mardi 27 décembre 2016

Carrie Fisher (1956-2016)


La plus belle des princesses vient de nous quitter.

L'annonce, il y a quelque jour, de son arrêt cardiaque, avait un peu affolée toute une population. Celle qui vit avec la tête dans les étoiles. Sans revenir sur sa carrière je ne me sens pas d'écrire sur le sujet, il est indéniable que son rôle de Leia Organa a éclipsé la totalité de sa filmographie. Une malédiction peut-être, pour un acteur, mais est-ce vraiment grave si ce personnage a pu entrer dans la légende, devenant à la fois intouchable, intemporel et inoubliable ?

Nous sommes très nombreux a avoir espéré qu'elle se remette de cette attaque, et les nouvelles qui ont suivies quelques heures plus tard, décrivant son état comme stable, nous avaient presque convaincues. 2016 aura eu la peau de nombreux artistes (George Michael, pratiquement au même moment), mais nous pensions qu'elle l'aurait échappé belle. Avec son âge et ses antécédents, peut-être aurait-elle été condamnée à un restant de vie un peu triste, à devoir se gaver de médicament un comble pour elle, mais au moins elle s'en serait sortie.

Mais non. 2016 est une salope qui, sentant sa fin venir, tente d'emporter tout ceux qu'elle peut avec elle. Le décès de celle qui était une véritable icône m'aura surpris avec ce léger refus d'y croire sur le moment. Très récemment je suis allé voir Rogue One. C'était il y a tout juste quelques jours, et ce sont les images les plus fraiches que j'ai en tête de la saga Star Wars. Le film se conclu sur une toute dernière scène montrant la Princesse Leia ôter le voile qui lui couvre le visage, pour regarder un objet symbolisant l'espoir de la Rébellion.

Cette Princesse Leia n'est pas la vraie. C'est une imposture composite, en partie générée par ordinateur et je ne sais quels autres effets. Si l'ignoble "filtre" 3D (ce voile obscur qui ternit l'image à cause des lunettes fumées) a sauvé les meubles, laissant presque l'impression de voir, pour de vrai, une Carrie Fisher rajeunie dans une séquence toute nouvelle, la vérité est que ma dernière rencontre avec la Princesse n'est pas celle que j'aurai voulu avoir. C'est une réplique, lisse et imparfaite, victime de l'effet Uncanny Valley. Un replicant qui, je me disais, risquerai bien de prendre la place de l'original sur le long terme. Certes les épisodes 8 et 9, se déroulant "dans le présent", assureraient la présence de l'actrice, mais tout de même.

Carrie Fisher ne sera pas dans ces nouveaux films, à moins peut-être qu'elle n'ait déjà tournée quelques séquences. Ce double digital prendra bel et bien le relais, et nous, nous avons perdu une grande dame.

Si j'étais croyant, je me dirai qu'elle retourne dans une galaxie lointaine, très lointaine, retrouvant jeunesse et énergie perdue, et allant s'éclater sur le dancefloor dans ce Gold Metal Bikini qui est pour moi un fétiche absolu.. Elle s'y serait rendue accompagnée de l'hilarante Claude Gensac, alias "Ma biche", alias Mme Cruchot, qui vient également de rendre l'âme, dans des conditions similaires.

Je la vois retrouver Jake Blues, qui cette fois ne la laisserai pas choir dans la boue...

Ouais, je dois vraiment avoir la tête dans les étoiles.


jeudi 15 décembre 2016

Jean-Pierre Dionnet AIME L'Imaginarium !

Oui, ce titre d'article est un peu faux comme vous pouvez vous en douter. Ou trafiqué, légèrement détourné, pour mieux attirer le lecteur curieux. Du clickbait, comme on dit. D'ailleurs le fait que je vais relater ici n'a rien d'extraordinaire et va sûrement faire rouler des yeux certains d'entre-vous, lesquels se demanderont si je n'ai pas mieux à faire de mon temps que d'écrire à propos de ça (et si, totalement, j'ai des choses plus importantes sur le feu en vrai).
Et pourtant je ne peux pas m'empêcher, c'est comme ça. Voyez cela comme un article bouche-trou, du contenu provisoire en attendant le renouveau de 2017 qui va quelque peu changer le blog.
Donc, je suis censé vous parler de Jean-Pierre Dionnet mais je ne vais pas vraiment le faire. C'est une personnalité suffisamment connue et appréciée pour que des présentations soient inutiles, et pour ceux qui se demandent: non, je ne l'ai pas rencontré en personne et il ne m'a pas dit verbatim qu'il aimait ce petit coin d'Internet. En fait je n'ai croisé ce petit bonhomme (même taille que moi, donc n'y voyez pas là une moquerie) qu'une seule fois dans ma vie, à l'occasion du Festival Bloody Week-End de 2015. En vitesse et sans avoir l'occasion de lui faire dédicacer quoique ce soit – dites vous connaissez le poids du livre Métal Hurlant, 1975-1987: La Machine à Rêver, pour voir ?!

