mardi 31 mars 2015

The Walking Dead (5.12)

Ep.5.12
Remember


The Walking Dead poursuit sur sa nouvelle lancée et confronte enfin Team Rick avec la population d'Alexandria. L'occasion de renouveler un peu le train-train lassant de la série en proposant une situation différente d'ordinaire, qui joue plus sur le malaise et les tensions que sur une menace claire et posée. Ici le véritable soucis de nos héros vient plutôt d'eux-mêmes, se retrouvant hantés par leur habitude de survie et ne parvenant absolument pas à trouver le bonheur tant rêvé jusque là.
Après un épisode servant d'introduction et mettant en avant le manque de confiance de nos héros envers cette nouvelle communauté, Remember explore un peu plus la difficile cohabitation entre les différents personnages, qui ont naturellement une manière d'opérer très différente. De nouveau la série semble abandonner l'idée de suivre les protagonistes individuellement, ou uniquement par petites touches, se concentrant plus sur les groupes de façon générale, leurs idéaux, leurs craintes et leurs faiblesses.
En faisant cela, plusieurs personnages sont certes un peu mis de côté (le prêtre disparait pour un bon moment et n'apparaît même pas dans les plans d'ensemble du groupe) et cela risque d'agacer quelques fans qui ont leur favori, mais il faut être honnête: vu le nombre de membres de la Team Rick, il apparait nécessaire d'abréger les sous-intrigues qui viennent éclater la narration et la structure des épisodes.
 

Remember présente alors Alexandria, ses différents membres et surtout leur façon de vivre dans ce monde post-apocalyptique. Surprise, l'endroit n'est pas un minuscule village comme l'était le refuge dévasté de Noah et apparait au contraire comme une ville de taille relativement conséquente ; même si nous n'en verrons que quelques quartiers pour des raisons de budgets. A la base un repaire de survivants utilisé par l'Armée au début de la catastrophe zombie, afin de réunir la population afin de l'exporter hors du comté. Les soldats ne revenant pas, les réfugiés se retrouvèrent livrés à eux-mêmes et utilisèrent le matériel d'un chantier à proximité afin de créer des remparts.
Restée cloîtrée depuis le début de l'invasion, la population de la Safe Zone n'a en réalité aucune idée de ce qu'est devenu le monde extérieur et réagit de manière très naïve. C'est pour cette raison que Deanna, la dirigeante, a prit la décision d'incorporer Rick et les siens: pour en savoir plus, être capable de se défendre et ne plus subir de lourdes pertes lors de raid d'approvisionnement. Et pour s'assurer que ces nouveaux venus puissent pleinement trouver leur place dans la communauté, ils passent tous un entretien individuel, afin qu'elle puisse se faire une meilleure opinion d'eux, de leur historique et de leur état d'esprit...
 

Autant le dire, nos héros sont tout simplement dépaysés. Perdus même, ne trouvant absolument pas leur marque dans un repaire possédant eau et électricité, et se voyant même offrir leur propre demeure afin d'y vivre en toute intimité. Ils doutes, ils soupçonnent, voient le mal partout. Et si les membres d'Alexandria ne cherchaient qu'à les diviser ? Après tout, on leur confisque leurs armes à feu dès que leur acceptation est validé. Ou peut-être sont-ils tout simplement idiots, comme ce duo en charge du ravitaillement, totalement arrogant et incompétent sur le terrain. Dans tous les cas ils apparaissent comme faibles, inconscients du danger qui les entourent et continuant à vivre comme autrefois.
Se profile alors le danger inévitable de la fin de saison, relativement subtilement je dois dire. Deanna évoque avoir exilé trois personnes qui ne suivaient pas leurs règles et on se souvient des vestiges de batailles chez la Safe Zone de Noah, avec ces zombies marqués d'un "W" sur le front. Ici c'est une arme caché par Rick, juste à l'extérieur des murs d'Alexandria, qui disparait subitement, preuve que quelqu'un rôde et observe dans les environs...
Une grande partie de l'épisode consiste à nous faire pressentir cette menace, surtout via les avertissement d'un Rick totalement déphasé et incapable de comprendre pourquoi Deanna est si laxiste sur sa façon de gérer son peuple. La population d'Alexandria devra s'adapter d'une façon ou d'une autre, et si ce n'est pas par un quelconque vilain cherchant à les anéantir, ce sera par la force des choses maintenant que Rick est dans la place.
 

