jeudi 4 juin 2015

Bloody Week-End VI – Compte-rendu

Me voilà encore à parler de tout sauf de films, à croire que tous les prétextes sont bons pour ne plus bosser. Ou tout simplement que je suis sacrément flemmard, allez savoir. Quoiqu'il en soit, suite à l'incroyable week-end qui vient de se dérouler, écrire un petit compte-rendu semble tout naturel. Avec les avis qui voient le jour depuis dimanche soir, je me sens d'ailleurs un peu en retard et si je ne me lance pas maintenant, je risque de ne plus avoir grand chose à raconter pour cause de mémoire défaillante...


Que dire sur ce festival du Bloody Week-End, si ce n'est qu'il a bien failli me passer sous le nez et que je l'aurai probablement regretté ? Des conventions sur les films d'Horreur, les films de Genre, ça me fait évidemment rêver depuis longtemps et j'ai déjà vu de nombreuses vidéos à leurs sujets. Et en France hélas, elles se font plutôt rare, en tout cas jamais vraiment spécialisées malgré l'abondance de festivals "Geek" qui pourraient parfaitement les intégrer en leur sein. Autant dire que je ne comprend même pas comment j'ai fais pour passer à côté des cinq éditions précédentes, mais le fait que ce rassemblement ait lieu dans le trou du cul de la France à peut-être à voir avec cela.
Pour cette édition 2015, c'est le manque d'argent qui m'a sacrément freiné, en plus d'un sacré problème de manque de confiance en moi qui n'aidait pas. Et puis à force de contact avec les autres, et avec une situation financière partiellement réglée, j'ai entrevu la possibilité de m'y rendre. Le temps aidant, j'ai développé des liens et des correspondances plus fortes avec certains participants et ce fut le moteur principal qui m'a fait aller de l'avant. J'ai acheté mes places, réservé l'hôtel et il n'y avait plus qu'attendre. Pendant des mois. Le stress se faisant sentir un peu plus avec l'approche de la date fatidique.
Le Bloody Week-End, je n'y allais finalement plus pour fouiner parmi les DVD, les fanzines ou faire la groupie préadolescente devant les invités, mais pour rencontrer certaines personnes avec qui je partage de plus en plus de choses, et parler de vive voix de ces sujets qui nous font rêver. Bref, j'y allais pour les copains.


Et c'est effectivement le morceau le plus gros de ce compte-rendu, puisque le Bloody Week-End s'apparente tout de même sacrément à n'importe quelle Japan Expo ou Comic Con dans le fond. Quiconque s'est déjà déplacé dans ce genre d'évènements reconnaitra les stands bardés de goodies, les jeunes artistes qui tentent de se faire connaitre, les micros qui braillent des annonces qu'on essaie d'ignorer la plupart du temps, les galères de toilettes et de sandwich, la douleur aux pieds à force de piétiner toute la journée et n'oublions pas l'habituel jeu de coudes afin de se frayer un chemin dans des endroits parfois étroit et blindés de monde. Le Bloody Week-End ne fait pas exception et il n'y a rien de particulier à raconter de ce côté là.
En revanche, les rencontres c'est différent. Par soucis de voyage, avec mes 7h de route, j'ai prévu de venir un jour plus tôt que les autres et de repartir un jour plus tard: en gros je fus le premier soldat, allant carrément en éclaireur repérer l'emplacement du festival dans le courant de la nuit, et le dernier rempart, alors que tous avaient prit la fuite pour rentrer au bercail lorsque tombèrent les murs de la convention. 
Le Jour J, lors que je suis prêt à partir, il me faut attendre l'arrivée du désormais fameux Rigs Mordo de la Toxic Crypt. Avec lui quelques belges que je ne connais pas et le grand Laurent, du Fanzinophile. Alors que je cherche un moyen de tuer le temps, Jérôme, alias L'Oncle Jack, celui qui à récupéré le Curious Good à ce vieux filou de Lewis Vendredi, arrive le premier. Je ne le croise pas immédiatement, et en fait à peine ai-je le temps de lire son message sur Facebook que la mafia belge fait son entrée en fanfare. Cette fois ça y est...


