jeudi 30 avril 2015

Toxic Crypt – Édito Mai 2015


Édito Mai 2015

Depuis de nombreux mois, la Toxic Crypt accueille en son sein différentes personnalités pour réaliser l'éditorial. Une manière évidente de réunir tout le monde sous la même bannière, de partager et de laisser s'exprimer. Tout ceci au nom de cette passion qui nous anime, celle des films Bis, de l'Horreur, de la Science-Fiction, du Fantastique, bref. De "ce" genre multiple, protéiforme et multimédia qui relève de notre intérêt commun.
Quand je vois l'aisance avec laquelle mes illustres prédécesseurs sont parvenus à livrer leurs articles les mois précédents, je me suis longuement demandé si j'allais être à la hauteur. Et puis tout simplement, je me suis longuement demandé de quoi j'allais bien pouvoir parler. Donnez-moi un film, un livre, un dessin animé, une bande-dessinée, ou même un vidéo-clip, et je peux développer mon sentiment et mes analyses sur des pages et des pages. Donnez-moi le champ libre pour dire ce que je veux à propos de n'importe quoi, et je ne sais même pas par où commencer.
La dernière fois, c'était lorsque j'étais au collège, en 3ème, pour cet ultime devoir de rédaction en cours de français. Sujet libre, disait la prof. Une copie double minimum. Croyez-le ou non, me retrouvant sans la moindre idée la veille au soir, j'ai décidé d'improviser et cela à donné une chronique du film Orca, de Michael Anderson. Un clone des Dents de la Mer datant de 1977 et qui, en fait, tient plus de la relecture moderne et inversé de Moby Dick. Un film que j'affectionne en fait, et dont j'ai témoigné tout mon amour à travers un texte qui, j'imagine, devait être bien brouillon, mal foutu et très succinct. Le résultat fut une très bonne note ainsi qu'un gros doute de la part de mon enseignante, qui m'avait carrément prit à part à la fin des cours pour me demander si j'avais bien écrit cet article ou si je l'avais fait faire part un de mes parents...

C'était ma première expérience avec le concept de partage de passion. La première fois que j'écrivais pour parler d'un film et expliquer, avec mes mots, ce qui me venait à l'évocation de cette oeuvre. Pour une raison qui m'échappe, je n'ai pas continué après coup, quand bien même l'expérience fut plaisante.
Et si je vous parle de tout cela, ce n'est pas pour faire du remplissage ou jouer sur la carte de la nostalgie, mais bien pour introduire le sujet de cet édito: la Passion dévorante qui nous anime. Combien de temps peut-elle durer, jusqu'où peut-on aller pour elle, se fixe t-on une limite naturellement ou doit-on laisser les autres, notre entourage, le faire pour nous... ?
Lorsque Rigs Mordo m'a annoncé que mon article serait pour ce mois de Mai 2015, et après avoir cherché à quoi je pourrais faire allusion, j'ai fini par réaliser une chose: cela va faire 14 ans maintenant que j'écris à propos du Fantastique et de l'Horreur. A propos "du" genre. J'ai conscience que pour beaucoup de vieux briscards ce n'est probablement pas grand chose, surtout s'ils sont née bien avant moi, mais là n'est pas le sujet. Non, le fait est que depuis Mai 2002, je n'ai de cesse d'écrire des kilomètres de lignes de texte à propos de films de vampires, de loup-garous, de morts-vivants, de cannibales tropicaux et de déserts post-apocalyptiques. Je n'ai jamais snobé un média, passant aussi bien du cinéma à la littérature, de la bande-dessinée franco-belge aux comics et aux mangas, des films d'animation aux séries télés et en passant par les jeux vidéos. J'en ai vidé des stylos billes et des cartouches de stylos plumes, je suis même venu à bout de quelques rubans encreur de machines à écrire en fin de vie et, naturellement, l'ordinateur est devenu un outil sur lequel je passe un temps incroyable.

Alors certes, la qualité de mes textes est toute relative, j'ai même envie de dire que l'on passe du très mauvais au tout juste passable avec peut-être, si le cœur vous en dit, deux ou trois morceaux qui pourraient être considérés comme "pas mal". Là encore le sujet n'est pas là. Le fait est que depuis plus d'une décade, ma propre passion semble être toujours là, invulnérable aux épreuves et au temps. Il y a eu des hauts et des bas, beaucoup de bas même, des moments extrêmement difficiles, des remises en causes, des pertes diverses et variés (bref, en 13 ans il y a eu la Vie, ni plus ni moins) et avec tout ça des milliers de raisons qui auraient pu me pousser à laisser tomber. Et des pauses, il y en a eu. Parfois très courtes, souvent très longues. Et pourtant, continuellement, je suis revenu aux chroniques avec toujours le même objectif un peu naïf et étrange: partager. Expliquer. Dire ce que je ressens, en bien ou en mal, tâcher d'analyser et de décrypter les œuvres sur lesquelles je m'attarde, qu'elles soient universellement reconnues, ou terriblement obscures.
Je n'ai pas vraiment de recule sur les choses, je ne peux pas expliquer pourquoi je me sens ainsi poussé par le désire de faire des articles à propos de ce genre qui s'est insinué en moi depuis ma plus tendre enfance (véridique, mais c'est une tout autre histoire). A vrai dire, je ne sais même pas si c'est quelque chose de "bien". Pourtant je sais une chose: ce n'est pas prêt de s'arrêter. Oh je peux avoir la flemme, je peux être préoccupé par diverses histoires, je peux tomber amoureux du jour au lendemain et ainsi me découvrir tout un tas de priorités, mais je sais que je vais écrire, encore et toujours. Que je vais chroniquer, commenter, échanger avec quelques Bisseux de passage. Parce que cette passion sera toujours là quoiqu'il arrive, même lorsque je crois la voir s'étioler au fil du temps.

