Puisque Tobias et Will forment en quelque sorte les deux facettes d'une même pièce, quoi de mieux que les confronter l'un à l'autre pour voir lequel saura s'en sortir ? C'est un jeu dangereux auquel se livre le psychiatre et le dénouement ne le laissera pas indemne. Pire, il risque peut-être même d'attirer un peu trop l'attention de la police sur lui...


Fromage est le genre d'épisode qui fait réaliser qu'une série a su trouver ses marques. Une preuve que la machine Hannibal est parfaitement rodée et qu'elle doit continuer sur sa lancée. Les personnages n'ont jamais été autant captivant que depuis ces dernières diffusions et nous sommes dans cette phase où le spectateur régulier attend la suite avec impatience.
Rarement une série télé n'aura fait preuve d'une telle ambiance, poétiquement macabre, sorte de cauchemar éveillé nous offrant des visions absolument dantesques comme lorsque Will Graham se met à jouer quelques notes sur les cordes vocales de la victime de Tobias. Même MilleniuM n'avait pu se permettre d'aller aussi loin, et d'ailleurs il est permis de considérer Hannibal comme son juste successeur. Lance Henriksen viendra justement jouer les guest dans le prochain épisode, et je pari que cela n'est pas une coïncidence.
Mais outre cette atmosphère oppressante, c'est le récit qui a trouvé son rythme. Les évènements s'enchainent beaucoup mieux, alternant entre les différents protagonistes maintenant installés et évitant quelques lourdeurs dans les dialogues comme en début de saison, et les relations se développent subtilement, en témoigne ce regard de soulagement de la part d'Hannibal lorsqu'il réalise que Will a survécu à sa visite chez Tobias.


Le scénario pousse l'instabilité de Graham un peu plus loin, le rendant victime d'hallucinations auditives. Des plaintes d'animaux qui ne sont pas sans évoquer les fameux bêlements du Silence des Agneaux. Le profiler est plus que jamais fragilisé, au point de se laisser aller à ses sentiments en embrassant le Dr. Alana Bloom. Le premier moment de tendresse de la série, et c'est réussi !
Mentionnons aussi le duel final entre Hannibal et Tobias qui vient nous rappeler qu'aussi charismatique soit-il, le psychiatre n'en demeure pas moins un véritable prédateur capable de tout. Il peut vouloir protéger son patient, Franklyn, et finalement l'assassiner lui-même l'instant d'après, sans aucune hésitation ! Quant à Jack Crawford, il laisse entrevoir un soupçon de doute quant à la version des faits du cannibale, ce qui aura sûrement son importance un peu plus tard cette saison.
En attendant ce dénouement, il est permis de rêver de cette seconde saison où David Bowie interpréterai l'oncle d'Hannibal Lecter.

La réponse de NBC se fait franchement attendre...


vendredi 24 mai 2013

Doctor Who (Ep. 7.13)


Ep. 7.13
The Name of the Doctor

Ça y est, voilà le season finale de Doctor Who saison 7 et commençons par remercier tout ceux qui ont eu la chance de voir l'épisode en avance de ne pas avoir ruiné la conclusion à travers la Toile. Car même en faisant attention, on a vite fait d'être les victimes d'horribles spoilers et River Song n'approuverait pas !
Avec juste 45 minutes pour répondre à un grand nombre de questions, dont l'une très importante qui donne son titre à l'aventure, il y avait quand même de fortes craintes à avoir en ce qui concerne le scénario qui pourrait paraître trop précipité. Après tout entre le Nom du Docteur, le mystère de Clara, le retour de la Grande Intelligence et la présence de Madame Vastra, Jenny et Strax, il y avait beaucoup trop d'éléments pour que tout puisse couler de source.
Et malheureusement ces inquiétudes sont fondées puisque The Name of the Doctor apparaît, encore une fois, comme un épisode en demi-teinte: une histoire intéressante et bourrées d'idées mais allant beaucoup trop vite et pas assez développée. Le bilan est comparable aux dernières diffusions de la série et on est en droit d'être un peu déçu.



Mais cela ne veut pas dire que l'épisode est un gâchis, bien au contraire ! Le récit nous emporte du début jusqu'à la fin et nous met dans le bain en nous montrant rien de moins que le célèbre vol du TARDIS par le Docteur à Gallifrey ! Plusieurs autres incarnations du Docteur apparaissent ensuite, chacune croisant brièvement le chemin de Clara. Celle-ci est incrustée à l'ancienne, comme pour mieux se confondre avec les effets vidéos datés, et tente quelques interactions. Nous apprenons que le Docteur, tous les Docteurs, sont en danger et que Clara, toutes les Clara, sont nées pour le sauver.
Ainsi s'amorce l'épisode anniversaire qui fêtera les 50 ans du show. Un véritable retour aux sources, comme on pouvait s'y attendre de la part de Moffat, et qui n'est pas là juste pour faire jolie puisqu'il s'agit du cœur même de l'intrigue. Les multiples vies du Docteur sont au centre de toute l'affaire et du coup il ne faut plus s'étonner de l'utilisation répétées de la réécriture du Temps et de l'Univers, ou de l'utilisation du voyage dans le Temps pour explorer des timelines privées (Amy et Clara). Cette thématique arrive à sa conclusion et se rapporte maintenant au Docteur sur qui on apprend quelques belles surprises.



Le point de départ est le suivant: le Docteur possède un grand secret qu'il emportera avec lui dans la tombe. Une rumeur prétend qu'on la découvert. Madame Vastra enquête, impliquant Clara et River Song, mais le groupe est attaqué par d'étranges créatures en chapeau haut-de-forme: les Whisper Men, des sbires de la Grande Intelligence qui capturent Vastra, Jenny et Strax pour forcer le Docteur à se rendre sur Trenzalore où il l'attend pour une ultime confrontation.
Seulement voilà, ce qui a été découvert n'est pas le secret du Docteur mais sa tombe. Trenzalore est le lieu de repos du Timelord et également le seul endroit de tout l'espace-temps où il n'est pas censé se trouver, sous peine de créer un important paradoxe. Pour sauver ses compagnons le Docteur n'hésite pas à instant, quitte à devoir lutter contre son propre TARDIS pour se rendre sur place. Là, ils sont attaqués par les Whisper Men mais Clara peut compter sur l'aide de River Song, qu'elle semble être la seule à voir et entendre...
Mais que désire donc l'Intelligence pour que cela nécessite de confronter le Docteur à sa dépouille ? Et en quoi The Impossible Girl est associée à cela ? Et bien disons que ceci est une simple question de voyage dans le temps et que la vérité semble toute simple lorsqu'elle nous est enfin présentée. En revanche les fils rouges des saisons précédentes (les fissures dans le Temps et l'origine de l'explosion du TARDIS) ne sont pas évoqués et je vois encore assez mal en quoi ils sont vraiment liés à tout ça...
A moins que, encore une fois, le showrunner ne nous réserve quelques surprise pour l'avenir !