VENDREDI 29 MAI

Ce moment improbable, celui où tu mets enfin des visages sur des noms et des pseudos... Le premier contact me semble toujours être une épreuve mais, heureusement, tout s'enchaine vite. Jérôme débarque, les nouveaux doivent investir leurs chambres et immédiatement nous devons nous mettre en route. J'ai à peine le temps d'échanger quelques mots avec Rigs que je me retrouve à suivre un groupe. "Mon" groupe. Comment expliquer... ? Des gens que je connais à peine il est vrai, mais qui sont là pour exactement les mêmes raisons que moi, et qui partagent exactement les mêmes connaissances que moi. Ai-je seulement déjà parlé aussi naturellement de Charles Band et du Bis italien avec quelqu'un, comme s'il s'agissait d'un fait des plus banals ? Je ne crois pas. Aussi, c'était "mon" groupe. Ni plus, ni moins.
Et à peine arrive t-on que les cadeaux tombes: Jérôme, trop heureux de propager ses antiquités maudites pour causer le Mal, me fait un don absolument inattendu de quelques comic-books de la Full Moon: des numéros de Puppet Master, de Demonic Toys et de Dollman. Hallucinant, surprenant. Comment remercier ? Avec des mots, mais ça paraît bien mince. Quant à ce salaud de Rigs, il tient promesse et se débarrasse de ses encombrants en me refilant ces satanées figurines Cosmix et Termitors qui ont fait les joies de mon enfance. Et puis une sourie motarde de l'espace aussi, que probablement personne ne va reconnaitre.


Le Bloody Week-End est... Classique. Pas si grand. Comme je l'ai déjà dis c'est très banal pour une convention, mais j'avoue avoir ressenti une certaine joie en discernant dans tout ça des masques de Jason Voorhees, des Chucky en taille réelle, d'innombrables affiches gore et des reliques de quelques icônes de l'Horreur. C'est forcément un plaisir de plonger au sein d'un Temple dédié à un Imaginaire qui nous à accompagné durant toutes ces années...
Vous pensez bien que la première réaction est donc d'explorer les lieux et de jeter un œil aux stands et aux trésors qu'ils referment: les films, les films et les films. Quelques affiches et photos, des fanzines, livres et bandes-dessinés, et bien sûr les figurines et autres objets intéressants. Bref, la chasse est lancée et... Je ne participe pas. Je fais quelques repérages et il y a évidemment nombre de choses qui m'intéresse, mais le prix du carburant, le péage de l'autoroute, les quatre nuits à l'hôtel et les repas, tout cela me reste au fond de la tête avec une sorte de petite mise en garde: je ne peux pas me permettre de me ruiner. Bêtement j'obéis, alors que les emplettes sont naturellement plus simples à faire en début de festival, lorsqu'il n'y a encore personne et que tout est disponible.
Quoiqu'il en soit, cela ne freine pas mes compagnons qui font le plein avec une frénésie certaine. Il faut dire que les bonnes affaires sont légions et que, globalement, on peut très facilement se faire plaisir sans qu'il n'y ait beaucoup de risques.