Bref, c'est sur Facebook que tout se déroule (oui, je sais), et alors que je vaquais à mes occupations habituelles, à savoir glander sur le fil d'actualité en espérant y trouver quelque chose d'intéressant pour combler ma triste vie, vide et ennuyeuse, un petit pop-up indiquant une notification apparaît. C'est un "like" (oui, je sais !) sur ma page dédié à L'Imaginarium. Celle-ci n'est que vaguement mise à jour en ce moment, avec quelques partages d'articles, et son rythme de publication est tout aussi lent qu'ici. Peu de gens s'y intéressent mais j'ai eu le plaisir d'avoir quelques personnes ayant acceptés de se brancher dessus depuis sa création, "aimant" la page pour s'y abonner. Quelques uns sur invitation, parce que je suis un sale mendiant, d'autre par pure bonté d'âme.
Et alors je réalise de qui vient le clic. Jean-Pierre Dionnet, ou plutôt "Jeanpierre Dionnet" si je m'en réfère à mon écran. Ma première réaction est de ne pas trop me fier à ce pseudonyme car Facebook regorge de faux Bruno Mattéi, de George Romero et autre John Carpenter qui ne sont évidemment pas les vrais. Tout me laisse croire qu'il s'agit d'un éventuel Bisseux qui se cache sous un nom d'emprunt, et c'est par curiosité que je me renseigne un peu, juste voir si je le connais. Et... Il s'avère qu'il s'agit bien DU Jean-Pierre Dionnet. Le vrai. Pourquoi ? Comment ? Dans quel état j'erre ? Je suis toujours sous le coup de la surprise et mon "Moi' intérieur tente de rationaliser.


Alors non, je doute que Jean-Pierre Dionnet, l'homme qui a fondé Métal Hurlant, qui est copain comme cochon avec de vrais artistes, ait lu la moindre ligne de L'Imaginarium de Monsieur Bizarre. Je pense même qu'il serait atterré par mes divagations et mes pseudo-analyses, et se serait déconnecté du blog sans jamais regarder en arrière s'il l'avait fait. Donc pourquoi ce petit "like" encourageant sur Facebook ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je suppose que via les contacts communs, des messages et annonces doivent se croiser sur les fils d'actualité, et peut-être qu'une malheureuse phrase a attirée son attention, sans plus. Ou peut-être a t-il vu qu'un ami à lui a aimé la page, sans avoir le contexte, et s'est senti de faire de même par gentillesse. Plus vraisemblablement, c'est parce que j'y évoquais récemment John Norman, et qu'il y avait cette notion de "Littérature".
Bref, je ne l'explique pas mais je ne me perds pas en espoirs ridicules. Cependant, le simple fait que cela ait eu lieu m'a foutu un gros sourire sur le visage: j'ai quand même grandi en regardant Le Quartier Interdit et Cinéma de Quartier, et je voue un culte à certains titres que seul M. Dionnet a osé présenter dans notre pays (Evil Ed, Skinner, et j'ajouterai bien Premutos mais Uncut Movies était là aussi pour ça), aussi je ne peux qu'être heureux de cette minuscule et insignifiante notification.


Voilà c'est tout, c'était inutile et ça va gonfler certains (notamment un belge aux cheveux longs, qui est constamment vénéré par d'autres "Grands", de Lloyd Kaufman à je-ne-sais-qui, et qui doit bien se marrer), mais je vous emmerde. Ça me permet de conclure 2016 sur une note positive et c'était sacrément improbable ! Et puis vous vouliez quoi ? Une chronique des quatre Project Shadowchaser ? Vous savez que vous ne les auriez même pas lu...

PS. Et je vois qu'une autre personne a aimé la page, qui n'est pas Jean-Pierre Dionnet mais qui a tout autant de mérite (et plus de charme). Merci à elle, d'ailleurs je ne comprends pas non plus pourquoi son clic !


mardi 1 novembre 2016

Halloween Aftermath 2016

HALLOWEEN AFTERMATH
2016


https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-blood-feast-1963.html    https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-blood-diner-1987.html    https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-blood-feast-2-all-u.html

https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-two-thousand-maniacs.html    https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-2001-maniacs-2005.html    https://dreampunkfr.blogspot.fr/2016/10/road-to-halloween-2001-maniacs-comic.html

Road to Halloween s'est fait sur un coup de tête. Road to Halloween II était un projet plus ambitieux mais s'est terminé par un échec. Road to Halloween III est tout simplement anecdotique, mais au moins je l'ai prévu comme ça. Il faut dire que l'an dernier j'avais vu gros: un marathon de films d'horreur au rythme d'une chronique par jour, pour tout le mois d'Octobre. A l'époque mes horaires de boulot me permettaient encore de travailler, puis de voir un film et enfin de pondre un petit texte avant la fin de la journée, et la seule raison pour laquelle l'ampleur de la tâche m'a dépassée c'est parce que ne suis pas foutu d'écrire juste quelques lignes. Il faut toujours que j'en fasse des pages et, forcément au bout d'un moment, il est facile de se laisser submerger.
Cependant ce n'est pas la seule raison qui m'a fait baisser les bras et le manque de retour n'a pas aidé. En a résulté une baisse de motivation et de confiance en moi dont je ne me suis pas vraiment remis. La preuve: il n'y a pas eu beaucoup de publications majeur depuis l'an dernier. Plus envie, plus le courage, et puis c'est à se demander l'intérêt. Je me suis déjà exprimé sur le sujet ici et là et je ne vais pas vraiment y revenir, mais il est clair qu'il y a eu une envie d'abandon pur et simple.