En fait ce n'est pas la première fois que l'idée de placer le Docteur face à sa tombe est utilisée et déjà en 1985, dans Revelation of the Daleks, le 6ème Docteur rencontrait son monument funéraire lors d'un piège mis en place par Davros. Mais avec Moffat au commande, on peut être sûr que l'idée prend des proportions incroyable et cela au sens propre !
The Name of the Doctor regorge de trouvailles que l'on aimerait voir exploitées un peu plus, la première étant donc le tombeau du Docteur qui s'avère être son propre TARDIS. S'élevant parmi les innombrables sépultures de Trenzalore, une sorte de planète-cimetière, le célèbre vaisseau est également mort, se dégradant. Après la fuite temporelle de Journey to the Centre of the TARDIS, c'est maintenant une fuite de dimension qui est évoquée, entrainant un déplacement du "bigger on the inside" vers l'extérieur ! Mille fois hélas, le voyage dans ces fantastiques catacombes s'avère tout aussi décevant que celui de l'épisode sus-cité et il est fort regrettable qu'un tel concept ne soit pas utilisé à sa juste valeur. Pensez à l'aventure que cela aurait pu faire, croisant Doctor Who avec Indiana Jones...
On est en droit de trouver la chose un peu gratuite surtout qu'elle ne sert finalement qu'à poser un joli décor, un peu comme le parc d'attraction de la semaine dernière. De la même manière on retrouve beaucoup d'éléments Moffatiens qui sentent le recyclage: la "mort" de Jenny, les Whisper Men et même le retour de River Song qui n'est finalement justifié que pour contourner la problématique que représentait le Nom du Docteur...



En toute sincérité, c'était couru d'avance. Le nom du Docteur ne nous est pas dévoilé et il ne le sera jamais. Le Docteur a toujours été Le Docteur et que nous apporterait donc de savoir son patronyme ? L'univers étendu nous a bien fait découvrir ceux du Maître et The Rani sans que cela ne change quoique ce soit aux personnages, sans compter le fait qu'il n'y avait aucun moyen que la révélation ne soit à la hauteur du hype.
Du coup, qui de mieux que River Song pour outrepasser ce petit problème ? Après tout celle-ci est le seul personnage à savoir ce fameux nom (ce fut adressé une saison plus tôt) et Moffat n'a plus qu'à jouer au prestidigitateur pour tromper son public. Car le Nom du Docteur n'est pas le secret. Il est la clé pour entrer dans sa tombe, but ultime de la Grande Intelligence. Et tandis que les deux ennemis assurent le spectacle, River n'a plus qu'à ouvrir la porte hors champ. Un simple jeu de mise en scène, vraiment, et à ce niveau je serais presque tenté d'applaudir.



Alors c'est sûr, dit comme ça, on dirait presque une grosse arnaque et il faut avouer que c'est le genre de truc qui peut faire sortir de l'épisode, mais heureusement The Name of the Doctor sait emporter son spectateur. Lorsque le Docteur pleure à la mention de Trenzalore, lorsque la Grande Intelligence déchire son enveloppe humaine pour ne révéler que du vide et enfin lorsque Clara se projette dans la timeline du Docteur, croisant un bref instant les silhouettes de ses divers incarnations.
Mais surtout l'histoire garde un dernier atout dans sa manche pour finir en beauté, avec l'apparition d'un tout nouveau Docteur incarné par... John Hurt ! Le 12ème Docteur? Bien sûr que non, la BBC ne pouvant se permettre un acteur de sa trempe sur le long terme.
Son identité est gardée secrète pour l'anniversaire mais soulève déjà pas mal de rumeur. J'aimerai croire qu'il s'agit là du Valeyard, qui est justement cité par la Grande Intelligence durant l'épisode et qui avait en quelque sorte été réintroduit précédemment avec le personnage du Dreamlord en saison 5. Mais peut-être s'agit-il de The Other, ce mystérieux Timelord de la série Classique...
La théorie la plus prisée reste celle du Real 9th, le véritable 9ème Docteur qui ferait en fait le pond entre Paul McGann et Christopher Eccleston.



Il nous faudra attendre encore six mois pour en savoir plus, et en attendant je ne peux que vous conseiller de revoir The Name of the Doctor pour rester dans le bain et en apprécier les petits détails moins probant. Richard Grant dans le rôle de l'Intelligence, toujours parfait, le look des Whisper Men, cauchemardesque à souhait, et cette bonne idée de pouvoir voyager dans le temps à travers les rêves (qui semble confirmer que Vastra, Jenny et Strax auront leur propre spin-off un de ces jours).

Je vais peut-être pinailler un peu, mais si un TARDIS en fin de vie se met à grandir, n'était-ce pas une idée terriblement dangereuse que de choisir de le laisser mourir sur Terre, tel que le suggèrait le 9ème Docteur au season finale de l'année 2005 ?



mercredi 22 mai 2013

Jason vs. Leatherface (1995)


Jason vs. Leatherface
(1995)


Dans les années 90, la compagnie Topps, particulièrement connue pour ses cartes à collectionner, possédait une division dans l'édition comic-book. Elle fut par exemple à l'origine de la série Cadillacs and Dinosaurs, mais elle était surtout spécialisée dans les titres à licences avec des publications basées sur X-Files, Jurassic Park ou encore Hercules et Xena. En 1993, Topps Comics sort une adaptation de Jason va en Enfer pour promouvoir le film puis emprunte le personnage pour l'un de leurs titres originaux, Satan's Six, en guise de clin d'œil.
De leur côté, les cannibales texans ont également connus une déclinaison papier avec l'adaptation de Leatherface en 1991, chez un tout petit label (Arpad Publishing).
Les deux franchises devront attendre pas mal de temps avant de retrouver une place dans l'industrie de la bande-dessinée, ce qui arrivera en 2005 chez Avatar Press, mais avant ça elles ont pu se croiser au sein de cet improbable crossover qui tient du rêve de fan. 