L'épisode fait des merveilles pour montrer Alexandria comme un endroit en total décalage avec l'univers de The Walking Dead. Il n'y a pas d'exagération dans le comportement des habitants mais il parait assez étonnant d'y retrouver des gens "normaux" et se comportant comme si la fin du monde n'était jamais arrivée. Les enfants s'amusent, les gens promènent leurs chiens, les vieillards observent les promeneurs avec bienveillance. Voilà qui sonne faux, sorte de représentation caricatural du parfait voisinage. Et Remember de trouver un petit aspect proche de la série culte Le Prisonnier, le temps d'une séquence stressante, où Rick observe tout ce petit monde avec distance et incrédulité, avant de se retrouver subitement dans une rue totalement déserte.
En un passage assez amusant, Deanna explique le fonctionnement de la communauté et son sens du partage avant de s'exclamer, avec un certain cynisme: "Looks like the communists won after all" ; une notion d'équité qui n'est sans doute pas sans avoir ses zones d'ombres où ses défauts, comme le laisse présager le comportement de certains.
 

Deux éclaireurs s'amusent à suspendre un Walker, qui a précédemment tué quelques collègues, afin de le garder prisonnier et de se venger. Rick rencontre une séduisante jeune femme dont le mari ne manquera pas de l'interpeller de façon inquiétante la nuit venue. Et Carl se trouve lui-aussi une jolie fille, Enid, laquelle provient de l'extérieur tout comme lui et reste taciturne en plus de faire le mur de temps à autres, pour se promener seule dans la forêt...
Cependant, si certains membres de Team Rick réalisent qu'ils ne sont pas du tout en phase avec ce nouvel environnement et demeurent très suspicieux, d'autres comme Michonne ou Carol y trouvent rapidement leurs aises. Cette dernière, tout particulièrement, prend un malin plaisir à jouer le jeu de la parfaite citoyenne et enfile un costume de "femme au foyer" totalement innocente qui lui permet de rester invisible. Daryl, n'en revenant pas de la voir si différente, lui lance un "You look ridiculous" des plus amusants car... Des plus véridiques !
L'apparence civilisée elle-même ne parait plus avoir de sens dans ce monde. Et pourtant il va falloir se réhabituer à voir Andrew Lincoln sans sa grosse barbe et sa chevelure frisée, car la dame n'est pas la seule à se refaire une beauté maintenant que le confort est de mise (et attendez de voir les dreads de Michonne avec un uniforme de police pour voir !).
 

Question gore, cette semaine reste très sobre, avec à peine quelques morts-vivants apparaissant ici et là. Toutefois, outre un duel où Grimes père et fils se battent côte à côte sans avoir besoin de s'échanger un seul mot, nous sommes gratifiés d'un beau "déshabillage" de chair humaine, la peau d'un Walker restant entre les mains d'un survivant qui tente de le retenir pour l'empêcher de s'attaquer à un frère d'arme. Les chairs pourrissantes glissent et se retirent telle une veste, permettant au monstre d'échapper à l'emprise.
C'est mince mais, encore une fois, il y a d'autres choses à s'intéresser dans ce nouveau Walking Dead. Comme par exemple ce très bon choix de casting pour l'interprète de Deanna, Tovah Feldshuh (une actrice récurrente de la série New York, Police Judiciaire), qui est vraiment impeccable et imposante malgré sa petite taille. Un peu à la manière de la géniale Linda Hunt à qui elle me fait un peu penser.
Et puis surtout, encore, ce rapprochement énorme par rapport avec la série comics, surtout dans sa conclusion. Un final où Rick lance une tirade sentencieuse, expliquant qu'il est prêt à récupérer Alexandria pour lui-même si ses habitants ne sont pas près à changer leurs règles. Un gimmick qui vise à nous faire croire que Rick est désormais tyrannique et à deux doigts de basculer du Côté Obscure... Exactement comme les 3/4 des numéros de The Walking Dead, ce fameux running gag que j'évoquais lors de ma première chronique de cette saison ! Voilà un clin d’œil que j'attendais depuis longtemps.
 

dimanche 29 mars 2015

The Walking Dead (5.11)