Car oui, parfois, on se demande à quoi bon. Souvent je doute de la nécessité d'un tel passe-temps, je me dis que cela ne sert à rien, que ça ne va pas changer la face du monde et que je devrais m'adonner à des activités différentes. Parfois aussi j'ai l'impression de ne plus trop comprendre le monde qui m'entoure et de ne pas m'y retrouver. Surtout lorsque je ne partage pas l'engouement débordant des masses pour certaines productions qui, chez moi, ne suscitent aucune émotion particulière, si ce n'est un peu de curiosité au grand maximum.
Vous vous doutez bien sûr que j'aborde là l'actualité avec les sorties des nouveaux Star Wars, du prochain Mad Max ou encore des innombrables rejetons de J.R.R. Tolkien. A vrai dire chaque blockbusters semble maintenant devenir un mini-évènement en soit, avec des réactions qui me paraissent disproportionnées: les annonces de nouveaux Avatar par James Cameron, un énième Terminator auquel on ne comprend pas grand chose, le moindre film de super-héros, qui soulève des réactions de la part de beaucoup de personnes, qui n'ont pourtant jamais lu un seul comic-book de leur vie.
Est-ce là aussi de la passion ? Probablement j'imagine. Les avis fusent de toute part, les débats sont parfois agressifs, des gens filment leur réaction devant les bande-annonces. Alors certes, peut-être que je ne me retrouve tout simplement pas dans les œuvres dites mainstream, dans le grand budget, moi qui suit un enfant des vidéos-clubs ayant grandit avec des séries B généralement plus sobre et de moins grande ampleur. Ceci dit je n'ai jamais été sélectif et tout ce qui touche au "genre" devrait me parler. En bien ou en mal. Au lieu de cela, je suis tout simplement sans avis et très perplexe.

Alors me vient en tête ce refrain sempiternel du "c'était mieux avant". Je le dis, vous le dites, tout le monde le dit. En fait, tout le monde l'a déjà dit auparavant. Il y a dix ans. Vingt ans. Trente ans. Chaque génération semble se perdre à un moment et l'exemple qui me vient aussitôt est celui du géant JPP, fondateur de Mad Movies, qui à traité de milliers et de milliers de films de toutes époques jusqu'en ce jour fatidique de 2002 où, après avoir vu le pourtant très bon Blade II de Guillermo Del Toro, s'est senti terriblement dépassé et perdu.
Alors est-ce que le "c'était mieux avant" est la limite même de cette passion ? Pas une fin en soit mais une limite qui nous empêche de prendre du plaisir au-delà d'un certain stade ? Est-ce que mon incompréhension devant les innombrables reboots, les séquelles tardives de films cultes, est signe que la mienne va s'amenuiser et ne retrouver la flamme qu'avec des productions antérieures à 2015 ?
Je ne sais pas, et je ne l'espère pas. Mais je ne suis pas dupe. Oui, c'était mieux avant. C'était mieux avant que l'ère des CGI ne change à jamais la face du cinéma. C'était mieux avant que les mangas soient édités en masse au point que je sois incapable de différencier le moindre titre. C'était mieux avant que le mariage de Spider-Man et Mary Jane ne soit annulé par l'éditeur en chef de Marvel, qui veut garder le personnage "jeune" pour les nouveaux lecteurs. Etc, etc. Tout comme ma passion ne semble pas s'être arrêtée, je ne crois pas non plus que je m'arrêterai de me plaindre et de considérer que l'actualité est décevante et / ou  "ultra commerciale" et par conséquent sans intérêt.

Tout n'est qu'affaire de goût, probablement. L'Horreur, le Fantastique, la Science-Fiction, la Fantasy, et leurs nombreux dérivés et sous-courants, cet Imaginaire fantaisiste que nous autres, lecteurs de Toxic Crypt, explorons toujours un peu plus chaque jour, est si vaste que nous ne pouvons peut-être pas tout accepter nous-même. C'est sûrement ce que nous prouvent nos propres chroniques et autres commentaires, en fait.
Peut-être qu'en fait de limite, il s'agit même d'un moteur qui nous pousse à nous tourner vers d'autres époques afin de faire découvrir et partager des perles disparues, des découvertes inattendues, et ainsi transmettre connaissances et engouement. Ce n'est pas une ligne droite qui va d'un point A à un point B, mais plutôt un Ouroboros. Un cercle qui se répète inlassablement tant qu'il y a des gens et des œuvres pour l'alimenter de quelque manière que ce soit.
Et ce site, Toxic Crypt, fait assurément partie de ces sources de "carburant chimérique", tout comme les fanzines qui y sont si souvent présentés, et les sites, blogs et pages Facebook qui s'y croisent fréquemment dans les liens, les commentaires et les profiles.
On est bien loin de la presse professionnelle, certes, et il a été clairement établit que nous ne seront jamais "reconnu" d'une façon ou d'une autre. Et après ? Ce qui nous anime, finalement, c'est la Passion. Le reste, la notoriété, le succès commercial, ce n'est que très secondaire. Et c'est ainsi que l'on peut dire que Toxic Crypt et tous ses semblables et camarades sont finalement aussi important – si ce n'est plus ! – que les dinosaures que son Mad Movies, L'Écran Fantastique et tout autres plateformes dites sérieuses et légitime.

Ça mes amis, c'est à travers ma passion que je le dis et que je le partage.