Pourquoi recommencer l'année suivante dans ce cas ? Juste comme ça, pour essayer de reprendre les rennes et justifier l'existence de L'Imaginarium malgré tout. En fait j'ai même commencé à écrire fin Septembre, mais ces textes ont été mis en attente pour Novembre. Qui plus, la Toussaint coïncidant avec la disparition de Herschell Gordon Lewis, l'hommage me semblait approprié. Le bonhomme ayant rendu l'âme à un âge avancé, pas question de se complaire dans un billet larmoyant, comme si c'était la fin du monde alors qu'il n'y avait dans ce décès rien de particulièrement triste.
Et ainsi ce Road to Halloween III lui serait dédié, avec l'idée de chroniquer au moins la Blood Trilogy originale qui l'a rendu célèbre (Blood Feast, 2000 Maniacs ! et Color Me Blood Red). Un peu court pour un mois entier, aussi me suis-je dis qu'il serait sympa d'évoquer les séquelles et les spin-off, qui sont généralement totalement snobées par les fans comme par les soit-disant Bisseux qui ne suivent que ce que les "grands" leur montre du doigt.
Cette fois cependant, pas question de se tuer à la tâche: le boulot et la vie m'empêchent d'y passer beaucoup de temps et je sais que je ne pouvais pas livrer une rétrospective complète pour Halloween. La preuve: je n'ai même pas fini mon papier sur 2001 Maniacs: Field of Screams !


Mais qu'importe. J'ai pu écrire quelques textes et je compte certainement conclure la trilogie, ce qui me relance pour Novembre et probablement jusqu'à la fin de l'année. Sans doute plus que ce que j'espérais car, encore une fois, l'abandon définitif n'était pas loin.
En tout cas j'espère que les (très) rares lecteurs ont pu trouver un semblant d'intérêt à cette courte édition d'Halloween 2016, à mon point de vue sur les deux classiques de Lewis (maintes et maintes fois disséqués par des gens plus doués que moi) et à l'éclairage apporté sur les suites et remakes de ces œuvres dont on ne parle que très rarement chez nous. Je sais que c'est un peu comme d'espérer gagner au Loto mais je me soucis toujours du retour des lecteurs et leur appréciation des articles. Bon, moins depuis le Bloody Week-End et son rappel que je ne suis qu'un inconnu perdu dans un océan de chroniqueurs se renvoyant l'ascenseur (surtout lorsque ce mec imbuvable, risée d'une part de la communauté pour son style d'écriture halluciné, m'a clairement snobé face aux autres, comme pour marquer une différence), mais quand même.
Bref. Je ne sais pas comment conclure cet article donc je vais en rester là. De toute façon je l'ai totalement improvisé et je ne savais même pas où j'allais avec ça. Je devrais en rester aux chroniques.

Joyeux Halloween à toutes et à tous, sauf les autres qui peuvent aller se faire foutre !



PRÉCÉDEMMENT

ROAD TO HALLOWEEN

http://dreampunkfr.blogspot.fr/2011/10/flesh-eater-revenge-of-living-dead-road.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2011/10/freddys-tricks-and-treats-road-to.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2011/10/the-hazing-road-to-halloween.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2011/11/the-night-after-halloween.html

ROAD TO HALLOWEEN II

http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-6-degrees-of-hell.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-all-hallows-eve-2.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-army-of.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-bottom-feeder.html
http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-cooties.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-dead-above-ground.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-hell-asylum.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-hollow.html
http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-i-spit-on-your.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-it-follows.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-last-shift.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-lesbian-vampire.htmlhttp://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-muck.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-red-river.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-stung.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-suburban-gothic.html
      http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/11/road-to-halloween-ii-tales-of-halloween.html  http://dreampunkfr.blogspot.fr/2015/10/road-to-halloween-ii-tremors-5.html

lundi 31 octobre 2016

Fleurs d'Halloween

FLEURS D'HALLOWEEN


Touch of Wax – Halloween
Halowaxy Amaryllis

A l'origine je voulais juste faire un petit billet idiot pour Halloween, l'air de dire "tenez, regardez ce que j'ai trouvé au supermarché aujourd'hui !". L'idée était de parler d'un truc différent pour changer, et peut-être d'inaugurer une nouvelle rubrique. Et puis j'ai été curieux.
N'y connaissant strictement rien en plante, et n'ayant plus d'ingénieur paysagiste sous la main pour que l'on m'explique comment les choses fonctionnent, j'ai fait quelques recherches qui m'ont pratiquement déprimées.


Mais commençons par le sujet de l'article, ces Fleurs d'Halloween qui font un si joli titre. J'ai croisé la chose pendant mes courses, au rayon fleurs, et Halloween étant la saison de l'Horreur, il était évident que j'allais être attiré.
Conçu par Kébol sous le label Touch of Wax, il s'agit d'un bulbe d'Amaryllis "modifié" afin de servir de décoration pure et simple. Un produit de fête spécialement conçu pour les enfants ou les gens qui, comme moi, ne savent pas du tout gérer les végétaux.
En effet, le concept (plutôt récent d'après ce que j'ai lu) tourne autour de fleurs qui poussent sans eau et sans pot: pas besoin de terre, d'engrais, d'arrosoir ou de quoique ce soit. Apparemment les Amaryllis poussent d'elles-mêmes et fleurissent comme par magie. Tout au plus sommes-nous priés de faire des rotations au bulbe afin que ses pousses soient régulières, mais cela est à la portée de n'importe qui.


