samedi 28 février 2015

Natasha, Ghost Charmer


Voici juste une planche de croquis, fait au crayon de papier, pour poser quelques idées parce que je n'arrive jamais totalement à me débarrasser des histoires et images qui rôdent dans mon cerveau. Ici Natasha, notre héroïne habituelle, dans un nouveau rôle et une tenue sensiblement différente, quoique tournant toujours autour des mêmes inspirations. Un look qui évoque ses racines de danseuse du ventre, un peu Tribal, un peu Orientale, et des nouvelles lames courbées qui sont liées à l'Art du Feu, dont l'aspect est censé rappeler des flammes ondulantes.


Les vêtements ne changent finalement pas vraiment de ce que j'ai toujours imaginé pour elle, avec un bas assez chargé (pantalon + grosses bottes + genouillères + pagne / foulard et autres décorations pendouillantes) et un haut au contraire beaucoup plus léger, ici l'habituel petit top et des lanières de cuirs couvrant les avants-bras.

Le soutien-gorge / brassière de sport / top Tribal est doté de bretelles croisées dans le dos, pour une meilleure tenue, ne pas gêner les mouvements et parce que cela est toujours plus esthétique ; et Natasha porte un ras du cou qui forme visuellement une sorte de sangle supplémentaire lorsqu'on la regarde dos. Pour cela il est nécessaire qu'elle se coiffe, les cheveux libre cachant la vue, mais je n'ai pas encore cherché ce qui pourrait convenir.


Peu de bijoux pour des raisons de praticité mais c'était pourtant nécessaire pour le côté Tribal et danse. Notre Charmeuse de Fantômes porte un collier en or serti d'une pierre de sang, probablement la même que possédait sa mère autrefois (j'ai en fait totalement oublié ce que je voulais faire ici), ainsi qu'une chaine de ventre dont le pendentif est un croissant de lune couché sur le dos, soulignant son petit nombril. Pour le coup, celui-ci est vraiment quelque chose qui appartenait à Alice et que sa fille a repris à son compte.


Enfin les épées, deux lames torsadées et finement décorée. Elles ont été inspirées par différents styles d'armes, comme lames-serpents, mais j'ai ici totalement repris les Cutlaseer de Lucia dans le mal-aimé Devil May Cry 2. Toutes en courbes, elles m'évoquent tant les mouvements de la danse que ceux du feu et correspondent parfaitement à la nouvelle Natasha, remplaçant ses doubles-lames de bras qu'elle possédait jusque là.


vendredi 27 février 2015

The Chicken Run – A Texas Chainsaw Massacre Short Film (2015)


The Chicken Run
A Texas Chainsaw Massacre Short Film
(2015)


Lorsque The Chicken Run a été mis en ligne au tout début du mois, puis relayé par le site Fangoria afin d'attirer l'attention du public, j'ai pu lire pas mal de réactions très négatives dans les commentaires des différentes plateforme. Non pas à propos du film lui-même, que la plupart n'avaient même pas regardé, mais parce que l'annonce présentait la chose comme un court-métrage basé sur le grand classique de Tobe Hooper, le Massacre à la Tronçonneuse original. Clairement, après cette abomination qu'était Texas Chainsaw 3D, plus personne ne veut d'un nouveau film sur la franchise. Plus personne ne supporte la simple idée d'un nouvel opus et encore moins lorsque celui-ci se déclare directement lié au film culte de 1974. C'est totalement compréhensible mais les pauvres ne sont pas au bout de leurs peines, car se profile déjà à l'horizon un nouvel opus, préquelle narrant les origines de Leatherface...
Il faut dire que ce n'est pas vraiment malin de la part de Fangoria et du réalisateur de vendre la chose comme un film "viscéral" et dans la même veine que le film de Hooper. Les propos paraissent évidemment mensongers et racoleurs, de la même manière que la campagne publicitaire du dernier navet de la franchise, qui évoquait une "véritable suite de Massacre à la Tronçonneuse" pour attirer les foules. Et effectivement, The Chicken Run est à des milliers d'années-lumière de son modèle, dont l'atmosphère étouffante est de toute manière impossible à réitérer. Rien que le poster trahit l'aspect rudimentaire du projet, en affichant un Leatherface très propre sur lui et pas vraiment convainquant.


Il faut toutefois remettre les choses dans leur contexte. The Chicken Run n'a en fait rien d'un rajout officiel à la saga, et pour cause: il s'agit d'un simple fanfilm. Le court-métrage n'a donc pas plus de légitimité envers Massacre à la Tronçonneuse que J's Night n'en avait avec Vendredi 13 par exemple, et la seule chose qui le différencie sensiblement des nombreuses vidéos similaires trouvables sur YouTube tient de son réalisateur. Celui-ci, Gary J. Tunnicliffe, n'a rien d'un inconnu puisqu'il n'est autre que l'homme derrière le fameux No More Souls: One Last Slice of Sensation. Pour ceux qui ignore de quoi je parle, il s'agit d'une courte vidéo inspirée de l'univers de Hellraiser et montrant un Pinhead vieillissant, sans but car la civilisation humaine a finalement été détruite. Ne trouvant plus aucune joie dans son existence, il décide alors d'utiliser la Configuration des Lamentations sur lui-même afin de ressentir quelques sensations pour une toute dernière fois. Le film avait fait sensation au point d'être récupéré par Dimension Films pour l'inclure sur le DVD de Hellraiser: Deader.
Il faut dire que le bonhomme n'a rien d'un inconnu sur la scène du cinéma d'horreur puisqu'il est un artisan des effets spéciaux de longue date, maquilleur récurrent sur de nombreuses franchises. On le retrouve aussi bien sur des Hellraiser, des Candyman, des Pumpkinhead ou des Return of the Living Dead, et tellement d'autres qu'on ne va pas tous les nommer. Il est également responsable d'un clone d'Alien pas génial mais amusant (Within the Rock, dont le gimmick est de mélanger un peu de l'Armageddon de Michael Bay dans son histoire). Il était forcément tout désigné pour porter le projet qui, à l'origine, était une simple... publicité !


Il faut remonter un peu plus tôt en 2014, date anniversaire de Massacre à la Tronçonneuse. Un évènement et une source d'inspiration pour beaucoup, et c'est ainsi qu'un célèbre casino de Las Vegas, le Circus Circus, en profite pour créer sa nouvelle attraction. L'établissement est connu pour posséder son propre parc de loisirs, le Adventuredome, qui depuis plus de dix ans fête chaque Halloween en devenant le Fright Dome. L'endroit est évidemment modifié afin de correspondre à la thématique et devient un repaire de zombies, monstres et psychopathes de carnaval venant effrayer les touristes dans des décors de trains fantômes à grand budget. Il s'agit d'une des plus importantes attractions de la saison dans le pays, et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les responsables ont voulu profiter de la célébration annuelle pour l'occasion.
Tunnicliffe et une petite équipe de vidéastes sont alors réunis afin de tourner une vidéo promotionnelle qui, par la force des choses, va devenir The Chicken Run. Le budget est infime et le calendrier de tournage (qui, de façon symbolique, se déroule au mois d'août, même date à laquelle se déroulaient les évènements de Massacre à la Tronçonneuse) ne laisse guère de marge pour filmer autre chose qu'une seule et unique scène, avec un casting minimaliste et un décor unique. Le réalisateur doit même délaisser les effets spéciaux et le maquillage, qui sont prit en charge par un collègue et ami de longue date, Mike J. Regan (dont le CV équivaut approximativement à celui de Tunnicliffe). Autant dire que nous sommes très loin d'un court-métrage de grande envergure conçu pour la franchise.


