mercredi 21 juin 2017

Vidéotopsie #19, par Psychovision

Alors que je m'apprêtai à publier le premier opus d'une petite série de chroniques sur de primitifs jeux vidéos primitifs, et basés sur quelques licences bien connues de l'amateur de films Fantastiques, voilà que Psychovision remet ça en livrant son avis sur le dernier Vidéotopsie (et avec une petite erreur apparemment puisque Jérôme Pottier et Jérôme Cinestrange sont deux personnes différentes – mais bon, nul doute que cela sera corrigé un peu plus tard).

Du coup petit repartage qui me permet de gagner une publication rapide sur le blog. Hop. Achetez Vidéotopsie, suivez Psychovision, etc.


lundi 19 juin 2017

Black Lagoon Fanzine, par Psychovision

Rien d'important aujourd'hui (ça vous apprendra à ne pas commenter, bande de creepozoids) si ce n'est l'avis d'un futur fidèle lecteur, théoriquement, de Black Lagoon Fanzine à propos de notre N°1. Et c'est signé Philippe Chouvel, du site Psychovision et anciennement de Sueurs Froides. Merci sincèrement à lui pour ce retour encourageant !


mardi 6 juin 2017

Vidéotopsie #19, par Didier Lefèvre

Je ne vais pas en écrire des pages ici, je repartage juste l'avis de l'estimé Didier Lefèvre, auteur du Médusa Fanzine et de Hammer Forever (et grand absent du dernier Bloody Week-end) à propos du dernier Vidéotopsie. Une quasi déclaration d'amour de sa part, non pas à ce 19ème numéro en particulier, mais plutôt à ce que la revue symbolise en générale. Une approche du fanzinat qui disparaitra alors, puisque lié à une génération particulière ayant commencée avant l'âge d'Internet. On imagine l'étrange impression qu'il doit y avoir à parcourir le fanzine avec le fantôme de l'arrêt prochain planant sur chaque page, mais du coup cela rend ses impressions plus importantes encore.

Au passage, bien aimable à lui d'avoir cité quelques uns des contributeurs en tenant gentils mots, c'est très appréciable !


dimanche 4 juin 2017

Intruder (1989)


Intruder
(1989)

"I'm just crazy about this store."


Scott Spiegel fait partie de l'écuri Raimi, et ce depuis le début. Présent au côté du réalisateur d'Evil Dead depuis le prototype Within the Woods, il a grandit avec les frangins Sam et Ted ainsi que Bruce Campbell, apportant son aide de toutes les manières possible sur la plupart de leurs premiers projets. Il fut entres autres co-scénariste pour Evil Dead 2, participa à divers courts-métrages comme The Blind Waiter où figurent ses célèbres amis et fit quelques apparitions dans Mort ou Vif et Spider-Man 2.
Un de ses vieux travaux, pas toujours référencé d'ailleurs puisque n'étant jamais sorti, est un petit film tourné en Super-8 nommé Night Crew. Un slasher inspiré par Halloween et racontant comment un tueur s'en prend à l'équipe de nuit d'un petit supermarché. Le court-métrage fut inspiré par des expériences vécues par le réalisateur lorsqu'il avait un petit job dans un magasin de son Michigan natal. Des années plus tard, et après le succès resplendissant des deux premiers Evil Dead, Spiegel décide de booster sa carrière de metteur en scène et choisi de refaire Night Crew comme premier long-métrage. Il s'associe avec un certain Lawrence Bender, futur producteur de Quentin Tarantino, pour réécrire le scénario et le duo accouche d'un remake finalement très différent de l'original puisqu'il privilégie la violence au suspense. Fini l'ambiance angoissante et les meurtres en retenu: si Spiegel veut conquérir les foules, il doit miser sur l'exploitation de divers éléments.


Il faut dire qu'en 1989, le genre entre dans sa dernière phase. Halloween 5 et le huitième Vendredi 13 sortent en salles pour ce qui est le dernier volet de leurs franchises respectives pour un bon moment, les sagas des croquemitaines s’essoufflant alors. Week-end de Terreur et son épilogue prenant tout à la rigolade est passé par là lui-aussi, donnant un coup dur à l'atmosphère générale qui va avoir du mal à retrouver son sérieux. Sans surprise, des titres comme Sleepaway Camp 2 et 3 font dans l'humour pachydermique, démontrant que le film du maniaque masqué touche doucement mais sûrement à sa fin.
Le second degré, Spiegel l'utilise également, beaucoup même, ayant conscience que son histoire de tueur de supermarché ne trouvera pas facilement grâce aux yeux du public. Son script est blindé de gags, de moments décalés, mais il faut préciser que le réalisateur maitrise cela à la perfection: lui comme Sam Raimi ont toujours œuvrés dans la comédie, et Evil Dead est revendiqué comme une étant une version sanglante des films qui les faisaient rire dans leur jeunesse (même si cela se ressentira surtout avec le second volet). Moins centré sur le slapstick que son ami, plus intéressé par une démarche visuelle, le responsable d'Intruder livre donc une série de situations amusantes très inspirées, du genre qui font réellement sourire.