Trop beau pour être vrai ? Évidemment, mais on y revient. On voit d'emblée que la chose n'est pas prévue pour le long terme et qu'elle fut totalement fabriquée pour une vente "rapide" auprès des plus jeunes ou des ignares de la nature qui aiment juste les belles choses. Et là-dessus ce n'est pas mal foutu, il faut le dire.
Si je ne sais pas trop à quoi ressemble les autres productions Touch of Wax, celle-ci est tout bonnement "parfaite" pour les vacances de la Toussaint, se faisant bien vite remarquer de par son apparence improbable, quelque part entre la courge et la sucrerie ! Sans parler de sa couleur orange vive limite fluorescente qui, multipliée par le nombre de bulbes présent en rayon, donne l'impression d'une grosse tâche radioactive parmi les plantes.
Il faut dire que, étant un végétal, la chose évoque d'emblée une citrouille miniature par sa forme et son origine, et le fait qu'on la trouve parmi les fleurs. Quant à la cire, totalement lisse et douce, elle rappelle fortement le glaçage de pâtisserie que l'on retrouve sur les éclairs ou les glands. On en mangerait, presque !


Confiserie, plante et décoration surnaturelle. Oui, c'est parfait dans tous les sens possible pour Halloween, et en plus cela ne nécessite aucun investissement de notre part. Le déballage montre qu'un support a été incrusté dans le végétal afin de pouvoir le poser sans risque sur toutes les surfaces, et la cire englobe effectivement la totalité du bulbe, même s'il ne faut pas être trop regardant sur les finitions du dessus et du dessous. Et peu importe après tout, c'est un peu comme ces jouets bootleg que l'on achète pour trois fois rien: ça semble joli, alors ça suffira bien. La seule différence c'est qu'ici la Touch of Wax d'Halloween coûte 8,90 euros, ce qui n'est pas rien.
Et très franchement cela aurait été ma seule plainte si je n'avais pas cru bon de m'intéresser à l'objet par la suite: c'est un peu cher pour de simples fleurs qui se tiennent un peu bancales étant donné la façon dont le pied de métal a été planté (clairement personne n'a utilisé de règle à bulle). Cependant je ne connais pas du tout la valeur des Amaryllis en général et cela entre peut-être dans l'échelle de prix habituels...


Pour la forme je peux également préciser qu'il n'y a pas vraiment de "choix" possible concernant les citrouilles, le visage étant pour ainsi dire le même sur chaque bulbe. En vérité la différence tient de leur forme, chacun possédant des reliefs différents. Des creux et des bosses naturels qui altèrent sensiblement l'apparence des yeux et de la bouches qui ont été peint, mais c'est tout. La sélection se fera ainsi selon préférence, entre une meilleure prononciation de tel ou tel élément, mais honnêtement si vous avez plus de 12 ans je doute que vous resterez planté devant le stock pendant trois heures.
Ou alors c'est parce que j'avais peur de me payer la honte en hésitant entre cinq bulbes différents en plein supermarché, arrivé à 32 ans...


Bref, ces Fleurs d'Halloween peuvent donner envie, changent sensiblement des courges véritables ou en plastique et peuvent convenir à tous, petits ou grands, filles ou garçons. Même l'emballage fait un effort, portant les couleurs de la fête et mettant l'accent sur le côté surnaturel avec sa petite planchette où figure un avertissement amusant en anglais, dans une police de caractères "effrayante".

http://i.imgur.com/3SJiTXU.jpg    http://i.imgur.com/hvKF2AW.jpg

Le vrai soucis vient en fait du côté moral, puisque ces Amaryllis sont en fait totalement sacrifiées pour une floraison unique. Le fait est que, contrairement au bulbes normaux, ceux de Touch of Wax ont été maltraité pour les besoins du "sans eau / sans pot" supposément pratique. Car vous vous doutez bien que, dans la nature, aucune plante ne pousse comme ça, sans ressources. Un végétal a besoin que ses racines puisent la nourriture dans le sol, que ses pousses perçoivent de la lumière, et l'eau est évidemment une condition primordiale à sa survie.
Sans tomber dans les longues explications (et pour ne pas faire d'erreurs ridicules vu que je n'ai qu'une connaissance maigrichonne du sujet), les bulbes de Touch of Wax ont été amputé du plateau situé à leur base, où poussent les racines ! Qui plus est, la cire dont ils sont recouverts fini par les étouffer. La plante est promise à une morte lente et, malgré son "programme" génétique qui la force à générer une floraison, va vite s'épuiser.


Les Amaryllis sont des plantes d'hivers et normalement leur bulbe fini par "s'endormir" après la saison, à la perte de ses fleurs, attendant le prochain cycle pour éclore à nouveau. Ici cela sera impossible: parce qu'il ne possède ni eau, ni terre et parce qu'il a été coupé, il consommera en une fois sa réserve d'énergie naturelle (présente dans le bulbe) avant de périr faute de nutriment et d'un environnement sain.
Alors j'avoue, si je suis totalement dévoué à la cause animale, je suis totalement ignorant sur la cause végétale. Je suis incapable de dire ce qui est bon ou pas pour une plante, ce qu'il est permis de faire et ce qui est répréhensible. Et bien qu'il soit simple de balayer le sujet d'un "c'est juste une fleure", la question se pose malgré tout. Il me paraît effectivement assez dégueulasse de sacrifier des bulbes parfaitement viables pour un simple commerce temporaire.
Touch of Wax propose un produit éphémère et "miraculeux" en travaillant sur la forme façon poudre aux yeux, mais ne se soucie visiblement pas d'écologie. Il me semblait que les grandes marques de jardinerie ainsi que les fournisseurs type Truffaut / Jardiland faisaient très attention à l'environnement et au traitement des végétaux, mais j'imagine que l'industrie est encore loin d'être parfaite.


