mercredi 30 mars 2016

Curse of the Forty Niner (2002)


Curse of the Forty Niner
(2002)


Soyons clair: j'adore le travail de John Carl Buechler. Ses maquillages et effets spéciaux possèdent une "patte" inimitable qui ramène aux années 80, avec ces monstres de caoutchouc perfectibles mais adorables, mémorables, qui régnaient en maitre sur la série B et les vidéoclubs. Encore maintenant ses travaux évoquent, avec nostalgie et amusement, cette bonne vieille époque où l'on trouvait le fun et le divertissement même dans une petite production au rabais.
Quant à son boulot de réalisateur, je suis un des rares à l'apprécier pleinement. Le gros bonhomme n'a jamais fait preuve de la moindre prétention et préfère s'amuser comme un gosse avec le peu dont il dispose, conscient qu'il n'est pas l'homme de la situation pour mettre en scène un film d'horreur sérieux et angoissant. Son Troll apparait comme un agréable film fantastique, essuyant une désagréable réputation en raison de Troll 2 ainsi que des spectateurs habitués au "bon" cinéma et incapables de s'adapter à des œuvres de plus petites ampleurs (ce qui ne les empêchent pas d'applaudir J.K. Rowling qui l'a pourtant pillé sans vergogne pour ses Harry Potter). Cellar Dweller était un amusant hommage aux E.C. Comics et Vendredi 13, Chapitre 7 nous offrait un Jason au sommet de sa forme, doté du meilleur look qu'il ait jamais eu et hélas complètement massacré par la censure.
Ghoulies III demeure un nanar volontaire est amusant, improbable fusion entre le film de petit monstres façon Gremlins et Revenge of the Nerds, tandis que Watchers Reborn était loin d'être le pire de sa série.
Avec son zombie chercheur d'or en guise de héros, ce 6ème film m'était évidemment alléchant.



C'est dire à quel point ce Curse of the Forty Niner (aussi baptisé Miner's Massacre) m'a profondément déçu. Pas dans le sens où j'en attendais quelque chose de grandiose, car nous sommes là dans le territoire du bas budget où la série B devient limite Z et à une époque où le Neo Slasher à plus ou moins enterré le film de Boogeyman à l'ancienne, mais parce que le résultat ne porte absolument pas la griffe "Buechler".
Le réalisateur aurait pu être un homonyme que cela ne m'aurait pas étonné: rien ici ne rappel son style particulier est vite repérable. Ni l'humour (plutôt banal typé beauf), ni le récit dans son ensemble (minimaliste et cliché), ni le gore (pratiquement absent), ni même le monstre qui évoque tout sauf une créature conçue par notre vétéran !
Si on pouvait autrefois lui reprocher ses designs un peu trop similaire (le monstre de Cellar Dweller et le "chat" des Ghoulies sont globalement les mêmes bestioles), le creature design ici choisi apparaît tellement générique, sans aucune créativité, qu'on pourrait croire que Buechler n'en est pas responsable. Il semble pourtant ne pas avoir délégué et il faut probablement chercher son manque d'implication du côté budgétaire. Disparu le côté cartoonesque de son imagination, et à la place vient parader un mort-vivant fade et oubliable.
Résultat, le film est à l'image de son monstre: plat, générique et prévisible, dépouillé de tout le fun et le caractère propre à son réalisateur. Curse of the Forty Niner aurait dû être un hommage aux assassins délirant des Slashers rétro, ces clones de Freddy grotesques mais fanfarons qui affichaient un look de train fantôme. Au final, il est aussi superficiel que les Neo Slashers aseptisés dont il cherche à se démarquer.