Ep.5.11
The Distance


"Je sais que la saison 5 t'es pénible", me dit l'autre jour mon collègue toxique, Rigs Mordo. Et tu n'as pas idée a quel point tu as raison, petit belge ! La preuve: devant tant de médiocrité, je rechigne à faire mon travail et j'accumule le retard: trois semaines, un mois. Maintenant cinq semaines. Plus, je perds le compte. Je me suis tout bonnement tiré une balle dans le pied après avoir survécu au mid-season, en décidant de reprendre malgré tout les chroniques hebdomadaires. Avant la pause, déjà, je laissais entendre que je ne savais pas si j'allais retenter l'expérience. Dans le doute j'ai préféré au moins conclure la saison jusqu'au bout, afin de présenter une série complète de petits rapports. Peut-être aurais-je dû m'abstenir...
Ce fut honnêtement une expérience intéressante, amusante même, que de suivre régulièrement un épisode d'une série télé et d'en parler, de faire des pronostiques et de constater à quel point je pouvais avoir tort ou avoir raison, voir comment l'intrigue évolue au fil des mois. Mais après avoir achevé Constantine, et par le passé m'être déjà fait la main avec quelques shows comme Doctor Who, Hannibal, ou encore From Dusk Till Dawn, je me dis que ce n'est tout simplement pas mon créneau. Si j'avais en tête certains titres à venir dans le courant de l'année (les nouvelles saisons d'Hannibal et d'Une Nuit en Enfer par exemple), je crois que seule celle sur Evil Dead aura droit à ce traitement, vu son importance.


Quoiqu'il en soit, The Walking Dead épisode 11. Le hasard veut que, au moment exact où je me laisse aller à la procrastination et que je ne parvient plus à tenir mes délais, la série trouve le moyen d'amorcer un virage totale et de devenir... Bonne ! The Distance est le début de la renaissance et je ne parle pas simplement en terme narrative. Bien sûr il marque l'arrivée de Team Rick à la Safe Zone, leur introduction au sein d'une nouvelle communauté et donc le début de nouvelles aventures. Mais la dynamique du groupe rebondit, les rapports entre les divers protagonistes deviennent intéressant, le symbolisme lourdingue se fait beaucoup moins présent et les dialogues ne semblent plus être là pour faire du remplissage.
Mieux encore, la "logique" semble être de mise lorsque nos héros rencontrent les habitants de ce village fortifié: alors que tous espéraient atteindre Washington dans l'espoir de trouver un sanctuaire idyllique, les voilà qui réalisent qu'un tel endroit ne peut tout simplement pas exister et s'en méfient alors comme de la peste. Je m'avance (mais avec le retard, j'englobe un peu la totalité du story arc), mais il s'agit vraiment d'un pas en avant pour cette série qui tournait en rond depuis fort longtemps.
Les évènements qui se déroulent ici ne forment qu'un prologue à tout ce renouveau, mais déjà tous les éléments sont réunis ici et, pour la première fois depuis un bon moment, on se surprend à regarder avec attention ce qui se passe à l'écran.


L'intrigue reprend pile là où nous l'avions laissée, avec l'arrivée de Aaron parmi le groupe. Un étranger qui parait presque trop sympathique pour être honnête. Celui-ci prétend vouloir "recruter" chacun d'entre eux pour qu'ils fassent partie de sa communauté, un hâvre de paix qui demande tout de même une ressource principale pour continuer à exister: des êtres humains. Aaron avoue les avoir observé depuis longtemps avant de faire son choix, découvrant en eux des survivants capables de se soutenir et de s'entre-aider même dans les pires conditions, preuves qu'ils sont de "braves gens".
Mais évidemment après le Gouverneur, les cannibales et l'hôpital fasciste de Dawn, notre équipe est plus que méfiante envers cet individu et ses belles paroles. Et s'il parvient à en toucher quelques uns avec ses dires, grâce au désespoir total qui s'est installé dans le cœur de chacun, Rick sombre à la limite de la paranoïa et flaire le piège. Après avoir assommé l'inconnu, l'interrogeant ensuite sur ses motivations et le nombre de ses partenaires, celui-ci convient de simplement oublier la rencontre et ne pas l'écouter. Ses amis ne sont pas du même avis et le convainc de partir à la rencontre de l'équipier d'Aaron, qui apparemment se cache dans les parages, afin de tirer toute cette histoire au clair.


Je vais tâcher de faire court pour une fois, mais voilà un épisode bien plus rythmé et intéressant qu'on aurait pu le croire. Jusqu'ici The Walking Dead nous avait habituer à faire trainer les choses, allongeant sur trois ou quatre épisodes des séquences qui auraient pu être racontées sur un ou deux. Lorsque Aaron est capturé et questionné par Rick, tous laisse à penser qu'il va falloir au moins deux épisodes pour que les protagonistes se mettent enfin en route, puis encore un ou deux autres avant qu'ils n'atteignent leur destination, avec l'idée que la Safe Zone n'arrive qu'au season finale afin de créer le cliffhanger habituelle pour de nouvelles bases en saison 6.
Pourtant non ! Les responsables décident qu'il est grand temps de passer à autre chose et si Rick doute beaucoup des promesses d'Aaron, ce n'est que pour introduire ce qui va devenir la problématique principale dans les temps à venir: le problème de confiance, celui de ne pas réussir à s'intégrer pleinement à un autre groupe, ainsi que le sentiment qu'une communauté idéale et paisible soit impossible à trouver dans le monde tel qu'il est devenu. Du reste, The Distance montre surtout le groupe prendre la décision de croire à ce refuge et de partir en route malgré le danger potentiel qu'il représente.