Du coup, alors que j'étais d'une humeur festive, je me retrouve tout penaud avec mon bulbe mutilé. Sur le site Jardinier Paresseux.com (oui, ça existe), on parle même de crucifixion végétale.
Certes je le trouve toujours beau et j'avoue avoir très envie de le voir faire ses belles fleurs couleur rouge sang qui conviendraient parfaitement à cette fête des fantômes et des sorcières, mais je regrette sa triste existence. Je ne l'ai même pas nommé.
En attendant il repose sur l'une de mes étagères, entre une statuette de Cthulhu et une petite grenouille occulte. Du haut de sa montagne de livre, Bizarro veille, et la figurine de Slave Leia qui d'habitude vénère le Grand Ancien fera la danse du ventre pour lui...


Au final je ne vous conseille pas vraiment un achat de ce type pour les fêtes, tant pour la Toussaint que Noël, ne serait-ce que pour rejeter la pratique un peu barbare de Kébol. Cependant si vous craquez quand même, si votre gamin vous implore ou si vous êtes tout simplement insensible aux plantes, je comprends parfaitement.
Mes connaissances sur le sujet étant extrêmement limité, il n'y a peut-être aucune raison de boycotter Touch of Wax, mais je pense que creuser une bonne vieille citrouille reste toujours plus sympa pour Halloween. Sinon vous pouvez toujours peindre vos vieux pots à plantes, au moins ça n'abime rien et ça dure plus de quelques mois !

dimanche 9 octobre 2016

Road to Halloween – 2001 Maniacs (2005)

ROAD TO HALLOWEEN III


2001 Maniacs
(2005)


Après un Blood Feast 2 intervenant presque 40 ans après l'original, on pouvait s'attendre à tout. Qu'il s'agisse de suites ou de remakes, les films Gore de Herschell Gordon Lewis allaient désormais connaitre un lifting en ces premières années 2000. C'était le début d'une incroyable vague de reprises qui persiste encore aujourd'hui, les termes "reboot" et "reimagining" ayant remplacés celui de remake afin de brosser le spectateur dans le sens du poil. Et si la séquelle de Blood Feast faisait encore intervenir le Parrain dans sa production, les nouvelles versions de Two Thousands Maniacs ! et de Wizard of Gore le snoberont complètement, ne lui demandant certainement pas son avis sur la question et se contentant de capitaliser sur son nom à lui.
Certains diront que ce n'est que justice puisque le bonhomme n'était lui-même qu'un capitaliste en recherche d'argent facile, mais au moins H.G. Lewis était un humain véritable et amusant dans son maniérisme quasi forain, cherchant à se démarquer des autres, alors que ses remplaçants sont une bande de types en costards ne se basant que sur des statistiques, des enquêtes et des mouvances, chacun de leur produit se devant d'être similaire et étiquetable car Dieu nous garde de prendre des risques ! Le Gore, autrefois incompris et anticonformisme, est désormais une norme ainsi qu'un bon argument de vente. Les temps changent.


Certains l'ont bien compris et il existe un "style" d'horreur calibré spécifiquement pour une audience en demande de violent, de trash et de sanglant, mais adapté à un cadre contemporain. Des produits modernes qui semblent à priori comparables à n'importe quels autres films d'horreur, mais qui possèdent un petit quelque chose de différent. Sensiblement factices et jouant surtout sur la corde "fan" en affichant des stars et/ou des références passées. Comme Piranha 3D par exemple. J'aime appeler ça le style Fangoria, car toutes les productions auxquelles s'est associé le célèbre magazine possède ce ton si particulier. Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, je vais me contenter d'un seul nom: Eli Roth.
Ce n'est une surprise pour personne si je dis que le cinéaste est désormais détesté d'à peu près toute la communauté, quand bien même il fut à ses débuts considérés comme l'avenir du genre. En remettant les choses dans leur contexte c'est assez compréhensible: nous sortions tout juste de l'ère PG-13 superficielle construite par cet arnaqueur de Kevin Williamson, et après de longues années de titres insipides et dénués de violence, destinés en fait au grand public, il était temps de tomber dans l'extrême inverse. Avec Cabin Fever, Eli Roth a plus ou moins donné le ton et quelques jeunes réalisateurs ont marchés dans ses traces, livrant des œuvres "fun et gore" avec une certaine sincérité dans la démarche, mais pour un résultat malheureusement moins naturel que les Séries B d'antan.


