lundi 5 décembre 2011

Steampunk Vintage Posters

http://i.imgur.com/Ekmzc84.jpg   http://i.imgur.com/m2f0bpV.jpg

Par "poster vintage" j'entends "grossières et stupides retouches de photos", naturellement. En fait j'ai découvert récemment une nouvelle option sur un petit logiciel de traitement d'images, que j'ai voulu tester. J'ai ainsi jonglé avec quelques filtres et effets, en utilisant les premières photos qui me sont tombées sous la main: des souvenirs d'évènements avec la communauté Steampunk parisienne (et qui ne m'appartiennent même pas, précisons).
Il n'y a aucune raison valable pour partager le résultat, c'est juste une grosse connerie qui m'a occupée dix minute, mais au final ça m'a assez amusé donc voici.

La première est une pseudo affiche de film de série B, titré Dr. Satan's Vampire Gunslinger. En fait juste un cliché du dernier costume en date de Thanh Tithann, un tueur de vampire qui me rappel sensiblement le personnage du Dr. Syn version La Ligue des Gentlemen Extraordinaires.
Notez la faute d'orthographe au pseudonyme, dû à une mauvaise frappe, et qui représente bien la débilité de cet article.
Un poil plus réussie, la seconde est une fausse affiche de propagande, une campagne de recrutement anglaise avec notre cher Lt. Cole Blaquesmith. Rien à dire de plus si ce n'est que la photo originale est de Jean-Michel Gontier (tout droits réservés je suppose, en espérant pas me faire taper sur les doigts pour cette utilisation).

Je devrais sans doute m'excuser de vous faire perdre votre temps avec ça, mais en même temps j'ai sans doute poster encore plus con auparavant, alors tant pis !

vendredi 11 novembre 2011

Visiting Hours


VISITING HOURS




En plus de faire partie des célèbres Video Nasties d'Angleterre, c'est grâce à un sympathique gimmick marketing que Visiting Hours va se faire remarquer. Une bande-annonce qui, plutôt que de s'attarder sur les extraits du film, montre au spectateur une tête de mort se formant sur la façade d'un hôpital grâce aux lumières s'éteignant les unes après les autres. Une image impressionnante qui permet au film de se démarquer un peu de sa rude concurrence de l'époque (les innombrables slashers des années 80). Il fallait au moins ça, car en fait Visiting Hours se rapproche plus du thriller que du basique film de psycho-killer post Halloween.


Alors non, on ne va pas retomber dans les mêmes travers que Snapshot: Un tueur fou sévit effectivement dans un hôpital, massacrant plusieurs personnes à l'arme blanche et poursuivant avec acharnement l'héroïne. On y retrouve également plusieurs lieux communs habituels (la final girl triomphe du psychopathe, celui-ci surgit une dernière fois malgré ses blessures, le flash-back dévoilant le pourquoi de ses motivations). Bref, tout semble bien parti pour une intrigue bateau, mais c'est sans compter sur la construction du scénario signé Brian Taggart, a qui l'on doit le très sympa d'Origine Inconnu (on lui doit aussi Poltergeist III mais c'est déjà plus embarrassant).



Le script de Visiting Hours se divise en rien de moins que quatre parties, chacune se focalisant sur un personnage en particulier: le film s'intéresse d'abord à son héroïne, laquelle a le malheur de provoquer à son insu un fou à lier qui va tâcher de la trucider. Après une attaque ratée qui l'expédie à l'hôpital, le récit se concentre alors sur son agresseur. Jusqu'ici simple silhouette menaçante jamais totalement visible, il devient le nouveau personnage central que l'on suit dans sa quête de meurtre. Est introduit alors un autre protagoniste, une infirmière qui prend à cœur les malheurs de sa patiente et qui va veiller sur elle au grand dam de l'assassin. D'abord en retrait, elle s'impose de plus en plus jusqu'au climax au dénouement inattendu, qui rebondit aussitôt sur une dernière partie concluant le film avec l'habituelle partie de cache-cache entre les deux adversaires.