Toutefois son film ne se veut pas une parodie du genre et Spiegel a la bonne idée de génie de confier les effets spéciaux à la boite KNB, que l'on ne présente plus, leur commandant les séquences les plus sanglantes qu'ils peuvent lui offrir. Des bons copains avec qui il a déjà bossé auparavant, ce qui renforce l'impression que ce slasher est un film de famille, surtout avec la participation des frères Raimi et de Bruce Campbell dans de petits rôles pour faire comme à leurs débuts.
Mélangeant gore excessif et comédie décalée, Intruder est l'un de ces films parvenant à marier les styles avec efficacité, alternant les séquences particulièrement brutales (certaines victimes voient leur mort venir de loin) avec les gags imagés (un type découpé en morceaux et présenté comme produit discount), jonglant constamment entre les deux avant de tout mélanger dans une dernière partie qui donne dans l'hécatombe: personne n'est protégé, pas même les protagonistes ordinairement intouchables. Une manière de jouer avec les codes, surprendre les spectateurs et permettre un peu d'imprévisibilité dans une histoire a priori convenue. Les rôles du bad boy en blouson de cuir et du beau gosse irréprochable vont ainsi s'intervertir pour la plus grande surprise, à la manière du remake du Blob de Chuck Russell, sorti un an plus tôt.
Et naturellement le scénario ne présente pas son tueur avant la fin, s'inscrivant dans le style whodunit malgré la présence d'un suspect idéal en début de film.


Ainsi l'intrigue se déroule de nuit, à la fermeture d'un Walnut Lake Market. L'équipe de nuit ferme les caisses et commence sa routine tandis que leurs responsables font les comptes. Là, deux évènements vont venir perturber tout ce petit monde: le premier c'est l'annonce malheureuse de la fin de l'entreprise. Le supermarché ne gagne plus assez pour continuer et va fermer ses portes prochainement, le directeur ayant choisi de revendre. Cela ne plaît pas aux employés, une bande de jeunes comptant particulièrement sur leur emploi, ni au partenaire, détenteur de 49% des parts et n'ayant pas son mot à dire sur cette décision même s'il s'y oppose. Le second c'est l'intrusion d'un individu particulièrement agressif au sein du bâtiment, provoquant la bagarre générale lorsqu'il s'en prend à une caissière. Ex-petit ami possessif, stalker et ancien taulard ayant été déjà été condamné pour meurtre par le passé, celui-ci n'hésite pas à frapper quiconque s'interpose entre lui et celle qu'il "aime", se montrant particulièrement violent et acharné.
Lorsqu'il prend la fuite dans le magasin, l'équipe le traque et parvient à le mettre dehors mais il rôde encore. Et alors que tout le monde tente de se remettre au travail en essayant d'oublier cette succession de mauvais moments, un tueur mystérieux commence à assassiner chacun d'entre eux, de la façon la plus sadique possible...


Le mystère n'est évidemment révélé que dans la dernier acte et fonctionne plutôt bien, même si malheureusement celui-ci fut éventé dès les premières VHS du film sur le marché. Pourquoi ? Parce que l'affiche réalisée pour l'occasion et les extraits sélectionnés au dos du boitier révèlent d'emblée l'identité de l'assassin ! Pas de quoi gâcher le film, mais quand même rageant pour quiconque voulait jouer le jeu à la première vision. La catastrophe s'est même poursuivie sur une ou deux autres éditions, à tel point que les sorties récentes sont toujours amusantes à regarder: il semble y avoir une hésitation entre poursuivre la tradition (le secret ayant été éventé depuis presque 30 ans maintenant) et au contraire faire barrage sur la révélation en offrant au film une couverture hideuse et anonyme.
Pour ne rien arranger les choses, les distributeurs tentent souvent de booster les ventes en présentant les noms de Sam Raimi et Bruce Campbell en tête d'affiche. Un mensonge éhonté, tant l'un n'a qu'un rôle secondaire et l'autre une simple apparition ! Le plus filou c'est évidemment Charles Band, jamais le dernier pour arnaquer son public: via son label Wizard Entertainment, il produisit une jaquette où le visage de Campbell est photoshopé sur une photo sans aucun rapport ! Gonflé, mais le bonhomme désirait certainement voir retour sur investissement – il fut en effet producteur sur le film, non crédité au générique mais distribuant quand même la majeur partie du budget.


Autre petite déconvenue pour Spiegel, son titre original de Night Crew n'a pas été conservé au final, les producteurs ayant décrétés qu'il ne faisait pas assez "slasher" à leur gout et lui préférant celui – on ne peux plus banal – de Intruder. Qui est tellement générique et peu accrocheur qu'il n'a pas du beaucoup aider à vendre le film, surtout en vidéoclub où il devait être perdu au milieu de choses bien plus séduisantes comme I, Madman, ou Slashdance, ou encore Phantom of the Mall: Eric's Revenge. Autant dire que le film aura morflé d'entrée de jeu. Pas une bonne chose lorsque l'on tente de vendre un slasher à la veille des années 90. Pas terrible non plus pour un jeune réalisateur comptant sur son premier long métrage pour influencer sa carrière. D'ailleurs on le sait, Scott Spiegel n'a jamais tourné de grandes choses après ça. Il n'a même jamais tourné de bonnes choses après ça, se fourvoyant bien souvent dans des produits de seconde zone et peinant à se faire remarquer. Dommage.
Mais qu'en est-il de ce Intruder, alors ? Et bien il est très bon. Comme expliqué, le mélange d'humour noir, de visuels travaillés et d'ultra-violence fait bon ménage et le résultat est généralement perçu de nos jours comme le dernier coup d'éclat du genre. Un film à voir tant pour ses qualités que pour la postérité en somme. Et nombreux sont les moments d'anthologie.