L'idée de confronter deux grandes figures du cinéma d'Horreur n'a rien de nouveau, et dans ce cas précis il y à fort à parier que c'est le projet Freddy vs. Jason qui en est à l'origine. D'autant plus que celui-ci était encore extrêmement frais dans toutes les têtes à cause du clin d'œil final de Jason va en Enfer, justement repris dans l'adaptation de Topps Comics.
Maintenant, le choix de Leatherface comme adversaire pour Jason peut sembler assez étrange puisque les personnages sont plutôt éloignés l'un de l'autre à cette époque. Jason est maintenant un mort-vivant indestructible et c'est plus sa version humaine, l'homme des bois apparaissant dans les épisodes 2, 3 et 4 de la série, qui aurait mieux convenu pour mettre les personnages au même niveau. Car en l'état, le combat semble joué d'avance.
Et c'est là que Jason vs. Leatherface apparaît comme une énorme surprise. Contrairement à ce que le titre laisse sous-entendre, le récit ne traite pas vraiment d'une lutte sanglante entre les deux tueurs et c'est plutôt une véritable "bromance" qui s'installe entre eux, l'un reconnaissant chez l'autre des similarités troublantes ! C'est presque main dans la main que Jason et Leatherface parcourent les pages de ce comic-book, l'intrigue se concentrant avant tout sur la potentielle adoption du zombie de Crystal Lake par la famille Sawyer.
Un choix audacieux de la part de l'auteur, Nancy A. Collins, a qui l'on doit les livres sur la vampire Sonja Blue et qui aurait pu se contenter de bien moins original. Avec l'aide d'un certain David Imhoff, elle met au point un récit qui va portant explorer comme jamais la psyché défectueuse de Jason Voorhees et donner une raison plausible à cette étrange situation.



Son histoire se déroule à une époque non définie, mais faisant clairement suite aux évènements de Jason le Mort-Vivant (aka. Friday the 13th Part VI: Jason Lives) où celui-ci finissait prisonnier au fond d'un lac. Immortel et toujours conscient, Jason ne désespère pas se libérer un jour pour continuer son odyssée sanglante mais il ignore que ses méfaits ont eu de fâcheuses répercutions sur Crystal Lake.
Le camp d'été autour duquel il rôdait continuellement a été détruit et une usine de produits chimiques s'est construite à sa place, saccageant l'environnement avec ses rejets de déchets toxiques. Lorsque la compagnie responsable est contrainte de délocaliser l'entreprise à cause de leurs actions, les eaux polluées du lac sont alors stockées pour être expédiées au Mexique. A l'insu de tous, Jason est aspiré dans le container et il ne lui faut pas longtemps pour s'en extraire.
Massacrant le personnel du convoi, le mort-vivant provoque un accident et se retrouve relâché dans la nature... En plein Texas. Son errance l'amène à Sawyerville, où il croise le chemin de deux autres tueurs: l'Autostoppeur et Leatherface, des frères cannibales en pleine chasse.
Mais alors que les Texans s'attaquent à Jason, celui-ci perçoit quelque chose de familier en la personne de Leatherface et préfère gagner leur confiance en tuant une victime innocente de passage. Surpris, les deux frangins pensent alors avoir affaire à un confrère anthropophage et le ramène chez eux pour fêter ça...



Si le point de départ est un peu tiré par les cheveux, avec son excuse grossière pour transporter Jason hors de son habitat naturel, il est amusant de voir a quel point le scénario balaye d'entrée de jeu sa promesse (Jason contre Leatherface) pour prendre une direction différente.
Le "combat" est expédié en quelques cases, affichant – et à raison – Jason Voorhees vainqueur. Sa force surnaturelle lui permet de désarmer son adversaire mais sa réaction suivante est tout à fait inattendue puisqu'il ramasse la tronçonneuse et la rend respectueusement à Leatherface. Impensable, car Jason n'a toujours été qu'une machine à tuée incapable de raisonnement ! Et pourtant le récit met un point d'honneur à nous projeter dans sa tête. Celui-ci est tout aussi perdu que nous, se découvrant des émotions étrangères qui l'affectent suffisamment pour modifier son comportement. Incertain de la manière dont il doit réagir, Jason observe et écoute alors que la famille Sawyer se présente à lui...
Les raisons de ce trouble ne sont jamais pleinement dévoilée, mais il est fortement suggérer que cela est dû au changement d'environnement, comme si la connexion entre Jason et le lac de Crystal Lake était physique. Privé de ce repère, le personnage n'est plus tout à fait le même et commence à évoluer différemment, faire des choix différents et progressivement se transforme en un autre Jason.
Certain pourrait crier à la trahison puisque le mort-vivant réagit en totale contradiction avec sa version cinéma (d'autant que Jason Takes Manhattan, qui transposait également Jason hors de son terrain familier, ne laissait entrevoir aucun changement), mais ce serait une erreur.



Tout l'intérêt de Jason vs. Leatherface réside justement dans ce rôle passif qui lui est attribué, en opposition totale avec l'attitude exubérante des Sawyer. Leurs actions intriguent Jason et des liens se crées, en particulier avec Leatherface puisque les deux personnages ont beaucoup en commun. Le masque tout d'abord, cachant chez l'un comme l'autre une difformité qui est certainement à l'origine de leur folie et dont ils ont honte, mais aussi la maltraitance. Brutalisé par son frère, le cannibale évoque à Jason des souvenirs de son enfance, lorsqu'il était lui aussi une victime...
Tout le principe du récit repose donc sur ces observations et le flot d'émotions qu'emmagasine Jason au contact des Sawyer, jusqu'au point de saturation qui arrivera bien entendu au final. Ces interactions sont généralement très drôle, comme lorsque The Cook fait part de son rêve d'ouvrir un restaurant de grande cuisine, mais elles sont surtout étrangement poétique à leur manière, à la manière de cette scène où Jason explore le grenier et découvre le grand-père au chevet de son épouse décédée depuis des années.  Des tranches de vie inattendues qui humanisent carrément nos monstres de héros au point de nous faire presque oublier leur nature maléfique, et espérer qu'ils puissent trouver la paix !
Il faut voir The Cook confesser avoir fait la promesse de s'occuper de ses frères sur le lit de mort de sa sœur aînée, sacrifiant son propre avenir au passage...