Et pourtant le résultat semble avoir plu. Suffisamment pour le sortir des limbes de l'après Halloween et le baptiser "A Texas Chainsaw Massacre Short Film" pour le distancier de l'évènement Fright Dome. Alors certes au final cela reste une tentative d'exploitation très profiteuse et commerciale, et les commentaires désobligeant qui fleurissent sont dans le vrai, mais nous il s'agit d'un contexte radicalement différent de la production d'un long-métrage pour une sortie en salle. Si l'information avait été un peu mieux retransmise plutôt que jouer sur le côté "inspiré directement du film culte original", peut-être que les réactions auraient été un peu moins excessives.
Cela étant dit, ce n'est pas pour autant que la vidéo est une réussite. L'origine publicitaire se ressent très fortement et il est tout simplement impossible de s'intéresser à ce qui se passe à l'écran. Même le côté fanfilm disparaît car on ne sent pas particulièrement de volonté de jouer avec l'univers. Forcément, en un jour de tournage et pour une durée totale de 4 minutes le contraire aurait été surprenant, mais il est permis de se sentir déçu par le manque flagrant de substance de l'ensemble.
La fiction ne dure en réalité que 2 minutes 45 et il faut compter sur un générique excessivement long qui présente toute la troupe derrière la caméra. L'intrigue, ou plutôt les éléments présents dans la séquence, tiennent sur un demi-timbre poste: Crissy, une jeune femme à gros seins, se réveille dans un pièce étrange sans comprendre ce qu'elle fait là. Ses poignets sont liés et elle découvre son frère Bobby (merci au site du film pour cette précision) agonisant, empalé sur un croc de boucher. La seule sortie est une énorme porte en métal, mais celle-ci s'ouvre pour laisser apparaître le colossal Leatherface, armé de sa tronçonneuse et venu finir son travail...


La seule chose visible dans The Chicken Run est la tentative d'évasion de Crissy, laquelle est prisonnière d'une pièce exiguë et sans aucun moyen de défense. Et puisqu'il aurait été vite lassant de voir la jeune femme bondir d'un coin à un autre de l'endroit, le scénario utilise assez habilement la présence d'un clapier à poules, sorte de tunnel qui mène vers une basse-cours extérieur et dans lequel se réfugie l'héroïne pour échapper aux coups de tronçonneuse . Il est difficile de croire que Leatherface ne puisse pas détruire facilement la construction faite de planchettes et d'un grillage d'enclos, mais il fallait bien une excuse pour créer le suspense et faire durer le film un peu plus de 30 secondes.
Et c'est tout ce qu'il y a à en dire, sincèrement. Au-delà de l'aspect Survival, le court-métrage n'a absolument pas le temps de construire quoique ce soit d'autre et tout se termine dès que la jeune femme parvient à s'extraire de son terrier. On ne peut même pas vraiment parler d'acting étant donné que Leatherface n'a rien à faire si ce n'est brandir son outil et que Crissy se contente de pleurer et de hurler. Ce n'est pas mauvais, mais il n'y a vraiment aucun critère de jugement possible.
Quant à l'exécution, elle est loin d'être mauvaise mais le tournage précipité et le manque de budget ne permet pas de rendre la scène aussi tendue qu'elle devrait l'être. La chorégraphie de l'ensemble est peu discernable puisque le montage saute de gros plans en plans serrés, cependant le tout reste correctement emballé et sans shaky cam ou effets visuels à la mode qui pourrait rendre tout ça proprement indiscernable. Autant le dire, la mise en scène est véritablement du niveau d'une publicité. Techniquement acceptable, sans plus.


Par contre pour le côté visuel "hérité" du Massacre à la Tronçonneuse original, on repassera. Si le court fait l'effort d'avoir l'air un minimum ancien par rapport au dernier essai cinéma, on se rapproche ici beaucoup plus du remake de Platinum Dunes que des images granuleuses de Tobe Hooper. La qualité vidéo est artificiellement rabaissée à l'aide de filtres vidéos comme dans Planet Terror (couleurs délavées, griffures sur l'image) et Crissy porte une tenue volontairement calquée sur celle de Jessica Biel, avec débardeur retroussé au niveau du ventre et mini short moulant, qui est loin d'évoquer le réalisme du film de 1974 et lui donne une allure plus proche de la série B.
Le fanfilm peine également à retrouver toute la folie qui émanait de son modèle et la pièce d’abattoir fait désespérément vide. Très peu de constructions et objets fait d'ossements, de matériel de boucherie et autres éléments de "décoration" si chers aux Sawyers. L'endroit demeure factice et, en fait, ne donne pas une image tellement impressionnante du Fright Dome. Tout au plus peut-on apercevoir quelques tréteaux sanguinolents et un ou deux squelettes suspendus au plafond, recyclés en abat-jours. Au moins la maison utilisée pour le plan extérieur d'introduction apparaît bien décrépie et lugubre, s'inscrivant pour le coup dans la lignée de celle du film culte.
Quelques clins d’œils à noter toutefois, comme Bobby apparaissant empalé sur le croc de boucher et Leatherface ouvrant la porte coulissante derrière laquelle il se cache, deux passages évidemment reprit aux moments qui comptent parmi les plus mémorables de Massacre à la Tronçonneuse.


Quant à Leatherface, que l'on n'aperçoit finalement que très peu, il apparaît exactement comme sur le poster. Trop propre, trop proche d'une imitation. Il n'est pas abominable mais je reste persuadé que l'on peut trouver bon nombre de cosplay bien plus réussi pour tout aussi peu d'argent. Au moins le comédien qui l'incarne possède la carrure nécessaire et le même côté "empâté" que Gunnar Hansen pour que l'on n'y fasse pas trop attention. Et pour l'anecdote, celui-ci n'est autre que Dave Mattey, qui avait incarné le Toxic Avenger et son double maléfique dans le génial quatrième volet de la saga, Citizen Toxie.
A ses côtés la frêle Melanie Lastrina paraît bien vulnérable, mais j'insiste encore une fois sur la taille impressionnante de sa poitrine qui vient vulgariser un peu l'ensemble. L'actrice aurait été plus sa place dans un fanfilm sur l'univers de Russ Meyer que sur celui de la famille cannibale ! Toutefois ne soyons pas mauvaise langue car le duo s'acquitte très bien de la tâche qui lui est confié et ne détonne pas du reste de l'entreprise.
Au moins The Chicken Run reste consistant d'un bout à l'autre de son projet, et on peut résumer le court-métrage par simple déclaration: passable et aurait pu mieux faire. Critique aussitôt désamorcée par l'origine publicitaire du projet et le fait que l'équipe n'avait qu'une seule journée pour emballer le tout. En l'état, c'est presque un miracle que la vidéo ait pu être recyclée et avoir sa propre vie au-delà du parc d'attraction.
Il existe évidemment de nombreux fanfilms basés sur Massacre à la Tronçonneuse trouvable sur la toile, et à n'en pas douter plusieurs d'entres eux doivent être supérieur à The Chicken Run. A vrai dire, même le sketch vidéo du Angry Video Game Nerd parait plus réussi, si ce n'était pour son ton ouvertement comique ! Pour autant, il ne s'agit absolument pas d'une perte de temps. Avec une durée d'à peine plus de deux minutes et une disponibilité en ligne gratuite, ce court-métrage mérite vraiment qu'on lui accorde un petit coup d'oeil. Ce n'est pas grand chose mais c'est toujours plus digne de votre attention que Texas Chainsaw 3D. De plus les créateurs ont eu le bon goût de dédier leur travail à Marilyn Burns, hélas décédée durant le mois du tournage, ce qui passe toujours mieux que le caméo peu flatteur sur lequel elle a pratiquement terminée sa carrière...