Je vous remercie de m'avoir lu, en espérant avoir été à la hauteur du site et de toutes les plumes qui sont passés avant moi et je vous abandonne maintenant à ce mois de Mai car j'ai un anniversaire à fêter !


mardi 14 avril 2015

Toxic Crypt – Les pages rouges et toxiques

Cela faisait un moment que je n'avais pas évoqué la Toxic Crypt de l'aminche Rigs Mordo, et voilà que celui-ci en profite pour glisser un petit mot à propos de L'Imaginarium dans son dernier article: Les pages rouges et toxiques. Plus qu'un billet, c'est surtout un véritable petit coup de pouce de sa part pour nous autres, blogueurs et tenanciers de sites peu connus et ignorés, puisqu'il incite ses lecteurs de plus en plus nombreux à venir jeter un œil sur nos travaux.

Ou peut-être est-ce juste un moyen de bien se faire voir avec le Festival Bloody Week-End qui s'annonce, allez savoir ! Quoiqu'il en soit, j'apprécie l'initiative au même titre que tous mes confrères, quand bien même je tiens dire que les chroniques zombiesques sont désormais fini pour un bon moment, The Walking Dead ne revenant que l'année prochaine et moi-même ayant d'autres choses en vue pour l'instant.

Gros bisou au bouffeur de frites pour avoir pensé à m'inclure dans sa liste, et puisqu'il l'a mérité, je ne lui gâcherai pas sa visite à Audincourt ! Enfin pas trop.


lundi 13 avril 2015

Imagin' Con – Japan Party, 5ème Édition


Petit message de "compte-rendu", ce que je n'ai jamais l'habitude de faire, concernant ces trois derniers jours qui m'ont eu l'air de passer en coup de vent. Ou plutôt en coup de tornade entre la route, les gens, les affaires, la route, les rencontres, les projets, la route et mes démêlés (au sens propre) avec du scotch afin que mon GPS puisse tenir sur mon tableau de bord.

Bref, me voilà enfin posé (enfin autant que possible avec les deux fauves) et à revenir là-dessus. Beaucoup de sensations et d'émotions en tout genre, autant du bon comme du mauvais côté, avec de la nostalgie plaisante et parfois perturbante, des retrouvailles qui m'ont fait réaliser qu'il s'est passé véritablement un an depuis la dernière Japan Party et quelques espérances pour un avenir un peu plus radieux.

Merci à Maurice avant tout, pour l'hébergement, l'accueil, la nourriture, les conseils et discussions, les projets et, n'oublions pas, le partage culturel que nous avons en commun. Merci à Hina Von Hunter pour avoir supporté ma présence malgré ces jours très difficile de convention, pour les conversations à propos de sujets parfois difficiles et décourageant, mais quand même sympas le reste du temps, et tout simplement pour ne pas m'avoir fermé la porte au nez lorsque les temps étaient difficiles pour moi.
Merci à Ноемие malgré le peu de temps qu'on a pu avoir pour discuter, mais j'ai presque envie de dire que c'était déjà énorme vu le timing restreint et la priorité qui revenait au défilé et à ton retour. Tu as été adorable. Merci aux différents membres de la Darksteam qui ne sont pas tous dans mes contacts pour le moment, pour avoir permis mon intrusion sur le pic-nique, pour les quelques mots échangés et tout simplement l'accueil en général (et, dans le cas de Sirius, pour avoir perdu son temps à lire mes pauvres chroniques, j'en suis encore tout surpris !). Merci aussi aux quelques membres du staff de la Japan Party dont je n'ai pas retenu tous les noms, que je n'avais jamais vu avant et qui ont pourtant était très très gentil ! Passez-leur le message si vous les connaissez (sauf s'ils s'en foutent, auquel cas ne perdez pas votre temps).

Merci, enfin, à ma voiture pour avoir tenu le trajet, et au GPS pour ne pas s'être planté dans le retour. Ce fut long et difficile mais la galère des petites routes est désormais terminé une bonne fois pour toute (vivement l'autoroute).

Félicitation aussi à quiconque à pu lire ce texte.
Et comme je ne suis donc pas habitué à tout ça, je ne sais pas comment conclure alors euh... A une prochaine ou quelque chose... ?



lundi 6 avril 2015

The Walking Dead (5.16)

Ep.5.16
Conquer


Voilà donc probablement la dernière fois que je parlerai de The Walking Dead, à moins de me lancer un jour sur une longue rétrospective saisons par saison pour la série télé, et avec chaque story arc du comic-book. Autant dire qu'avec ma liste interminable de choses qu'il me reste à chroniquer, ça ne sera pas pour tout de suite ! Tournons la page une bonne fois pour toute avec ce season finale que les responsables du show ont voulu plus ambitieux que d'habitude puisque celui-ci est d'une durée supérieur à celle d'un épisode normale.
Attention tout de même, Conquer n'a rien d'un téléfilm ou d'un double-épisode et il n'y a globalement aucune différence entre cette dernière diffusion et les précédentes hormis une vingtaine de minutes supplémentaires. Résultat la conclusion s'étire sur une bonne heure, ni plus ni moins, et comme le scénario est devenu intéressant et rythmé ces derniers temps, autant dire qu'on ne s'en rend même pas compte.
Ces quelques minutes de plus permettent de ne pas trop perdre de sous-intrigues en cours de route et, fort heureusement, ne viennent pas briser la narration comme on aurait pu le craindre. Les péripéties s'enchainent à bonne allure et tout semble se dérouler comme il se doit.


Beaucoup d'éléments trouvent leur résolution ici, ce qui permettra aux scénaristes de repartir sur de nouvelles bases pour la saison à venir. Glenn et Nicholas s'affrontent et le premier va finalement épargner le second malgré sa tentative d'assassinat sur sa personne, prouvant définitivement qu'il veut garder Alexandria debout avec chacun de ses habitants. Abraham et Eugène font la paix, chacun reconnaissant ses torts, tandis que Tara revient à elle, survivant à ses blessures. Les deux instables de l'équipe, Sasha et le Père Gabriel, qui ont en fait exactement le même problème, se retrouvent malgré eux. Après s'être allongée dans une fosse commune avec les morts, la jeune femme réalise qu'elle ne veut plus vivre, tandis que Gabriel va faire une promenade en espérant se faire dévorer par un Walker de passage, le repoussant par instinct de survie au dernier moment.
C'est Maggie qui, succédant en quelque sorte à son père, va faire office de figure salvatrice en intervenant, alors que l'homme de Foi provoquait Sasha pour qu'elle le tue dans un accès de colère. Le personnage devient clairement un symbole d'autorité bienveillante, tant socialement que spirituellement, exactement comme l'était Hershel en son temps.