C'est donc en toute fin d'épisode que Team Rick débarque aux portes de la Safe Zone, avec entre cet épilogue et les premières scènes avec Aaron une sympathique séquence d'action à base de morts-vivants. Le scénario se focalise enfin sur son histoire plutôt que de suivre chaque personnage indépendamment et de répéter en boucle leur dilemme personnel, et l'impression générale qui se dégage de The Distance est qu'il y a un véritable effort de progression.
Pour autant, il y a naturellement ici et là quelques éléments de développement des personnages avec, surtout, la méfiance de Rick. Celle-ci prend le plus de place et montre l'ancien homme de Loi devoir réviser son jugement lorsque Michonne s'oppose clairement à lui et que Daryl ne le soutient pas. On peut tout de même voir Glenn s'affirmer en homme de terrain, Abraham tenter d'avoir une discussion avec sa compagne (preuve définitive que leur couple bat de l'aile, ce qui se confirmera plus ou moins par la suite avec l'apparition d'un nouveau personnage féminin) et Aaron affiche ouvertement son homosexualité et son couple avec un autre jeune homme.
Une idée reprise directement de la bande-dessinée et gardée telle quelle, sans modification ou "atténuation" pour le petite écran. Cela peut paraître anodin de nos jours, mais rappelons que la polémique existe malgré tout ! Ici Aaron et son petit ami Eric ne sont pas représentés de façon caricaturale, ou trop appuyé, ce que l'on peut vraiment saluer.


Le personnage d'Aaron n'est pas la seule chose qui va inspirer les scénaristes pour la suite de la saison, et on peut en fait voir qu'à partir de maintenant The Walking Dead va se rapprocher énormément de sa version papier. Les modifications demeurent mais, dans les grandes lignes, il n'y a pour ainsi dire aucune prise de liberté avec le matériau d'origine. C'est quelque part assez ironique que ce show, dont le principe de base était de s'éloigner des comics, se met à fonctionner lorsqu'il revient justement à la source !
J'ignore totalement si cela est temporaire et que la narration dévira de nouveau avec la saison 6, ou si, pour les temps à venir, l'histoire principale collera à celle écrite par Kirkman avec de simples changements sans importance ici et là. L'air de rien, avec l'annonce officielle du spin-off (pas de titre mais déjà deux saisons de validées ! Faudrait peut-être attendre de voir comment le show s'en tire avant de se précipiter comme ça les mecs !) qui part du principe de suivre un groupe de survivants totalement nouveau pour des histoires résolument nouvelles, peut-être que cette réorientation subite n'est pas dû au hasard...
Je ne suis pas assez cynique pour dire qu'il s'agit là d'un aveu d'échec, mais je ne regrette absolument pas la tournure des évènements étant donné que The Walking Dead retrouve un second souffle en abandonnant ses errances ennuyeuses et en favorisant une narration déjà établie au préalable.


Enfin, comme toujours, le morceau de bravoure de la semaine réside dans ses attaques de zombies, souvent innovantes et visuellement bien troussées. Ici c'est tout le convoi Team Rick qui se retrouve dans la panade, prenant de nuit une route "non nettoyée" où pullulent les Walkers. Les véhicules se perdent de vue et le bolide de tête fonce dans une horde de cadavres ambulants, repeignant son pare-brise au point de se rendre aveugle. L'accident oblige les différents personnages à partir à pied, suivant vaguement une fusée éclairante aperçue plus tôt pour se retrouver.
Michonne essaye de retirer des morceaux de corps du capot de la voiture afin qu'elle puisse repartir, Rick tir une fusée de détresse dans la bouche d'un zombie façon Dredd 3D, et Glenn fait une fois de plus preuve de compétence lorsqu'il s'agit de s'en sortir alors qu'il est submergé de toute part. Une séquence solide et plutôt prenante car on ne sait pas vraiment si les personnages vont se réunir d'ici la fin de l'épisode et si Aaron ne va pas tout simplement les abandonner sur place pour retrouver Eric.
Il y a donc plus ici que la simple notion de gore, et la série prouve que, quand elle le veut, elle peut véritablement utiliser la tension et les relations entre les personnages à son avantage afin de montrer le danger que représente son univers. C'est en tout cas bien plus efficace que les dernières morts "choquantes" qui arrivaient comme un cheveu sur la soupe.