Évoquons la mise en scène plutôt unique de Spiegel, et quiconque a déjà vu une de ses œuvres saura de quoi je veux parler: le bonhomme raffole des jeux de caméras, encore plus que Sam Raimi, et ne peut s'empêcher de filmer littéralement partout. Et nombreux sont les objets les plus anodins qui se retrouvent avec une vue subjective, nous permettant de voir des séquences du point de vue d'un cadran de téléphone, d'un caddie de supermarché ou encore du sol lui-même, couvert de popcorn... Un meurtre est même filmé depuis un flacon de gnôle !
On note pas mal d'effets de reflets, qu'il s'agisse de liquides ou de portes vitrées, comme lorsque le visage du tueur apparait monstrueux car capté derrière une bouteille d'eau. L'influence Evil Dead se fait fortement ressentir, notamment lorsque du sang coule sur l'ampoule d'une lampe renversée, baignant la pièce d'une lueur rouge macabre. On croise des silhouettes immobiles terrifiantes comme si Michael Myers venait faire de la figuration (sans doute les restes du Night Crew original) et en résumé, le réalisateur parvient à garder un semblant d'atmosphère inquiétante malgré les éclats de violence qui tirent la couverture sur eux.
Là-dessus ont est même plutôt servi, avec un tueur qui éparpille des morceaux de ses victimes partout dans le supermarché. On retrouve une main emballé comme un steak, un œil dans un bocal d'olive, un morceau humain est plongé dans l'aquarium à homards et les cadavres perdent souvent des bouts.


Brutal, l'assassin ne recule devant rien, crevant des yeux avec un pique-note ou transperçant des têtes avec des crocs de boucher. Une lame traverse une victime pour perforer la cannette de bière se trouvant derrière elle, faisant tout gicler. Un crâne fendu en deux perd son Walkman. Mention spéciale pour le crâne broyé par une presse à cartons et celui découpé d'une traite à la scie à os, moments extrêmement gores et impressionnants – le deuxième notamment, rivalisant carrément avec le meurtre à la perceuse du Frayeurs de Lucio Fulci.
Mais tout n'est pas qu'horreur et nombreuses sont les petites trouvailles venant divertir entre deux meurtres. Comme lorsque le tueur, pourtant en pleine poursuite avec l'ultime victime, ne peut s'empêcher de ranger le PQ tombé du rayonnage. Le même qui utilise une tête coupée comme marionnette, imitant le cri du blessé pour attirer ses proies. Le cadavre en pièces qui se retrouve soldé et l''héroïne qui utilise le corps de Sam Raimi pour barricader une porte. Et naturellement l'épilogue, inoubliable: dans son dernier souffle, l'antagoniste fait croire à la police que les survivants sont les véritables meurtriers ! Un an après Maniac Cop, Bruce Campbell y apparait en uniforme et l'air pas commode dans un rôle qui pourrait carrément être celui de l'officier Jack Forrest...


Et puis bien sûr, il y a les détails rétroactif. Un film de la famille Raimi qui se déroule dans un petit supermarché ringard ? Comment ne pas penser au Prixbas ("Shop smart, shop S-mart !") de L'Armée des Ténèbres ? La voiture de Sam Raimi elle-même possède un caméo, visible sur le parking, et si le script était sensiblement différent, on aurait presque pu y voir un Evil Dead alternatif où Ash et compagnie ne se seraient jamais aventurés dans le chalet Knowby... pour mieux se faire décimer par un tueur psychopathe. Eh, qui nous dit que le personnage de Ted Raimi n'est pas le même que dans Evil Dead III ?! Du pur délire de ma part, bien sûr, mais il n'empêche que cela se ressent fortement de temps à autre.
Surtout lorsque le rôle principal est interprété par le génial Dan Hicks, qui était l'hilarant Jake de Evil Dead 2. Clairement le meilleur acteur du film, il se donne à 100% dans un double-rôle mémorable qui élève encore plus haut ce Intruder déjà très bon. A ses côtés, deux belles plantes: Renée Estevez, sœur de Emilio et de Charlie Sheen et Final Girl dans Sleepaway Camp II, et Elizabeth Cox, qui tenait un petit rôle dans le chef d’œuvre Night of the Creeps.
Autant de petits bonus pour un film dont le bilan est ouvertement positif. Court, Intruder va à l'essentiel et enchaine bien vite les séquences de tensions, d'humour et de violence, et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Probablement l'un des slashers les plus efficace qui soit, tout simplement.


Seul regret ? Que l'image finale n'ait pas pu être tournée. Alors que le film se termine sur le cri de l'héroïne avec un simple fondu au noir, Spiegel voulait que la caméra s'enfonce dans sa gorge, voyageant à l'intérieur jusqu'à arriver au  cœur qui s'arrêterait alors de battre. Un dernière folie qui aurait conclu le film sur une très bonne note en plus d'affirmer le metteur en scène comme un artiste visuel démentiel.
C'est malheureux, mais pas autant que la suite de son parcours. Quelques temps après Intruder, c'est lui qui fera rencontrer à son acolyte Lawrence Bender un inconnu du nom de Quentin Tarantino, permettant ce faisant à Reservoir Dogs de voir le jour. Responsable malgré lui de la carrière du jeune réalisateur, Spiegel continuera de le côtoyer et se fera des amis communs avec Robert Rodriguez et Eli Roth. De là naitront Une Nuit en Enfer 2, pire film de sa franchise, et Hostel: Part III, là aussi pire film de la trilogie. Des DTV pas nécessairement honteux, mais pitoyables au regard de leurs aînés et surtout de Intruder, qui témoignait de tout un talent qu'on ne retrouvera jamais...