Comme précisé dans la chronique précédente, le cas Michonne ne débouche sur rien et, après une conversation où Rick avoue finalement avoir planifié certaines choses sans son aval au cas où elle se retournerait contre eux, la jeune femme le rassure. Il n'a jamais été question qu'elle trahisse sa famille et voulait simplement trouver un moyen plus paisible d'amener les choses. Et pour montrer que le personnage reste le même, une dernière séquence après générique de fin la montre récupérer son katana comme il se doit.
Des liens forts unissent désormais Aaron et Daryl, chacun s'ouvrant toujours un peu plus à l'autre et se découvrant une profonde humanité, et le duo fini par tomber sur Morgan, effectivement en quête de Rick depuis qu'il avait découvert la fameuse carte dans la petite église du Père Gabriel.
Enfin la menace "W" est désormais pleinement identifiée. Un groupe de tarés homicides se prenant pour de véritables prédateurs, se surnommant alors les Loups (le "W" provenant du mot anglais, "Wolves"). Il est implicitement dit qu'ils sont bien les personnes que Deanna a autrefois exilés, prouvant que Rick avait raison de dire que cette méthode était dangereuse, et ils attaquent quiconque croise leur chemin, utilisant armes et pièges pour arriver à leurs fins.


Mais le gros de l'épisode tourne évidemment autour de Rick et de ses frasques de la dernière fois. S'il est libre d'aller et venir dans la ville, il va être soumis au jugement de Deanna qui organise un forum de discussion avec les autres habitants. Parce que Carl, Glenn et Michonne le pousse agir pacifiquement et parler à la population pour leur faire comprendre son point de vue, Rick accepte de ne pas prendre immédiatement les armes pour s'emparer du pouvoir.
Il faut toutefois compter sur deux évènements pour faire rebondir la trame: l'intrusion de quelques Walkers dans le voisinage, car le Père Gabriel a mal fermé le portail, et le retour de Pete, qui apprécie évidemment très mal d'avoir été passé à tabac et humilié par Carol la journée suivante. Comme dans la version papier, son comportement va coûter la vie à quelqu'un et Deanna va finir par adopter le fonctionnement de Rick par la force des choses, commandant son exécution immédiate.
Reste à savoir si cette action va attirer l'attention de la horde titanesque aperçue plus tôt dans la saison, où si les scénaristes vont plutôt jouer sur l'angle moral / religieux via Morgan, puisque celui-ci débarque au moment même où Rick tue Pete et qu'il précise en cours d'épisode que pour lui toute vie est précieuse.


Certains seront peut-être déçu de voir que ce Walking Dead plus long que d'ordinaire n'en profite pas pour nous offrir une bataille d'envergure entre les héros et les antagonistes (les Wolves dans ce cas) et que l'action délivré ici est comparable à n'importe quel épisode. Cependant Conquer passe comme une lettre à la poste puisque le scénario général est bien plus plaisant et efficace que d'habitude et il n'y a pas nécessairement besoin de scènes explosives dans le cas présent.
Toutefois les scénaristes ne nous laissent pas en rade et proposent pas mal de trucs tout au long de ces soixante minutes. Gabriel achève une victime agonisante à coups de pierre, Aaron plante une machette dans le crâne d'un Walker exactement comme Tom Savini dans Zombie (Nicotero réalise l'épisode et s'amuse très probablement) tandis que Rick doit traquer et tuer silencieusement les morts-vivants qui se sont introduit dans la Safe Zone pour ne pas révéler l'arme qu'il porte sur lui. Le voilà alors contraint d'utiliser le corps d'un agresseur comme d'un silencieux, plongeant le pistolet à l'intérieur de sa tête en passant par la gorge !


Certaines idées fonctionnent toutefois un peu moins que d'autres, comme cette scène d'ouverture où l'on retrouve Morgan en Moine Shaolin et qui éclate ses agresseurs à l'aide d'un simple bâton de marche. Outre le fait que le personnage évoque subitement Michonne avec ce côté "maîtrise d'art martiaux" (un clin d’œil sur leur relation dans le comic-book ?), voilà qui annihile immédiatement la menace de Wolves.
Ceux-ci apparaissent comme de vulgaire brigands pas très finaud qui se font rapidement mettre hors d'état de nuire, comme de simples laquais dans une série pour enfant. Reste à espérer qu'ils soient un peu plus nombreux la saison prochaine pour crédibiliser le danger qu'ils représentent.
Et c'est dommage car la série introduisait un concept très intéressant avec leur manière d'utiliser les morts-vivants à leur avantage. Comme Aaron le précise, leur leader est intelligent et il a effectivement trouvé un moyen de "dresser" les Walkers avec de la musique, pouvant les envoyer quelque part et les ramener dans leur enclos sans crainte. Un petit côté Bub du Jour des Morts-Vivants, référence sûrement volontaire une fois encore.


