lundi 31 octobre 2016

Fleurs d'Halloween

FLEURS D'HALLOWEEN


Touch of Wax – Halloween
Halowaxy Amaryllis

A l'origine je voulais juste faire un petit billet idiot pour Halloween, l'air de dire "tenez, regardez ce que j'ai trouvé au supermarché aujourd'hui !". L'idée était de parler d'un truc différent pour changer, et peut-être d'inaugurer une nouvelle rubrique. Et puis j'ai été curieux.
N'y connaissant strictement rien en plante, et n'ayant plus d'ingénieur paysagiste sous la main pour que l'on m'explique comment les choses fonctionnent, j'ai fait quelques recherches qui m'ont pratiquement déprimées.


Mais commençons par le sujet de l'article, ces Fleurs d'Halloween qui font un si joli titre. J'ai croisé la chose pendant mes courses, au rayon fleurs, et Halloween étant la saison de l'Horreur, il était évident que j'allais être attiré.
Conçu par Kébol sous le label Touch of Wax, il s'agit d'un bulbe d'Amaryllis "modifié" afin de servir de décoration pure et simple. Un produit de fête spécialement conçu pour les enfants ou les gens qui, comme moi, ne savent pas du tout gérer les végétaux.
En effet, le concept (plutôt récent d'après ce que j'ai lu) tourne autour de fleurs qui poussent sans eau et sans pot: pas besoin de terre, d'engrais, d'arrosoir ou de quoique ce soit. Apparemment les Amaryllis poussent d'elles-mêmes et fleurissent comme par magie. Tout au plus sommes-nous priés de faire des rotations au bulbe afin que ses pousses soient régulières, mais cela est à la portée de n'importe qui.


Trop beau pour être vrai ? Évidemment, mais on y revient. On voit d'emblée que la chose n'est pas prévue pour le long terme et qu'elle fut totalement fabriquée pour une vente "rapide" auprès des plus jeunes ou des ignares de la nature qui aiment juste les belles choses. Et là-dessus ce n'est pas mal foutu, il faut le dire.
Si je ne sais pas trop à quoi ressemble les autres productions Touch of Wax, celle-ci est tout bonnement "parfaite" pour les vacances de la Toussaint, se faisant bien vite remarquer de par son apparence improbable, quelque part entre la courge et la sucrerie ! Sans parler de sa couleur orange vive limite fluorescente qui, multipliée par le nombre de bulbes présent en rayon, donne l'impression d'une grosse tâche radioactive parmi les plantes.
Il faut dire que, étant un végétal, la chose évoque d'emblée une citrouille miniature par sa forme et son origine, et le fait qu'on la trouve parmi les fleurs. Quant à la cire, totalement lisse et douce, elle rappelle fortement le glaçage de pâtisserie que l'on retrouve sur les éclairs ou les glands. On en mangerait, presque !


Confiserie, plante et décoration surnaturelle. Oui, c'est parfait dans tous les sens possible pour Halloween, et en plus cela ne nécessite aucun investissement de notre part. Le déballage montre qu'un support a été incrusté dans le végétal afin de pouvoir le poser sans risque sur toutes les surfaces, et la cire englobe effectivement la totalité du bulbe, même s'il ne faut pas être trop regardant sur les finitions du dessus et du dessous. Et peu importe après tout, c'est un peu comme ces jouets bootleg que l'on achète pour trois fois rien: ça semble joli, alors ça suffira bien. La seule différence c'est qu'ici la Touch of Wax d'Halloween coûte 8,90 euros, ce qui n'est pas rien.
Et très franchement cela aurait été ma seule plainte si je n'avais pas cru bon de m'intéresser à l'objet par la suite: c'est un peu cher pour de simples fleurs qui se tiennent un peu bancales étant donné la façon dont le pied de métal a été planté (clairement personne n'a utilisé de règle à bulle). Cependant je ne connais pas du tout la valeur des Amaryllis en général et cela entre peut-être dans l'échelle de prix habituels...


Pour la forme je peux également préciser qu'il n'y a pas vraiment de "choix" possible concernant les citrouilles, le visage étant pour ainsi dire le même sur chaque bulbe. En vérité la différence tient de leur forme, chacun possédant des reliefs différents. Des creux et des bosses naturels qui altèrent sensiblement l'apparence des yeux et de la bouches qui ont été peint, mais c'est tout. La sélection se fera ainsi selon préférence, entre une meilleure prononciation de tel ou tel élément, mais honnêtement si vous avez plus de 12 ans je doute que vous resterez planté devant le stock pendant trois heures.
Ou alors c'est parce que j'avais peur de me payer la honte en hésitant entre cinq bulbes différents en plein supermarché, arrivé à 32 ans...


Bref, ces Fleurs d'Halloween peuvent donner envie, changent sensiblement des courges véritables ou en plastique et peuvent convenir à tous, petits ou grands, filles ou garçons. Même l'emballage fait un effort, portant les couleurs de la fête et mettant l'accent sur le côté surnaturel avec sa petite planchette où figure un avertissement amusant en anglais, dans une police de caractères "effrayante".

http://i.imgur.com/3SJiTXU.jpg    http://i.imgur.com/hvKF2AW.jpg

Le vrai soucis vient en fait du côté moral, puisque ces Amaryllis sont en fait totalement sacrifiées pour une floraison unique. Le fait est que, contrairement au bulbes normaux, ceux de Touch of Wax ont été maltraité pour les besoins du "sans eau / sans pot" supposément pratique. Car vous vous doutez bien que, dans la nature, aucune plante ne pousse comme ça, sans ressources. Un végétal a besoin que ses racines puisent la nourriture dans le sol, que ses pousses perçoivent de la lumière, et l'eau est évidemment une condition primordiale à sa survie.
Sans tomber dans les longues explications (et pour ne pas faire d'erreurs ridicules vu que je n'ai qu'une connaissance maigrichonne du sujet), les bulbes de Touch of Wax ont été amputé du plateau situé à leur base, où poussent les racines ! Qui plus est, la cire dont ils sont recouverts fini par les étouffer. La plante est promise à une morte lente et, malgré son "programme" génétique qui la force à générer une floraison, va vite s'épuiser.