"Here comes fucking Parker, walking down nine miles, 
swinging the God damn head by the hair in one hand 
and his sandwich in the other !"


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vendredi 2 juin 2017

Phantom Town (1998) AKA. Spooky Town


Phantom Town
(1998)


Avec Charles Band, rien n'est jamais simple et quiconque ne connait rien à ses méthodes risque d'être sérieusement confus en explorant son univers. Entre le renommage constant de sa compagnie (Full Moon Productions, Full Moon Studios, Full Moon Pictures, Full Moon Features) et ses multiples labels eux-mêmes retitrés au fils des ans (Torchlight Entertainement devenant Surrender Cinema, Alchemy Entertainement devenant Big City Pictures, Wizard Video devenant Cult Video celui-ci ressortant les productions Empire, soit le proto-Full Moon), voir fusionnés ou abandonnés (Shadow Entertainement, Pulp Fantasy Productions, Monster Island Entertainment), il est facile de s'y perdre.
C'est encore pire lorsque ces bannières utilisent le nom de films produit par la compagnie, comme c'est le cas avec Pulsepounders, la nouvelle version de Moonbeam Entertainement, division "pour enfants" de la Full Moon (et qui a également connu de multiples étiquettes comme Filmonsters ou Action Xtreme). Car à la base, Pulsepounders est un film à sketches, une anthologie, datant de 1988 et jamais sortie, ayant accédé au statut d’œuvre culte avec le temps. Sur les trois histoires la composant, l'une ramenait les héros de Re-Animator (Jeffrey Combs, Barbara Crampton et David Gale, pour Evil Clergyman), et les deux autres étaient des mini-suites à des films déjà paru (City of Lost Angels, une séquelle à Trancers bien avant Trancers II, et une autre poursuivant l'intrigue de Dungeonmaster).
Si Pulsepounders n'a jamais vu le jour en tant que tel, au grand dam des fans, ses sketches ont toutefois été restauré en 2011, Evil Clergyman et City of Lost Angels bénéficiant même de sorties exclusives pour l'occasion.


Entre l'annulation et la résurrection de cette anthologie, c'est le titre qui aura été recyclé. Sans logique visiblement, un film d'horreur pour adulte donnant alors son nom à une collection de films pour enfants ! Une décision bizarre à priori mais pas un cas unique: des noms de personnages de la saga Puppet Master par exemple, se mélangent avec ceux d'autres productions sans rapport (Totem, jouet égyptien maléfique, donnant vie à Totem, où des statuettes de pierre sacrifient des adolescents. A l'inverse Decapitron, petit robot à têtes interchangeables, fut reprit du projet abandonné Decapitron, un film de SF avec un cyborg de taille humaine jamais tourné... mais dont l'affiche a été utilisé en France pour vendre la VHS de Eliminators, un autre film de robots par la Full Moon. Tout le monde suit ?).
Bref, toute cette intro pour dire que c'est sous ce label Pulsepounders que sort Phantom Town – évidemment retitré Spooky Town quelques temps plus tard, sinon ce n'est pas drôle. Une œuvre qui réunit quelques comparses habituels de Charles Band puisque l'on y retrouve le roumain Vlad Paunescu, J.R. Bookwalter à la post-production et surtout le scénariste Neal Marshall Steven, connu sous le faux nom de Benjamin Carr (celui d'un compositeur du XIXème siècle !). Auteur très prolifique durant la deuxième moitié des années 90 et ayant signé parmi les meilleurs titres de la compagnie (Head of the Family, Hideous !, The Creeps, Shrieker, Retro Puppet Master, The Killer Eye, Sideshow, Stitches) mais aussi quelques mauvais (Talisman, Curse of the Puppet Master, Totem), il travaille au rayon enfant sans rechigner, y injectant même sa folie créative pour notre plus grand plaisir.


Car le type ayant créé un œil géant et violeur venu de la 8ème dimension, la version naine des Classic Monsters, une tête géante en fauteuil roulant doté d'une langue tentaculaire et une version primitive des pantins d'André Toulon bataillant contre des momies vêtues comme les Étrangers de Dark City sait ce que les mômes aiment: les trucs dégueulasses ! S'il freine sur l'horreur pure et la dimension sexuelle, il n'hésite donc absolument pas à balancer du slime vert à la tronche de ses personnages, à faire apparaitre mutants et morts-vivants décharnés, à taper dans des concepts carrément Lovecraftien (une ville entière qui est en fait une seule entité polymorphe à la The Thing) ni à faire dans le gore détourné (des bras sont arrachés, des visages défoncés, mais tout va bien car le sang est remplacé par une substance colorée).
C'est tant mieux pour les gamins, qui auront de quoi s'amuser comme dans un Fais-moi Peur ! ou une adaptation de Chair de Poule mais en plus osé, et surtout pour les adultes qui peuvent ainsi totalement faire abstraction des limitations du film (personne ne meurs, pas d'insultes ou de tensions) et avoir presque l'impression de se retrouver dans une production Full Moon normale. En fait j'irai même jusqu'à dire que Phantom Town tape plus fort que certaines productions "sérieuse" de la compagnie type Witchouse ou Killjoy: il y a ici un minimum de budget, de décors, de rebondissements et d'effets spéciaux pour faire illusion.