Cette structure étrange a le mérite d'être non seulement originale, mais surtout nécessaire pour ne pas prédire trop à l'avance la conclusion d'une histoire somme toute banale. Certains diront qu'elle complique inutilement l'intrigue, mais elle en fait également sa force puisque exploitant autant que possible trois personnages pour impliquer le spectateur. Elle trouve cependant son défaut dans la durée du film. Forcément, 1h40 c'est long, surtout pour un slasher, et avec son rythme lent Visiting Hours donne parfois l'impression de se traîner sur des séquences qui auraient pu être coupée au montage. L'histoire est donc celle de Deborah, une reporter qui tente de défendre les droits des femmes et plus particulièrement sur le cas d'une épouse ayant tuée son mari violent par autodéfense. Ses propos ne plaisent pas, ni à son patron le Capitaine Kirk (William Shatner !), ni à Colt Hawker l'homme de ménage. Ce dernier, joué par le toujours excellent Michael Ironside, est un psychopathe meurtrier et profondément raciste, comme l'évoquent les nombreuses lettres d'appels trônant sur les murs de son appartement. Vouant une haine viscéral pour la gent féminine depuis qu'il a vu, étant enfant, sa mère jeter de l'huile bouillante au visage de son père (celui-ci, saoul, voulait profiter de son épouse non consentante), il a pour habitude de prendre en photo ses victimes durant leur agonie et d'assembler les images en une tête de mort.



Colt s'introduit alors chez Deborah, laquelle va le retrouver totalement nu, maquillé et portant ses bijoux, lorsqu'il s'en prend a elle. Blessée, elle s'en sort de justesse et est transférée à l'hôpital. Cela ne semble pas décourager Colt qui passe
encore à l'attaque, se trompant de victime au passage. Une erreur qui va lui coûter cher puisque dès lors la police protège l'établissement, l'obligeant à redoubler d'effort pour infiltrer les lieux et atteindre sa victime. Pendant ce temps, une infirmière ayant autrefois subit les coups d'un compagnon violent décide de personnellement veiller sur Deborah, inconsciente du fait qu'elle est désormais une nouvelle cible pour Colt...


Avec un résumé pareil, impossible de ne pas penser à Halloween II. Sorti un an auparavant, il mettait en scène Michael Myers dans l'hôpital où était envoyée sa sœur suite aux évènements du premier opus, tuant le personnel hospitalier à tour de bras. D'ailleurs ne retrouve t-on pas dans Visiting Hours rien de moins que William Shatner, dont le propre visage sert de masque pour Michael Myers ? L'inspiration est évidente, mais nous n'avons pas affaire ici à un simple copier-coller. En fait l'originalité du film tient dans ce choix de prendre à contre-pied l'univers stupide des slashers: ici pas de jeunes adolescents en guise de protagonistes, pas de tueur surnaturel ou over-the-top, pas de péripéties incroyables ou de police incompétente. Tout ce déroule dans une ambiance réalise à 100%.



Voilà donc le second point qui dissocie Visiting Hours de ses semblables, le rapprochant plus d'un film policier que du cinéma d'horreur. Colt Hawker est un psychopathe crédible qui n'est ni invincible ni aidé par un scénario bien pratique. Plusieurs de ses tentatives échouent, l'obligeant à fuir et à revoir sa stratégie. Les personnages sont des adultes au caractère bien trempé, notamment Deborah qui est une femme forte mais refusant de répondre à la violence par la violence. La police enquête et n'hésite pas à envoyer un commando à l'appartement du tueur, enfin les victimes de ce dernier ne se contentent pas d'attendre en criant qu'on leur ôte la vie et se rebiffent bien vite pour survivre.



Pour ceux qui attendait un simple slasher rétro, il peut y avoir de quoi être déçu. Les meurtres sont simples et, quoi que cruel et bien mis en scène, ne versent pas dans le gore ou le spectaculaire. Les victimes sont peu nombreuses et Colt Hawker perd son aura de tueur monolithique pour gagner en réalisme lorsque le film se focalise sur lui. Chacun percevra le film à sa façon, en fonction de ses attentes et de ses préférences. Tout le monde cependant pourra s'accorder à dire que Michael Ironside était un excellent choix pour jouer l'assassin.