Les Amaryllis sont des plantes d'hivers et normalement leur bulbe fini par "s'endormir" après la saison, à la perte de ses fleurs, attendant le prochain cycle pour éclore à nouveau. Ici cela sera impossible: parce qu'il ne possède ni eau, ni terre et parce qu'il a été coupé, il consommera en une fois sa réserve d'énergie naturelle (présente dans le bulbe) avant de périr faute de nutriment et d'un environnement sain.
Alors j'avoue, si je suis totalement dévoué à la cause animale, je suis totalement ignorant sur la cause végétale. Je suis incapable de dire ce qui est bon ou pas pour une plante, ce qu'il est permis de faire et ce qui est répréhensible. Et bien qu'il soit simple de balayer le sujet d'un "c'est juste une fleure", la question se pose malgré tout. Il me paraît effectivement assez dégueulasse de sacrifier des bulbes parfaitement viables pour un simple commerce temporaire.
Touch of Wax propose un produit éphémère et "miraculeux" en travaillant sur la forme façon poudre aux yeux, mais ne se soucie visiblement pas d'écologie. Il me semblait que les grandes marques de jardinerie ainsi que les fournisseurs type Truffaut / Jardiland faisaient très attention à l'environnement et au traitement des végétaux, mais j'imagine que l'industrie est encore loin d'être parfaite.


Du coup, alors que j'étais d'une humeur festive, je me retrouve tout penaud avec mon bulbe mutilé. Sur le site Jardinier Paresseux.com (oui, ça existe), on parle même de crucifixion végétale.
Certes je le trouve toujours beau et j'avoue avoir très envie de le voir faire ses belles fleurs couleur rouge sang qui conviendraient parfaitement à cette fête des fantômes et des sorcières, mais je regrette sa triste existence. Je ne l'ai même pas nommé.
En attendant il repose sur l'une de mes étagères, entre une statuette de Cthulhu et une petite grenouille occulte. Du haut de sa montagne de livre, Bizarro veille, et la figurine de Slave Leia qui d'habitude vénère le Grand Ancien fera la danse du ventre pour lui...


Au final je ne vous conseille pas vraiment un achat de ce type pour les fêtes, tant pour la Toussaint que Noël, ne serait-ce que pour rejeter la pratique un peu barbare de Kébol. Cependant si vous craquez quand même, si votre gamin vous implore ou si vous êtes tout simplement insensible aux plantes, je comprends parfaitement.
Mes connaissances sur le sujet étant extrêmement limité, il n'y a peut-être aucune raison de boycotter Touch of Wax, mais je pense que creuser une bonne vieille citrouille reste toujours plus sympa pour Halloween. Sinon vous pouvez toujours peindre vos vieux pots à plantes, au moins ça n'abime rien et ça dure plus de quelques mois !

lundi 24 octobre 2016

Et pour quelques DVDs de plus


Oui je sais. Road to Halloween traînasse et ne risque pas d'être très consistant d'ici ce 31 Octobre, encore une fois. Mais je l'ai prévu comme ça, après le quasi burnout subit l'an dernier dont je me remets en fait à peine (véridique: voyez à quel point ce blog est vide depuis 12 mois) et en prenant en compte les aléas de la vie de tous les jours. Du coup je ne me sens pas vraiment coupable de pondre ce petit texte pour une fois que l'envie m'en prends véritablement.
Car c'est un petit coup de cœur que j'ai eu un peu plus tôt dans la journée en visitant un pourtant quelconque Cash Express de la région, et j'avais envie de partager ma folie...


Les Cash, ont les connait tous, nous autres passionnés de films bas de gamme. Happy Cash, Easy Cash, Galaxy Cash, Cash Express, Cash Converter. C'est là que l'on peut s'approvisionner sans limite pour trois fois rien, chaque visite ou presque promettant au moins une ou deux trouvailles sympathiques. Car les gens normaux s'y rendent avant tout pour faire le grand ménage, se débarrasser de divers encombrant et peut-être gagner quelques pièces en contrepartie. On y revend ses merdes contre du fric, ou plus rarement contre des bons d'achats au cas où un objet un peu trop coûteux pourrait devenir plus accessible: instruments de musiques, bouquins, CDs, films, répliques d'armes à feu, jeux vidéos, il y en a pour tout le monde.
Mais, si la France d'en bas comme celle d'en haut cherche avant tout à faire de bonnes affaires, à repartir avec au moins quelque chose de "valeur" (une bonne guitare, un téléphone décent, voir un ordinateur utilisable sans être trop regardant) à ce titre je ne critique pas, certaines boutiques proposent du matériel très intéressant et à un coût plus abordable que dans les grandes surfaces, il y a aussi les "rapaces" comme moi. Ceux qui guettent, ceux qui reviennent sans cesse toutes les semaines, comme des hyènes sur le terrain de chasse des lions. Des vautours qui se jettent sur les restes dont personne ne veut.
Car, question DVD, les Cash sont littéralement infestés. Pas tellement par le cinéma de masse, qui est le premier à partir des étagères (et aussi les bons films qui plaisent à la grande majorité, car avouons-le, ils existent), mais les produits de secondes zones. Ces séries B aux affiches moisies, généralement du côté Action / Horreur, qui ne parviennent jamais à convaincre les non-initiés.