Et pourtant il y avait de quoi faire avec les éléments utilisés: l'intrigue prend racine au cours de la Ruée vers l'Or et présente le cas d'un pionnier pas comme les autres. Jeremiah Stone, un "Forty Niner" (nom attribué aux chercheurs d'or ayant migré en Californie à partir de 1949, soit juste après que le Président ait confirmé l'existence du précieux minerai découvert sur place à l'ensemble du pays
et oui vous mourrez moins bêtes) à la fois cupide, meurtrier, cannibale (il a bouffé sa femme et son propre enfant !) et sataniste. Pour obtenir la vie éternelle, il semble avoir vendu son âme au Diable et a orchestré sa propre mise à mort en kidnappant la fille du Pasteur et en l'assassinant sous ses yeux. L'homme de Foi renonce alors à Dieu pour la venger, et cela permet à l'assassin de lancer une malédiction sur la ville.
Abattu, il revient aussitôt à la vie avant de s'enterrer dans sa propre mine, où il a construit un petit autel à la gloire du Diable qui va lui permettre de ressusciter aussitôt que quelqu'un tentera de s'emparer de son or. Désormais invulnérable, Jeremiah Stone va continuer à terroriser les lieux pendant plus d'un siècle...
Le film commence lorsqu'un idiot retrouve la trace de son butin et commence des fouilles afin de s'en emparer. Il prévient sa sœur qui rapplique avec son petit ami et une bande de potes pour l'aider, et le groupe va bien vite s'emparer du trésor. Le Forty Niner va alors se mettre en chasse, massacrant quiconque se dresse sur son chemin, or ou pas...



Difficile de dire ce qui c'est passé durant la production, mais découvrir la genèse de ce type de films est généralement mission impossible. Aucune compagnie particulière n'est rattachée au projet, pas plus que de noms spécialement connus. Les filmographies des responsables montrent juste qu'ils sont tous spécialisés dans le bas budget (pêle-mêle: Pumpkinhead II, Scarecrow Slayer, un Samurai Johnny Frankenstein par ce taré de Scott Shaw, l’inénarrable Future War avec Robert Z'Dar, Daniel Bernhardt et un dinosaure en plastique, etc.) et qu'ils ont fondés pour l'occasion la firme Wanted Entertainment.
Naturellement celle-ci n'a jamais accouchée de rien d'autre, et si l'idée était de faire de leur Forty Niner une nouvelle icône du genre (ce qui semble être le cas puisqu'ils utilisent sa silhouette pour le logo de leur compagnie), c'est un échec total. Mon avis est que ces différentes personnes ont fini par s'associer à force de rencontres dans de petites conventions ou marchés de films, et ont embarqués avec eux une poignée de "has-been" en leur donnant le poste de "producteur associé" afin d'améliorer les chances de vente de leur bébé. Ainsi quelques noms intéressant ressortent sur l'affiche, tant devant l'écran que dans le service de presse: Vernon Wells, l'inoubliable punk de Mad Max 2 et adversaire de Schwarzenegger dans Commando, Martin Kove, maître des Cobra Kai dans les Karate Kid et pilote d'hélico occasionnel pour John Rambo, ou encore John Phillip Law, inoubliable Diabolik chez Mario Bava et ange dans Barbarella, qui a fini sa course auprès de Mark Gregory dans Thunder III et de Reb Brown dans le légendaire Space Mutiny.
Également de passage, la divine Karen Black que l'on ne présente plus et Richard Lynch avec sa tête de grand brûlé. Plus obscure: Jeff Conaway, surtout connu pour ses rôles dans Grease et Babylon 5, mais qui à versé dans le B pur et dur plus d'une fois (Alien Intruder avec Billy Dee Williams, le 4ème Douze Salopards – si ! – mais surtout Elvira et The Sleeping Car, film de fantôme au cadre particulier et dont les effets était déjà gérés par Buechler).



Celui-ci doit être là pour les mêmes raisons et le poste de réalisateur lui aura sans doute été offert car il avait le plus d'expérience dans ce domaine. Vraiment, je pense que ce Curse of the Forty Niner apparaît plus comme une faveur ou un dépannage plutôt qu'un véritable film dans sa carrière. Un gros changement de modus operandi du mort-vivant ayant lieu en cours de film, sans aucune explication, il y a même fort à parier que le script original fut réécrit ou modifié ici et là par ses soins, afin de dynamiser un peu l'histoire et rajouter un côté comique et grotesque à ses méfaits.
Ainsi ce qui apparaît au début comme une série de meurtres routiniers et inintéressants (des exécutions effectuées hors champ, avec des armes simples, tandis que le tueur semble vouloir récolter le sang de ses victimes) fini par se transformer en un festival de gags violents et inventifs, soit à peu près ce qu'on attendait de la part de Buechler: le Boogeyman lance sa vieille pelle comme un javelot, laquelle traverse le pare-brise d'une voiture pour venir s'encastrer dans la tête de la conductrice avec force. Lorsqu'un autre véhicule lui fonce dessus, il laisse tomber son arsenal et se prépare physiquement à se jeter sur le capot en pleine course, juste pour mieux atteindre la fenêtre que sa victime a bêtement laissée ouverte. Après une longue scène d'exposition où sont ressassées les origines du tueur et la façon dont il peut être détruit, celui-ci débarque sans prévenir pour se débarrasser du conteur désormais inutile et faire avancer l'intrigue.
Le meilleur ? S'étant fait couper une main, il l'a remplace en plantant directement sa pioche à travers le moignon, pressant sur l'outil jusqu'à ce qu'il se fiche à l'intérieur de son bras ! Que du réjouissant, qui intervient malheureusement trop tard. Car pour profiter de ces moments, il faut attendre les 25 dernières minutes du film...