En conclusion, voilà une saison qui revient de loin. En fait je ne sais même pas si ces derniers épisodes rachète vraiment les longs moments d'ennuis, les séquences stupides et le symbolisme ridicule dans lequel s'est embourbée la série. The Walking Dead fut, pour moi, une véritable épreuve d'endurance avec tout juste quelques scènes gores ici et là pour faire avaler la pilule. Le bilan n'est donc pas mitigé, il est extrêmement mauvais et je ne parviens pas du tout à comprendre comment on peut aimer ce show en toute légitimité.
C'est lent, bavard, il n'y a ni logique ni consistance, et les épisodes ne se suivent pas nécessairement, comme si le showrunner laissait ses scénaristes improviser et trouver des pistes à explorer sans se soucier de la cohérence générale. Seuls quelques acteurs tirent leur épingle du jeu, et pour moi l'idée de lancer un spin-off est une aberration totale.
Cependant, par miracle, ou peut-être parce que quelqu'un, quelque part, à décidé de restructurer un peu l'équipe en charge de la série, les choses se sont améliorées. Cette saison plante les graines d'un univers plus agréable à suivre, plus intéressant, moins prévisible. Et finalement plus proche que jamais de sa version BD.


Contrairement où chaque saison précédente je n'étais ni impatient, ni même curieux, concernant la suite des évènements, voilà que je ne serais pas contre avoir quelques épisodes de plus cette année. Preuve en est que le show a évoluée de manière incroyable, quand bien même il faut se rendre compte que jamais The Walking Dead ne sera une grande série... Et qu'en aucun cas il ne s'agit d'une référence en matière de morts-vivants, vu les emprunts incroyables qui sont fait chaque semaine !
Il ne me reste juste qu'à souhaiter à la saison 6 de continuer dans cette direction et de me surprendre pour me faire changer d'avis, c'est tout le mal que je lui souhaite. Quant à Fear the Walking Dead, je lui donnerai certainement sa chance mais je doute grandement que cette déclinaison ne partage pas les mêmes défauts que sa grande sœur...


samedi 4 avril 2015

The Walking Dead (5.15)

Ep.5.15
Try


Try n'est pas tellement un épisode en soit, mais plutôt un prologue au long season finale qui va voir le jour une semaine plus tard. Non pas que les éléments racontés ici soient inintéressant, mais il s'agit simplement d'une dernière mise en place de différentes intrigues afin qu'elles culminent une bonne fois pour toute à la dernière diffusion de cette saison. Seule exception, une petite escapade dans la nature pour Carl et la mignonne Enid, début de romance pour ces jeunes gens qui ont grandit dans des conditions très difficiles.
Ce prélude prépare le terrain sur pas moins de quatre affaires à suivre, même si l'une d'entre elles sera en fait utilisée par l'an prochain: la menace "W", qui se fait de plus en plus grandissante maintenant que Aaron et Daryl on retrouvé la trace d'un petit campement décimé. Parmi les victimes, ils découvrent une femme qui a été attachée à un arbre afin qu'elle soit dévorée vivante par les Walkers. Son front est gravé de la même lettre, comme si les responsables désiraient marquer leur territoire.
 

Le duo Sasha / Michonne entre de nouveau en conflit, la première devenant de plus en plus hors de contrôle et refusant toute sociabilisation tandis que la seconde ne réalise pas qu'elle est en fait totalement à côté de la plaque. Sous couvert d'avoir trouvé un refuge, elle se perd et se retrouve dans une sorte de petite crise d'identité. Rosita lui fait d'ailleurs remarquer que quelque chose ne tourne pas rond puisqu'elle s'aventure en territoire ennemi sans même avoir emmené son sabre avec elle.
Lorsqu'elle croise de nouveau Sasha, qui passe sa vie au-dehors du Mur et ne fait que tuer les zombies qui croisent son chemin, c'est un électrochoc et elle se revoit, quelques années auparavant, lorsqu'elle errait sans but avec ses morts-vivants de compagnie. L'une comme l'autre sont sur la brèche et leurs comportements promettent de lourdes répercussions sur la suite des évènements... Hélas il n'en sera rien, Michonne se "retrouvant" aussitôt qu'elle converse avec Rick l'épisode suivant (alors que tout laissait croire qu'elle avait changée de camp) tandis que Sasha règle son dilemme avec Gabriel, en réalisant qu'elle est instable.
Voilà qui rend caduc le développement de l'une comme de l'autre alors que d'autres personnages auraient pu bénéficier d'un traitement scénaristique à leur place. Mauvais point.
 

Plus utiles à l'intrigue déjà, les retombées de l'épisode précédents avec Glenn et Nicholas qui se rejettent la faute l'un sur l'autre en parlant à leur leader respectif. Et tandis que Deanna fait le deuil de son fils, tout en commençant sérieusement à se poser des questions à propos de Team Rick (une scène sympathique montre Carol déposer un plat et un message de condoléance à sa porte, cadeau qu'elle ignore volontairement avant de brûler symboliquement le petit mot), Rick se sent de moins en moins capable d'obéir au règlement de la Safe Zone.
Lorsque Glenn prend la décision d'intimider le lâche qui a causé la mort de Noah, celui-ci se sent menacé et part alors récupérer une arme qu'il avait caché à l'extérieur de la communauté. Son secret n'a pas encore été dévoilé mais son comportement montre qu'il fera tout pour le préserver, ce qui signifie assassiner son rival. Intéressant puisque ce dernier est, au contraire, prêt à tout pour que l'intégration de Team Rick à Alexandria fonctionne, et pas un instant ne menace t-il sincèrement son ennemi. Le conflit va évidemment éclater au season finale mais ne trouvera sa conclusion qu'avec la saison 6.
 