GALERIE


jeudi 26 février 2015

The Walking Dead (5.09)

Ep.5.09
What Happened and What's Going On


A la pause du mid-season, j'ignorais totalement si j'allais reprendre ma série de chroniques hebdomadaire en raison du schéma répétitif dans lequel s'enlisent rapidement celles-ci. Car d'épisodes en épisodes, de saisons en saisons, The Walking Dead n'avance pas d'un poil et s'expose toujours aux mêmes critiques. Je ne parle pas nécessairement de narration, encore qu'on pourrait résumer l'intrigue en une succession de péripéties très similaires les unes aux autres, mais bien de conception en général. Qu'il s'agisse du casting, de la réalisation ou de l'écriture, c'est toujours la même rengaine, on alterne entre le catastrophique et le tout juste passable avec, parfois, une ou deux exceptions qui viennent raviver l'intérêt et nous faire croire que le show va enfin devenir intéressant, surprenant, osé...
Peine perdu, on est là encore face à une histoire peu prenante, molle, extrêmement prévisible et dépourvue de la moindre subtilité. Vous savez, The Walking Dead en est arrivé à un point où il n'y a plus qu'une chose qui provoque l'effet chez le spectateur: la disparition subite et violente d'un protagoniste. Ce qui était autrefois, dans la version comics, une manière réaliste de décrire un univers où n'importe qui peut mourir, est depuis longtemps devenu un gimmick visant à secouer le public et faire parler de la série (série télé j'entends) quand bien même l'épisode en lui-même serait extrêmement banal. Cela devient une habitude et, à force, il devient même très facile de savoir quand et à qui cela va arriver.
Dès qu'un personnage autre que Rick et son fils, et les deux favoris (Michonne et Daryl) se voit subitement être le centre de l'attention, vous pouvez être sûr que celui-ci va mourir en cours d'épisode. Surtout si un nouveau protagoniste a été introduit peu avant. L'exemple le plus flagrant restera probablement celui de T-Dog (si quelqu'un se souvient encore de lui), et il va sans dire que cela pendait au nez de celui qui subit ici ce triste sort.


Car oui, quoi de mieux pour reprendre la saison en beauté que supprimer un nouveau membre du casting régulier ? Une stratégie imparable après la pause de mid-season, afin de secouer l'audience et s'assurer du bouche à oreille. Et tant pis pour ceux qui découvriront la série après-coup en DVD, et qui auront l'impression de revoir quasiment les mêmes épisodes l'un derrière l'autre avec la mort "totalement inattendue" d'un des membres de Team Rick.
Le plus amusant c'est que dans cet épisode la réalisation se vautre dans le ridicule en essayant de nous surprendre. What Happened and What's Going On tente une approche différente de d'habitude, un effet de style limite expérimental,  pour nous tromper, jouer avec ce que l'on voit à l'écran et mieux le montrer sous un jour différent à la fin de l'épisode. Nul doute que les responsables pensaient avoir là une astuce intelligente, originale, du genre à provoquer une réaction de surprise chez le spectateur. Et malheureusement non seulement c'est raté, mais c'est franchement pathétique. L'impression de répétition n'en ressort que d'autant plus et l'idée de manipulation des images est trop ambitieuse compte-tenu de la qualité plus que moyenne de la série. Désolé monsieur Nicotero, c'est un échec.
Oh, je suis certains que beaucoup trouveront la chose bien amenée, qu'ils parleront de réflexions ou de développement à propos du protagoniste central. Après tout, quand on voit comment un "film" comme The Battery est encensé alors qu'il ne montre que du vide, The Walking Dead en comparaison c'est Romero au sommet de son art. Mais en fait non. Ce sont les mêmes ficèles grossières que les créateurs ne savent même plus comment camoufler, jouant sur le montage pour faire illusion. C'est ridicule et ça n'aide vraiment pas la série à ce stade.


L'intrigue se déroule juste après les évènements tragiques du mid-season finale. La première chose qui nous est montré est un enterrement et nos pensées viennent évidemment nous rappeler le sort tragique de Beth, d'autant qu'un plan insiste pour nous montrer sa sœur Maggie en larmes, complètement détruite par ce qui est arrivé. Normal et la vie continue, aussi voyons-nous une petite troupe se mettre en route pour retrouver la famille de Noah, le nouveau venu.
Le jeune homme est accompagné de Rick, Daryl, Michonne, Glen et... Tyreese. Et immédiatement, on sait. On comprend. Noah ne peut pas disparaître car il vient d'arriver, Michonne, Daryl et évidemment Rick sont hors jeu et Glen est le seul du lot à avoir un couple "légitime" dans la série, ce qui est bon pour les scénaristes. Ne reste donc plus que ce gros patapouf à qui on a jamais rien donné à faire. Tyreese le nounours, qui a toujours été une déception dans son traitement et jamais particulièrement intéressant à suivre.
C'est probablement parce que le scénario insiste sur ses discussions avec Noah, où il tente de remonter le moral du garçon, de créer des liens, ou c'est peut-être parce que la caméra s'attarde sur le personnage lors de scènes de marche dans la nature. Lorsque l'équipe croise un squelette sur leur chemin, personne n'y fait attention sauf lui. Oui, donc. Immédiatement, on sait.
L'intrigue emmène tout ce petit monde vers le refuge où est censé habiter la communauté de Noah, qui pourrait éventuellement être le nouveau point de chute de notre groupe, sans abris depuis un bon moment maintenant. Hélas c'est trop tard, l'endroit a été totalement décimé par les Walkers et il ne reste aucun survivant. Mais parce qu'ils veulent être sûr, parce que Noah doit faire son deuil, les survivants s'introduisent plus loin dans les ruines et commencent leur exploration...