Du reste, il ne se passe pas grand chose en dehors des habituelles conversations stériles des protagonistes, naturellement tous inintéressants. Bien heureusement on trouve quand même quelques passages notables ici et là: la résurrection du zombie en tout début de film, totalement calquée sur celle de Freddy Krueger dans son 4ème opus (jusqu'au gag du chapeau dépoussiéré), le même qui trouve le moyen de coincer sa pioche durant un combat et se fait alors tabasser sans retenue par deux de ses proies, la chiasse violente que subit un pauvre quidam ayant mangé trop de fayot, montée en parallèle avec les scènes de sexe de ses copains et venant alors totalement ruiner un moment romantique (oui c'est très con et vulgaire, mais on fait avec ce qu'on peut).
Hélas ces épisodes sont dispersés sur la longueur et le reste du film se traine. Au manque de rythme se mêle celui de l'investissement du spectateur, puisque les personnages sont tout simplement détestables. Au couple de héros transparents au possible et sans aucun caractère se rajoute une bande "d'amis" qui tirent la tronche et s'engueulent dès que possible. Difficile de croire que ces gens s'apprécient tant ils semblent tous désespérés d'avoir à trainer ensemble. Mention spéciale pour la greluche autoritaire et castratrice qui semble n'avoir aucun autre but dans sa vie que de ridiculiser son petit ami devant tout le monde. Une "salope" évidemment conçue pour que l'on souhaite sa mort, mais le résultat est loin d'être satisfaisant puisqu'on n'en verra rien ! Au moins Buechler nous épargne et la fait vite disparaître pour la remplacer par une redneck mignonne et sexy, qui s'avère être le seul personnage positif du film.
Pétillante, gentille et plaisante à regarder avec son petit short et son cache-cœur en guise de tenue, l'actrice semble toute désignée pour devenir la véritable héroïne du film. Manque de bol, l'équipe de Curse of the Forty Niner ne semble pas vouloir nous faire passer un bon moment et lui règle rapidement son sort à elle aussi, nous laissant avec une bande de comédiens grossiers et peu avenant à regarder.



Le positif, c'est que le film est court. Très court même, comme beaucoup de bas budget de ce genre, se limitant à 80 minutes déjà bien raccourcie par de longs génériques de début et de fin (presque 10 minutes combinés). L'autre bonne nouvelle c'est que les quelques acteurs invités pour faire vendre sont plaisant à suivre. C'était une évidence, mais puisque leur présence est limitée à seulement une ou deux scènes chacun, on aurait pu craindre le caméo inutile comme c'est souvent le cas avec les DTV contemporain. Coup de chance, même lorsqu'ils ne sont là que pour une poignée de secondes nos vieux de la vieilles parviennent à nous faire sourire.
Martin Kove joue un bouseux uniquement intéressé par sa bière et sa femme, Lynch se prend pour Bill Moseley et nous gratifie d'un langage fleuri des plus hilarant tandis que Karen Black se retrouve dotée d'une chevelure envahissante pour jouer, comme par hasard, la folle du village. Vernon Wells fait ce qu'il sait faire de mieux et interprète un Jeremiah Stone pré-résurrection brutal à souhait. On aurait aimé les voir plus longtemps, mais ce type de production nous a habitué à un traitement de ce genre. Pour ne pas trop accabler le reste du casting, outre la sensualité d'Alexandra Ford en paysanne que j'ai souligné précédemment, saluons la prestation de Stephen Wastell, qui entre sa légère ressemblance avec Marco Rodríguez (le terroriste de supermarché qui se fait dézinguer au début de Cobra) et son jeu soigné, a su apporter un peu de profondeur à son personnage.
Et c'est à peu près tout ce que je peux dire à propos de ce Curse of the Forty Niner puisqu'il n'y a absolument rien d'autre qui ne mérite la peine d'être mentionné.