Pêle-mêle, cette journée marque la rencontre avec Didier Lefèvre des fanzines Médusa (pour lequel je lui avais malheureusement posé un lapin l'an passé suite à quelques difficultés) et Hammer Forever, Léon Paul de Bruyn, l'improbable réalisateur de Rabid Grannies et Maniac Nurses (♫ find ecstasy ! ♪ pour reprendre la bande-annonce) à qui j'achète tout de même les éditions récentes de ses films, Patrice Lamare, romancier et collectionneur qui me permet d'obtenir un Gore manquant à ma collection, et enfin avec les adorables Romuald et Patrice, les créateurs d'Uncut Movies dont j'ai suivis les premiers pas à travers Mad Movies durant mon adolescence, couvrant alors les murs de ma chambre des affiches de leurs différents titres (Premutos, Infantry of Doom, Psycho Sisters).
Toutefois je ne peux nommer quiconque en-dehors de ces quelques là. Car hélas, contrairement à tous mes collègues, je suis un ignorant total en ce qui concerne les éditeurs, les créateurs, les hommes de l'ombre, bref, tout ceux qui contribuent d'une façon ou d'une autre à faire vivre le Genre dans notre pays.
Autant le dire franchement, je suis totalement sur la touche et j'observe de loin tout ce petit monde se saluer, échanger et parler de différents évènements et publications qui ne me parlent tout simplement pas. Je découvre Artus et Mauvais Genre, je croise les livres Trash pour la première fois de ma vie et je ne sais pas qui sont Alain Petit ou Sébastien Gayraud. Il doit y avoir une foule de personne que je ne vais pas évoquer ici, ce qui ne manquera  pas de choquer ou de faire rire, seulement voilà: je suis totalement étranger à ce milieu que j'ai rejoint depuis peu.

A vrai dire c'est probablement la raison qui va me pousser à rester en retrait, ne pas trop parasiter les conversations, voir m'éloigner dans certains cas. Alors évidemment on se sent un peu minable, on a l'impression d'avoir de grosses lacunes voir d'être terriblement malpolie vis-à-vis de certains, et j'avoue m'être senti plus d'une fois très mal à l'aise. En fait je pense que j'ai très mal préparé ce festival et que je n'y était pas vraiment à mon avantage. Doté d'un vieux sac qui sentait encore la pisse de chat après X années, dépourvu de mes T-shirts branchés façon Iron Maiden, trop timide pour sortir le cosplay Freddy, je me sens être un véritable ringard pas très avenant. Tu parles d'une première impression.
Mais tant pis. D'après beaucoup je me dévalorise constamment, alors au moins je peux dire que je suis fidèle à l'image que je me suis faite.


Du reste la journée s'enchaine assez vite. Une bouffe, un passage à la buvette, un détour pour observer la venue des invités. Et le plus chronophage: la projection. Le Retour des Morts-Vivants 3, en l'honneur de Brian Yuzna ici présent. Je l'avoue, je rechignais, je ne voulais pas y aller. Ce film je le connais par cœur et y assister une énième fois me paraissait être une perte de temps. Pourtant je me suis laissé convaincre et le spectacle qui s'en suivit me prouva que j'avais raison d'hésiter. Retard dans l'organisation, exercice de quizz pour animer la foule (bonjours l'impression de se retrouver au BAFA), petit jeu de scène dont je ne retiens que la présence d'une très jolie zombie sexy, tout à fait charmante, présentation des invités venant assister à la diffusion du film et bref passage au micro de quelques intervenants, pour nous raconter des anecdotes plus ou moins intéressantes selon les questions qui étaient posées par l'animateur.
Bon, je devrais en rester là mais il me semble important de souligner un fait tout de même agaçant mais qui n'étonnera personne: cette mise en avant pratiquement indécente de
L’Écran Fantastique et de son créateur, Alain Schlock (tout court, et oui j'y tiens, allez voir la définition pour comprendre). Contrairement à bon nombre de mes collègues qui éviteront de trop en parler, mon "retrait" de la communauté me permet de mettre les pieds dans le plats et de le dire franchement, il y avait là une idolâtrie quasi infantile du bonhomme et de sa revue, qui pourtant sont loin d'être incontournables. L'Écran est partenaire du festival me dit-on, et le responsable de celui-ci n'a jamais caché son adulation pour Schlock, aussi tout cela devait arriver. Ça ne serait probablement pas un problème en soit si, parmi les invités, ne figurait pas ce pauvre JPP, fondateur d'une certaine revue concurrente, qui s'est vu carrément être ignoré, rabaissé au rang de faire-valoir. Une indélicatesse déjà assez énorme qui en devient carrément honteuse lorsque l'on sait dans quel état de santé se trouve ce grand homme. Rigs Mordo et moi assistons, effarés, bouches bées, à une scène d'un très mauvais goût où M. Putters se dirige avec difficulté vers une place au beau milieu de la salle, sans aide, sans inquiétude de l'organisation, sans le moindre regard de leur part, tandis que les feux de la rampe était dirigés vers le Dieu de la séance, le "maestro" responsable d'un magazine légendaire...