Dire qu'il ne se passe strictement rien et que l'épisode semble inutile est un euphémisme. Si tôt arrivé sur place, Team Rick s'expose à des risques qui n'en valent pas la peine, mais décide sans véritable raison à fouiller les parages. Pour récupérer quelques objets probablement, encore qu'en-dehors d'un maillot de baseball dédicacé il n'y visiblement rien à retenir de ce petit village. Tout ce qui se déroule ici aurait pu être évité si les protagonistes avaient décidés de faire aussitôt demi-tours, où tout simplement de ne pas se séparer en deux groupes inégaux. D'un côté Rick, Glen, Michonne et Daryl, soit les quatre qui ont le plus de ressources et de talents, de l'autre un Noah totalement perturbé et Tyreese qui tente vaguement de le reprendre. Mais sans trop insister.
Lorsque ces deux là se décident à visiter la maison d'enfance du jeune homme, vous pouvez être sûr qu'ils vont au-devant de gros emmerdes. Le plus jeune est vite mis à l'écart lorsqu'il découvre le corps de sa mère, réalisant alors qu'il a tout perdu et se laissant aller au chagrin. Inutile de voir ça apparemment, ce genre d'émotion ferait répétition avec ce qui c'est passé récemment. Du moins je suppose que c'était la note d'intention, car je ne trouve aucune autre explication pour la suppression d'une telle séquence émotionnelle.
Par contre filmer Tyreese déambuler sans but dans les couloirs, et se figer sans raisons devant des photos de famille, apparemment voilà la priorité. Et une excuse parfaite pour lui faire baisser sa garde, quand bien même cela n'a aucun sens. Rien de ce que l'on connait du personnage n'explique pourquoi il réagit comme il le fait ici: être chamboulé de voir un enfant mort sur le lit, découvrir une photo qui révèle des jumeaux, et donc que le zombie qui se trouve dans la pièce d'à côté (dont il a connaissance) est probablement le frère de la victime. Peut-être le scénariste essayait-il de faire un parallèle entre cette fratrie et la relation frère/sœur qui se dégrade entre Tyreese et Sasha, mais c'est franchement indiscernable en l'état. Là encore, je ne fais que supposer pour apporter un semblant de logique.


En réalité j'ai l'impression que le but n'était pas de créer le suspense ou la surprise, mais plutôt que les responsables voulaient raconter une histoire du point de vue d'un mourant. L'excuse est grossière, illogique et très mal rendue: le protagoniste se rend dans une pièce, découvre une photo qui révèle un fait sans grande importance puis reste paralysé pendant quelques instants. Un moment d'inattention qui permet à un Walker caché dans un coin de le surprendre et de le mordre. Sauf que le monteur fait tellement trainer la scène en longueur que ces "quelques secondes" de distraction deviennent de précieuses minutes. Et Tyreese passe pour un gros idiot.
Quoiqu'il en soit, le bonhomme se débarrasse de son assaillant avant d'entrer en état de choc. Entre la fatalité de son sort et l'avenir incertain de son groupe (et donc de Sasha, sa seule famille), Tyreese perd les pédales et hallucine. Lui apparaissent alors différent personnages, tous des êtres désormais morts et enterrés, tous ayant eu des liens plus ou moins fort avec lui. Et j'insiste sur le "plus ou moins", mais je vais y revenir. Des "fantômes" du passé qui viennent le tourmenter, qui viennent l'accuser d'être responsable de sa propre perte et qui insistent pour qu'il cesse de s'accrocher à la vie. En bref, ses démons intérieurs ressortent pour l'aider à mourir plus vite.
On y retrouve sans grande surprise ce cannibale à qui il avait laissé la vie sauve, et qui avait prédit que lui et le bébé étaient trop faibles pour survivre. Bob, son "beau frère", Beth, dont la disparition est aussi récente que tragique à ses yeux. Et bien sûr les deux jeunes filles que lui et Carol avaient sous leur garde la saison précédente. David Morrissey revient également sous les traits du Gouverneur, lequel lui rappel qu'il lui avait donné sa chance avant qu'il ne se retourne contre lui...


Tout cela est bon et bien, si ce n'est pour quelques acteurs franchement médiocres qui sont toujours aussi cripsant (le cannibale et les deux gamines). Seulement il me semble qu'il manque une personne d'importance dans ce groupe. Quelqu'un comme, oh, je ne sais pas... Sa compagne ? Celle qui était malade et que Carol a achevée afin de préserver le groupe ? Celle dont la mort à failli lui faire perdre la raison et la volonté de vivre ? Et ce n'est pas comme si elle avait été totalement oubliée: les discussions avec les revenants remettent sur le tapis le fait que Tyreese ait pardonné à la meurtrière, et utilisait ce trauma pour communiquer avec Sasha et lui dire qu'il comprenait ce qu'elle ressent depuis la mort de Bob. Alors pourquoi cet oubli ? Est-ce que l'actrice ne désirait pas reprendre son rôle, alors qu'il aurait été facile de camoufler ce fait sous une couche de maquillage de grand brûlé ? Aucune idée, mais le personnage brille par son absence et les paroles des morts paraissent n'avoir que très peu de poids, puisque aucun n'étaient vraiment proche de Tyreese. Qu'il s'agisse de le torturer ou de le rassurer sur sa mort à venir, elle aurait été parfaite, la voix de la raison ou de la corruption, celle qui aurait représentée une paix mérité ou une épreuve à surmonter.
Peut-être en attendais-je un peu trop. A la place nous avons Beth qui sort sa guitare et pousse la chansonnette. C'est bien aussi, non ?
Alors évidemment non. C'est poussif, ridicule, et ça plombe pas mal la dignité de la jeune femme qui était quand même sortie de la série en beauté. Mais pour être juste, ce n'est pas comme si cet épisode hallucinatoire était particulièrement intéressant. Du dialogue de sourd surtout, les protagonistes parlant pour dire des choses sans intérêt. En boucle. Les fantômes reviennent sur des faits du passés, mais sans jamais ajouter quoique ce soit. En ressort l'impression que l'instant veut être significatif, alors que ce n'est que du vent.


Ce n'est pas la première fois que The Walking Dead veut avoir l'air profond, intelligent, subtile, et encore une fois c'est un échec sur toute la ligne. On s'emmerde gentiment, et passé la troisième apparition on attend simplement que Tyreese se rebiffe, ou que la situation arrive à son terme. Pour ne rien arranger, la forme tente de coller au fond en bombardant l'épisode d'effets visuels "artistiques" complètement à côté de la plaque. Des images saturées, des lens flares et de la shaky cam, des flashes back sur des décors ou des éléments mineurs (la prison, une voiture, etc) en plan fixe pendant plusieurs secondes, et des larsens à vous faire saigner les oreilles. Tout est là pour ressembler à ces films expérimentaux qui passe dans votre petit club ciné "arts et essais", au point que j'avais envie de me lever de mon fauteuil et crier "SYMBOLISME !" en levant les mains au ciel.
Et c'est comme ça durant toute la durée de ce What Happened and What's Going On, qui veut également jouer sur la réflexion de la sauvagerie humaine, en opposition avec la morale de la civilisation. Et ainsi, chaque scène avec Rick et ses compagnons revient sur la mort de Dawn et le dilemme qui en découle. Chacun sembler avouer que la femme ne méritait pas d'être abattue, car la mort de Beth était un accident, mais que si Daryl n'était pas passé à l'acte, c'est quelqu'un d'autre qui s'en serait chargé. Que cette mort "inutile" ne les touches absolument pas et que rester trop longtemps dehors à devoir survivre les transforme progressivement, d'où la nécessiter de trouver un endroit où se reconstruire. Ce qui, au cas où ça aurait échappé à certain, est le thème central de cette seconde partie de saison.
Ici par exemple, certains émettent l'idée de reconstruire le village dévasté pour se créer un nouveau refuge, tandis que Michonne déclare que le groupe devrait malgré tout tenter de rejoindre Washington vu le peu de distance qu'il reste à parcourir. Pourquoi Washington, alors que Eugène à précisé qu'il avait inventé toute l'histoire du remède ? Et bien parce que selon elle, il ne devait pas avoir entièrement tort et s'il a pensé à cette ville en particulier, c'est pour une raison. De tout le territoire américain, ce serait l'endroit où il y aurait une meilleure chance de survie. Non, elle n'a pas plus d'arguments. Oui, elle parvient à convaincre les autres. Les mots me manquent pour dire à quel point c'est complètement con.