Cerise sur le gâteau, il y a également deux ou trois scènes "différentes" à se mettre sous la dent en cours de route: l'anecdote amusante à propos de l'enfance d'Aaron, sa mère l'obligeant à manger une certaine nourriture répugnante dans l'espoir de le rendre viril, et ses réactions lorsque Rick le force à en avaler afin de s'assurer qu'il ne s'agisse pas de poison. Les propos tendre que le personnage échange avec son petit ami après une grosse frayeur. Et surtout il y a la toute dernière séquence où les personnages se retrouvent aux portes d'Alexandria. La réalisation adopte le point de vue de Rick, alerte et ne pouvant voir ce qui se cache au-delà du portail blindé. Celui-ci est tendu et s'attend véritablement à une attaque, jusqu'à ce qu'il entende finalement le rire des enfants par-delà les murs. Un déclic s'opère en lui et il accepte alors de prendre sa fille dans ses bras et d'approcher la Safe Zone, avec en tête un possible retour vers une vie paisible...
De la mise en scène, du suspense et des moments mémorables. Depuis quand The Walking Dead n'avait pas été aussi agréable à suivre ? En tout cas The Distance fait un épisode très recommandable et même une parfaite entrée en matière pour quiconque serait intéressé pour voir la série sans se farcir les quatre saisons précédentes.

Son seul défaut est de poursuivre sur l'étrange concept de débuter les épisodes dans le silence absolu, sans musique ni bruitage, donnant là encore l'impression d'avoir un soucis audio et nous faisant monter le son pour rien...


samedi 21 mars 2015

Trésor d'un Autre Temps


Aujourd'hui je suis allé faire les courses. Non pas les courses "nécessaires" mais les courses "pour se faire plaisir". Chose que je n'ai pas fait depuis un bon moment, ayant été dans de sacrés problèmes banquiers depuis fin 2013 en raison d'une certaine personne.

Aujourd'hui, ces soucis sont pratiquement derrière moi pour de bon et j'ai décidé de craquer pour un petit quelque chose. Alors que je cherchais une babiole pour un anniversaire dans un célèbre magasin de BD de Tours, mes yeux se sont posés sur une petite pile qui, pour moi, représente une véritable mine d'or (et pour les vendeurs également, à en voir les étiquettes !).

Et pour la première fois depuis super longtemps, j'ai dépensé sans compter. Comprendre par là que, après un bref aperçu des prix, j'ai attrapé la pile et j'ai couru jusqu'à la caisse avant qu'un hypothétique amateur du ciné Bis et d'Horreur n'entre dans le magasin et ne me dispute le trésor.

Ce sont les Mad Movies #26 à 29, 34 à 36 et 44 à 47.
Et pour ne pas faire de jaloux, les Écran Fantastique #13, 16 et 34 à 36.


Alors que, pour les raisons pré-cités, je n'ai pas ouvert un Mad Movies depuis Janvier 2014, et que de ma vie je n'ai pu trouver que deux petits Écran (en 1997/1998, merci à ma toute petite ville natale), voilà qui va me permettre de retrouver un peu cet univers de la publication si particulier qui m'a bercé depuis mes 12 ans.

Ironique peut-être aussi, vu les discussions actuelles sur le devenir de ces magazines, sur leurs changements d'orientation, sur le lectorat incertain et les dessous de scène. Autant de choses qui ne me font pas du tout revenir vers la période moderne de ces géants (et à vrai dire, j'ai essayé: impossible de les trouver en kiosque ! Et sans rire ! La distribution rencontrerait-elle aussi ses problèmes ?), mais qui disparaissent aussitôt de mon esprit dès que je tombe sur ces vieux numéros.


dimanche 15 mars 2015

The Walking Dead (5.10)

Ep.5.10
Them

"We are the Walking Dead."