Il faut dire qu'ils n'y mettent pas du leur, eux qui furent autrefois les Rois des vidéos-clubs, eux qui étaient vu par tous les gamins aussitôt qu'ils passaient à la télé. Autrefois VHS qui multipliaient les audaces pour convaincre, ces œuvres de seconde zone apparaissent désormais en piteux états. Des DVD cabossés, des affiches photoshopés à grande vitesse, des titres modifiés au bon vouloir des éditeurs (qui s'en moquent tout autant que les autres)... Ces films vous les connaissez pour être passé à côté au moins une fois dans votre vie: peu importe dans quel coin du pays, peu importe en quelle année, se sont toujours les mêmes.
Un Maniac Trasher exhibant un bout de visage dont on ne sait pas bien si il appartient à une poupée ou un comédien, un Da Hip Hop Witch avec Eminem, qui pourrait être un documentaire sur le Rap ou un clone du Projet Blair Witch version ghetto. Dark Breed, avec sa main mutante qui bouffe toute la couverture, ou Soldat Cyborg, que j'ai toujours prononcé avec l'accent allemand sans trop savoir pourquoi. Ce sont tous les Don "The Dragon" Wilson, les Matthias Hues, les Michael Dudikoff et les Lorenzo Lamas qui font la gueule, champions de Kickboxing rendus K.O. par le dédain d'un public désormais allergique aux gros muscles et à la virilité exacerbée.
Ces DVDs se reproduisent sans cesse, comme des lapins, chaque Cash en possédant au moins deux ou trois exemplaire dans les rayons. Le plus drôle dans l'histoire, c'est qu'on ne sait jamais d'où ils proviennent et rares sont ceux qui ont pu en apercevoir, neufs et emballés, dans un "vrai" magasin...


Puisque ces films sont un peu aux Cash ce que les rats sont aux égouts, leur prolifération devient un véritable problème pour les vendeurs. Les DVDs s'entassent encore et toujours jusqu'à devenir parfois très envahissant et il n'est pas rare de voir des offres promotionnelles fleurir pour enrayer la menace. Ainsi les prix baisses considérablement: 5 euros, 3 euros, 2 euros. Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque la barre baisse à 1 euro, l'étiquette reflétant bien l'esprit commerçant qui réclame un bénéfice malgré tout, même si ce n'est que pour quelques centimes.
Il y a aussi le célèbre truc du "1 offert pour 2 achetés", qui parfois tire même vers le 1 acheté / 1 gratuit. Le chef d'équipe doit se tirer les cheveux pour trouver un moyen de refourguer sa marchandise en dépit du fait que tout le monde, lui compris, pense qu'il serait préférable de simplement tout jeter. Et que son avarice soit louée car elle permet à quelques nigauds comme moi de profiter de ces prix cassés pour remplir leur collection ! Une aubaine qui surpasse la simple stratégie d'achat, puisqu'à l'heure où le digital et le virtuel s'emparent du monde, le passionné va plus que jamais vouloir garder sa copie physique intacte. Un morceau d'Histoire auquel il est attaché pour diverses raisons et qui permet d'assouvir sa soif intarissable: on ressent bien plus son amour du cinéma, ou du genre, avec une pile de boites aux couleurs éclatantes et aux slogans accrocheurs que devant une même icône "BSPlayer" dupliquées en quinze exemplaires sur son écran d'ordinateur !
Personnellement, j'aime voir ma vidéothèque de "mauvais films" comme une quasi reconstitution des vidéos-club où j'ai grandis. Bien sûr le support est différent de la VHS, mais les couleurs et les images sont toujours là, tout comme les titres en lettres de sang ou taillés dans l'acier, qui éclatent la rétine. Et il n'y a plus qu'à poser un Boglins et quelques Monster in my Pocket sur les tranches pour retomber en enfance.


Bref, tout ça pour dire que depuis l'apparition dans ma vie d'un premier Cash Converter, je n'ai jamais cessé d'y rôder et de fouiller dans ses "ordures", au point que je suis souvent reconnu par les tenanciers qui, non sans amusement, se demande bien ce que je dois faire de toutes ces piles de DVDs, eux qui ne partagent pas du tout mon point de vue.
Et aujourd'hui encore j'y ai fait un malheur. Un repérage effectué quelques mois plus tôt avait mis à jour un étalage impressionnant de "non désirés", tous regroupés dans un long bac de plusieurs mètres de long, avec une pancarte affichant quelques promotions. Une belle occasion ? Plus que ça. Pensez-vous: 50 centimes le DVD, couplé à une offre de "1 offert pour 2 achetés. Quant au "bac", il était en fait constitué de trois étagères relativement profondes dans lesquelles j'aurai pu me perdre si j'avais mesuré dix centimètres de moins. J'ai tout de suite compris qu'il n'était plus question de regarder et piocher au hasard: il s'agissait désormais d'une véritable fouille, et bordel, dans ces cas là autant y aller à fond !
A peine quelques secondes plus tard, j'avais déjà les bras tellement chargés que je dû emprunter à ma sœur le sac en plastique qu'elle avait utilisée pour amener ce qu'elle voulait vendre sur place ! Toutes les deux minutes mon cerveau me disait: "Bon, il faudra bien s'arrêter à un moment", ce à quoi je lui répondais "Dude ! 50. Centimes." et, alors que je suis d'ordinaire raisonnable et sélectif, je me suis même surpris à me dire "A ce prix là tu prends, et tu feras le tri plus tard" lorsque je me retrouvais hésitant devant un titre que je pouvais déjà posséder, et donc qui ferait un double. Et pour la première fois j'ai même concédé à reprendre certains films que j'avais déjà, en piteux états, juste pour obtenir une meilleure copie.