La conclusion, inévitablement tragique, nous ramène finalement à la confrontation tant attendue. Quand bien même on voudrait croire jusqu'au bout que Jason et Leatherface puissent devenir frères, cela ne peux pas arriver, surtout pas avec cet électron libre qu'est The Hitch-Hiker. Celui-ci apparaît d'ailleurs comme le véritable vilain de l'histoire, le seul du lot à ne pas être humanisé d'une manière ou d'une autre. Il n'y a aucune excuse ou explication derrière ses actions et contrairement à ses paires, il aime ce qu'il fait. Il ne possède pas l'esprit d'une enfant comme Leatherface, ne fait preuve d'aucune empathie pour sa propre famille et va jusqu'à reprocher à Jason de tuer trop vite ses proies. Il avoue même à demi-mot qu'il viol les femmes qui croisent son chemin !
Sa rencontre avec Jason fait des étincelles et lorsque le premier va trop loin, le second retrouve ses vieilles habitudes. Les pulsions du tueur au masque de hockey ne pouvaient être contenues éternellement et malheureusement, lorsqu'il s'agit de protéger sa famille, Leatherface ne se fait pas prier. Ainsi a lieu le véritable affrontement du titre, Jason vs. Leatherface, patiemment construit tout le long de l'intrigue et possédant alors une sincère signification.
Jason va pourtant décliner le combat face à celui qui lui ressemble tant et le fan qui s'attendait à une vrai baston sera déçu. Mais l'importance n'est pas tellement l'affrontement mais plutôt ce qui en découle.



Et finalement, en perdant Jason, Leatherface trouve la force de tenir tête à son frère. Le choc des titans ne s'achève pas par une simple notion de score mais par une marque de respect, le cannibale choisissant de préserver l'intimité de Jason en empêchant The Hitch-Hiker de lui ôter son masque. Un geste conséquent lorsque l'on sait quelle importance ce secret à pour lui (il cache son propre visage lorsqu'il est surpris, démasqué, par Jason). De la même manière, The Cook décidera de ne pas cuisiner le mort-vivant, considérant que cela ne serait pas "bien".
Tout se terminer par des funérailles où Jason est abandonné dans un lac voisin, Leatherface décidant de lui remettre sa machette en supposant qu'elle lui est spéciale (comme pour lui et sa tronçonneuse). Une manière de ramener le "vrai" Jason, son caractère naturel revenant aussitôt qu'il retrouve un environnement familier, et de fermer cette curieuse parenthèse dans son existence...
Rarement un crossover de type "versus" ne sera allé aussi loin dans l'étude de ces personnages. Jason vs. Leatherface transcende son concept pour lui donner corps, logique et même une dimension tragique comme on en croisait à l'époque des monstres "classiques" (Dracula, Frankenstein, etc).



Mais que le fan des franchises débridées soit rassuré, le comic-book évite de se prendre trop au sérieux et affiche aussi le même type d'humour fantasques que les films dont il s'inspire (les couvertures n'indiquent-elles pas "suggested for demented readers" ?).
La famille Sawyer boit du Kool-Aid pour accompagner leurs plats, Jason se montre impitoyable au point de trancher en deux le pauvre chien qui s'attaque à sa jambe et les créations de l'Autostoppeur, divers objets constitués d'ossements et de cadavres, sont dignes de Massacre à la Tronçonneuse 2.
De manière amusante on peut remarquer que le Crystal Lake a été localisé tout au nord des États-Unis, dans l'état du Vermont, comme pour bien marquer la différence avec le sud du Texas, et quelques clins d'œil aux deux séries sont disséminés ici et là: The Hitch-Hiker se lacère la main comme dans le premier film, la disparition d'Elias Voorhees (le mystérieux père de Jason, jamais vu dans les films) est éclaircie et le véritable nom de The Cook nous est donné comme étant "W.E.", ce qui donne tout de suite plus de sens à l'intro de Massacre à la Tronçonneuse III.
Relevons tout de même de petites erreurs, comme le fait que la mère de Jason se nomme ici Doris ou que la grand-mère Sawyer (la version géante aperçue dans Massacre à la Tronçonneuse 2) est appelée Tante Amelia,  mais il s'agit de détails minimes sans importance.



Réussite absolue et, à vrai dire, rarement égalée dans le registre des comics horrifiques, Jason vs. Leatherface vaut beaucoup plus qu'il ne le laisse paraitre et s'affiche comme l'une des approches les plus original des deux sagas.
Nancy Collins met à profit ses quelques années passées sur l'excellente série The Swamp Thing qu'elle recycle ici à travers Jason (son rapport au lac, la manière dont il influence ses actions et ses pensées, tout comme le marais est indispensable au personnage de Alec Holland) et le graphisme de Jeff Butler convient parfaitement au sujet, bien qu'un peu perfectible par moment (les visages humain paraissent parfois trop semblables). Quant aux superbes couvertures de Simon Bisley, très dynamiques, elles évoquent fortement le célèbre magasine Heavy Metal et contribuent au charme de cette bande-dessinée.


 Un hommage bien particulier au tableau "Freedom From Want", de Norman Rockwell


http://i.imgur.com/LgQeAdE.jpg   http://i.imgur.com/kuIwldY.jpg   http://i.imgur.com/15miuKz.jpg

Deux textes traitant du cinéma d'Horreur ont été intégré aux premiers numéros de
Jason vs. Leatherface. Le premier, signé C. Dean Andersson (un obscure romancier horrifique, peut-être un confrère de Nancy Collins) s'intitule Halloween Chainsaw Hockey et se rapporte au tueurs des séries Halloween, Vendredi 13 et Massacre à la Tronçonneuse. En tout honnêteté, l'article est quasiment incompréhensible et se contente n'affiche que les divagations de l'auteur sur les origines des trois personnages et les problèmes de continuité entre les films, sans aucune structuration. Andersson cite quelques anecdotes, se pose la question sur ce qui nous fascine dans la violence au cinéma et parle de ses films d'horreurs préférés. Et c'est tout. La seule chose amusante est sa demande qu'un comic-book soit créé pour faire le pont entre Jason Takes Manhattan et Jason va en Enfer. Nettement plus intéressant, Keep Telling Yourself "it's only a movie..." (écrit par Ric Meyers, rédacteur chez Fangoria) établit une courte mais intéressante rétrospective du cinéma d'Horreur depuis les classiques de la Universal jusqu'aux succès de l'époque (Le Silence des Agneaux et Seven), en passant par l'Âge Atomique des années 50 et la période gore de Herschell Gordon Lewis. Mais ces deux chroniques sont tout à fait dispensables et ne devraient pas retenir l'attention du lecteur.