La reprise du mid-season n'était guère palpitante et ce nouvel épisode poursuit sur cette lancée. En fait il trouve le moyen de faire encore pire, n'ayant pas la moindre chose intéressante à raconter et continuant de nous assommer d'images symboliques et de métaphores grossières. Pire, on tombe à la limite du surnaturel avec un Deus Ex Machina invraisemblable, hors sujet pour une série jusqu'ici ancrée dans le réalisme, et qui n'est là que pour souligner au gros marqueur le message d'espoir du scénariste: en gros, même dans les pires moments, il faut toujours avoir la Foi. Une thématique religieuse qui se ressent douloureusement sur ces quarante minutes et qui va faire rouler des yeux n'importe quel spectateur qui à un minimum les pieds bien sur terre.
Démographiquement parlant, j'imagine qu'il faut au moins un épisode de ce style par saison, afin de rester les valeurs sacro-saintes américaines et de s'assurer l'emprise sur une large audience. Au moins la mise en scène à l'intelligence de ne pas en rajouter avec des effets de styles "artistiques" et prétentieux, c'est toujours ça de gagné. Mais le message reste d'une lourdeur et d'une grossièreté étonnante ! Encore une fois, c'est bien la dernière chose que dont la série à besoin à ce niveau là. Si, après cinq ans, il faut évidemment renouvellement le sujet et traiter les choses différemment pour ne pas sombrer dans la routine, je doute que partir sur un traitement pompeux et spirituel soit la solution. Et pour dire la vérité, ce procédé risque vite s’essouffler et de rendre encore plus visible les défauts propres à la série...


Dans Them, il ne se passe littéralement rien. Tout aurait pu être condensé et combiné avec l'épisode suivant, mais le showrunner voulait probablement créer un effet de suspense avec l'arrivé d'un nouveau personnage à la toute fin de l'épisode. En fait son but est simplement là pour faire passer Team Rick d'une situation (le désespoir, la fatigue) à une autre (la chance d'une nouvelle vie et d'un futur), sorte de transition qui ne se fait pas, pour la simple et bonne raison qu'il reste encore plusieurs épisode à cette saison. L'arrivée de nos héros à la Safe-Zone d'Alexandria va se faire sur encore deux semaines, puis il faut narrer le temps d'adaptation. Autant d'éléments qui vont nous transporter jusqu'au dernier épisode, et qui ne vont pas tous se mettre en place immédiatement.
Du coup il paraît vain de nous montrer encore une fois la détresse du petit groupe. Nous savons déjà que Maggie est traumatisée par la perte de Beth, que le couple Abraham / Rosita bat de l'aile, que Sasha est totalement perdue et que Daryl culpabilise. Pour autant, il va falloir supporter encore tout cela sans la moindre avancée, preuve que l'épisode de cette semaine n'est qu'un filler sans véritable intérêt. Le plus perturbant vient peut-être de cette idée de ne pratiquement pas utiliser de musique, ni de sons d'ambiance, ce qui nous vaut de longues séquences totalement silencieuses lorsque les protagonistes marchent dans la forêt sans se parler. Dans le doute, on en vient même à hausser le son de la télé, au cas où.


L'intrigue reprend cette idée stupide de partir en direction de Washington, juste au cas où, peut-être, il y aurait un "espoir" d'y trouver du monde ou quelque chose. Quand bien même nos héros sont passés par tout un tas de groupes corrompus ces derniers temps et qu'ils devraient être extrêmement méfiant (ce qui va justement jouer un rôle l'épisode prochain), aucun d'entre eux ne semble préoccupé par le fait que pénétrer dans une ville aussi grande est un danger énorme vu le nombre de zombies qui doivent y traîner. Mais passons.
Team Rick se retrouve à cours d'essence, de vivres et d'eau, et chacun fouille les parages sans grand succès. Épuisés tant physiquement que moralement, les membres de l'équipe se laissent vite submerger par les Walkers environnant et doivent utiliser leurs dernières forces et ressourcent pour se débarrasser du surplus. Plus dangereux, des tensions commencent à apparaître entre certains et le groupe pourrait bien voler en éclat si ça continue comme ça...
Heureusement, trois faits d'importance vont permettre aux personnages de se reprendre. La première c'est l'apparition d'une réserve d'eau sur leur chemin, délivrée par un inconnu qui, dans un message, se présente comme un ami. Méfiant, ils refusent le cadeau. Ensuite arrive une tempête, une bonne nouvelle a priori puisque cela leur permet de récupérer l'eau de pluie. Seulement il s'agit ouragan très dangereux qui va les forcer à trouver un abris et de tenir la place alors qu'une horde de morts-vivants les y rejoints. Enfin débarque un mystérieux randonneur, lequel connait leurs noms et désire parlementer avec eux...