Slasher plat, simpliste, mal joué (sauf exception) et sans fric, le film ne survit que grâce aux quelques habitués qui viennent nous faire un clin d’œil et aux sursauts de délires qui n'interviennent que très rarement, Buechler s'étant retrouvé bridé à tous les niveaux.
Voilà une série B qui ne mérite pas d'être découverte, et franchement je lui préfère Jolly Roger: Massacre at Cutter's Cove, de la Asylum, a qui il ressemble fortement. Réalisé trois ans plus tard, cet autre film de Boogeyman met en scène un pirate au maquillage similaire à celui du Forty Niner pour une aventure presque identique. Le tueur est le même, les meurtres sont semblables, le niveau d'inventivité et de fun est à peu près le même et certaines scènes sont écrites de la même façon (la femme racontant le passé du tueur et évoquant son point faible qui se fait zigouiller aussitôt son discours terminé, faute d'utilité)... On peut même mentionner des coupes sombres ultra visible dans les deux cas ! (ici l’utilité du sang récupéré chez les premières victimes, qui est totalement oublié par la suite – ma supposition est qu'il en a besoin pour ressusciter, comme en témoigne ces mêmes petites "lucioles" en CGI tant à son réveil que dans la mixture – et la présence de temps à autres de mauvais esprits tournant autour du Forty Niner, qui évoquent un peu les Dream Demons de La Fin de Freddy).
Bref, si vraiment il vous fallait voir un production de ce genre, favorisez la Asylum. Ça parait fou de dire ça, mais eux au moins savent ce qu'ils doivent donner à leur public et ne lésinent pas sur l'humour !





lundi 28 mars 2016

[Ciné] Batman V Superman: L'Aube de la Justice


Batman V Superman: L'Aube de la Justice
Batman V Superman: Dawn of Justice (2016)
Mega CGR Centre, Tours (37)



Donc, pas d'entracte pour Les 8 Salopards, alors que l'idée était incluse dans le film, mais une pause de dix minutes dans celui-ci, parce que "trop long" et coupée à l'arrache ? (en plein dans la fameuse réplique "Tell me, do you bleed ? You will.") Merci les multiplex ! 


vendredi 18 mars 2016

[Ciné] 10 Cloverfield Lane


10 Cloverfield Lane
(2016)
Mega CGR Centre, Tours (37)


Medusa n°27


Commandé en début de semaine, reçu aujourd'hui même, autant dire que je n'ai même pas eu le temps d'attendre. Medusa s'est retrouvé dans ma boite au lettre et le moins que je puisse dire c'est qu'il s'en est fallu de peu pour qu'il rejoigne ensuite la poubelle. Pourquoi ? En bien visez la taille du machin ! On ne dirait plus un fanzine mais le catalogue printemps-été de Maison du Monde ! Sans déconner, j'ai mesuré et on tape dans le 1,2 cm d'épaisseur. Je savais que l'objet serait impressionnant, on avait été prévenu, mais je ne m'attendais pas à ça.
On peut tout à fait s'imaginer que le pavé a été prévu ainsi par son créateur en raison de la pause annuelle à venir, et ceux qui lisent lentement auront peut-être de quoi tenir jusqu'au prochain numéro.