Je pourrai en rajouter, comme l'intervention inutile du journaliste en question qui vient exprimer un témoignage sans intérêt à propos du Retour des Morts-Vivants 3 ("On est allé voir ce Retour des Morts-Vivants, signé Yuzna, et on ne savait pas vraiment à quoi on aurai affaire." – Vraiment ?!), mais autant s'arrêter là. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'ai quitté les lieux avant la fin du film, pendant ce qui était pourtant l'un de mes passages favoris (l'inoubliable Riverman), tant je n'étais pas dans l'ambiance. Merci à mon camarade belge d'avoir insisté pour s'en aller.
Reste l'inénarrable Anthony Hickox, qui s'amuse à prendre des Selfies avec l'écran au moment exacte où son personnage meurt en cours de film !
La soirée tombe et cette première journée se conclurait presque sur une mauvais note s'il n'y avait pas eu la (courte) rencontre avec David Didelot, l'homme derrière un certain livre Gore et le fanzine Vidéotopsie, qui m'a pas mal repêché de la déprime avec ses projets. La discussion est évidemment difficile tant le bonhomme est demandé par tous, mais on fini tout de même par échanger à propos de Bruno Mattei, ce qui est toujours formidable.


SAMEDI 30 MAI

Suite à l'expérience précédente, Rigs et moi décidons de ne plus assister à la moindre projection. Non pas que celles-ci vont nécessairement faire l'objet d'un cirque indélicat, mais nous connaissons les films et nous préférons passer du temps avec la bande de Bisseux qui s'est réunie autour du double stand Fanzinophile / Vidéotopsie. Et hormis quelques escapades ici et là, c'est à cette table que l'on va passer le plus clair de notre temps, discutant de tout et surtout de rien, de l'éditions cinéma et comics, des fanzines, de je ne sais quelle série B et, heureusement, absolument pas de Mad Max: Fury Road.
Je commence à céder un peu plus question achats, tapant dans quelques ouvrages dont un magnifique livre sur les monstres géants japonais, Killer Kaiju Monsters, quelques Vidéotopsie de retard, et, naturellement, Mad... Ma Vie ! de Jean-Pierre Putters sur lequel j'avais fait l'impasse en raison de ma situation financière. Si je sacrifie les dédicaces car n'ayant rien à faire signer aux invités (hormis un programme que je trouve un peu trop ridicule à mon goût), j'ose tout de même aborder le fondateur de Mad Movies, chose que je n'avais jamais fait auparavant lors de précédentes rencontres. Malgré ses difficultés liées à la maladie, celui-ci se fend d'un petit texte et s'amuse même de mon prénom qui lui évoque un certain grand film avec Sylvester Stallone...
Rigs, de son côté, à le temps de papoter avec Brian Yuzna et apprend qu'un de ses prochains projets n'est autre qu'une relecture de ses deux Le Dentiste, toujours avec le génial Corbin Bernsen, qui cette fois-ci va égratigner la chirurgie plastique et ses usagés: The Plastic Surgeon. Lui qui dégommait pas mal la Jet-Set de Beverly Hills avec Society et le premier Dentiste, c'est un véritable retour au source ! Dommage que nous n'ayons pu tacler Hickox, véritable savonnette qui semble se moquer totalement du Festival, car j'aurai bien voulu lui poser quelques questions à propos du jamais réalisé Waxwork III: Through the Gates of Time.
Jake West quant à lui n'hésitera pas à se souler comme un anglais à la buvette ce soir là, au son rock du groupe Boobs Collection (oui !) où semble réapparaître la zombette sexy de la veille, ici en infirmière bandante qui dégomme le chanteur... Un hommage à Alice Cooper, sans aucun doute !