Enfin le plus gros morceau de cet épisode, et l'élément le plus conséquent pour la conclusion de cette saison-ci, c'est l'affaire du mari violent. Pete, le chirurgien d'Alexandria, que Rick se retient de peu d'abattre en pleine nuit, probablement juste pour garder secret la possession de son pistolet.
Chose intéressante, là où dans les comics, le doyen de la Safe Zone n'est pas du tout au courant de l'histoire, Deanna avoue ici savoir parfaitement ce qui se trame. Mais parce que Pete est le médecin de la communauté, parce qu'il peut sauver des vies, elle le laisse faire en espérant simplement que les choses s'arrangent d'elles-mêmes. Rick, outré, s'oppose totalement à ses méthodes, expliquant que dans le monde actuel il faut maintenant être prêt à tuer afin de ne pas se laisser bouffer par autrui. L'idée que l'exile soit dangereux revient également et le dilemme moral que cela implique n'est perdu pour personne. Deanna devrait-elle tuer Team Rick si ses membres ne respectaient pas son règlement ? Si l'on en croit la logique de l'ancien shérif, c'est ce qu'elle devrait faire sans plus tarder...
 

Naturellement les deux hommes finissent par en venir au main, surtout après que Rick soit passé voir Jessie pour la confronter à son problème (pas bête, la donzelle lui rappelle au passage qu'elle est mariée). Le combat se termine devant tout le monde et il en s'en faudra de peu pour que notre héros cède à ses pulsions. Avec au passage un petit rappel au symbolisme grossier si cher à la saga, lorsqu'un petit ballon rouge s'envole au ralentis dans le ciel pour représenter l'espoir d'une vie meilleur entre les clans qui vol en éclat...
Les dernières minutes rattrapent cette faute de goût lorsque le personnage se transforme en une sorte de Travis Bickle et pète un plomb devant toute l'assemblée, braquant son arme sur eux et partant dans un long discours nihiliste et accusateur. De l'huile sur le feu assurément, et Michonne va intervenir sans qu'on ne sache vraiment si elle a fini par retourner sa veste.
Il s'agit du seul moment vraiment captivant de cet épisode qui n'en est pas vraiment un. Si Try n'est absolument pas du même niveau que les dernières diffusions de la série, il demeure un passage obligatoire pour quiconque s'intéresse à la monté dramatique de sa narration. Et dernièrement, celle-ci n'a jamais été aussi intéressante et efficace !
 

The Walking Dead (5.14)

Ep.5.14
Spend


Un épisode furieux ! Pour ainsi dire c'est probablement le plus gore, ou du moins le plus cruel que l'on est vu depuis un bon bout de temps. Non pas que la série manque de séquences sanguinolentes depuis ces cinq dernières années, chaque nouvelle entrée dans le show possédant par défaut une séquence obligatoire de zombies se faisant pourfendre ou de survivants se retrouvant croqués. Et pourtant je ne crois pas avoir le souvenir d'un épisode où un personnage est lentement dévoré par une horde de morts-vivants en plan fixe, à la manière des scènes cultes de Zombie et du Jour des Morts-Vivants. Oui, beaucoup se font mordre, perdent des membres ou finissent avec une gorge déchirée. Mais un long et douloureux étripement où les intestins sont sorties du ventre, où le visage est arraché et où le corps est entièrement dévoré par les Walkers ? J'oserai presque dire que c'est du jamais vu sur cette série.
The Walking Dead ose faire subir ce sort à non pas un, mais deux de ses protagonistes, et a chaque fois d'une façon joyeusement brutale, presque à égalité avec les sommets sanglants orchestrés par Romero, Savini ou Fulci dans leurs chroniques zombiesques. Seules quelques coupures publicitaires viennent freiner l'effet, tant dans l'aspect dramatique que dans les excès graphiques, la reprise se faisant toujours avec une petite ellipse temporelle.


Précisons aussi que ces nouvelles pertes ne sont pas (pour une fois) un simple moyen de choquer le spectateur pour paraître mémorable mais qu'elles représentent au contraire une avancée dans la narration, la tragédie venant alimenter l'instabilité entre les deux groupes. Ici les victimes apparaissent comme de lourdes pertes d'un côté comme de l'autre, et le fait que l'un d'eux soit le fils de Deanna ne va pas aider la situation.
Il faut dire que la doyenne commence à réaliser qu'intégrer Team Rick à sa population n'est pas sans avoir de lourdes répercutions, avec déjà l'un d'entre eux qui hérite d'une position de pouvoir important. En effet, Abraham va gagner le respect de plusieurs habitants lors d'une attaque de Walkers et prendre la tête d'un groupe de travailleurs, remplaçant au pied levé l'ancien leader beaucoup trop froussard. Maggie, devenue membre du conseil d'Alexandria, va naturellement appuyer son camarade, ce qui n'échappe pas à la dirigeante.
Enfin le Père Gabriel s'en va l'avertir avec toute la subtilité du fanatique religieux: pour lui Team Rick est le Mal à l'état pur, ses membres se faisant passer pour des gens bons afin de mieux cacher leur véritable nature...


Le personnage semble vraiment sur le point de devenir un antagoniste, sorte d'évangéliste fou et vindicatif qui serait alors contrebalancé par Morgan. Un indice sur la direction que prendra la sixième saison ? Pas sûr car, maintenant que le season finale est passé, il apparait que les responsables ont préférés tuer dans l’œuf cette rébellion pour lui offrir un peu de paix intérieur. Une conclusion forcément décevante au regard de ce qui aurait pu voir le jour, mais il apparait clair que la série ne veut pas transformer un homme de Dieu en un être maléfique.
Gabriel est tout simplement hanté par ses propres démons et rejette la faute sur autrui, ne parvenant pas à accepter ses propres actes. A l'idée que ses compagnons de routes ont dû tuer pour survivre ou par peur, il réplique que ce n'est pas le cas et qu'ils ont donnés la mort comme s'ils étaient de dangereux criminels. Une façon de se distancier d'eux et de ne pas se mettre au même niveau, lui qui a causé la perte de ses ouailles par peur et lâcheté.
En fait le prêtre est tout simplement perdu et hanté, comme le montre cette scène où il déchire une Bible dans sa chapelle vide, tout simplement incapable de se pardonner et plongeant dans un délire de persécution.