Quoiqu'il en soit, il s'agit encore une fois d'un ouvrage qui dévie quelque peu de sa véritable nature et plutôt que de parler de fanzine, le terme "presse professionnelle" s'applique parfaitement ici. Pas "professionnel" dans le sens légitime aux yeux de la Loi, mais dans  celui où les rédacteurs savent parfaitement de quoi ils causent et s'appliquent à pondre des textes bien plus pointus, prenant et finalement légitime que ceux que l'on peut trouver ailleurs...
Dégueulant de couleurs, d'illustrations et d'images, ce Medusa est tout simplement beau à regarder et donne cette même impression de dépaysement que l'on peut éprouver dans les librairies spécialisées où s'entassent aussi bien les affiches d'une autre époques, les photos de production, les magazines et ouvrages cinéma, et les raretés qui vont avec. Il y en a partout, on ne sait même plus où poser les yeux, mais ça déborde de morceaux d'Imaginaire qui font pétiller le cerveau.


Pour en venir au côté plus personnel, je dois avouer que la présence de ma chronique fut une petite surprise pour ma part. Le texte, celui sur Turkish Mad Max qui écope d'une double-page qui m'a impressionnée, avait en effet été transmis à Didier durant une très mauvaise période: le 12 Novembre 2015. "Je lirais ça demain" m'avait répondu le patron. Et malheureusement, on sait tous ce qui s'est passé quelques 24h plus tard...
Un peu ma faute car cette chronique devait à l'origine sortir pour le n°26 ! David Didelot de Vidéotopsie et Rigs Mordo de la Toxic Crypt vous le confirmerons, il m'arrive d'être sacrément à la bourre lorsque je dois rendre un papier, au point de frôler avec la deadline quasiment à chaque fois. Pour ma défense, j'ai souvent de bonnes excuses, mais ce n'est pas le sujet. J'ai raté mon coup une première fois et j'étais naturellement anxieux de connaitre l'avis de Didier sur ma chronique. Avis qui n'est donc jamais arrivé, ce qui m'a fait croire que je m'y étais pris trop tard encore une fois, voir que mon compte-rendu était tout simplement trop mauvais pour être publié.

Les lecteurs jugeront d'eux-mêmes, si jamais ils le lisent, mais Didier a eu la gentillesse de l'inclure dans son Anti-Bible et de m'envoyer le tout avec un petit mot agréable. Je le remercie sincèrement et lui souhaite une "pause"agréable d'ici son prochain méfait !



dimanche 13 mars 2016

jeudi 10 mars 2016

Nouvelle page Facebook

Hello à toutes et à tous, voilà juste une petite information sans grande importance mais qui va avec la reprise d'activité du blog, après 4 mois de quasi abandon (c'est cyclique chez moi, ne cherchez pas).

Une "nouvelle" page Facebook a donc été ouverte afin de fidéliser plus facilement les lecteurs et visiteurs potentiels. Alors je vois déjà les anciens se marrer, car cela doit être la deuxième ou troisième tentative, et qu'il n'y a aucune raison pour que ce nouvel essai ne se solde pas non plus par un échec. Toutefois après environ 24h de mise en ligne, celle-ci semble avoir quelques supporters. Certes c'est plus de la politesse qu'autre chose, mais si ça permet d'avoir une meilleur lisibilité des articles, ça sera pas mal !
Alors j'avais prévu d'en parler un peu plus longuement, d'évoquer mon point de vue sur Facebook en général, la façon dont cela peut amener du monde tout en vous faisant vous sentir isolé, et aussi expliquer mon hésitation de tenir une page après la très mauvaise expérience avec Lady A., ayant tenu "notre" page artistique pendant des années avant de me faire mettre à la porte du jour au lendemain, mais cela n'intéresse personne !

Du coup voilà juste un bref coup de pub pour cette nouvelle vitrine du blog où vous pourrez retrouver tous les articles à venir, mais aussi les nombreuses archives qui n'ont pas encore été republiées à ce jour. Exactement comme sur le fil Google + en gros, mais qui utilise Google + ? (à part moi) (ce qui explique sans doute pourquoi je m'y sens si seul)
Et en bonus, le nouvelle bannière signée Rigs Mordo, qui pète la classe avec son côté illustration à l'ancienne. Un grand merci à lui, et naturellement je ne peux que vous conseillez de visiter sa crypte toxique: c'est comme ici mais en plus grand, plus beau, plus célèbre et plus admiré. Le Tom Cruise du Bis un peu, et ça me convient puisque, Rigs, you can be my wingman anytime !

https://www.facebook.com/dreampunkfr/

Cliquez et likez, pour que moi aussi
je puisse ressembler à un Tom Cruise du Bis !