Ma plus grande surprise fut de n'obtenir aucune réaction des autres personnes. L'endroit était calme mais pas désert, et j'étais persuadé que quelqu'un se foutrait de moi pour être chargé comme une mule et continuer à plonger son nez dans un stand sans fond. Pas un seul mot. Même le vendeur à la caisse n'a pas eu l'air particulièrement surpris, me demandant juste par hasard si j'avais calculé ma dépense pour ne pas avoir à gérer la promotion manuellement. "Nope ! J'ai rien compté, j'ai juste pris !" ai-je répondu avec un sourire stupide.
Au final je suis presque déçu du chiffre: 32 DVDs pour un total de 33 films. Ce n'est pas énorme. Pas énorme non plus fut le prix de mon butin: 8 euros ! Toutes proportions gardées, cela défonce mes trouvailles du Bloody Weekend. Je laisse quand même derrière moi quelques "vrais" films qui auraient pu quand même avoir leur place dans ma collection (Seven, Le Sixième Sens et quelques œuvres que tout le monde connaît) et trois tonnes d'Actioner bourrin ultra cheap, parce qu'il y a quand même une limite à ce que je peux décemment présenter à un autre être humain, lorsque je dois déballer les courses en caisse. Circle of Fire, je reviendrai pour toi, même si j'aurai préféré trouver ton petit frère Circle of Fire 2...


Que m'a donc réservée cette pêche à l'aveuglette ? Quelques films banals pour commencer, déjà vu auparavant ou récupérés sur un coup de tête parce que je me dois de les regarder un jour où l'autre: rayon français ce sont Total Western et un Requiem pas très folichon mais dont je ne garde pas de mauvais souvenir. Ça me permet de "soutenir" le genre de chez nous. Du Monster Movie avec King Cobra, où Monsieur Miyagi se fight avec un serpent géant, un Leviathan qui n'est pas celui de Cosmatos (en fait Razortooth, téléfilm type Nu Image / Asylum) et Sand Serpents. Côté Action/SF j'ai dégoté Sleeping Dogs et Dark Planet, dont je me souviens vaguement des articles dans Mad Movies à l'époque. L'improbable Red Line les accompagnes, où Rutger Hauer croise Mark Dacascos dans les pays de l'Est.
Plus "normaux" sont L'Art de la Guerre III, sans Wesley Snipes, un Black Moon Rising vaguement écrit par John Carpenter (son nom est donc mis en avant) et ce White Crane inconnu, faux film de kung-fu hong-kongais en fait certainement américain et avec David Carradine dans ses dernières heures. La jaquette précise que le film fait 173 minutes, je préfère ne pas la croire.


Plus normaux encore sont les quelques "vrais" films que j'ai dégotté. The One, clone de Matrix avec Jet Li et Jason Statham. Le Bisou Mortel du Dragon (non, décidément, je ne prendrais jamais ce titre au sérieux), le célèbre Ghost in the Shell ainsi que Cabin Fever, parce que 50 centimes est sûrement le seul prix où je l'aurai acheté.


Puis viennent les vieux copains. Ceux que je possédais déjà autrefois, avant qu'un évènement tragique ne n'oblige à me séparer d'une partie de ma collection. Traumatisé depuis lors, il m'arrive encore d'oublier ou de confondre des titres que je ne possède plus. Reviennent alors Shadowchaser III avec Frank Zagarino dans son plus grand rôle, Cyber Tracker 1, parce que le 2 se sent trop seul, et l'ignoble Mangler 2 que je récupère uniquement parce que ça m'amuse de voir Lance Henriksen comme une pute à 50 centimes.
Notez le superbement bien nommé O.G.M. - Organisme Génétiquement Meurtrier (qui fait de la concurrence à M.A.L. - Mutant Aquatique en Liberté), en fait juste Watchers 3. Qui est donc exactement le même film que Watchers et Watchers 2, sauf qu'ici c'est un remake quasi plan par plan de Predator. Très concept.
Alligator premier du nom, Le Phare de l'Angoisse et Metamorphosis sont elles de vraies bonnes séries B qui n'auraient jamais dû quitter mon antre. C'est avec grand plaisir que je les y accueille de nouveau. Plus personnel, mais c'est le même topo avec Zoldat Zyborg, alias Syngenor, où David Gale porte des oreilles de lapin et explose ses collègues au fusil laser, et C.H.U.D. II, parce que Gerrit Graham.
Enfin, je prie pour que mon nouveau Ultimate Game ne soit pas rayé comme le précédent, seule raison pour laquelle je l'ai ramassé.


De la même manière, j'ai récupéré une copie de Ring of Steel. Certes mon original passe très bien au lecteur mais sa jaquette totalement explosée me reste toujours en travers de la gorge, alors vu le prix... Qui plus est, le film étant plutôt cool, il est totalement justifié d'avoir chez soit DEUX Ring of Steel et de les opposer l'un à l'autre: ici le vainqueur et le vaincu.


Terminons ce petit tour d'horizon par les quelques "spéciaux" que je me suis vraiment amusé à récupérer. Et ça commence par un sacré bon film, The Ugly, qui va désormais remplacer ma vieille VHS, me proposant même la VO.


Théoriquement celui-ci devrait être l'hilarant Nail Gun Massacre. Une pointure dans le genre "mauvais film". J'ai presque peur qu'il s'agisse d'un de ces faux DVD qui présentent un film sur la jaquette mais un autre une fois dans le lecteur (comme ce Scanner Cop qui est en fait Scanners 2). Une Flying Jaquette, disait Tonton Mad. D'ailleurs celle-ci a failli me passer très haut au-dessus la tête tant son visuel évoque plus un film de courses de motos qu'autre chose. Même la police de caractère du titre fait plus "sport" que "massacre". Heureusement le mot Carnage m'a mis la puce à l'oreille quand même. Je croise les doigts.