Dans le cas qui nous intéresse, c'est Tim Sullivan qui investit le projet, lequel mise sur une seule chose pour attirer le fan: sa participation, dans sa jeunesse, au cultissime The Deadly Spawn. En réalité celui-ci n'a effectué qu'un rôle secondaire dans la confection du film (un "assistant" de quinze ans qui aidait à manipuler les marionnettes et faire gicler le sang) mais celui-ci étant si célèbre et vénéré, cela fonctionne. Deux autres cartouches: son A Christmas Treat, qui a gagné le concours de court-métrages organisé par Fangoria (tiens donc !) et sa participation à la production de Detroit Rock City, pourtant assez mauvais, qui l'engage comme fan de gros rock, évidemment le genre associé au style Horreur des 80s.
Lorsqu'il annonce le projet, sa première bonne idée est de ne pas titrer le film exactement comme son modèle, mais de lui faire un clin d’œil: 2000 Maniacs devient 2001 Maniacs, ce qui affiche la distinction. La seconde c'est de faire appel à une figure estimée du genre et ainsi gagner la confiance du public: ici, c'est Robert Englund qui prend la tête d'affiche, dans le rôle de l'inoubliable Maire Buckman. Parfait puisque l'acteur, qui cabotine bien souvent, pourra se lâcher totalement et ainsi livrer une performance du même tonneau que dans l'original ! Mais un peu facile également, et en 2005 il n'y a plus rien d'extraordinaire à voir Englund cachetonner dans une petite production horrifique en jouant sur sa réputation.


D'où le "factice" que j'évoquais plus haut: les éléments sont bien là, mais ils paraissent plus calculés que naturels, et si cela ne change techniquement rien à la production, ça se ressent quand même un peu. Bien heureusement Tim Sullivan n'est pas Eli Roth et sait encore se tenir. En fait il sait même exactement quoi donner aux fans, partant du principe que le public de son 2001 Maniacs à grandit avec le Two Thousand Maniacs ! de H.G. Lewis. Pas la peine de garder le suspense sur la l'intrigue, de rejouer le twist final ou de totalement revisiter le scénario: il n'y a que Pleasant Valley, ses fantômes et son festival sanglant qui comptent, et là-dessus le réalisateur ne ment pas, inscrivant son remake dans la droite lignée de l'original avec un Gore cartoonesque à souhait et totalement fou.
L'histoire, un peu plus moderne, reste inchangée: une bande de touristes Yankees en vacance se retrouvent détournés de leur chemin et atterrissent dans une étrange ville Sudiste qui n'apparaît sur aucune carte. Les habitants les érigent en invités d'honneur pour leur grand festival (ici le Guts'n Glory Jubilee qui a lieu tous les ans, plutôt qu'un centenaire) et les obligent à rester pour le weekend, mais sous son apparence hospitalière la population conserve un horrible secret: ce sont les fantômes des villageois massacrés durant la Guerre Civile par une troupe de soldats Nordistes.


Depuis ce tragique évènement, les 2001 résidents de Pleasant Valley reviennent tous les ans pour se venger, mort pour mort, ne pouvant trouver le repos jusqu'à ce qu'ils aient à leur tour prit 2001 âmes...
On note quelques modifications qui servent à explorer un peu plus le côté surnaturel du scénario, la première étant le changement de modus operandi des Sudistes pour des raisons de date. Un centenaire ne fonctionnant désormais plus à notre époque, il a été décidé de rendre les meurtriers plus expérimentés en leur offrant un festival régulier. De même, il n'y a plus vraiment de nombre défini de victimes (un couple supplémentaire débarque après l'arrivée des six personnes traditionnelles, et si Buckman s'en agace un peu au début, il laisse vite couler) et surtout les fantômes ont un objectif: sacrifier 2001 personnes afin de venger chacun d'entre eux et ainsi gagner le repos éternel.
Un autre détail, subtile et pas facilement détectable au premier coup d’œil, a été rajouté pour gonfler le secret de la ville: plus le temps passe et plus l'apparence des citoyens se dégrade ! S'ils ressemblent à des êtres humains tout à fait normaux au début, exactement comme dans l'original, les revenants finissent par sembler plus terne, plus sale, de vieilles blessures s'ouvrent et se mettent à saigner, jusqu'au banquet final sonnant le glas du festival, où ils ressemblent à des zombies démoniaques. Les maquilleurs ont su garder le changement très discret, comme par exemple avec Buckman qui, borgne, voit une cicatrice apparaître progressivement derrière son bandeau, et Tim Sullivan a préféré ne pas appuyer l'idée avec des gros plans, laissant notre sens de l'observation faire le boulot.


Les autres changements sont mineurs et concernent surtout les personnages. Si Buckman demeure, il est maintenant le père de Rufus et Lester, tandis que la dragueuse Betsy est remplacée par pas moins de quatre femmes différentes ! C'est surtout Miss Peaches qui fait office d'alter-ego, prostituée en soutif et short moulant qui serait incendiaire si sa vulgarité n'était pas appuyée par des dents du bonheur et un langage de charretier. Mais avec elle viennent une laitière aux seins énormes et deux cousines lesbiennes faussement naïves. Billy, l'enfant pendeur de chats, est maintenant un adolescent nommé Hucklebilly, Lester est devenu un baiseur de mouton et Rufus semble être homosexuel. Enfin, le Maire Buckman trouve son pendant féminin avec Granny Boone, sorte de matriarche s'occupant des plus jeunes.
Rien d'important, et même rien de franchement intéressant. Ce qu'il l'est, cependant, c'est la totale reconstruction de Pleasant Valley qui ne ressemble cette fois en rien à une ville contemporaine. L'endroit garde maintenant ses origines de l'Ouest Sauvage et ressemble à une véritable ville fantôme. Ses habitants semblent naturellement provenir d'un autre siècle, et ainsi les Pleasant Valley Boys, les guitaristes qui jouaient l'inoubliable thème de Two Thousand Maniacs !, évoquent de véritables musiciens du XIXème siècle tandis que le bellâtre Harper ressemble à un dandy.