Dans tous les cas, la série va totalement ignorer ce concept (c'est finalement pratique ces trois semaines de retard sur mon planning) et simplement utiliser cet objectif pour faire repartir le groupe en marche et les mener en fait vers la Safe-Zone d'Alexandria ; un endroit où, dans les comics, les personnages ont élu résidence et habitent encore même maintenant. Ça n'empêche pas la déclaration d'être particulièrement stupide et d'enfoncer encore un peu plus loin l'épisode dans les méandres de la nullité.
Mais comme je ne veux pas me faire taxer de hater, ou que l'on me reproche d'uniquement passer en revue les mauvais aspects de la série, il me faut aussi mentionner les quelques bons moments du show. Et il y en a ! De très bons même, surnageant comme ils peuvent dans la vacuité de l'ensemble. Comme par exemple lorsque Tyreese, malgré qu'il se sache condamné, décide malgré tout de se défendre contre un nouvel agresseur et utilise son bras blessé comme un bouclier. Ou lorsque Noah, pour sauver un compagnon, détruit sans réfléchir sur le Waker avant de réaliser après coup qu'il s'agissait de son petit frère. Belle idée que ce zombie protégé de la décapitation à cause d'une tige en métal plantée dans son corps, le sauvant d'un coup de katana.
Il y a aussi ces quelques indices sur les mœurs d'un groupe de survivants différent, comme le montre ce camion rempli de Walkers qui se limitent à un torse et une tête, avec un étrange marquage sur le front, ou les vestiges d'une bataille qui laisse envisager qu'un autre clan a attaqué la communauté, défonçant leur mur protecteur à l'aide d'un véhicule...


Enfin le réalisateur (Greg Nicotero, pour malheureusement le nommer) se décide par moment à abandonner sa mise en scène pédante pour livrer quelques passages soignés et efficace. Une confrontation tout au ralentis, où Team Rick décime une horde de morts-vivants afin de se frayer un chemin vers la sortie. La scène est filmée du point de vue de Tyreese, aux portes de la mort et totalement déphasé, et nous voyons un zombie passer entre les mailles du filet et se rapprocher dangereusement de lui, encore et encore. Voilà quelque chose qui n'avait encore jamais été fait dans la série et qui souligne parfaitement l'état d'impuissance dans laquelle se trouve le personnage.
De la même manière, son décès et la réaction du groupe sont bien rendus puisque filmés de loin, sans son. La voiture s'arrête, les protagonistes en extrait son corps inanimé puis le dépose sur la route avant de marquer une pause. Pas de shaky cam, d'effet visuel rébarbatif, tout est fait avec retenue. Il ne manquait, peut-être, que le coup de feu pour s'assurer que Tyreese puisse rester "en paix" mais je peux totalement faire sans.
Reviennent alors les premières images de l'épisode et nous réalisons que l'enterrement était le sien, et non celui de Beth (et j'en reviens au plan trompeur sur Maggie, qui n'a jamais vraiment connu Tyreese pour se laisser aller ainsi). Sasha semble totalement désemparée et le groupe apparaît plus perdu que jamais. Il s'agit, vraiment, d'une très bonne façon de conclure l'épisode et de poser la problématique de l'après mid-season.
Si ce n'était pour le dernier plan qui montre la croix funéraire être ornée du bonnet "iconique" du défunt, faute de goût impardonnable (ce n'est pas un pendentif, un objet fétiche ou symbolique, c'est juste un gros bonnet en laine tout moche et qui pue !) venant carrément révéler une vérité sur ce personnage totalement gâché: du véritable Tyreese, celui du comic-book, il n'y a jamais rien eu. Ni force de caractère, ni prouesse physique, ni scène mémorable. Cette version de substitution n'était, en fait, caractérisé que par une seule chose... Ce foutu de bonnet !


dimanche 15 février 2015

Constantine (1.13)

Ep.1.13
Waiting for the Man


Et voilà que se termine Constantine, alors que nous sommes toujours dans l'attente d'une quelconque confirmation concernant le devenir de la série. C'est d'autant plus frustrant que cette dernière diffusion n'a rien d'un season finale ; en fait il ne met même pas en place le moindre cliffhanger ! Tout au plus l'épisode délivre une petite révélation, assez prometteuse il faut le reconnaitre, mais rien de bien transcendant. Il pourrait rester encore cinq ou dix épisodes, ça ne ferait aucune différence ! Pas terrible comme idée, on se croirait encore une fois à l'époque des années 90 avec ces nombreux shows qui n'ont pas de fins. Difficile alors de convaincre quelqu'un de donner sa chance à Constantine et d'investir du temps dans une histoire inachevée.
Pour autant, il ne faut pas bouder ce Waiting for the Man qui se révèle être l'une des meilleurs entrées dans la série. Un concept assez malsain pour que l'enquête vaille le coup d’œil, rehaussée qui plus est par quelques éléments visuelles plutôt intéressant. Ajoutez à cela que la conclusion préfigure la création du Spectre et semble orienter l'ambiance générale vers une direction un peu plus sombre, et vous obtenez quand même de quoi attendre impatiemment la déclinaison Hellblazer envisagée.


L'intrigue montre comment un sataniste, un Cajun connu sous le nom de The Man, s'en prends à des gamines depuis qu'il a découvert que sa femme n'était pas vierge pour leur nuit de noces. Il capture maintenant des petites filles pour se marier avec elle devant l'autel de Satan, puis les assassines. En raison du Rising Darkness, ses actions lui permettent également de garder les fantômes de ses victimes avec lui, qui lui restent fidèles et dont il se sert pour appâter d'autres enfants. Lorsqu'un nouveau cas de disparition est signalé, l'inspecteur Jim Corrigan fait aussitôt appel à Constantine et Zed afin de retrouver le coupable au plus vite.
Le trio se lance à sa poursuite mais Zed est gravement perturbée par les visions que lui renvoi le policier: celui-ci va mourir, et apparaît entouré d'un étrange halo verdâtre. Incapable de savoir si elle doit le prévenir ou non, la jeune femme commence à l'éviter malgré des sentiments naissant. Au même moment notre exorciste découvre que la Brujeria à placée une prime sur sa tête, et c'est nul autre que Papa Midnite qui accepte le contrat. Le sorcier va devoir faire face à un redoutable contre-temps alors qu'il n'a que quelques heures pour retrouver la disparue saine et sauve...