(sinon je me contenterai d'être Nicolas Cage, ça me va très bien aussi)

mercredi 9 mars 2016

Mental Hurlant – Arrow (4.05)

Sans préparations, sans recherches, sans analyses et sans talent, les chroniques du Mental Hurlant ne sont que les réactions retranscrites sur le vif d'un esprit-spectateur, perdu dans ses souvenirs, ses plaisirs et ses déceptions selon le temps et l'humeur. Voici une retranscription de ce qui se déroule dans ce cerveau à l'évocation du sujet suivant... 

MENTAL HURLANT


Arrow
Ep.4.05
Haunted

"Any of you squabblers got a cigarette ?"


Quitte à écrire pour des prunes, autant y aller à fond ! Voilà donc, avec quatre mois de retard, la chronique... d'un demi-épisode de série télé ! Et oui, je vous gâte, mais pour être franc je préfère y aller mollo avec cette reprise, étant donné que je n'ai quasiment plus rien foutu depuis Novembre dernier. Et c'est du mois de Novembre qu'il devait d'ailleurs dater, ce texte, du moment de sa diffusion: le 5. Pourquoi s'embarrasser avec après tout ce temps, alors qu'il serait facile de sélectionner tout un tas de truc bien plus intéressant ? Tout simplement par soucis de complétisme, car si j'ai suivi une saison entière de Constantine, ce n'est pas pour abandonner à sa toute dernière diffusion.
Car oui, même si cela est désormais une évidence vu la date, la série adaptée de Hellblazer a finalement été annulée après un pourtant très honorable run. Incompréhensible tant les audiences n'étaient pas si désastreuses, encore plus lorsque DC s'embarrasse d'une ridicule Supergirl sans aucun charisme, ni intérêt. Et ne venez pas me parler de manque de moyens ou d'ambition quand on voit à quel point Flash et Arrow sont limités mais parviennent à s'imposer malgré tout.
Las, c'est donc sans aucune véritable conclusion que les aventures de John Constantine se terminent, et jamais nous ne saurons s'il parviendra à empêcher le Rising Darkness de s'emparer du monde. A vrai dire, même la série-gag John Con Noir, qui jouait justement sur la menace d'annulation de la série, a été supprimée sans qu'aucun autre épisode n'ai vu le jour. Pitoyable. Aux dernières nouvelles, on parle du projet Justice League Dark, un temps potassé par Guillermo Del Toro, avec - Ô surprise - Colin Farrell dans le rôle de l'exorciste. Amusant presque, tant sa ressemblance avec Matt Ryan est notable, mais leur acting diffère tellement qu'on ne peut prendre cela comme un lot de consolation. Sans parler de l'aberration de faire jouer un protagoniste 100% British par un Irlandais, mais on connait Hollywood.



Reste toutefois le faible espoir de voir ce John Constantine, que nous suivons ici depuis le début, revenir à la télé en tant que personnage secondaire récurrent dans les autres série DC. Sur Arrow évidement, mais également dans les autres puisqu'elles forment désormais leur propre univers étendu via de multiples crossovers et  l'arrivée de Legends of Tomorrow. Espérons. Espérons aussi que la qualité des épisodes soient de meilleurs factures que ce très mauvais Haunted, qui en-dehors de la rencontre Ollie / Constantine, n'a strictement rien d'intéressant à offrir et se trouve être particulièrement désagréable à suivre.
Avant de plonger dans l'épisode, mettons nous d'accord sur une chose: il ne s'agit en aucun cas d'une vraie critique, ni même d'une vraie chronique. Le fait est que je n'ai jamais vu un seul épisode d'Arrow jusqu'à maintenant (hormis peut-être celui où Michael Jai White apparaissait pour la première fois, mais la vision fut morcelée), aussi je ne peux décemment pas me prononcer sur la qualité de la série. Ce serait injuste et je ne désire aucunement me fourvoyer en supposant ou en inventant des choses qui n'ont pas lieux d'êtres. Voilà pourquoi j'ai inscris ce texte dans Mental Hurlant, et que je vais surtout me concentrer sur les parties "crossover" de l'épisode, zappant au passage 70% de son contenu.
Pour rapidement passer en revue mes impressions concernant la série, disons que je reste plutôt perplexe devant cette incarnation de Green Arrow. Très loin du Oliver blondinet au look rétro, grande gueule, blagueur, Robin des Bois moderne, Arrow propose simplement... Batman. Un Batman dont la chaine télé n'aurait pas les droits, devant relooker et renommer le personnage, modifier son historique et ses alliés. La preuve, il est ici ouvertement question des Lazarus Pits de Ra's al Ghul ! Ollie apparait comme une figure publique et playboy à la manière de Bruce Wayne, une experte en informatique joue le rôle d'Oracle, et les seconds rôles apparaissent comme transformés pour ressembler à ceux de l'homme chauve-souris. Ainsi Arsenal / Red Arrow et la normalement fun et sexy Black Canary n'ont aucun rapport avec leurs versions papier et évoquent plus quelques Batgirls ou Robins ou féminin qu'autre chose.