samedi 18 mai 2013

Texas Chainsaw 3D (2013)


Texas Chainsaw 3D
(2013)


Faisons un point très rapide sur la série Massacre à la Tronçonneuse. L'original est un film culte et un chef-d'œuvre du film d'Horreur, inégalé et inégalable. Hormis les multitudes d'imitations qu'il a engendré au fil du temps, on retrouve plusieurs "suites" qui ne sont pas vraiment connectées entre elles. En fait à part Massacre à la Tronçonneuse 2 réalisé par Tobe Hooper, qui est effectivement une séquelle direct de l'original (malgré une rupture de ton tellement énorme qu'on ne le croirait pas), les autres films agissent plus comme des pseudo remakes. Leatherface et Texas Chainsaw: The Next Generation font chacun quelques références au premier film mais établissent leur propre univers, totalement indépendant.
En quelque sorte, chacun d'eux est un Massacre à la Tronçonneuse 2 alternatif. Ne comptons pas le remake de 2003 et sa préquelle, qui conçoivent leur propre histoire, et venons en à ce Texas Chainsaw 3D qui reprend la tradition et que nous pourrions presque retitrer Massacre à la Tronçonneuse 5 pour l'occasion. 



Le film semble en avoir surpris plus d'un dans sa décision d'offrir une suite direct à Massacre à la Tronçonneuse. Il est vrai qu'environ quarante ans plus tard, il paraît étrange et même compliqué de raconter ce qu'il advient de la famille Sawyer après la fuite de Sally Hardesty sans avoir à utiliser quelques ficelles scénaristiques.
Pourtant l'introduction nous ramène juste après la conclusion du premier opus, les Autorités débarquant sur place quelques instants après que Sally se soit présentée au poste. Le shérif demande à Drayton Sawyer (The Cook) de venir se rendre avec son frère mais l'arrestation est interrompue par une bande de rednecks venus faire Justice eux-mêmes. Évidemment la situation dégénère vite et une fusillade éclate, laissant le clan Sawyer sur le carreau.
Seul un bébé survit au drame, le plus jeune membre de la famille qui est récupéré en cachette par l'un des Texans et sa  femme. La suite se déroule naturellement une vingtaine d'année plus tard lorsque le nourrisson est devenu une plantureuse jeune femme, laquelle va alors découvrir l'horrible secret de ses origines...



Honnêtement ce point de départ en vaut un autre et semble déjà beaucoup plus clair que ceux de Leatherface et Next Generation.
Certes il semble lorgner du côté de Devil's Reject a qui il reprend à peu près tout, du siège de la maison à la résistance musclée du clan (et ça fait bizarre de voir des Sawyer brandir des fusils pour se défendre), avec les pertes qui en découlent, mais au moins Texas Chainsaw 3D à le mérite de ne pas juste répéter la formule maintes fois utilisée de l'original, ce qui avait justement plombé le dernier épisode en date.
Passé la déception de ne pas pouvoir retrouver les personnages originaux réunis pour une nouvelle aventure, il faut reconnaître que l'histoire tente quelque chose de nouveau en plaçant Leatherface dans une situation différente. Plus vieux, privé de sa famille, il vit reclus dans les sous-sols d'un manoir et rumine sa vengeance.
Et pourtant, problème il y a. Celui-ci vient avant tout de l'exécution de ce prologue, qui finalement ne se rattache absolument pas au film que l'on connaît. Pourquoi ? Parce que subitement la famille Sawyer s'agrandit, et pas qu'un peu.



On se doutait bien qu'il faudrait probablement rajouter un nouveau membre de la famille pour que la présence de ce bébé soit justifiable, et après tout Massacre à la Tronçonneuse 2 et 3 avaient leur façon de faire. Le soucis c'est qu'ici, il n'y a pas d'ellipse temporelle entre les deux histoires pour arranger les choses. Du coup le clan de quatre cannibales compte maintenant une dizaine de personnes que l'on avait jamais vu avant !
Combien y a t-il de frères, de cousins, d'oncles et de tantes dans cette maison et où étaient-ils passés durant les évènements du premier Massacre à la Tronçonneuse ? Car les voir tous sur place quelques instants à peine après l'évasion de Sally sous-entend qu'ils ne devaient pas être bien loin à ce moment là... Sont-ils également des tueurs fous ? Des cannibales ? Comme si tout cela n'était pas assez confus, voilà que le film brouille encore plus les pistes en modifiant ici et là l'identité des personnages ! 


Ainsi The Cook est désormais interprété par le vétéran Bill Moseley, qui jouait déjà Chop-Top dans Massacre à la Tronçonneuse 2, le frère caché revenu du Vietnam. Le chef de famille, un dénommé Boss Sawyer, est quant à lui joué par Gunnar Hansen qui fut Leatherface dans le premier Massacre à la Tronçonneuse.
On apprend également que le véritable nom de Leatherface serait Jedidiah, ce qui diffère avec Massacre à la Tronçonneuse 2 où il s'appelait Bubba. Hors, une liste de noms indique pourtant bien la présence d'un Bubba dans la famille ! Enfin l'héroïne du film, Heather, découvre que sa véritable mère est Loretta Sawyer, la fille de Drayton. Cela reviendrait à dire qu'elle est la nièce de Leatherface, pourtant le film semble affirmer qu'elle est sa cousine.
Si vous pensiez que Leatherface et Next Generation étaient bordéliques au possible avec la constitution de la famille (souvenez-vous ce mystérieux W.E. Sawyer), vous n'avez encore rien vu. La preuve, je viens moi-même de galérer quelques temps pour vous résumer la situation ! La présence d'autant de personnages apporte son lot de problèmes (qui sont-ils, d'où viennent-ils, qui est lié à qui ?) mais ceci n'est que la partie visible de l'iceberg.