Trois moments "forts" qui permettent à l'action de progresser, et entre lesquelles ont se fait gentiment chier. En fait je ne sais pas ce qu'il y a de pire entre les longs passages où personne ne fait rien (Abraham sirote sa binouze, Maggie pleure dans son coin, Daryl mange des vers de terre et tout le monde traine des pieds) et ceux où les personnages interagissent de manière franchement puérile et / ou prévisible. Il y a par exemple une certaine redondance avec le comportement de Maggie et Sasha, de femmes fortes mais bouleversées par la perte récente d'un parent, la première se laissant aller au chagrin et la seconde au désespoir. Et naturellement la fin de l'épisode montre les deux se réunir pour avoir une petite conversation et montrer qu'elles surmontent leur tristesse grâce au reste du groupe.
Il y a Daryl qui a "perdu quelque chose" avec la mort de Beth et qui intériorise ses sentiments, quand bien même Carol et Rick l'enjoignent de se laisser aller. Évidemment celui-ci préfère s'isoler pour aller pleurer dans un coin, comme pour nous montrer que derrière la façade, il  y a un cœur. Lorsque Carol lui répète ses propres mots, "nous ne sommes pas morts", celui-ci va évidemment les répéter un peu plus tard au reste du groupe, parvenant lui aussi à surmonter sa tristesse et se considérer comme un survivant.
Et puis il y a les confrontations thématiques, d'une simplicité à faire pleurer. Maggie était la fille d'un homme de Foi, aussi se retrouve t-elle à converser avec le prêtre: puisque celui-ci croit encore en Dieu, la jeune femme réplique que ce n'est plus son cas et s'oppose immédiatement à ses paroles. Pareillement, Sasha sombre dans une rage quasi suicidaire et tape sur les nerds de Michonne, qui elle souhaite survivre et considère cette réaction comme totalement idiote.


Bref, autant de chose qui aurait pu fonctionner sur la première ou seconde saison, mais qui désormais font tâches. On nous rabâche les émotions et souffrances des personnages, qui se répètent en boucle et obéissent à une structure thématique ultra éculée, laborieuse. On sait déjà tout ça, on sait où ils veulent en venir et comment les choses vont s'arranger en fonction des situations. Les responsables du show, eux, ne voient visiblement pas le problème et cherchent par tous les moyens à avoir l'air intéressants, voir quasiment philosophes.
Il y a, par exemple, tout ce symbole autour d'une petite boite à musique, un jouet cassé donné à Maggie par Carl. L'objet représente le groupe, "bloqué" de l'intérieur (le mécanisme est grippé, les héros sont paralysés par leurs problèmes psychologiques) jusqu'à ce qu'une personne arrive pour arranger l'affaire (Daryl nettoie le jouet, l'inconnu à la fin de l'épisode vient leur indiquer un possible refuge). L'épisode se conclut alors par l'arrivée d'une "bonne nouvelle" avec un nouveau survivant, qui va les enjoindre à trouver refuge à Alexandria: la boite à musique se met subitement à jouer sa petite mélodie, comme pour signifier la lumière au bout du tunnel.
Déjà pas très fin, le procédé est encore plus caricatural lorsqu'il touche à la religion et au personnage du prêtre. Vexé par les paroles de Maggie qui le renvoi à son manque de responsabilité vis-à-vis de ses ouailles, et donc de son propre manque de Foi, celui-ci décide de brûler son col blanc par dépit. Il sombre, réalise que c'en est fini de l'ancien monde et que son rôle de confesseur n'a plus aucun sens. Quelques heures plus tard, lorsque l'orage éclate et que Team Rick peut retrouver l'eau précieuse qui lui manquait, il fond en larme et s'excuse auprès de son Dieu, comme s'il n'aurait jamais dû douter. Quant à Maggie, la scénariste s'amuse à lui faire croiser une Bible sur son chemin, comme pour bien lui renvoyer à la figure ce qu'elle est réellement, malgré ses paroles.


Et si ce n'était que ça ! L'épisode pète un câble et transforme ce qui aurait dû être son moment fort en une véritable farce. Dans une séquence qui évoque fortement l'assaut final de L'Enfer des Zombies, nos héros se retrouvent prisonniers d'une petite grange et doivent soutenir les portes branlantes contre une horde de morts-vivants qui s'amassent de l'autre côté. Le tout en pleine tempête. Les protagonistes dérapent dans la boue tandis que l'obscurité, les éclairs laissent entrevoir un grand nombre d'assaillant et la configuration des lieux empêchent qui que ce soit d'élaborer une stratégie. Autant dire que la tension est à son comble et qu'on s'intéresse enfin à ce qui se passe devant l'écran !
Aussitôt, coupure publicitaire. Lorsque l'émission reprend, les personnages sont pour ainsi dire tous endormis alors qu'un doux soleil pointe le bout de son nez. Tout ceci n'était qu'un rêve ? Même pas ! Il faut croire que, durant l'ellipse temporelle, nos héros ont réussis à tenir la place et à partir se coucher après que la tempête se soit calmée. Le bon sens nous fait présumer qu'ils ont, entre temps, exterminés les Walkers d'une façon ou d'une autre, mais... Non. Leur première réaction au réveil et de faire un tour prudent dehors, arme à la main, pour vérifier les environs. Ce qui signifie qu'ils ont bien baissés leur garde sans la moindre inquiétude après l'épreuve de la tempête. Incroyable.
Heureusement Mère Nature à fait le ménage et à littéralement décimé les rangs des zombies, dévastant la forêt au passage. Des séquoias géants sont déracinés, arrachés, un zombie se retrouve empalé sur une branche à des mètres de hauteurs. La petite grange ? Pas une rayure. "It should have torn us appart" déclare quelqu'un, conscient de l'invraisemblance de la situation. Moralité ? Il ne faut toujours croire en Dieu et au petit Jésus !