La trame principale est efficace. Il y a une vraie ambiance poisseuse et surnaturelle autour de ses jeunes fiancées spectrales qui sont absolument amoureuse de leur meurtrier. Un côté conte de fée presque, lorsque The Man va les réveiller dans leur lit antique où elles dorment toutes les trois, vêtues de robes blanches d'un siècle passé, presque comme dans une scène issue du Petit Poucet avec les filles de l'Ogre. Il y a aussi ce parc d'attraction abandonné en pleine forêt, jouxtant l'habitation du sataniste où vient justement se perdre sa dernière proie en date, une jeune fugueuse aux cheveux roux flamboyant.
Une sorte de poésie macabre se dégage de tout ça, comme lorsque les trois filles s'appliquent à préparer la petite pour ses noces, laquelle se prend presque au jeu du mariage avant d'évoquer l'odeur. Une déclaration perturbante vis-à-vis de personnages que l'on ne voyait que comme de simples apparitions. A la manière des meilleurs films de fantômes, l'aspect surnaturel n'est que vaguement souligné et pas un instant on ne nous matraque avec des explications ou des effets clinquants. Tout au plus une séquence où Constantine, explorant la demeure de The Man, découvre les cadavres des fillettes dans le lit, décomposées dans leur petites robes et placées comme si elles étaient endormie. Une découverte qui chamboule le sorcier, pourtant jusqu'ici assez blasé quant aux horreurs qu'il combat quotidiennement.


Et cette réaction est justement le point d'orgue de l'épisode, lequel n'hésite pas à montrer Constantine et Corrigan commettre un meurtre au nom de ce qu'ils estiment être la Justice. Une fois attrapé, le sataniste est neutralisé et menotté par l'inspecteur qui s’apprête à l'embarquer, mais l'exorciste laisse entendre l'idée qu'il pourrait "s'échapper" et qu'il faudrait alors l'abattre. Si le policier lui rappel qu'il n'a pas affaire à un démon ou sorcier, et que l'affaire est close, il ne faut pourtant pas grand chose pour le convaincre. John Constantine n'a même pas besoin de trouver une excuse, juste de lui rappeler que, avec ses crimes, The Man n'a rien d'humain. Corrigan relâche son prisonnier et l'exécute. Pas de surprise de sa part, pas de doute. C'est presque comme si il avait déjà fait ça auparavant.
Évidemment il s'agit d'une façon de mettre en place son sens particulier de la justice et de la revanche, qui le rendra candidat pour devenir le nouvel Ange de la Vengeance par la suite sous les traits du Spectre. Une construction progressive que devrait en toute logique se poursuivre si la série continue, surtout que l'inspecteur développe une relation inévitablement tragique avec Zed.


L'autre axe narratif de Waiting for the Man traite toujours de la Brujeria, qui décide maintenant d'employer les grands moyens pour se débarrasser du sorcier et de mettre sa tête à prix. L'idée était plaisante et aurait même pu devenir le thème récurrent de la seconde saison, hélas elle est aussitôt annulée par le contracteur à la fin de l'épisode, ce qui est quand même dommage. En tout cas cela permet de retrouver Papa Midnite, antagoniste pas si mauvais que ça et qui dispense également la justice à sa façon, en découvrant un meurtrier parmi ses suiveurs. Un homme qui a tué sa femme et qui semble demander grâce, par peur des forces obscures on imagine. Visiblement en colère par son action, le prêtre vaudou va trouver un moyen assez ignoble de le laver de son pêché: le tuer et utiliser son corps comme véritable zombie vaudou, afin de l'envoyer contre John Constantine.
La série poursuit son exploration d'un personnage qui, on l'imagine, pourrait devenir un membre régulier du casting par la suite. On savait Papa Midnite hanté de la même manière que l'exorciste et promis à la damnation tout comme lui pour avoir envoyé sa propre sœur en Enfer. Aussi lorsqu'il obtient la chance de la ramener sur Terre en échange de la vie de son rival, il n'hésite pas un seul instant. Les deux sorciers vont donc se confronter en utilisant diverses astuces magiques, d'une manière qui n'est pas sans rappeler le Lord of Illusions de Clive Barker.


Arme enchantée, sortilège de glamour, corbeau familier, esprit amical, zombies... Ce n'est pas grand chose d'un point de vue technique mais il est bon de voir différent types de magies et de sorcelleries être utilisés dans cet univers. Gary Lester revient des limbes le temps de prévenir Constantine, Corrigan abat un mort-vivant sans émettre la moindre émotion et on retrouve la carabine Ace of Winchester.
The Man, quant à lui ,semble également disposer de pas mal de ressources concernant la magie noire, même si nous n'en verrons hélas jamais rien. L'inspecteur explique qu'il a laissé un sillage de corps derrière lui et Constantine évoque dans ses méthodes le procédé de dessiccation spontanée (tout les liquides contenues par les corps s'évaporent soudainement, transformant les victimes en momies) ainsi qu'une technique de marquage au fer rouge qui remonte à l'Inquisition. Dommage de ne pas vraiment découvrir comment le satanisme est traité à travers le show, ce qui aurait pu être très intéressant. Si Hellblazer il y a, il serait bon d'explorer un peu plus cette thématique en la liant avec le Rising Darkness.
Enfin la Brujeria, bien qu'invisible encore une fois, est évoquée et la fin de l'épisode nous révèle qui, dans l'entourage de Constantine, sera la personne qui le trahira, comme prédit par Papa Midnite plus tôt cette saison. A vrai dire la vérité n'a rien de surprenante mais il est agréable de voir que  les scénaristes on décidé d'explorer cette piste plutôt que de se laisser aller à la facilité avec un personnage secondaire qui ne nous serait même pas venu en tête.


Des images très belles, des comédiens impeccables, un zombie vaudou et même un mort-vivant plus classique qui possède un aspect très années 80 dans son look... Waiting for the Man n'est probablement pas la fin de saison qu'on aurait imaginé mais il reste un très bon épisode. Là encore Constantine fait montre d'un grand potentiel et qui pourrait rendre le show encore meilleur si on lui en donnait la possibilité de l'exploiter plus encore.
Après tout combien de série connaissez-vous où le héros, entrain d'uriner dans la rue, demande à son ami Ange de venir la lui tenir ? Une belle référence au run de Garth Ennis en 1993, où un Constantine éméché pissait sans le vouloir sur les bottes du Phantom Stranger ! Clairement, Hellblazer DOIT voit le jour. Et d'ici là ce Constantine version télé, bien qu'imparfait et parfois frustrant, surclasse sans problème sa triste version cinéma, pudique et inoffensive. Rien que pour ça, ça valait le coup. En attendant la suite, surveillez John Con Noir dont les prochains épisodes devraient sortir sous peu (en présumant que la NBC n'ai pas annulé la chose). Les américains, eux, pourront s'amuser à appeler le numéro de téléphone visible sur la carte de visite de l'exorciste british et ainsi tomber sur une messagerie où celui-ci balance quelques idioties. La plus amusante ? Elle concerne un certain Alec Holland à propos d'un marais...