L'intrigue n'est pourtant pas exempt de défauts ou d'incohérences, sans doute la preuve que le script fut pondu en un jet alors qu'une réécriture aurait pu permettre de gommer ces soucis. Ainsi l'histoire se concentre autour d'une petite famille, un adolescent, son petit frère et sa petite sœur qui profitent de l'absence de leurs parents pour organiser une fête. Un coup de fil de leurs géniteurs les préviennent qu'ils ne devraient plus tarder à rentrer, étant dans l'immédiat perdu sur la route. Le lendemain, ils ne sont toujours pas là. Les heures passent et l'absence devient inquiétante, mais la police est incapable de gérer la situation et l'oncle et la tante des enfants ne savent pas quoi faire de plus. Nos jeunes héros décident d'agir et de retrouver eux-mêmes leurs parents, embarquant en voiture pour chercher l'endroit de leur disparition: un village énigmatique du nom de Long Hand, ne figurant sur aucune carte.
Leur trajet les mènent à une drôle de station essence tenue par un Indien mystique (parlant évidemment en métaphore et en énigme) qui leur explique que quiconque se rend là-bas ne peut en revenir, et que le seul moyen d'y accéder est à travers les rêves. Comprendre: s'endormir légèrement en conduisant ! C'est ce qui est arrivé aux parents et c'est ce qui arrive à leur rejetons, qui évitent miraculeusement une sortie de route mais se retrouve catapultés en plein Ouest sauvage. Long Hand est une parfaite réplique des villes de Western, sa population semblant avoir été bloquée aux années 1880 et ne comprenant rien à la technologie ou à la modernité.


Dès lors, la petite troupe explore les environs à la recherche des leurs et mettent à jour tout un tas d'éléments étranges: personne ne semble réagir à leur présence ni à leur différence, les habitants répètent les mêmes activités en boucle comme s'ils étaient coincés dans une boucle temporelle de quelques minutes, quant aux murs et au mobilier, il saigne lorsqu'on le dégrade: une étrange substance verte et visqueuse s'écoulant de tout et de n'importe quoi, et qui semble vivante.
Bientôt la vérité éclate et il se trouve que Long Hand n'est pas une ville mais une créature plus ancienne que l'humanité elle-même. Un monstre informe, sorte de blob pouvant absorber tout ce qui entre en contact avec lui et en assumer la forme. Au fil des siècles il a ainsi avalée le village américain ainsi qu'un territoire sacré Indien que l'on retrouve dans les souterrains, sortes d'archives mémorielles où sont conservés les "originaux". Les humains sont coincés dans des cocons de toiles jusqu'à ce que mort s'ensuive et nombreux sont les squelettes – la population originale de la ville, remplissant les catacombes.
Naturellement, la bête va tenter d'empêcher les protagonistes de fuir par tous les moyens, générant tout une foule d'individus dont l'apparence va se dégrader avec le temps et les agissements des héros pour les contrer: un personnage va littéralement fondre en une flaque visqueuse avant de se recomposer partiellement, avec une main tentaculaire qui lui vaudrait une belle place dans L'Antre de la Folie.


Des clones des parents disparus interviennent pour s'emparer du petit frère, lequel va arracher bras et mains avec une portière de voiture. L'ainé balance un revolver sur un type et l'arme se fiche littéralement dans son visage. Un brûlé revient avec une tête de mutant reptilien comme s'il n'avait pas pu se reconstituer correctement. Les plaies sont moches, gluantes et avec des morceaux, et si le liquide vert n'avait pas été utilisé pour simuler le sang de monstre, Phantom Town n'aurait absolument pas pu passer la censure, ou aurait traumatisé tout une génération de jeunes spectateurs.
Il faut dire que le scénariste se lâche et injecte tout un tas d'idées délirantes à ce qui n'aurait pu être qu'une simple histoire de cowboys fantômes. Pour prouver sa théorie comme quoi Long Hand est une seule entité, le frère cadet sort un couteau et tranche différentes surfaces pour voir si elles saignent. Comme le monstre ne peut absorber des organismes contre leur gré, il est contraint de soumettre ses victimes à une forme d'accord et nos héros réalisent que le registre de l'hôtel est un piège: tentant de le retrouver afin de le détruire, ils voient l'objet se faire pousser des pattes d'araignées pour prendre la fuite ! Il y a aussi cet œil géant dans les souterrains, pas loin d'un prototype du violeur Killer Eye, surtout lorsqu'il utilise lui aussi des tentacules pour maitriser ses proies. Le globe oculaire sera crevé d'un coup de feu on ne peut plus graphique, mais continuera quand même de se montrer belliqueux.
Bref, Benjamin Carr s'éclate, ne se limite absolument pas et en rajoute tellement que la sauce ne prend pas toujours.