Inutile de présenter l'homme (sinon je me demande ce que vous foutez là!), lequel s'est fait repéré l'an passé dans l'excellent Scanners de David Cronenberg. Avec sa voix profonde, son visage typé et ses regards menaçant, il confère à Colt Hawker toute l'intensité nécessaire pour en faire un véritable prédateur. Le plus surprenant reste son jeu tout en retenu, très loin du cabotinage d'un Highlander II par exemple. Le reste du casting est tout aussi solide, Lee Grant interprète avec conviction le personnage de Deborah, à des années-lumières des petites scream queens, tandis que Linda Purl et Lenore Zann (respectivement l'infirmière et une ado agressée par Colt) offrent de très bons seconds rôles.



Seul William Shatner reste en retrait, dans un rôle tellement anecdotique qu'il aurait pu être coupé au montage ! Incompréhensible, surtout quand Star Trek II: La Revanche de Khan a triomphé au cinéma la même année. Son nom reste probablement un argument de vente non négligeable, mais le rôle lui-même est inutile à l'intrigue. Il est même amusant de constater comment Visiting Hours représente les hommes comme, au mieux, un peu idiots et inaptes (Shatner et la police), ou méprisables à souhait (Colt et son père, l'avocat débattant avec Deborah en début de film) alors que les femmes se montrent courageuse et active. Une inversion des rôles franchement bienvenue ! Étrange cependant que, pour un film censé prôné le féminisme, Ironside et Shatner soient présenté au générique avant Lee Grant...



Pour peu que l'on ne soit pas réfractaire au rythme mollasson du film, Visiting Hours représente l'un des beaux morceaux du slasher / thriller des années 80. De bons interprètes, un scénario existant et soigné, des effets spéciaux convaincant voir même douloureux, comme lorsque Colt se taillade le bras avec du bris de verre. Plusieurs scènes restent en mémoire, telle l'exploration du domicile de l'infirmière et l'attaque dans le monte-charge (reprise pratiquement telle quelle dans Halloween H20 !), et au final seule la musique laisse à désirer, trop peu inspirée. Un bilan plutôt positif pour un film qui change un peu des Sleepaway Camp et autres My Bloody Valentine, certes très bons mais tout de même très balisés.




L'affiche Turque qui ne mentionne pas Michael Ironside,
dont le visage ressemble ici à Jack Nicholson !

jeudi 3 novembre 2011

The Night After Halloween


Snapshot
THE NIGHT AFTER HALLOWEEN

Halloween venant juste de se terminer, il semble parfaitement appropriée d'évoquer un film titré The Night After Halloween. Une production australienne de 1979 qui veut a priori surfer sur la vague du Halloween de John Carpenter réalisé un an auparavant. En fait l'une des affiches semble même faire croire qu'il s'agit là d'une suite non officielle avec une tagline annonçant: « They thought it was over, but the real horror began... ». Bien sûr nous sommes ici dans le territoire du cinéma d'exploitation et The Night After Halloween risque d'avoir autant de connections avec Halloween que Troll avec Troll 2. Jetons un œil au résumé du dos de la jaquette.



« She's young, she's successful, and she's deeply in love – with a kill-crazed maniac ! Our heroine glides happily through life, until she finds out that her "perfect" mate is indeed a carnal criminal. Not satisfied with merely raping and killing, this psycho takes lurid photographs of his helpless female victims (among other things). When she stumbles upon his secret den of kinky collector's items, her love turns into utter horror and desperation. She is the next target, and yet no one will believe her, despite her persuasive gathering of evidence. As time runs short, she is eventually lured into one of his more ingenious and lethal traps. Only the strongest will survive... »



Ô surprise. Une jeune femme se retrouve traquée par un tueur en série, comme dans tout slasher de cette époque. Cependant comme prévu, pas de Michael Myers, pas de Laurie Strode ni de Dr. Loomis. A vrai dire, la fête d'Halloween elle-même n'est pas évoquée. Peut-être logique pour un film se déroulant après celle-ci mais tout de même... Hmm, ça sent bon l'arnaque tout ça. Après vision du film, en effet, il se trouve que The Night After Halloween ne contient ni référence à Halloween, ni même tueur masqué. Et oui, le produit se cachant derrière ce beau titre mensonger n'est même pas un film d'horreur mais un simple thriller !