vendredi 13 février 2015

Constantine (1.12)

Ep.1.12
Angels and Ministers of Grace


Un monstre s'attaque à différentes personnes qui possèdent une addiction particulière (drogue, boisson, tabac). Ou plus exactement à d'anciennes victimes d'une affliction qui ont gâchés leur seconde chance et replongés dans les problèmes. Il ne s'agit pas de Jigsaw, le tueur de Saw, mais d'une créature démoniaque dont la source de puissance est un antique diamant noir, véritable concentré de Mal à l'état pur. Constantine et son équipe se lancent à ses trousses pour le neutraliser et récupérer la pierre avant qu'il n'y ait de nouveaux morts.
Leur enquête les mènent à un hôpital où Zed va être victime d'une crise suite à une vision. Tout indique que ses récentes migraines sont dû à la présence d'une tumeur au cerveau, laquelle est responsable de ses pouvoirs mais risque de la tuer si elle ne s'en sépare pas. La nouvelle ébranle le groupe et Constantine, désespéré, demande à l'Ange Manny de la guérir. Lorsque celui-ci refuse, l'exorciste décide de le lier à un des corps humains qu'il emprunte pour communiquer avec lui, le piégeant sur Terre afin de lui donner une leçon.
L'épisode de cette semaine est donc un Manny-centric, comme le laissait présager le titre, et explore un peu plus la relation entre l'être divin et son partenaire humain. Il  y découvre la vulnérabilité, la douleur, mais également le plaisir dans une scène très amusante !


A l'avant-dernier épisode de la série, il est maintenant clair qu'il n'y aura pas de conclusion à cette première saison. J'aurai espéré au moins une histoire prenant la forme d'un double épisode, qui permet de rallonger l'intrigue et mettre en place plusieurs éléments plutôt que de tout compresser en une quarantaine de minutes, mais tout sera sûrement précipité à la dernière aventure avec un cliffhanger où les protagonistes se retrouvent dans une fâcheuse posture.
Du reste il n'y a pas grand chose à dire. Au moins il se passe beaucoup de choses dans cet épisode, entre un tueur grotesque au look d'ogre, Manny qui tente de s'acclimater à sa nouvelle condition, Zed qui désespère en apprenant qu'elle risque la mort et John Constantine qui se laisse aller à la colère devant la situation, tout en la fuyant et évitant d'avoir une conversation avec sa partenaire, au cas où sa condition serait trop difficile à surmonter.
Ça cours, ça tue, ça se dispute, pas le temps de souffler et encore moins de s'ennuyer. Pas mal pour faire passer la pilule concernant le fait que ce 12ème épisode n'est qu'un filler qui n'apporte finalement rien de concret en-dehors de quelques renforts de liens entre les personnages.


Angels and Ministers of Grace trompe l'ennui grâce à quelques idées sympathiques, comme la présence du Fil d’Ariane qui permet à Zed de se promener sans ce perdre dans ce couloir interminable du repaire magique, dont les portes s'ouvrent sur d'autres dimensions (cette fois un jardin zen où elle peut méditer et récupérer de ses visions douloureuses), et surtout beaucoup d'humour: Chas est obligé de se martyriser sur commande pour les besoins de l'enquête, le sorcier roule des yeux devant un symbole "no smoking" et Manny semble avoir beaucoup de mal à supporter son humanité. Il ne supporte ni la vue ni l'odeur d'un cadavre, encore moins lorsque Constantine le dissèque à mains nues pour l'examiner, et du fait qu'il soit enfermé dans un corps qui ne lui appartient pas, une jolie interne va se jeter sur lui en pensant avoir affaire à son amant. Si vous vouliez connaître les réactions d'un Ange devant les joies du coït (du moins les avances les plus simples pour commencer, nous sommes sur une chaîne publique après tout), vous ne serait pas déçu et Constantine lui-même ne manquera pas d'en rire.


Bonne idée également de mettre un terme au concept de la carte sanglante, Manny la détruisant ici pour remuer son camarade, affirmant qu'elle est désormais inutile vu les découvertes récentes à propos du phénomène Rising Darkness. J'ignore totalement si cela est a été décidé parce que la plupart des critiques n'étaient pas favorables envers cette idée, qui servait à faire se balader Constantine à travers le pays façon X-Files ou Supernatural, mais si nouvelle saison il  y a, voilà qui permet de se débarrasser de ce gimmick et de repartir sur de nouvelles bases.
A ce propos, aucune décision de renouvellement n'a été prise concernant la NBC, mais la rumeur veut que le show serait en fait "déplacé" vers un autre network. Cela permettrait à la chaîne de conserver et poursuivre la série, et de la diffuser là où elle aurait une meilleure audience. On parle beaucoup de (l'horrible) SyFy Channel, l'habituée des téléfilms fauchés et des CGI au rabais, mais rien n'est encore confirmé pour le moment. Affaire à suivre mais dans l'optique où la situation évoluerait dans ce sens, on parle déjà de renommer Constantine sous le titre de Hellblazer. Peut-être un bon présage, avec la disparition de la carte, qui permettrait peut-être de réorienter le show dans une direction un peu plus sombre et lui permettre d'être plus permissif (gore, sexe, alcool et cigarette).


Quoiqu'il en soit Angels and Ministers of Grace fait quand même son boulot et reste appréciable. Encore une fois le Monster of the Week possède un aspect plus horrifique qu'en début de saison, certains visuels restent très jolis, Harold Perrineau Jr. (le comédien interprétant Manny) est libre de jouer un peu différemment son personnage et offre une performance très divertissante, et on retrouve un artefact issu de l'univers DC Comics avec le Cœur des Ténèbres, ce diamant noir maléfique.
Dans les BD, il s'agit d'une pierre magique découverte sur le monde d'Apokolips et utilisée par Darkseid en personne, avant qu'elle n’atterrisse entre les mains de Eclipso, l'ancien Ange de la Vengeance bien avant que le Spectre ne remplisse cette fonction. Plus tard déposé sur Terre, l'objet possède les mêmes propriétés que dans l'épisode, l'aura démoniaque d'Eclipso corrompant quiconque s'en empare afin de l'utiliser comme hôte.
Ici toutefois les origines sont simplifiées et le diamant n'est que la version calcifiée des pouvoirs maléfiques d'un sorcier si puissant que Dieu lui-même dû le détruire. C'est compréhensible, mais tout de même dommage car cela aurait permis d'évoquer une nouvelle fois le concept d'univers étendu, tout en envisageant l'existence d'entités cosmiques plus complexes que les camps du Bien et du Mal. D'autant plus que le Spectre a plus ou moins été introduit précédemment et que l'on retrouve d'ailleurs son alter-ego Jim Corrigan pour le season finale. A coup sûr, sa transformation sera le point final de cette première saison de Constantine.