La séquence devait probablement, à l'origine, montrer que malgré les hauts et les bas, Team Rick restent unis face à l'adversité et veille sur chacun de ses membres, comme une vraie famille. L'argument n°1 du recruteur d'Alexandria pour leur proposer de venir vivre chez les siens, où ils seront à l'abri. Au final le résultat s’apparente plus à un gros doigt d'honneur pour tout ceux qui voyaient en The Walking Dead une série ultra réaliste concernant l'idée d'une Apocalypse zombie. Comment, désormais, ne pas s'attendre à une intervention divine chaque fois que les héros seront en danger ?
Bref, le show est au plus bas et va devoir faire fort pour se surpasser dans la nullité. La raison pour laquelle cette chronique a près d'un mois de retard vient en partie du fait que je ne pouvais me résoudre à écrire sur le sujet sans m'arracher les cheveux, me forçant à repousser toujours plus loin l'inévitable. Cela me permet quand même de voir les autres épisodes et de constater que, miracle, les choses changent et deviennent plus agréable à suivre. La réalité rattrape la fiction et peut-être n'aurais-je pas dû douter d'un miracle permettant de redonner un second souffle à la série. Hallelujah.
Et puisque j'en suis à ne plus trop dire du mal de la série, pourquoi ne pas évoquer les quelques bonnes choses qui trainent ici et là dans l'épisode ? Car malgré tout (c'est-à-dire vraiment tout), quelques passages retiennent l'attention. Il y a la découverte macabre dans un coffre de voiture, zombie ligotée, peut-être victime d'un kidnapping avant que la Fin du Monde ne viennent mettre fin à ses jours. Cette bande de chiens errants, affamés, qui surprend nos héros durant un moment de faiblesse, avant de se faire abattre sans sommation par Sasha, et d'être utilisé comme nourriture...


Quelques fossés au bord d'un chemin permettent d'élaborer tout une tactique pour se débarrasser des Walkers en économisant des forces. Daryl retient un mort-vivant par les cheveux, lequel s'échappe lorsque son scalp s'arrache, et un autre montre une certaine ressemblance à la version Deadite de Bruce Campbell dans Evil Dead 2 (pour lequel KNB s'était occupé des effets spéciaux). Mais le meilleur c'est un simple plan. Celui de nos héros, épuisés, marchant lentement au beau milieu de la route sans même faire attention aux zombies de plus en plus nombreux qui se profilent derrière eux. Tous avancent lentement, sans énergie, et voilà qui représente parfaitement le propos du comic-book original. Sans un mot, avec subtilité, cette image illustre la célèbre réplique de Rick: "We are the Walking Dead".
Beaucoup plus en tout cas que cette séquence qui intervient plus tard, et où la scénariste ose l'utiliser en dépit du bon sens. Elle transforme ce qui était un cri du cœur, un coup de colère et un constat amer, en une simple petite anecdote sans intérêt et aussitôt démentie par Rick et les siens. Dans le Walking Dead papier, le héros hurlait à la face du monde que l'humanité s'était transformée et que les survivants n'étaient que des morts en sursis. Ici, il raconte très calmement comment son grand-père soldat ne se sentait plus véritablement "vivant" après être revenu de la guerre, car incapable de se réadapter à une vie normale. La seconde d'après, devant le regard terrifié de ses amis, il tient à les rassurer. "Nous ne sommes pas morts" déclare t-il à Daryl, comme pour lui rappeler que la vie et l'espoir en valent encore la peine.

La comparaison parle d'elle-même, et je n'ai rien d'autre à ajouter.


dimanche 1 mars 2015

[Ciné] Birdman, ou la Surprenante Vertu de l'Ignorance


Birdman, ou la Surprenante Vertu de l'Ignorance
Birdman, or the Unexpected Virtue of Ignorance (2014)
Les Cinémas Studio, Tours (37)