Le look général du show est déplaisant, cheap, comme s'il s'agissait d'une production de second rang. Aucune différence avec Smallville, des années plus tôt, et arrivé à la 4ème saison cela veut tout dire. DC Comics collectionne les séries télé qui ressemblent à de la merde et qui s'éloignent tellement de leurs sources qu'elles ne donnent pas du tout envie de s'y intéresser. Je généralise, mais ça évoque bien le problème.
Par exemple ici, si l'on excepte la présence Constantine, le scénario forme un récit peu palpitant, inutile et terriblement cliché, ayant déjà été utilisé maintes fois auparavant dans d'autres univers du même genre. Il y est question de la corruption d'un personnage autrefois bienveillant, représentant désormais un danger pour les citoyens de la ville comme pour nos héros, et la question se pose sur la manière d'agir. Buffy Contre les Vampires a sûrement dû jouer cette carte une fois par saison, et à propos de Batman, la résurrection qui tourne mal est un sujet récurrent qui avait justement été employé pour le film d'animation Batman: Red Hood.
Vu le niveau d'écriture, il ne fallait guère espérer une histoire intéressante et effectivement Constantine vient jouer les guest-stars de luxe, et rien d'autre. Pratiquement aucun élément de sa propre série n'est référencé ici, si ce n'est les premières notes de son thème musical à sa première apparition (une petite joie en soit) et une réplique qui évoque vaguement une séance spirituelle effectuée précédemment. Le fait est que sa présence semblait plus être un test de la part des producteurs pour voir si le personnage pourrait être populaire parmi les fans d'Arrow et de Flash, et ainsi confirmer le lancement d'un univers étendu reliant chaque série DC de la chaine. Là dessus c'est une quasi réussite puisque Legend of Tomorrow fut validé et qu'il n'a pas été exclu que John Constantine puisse revenir un jour.



Mais qu'en est-il de notre exorciste préféré ? Et bien il est d'abord présent au sein de quelques flashbacks difficile à situer, pour ceux qui ne connaissent pas Arrow. Alors que l'épisode narre son récit de manière traditionnelle, il retourne plusieurs fois en arrière sans raison apparente, dans un lieu et une période qui n'ont pas de rapport avec la situation actuelle. Ces vignettes sont dispersées de façon régulière et montrent comment John Constantine s'est rendu dans une île "étrange" (aucune idée pourquoi) afin d'y récupérer un dangereux artefact qui ne doit en aucun cas tomber entre de mauvaises mains.
Malheureusement pour lui l'endroit est occupé par une force armée et il est fait capturé, devant alors utiliser ses dons de magicien pour effectuer une évasion. Dans le feu de l'action, il prend Ollie en otage car celui-ci était alors un soldat travaillant (apparemment sous couverture) pour la milice. Puisque les deux sont naturellement du bon côté, ils ne se tirent pas dans les pattes et vont même sympathiser. L'Anglais comprend que son captif est un héros au grand cœur, et ce dernier protège Constantine d'un piège mortel en réalisant qu'il est de son côté.
Un petit côté Indiana Jones du pauvre avec cette aventure courte, minimaliste et sans aucun enjeux. Des catacombes qui se limites à un couloir et une salle, et avec un seul piège, une évasion en plein camp militaire où pas un soldat n'est témoin des évènements, bref c'est de l'anti-spectaculaire. Et la seule raison pour laquelle cette première rencontre ne forme pas une introduction (ce qu'elle aurait clairement dû être), c'est parce que les auteurs ont voulu conclure l'épisode sur une "révélation" surprise, ici un tatouage magique et mystérieux que Constantine transfert à son compagnon, et qui jouera sûrement un rôle clé d'ici la fin de cette saison.