Ainsi la ville étant une créature Lovecraftienne et organique, pourquoi faut-il s'endormir pour la rencontrer ? Bien sûr cela évoque les fameux songes de Cthulhu, mais ce n'est absolument pas exploité ou expliqué ici – d'ailleurs les protagonistes s'enfuient tout-à-fait normalement alors que la créature n'est pas encore morte. Difficile de comprendre la nécessité d'une promesse pour ingérer les proies alors qu'on découvre plus tard que des choses non organiques peuvent être assimilées. La nature mystique de l'Indien tient du cliché mais se raccorde difficilement avec le reste, à moins que cet univers ne mélange êtres antédiluviens et spiritisme chamanique.
Difficile également de gober cette histoire d'ancien serpent géant dont la dent contiendrait encore "beaucoup de poison", servant surtout à tuer la créature et à donner quelque chose à faire au personnage de la petite sœur. Une gamine si jeune qu'elle apparait peu, ne pouvant évidemment "jouer" et qui n'a rien à faire de tout le film. Tant qu'à faire j'aurai préféré qu'elle soit plus âgée et incarnée par cette jolie figurante en bellyshirt que l'on aperçoit en début de film, mais cela aurait nécessité de revoir la classification du film. Surtout avec le pseudo Killer Eye et ses appendices...
Pas très bon également ces quelques CGI primitifs utilisés pour certains effets trop ambitieux au regard du budget. Des habitants se liquéfiant entièrement, ou des flaques de slime qui prennent forme physique. Des humains "générés" spontanément, sortant des murs d'une bâtisse. L'aspect final de l'abomination, présentée comme une grosse boule d'énergie colorée façon jeu vidéo...


Pas parfait, mais sans importance. Ces ratages sont insignifiant au regard des bons points que cumule Phantom Town: des effets spéciaux à l'ancienne, du gore visqueux, un hommage à Lovecraft, des personnages passables mais pas horripilant et un épilogue que n'aurait pas renié Claudio Fragasso tant il évoque celui de Troll 2 ! Jugez plutôt: la famille organise une petite fête et, alors que les parents découpent un beau gâteau, la petite sœur réalise qu'un liquide vert s'échappe de celui-ci. Les "parents" sont des imposteurs, en fait des blobs sous formes humaines qui s'embrassent goulûment, laissant couler partout leur bave colorée. Hurlement des enfants, freeze frame, générique. L'amateur de Bruno Mattei sera à son comble tandis que ses gamins resteront sûrement perturbés.
Saluons également une courte durée (75 minutes) permettant un rythme soutenu, et vous obtenez un bon point d'entrée dans le genre horrifique pour tous les plus jeunes et les néophytes, doublé d'un parfait substitut aux séries télé adaptées de R.L. Stine. A noter par ailleurs que tout ceci fut mis en boite par Jeff Burr,  responsable en son temps de quelques grosses série B comme Massacre à la Tronçonneuse III ou La Nuit de l’Épouvantail...
S'il n'est pas toujours facile de mettre la main sur le film, entre autre parce qu'il s'agit d'une petite production issue d'un obscure label de la Full Moon mais aussi parce qu'il possède de multiples titres, cela en vaut néanmoins la peine. Ce n'est pas tous les jours que l'on trouve ce genre de pépite...



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jeudi 1 juin 2017

Bloody Week-end VIII


Voyons-voir... Compte-rendu du Bloody Week-end 2015 ? Check. Compte-rendu du Bloody Week-end 2017 ? Vous lisez ses premières lignes en ce moment même. Mais où Diable se cache celui du festival de 2016 ?! Des photos et messages sur Facebook prouvent que je m'y suis bien rendu mais impossible de mettre la main dessus... A vrai dire, c'est parce que je ne l'ai pas complété. Il existe, mais essentiellement sous forme de notes, de brouillons, et dans ma tête. Il faut dire qu'au-delà de quelques bons moments, ce Bloody Week-end VII fut surtout une mauvaise expérience pour moi, pour diverses raisons, et si l'article sortira peut-être un jour ou l'autre, pour l'heure il demeure introuvable.
Ce qui est dommage puisque Rodolphe Laurent, un Bisseux fort respectable (auteur du fanzine Inferno et du Bissophile), m'avait justement demandé si je ferai un compte-rendu pour cette année, ayant apparemment apprécié le précédent ! A ma décharge cependant, presque tous mes collègues avaient justement décidé de ne pas faire d'article sur le sujet, puisque "ça sert à rien" (grosso-modo), se contentant de petits messages de remerciements et d'appréciations à l'intentions des amis. Autant dire que je ne devrais théoriquement pas me sentir trop coupable de ne pas avoir fait mon taf, mais...

Quoiqu'il en soit, c'est sur ce modèle que j'ai décidé de parler du Bloody Week-end VIII. Rien d'énorme ou de complet, juste un vague résumé pour souvenirs et dans l'idée de saluer les copains.


Alors en guise d'intro, passons vite fait sur l'avant festival, puisque j'en reste à mon organisation de venir un jour avant tout le monde par sécurité, vu que je fais le trajet seul et que considérant le budget nécessaire à la totalité du séjour, je m'en voudrai de gâcher la première journée par un retard sur les routes ou par fatigue. Et évidemment cela me parait toujours être une mauvaise idée lorsque je débarque à Audincourt puisqu'il n'y a rien à y faire – particulièrement cette année avec le week-end prolongé, le jour férié, le pont et les départs en vacances... J'ai laissé un petit message sur mon profil Facebook qui résume bien la situation.
Autrement, je m'installe mais ne prévoit rien: des achats, oui, mais sans plus. Cette fois-ci je viens surtout pour retrouver tout le monde, plonger le nez dans certains fanzines et surmonter ma mauvaise impression de l'an passé. Au-delà de ça, nada.