Du reste, la formule de H.G. Lewis demeure inchangée et les évènements de 2001 Maniacs suivent à la lettre ceux de son prédécesseur, enchainant les atrocités improbables après une introduction jouant sur le choc des cultures et le bizarre de la situation. Un type est broyé dans une presse géante et ses yeux jaillissent de ses orbites comme dans un épisode de Looney Tunes, un autre boit du Moonshine acide et se liquéfie presque totalement dans son lit tandis qu'un queutard se fait littéralement bouffer le sexe par sa partenaire, qui porte un dentier en métal meurtrier. Une pauvre victime est écrasée par une cloche géante lors d'un appel général tandis qu'un jeune gay est "puni" de son péché en se faisant empalé par l'anus avec une broche géante, se retrouvant tout prêt pour le barbecue !
Le film rend également honneur à l’écartèlement plutôt raté du premier opus, la jeune femme le subissant étant ici trompée dans un faux jeu sexuel qui nous vaut de la voir se tortiller un moment sous le tiraillement des cordes, ce qui est toujours sympa à regarder vu le physique de la demoiselle.
Enfin Tim Sullivan n'en reste pas qu'aux meurtres et s'amuse avec la notion de festival: des têtes coupées sont utilisées comme cible lors d'un jeu de lancé de fers et les personnages mangent sans le savoir l'un des leurs durant un repas, ne réalisant pas qu'un morceau de viande comporte le tatouage que la victime portait sur la fesse ! Une adorable fillette broie une souris dans une presse métallique "en toute innocence" tandis que l'héroïne découvre une réserve de bocaux où sont conservés les restes des invités des années précédentes...


Le tout est naturellement conçu à l'ancienne, avec de véritables effets spéciaux, du véritable faux sang et de véritables faux morceaux amputés. L'utilisation de CGI est détectable en de rares moments, mais nécessaire au regard du budget: quelques brûlures d'acide qui affecte le mobilier, et l'orbite vide de Robert Englund d'où s'écoule des centaines de vers... Tout à fait acceptable.
A ces passages réjouissant se rajoute une ambiance de comédie qui, certes, n'égale pas l'humour noir du Parrain et semble beaucoup plus ordinaire dans son genre, mais sied plutôt bien à l'univers et en rajoute à l'absurdité générale. Un petit garçon au crâne rasé jouant de la guitare évoque évidemment Délivrance tandis qu'un biker allergique à la country pète un câble lorsque les Pleasant Valley Boys le suive en chantant. La présence d'un Noir et d'une chinoise (jouée par une actrice pas du tout asiatique !) permet aux Sudistes de laisser éclater leur horrible racisme et il faut voir la tronche de Robert Englund lorsqu'il les découvre pour la première fois, s'obligeant à se contenir et s'adresser à eux normalement. Les fantômes arriérés sont totalement largués par l'argot de jeunes et lorsqu'ils découvre qu'une de leur proie est née dans le Sud, ils hésitent à la laisser en vie...
Il est presque dommage que tout ceci soit légèrement gâché par quelques dérives mal venues, des maux modernes et malheureusement devenus communs dans le film d'horreur.


Nos héros font partis de cette génération détestable de branleurs insultants, n'ayant aucun respect pour personne et qui passent difficilement pour des "amis" tant ils se tirent dans les pattes à longueur de temps. Difficile de s'attacher à eux et lorsque les revenants les dégommes, on serait limite tenté de se ranger de leur côté... Dans le même ordre d'idée, une vulgarité crasse héritée des Scary Movie et des DTV d'American Pie se retrouve dans tout ce qui touche au caractère sexuel du film. Oh, les filles sont nombreuses et plutôt plaisantes, et 2001 Maniacs ne lésine pas sur la semi nudité, seulement voilà, ça se perd en langage cru et en situations ridicules: des copines s'embrassent et disent être cousines mais se vexent quand leur victime se masturbe devant elles, une serveuse exhibe ses improbables mamelles en servant du lait et les protagonistes principaux évoquent tous leur sexualité si librement qu'ils semblent provenir d'un univers de softcore.
A cela se rajoutent quelques idées bizarres dans le mauvais sens du terme, comme si le réalisateur lui-même ne savait pas trop quoi faire avec: Billy, aussi grands que les autres mais considérés par tous comme un môme et parlant avec une voix gonflée à l'hélium. Le célèbre thème du film original, ici reprit mais limité à son titre ("The South's gonna rise again") et chanté sur un ton différent... A croire que les responsable avaient peur de ne pas obtenir les droits, mais cela ne les a pas empêcher de la crédit au générique, en gros et avec la mention "écrite par Herschell Gordon Lewis" alors qu'ils n'en n'ont rien gardé !