Le Scorpion Rouge 2. Une fausse suite à l'excellent clone de Rambo 3 avec Dolph Lundgren. Techniquement mauvais, et en plus juste en VF, mais pour moi il s'agissait d'une pièce un peu spéciale car il s'agit d'un film que je n'ai jamais réussi à récupérer. Je lui ai longtemps couru après, je peux désormais mourir heureux. Et tant pis si le boitier est tellement endommagé qu'on se demande s'il n'a pas servi à faire de la maçonnerie...


Oui, LE Maniac Trasher, celui que tout Cash digne de ce nom se doit de posséder. En vérité je me suis laissé tenté par curiosité plus qu'autre chose. Vous savez, avec sa tronche de gros bébé en guise de couverture et parce qu'il a croisé ma route des milliers de fois ces dix dernières années, Maniac Trasher n'est pas un film pour moi. C'est une énigme, un animal de foire qui se doit d'être exhibé et analysé. En plus le Maniac du titre est joué par le super génial Larry Drake, alors rien que pour ça... !


Yakuza Contre Triades, un autre de ces films légendaires que l'on croise souvent. En fait pour celui-ci je me souviens même de sa première apparition dans les bacs à journaux, alors que j'étais au lycée. Le Cinéma Asiatique n'était pas encore aussi répandu que maintenant et il fallait surtout compter sur la collection HK ou les diffusions de Jean-Pierre Dionnet pour découvrir tout ça.
Ici c'est le titre qui promet beaucoup, et j'imagine une sorte de mix improbable entre un Syndicat du Crime et un Category III, mais il parait que le film est juste polar un peu chiant. Je ne serais pas surpris, mais j'aurai certainement la sensation d'avoir accompli quelque chose dans ma vie en regardant celui-ci.


Enfin, LA perle, la trouvaille inespérée. Un combo Day of the Panther / Strike of the Panther, improbable dyptique d'action mettant en scène l'invincible Jason Blade. J'ignorais carrément que la série était disponible en France, même à travers un DVD tout pourri à la limite du bootleg, et du coup j'ai comme l'impression d'avoir découvert le Saint Graal. Je veux dire, même la jaquette reprend la "célèbre" affiche de Strike of the Panther où apparaît ce tueur masqué façon Vendredi 13 pas du tout dans le film juste parce que le gus qui l'a réalisé à confondu le Jason du film avec un autre !
Le détail qui tue reste cette étoile éclatante mentionnant le prix imbattable d'1 euro. C'est tellement... parfait.

C'est donc dans la plus grande bonne humeur que je conclus cette entrée du blog, et si certains pensent que je viens de leur faire perdre leur temps, je peux vous assurer que cela reste toujours plus divertissant que cette arnaque de 2001 Maniacs: Field of Screams que j'ai dû me farcir pour le "véritable" article d'Halloween que j'aurai dû pondre. Ça c'est du film de merde !

samedi 15 octobre 2016

jeudi 13 octobre 2016

Road to Halloween – 2001 Maniacs: The Comic (2007)

ROAD TO HALLOWEEN III


2001 Maniacs: The Comic
(2007)


Cela fait un moment que je n'ai pas parlé de comics et voilà l'occasion parfaite qui se présente avec ce 2001 Maniacs: The Comic, une déclinaison papier du remake que l'on doit également à Tim Sullivan. Alors oui, ce n'est pas la première fois que la "franchise" passe par ce format et on peut mentionner une adaptation de Two Thousand Maniacs ! chez Aircel, en 1991. La raison pour laquelle je ne l'ai pas chroniqué dans le cadre de cette rétrospective est que, tout comme pour la BD de Blood Feast, je ne l'ai pas encore reçu. Je n'avais prévu à l'avance que Herschell Gordon Lewis décèderai, et le temps nécessaire pour recevoir les livres fait que je risque d'attendre un moment...
Quoiqu'il en soit, cette nouvelle version a vu le jour sous la bannière Avatar Press, les spécialisés de l'horreur extrême que tout le monde connais désormais pour être responsable de Crossed. A l'époque cette série n'existait pas et à la place des contaminés à la croix rouge, la compagnie comptait sur les morts-vivants de John Russo ainsi que sur le trio de croquemitaines de la New Line Cinema: Freddy, Jason et Leatherface. Des figures parfaites pour une marque de bande-dessinées ultra violente, la fusion entre l'Horreur ciné et l'Horreur papier lui permettant de se récupérer quelques lecteurs supplémentaires.


Et c'est tout naturellement que Tim Sullivan et l'équipe d'Avatar Press se rencontrent au cours d'une convention, leurs stands respectifs se trouvant l'un à côté de l'autre. L'idée fleurie et, après quelques autres évènements du même genre, le patron de la boite, Brian Pulido (créateur d'Evil Ernie et Lady Death, entre autres choses) accepte d'intégrer la licence et de produire une série basée sur 2001 Maniacs. Et cela tombe plutôt bien pour le réalisateur car il prépare justement la séquelle: pourquoi donc ne pas se servir de l'un pour faire la promotion de l'autre ?
Bref, à l'époque Tim Sullivan y croit dur comme fer et s'attend à pouvoir fabriquer une véritable franchise. Il aimerait une série télé, il aimerait que les gosses s'habillent en Sudistes pour Halloween, il aimerait pouvoir écrire d'innombrables histoires pour Avatar Press et n'a aucun problème à ce que ses films soient des fonds de tiroir de DTV: tout ce qu'il veut, c'est s'impliquer à 200% dans l'univers de Pleasant Valley. Et l'avenir s'annonce prometteur pour lui puisque son script, Beverly Hellbilly, est terminé, ses acteurs déjà choisit et que le premier numéro de 2001 Maniacs sortira à temps pour coïncider avec la sortie du nouvel opus.