Moins bien faite est la story arc d'Eugène, qui revient sur le devant de la scène pour la première fois depuis le mid-season. L'épisode insiste beaucoup trop sur sa "faiblesse" de comportement, sa lâcheté (thème de l'épisode visiblement) qui contrairement à Gabriel est ici ouvertement évoquée. Alors qu'une patrouille part en mission à l'extérieur afin de l'aider à récupérer des composants informatiques, celui-ci n'a de cesse de se plaindre, utilisant justement sa couardise comme argument pour ne pas se retrouver en première ligne. Il refuse de s'impliquer d'une quelconque manière, insiste pour ne pas avoir à utiliser d'arme et, au final, va jusqu'à décevoir la jeune Tara qui essayait jusqu'au bout de trouver du positif en lui.
Évidemment Spend est un moyen pour le scénariste de lui donner quelque chose à faire et il va agir en héros lorsque la situation devient vraiment difficile. Un peu grossier, un peu facile, mais on pardonne facilement puisque cette petite aventure est plutôt bien maitrisée en terme de tensions. Ainsi le raid effectué dans un entrepôt abandonné, plongé dans l'obscurité et où rôdent quelques Walkers prisonniers d'une espèce de cage, va tourner au cauchemar lorsque Aiden se retrouve confronter à un mort-vivant soldat. Un commando vêtu d'un casque par-balles qui le protège. Le survivant tir de nombreuses fois sans apercevoir les grenades accroché au gilet tactique et c'est le drame...


L'explosion libère naturellement les zombies et nos héros se retrouvent avec deux équipiers en moins. Tara, blessée à la tête et inconsciente, et Aiden, que l'explosion a projeté contre une structure où il s'est empalé. Lorsque Glenn réalise qu'il est toujours vivant, il tente une mission de sauvetage mais en vain. Non seulement le jeune homme périt, dévoré dans une scène qui semble être un clin d’œil évident à la mort du Capitaine Rhodes du Jour des Morts-Vivants, mais leur fuite est mise à mal par la panique du second membre d'Alexandria.
Celui-ci part sans se soucier des camarades, et c'est en essayant de le rattraper que Glenn et Noah finissent piégés dans la porte tambour du bâtiment. Avec des Walkers présent à l'intérieur comme à l'extérieur, personne ne peut sortir sans risquer sa vie et c'est là qu'Eugène intervient pour jouer les héros. Le soucis, et la meilleure séquence de cette épisode, montre que même s'il est désormais possible de s'enfuir au-dehors maintenant que la voie est libre, il reste toujours des créatures de l'autre côté. Et puisque Glenn, Noah et leur partenaire sont enfermés dans deux sections différentes de la porte tournante, cela signifie qu'il est impossible pour l'un de sortir sans exposer les autres au danger en raison de l'effet tourniquet.


Le suspense réside à savoir de quelle manière les survivants vont s'en sortir, mais la panique fait que la situation dégénère encore une fois et c'est Noah qui va en faire les frais. Surprenant d'une certaine manière, puisque le personnage n'était arrivé que très récemment dans l'histoire et que j'aurai parié sur d'autres protagonistes avant lui, mais terriblement effectif. De plus Spend ne fait pas dans la dentelle en jouant avec les vitres de la porte et en plaquant le personnage contre celle-ci pour nous montrer sa mise à mort. Plutôt cruelle, celle-ci insiste sur la mutilation de son visage avec un œil crevé et sa mâchoire inférieure se faisant partiellement arracher. Une brutalité qui m'évoque grandement la fin du pourtant rigolo Virus Cannibale de Bruno Mattei, où l'héroïne s'y faisait défoncer la tête avec une complaisance incroyable.
Voilà qui conclut parfaitement cette longue séquence de suspense où les vitrages semblaient être particulièrement mis en avant dans la mise en scène. Un état de faits qu'il faut peut-être attribuer à la réalisatrice qui n'est autre que (la méconnue) Jennifer Chambers Lynch, fille de David, qui s'était fait remarquer avec Surveillance en 2008 avant de disparaitre dans les méandres du petit écran, après l'échec de son Hisss.


Plus anecdotique est la sous-intrigue du mari violent, Carol découvrant que le gamin qui l'espionne est en réalité victime de maltraitance et qu'il voulait surtout emprunter une arme afin de défendre sa mère, la belle Jessie, également battue. Étant donné son historique, notre Cookie Monster ne peut que se sentir concernée et va exprimer ses sentiments à Rick. Dans ce qui est un indice à propos du season finale, elle va l'enjoindre à se débarrasser de lui une bonne fois pour toute.
Sinon on peut aussi apercevoir Aaron et Daryl partir en mission de recrutement, ce dernier abordant un look très Terminator avec ses vêtements de cuir et sa moto. Ça tombe bien puisque Terminator: Genisys arrive bientôt ! Je prédis déjà des pages et des pages de fanfictions Yaoi à venir...


jeudi 2 avril 2015

The Walking Dead (5.13)

Ep.5.13
Forget


L'épisode précédent se nommait Remember, peut-être en rapport à la façon dont la communauté d'Alexandria vit dans le passé. Celui-ci c'est tout le contraire, et Forget pourrait désigner la façon de vivre de Team Rick et le désire de certains membres de s'en défaire, d'évoluer vers de nouvelles choses, là où certains on au contraire beaucoup de mal à modifier leurs comportements. Je pense à Rick, qui semble de plus en plus intéressé par une nouvelle femme, à Sasha, qui ne trouve clairement pas sa place dans ce monde, ou encore à Daryl, qui refuse de se sociabiliser.
Quoiqu'il en soit celui-ci est tout aussi chargé et il se passe pas mal de petites choses, avec encore une fois une impression de narration générale englobant les deux groupes et les réactions de chacun. Bien sûr, certains sont un peu plus chanceux que d'autres, et là où Carol à droit à plusieurs grosses scènes, Abraham peut à peine échanger quelques mots avec Michonne pour montrer à quel point il se sent à côté de la plaque ces temps-ci. Mais qu'importe, le principal étant que le rythme ne traine plus des pieds et qu'on sente que, enfin, les scénaristes veulent nous emmener quelque part sans encombrer leur écriture de fillers inutiles.
 