Accélérons jusqu'à la dernière partie, le milieu n'étant qu'un enchainement de séquences statiques et d'action raplapla, où de trop nombreux protagonistes échangent des dialogues dans différents endroits (personnellement j'ai lâché au moment où quelqu'un lance au héros "You have been in love with Laurel and Sara, and...", sans compter qu'il y a au moins trois actrices blondes que j'ai rapidement fini par confondre).
Grossièrement, une jeune femme morte a été ramenée à la vie grâce à une Lazarus Pit mais le rituel n'a pas été effectué correctement et celle-ci n'est plus la même. Folle, agressive, elle n'a plus "d'âme" et attaque la population locale avec une force surhumaine. Green Arrow et ses partenaires parviennent à la capturer et Ollie contacte Constantine dans l'espoir qu'il puisse arranger les choses.
Encore une fois le résultat laisse à désirer tant les péripéties annoncées ne sont nullement retranscrites à l'écran. L'idée est de voyager dans un plan astral pour libérer l'âme de la victime, prisonnière d'esprits mauvais ou quelque chose comme ça. Il est précisé que la tâche sera difficile car quiconque meurt dans cet autre monde périt également dans la réalité, que la zone est une sorte de labyrinthe dans lequel on peut rester bloqué pour l'éternité et que les gardiens de l'âme ne laisseront pas leur proie repartir sans un combat.
Tout ça pour au final nous présenter trois "ninjas" qui se font facilement dessouder, le labyrinthe se limitant à deux pièces (!) et l'esprit étant prisonnier d'un étrange puit bouillonnant qui évoque celui d'Amityville 3D, à peine retenue par quelques mains-zombies que le caméraman ne semble pas vouloir filmer (c'est à peine si on les entrevoit).

Quelques flèches bien placées permettent à Green Arrow d'écarter la menace en deux minutes montre en main, et seul Constantine assure le spectacle en utilisant un sortilège "boussole" pour trouver son chemin et en combattant un garde à l'épée, utilisant sa magie pour tricher.


Bref c'est lamentable, mal foutu, pas du tout excitant ni imaginatif, et j'espère fortement que ce n'est pas représentatif de la série télé dans son ensemble car ce serait honteux. Les acteurs sont inintéressant et guère convaincant hormis Stephen Amell, les costumes sont parfois ridicules et évoquent des shows moins bien produit comme Black Scorpion, et visiblement il n'est pas question de s'amuser.
Sans vouloir faire le fanboy, c'est Matt Ryan qui retient l'attention grâce à son entrain, ses expressions faciales et sa légèreté. Il semble prendre du recul sur l'ensemble par rapport à ses collègues, et se retrouve avec les meilleurs choses à faire. Il possède les meilleurs répliques ("I'm on the side of the angels, mate."), les meilleurs gags (celui de la plume de paon qui lui sert à se gratter le dos) et lorsqu'il apparaît à l'écran, on sait qu'il va se passer autre chose que de la parlotes soporifique.
J'ignore si ce Haunted aura servi à faire avancer l'intrigue générale d'Arrow, mais en l'état il reste franchement mauvais, lent et rébarbatif, ne trouvant sa seule grâce qu'en la présence de John Constantine. Pour ce qui est sa dernière apparition à l'écran, on aurait préféré mieux, mais on se contentera de ce que l'on a. Surtout d'ici à ce que Matt Ryan soit remplacé par Colin Farrell ou un quelconque acteur dans ce qui sera le second reboot du personnage.

Oh et sinon l'épisode a au moins pour lui de continuer la tradition de Constantine d'amener des objets / concept liés à l'univers DC Comics, et ici il s'agit de L'Orbe d'Horus, qui semble clairement inspiré de l'Orbe de Ra. Un artefact que l'on retrouve principalement lié au personnage de Metamorpho, mais également visible plus d'une fois dans les pages de... Batman ! Tiens donc, tiens donc...