VENDREDI 26 MAI

Tout commence, comme il se doit, au McDonald's du coin. Je m'y rends pour déjeuner et y croise Thierry Auge, de La Séance à Roggy, celui-ci ayant eu la même idée pas exactement pour manger mais pour m'y retrouver ! Suis-je si prévisible ? Partant ensuite pour le Bloody Week-end, nous tomberons tout aussi directement sur les amis Belges, en pleine file d'attente pour les billets: ce sont Laurent, du Fanzinophile, Augustin, de la Toxic Crypt, et les amis Nicolas et Sandy. Quelques mètres plus loin se trouve Jérôme (Curious Goods) que nous rejoignons pour découvrir le stand Vidéotopsie / Black Lagoon, où poireaute justement David Didelot. En quelques minutes tout le monde se retrouve, se salue, s'embrasse et s'enlace, et... bref. C'est un peu LE moment du séjour.
J'en profite pour finalement découvrir Black Lagoon Fanzine #1, une belle bête bien faite malgré quelques "problèmes" que regrettent ses créateurs mais qui sont bien minimes. Récupération également du Vidéotopsie #19 que j'avais oublié de précommander quelques temps plus tôt. Pas grave, c'est raccord: ma chronique qui y figure (Riki-Oh 2, le film) n'a pas été écrite pour celui-ci mais pour le numéro précédent, se retrouvant décalé suite à du retard sur la deadline. Ça continue ensuite avec l'arrivée de Peter Hooper et la réception de son Inglorious Critik #0, fanzine-hommage qui possède quelques gadgets comme un mini-comic de Julien Lauber (l'illustration à la toute fin du livre Gore de David Didelot, c'est de lui). J'aime particulièrement la check-list de clowns tueurs, que je peux presque entièrement cocher.


Question achat c'était plutôt du repérage pour commencer, avec les retrouvailles des différents stands habituellement présents. Celui de Richard Duquet, qui d'emblée balance une collection complète de Category 3 dont je me suis aussitôt emparé. Uncut Movies, où j'ai pillé anciennetés comme nouveautés, et la table de Damien et Delphine Debiemme, qui propose toujours des choses intéressantes. Passage obligés chez Artus, le Chat qui Fume, Ecstasy of Films mais aussi chez Crocofilm, dont le bipack Super Riders / Impact 5 était très attendu.
La journée se passe très rapidement, entre les salutations, l'exploration, les découvertes, les fouilles, les pauses boissons, etc. Citons notamment la rencontre avec Chris Labarre, du Steadyblog, du Steadyzine, et dont c'était la première fois au Bloody Week-end. Tout cela se conclura à la Pataterie d'Audincourt, déjà visitée auparavant lors du festival de 2015. Une très bonne soirée à parler de tout et surtout de n'importe quoi (Johnny Dick !), à argumenter autour de Human Centipede 3 et à croire à un attentat terroriste lorsqu'un malheureux ballon de baudruche explose inopinément. Par deux fois.
Quelques heures plus tard c'est retour à la cour extérieure du festival autour d'un dernier verre pour raconter des conneries – moi tout spécialement, parce que j'avais bu au moins 25cl de cidre.

Certains diront plus tard avoir vu un improbable OVNI dans le ciel, le prenant même en photo: une sorte boule lumineuse non identifiée. Pour rappel, les frères Bogdanoff sont attendus pour une conférence le lendemain. Coïncidence ? La vérité est ailleurs, mais en tout cas pas dans ma bouteille de cidre...


SAMEDI 27 MAI
 
Le samedi, c'est forcément la journée la plus longue, la plus complète et la plus chargée. Surtout à cause de la chaleur infernale, exacerbée par la foule humaine qui se masse en attendant l'arrivée des Bogdanoff, un peu en retard – on aurait pu faire cuir un œuf sur la table de chaque stand, que ça aurait donné une super omelette. Ça n'empêche pas l'équipe du Boulevard du Cinéma de se mettre au boulot, avec un sympathique passage dédié à la naissance (koff koff "promo" koff) de Black Lagoon. Et pour ma plus grande surprise, je suis aussi passé devant la caméra: pas préparé, pas à mon avantage, je me suis retrouvé à déblatérer des conneries pendant deux minutes, regardant mon interlocuteur plutôt que l'objectif braqué devant moi. Ça risque d'être coupé au montage, mais si non, ça sera aussi collector que mon moonwalk dans The Bloody Experiment 2015.
Les achats commencent enfin pour de bon, et malgré que le film en tête de ma liste (Zeder) ait finalement été mis entre parenthèse vu son prix assez élevé. Ma plus belle prise est sans doute la découverte de Sleepaway Camp 2 et 3 chez Oh my Gore ! ; des éditions garnies de bonus pour une collection dont j'ignorais l'existence. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai hâte de mettre en route la version karaoké de The Happy Camper Song et d'imiter Pamela Springsteen. Un autre titre qui a mérité mon attention est l'intriguant Le Scaphandrier, slasher québecois faussement rétro qui semble aussi contenir des zombies. Enfin, Thierry m'interpelle avec un film qui a l'air tout à fait dans mes cordes, White God, dont il s'empare hélas de l'unique copie.