L'un des gros points noirs du film, le plus évoqué par les critiques, provient de la chronologie du film. Alors certes, ça semble presque secondaire de se soucier de la gestion du temps dans un film portant le nom de Massacre à la Tronçonneuse, mais quand même, ils ont fait fort: Texas Chainsaw 3D se déroule après les évènement du film original, qui ont eu lieu en août 1973, et se concentre sur Heather, qui est maintenant une jeune femme d'une vingtaine d'année. Cependant le récit ne se déroule pas dans les années 90, comme le bon sens le voudrait mais... En septembre 2012 !
Alors de deux choses l'une. Ou bien Heather est âgée de 39 ans malgré son apparente jeunesse (l'actrice avait 26 ans durant le tournage) et traine avec des gens qui ne sont pas de sa génération, ou bien Massacre à la Tronçonneuse s'est déroulé quelque part à cheval entre les années 80 et 90. Quelque chose que l'on aurait peut-être pu gober si le film n'avait pas eu la bonne idée de placer des extraits de son prédécesseur pendant le générique d'ouverture !
Apparemment les créateurs étaient conscients de ce "détail", allant jusqu'à pousser le vice en cachant volontairement les dates qui apparaissent à l'écran. Ainsi les documents de la police n'affichent que le jour et le mois de l'année, et les inscriptions sur des tombes sont camouflées par des hautes herbes... Manque de bol, dans les deux cas on peut quand même relever un 1973 et un 2012 apparents !
Voilà une inconsistance tellement énorme qu'elle suffirait à stabiliser le Plot Hole de To Boldly Flee à elle toute seule...


En vérité, les responsables s'en foutent totalement et auraient même espérés que le public ne remarque rien (véridique !). Outre le fait que c'est clairement prendre les spectateurs pour des cons, cela témoigne également d'un cas de laxisme absolument impardonnable pour une grosse production.
Il n'était pourtant pas bien compliqué de surveiller le script afin de corriger les quelques scènes qui évoque les technologies modernes. Cela aurait créé l'illusion d'une temporalité logique et les spectateurs n'auraient pour la plupart même pas prêtés attention aux quelques anachronismes qui se seraient échappés !
Pourquoi tout simplement ne pas avoir joué la carte du film "d'époque" comme pour les versions de Platinum Dunes ? Ça n'a pourtant pas l'air bien compliqué. Ou bien peut-être espéraient-ils qu'on réajuste notre propre perception du Massacre à la Tronçonneuse pour l'accorder à leur film a ceux ?
Enfin.. Tant pis pour eux car les critiques auront été nombreux à pointer du doigt cette décision aberrante, ce qui n'a pas dû jouer en faveur du film.
En tout cas, voilà un parfait candidat pour favoriser l'utilisation de l'Hypertime comme justificatif de continuité, car c'est la seule chose que j'ai trouvé pour donner un tant soit peut de logique à tout ça. Si vous n'êtes pas familier avec concept, renseignez-vous ! Vous allez voir, c'est un outil bien utile pour suivre les chronologies chaotiques comme celle-ci...


Enfin, dernier gros reproche envers ce Texas Chainsaw 3D, et pas des moindres, c'est sa volonté d'humaniser Leatherface et les Sawyers au point d'en faire... Des gentils !
Incroyable mais vrai, les détraqués cannibales sont ici perçus comme les pauvres victimes d'un horrible lynchage mené contre l'avis de la police et resté impuni des années plus tard. Et peu importe si Leatherface met en pièces les amis d'Heather sous ses yeux, car celle-ci fini par s'allier avec lui pour venger une famille qu'elle n'a jamais connu. Immorale ? Peut-être, mais en l'état c'est surtout complètement stupide. Le pire c'est que cette idée n'arrive même pas comme un cheveux sur la soupe et semble être, au contraire, le cœur même du film !
Dès le prologue les Sawyer sont montrés comme une famille soudée, et alors que le shérif vient faire son travail, c'est uniquement Leatherface qui est désigné comme responsable du massacre. C'est vite oublier à quel point The Cook et The Hitch-Hiker étaient impliqués, mais bon. Ici Drayton montre du regret à devoir livrer son frère à la police et les quelques plans de leur demeure évitent soigneusement de nous montrer les différents corps et trophées d'anciennes victimes.
Chaque photo de famille semble vouloir prouver a quel point les Sawyer formaient une "bonne" famille, une que Heather pourrait regretter de ne pas avoir connu et vouloir rejoindre malgré l'existence de Leatherface. Texas Chainsaw 3D va même jusqu'à pousser la caricature en représentant la famille adoptive de l'héroïne comme un couple white trash détestable.


Cela fait beaucoup de problèmes au sein d'un même film, trois gros défauts qui sautent aux yeux et prennent le pas sur tout le film. Je soupçonne fortement des réécritures orchestrées par les producteurs, car Texas Chainsaw 3D possède pas moins de... Trois scénaristes.
Parmi eux Adam Marcus, responsable du très polémique Jason va en Enfer où il s'amusait déjà à modifier les codes de la saga au point de s'attirer les foudres des fans. C'est peut-être à lui qu'il faut attribuer cette modification du comportement des Sawyer, où l'idée de placer Leatherface dans une situation nouvelle. Celle-ci n'étaient d'ailleurs pas mauvaise et en l'associant avec le personnage d'Heather, il y aurait peut-être eu matière à un film meilleur.
Si le film avait prit son temps pour montrer la jeune femme comme une personne un peu plus perturbée, borderline, peut-être que sa décision de rejoindre les Sawyer auraient été plus crédible. Elle aurait pu se sentir abandonnée, trahie par ses proches, sombrant au point de rejoindre Leatherface, son protecteur, et partir venger sa véritable famille.
C'est honnêtement ce que le film semble vouloir faire, nous la présentant comme une artiste faisant des tableaux à bases d'ossements, comme si elle avait ça dans le sang (comme par hasard, elle travaille en boucherie). Une scène montre même son compagnon la tromper avec sa meilleure amie, ce qui aurait pu amorcer la trahison que j'évoquais plus haut avant que l'idée ne soit abandonnée en cours de route.
Malheureusement le scénario ne semble pas vouloir suivre cette voie et le résultat à l'écran paraît bien bancal. Faire passer le génocide des Sawyer pour une tragédie ne prend pas et il paraît peu crédible que Heather puisse pleurer sur leur sort ou que le shérif décide finalement de couvrir Leatherface, même par culpabilité. Certains personnages disparaissent carrément, comme ce jeune adjoint, faux héros mais vrai pourri qui kidnappe Heather sur ordre de son père.