Avec la BD, le metteur en scène à eu l'idée plutôt sympa de ne pas faire une adaptation de son remake. Il sait que cela n'intéresse personne et semble beaucoup plus intéressé par l'idée de développer son concept pour la saga. Puisque cette histoire accompagne le second volet, il va pouvoir y intégrer les nouveaux personnages à l'avance, préparer le terrain pour un univers cinématographique et profiter de l'absence de limite que lui offre le média: contrairement à un film forcement limité par son budget et un calendrier de tournage, Sullivan peut totalement se lâcher dans les pages de ses comics avec la garantie que Avatar Press ne le censurera jamais question violence et nudité.
L'occasion parfaite pour narrer les origines de ses protagonistes et développer un peu la fameuse malédiction de Pleasant Valley. Car si l'on connait l'histoire dans ses grandes lignes, nous n'avons aucun détail sur le massacre de ses habitants, les circonstances qui ont menés à cette tragédie et la façon dont les fantômes sont revenu et ont organisé leur festival meurtrier. Une préquelle est la garantie d'un intérêt certain de la part des fans et une façon de démarrer sur les chapeaux de roues.
Le réalisateur se retrouve alors au poste de scénariste pour la troisième fois, et il est ici secondé par l'artiste espagnol Raulo Caceres – illustrateur récurrent chez Avatar – pour les graphismes.


Le résultat est une histoire d'une trentaine de pages dont le titre varie d'une page à l'autre. Les couvertures font simple et affichent un simple 2001 Maniacs, suivi de la mention Special #1, comme c'est la tradition pour leurs titres à licence. Les pages de la BD revendiquent un titre d'épisode plus complet, 2001 Maniacs: The Curse of the Confederacy, lequel sera justement reprit au générique du deuxième film. Mais des propres mots de l'auteur, le projet en général est intitulé 2001 Maniac: The Comic, nom générique permettant de regrouper tous les épisodes qui devraient suivre. Étant donné l'avenir de la série, c'est celui que j'ai choisi d'utiliser pour cette chronique puisqu'il me permet de tout englober sans risquer de semer la confusion.
Comme prévue l'action se déroule le 22 Avril 1864 (soit un an avant la version de H.G. Lewis), en Georgie, et nous présente la petite ville tranquille de Pleasant Valley. Un havre de paix en ces temps de guerre, puisque le Maire Buckman a préféré ne pas prendre part au conflit et envoyer les siens à la mort. Et Sullivan de nous dépeindre une vision improbable du Sud où l'homosexualité et la zoophilie sont totalement acceptés et où un esclave Noir n'est pas du tout puni malgré sa pratique du vaudou ou lorsqu'il s'envoie en l'air avec une Blanche.


Seul le maire, George W. Buckman (oui, Tim Sullivan va jusque là) s'inquiète de l'avenir, se demandant s'il a fait le bon choix en refusant de repousser la menace "terroriste" Yankee. Et le destin va lui faire regretter sa décision puisque traine justement une bande de renégats Nordistes dans les parages: les hommes du Général Posner, une ordure sanguinaire n'ayant aucune considération pour les esclaves qu'il est censé délivrer, ayant lui-même déjà violé quelques femmes durant la guerre.
C'est son propre fils qui déclenche les hostilités lorsque, avec quelques soldats, il s'aventure dans la zone et découvre les habitants.
La troupe surprend Harper entrain de conter fleurette à la jolie Scarlet, la propre fille de Buckman. Arrive ce qui doit arriver et, à la manière d'un Rape and Revenge, la situation dégénère: la belle se défend puis s'égorge avec le sabre de cavalerie d'un de ses agresseurs, trop innocente pour supporter l'attaque. Harper tue en retour le fils du général, lui arrachant le cœur, et chacun repart de son côté...


Le sort de Pleasant Valley repose sur la réaction des deux pères en deuil, laquelle va inévitablement entrainer la chute du Sud: Posner, enragé, regroupe ses hommes et marche droit sur la ville tandis que Buckman réalise qu'il ne peut plus éviter la guerre après sa perte. Les obsèques de Scarlet sont interrompue par le général et les évènements qui suivent vont naturellement précipiter les Sudistes vers leur mort.
Et donc, tout commence avec un duel au sabre entre les deux patriarches, Buckman se révélant être un meilleur combattant que le gradé militaire. Pacifiste dans l'âme, il demande à son adversaire de repartir, lui rappelant qu'ils ont tous les deux perdus un enfant et que des morts supplémentaires seraient inutiles. Grave erreur puisque le Nordiste le blesse fatalement aussitôt qu'il a le dos tourné, son épée lui traversant le crâne et emportant un œil. La destruction de Pleasant Valley commence, et hélas 2001 Maniacs est bien trop court pour nous la montrer dans son intégralité. Au temps pour les possibilités illimitées qu'offre le média du comic-book ! Mais le fait est qu'avec moins de trente pages pour présenter l'intrigue, il était impossible pour l'auteur de faire dans le détail.


Il aurait clairement fallu deux épisodes pour livrer une version complète de cette histoire, puisqu'à la mort des Sudistes se succède une seconde partie qui introduit la malédiction et le retour des victimes sous forme de fantômes vengeurs. C'est dommage qu'Avatar Press n'ait pas permis à Tim Sullivan de fabriquer une véritable préquelle et se soit contenté d'un tie-in finalement trop limité pour être autre chose qu'un gimmick promotionnel. D'autant que vu le succès des Crossed de nos jours, qui ne sont qu'un enchainement d'abominations pour la plupart, 2001 Maniacs aurait pu très bien fonctionner auprès du public.
Le côté Gore revendiqué de la franchise est expédié en quelques pages, bien souvent des illustrations d'une planche se décomposant en plusieurs dessins, réunis tel un défilé sanglant (chapeau à Caceres dont les illustrations sont toutes inventives et dynamiques). Autant dire qu'on est loin d'apercevoir les 2001 habitants de la ville, ce qui est déjà l'un des "défauts" évoqué avec les critiques des films. Toutefois le scénariste réussi habilement à contourner le problème en nous montrant quelques meurtres des personnages principaux (Rufus, Lester, Hucklebilly, Granny Boone et Buckman) avant d'incendier tout simplement Pleasant Valley. Quelques victimes brûlent et le reste de la population nous apparaît prit au piège et sans possibilité de s'échapper. Forcément décevant par rapport au potentiel du projet, mais cela passe encore.