Voici un petit cours d'histoire pour expliquer le pourquoi du comment. Nous sommes en Australie, durant les années 70/80, où le producteur Antony I. Ginnane domine l'industrie grâce à d'excellents titres comme Patrick, Thirst, Harlequin, The Survivor ou encore Turkey Shoot. En 1979, il s'associe au réalisateur d'Harlequin pour livrer Snapshot (terme anglais désignant la prise en photo par un petit appareil), un film qui se veut une satire acerbe du milieu de la publicité et du modeling. L’œuvre possède une atmosphère proche de celle de certains giailli, polar et autres films à suspense plutôt crus, contenant son lot de séquences angoissantes.



Le film sort l'année suivante aux États-Unis, durant le mois d'octobre, et son distributeur décide de changer le titre pour mieux le vendre. Une pratique très courante vis-a-vis des films d'exploitation même si l'on est en droit de se questionner sur la stratégie marketing mise en place. Car plutôt que de vendre l’œuvre pour ce qu'elle est, la compagnie pense pouvoir la « modifier » en un film d'horreur afin de capitaliser sur le succès très récent d'Halloween, qui commence dès lors à faire des émules (Vendredi 13 sort cette même année). Le film est  rebaptisé The Day After Halloween et se fait annoncer comme étant une énième histoire de psycho-killer terrifiant. 



Et là, vous me dites: « Le JOUR avant Halloween ? Mais ce n'est pas le titre que tu as écrits en début d'article ! » ou quelque chose comme ça. Et bien non ! Il se trouve que cinq ans plus tard, un autre distributeur rachète les droits de Snapshot pour l'éditer en VHS sur le territoire américain et, pour une raison quelconque, décide de changer le jour du titre en nuit. Peut-être pour coller encore plus à Halloween dont la tagline était « The night HE came home ». C'est sous ce titre que je me suis procuré le film et il faut avouer qu'il rendait plutôt pas mal pour succéder à ma thématique précédente...



Les choses semblent encore plus confuses puisque le film possède également un autre titre alternatif, One More Minute, et que le site IMDB recense même celui de The Day Before Halloween, même si je n'en trouve de trace nulle par ailleurs. Tant mieux parce que sinon je me serais retrouvé dans une impasse pour savoir quand effectuer cette chronique. A la place, j'ai juste à me demander si je dois tout simplement parler du film en lui-même vu qu'il n'entre pas du tout dans les catégorie que je traite d'ordinaire... De toute façon c'est trop tard, pas vrai ?



Alors de quoi parle exactement Snapshot / The Day / The Night Before / After Halloween ? De la galère dans laquelle s'embarque Angela, une jeune femme de dix-neuf ans travaillant comme coiffeuse. Traitée comme un chien par son patron, elle est victime d'un ex-petit ami trentenaire qui est incapable de se remettre de leur rupture et qui rôde sans arrêt autour d'elle, l'effrayant toujours un peu plus. Manipulateur, il se met dans la poche le reste de la famille de l'adolescente, à savoir sa jeune sœur, un petite conne irrespectueuse, et sa mère, une saloperie narcissique et menteuse, pour la culpabiliser et lui donner le mauvais rôle.



C'est dans ce climat très tendu que s'immisce Madeline, une actrice qui s'est liée d'amitié avec Angela au salon de coiffure. Ne supportant pas la manière dont elle est traitée, elle l'incite à quitter son travail et la présente à un ami photographe dans l'idée de faire d'elle une star. Ce qui signe le début d'une nouvelle vie va pourtant vite tourner au cauchemar après un premier shooting où Angela est contrainte de dévoiler sa poitrine nue. Non pas que le shooting soit un traquenard en soit, mais les choses vont devenir de plus en plus compliquées pour l'adolescente: sa mère fait changer les serrures, la contraignant à se loger chez son photographe, son ex se montre de plus en plus insistant pour qu'elle revienne dans le droit chemin et le milieu de la photo et de la mode se révèle des plus sordides... 



Hormis l'élément du petit ami harcelant l'héroïne, rien ne semble vraiment indiquer que Snapshot puisse s'aventurer dans sur le territoire du polar. C'était sans compter sur la superbe scène d'ouverture: deux silhouettes impressionnantes marchent lentement dans un écran de fumée. Ce sont deux pompiers en combinaison intégrale et masque de respiration qui investissent un bâtiment incendié. Ce qu'ils mettent à jour en neutralisant les flammes, c'est un corps humain calciné qu'ils retrouvent dans une pièce tapissée de la même photo topless de l'héroïne. 