Bref, la plus grosse journée passe très vite et permit vraiment de faire plus ample connaissance avec chacun. Rigs et David évidemment, mais également Laurent et Jérôme, ainsi que Nicolas Speeckaert qui parvient à m'intriguer avec son Chainsaw Slasher (en réalité juste Chainsaw, petit gore allemand de 2007 dans la mouvance des Schnaas et Ittenbach). Au rang des nouveaux venus ce sont également Jacques Coupienne et Pascal Gillon, le premier me permettant très aimablement de mettre la main sur quelques Mad Movies manquant à ma collection (une aubaine sur laquelle je me jette évidemment), l'autre venant carrément me féliciter pour mon texte anniversaire qui l'aura ému. Les mots me manque, mais je suis évidemment particulièrement touché et impressionné.


DIMANCHE 31 MAI

Dernier jour de folie où je me lâche finalement sur les dépenses. Tant pis, j'ai besoin de me faire plaisir: du Z et du bon gros B qui tâche à la pelle, ce qui choque pas mal visiblement, chacun y allant de ses films classiques, cultes, ou tout simplement classieux. Qu'il s'agisse des derniers Artus ou de trouvailles dans les bacs de différents exposants, leur choix se portent essentiellement sur de bons films. Naturellement, je compile Zombi 4, Le Mad Mutilator Ogroff, La Revanche des Mortes-Vivantes, quelques Zéderie chez Uncut Movies comme Demon Terror et Evil Clutch, je me demande même si Devil Story vaut le coup (je fini par reculer devant la réaction quasi unanime de mes paires). Patrice Lamare me permettra également de mettre la main sur le dyptique Gator Bait, du Rape & Revenge ultra rare se déroulant dans le bayou, et probablement en version uncut. Tout de même un chef d’œuvre pour ne pas faire tocard, avec le sublime Zu, les Guerriers de la Montagne Magique signé Tsui Hark. Et pour ne pas faire la fine bouche, je passe également chez Artus pour un Bossu de la Morgue et quelques Kriminal, car il faut bien que je finisse par rattraper mon retard concernant ce qui existe en matière d'édition chez nous...

C'est également la journée photo, où pour la première fois c'est moi qui me fait trucider par un Cosplayeur, un tout petit Jason Voorhees qui m'a presque fait regretté de ne pas enfiler mon gant de Freddy pour un combat en bonne et dû forme ! Rencontre encore avec cette fois l'adorable Peter Hooper de Ingloriuscritik, un homme d'une bonne humeur communicative qui parvient aisément à faire oublier ce concours de Scream Queens très éprouvant pour les nerfs...


Et puis, alors que la journée se déroule naturellement, chacun en vient à plier bagages les uns après les autres. La troupe se sépare, disparait pour repartir dans "le vrai monde". Rigs, Laurent, Nicolas et Jérôme s'en vont, bientôt suivit de Jacques, Pascal et Peter. Je reste un temps en compagnie de David qui doit cependant rejoindre sa charmante famille. Tel Power Boothe dans Sans Retour, j'encaisse les disparitions sans broncher, je reste jusqu'au bout. Le délirant Homme aux Tatouages, Monsieur Loyal fort sympathique, raccroche le micro. Des quelques invités encore présent, seul reste le théâtral Jean-Pierre Dionnet, créateur de Métal Hurlant et présentateur de ces bons vieux Cinéma de Quartier et Quartier Interdit sur Canal +, ce qui va être l'occasion de réaliser une vieille idée: tout simplement le voir et lui dire "merci" pour avoir fait ce qu'il à fait. Je me sens bafouiller sous le stress d'avoir a parler à un homme de son envergure, mais tout se passe très bien hormis quelques parasitages. Et voilà qu'il me balance quelques unes de ses délirantes anecdotes, de ses séances de Tai Chi avec Iggy Pop, à cette vendeuse de poupées vaudou brésilienne qui voulait entrer dans sa famille telle un gourou de secte ! Voilà un homme qui à assurément vécu beaucoup de chose, peut-être même trop.