Petite déconvenue avec les autographes cette année, pour la plupart payants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas réalisé la petite blague que je voulais faire à Vernon Wells: lui apporter un mini-comics basé sur Commando, et réalisé dans le cadre d'une éphémère ligne de jouets pour enfants ! Parce que les gamins seraient trop sensible à la violence, les créateurs ont décidés de leur fournir une version édulcorée du film de Mark Lester où... Personne ne meurs ! Vous vous souvenez de la scène où John Matrix tient un ennemi par le pied au-dessus du vide, lui rappelant qu'il devait le tuer "en dernier" avant de le lâcher ? Ici il le laisse simplement rentrer chez lui !
L'idée était de lui faire signer sa réplique "I'm going to shoot you between the balls" tout en observant sa réaction devant l'objet. Mais j'ai trouvé que devoir payer pour la blague cassait un peu la chose, surtout en raison de l'enchainement quasi industriel des signatures. Tant pis. Du reste la soirée fut paisible, en mode pizza / burger sur la pelouse tandis qu'un type en kilt hurlait d'une voix cassée les paroles de Bang Bang (My Baby Shot Me Down), mais en français. Sérieusement.


DIMANCHE 28 MAI

Jamais le meilleur moment puisque mes collègues ont tendance à se barrer un peu avant la fin du festival. Résultat on est surtout dans l'attente du départ plutôt que dans l'esprit de profiter d'une journée qui se termine tôt. J'ai quand même pu discuter avec les amis de Hors-Circuits, préparant une futur commande pour l'intégral du magasine Delirium, continuer à vagabonder de stands en stands, récupérant différents DVDs (dont le Giallo Mais... Qu'avez-vous Fait à Solange ?, et oui), et j'ai pu voir Linnea Quigley siroter une bière dans son coin avant de jeter la bouteille à la poubelle... c'est une anecdote, quoi. Dans le même genre je peux aussi me vanter de l'idée de la jolie photo pour David Didelot, après qu'il ait récupéré une maquette cartonnée du 112 Ocean Avenue, Amityville (Long Island), en la posant à côté de son Vidéotopsie #18 spécial Amityville. Les couleurs vont bien ensemble.
Mais vraiment, peu de chose à dire. Les différents groupes se séparent, on s'entre-aide pour le rangement des affaires et vers 16 ou 17h il ne reste plus que Thierry et moi. Je terminerai ma course au McDonald's, comme pour bien boucler la boucle, investissant ce qui me reste de deniers dans un McFlurry bien frais: vu la tronche de mon crâne rouge (qui m'a donc valu le gentil surnom de Red Skull par mes camarades, mais j'y gagne: j'ai toujours cru que j'étais Mole Man), c'était sans doute ma décision la plus intelligente de tout le weekend.


Seul à Audincourt pour la seconde fois, j'ai eu le temps de lire le dos de chaque DVD récupéré – un peu plus d'une cinquantaine au total – et de commencer à feuilleter mes différents 'zines. J'en dirai le plus grand bien, mais quitte à le faire autant que ça soit dans un autre article. Cependant n'hésitez pas à les acheter.
Au final l'expérience fut incomparable avec la déception de l'an dernier, au contraire plus proche de la folie du Bloody Week-end de 2015. La seule chose que je voulais faire une fois dans ma chambre d'hôtel, c'était de commencer à écrire pour le prochain Black Lagoon et de trouver quelque chose de bon pour l'ultime Vidéotopsie. Toutefois la chaleur et les ampoules aux pieds ont un peu freinées mes ambitions, alors à la place j'ai choisi de regarder Denzel Washington se rendre pour un Jason Statham Black dans Equalizer. Un quasi slasher dans sa dernière partie, donc ce n'était pas tellement hors sujet. La résidence étant pratiquement déserte à ce moment là, personne ne m'a entendu fredonner le thème de la série originale, et c'est tant mieux.

Quoi d'autre à dire si ce n'est que je reviendrai assurément l'an prochaine ?


Et pour les habituels remerciements, citons pêle-mêle l'équipe officielle de Black Lagoon avec Jérôme Ballay, Thierry Auge et Rigs Mordo-Didelot, "fils de". Grand gourou et futur retraité, David Didelot, qui fut bien plus disponible sans ses dédicaces. La "bande des Belges", avec Laurent, Nicolas et Sandy, qui sont littéralement mon point de repère chaque année. Chris Labarre, qui débarqua pour la première fois et m'offrit un exemplaire de son Steadyzine. Pascal Gillon, que je n'ai croisé que sporadiquement mais qui témoigne toujours d'une grande gentillesse. Peter Hooper, dont je me demande s'il a finalement gagné à la tombola. Romuald et Patrice d'Uncut Movies, qui me font définitivement regretter Orléans. Patrice Lamare et sa compagne, avec qui il est impératif de parler bouquin vu leur passion communicante. Luis Alcaide, du Boulevard du Cinéma, pour sa gentillesse.
Et puis tout ceux dont le nom m'échappe ou que je ne connais encore que trop peu pour les citer avec franchise, mais qui se souviendrons peut-être avoir eu quelques interactions avec moi.
Et surtout Gus, le gentil toutou de l'hôtel des Tilleuls, parce qu'il est vraiment cool.

Espérons que l'on retrouvera tout ce petit monde la prochaine fois !

       

    



Photos par David Didelot, Jérôme Ballay, Thierry Auge, Laurent Faiella et Grégory Wallerich