Qui est donc mort dans ce brasier ? Un psychopathe sans doute, mais s'agit-il du petit ami d'Angela ou de quelqu'un d'autre pour qui elle est devenue une obsession ? Le film est un flash-back qui mène à cet événement et nous constatons bien vite que les suspects ne manquent pas. Serait-ce Madeline, une lesbienne qui semble un peu trop prendre l'adolescente sous son aile ? Le photographe qui possède une fascination morbide pour les animaux morts ? Le producteur qui veut la photographier nue ? Ou bien est-ce Angela elle-même, un vilain petit canard si l'on en croit ses proches ? Autant de pistes qui se croisent à la manière d'un whodunit policier.



Beaucoup de personnes semblent ne pas avoir vraiment compris l'intérêt d'ouvrir le film sur cette révélation, les dernières minutes répétant l'action avant de conclure. C'est plutôt étrange car c'est justement ce qui fait l'intérêt du film: découvrir l'identité de la victime et, éventuellement, du tueur. Et au final les différents éléments qui se regroupent vont en surprendre plus d'un. Si nous sommes loin du slasher, Snapshot n'a rien a envier au giallo et ses ambiances lourdes et malsaines. Voilà peut-être la raison qui a poussé les distributeurs à le vendre comme un film d'horreur... 



Le vrai problème n'est finalement pas tellement l'identité du produit. Le problème, c'est que Snapshot est extrêmement ennuyeux malgré quelques passages inspirés. La faute même pas à un rythme particulièrement mou, mais plutôt à un scénario qui répète les mêmes scènes de tensions encore et encore (le camion de glace, les suspicions d'Angela envers son entourage) sans même chercher à meubler derrière. Résultat, entre le début et la fin, il ne se passe finalement pas grand chose et tout cela aurait pu être écourté pour le meilleur. Tout spectateur ne se sentant pas particulièrement inspiré par l'intrigue risque de se sentir perdu très vite. 



L'autre mauvais côté du film vient plus de la forme que du fond. Le métrage a été réalisé durant les années 70, et dire qu'il a vieilli est un euphémismes. Du col pelle à tarte du coiffeur à la musique disco quasi constante en bruit de fond, Snapshot se vautre dans un esthétisme certes d'époque mais aujourd'hui tellement ringard qu'il perd des points en atmosphère. C'est dotant plus dommage que le reste de la composition, que l'on doit à Brian May (celui de Mad Max 2) était plutôt pas mal ! Mais il faut également se farcir l'ignoble thème d'Angela, joué par un groupe nommé Sherbet (en français sorbet, en rapport avec son vendeur de glace d'ex petit ami) et les innombrables imitations d'un chanteur costumé a la bouche béante dont la simple présence suffira vous donner des cauchemars jusqu'au prochain Halloween... 



Dommage que le réalisateur d'Harlequin s'embourbe ainsi, car il parvient ici et là à relever le niveau grâce à un peu de provocation. Tous les personnages semblent instables ou dangereux à un certain degré, la notion de famille est franchement mise à mal et la représentation du romantisme et de la sexualité n'est pas conventionnelle. Ce n'est pas une histoire d'amour que vit l'héroïne mais une histoire de rejet, qui ira jusqu'au bout. Autre que son ex-petit ami, plus âgé qu'elle mais agissant de façon immature, les autres hommes que croise Angela sont soit ouvertement homosexuels, soit de vieux pervers. Quant à Madeline, sa meilleure amie, c'est une lesbienne extravertie qui n'hésite pas à l'embrasser sur la bouche ni à se montrer très agressive avec les hommes ! 


Il faut compter également sur une très bonne interprétation de la part des comédiens, parmi lesquels on peut retrouver Vince Gil, ici méconnaissable dans le rôle du vendeur de glace rôdeur (il était l'inoubliable Nightrider de Mad Max), Chantal Contouri dans celui de Madeline (elle sera l'héroïne de Thirst la même année) et une Sigrid Thornton alors débutante.