Le bilan de ce Texas Chainsaw 3D n'est franchement pas fameux et les critiques assassinent sont parfaitement justifiées. Mais malgré ce naufrage, tout n'est pas à jeter et on peut encore y trouver quelques bonnes choses ici et là, comme les très bons effets gore signés Berger et Nicotero. Certaines idées sont à retenir (Leatherface qui coud son masque sur son propre visage !) et le film se permet quelques délires dignes de Massacre à la Tronçonneuse 2 lorsque notre cannibale fouille dans un placard bourré de tronçonneuses ou lorsqu'il se retrouve confronté au Pighead de Saw en pleine fête foraine !
Les plus nostalgiques pourront se montrer sensibles aux nombreux clins d'œil disséminés un peu partout (les robes et maquillages de Leatherface, l'auto-stoppeur, le crépitement de flash et jusqu'au célèbre plan au ras du sol sur les fesses de l'actrice, qui est répété plusieurs fois ici) et au retour inattendu de Marilyn Burns et de John Dugan, qui reprend le rôle du grand-père qu'il a tenu en 1973 !
A leur côté, la belle belle Alexandria Daddario retient l'attention dans le rôle de la Final Girl grâce à ses étranges yeux gris et son petit nombril qu'elle exhibe durant tout le film.


J'aurai préféré conclure sur ces quelques points positifs, hélas il m'est absolument impossible de ne pas évoquer cette ignoble scène façon found footage qui ne sert à rien et que l'on doit probablement à la demande des producteurs pour surfer sur la vague Paranormal Activity. Je le soupçonne fortement puisque le jump scare qui conclu la séquence n'est finalement même pas mis en scène par la caméra embarquée !
Si c'était cette idée qui a justifié que le film se déroule à notre époque, alors ça n'en valait vraiment pas la peine...

  
Aucun mots sur la 3D du film puisque j'ai préféré éviter de m'infliger ça. De toute manière, elle ne me semble pas tellement présente puisque je n'ai relevé que très peu de scènes jouant de l'effet.

vendredi 17 mai 2013

Burner Fighters II – Little Red Hood vs. The Wolf


L'écho des combats a été entendu bien loin.
Des personnages inattendus sont venus régler de vieilles querelles (une histoire de grand mère je crois).
Le feu a encore jailli et la lutte fut longue....

Nouvelle photo de Frédéric Amadu pour son projet Burner Fighters II, où il fait poser différents Artistes de Feu à la manière d'un jeu de combat. Ici, le Grand Méchant Loup utilisant un fouet façon Castlevania contre un joli Petit Chaperon Rouge maniant l'épée de feu !

Ma contribution fut infime, puisque j'ai simplement aidé à tenir et déclencher le flash sur pied pour les prises de vue du Petit Chaperon Rouge, mais ça me donne un prétexte pour placer cette photo ici. D'autant plus que je poserai moi-même dans le rôle de Freddy Krueger pour la prochaine session !

Photo par Frédéric Amadu Photos
Palais de Tokyo, Paris

jeudi 16 mai 2013

Hannibal (Ep. 1.07)

Ep. 1.07
Sorbet

Voilà probablement le meilleur épisode d'Hannibal à ce jour. Et alors que tout le monde retient son souffle en attendant la décision de la chaîne productrice concernant le futur de la série (la réponse n'a pas encore été prise pour d'obscures raisons), je ne peux que croiser les doigts en espérant le feu vert pour un renouvellement de saison.
Sorbet se concentre presque entièrement sur Hannibal Lecter, nous faisant enfin plonger dans son quotidien lorsqu'il ne travail pas avec le FBI. Inattendu puisque Bryan Fuller disait vouloir garder un peu flou les agissements meurtriers du personnage. Deuxième surprise, le récit nous livre une vision très différente de ce que l'on pouvait se faire de la vie d'Hannibal (surtout à la vue de la prestation d'Anthony Hopkins).


Jamais le monstre n'aura semblé si solitaire et son implication avec Will Graham et le FBI semble presque être la seule chose qui lui apporte un tant soit peu d'intérêt. Lorsqu'il n'est plus en consultation, le Dr. Lecter n'a rien à faire, il n'a personne à voir, et Mads Mikkelsen possède une manière tout à fait subtile de dépeindre la gêne que ressent le personnage lorsqu'il se retrouve seul.
Alors que Will ne se présente pas à son entretien, Lecter effleure un temps la télécommande d'une télévision dans l'espoir un peu vain de combler son absence. L'instant d'après, le voilà au sein du FBI pour le retrouver et entamer une conversation.
D'un coup les multiples invitations à dîner qu'il offre régulièrement aux autres protagonistes apparaissent non plus comme les provocations d'un tueur en série (il fait manger la viande humaine en cachette à ses hôtes) mais comme des tentatives désespérées de socialisation ! Une "faiblesse" qui humanise évidemment le personnage sans tomber dans le piège d'expliquer en détail l'origine de sa folie.


L'épisode symbolise encore une fois son thème grâce à une intrigue parallèle. Non pas une affaire criminelle cette fois-ci mais les rapports entre le Dr. Lecter et l'un de ses patients, un homme qui est obsédé par l'idée de devenir un ami parfait. Une sorte de parasite qui s'incruste et fait tout pour gagner l'attention d'un autre, en l'occurrence ici notre cannibale avec qui il souhaite devenir plus intime.
Nul doute que le personnage servira probablement de bouc-émissaire pour permettre au cannibale de se couvrir une fois de plus, mais en attendant il est assez amusant de voir le psychiatre si mal à l'aise devant les divagations de son "admirateur".
L'occasion pour la série d'introduire un tout nouveau personnage, et pas des moindres puisqu'il s'agit de la propre psy d'Hannibal ! Une femme froide et intelligente qui ne se laisse pas duper par l'attitude de celui-ci, capable de percevoir une autre personnalité derrière le masque de courtoisie.  Intriguant, captivant, ce personnage joué par Gillian Anderson (l'Agent Scully !) fait rebondir la série qui s'engage dans une nouvelle direction: Hannibal n'apparait plus comme  un esprit supérieur tirant toutes les ficelles et se retrouve subitement à la même enseigne que les autres protagonistes.