La fin du Bloody Week-End me laisse amer, frustré presque. Alors que le festival ferme ses portes et que j'erre dans Audincourt, petite ville subitement quasi déserte maintenant que les visiteurs sont repartis, je ne peux m'empêcher de me dire que je n'ai pas profité assez. Je n'ai pas vraiment vu les invités, je n'ai pas osé m'insérer dans les conversations, bref, j'aurai pu mieux faire. Et il me parait presque logique de me retrouver seul après tout ça finalement, grignotant un McDonald's en dévorant du regard quelques anciens Mad Movies, comme depuis toujours...
A l'hôtel c'est Bruce Campbell qui me tient compagnie par le biais d'un film pour enfant, et je passe ma dernière nuit avant de prendre le long chemin vers la "Réalité". Le travail reprend le lendemain et je commente à peine. Les comptes-rendus fleurissent et je retarde le miens encore et toujours. Décidément, je prends toujours mes distances quoiqu'il arrive, allez comprendre...


Si je devais faire un bilan pour conclure, c'est que le Festival lui-même est tout à fait recommandable. Des défauts et des qualités, comme toutes les conventions, et je mettrai de côtés mes pensées personnelles sur le sujet car cela, après tout, ne me regarde pas. Et puis il s'agit vraisemblablement de la seule convention Horreur du pays, alors on ne va pas jouer la fine bouche ! 
Mais le plus intéressant en mon sens réside dans les personnes qui s'y rendent, qui font l'effort de se déplacer pour partager leur passion et partir à la découverte de leurs semblables. Il va sans dire que ce sont pour eux que j'y suis allé et que j'y retournerai. Mais il est indéniable que les lieux dégagent une certaine atmosphère des plus appréciable, excitante, un peu comme cette première fois où vous vous rendez dans un Train Fantôme, à la rencontre de spectres et de squelettes. C'est probablement le meilleur compliment que je puisse faire, et croyez-bien que de ma part, cela signifie beaucoup.

J'espère surtout, l'an prochain, être plus rock'n roll, plus bavard, plus dans l'esprit de cette célébration et de ces gens qui s'y réunissent sans se prendre la tête. J'enfilerai un T-shirt délirant, je troquerai mon vieux sac puant contre quelque chose de plus présentable et j'aborderai tout cela dans la simple optique de m'éclater. C'est dit.


Enfin je ne serais pas complet sans placer ici la seule et unique chose que j'aurai dû écrire. Une liste de remerciement aux différentes personnes que j'ai croisé au cours du Festival. Rigs Mordo et David Didelot premièrement, pour ce qu'ils m'ont apportés sans trop en avoir conscience et m'avoir aidé à changer de vie. Jérôme pour son attitude amicale immédiate, ses cadeaux surprises et ses points de vue sur les éditions françaises de merde que je ne peux que partager. Laurent, d'un charme et d'une gentillesse rare, en espérant ne pas avoir trop bloqué la vue de son stand aux passants. Nicolas et Sandy, deux belges qui m'étaient inconnus mais qui se sont révélés des plus agréables, sympathiques et conviviales. Pascal, pour avoir tenu à me témoigner ses sentiments quant à mes écrits, ce dont je ne reviens toujours pas, et Jacques, pour ses charmantes intentions et le quasi don de Mad Movies, LA revue légendaire en mon sens. Peter Hooper, que je n'ai croisé qu'en coup de vent mais qui est d'une gentillesse rare et véritable passionné plein de bons sentiments. Didier, qui m'a assuré de pouvoir écrire dans son fanzine malgré le lapin et le sujet "à la mode". Romuald et Patrice, qui me font vraiment regretté de ne pas avoir su d'avance que j'ai un temps habité la même ville qu'eux. Félicitation pour le travail abattu depuis toutes ces années et vraiment enchanté d'avoir pu vous connaitre. Et enfin JPP, qui ne lira jamais ses lignes mais qui a forcé le respect et fait plus d'un heureux ce week-end là par sa simple présence.

Tiens le coup et prend soin de toi surtout. Et puis merde, pourquoi pas à l'année prochaine ?!

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Photos par Pascal Gillon, Peter Hooper, David Didelot et David Fourel (Grim Movies)