Un bilan mitigé pour ce film à suspense qui évoquera Mulholland Drive à certains. Bonne atmosphère, quelques idées, mais un manque total de progression dans son intrigue qui lui vaut de ne jamais atteindre le niveau de thriller respectable. Passable tout au plus. Dommage.






lundi 31 octobre 2011

Freddy's Tricks and Treats (Road to Halloween)

ROAD TO HALLOWEEN
Freddy's Nightmares – A Nightmare on Elm Street: The Series
FREDDY'S TRICKS AND TREATS


Pour conclure cet Halloween 2011, quoi de mieux qu'une aventure mettant en scène l'homme de nos rêves en personne, j'ai nommé Freddy Krueger ?! C'est donc avec un épisode de série télé que nous achevons ce marathon thématique: Freddy's Tricks and Treats, chez nous étrangement retitré Enlève ton Masque. Mais avant de tailler dans le vif, une petite introduction s'impose pour ceux qui ne connaîtrait pas le show...


Freddy's Nightmares, connu en France sous le titre de Freddy, le Cauchemar de vos Nuits (diffusion sur La Cinq) ou celui des Cauchemars de Freddy (en cassettes vidéos), a vu le jour en 1988 au cours d'une incroyable Freddymania. Le croquemitaine étant plus populaire que jamais, l'idée était de capitaliser via une série télé où il apparaîtrait régulièrement et le projet fut rapidement produit, avec un budget très limité. En conséquence, le show ne survécu pas au-delà de la seconde saison et se traîne, a raison, une réputation catastrophique bien qu'une sorte de bonne humeur générale se dégage de l'entreprise.


La faute en incombe surtout au concept, très mal pensé. Plutôt que de faire de Freddy le personnage principal, ou en tout cas l'antagoniste de toute la série, Freddy's Nightmares s'apparente à une anthologie d'histoires horrifique où le Springwood Slasher ne serait qu'un présentateur à la manière du squelette des Contes de la Crypte ! Et encore, les-dites présentations étant limités à quelques apparitions minimalistes ici et là, avec blaguounettes risibles à la clé !


Quelques exceptions subsistent toutefois, où Krueger est directement impliqué dans l'intrigue. C'est le cas de ce quatrième épisode de la série télé, diffusé le 30 octobre à la télévision et se déroulant tout naturellement pendant Halloween. Mêler Freddy à cette fête des monstres était une bonne idée qui aurait pu aboutir à un résultat intéressant, hélas celui-ci est totalement insignifiant. Aux commandes de ce beau gâchis, Ken Wiederhorn (le fauché mais sympa Shock Waves et l'ignoble Retour des Morts-Vivants II) offre une réalisation impersonnelle au même titre que ses prédécesseurs sur le show...


L'histoire, pas vraiment originale, nous montre comment le croquemitaine s'applique à rendre folle une étudiante en médecine qui ne croit pas aux fantômes, et donc qui ne croit pas en lui. Un postulat de départ pas franchement excitant et très mal exécuté en raison de la structure narrative particulière de la série: il faut savoir que chaque épisode est séparé en deux parties, avec l'intrigue servant de fil rouge. Freddy's Nightmares suit généralement les mésaventures d'un protagoniste avant de le quitter pour se concentrer sur un personnage secondaire du récit, lequel va devenir le nouveau personnage principal dans l'histoire.


Ici nous suivons donc Marsha, une jolie jeune fille ne pensant qu'au boulot et qui semble avoir beaucoup de mal à se détendre. Malgré la fête d'Halloween, l'étudiante ne pense qu'à son examen du lendemain et même son seul ami, Mark, ne parvient pas à la soustraire de son travail. Se rendant à l'école de médecine pour s'entraîner à pratiquer une autopsie, la jeune femme prend à la rigolade les histoires de fantômes que lui raconte le gardien de nuit, notamment celle de Freddy Krueger dont elle n'avait jamais entendu parlé. Aussitôt Marsha est victime de visions cauchemardesques et tout laisse à penser qu'elle a perdu la raison...


Au cours de sa carrière cinéma, Freddy Krueger a vu les règles régissant sa mythologie se modifier de plus en plus. Lui qui ne tuait que les adolescents d'Elm Street a fini par pouvoir s'en prendre aux autres gamins de toute la ville via quelques astuces scénaristes, et l'âge de ses victimes a fini par ne plus avoir vraiment d'importance avec le temps. Ici cependant, rien ne vient vraiment justifier l'intrusion du croquemitaine dans l'esprit de Marsha, une jeune femme qui n'est aucunement lié à lui et qui surtout ne semble même pas dormir lors de ces attaques ! Les visions dont elles souffrent lui arrivent sans raisons alors qu'elle est pleinement éveillée, ou qu'elle se remémore des évènements passés. Même le trauma et les problèmes mentaux qui se dévoileront par la suite ne peuvent fournir d'excuses valides...