En revanche le deuxième acte évoque plus un épilogue qu'autre chose et toute l'explication sur l'argument surnaturel semble précipité. Nous apprenons que c'est l'un des nouveaux personnages qui est à l'origine de l'affaire, un esclave adepte du vaudou qui aura le temps de lancer une malédiction de vengeance sur ces terres: jamais la population ne trouvera le repos à moins de s'être vengée, œil pour œil (pour le côté barbare), mort pour mort (pour les 2001 âmes qu'ils doivent prendre). S'il est pendu peu après, le sorcier a réussi son sortilège puisque les victimes reviennent d'entre-les-morts la nuit même ! Et les Sudistes de prendre leur revanche en exécutant la totalité des renégats, des soldats de toute façon encore bien éméchés après avoir fait la fête pour réaliser ce qui se passe.
C'est ainsi que né le tout premier festival, le Guts and Glory Jubilee et son barbecue cannibale, chaque membre de Pleasant Valley participant à des activités sanguinaires: Peaches dévore un pénis à l'aide de ses mâchoires d'acier, les cousines lesbiennes trompe une proie et l'émascule au couteau de cuisine tandis qu'un guitariste chantonne avec une tête coupée plantée au bout de son instrument... Mais surtout Buckman prend sa revanche, remplaçant l'alcool que venait d'ingérer le général Posner par une boisson acide, à la manière de 2001 Maniacs le film. Et le numéro de se conclure alors que les spectres retournent dans leurs tombes, attendant la prochaine arrivée de Yankees pour étancher leur soif de sang et se rapprocher un peu plus du repos éternel...


Au final il n'y a pas grand chose à dire à propos de cette préquelle. Ces nouvelles origines s'accordent parfaitement au remake et conservent le ton du film, si ce n'est que le nombre de pages de la BD écourte le plus gros (et important) morceau du projet: le Gore. Celui-ci est bien présent, tout comme la nudité (ce qui est bien normal puisque l'on est chez Avatar), cependant les délires sanglants qui auraient dû être le centre de l'attention se retrouvent assez en retrait plutôt que de constituer l'intérêt principal. C'est limite impensable de la part des gars qui nous offre des orgies de tripes avec les morts-vivants de John Russo à la même époque, mais peut-être pensaient-il se rattraper avec les prochaines publications. En comparaison, pourtant, les Special de Freddy, Jason et Leatherface étaient presque plus démonstratif dans leur mise en scène.
Un autre soucis avec le scénario, bien que purement objectif pour le coup, c'est que la vengeance des Sudistes est ici déjà accomplie, y compris dans le sens œil pour œil / dents pour dents / mort pour mort qu'ils revendiquent. Le nombre de victimes seul est différent, les troupes de Posner ne comptant pas 2001 personnes, mais cela devrait être secondaire. Qui plus est, après avoir tué autant de monde pour leur grande première, avec en comptant une résurrection par année, il semble inconcevable que les spectres n'aient pas atteint leur quota au moment du film de 2005...


Mais ne boudons pas notre plaisir et si 2001 Maniacs vous avait plu (ou même Two Thousand Maniacs ! du coup), vous y trouverez votre compte. Moins le côté immature propre à Tim Sullivan et à notre génération actuelle, 2001 Maniacs: The Comic partage le même goût pour le sanglant, le bizarre et l'humour noir que ses prédécesseurs: ce petit con de Hucklebilly a le cou tordu par une corde, de la même manière qu'il tuait les chats, le mouton Jezebel est dévorée par des chiens et il y a quelque chose de comique dans l'idée qu'elle soit elle-aussi revenue de l'Au-Delà pour se venger, tandis que la fille de Buckman porte une ceinture de chasteté à la demande de son père, qui connait certainement très bien sa ville. Une scène horrifique montre Granny Boone être enterrée vivante dans la tombe de son propre enfant et un détail gore montre la mâchoire inférieur de Peaches se désolidariser de sa bouche lorsqu'elle brûle vivante, expliquant son dentier métallique.
Le festival n'est pas en reste puisque l'on peut noter quelques "attractions" totalement folles: deux types attachés ensembles sont troués par le même boulet de canon, un soldat est utilisé comme une Piñata vivante... Le meilleur ? Une parodie du hissage de drapeau sur le Mont Suribach, ici aux couleurs du Sud, avec le mât empalé dans le cul d'un Nordiste et monté sur un tas de cadavre. Une image extrême et totalement loufoque qui préfigure les visions dantesques de Crossed.