Enfin, ceux qui se foutaient du titre de 2000 Maniacs par rapport au nombre de figurant feraient mieux de fermer leur gueule: hormis quelques plans truqués, ils ne sont ici pas plus de quinze !
On leur pardonnera cependant ce manque de moyen tant les trognes de bouseux sélectionnées sont convaincantes. Mentionnons évidemment Robert Englund, parfait dans un rôle qui nécessitait quelqu'un d'enjoué, mais également sa partenaire Lin Shaye qui joue Granny Boone, bonne addition à cette galerie de rednecks d'outre-tombe. On peut d'ailleurs noter que celle-ci à déjà jouée au côté de Freddy Krueger puisqu'elle apparaissait dans les deux opus dirigé par Wes Craven, et surtout son nom devrait vous dire quelque chose puisqu'elle n'est autre que la sœur de Robert Shaye, l'ancien boss de la New Line Cinema, la fameuse "House That Freddy Built".
L’œil attentif reconnaitra également Kane Hodder, le temps de quelques secondes, caméo inattendu et pas vraiment justifiable si ce n'est pour là encore faire plaisir au public ciblé. Son nom au générique ? Jason ! Moins connu au bataillon, l'acteur Peter Stormare (Fargo, le Bruiser de George Romero et quelques trucs très connus) prête ses traits à un professeur nommé Ackerman tandis qu'un autre personnage lit justement le magazine Famous Monsters of Filmland. Là encore, du fan service qui participe malheureusement trop à ce côté "fabriqué" que j'évoquais, comme si 2001 Maniacs ne devait servir que les lecteurs de Fangoria.


Et Tim Sullivan risque désormais de perdre quelques spectateurs à cause de cela, puisqu'il a cru bon d'inviter Eli Roth lui-même le temps d'une scène. Non seulement ça, mais l'invité reprend carrément le personnage de Justin / Grim qu'il tenait dans Cabin Fever ! Un univers cinématographique en quelque sorte, les évènements de 2001 Maniacs se déroulant peu avant ceux du film de virus et nous montrant même les origines de la "fameuse" réplique "Oooh, faced !". Qui plus est, la version alternative présente sur le DVD en rajoute même, Justin déclarant vouloir se trouver un coin sympa parmi les montagnes et les chalets. Pas sûr que même les lecteurs de Fangoria apprécient.
Mais honnêtement ces "défauts", bien que notables et désolant, ne gâchent pas vraiment le spectacle. 2001 Maniacs semble au final une œuvre beaucoup plus réfléchie et aboutie que Blood Feast 2, et cela probablement parce que son créateur avait une véritable vision de son sujet, là où le Parrain lui-même a déclaré avoir juste été engagé pour la séquelle de son premier Gore, le désavouant. D'ailleurs il n'y a pas eu de Blood Feast 3 après cela et H.G. Lewis attendit encore quelques années avant de revenir derrière la caméra pour sa dernière oeuvre, The Uh-Oh ! Show.
Tim Sullivan, lui, a au contraire faillit faire naitre une franchise de ce remake ! Son succès engendra une séquelle, un comic-book et il fut même question d'un montage alternatif titré 2001 Maniacs: Redux.


Pas de chance, celui-ci ne vit en fait jamais le jour. Car un changement de compagnie de production bouscula ses plans, et la suite qu'il avait initialement prévu, titrée 2001 Maniacs: Beverly Hellbillys, se transforma pour devenir le 2001 Maniacs: Field of Screams que l'on a aujourd'hui. Les droits du remake appartenant à un autre distributeur que celui de la séquelle, le réalisateur ne pu finalement pas effectuer ce deuxième montage et l'inclure en bonus dans le DVD du second opus, comme il le voulait.
De ses mots, cette nouvelle mouture devait se rapprocher de son script initial et de ses storyboards, avant les modifications qui se déroulèrent en post-production. Cette version devait contenir de nouvelles séquences, une toute nouvelle musique pour l'ensemble du film et inclure de nouveaux dialogues. Plusieurs répliques "gags" du film actuel ne conviennent pas au réalisateur car elles n'auraient pas été écrite par lui, et il voulait rectifier la chose pour y injecter plus de son style.
La séquence de la boisson acide devait également être remontée, probablement pour montrer encore plus l'étendu des dégâts, et l'introduction originale revenait, incluant une apparition de John Landis. Enfin, il y avait normalement un "gratuitous sex montage" en plein milieu du film qui devait en montrer beaucoup plus, en hommage à toutes les scènes sexy des films d'horreur des 80s, et c'est effectivement dommage d'avoir raté ça.


Mais peu importe si cette director's cut n'ait pas vu le jour. D'une part parce que nous parlons de 2001 Maniacs, faut quand même pas déconner, mais surtout parce que en l'état, le film est satisfaisant. Tim Sullivan n'a pas raté le coche et s'en sort avec les honneurs sur à peu près tous les tableaux, ce qui n'était pas une mince affaire. Si son remake n'atteindra jamais la célébrité de l'original, il serait quand même gonflé de dire que le Parrain avait fait un meilleur boulot, puisque techniquement parlant ce n'est pas le cas, et côté créatif, cette nouvelle mouture est un peu plus permissive.
Les fans de Two Thousand Maniacs ! aimeront sans doute plus 2001 Maniacs que les fans de Blood Feast n'aimeront Blood Feast 2. Ou Blood Diner. Et même ceux qui détestent H.G. Lewis trouveront satisfaction dans le fait que le réalisateur est plus compétent et moderne. Laissez-vous donc tenter par cette révision, c'est tellement rare de nos jours de tomber sur un remake qui en vaille la peine et qui respecte véritablement son aîné et son public !
Comme le dit Robert Englund ici: "One time, I had full confidence in a fart. Shit all over myself...". C'est vrai, mais parfois, il faut savoir s'autoriser malgré tout...



GALERIE

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Ci-dessus deux images de l'introduction supprimée, avec John Landis.