Élevée par une grand-mère puritaine à la mort de ses parents, Marsha se révèle être une jeune femme sexuellement inhibée et surtout hantée par le décès de son aïeul, occasionné par une crise cardiaque lors de son seul instant de rébellion ! Ce souvenir douloureux, qu'elle semble refouler au plus profond d'elle-même, est bien sûr la raison qui l'a poussée à devenir étudiante en médecine. Si Krueger utilise ce background pour torturer Marsha, rien ne justifie qu'il puisse pénétrer dans sa tête et affecter son quotidien alors qu'elle n'est même pas endormie.


Pire encore vient la révélation a propos de Mark, l'ami de notre héroïne qui s'inquiète pour elle. Comprenant qu'elle traverse une crise d'angoisse en cette nuit d'Halloween, il décide de s'occuper de son cas et la ramène à la maison de sa grand-mère afin de la forcer à se confronter à ses démons. Au final, alors que Marsha s'en tire in-extremis sans pour autant avoir réglé son problème avec Freddy, Mark décrète qu'elle a réussie son épreuve et qu'elle n'a plus besoin de lui désormais... Car Mark n'était qu'un ami imaginaire veillant sur elle sans qu'elle ne le réalise !


Voilà une belle opportunité complètement gâché. Un ami imaginaire tentant de protéger sa « créatrice » de Freddy à travers rêves et visions ! Le concept aurait pu permettre beaucoup de choses mais il n'est même pas effleuré ici. Ni Mark ni Freddy n'auront conscience l'un de l'autre et lorsque le croquemitaine attaque le jeune homme lors d'une vision, lui crevant les yeux, il n'y a par la suite aucune répercussion comme si cela n'était jamais arrivé.


En ressort une certaine confusion, avec ces multiples éléments qui n'amènent nulle part et ne se mêlent jamais, d'autant plus que la thématique d'Halloween passe complètement à la trappe, le récit pouvant faire sans. Et pour couronner le tout, une grande partie de ce qui vient d'être construit lors de cette première partie n'est même pas réutiliser dans la suite de l'épisode, la seconde moitié rebondissant sur une idée différente et tout aussi farfelue...


Suite à la disparition de Mark, Marsha devient alors volontaire pour une expérience sur les rêves, conduite par deux étudiants aperçu un peu plus tôt dans l'épisode. Grâce à une machine de leur invention, ceux-ci sont capable de visionner les rêves de leur patient et même de les enregistrer sur VHS ! Bon, dans un film de science-fiction pourquoi pas, mais dans l'univers de Freddy Krueger, ça va un peu loin. Et pourtant, quitte a utiliser une idée comme ça, autant le faire correctement et exploiter toutes les possibilités que pourrait permettre un tel appareil. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas le cas ici...


Avec Marsha, nos chercheurs pensent avoir un cobaye idéal pour avancer dans leurs recherches et ils l'utilisent pour des sessions d'enregistrements. En quoi le cas de la jeune femme est-il important pour leur projet, cela demeure un mystère. En tout cas les scientifiques passent surtout pour de sacrés pervers puisque les rêves de leur cobaye se résument a du strip-tease avorté ! Elle se caresse doucement face à sa fenêtre, devinant la silhouette de voyeurs l'observant, puis se met en sous-vêtement avec poses lascives à la clé. Les mecs inventent une machine à rêves et s'en servent pour regarder un porno soft à l'image brouillée !


Marscha, en effet, bloque inconsciemment ses rêves, refusant de « se lâcher », et la machine perd rapidement le signal. Ce qui n'est jamais expliqué c'est si cette retenue psychologique est dû à la sexualité refoulée de la jeune femme ou à la peur de Freddy. Décidé à en voir plus (pour le bien de la science, ou pour mater une femme nue ?), l'un des inventeurs se met en tête de booster l'imagination de sa patiente et lui fait alors visiter la vieille chaufferie où travaillait de son vivant Freddy Krueger...