Moins pardonnable en revanche est cette drôle d'idée de dépeindre Pleasant Valley comme un endroit paisible alors qu'elle semble être un ramassis d'esclavagistes et de rednecks dépravés. Lester encule son mouton à la vue de tous tandis que l'on découvre que si Billy passe son temps à courir après des chats, c'est parce qu'il frustré d'être trop jeune pour s'envoyer en l'air et qu'il "remplace une chatte par une autre" ! Maltraitant ou pas, Buckman possède des esclaves et le film montrait ouvertement le comportement raciste et agressif de la population. Ici étrangement, c'est comme si le Sud n'avait jamais eu le moindre problème avec les gens de couleurs !
Faire des Maniacs de la série à la fois d'innocentes victimes et de véritables psychopathes est loin d'être le concept idéal. Car si l'on peut à la fois juger et comprendre des âmes en peine aveuglée par la vengeance et la folie, une bande de bouseux xénophobes reste de sacrés trous du cul et on ne pleurera pas sur leur sort, peut importe à quel point on essaierait d'enjoliver les choses.
On peut aussi s'étonner des quelques "couacs" concernant la continuité avec les films (alors que la promo l'utilisant comme argument de vente), comme le changement de guitaristes assez notable puisqu'un Noir y participe désormais, le fait que Scarlet n'ait pas été violée alors que Granny Boone semblait traumatisée à ce sujet à la fin du premier film, ou encore la relation entre elle et Buckman, qui sont désormais amants et parents, alors qu'elle paraissait platonique auparavant. Aucune importance véritable, mais pour un univers construit par la même personne, cela fait pas mal de modification en peu de temps...


Cependant personne n'y prêtera vraiment attention. Le public-cible n'est pas regardant et se contente de ce qu'on lui agite devant les yeux, surtout si c'est sanglant ou du fan service. Ici en l’occurrence, c'est le fait que Robert Englund ait accepté que son physique soit utilisé pour représenter le Maire Buckman, permettant d'officialiser ce comic-book un peu plus dans le cœur des fans. Très appréciable et cela aide justement à lier la BD au film, et il est presque dommage que les deux autres "gros" noms qui devait apparaître dans Beverly Hellbilly (Tony Todd et Bill Moseley, en sorcier vaudou et médecin du village respectivement) n'aient pas eu droit au même traitement.
Avatar Press en profitera même pour sortir quelques éditions limités, dédicacée par Freddy lui-même et avec certificat d'authentification, histoire de vendre plus. Une stratégie un peu limite mais totalement dans leurs cordes puisque la compagnie est connue pour créer au moins cinq ou six couvertures différentes pour chacune de leur publication. Cela engendre bien souvent des confusions et il est facile de s'y perdre et d'acheter plusieurs fois le même numéro sans faire attention. C'est quelque chose que j'évoque à chaque fois que je parle d'eux, et que je ferais encore. Je comprends le système marketing derrière cela, mais quiconque connait l'histoire du comic-book se souviendra des 90s et de l'aura ridicule qu'elles conservent pour des raisons similaires.


D'ailleurs pour ne pas faciliter les choses, sachez qu'il existe un autre numéro à 2001 Maniacs: The Comic. En fait un faux, une simple publication promotionnelle qui n'était destinée qu'à une édition d'une Comic-Con, afin de faire de la publicité pour Curse of the Confederacy et l'éventuelle série à venir. Intitulé 2001 Maniacs: Hornbook, il s'agit globalement d'un simple extrait du Special #1, mais en noir et blanc, avec la réimpression d'une interview de Tim Sullivan à l'origine faite pour le site Comic Book Ressources (cherchez l'article He's a Maniac: Tim Sullivan Talks "2001 Maniacs: The Comic", par Emmet Furey, qui ne connait apparemment pas H.G. Lewis). On y apprend les origines du deal avec Avatar Press et quelques informations sur Beverly Hellbilly (avant les changements qui auront lieux par la suite), mais les morceaux les plus intéressant figurent déjà dans l'introduction écrite pour le véritable comic-book.
On y apprend qu'il adorait les EC Comics, comme Tales From the Crypt, et souhaitait leur rendre hommage, et il rappel évidemment que 2001 Maniacs est un remake d'un film du Parrain du Gore, pour les deux idiots qui ne seraient pas au courant. Il fait un parallèle assez étrange entre les agissements de Pleasant Valley et le terrorisme qui pourri notre monde, allant jusqu'à présenter un concept totalement dément pour ce qui devait être la seconde publication de 2001 Maniacs: The Comic, où Buckman devait affronter... Bin Laden ! En y repensant, il est un peu plus compréhensible que la BD n'ait pas été continuée.


Plus intéressant était le concept d'explorer les années perdues entre la naissances des Maniacs et les évènements du premier film, avec par exemple le festival de 1967 qui montrerait une horde de hippies investir Pleasant Valley en cherchant à rejoindre Woodstock, ou celui se déroulant dans les années 20 où les Sudistes devraient se battrent contre quelques mafieux et criminels façon film Noir.
Dommage que tout cela n'ait jamais vu le jour, car il y avait là du potentiel et une preuve que, contrairement à Crossed qui se répète beaucoup trop, 2001 Maniacs aurait pu se renouveler dans sa boucherie en présentant un cadre différent à chaque numéros.
Citons d'ailleurs la mini-histoire Invasion of the X-Maniacs, fausse BD sans intérêt mais rigolote, montrant les personnages conscient d'être fictionnel et râlant d'avoir a être réveillés entre deux festivals juste parce que les fans exigent des nouvelles pour le Comic-Con. Dessinée en vitesse par Mike Wolfer (et ça se voit), la chose est divertissante mais totalement oubliable. Un gadget que Avatar va là encore nous vendre sous différentes couvertures et avec plusieurs éditions limitées.
En toute honnêteté je ne conseil pas vraiment ce supplément, à moins d'aimer avoir des infos sur des projets qui ne se sont pas concrétisés (les autres publications de 2001 Maniacs et surtout Berverly Hellbilly qui s'est transformé en un film un peu différent avec le temps) ou d'être un collectionneur Horreur complétiste.
Quant à 2001 Maniacs: The Comic, il n'a rien d'incontournable et semble désormais inutile puisque la franchise a totalement disparu. Toutefois vu le succès de Crossed, il peut encore plaire à quelques uns, et il reste divertissant puisque court, efficace et merveilleusement dessiné.



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