Le reste de l'épisode revient sur l'affaire de l’Éventreur et les terribles conséquences qu'elle a eu sur les Autorités. Jack Crawford sombre petit à petit, victime de cauchemars et d'hallucinations. Il apparait clair qu'il craint de perdre Will comme il a perdu Miriam, et avoue même qu'il compte abattre le tueur lorsqu'il l'aura attrapé.
L'équipe scientifique est dépassée par les évènements et commence à entrer en conflit, incapable de savoir si le nouveau crime qui a été commis est l'œuvre de l’Éventreur ou de quelqu'un d'autre. Et comme si cela ne suffisait pas, Lecter jette le doute dans l'esprit de Will en lui apportant une nouvelle théorie sur la nature des meurtres.
Ainsi déclare t-il que l'assassin est peut-être un faux tueur en série, en fait un voleur d'organes qui maquille ses crimes pour faire diversion sur ses véritables motivations. Et aussitôt, celui-ci tue à la chaine, volant des morceaux de ses victimes pour ses propres besoins !


Bref, le FBI ne sait plus où donner de la tête et nous mêmes n'arrivons plus trop à savoir si le Chesapeake Ripper est supposé être Hannibal Lecter ou un autre criminel. En tout cas l'épisode traite le sujet avec humour et il est permis de rire devant le nombre de cadavres qui arrivent subitement à la morgue, ou de la façon dont le cannibale pratique ses meurtres: il pioche au hasard une recette de cuisine et une carte de visite afin de préparer l'un avec l'autre !
Il faut dire que c'est tout un banquet qu'il prépare pour le public de l'Opéra de Baltimore, et ce sont donc des kilos de viandes qui s'empilent dans son frigo...
Voilà une surprenante façon de mettre en scène la situation mais il pouvait difficilement en être autrement devant l'absurdité de la chose. En prime Fuller ramène encore une fois un de ses personnages, ici Ellen Greene de Pushing Daisies, renforçant un peu plus le petit côté burlesque de l'entreprise.

Pourvu que Hannibal poursuive dans cette voie, et pourvue que la série survive à sa première saison !



mercredi 15 mai 2013

Preview: Gingerdead Man vs. Evil Bong !


Cela fait une éternité que je n'ai pas fait de petite news concernant l'univers du Cinéma Fantastique. A l'époque je faisais ça fréquemment sur mon ancien blog, Le Fantastic Club, et la plupart de ces petits articles n'ont même pas été retranscrit ici. Probablement parce que ce ne sont que de petites annonces sans importances et sans véritable implication de ma part...

Pourtant je ne peux pas m'empêcher de pondre ce petit texte après avoir vu le dernier Vlog (pardon, Vidcast) de Charles Band, qui remonte en fait à la semaine dernière. Je voulais juste me tenir au courant des dernières news pour avoir quelques infos sur les films à venir cet été, mais il faut dire que le grand gourou a eu la bonne idée d'inviter Tim Thomerson avec lui !
L'éternel interprète de Jack Deth et de Brick Bardo semble être passé dans le coin afin d'enregistrer quelques bonus pour le futur Blu-ray de Dollman, ce qui est en soit une très bonne nouvelle ! Et le voilà à plaisanter, s'écroulant de rire à la vue des ridicules Badass Dolls que tente de nous refourguer ce vieux filou de Band.

Mais l'information à relever, c'est l'annonce du projet Gingerdead Man vs. The Evil Bong. On se croirait presque à l'époque de Dollman vs. Demonic Toys, sauf qu'ici les films sont totalement nazes.
Deux trilogies peu recommandables qui cumulent tous les défauts des productions actuelles de la Full Moon (cheap, peu d'acteurs, trois lieux de tournages, un budget effets spéciaux des plus minces) en plus de jamais aller au-delà de leur concept de base.
De ces six films, je ne retiens que Gingerdead Man 2, une satire très amusante de la Full Moon (tout le monde y passe, des fans aux critiques, en passant par les poupées ringardes et les réalisateurs qui n'en ont rien à foutre !), et l'excellent thème musical de Evil Bong.

"The Gingerdead... Man... ?!"

Depuis longtemps je sais qu'il ne faut plus rien attendre de la compagnie, et encore récemment la vision d'Ooga Booga n'a fait que confirmer mon sentiment vis-à-vis de Charles Band, et pourtant... Et pourtant on parle d'un film où un bonhomme de pain d'épice homicide va se battre contre une pipe à eau consciente et pouvant générer une autre dimension !
Je sais que je commets une erreur stupide en m'intéressant à ce film, car il y a de grandes chances que l'on se retrouve avec un navet type Puppet Master vs. Demonic Toys (même si ce n'est pas "officiellement" un film Full Moon), ou une grosse déception comme pour Demonic Toys 2. Je suis même persuadé que je regretterai de l'avoir vu, comme pour chaque nouveau Puppet Master.

Et pourtant je ne peux pas m'empêché d'espérer une bonne surprise, à la manière des deux derniers Killjoy. Il y a tellement de possibilité, surtout dans l'univers totalement barré de la Full Moon. Par exemple,je commence à me demander si les deux personnages ne vont pas carrément s'envoyer en l'air ! Après tout, l'un est un homme, l'autre est une femme, et on connait la passion de Charles Band pour le sexe bizarre et les pantins grotesques !
L'occasion de créer un nouvel avatar, rejeton difforme des deux créatures, n'en serait que trop belle.
De même, puisque le Gingerdead Man faisait un cameo surprise dans le premier Evil Bong, ne peut on supposer qu'il s'agira là d'une préquelle ?

J'ignore en revanche s'il faut s'attendre à revoir Gary Busey ou Tommy Chong pour ce film, l'un comme l'autre n'étant que des invités "prestigieux" sur le premier film des deux sagas et risquant d'engouffrer tous le budget à eux seuls. 
Certes, un poster nous les montrent mais il s'agit d'un artwork combinant les deux posters originaux, vite conçu pour les conventions, et Band lui-même nous dit qu'il sera question de flash-back expliquant la genèse des personnages. Autant dire que leur apparence sera comparable à celle de Tim Thomerson dans Trancers 7. Et rien que ça, ça devrait me mettre la puce à l'oreille...

Quoiqu'il en soit, soyez sûr que je vous en reparlerai. D'ici là, il y aura d'autres films stupides comme ce Unlucky Charms qui met en scènes des créatures mythologiques jouées par des nains. Mais apparemment sans Phil Fondacaro ! C'est tout dire.