A partir de là, le spectateur va complètement perdre le fil de l'histoire. Tout s'enchaîne trop vite et sans logique: Marsha a de nouvelles visions, de véritables rêves cette fois puisqu'elle pratique une session d'enregistrement directement sur place, où elle découvre une petite fille retenue prisonnière par Freddy qui a tôt fait de venir l'attaquer. La machine à rêve semble incapable de stabiliser les images qu'elle reçoit, au grand dam de son créateur qui s'insurge. Puis nous découvrons que tout ceci était un rêve dans un rêve, Marsha se trouvant en fait toujours à la clinique sans que nous sachions si la première visite à la chaufferie a réellement eu lieu ou non.


La jeune femme se réveille pour découvrir qu'elle se fait étrangler dans son sommeil par le chercheur, lequel est devenu fou a force ne pas obtenir les résultats qu'il espérait, et soudainement Freddy surgit de la machine pour l'attirer avec lui dans le monde des rêves. Le croquemitaine se débarrasse de lui et semble ensuite s'en prendre à Marsha, mais celle-ci se réveil une nouvelle fois, dans la clinique et indemne. Et en guise d'épilogue, nous découvrons via la machine à rêve que le jeune scientifique est toujours vivant, prisonnier à l'intérieur du cauchemar de Marsha... Avant de se faire tuer une nouvelle fois !


Honnêtement je n'avais pas vu si confus depuis Nightwish. L'intrigue n'a aucun sens, brouille les pistes mais n'amène à aucune véritable révélation, et on ne sait plus bien ce qui se passe. Est-ce que Freddy peut tuer indéfiniment ses victimes à travers le monde des rêves, comme ce double-meurtre du scientifique semble le laisser croire ? Pourquoi fini t-il par laisser vivre Marsha, envers qui il avait un motif harcèlement, pour s'en prendre à un autre adolescent ? Et si la machine à rêve fonctionne, pourquoi tout simplement ne pas l'avoir testée sur un autre sujet que Marsha ? Autant de questions qu'il convient de ne pas poser si on veut éviter la migraine...


Autant le dire, cette seconde partie de Freddy's Tricks and Treats est un véritable calvaire qui plombe un récit déjà sérieusement handicapé. Le thème d'Halloween disparaît totalement, mais on peut facilement supposer que les tests effectué sur Marsha se passent quelques temps plus tard. Ce qui relance la question: pourquoi utiliser cette période si particulière lorsque l'intrigue peut totalement s'en passer ?


Bref vous l'aurez compris, Freddy's Nightmares est un beau bordel qui témoigne de l'avidité des producteurs et il y a vraiment peu de chose à en tirer. Quelques séquences ici et là, comme un amusant squelette-Freddy et l'idée de la petite fille enfermée dans la chaufferie. Le maquillage de Krueger est de bonne qualité, effectué par Kevin Yagher qui était déjà au poste sur le troisième et quatrième film. Dommage que la voix du Springwood Slasher ne subisse pas le même traitement, laissant Robert Englund prononcer ses répliques sans le bon effet sonore qui l'accompagne habituellement. On peut également noter un clin d’œil amusant envers les franchises concurrente puisqu'apparaissent un masque de Jason, porté par un farceur très maladroit, ainsi que celui d'une citrouille emprisonnant la tête de l'héroïne, tout droit tirée de l'excellent Halloween III.


Enfin rayon anecdote, on peut remarquer la présence de Mariska Hargitay dans le rôle de Marsha, qui n'est autre que la greluche réac' de New York: Unité Spéciale. Quant à sa grand-mère anti-sexe que l'on aperçoit finalement que quelques secondes, elle est jouée par Elsa Raven. Elle ne vous dit probablement rien, mais vous l'avez tous déjà vu: elle était celle qui tentait de sauver l'horloge de l'hôtel de ville de Hill Valley dans Retour vers le Futur ! D'ailleurs n'y empêchait-elle pas Michael J. Fox d'embrasser sa bien-aimée ? Coïncidence, coïncidence...


Toujours pas édité en DVD ou Blu-ray a ce jour, Freddy's Nightmares n'est visible que par le biais de rip télé de très mauvaises qualités. Autant le dire, voilà un argument supplémentaire pour ne PAS recommander la série. Si certains aficionados passeront outre les nombreux défauts pour une franche partie de rigolade, tous les autres trouveront beaucoup plus difficile d'encaisser ces 45 minutes.

"Stick that in your VCR... And suck on it !"