L'intrigue continue de sa zizanie chez les membres de Team Rick, dont certains membres restent méfiant vis-à-vis de Deanna et de ses braves gens. Carol, Daryl et Rick lui-même doivent se réunir secrètement à l'extérieur des murs pour parler de la situation et planifier leur prochain objectif, car peut-être ne peuvent-ils plus compter sur tout le monde désormais, notamment Michonne. Alors qu'une réunion de présentation est prévue en soirée, nos héros désirent en profiter afin de subtiliser quelques armes de la réserve, juste au cas où cela serait nécessaire. C'est Carol, totalement intégrée à la population en apparence, qui se charge de la mission, mais elle est aussitôt repérée par un jeune garçon.
Pendant ce temps Daryl se sent exclus et Sasha adopte un comportement des plus inquiétant, devenant terriblement agressive voir suicidaire. Cette dernière s'entraine désormais au tir et semble en passe de remplacer le personnage Andréa dans le rôle du sniper du groupe. Michonne accepte un travail de représentant de l'Ordre et raccroche son sabre, montrant symboliquement qu'elle n'en a plus besoin et abandonne son mode de vie passé pour celui de la communauté. Enfin, les mystérieux Walkers frappés de la lettre "W" sur le front refont leur apparition.
 

Bref, contrairement à autrefois où il fallait vraiment chercher pour relever une scène digne d'intérêt dans un épisode, il y a ici à boire et à manger tant les péripéties se multiplient et se croisent pour, on le sent bien, culminer vers un season finale que le showrunner voulait spectaculaire car d'une durée beaucoup plus longue que d'ordinaire. Et si en raison de mon retard je peux déjà dire que plusieurs de ces éléments n'y sont finalement pas utilisé, ou trouvent une finalité assez pauvre (l'angle de Sasha notamment, qui est probablement le moins intéressant du lot car trop répétitif et carrément surjoué), il y a tout de même matière à trouver satisfaction et à rebondir pour la sixième saison.
Parmi les différentes choses que l'on peut retenir de ce Forget, c'est la tension de plus en plus palpable entre Rick et le mari de Jessie, la jolie blonde sur laquelle il a craqué. Il y a clairement anguille sous roche vu le comportement type "menace sourde" du bonhomme, et une fois encore ceux qui connaissent la BD sauront de quoi il en retourne. Une scène hilarante montre Carol menacer de mort le bambin l'ayant surpris entrain de dérober les armes à feu, l'intimidant afin qu'il ne répète à personne ce qu'il a vu. La parfaite housewive devient subitement une sorte de psychopathe et, vu que la scène tourne autour d'un malheureux gâteau, je suis très tenté de la surnommer "Cookie Monster". Pourvu qu'elle puisse un jour se vêtir d'un gros pull angora tout bleu !
 

Sasha provoque un scandale durant la petite fête, craquant complètement lorsqu'elle réalise que les seuls "soucis" des habitantes du quartier reposent sur des choses triviales qui ne devraient même plus exister dans ce monde apocalyptique, et Aaron prend la décision d'apprivoiser Daryl en l'accompagnant durant une partie de chasse. Les deux hommes vont échanger quelques propos où l'homosexualité du personnage est de nouveau mis en avant, le recruteur expliquant qu'il se sent lui-aussi mis à l'écart avec son compagnon, de part leur relation gay.
C'est alors qu'il vont rencontrer un cheval errant, que Aaron explique avoir essayé plusieurs fois de ramener à la Safe Zone sans grand succès. Une séquence qui intègre l'habituelle séquence gore de la semaine, des Walkers venant évidemment perturber tout ce petit monde. L'enjeu montre Aaron et Daryl tenter de se débarrasser des zombies avant que le cheval ne s'échappe, ou plus simplement qu'il ne se fasse dévorer. Et malheureusement l'animal connaitra un triste sort, faisant écho à celui que Rick avait monté au tout début de la série.
Voilà probablement la meilleure scène de Forget, pour des raisons qui m'échappent un peu... 
 

Ce n'est pas pour le gore mais plutôt pour le côté atmosphérique qui a lieu avant et après le démasticage de mort-vivant, avec une belle musique qui change des compositions habituelles, et la façon dont Daryl semble trouver un semblant de paix intérieur au contact d'un animal plutôt que d'autres êtres humains. La perte de l'étalon est présenté comme véritablement tragique et, si je crois deviner un quelconque sous-entendu symbolique là-dedans, je préfère ne même pas y penser. En l'état, voilà une saynète qui me convient parfaitement comme ça.
Très bel épilogue également, qui commence sur un modèle cliché et usé jusqu'à la corde (la petite musique sur les dernières images de l'épisode) pour mieux nous prendre à revers. Ainsi Rick, s'engageant sur une route bien entretenue au son d'une chansonnette très guillerette et ringarde, fini par se détourner de son chemin en entendant un son. Un frappement qui provient de l'autre côté du mur de protection. La caméra survol les lieux et révèle un zombie trainant à l'extérieur. Notre héros se colle alors à la paroi pour l'écouter, comme s'il pensait encore appartenir à ce monde sauvage plutôt qu'à cette civilisation factice.
Quant aux paroles, jusqu'ici insignifiantes, elles plongent finalement dans une direction beaucoup plus sombre qu'on ne le croyait au départ. Voilà une mise en scène des plus sympathiques !