Reste quelques lieux communs un peu gonflant, propres à ce genre de série américaine, comme le fait que malgré sa possible tumeur au cerveau, Zed préfère ne pas avoir d'opération. Elle s'en remet à sa foi en Dieu et laisse son sort entre Ses mains, le tout avec scènes de recueillements à l'Église, contre-avis médicale de la part des médecins trop scientifiques pour "comprendre" et discussions théologiques avec Manny. On a déjà vu ça mille fois, c'est toujours la même chose et ça tire beaucoup trop sur la corde de la morale chrétienne, mais que voulez-vous... Avec un public pareil, c'est quasi obligatoire et impossible à détourner, surtout sur une grande chaine nationale. Vivement Hellblazer tient, qu'on se vautre dans un univers moins niais !


jeudi 12 février 2015

Hansel V Gretel (2015)


Hansel V Gretel
(2015)


Cela devait arriver, c'est évident: l'incessante mode des films de super-héros est désormais prise en compte par la Asylum, le célèbre studio qu'on ne présente plus. Fonctionnant essentiellement sur le principe du mockbuster (petit film dont le titre et/ou certains éléments parodient l'un des grands succès cinématographique du moment), celui-ci commence sa cuvée 2015 en évoquant rien de moins que les deux grands titans à venir de Marvel et DC. Leur Avengers Grimm, qui sortira le mois prochain, évoque tout naturellement le futur Avengers: Age of Ultron de Joss Whedon, tandis que ce Hansel vs. Gretel – pardon, Hansel V Gretel plus exactement, reprend le gimmick du projet de Zack Snyder, qui devait être tour à tour Man of Steel 2 puis Batman vs. Superman et qui désormais s'intitule Batman V Superman: Dawn of Justice. Je l'avoue, c'est assez ingénieux de leur part de reprendre ce petit détail et cela m'a fait sourire.
Cela étant dit, Hansel V Gretel est en réalité la suite directe de leur Hansel & Gretel de 2013, mockbuster très sympa du moyen Hansel & Gretel: Witch Hunters, qui sortait du lot grâce à une réalisation compétente et quelques idées très sympathiques. Si le metteur en scène Anthony Ferrante cède désormais la place à un autre, sûrement trop occupé à concevoir un troisième Sharknado pour Syfy Channel, le scénariste Jose Prendes rempile et s'applique à poursuivre l'histoire qu'il avait mise en place, faisant montre d'un certain soucis du détail à propos de la continuité, ce qui est toujours bienvenu.



L'histoire reprend un an après les évènements du premier film, alors que les jumeaux Grimm ont choisi des chemins bien différents suite à leur mésaventure avec la sorcière Lilith. Hansel a quitté la ville et traque désormais toutes celles qui pratiquent la magie noire à travers le pays, devenant un chasseur expérimenté. Gretel est restée à Candlehood où elle vie désormais avec sa grand-mère et tient toujours la Gingerbread House, pâtisserie locale à succès. Lorsque le premier découvre qu'une alarmante série de disparitions frappe sa ville natal, il s'inquiète pour sa sœur et rentre au bercail.
Et il fait bien car un groupe de sorcières vient justement de débarquer en ville, cherchant la responsable de la mort de leur sœur afin de la venger. Leur enquête les mènent naturellement vers la jeune femme mais une surprise les attends: celle-ci est maintenant une des leurs ! Ayant succombé au côté obscure, l'adolescente a prit la succession de Lilith et se trouve en fait être responsable des fait-divers qui secouent Candlehood, assassinant ses clients et les recyclant en tourte à la viande.
Les femmes forment alors un pacte: Gretel sera acceptée au sein du couvent à condition de tuer son frère, qu'elle a fait passer pour le coupable afin d'éviter les représailles. Elle doit donc trouver un moyen de tendre une embuscade à Hansel, mais sans se faire trahir au cas où celui-ci parviendrait à s'en sortir. Ce que personne ne sait, c'est qu'elle est probablement un plus grand prédateur que tout son entourage réuni: influencée par Lilith, qui la hante par-delà la mort, elle vient de découvrir que si manger un enfant permet d'absorber sa jeunesse, dévorer une sorcière permet de récupérer ses pouvoirs ! Gretel va donc profiter de la situation et se jouer de chacun pour parvenir à ses fins et devenir l'ensorceleuse la plus puissante qui ait jamais existé...



Voilà une intrigue ambitieuse qui prend ses distances avec le Hansel & Gretel original, simple Survival façon Massacre à la Tronçonneuse mâtiné d'un soupçon de surnaturel. Et c'est heureux car cela permet d'éviter la redite, d'orienter le film dans une direction totalement différente tout en restant dans le même univers, et ainsi ne pas tomber dans le même piège que beaucoup d'autres séquelles. C'est bien simple, Hansel V Gretel possède exactement les mêmes qualités que l'original et apparaît comme une bonne petite série B qui n'a rien à voir avec les habituelles productions fauchées de la Asylum. La mise en scène prend modèle sur l'aîné et évite les shakycams, snapshots, et autres plans illisibles, préférant au contraire filmer correctement les choses et même de créer un peu d'ambiance avec des éclairages et des cadrages parfois soignés, pas loin de ce qu'on pourrait trouver dans un comic-book.
Le niveau de gore est également similaire au volet précédent, dans le sens où la qualité du maquillage est équivalente et, s'il n'y a pas de séquence particulièrement saignante en soit, le film ose se montrer assez violent par moment: lapin écorché vif dans une baignoire et toujours vivant, tête écrasée violemment d'un coup de chaussure, morceaux de corps laissés dans de petites boites à cadeaux façon jeu de piste, et jusqu'à une paire de couilles arrachée et suspendue à un crochet, détail du poil compris ! Production Asylum oblige, on y retrouve également quelques CGI pas terrible ici et là, comme un coup de couteau au visage ou les brûlures d'une cigarette sur la peau, mais il s'agit de plans assez brefs et se limitant à de petits détails.



Dans l'ensemble le résultat est d'une assez bonne facture et se hisse sans problème dans les standards du DTV respectable. C'était déjà le cas avec Hansel & Gretel, et franchement si on vous disait que les deux œuvres avait été faites par la même équipe , et tournées l'une derrière l'autre, vous n'y verriez que du feu. L'effet est probablement accentué par le fait que le scénariste reste le même et poursuit son histoire avec logique, reprenant divers éléments qui avait été mis en place à la fin du premier opus. Dans celui-ci, la sorcière Lilith faisait une fixation sur la jeune Gretel qui lui rappelait sa propre fille tragiquement décédée, et son but était d'en faire sa disciple, de la pousser sur la voie de la sorcellerie. L'adolescente avait signée de son sang un contrat magique la liant à la Gingerbread House, et la fin du film la montrait céder à la tentation et rouvrir la pâtisserie afin de poursuivre les activités de sa mentor et ainsi accéder à la jeunesse éternelle.
Le scénario poursuit dans cette lancée et montre une Gretel sous l'influence démoniaque de Lilith, qui la pousse au crime afin de la transformer. Celle qui était une innocente et adorable jeune femme devient une meurtrière froide et calculatrice, limite sociopathe, et commence à perdre son humanité au point de changer physiquement, petit à petit. Ses dents se mettent à tomber, sa peau vieillit comme celle d'une personne âgée... A ne pas en douter, Lilith tente de se réincarner en elle. Un point très intéressant, qui le devient d'autant plus que la jeune femme n'est pas désigné comme de la situation, allant au contraire jusqu'à renverser la vapeur d'ici la fin de l'histoire et se débarrasser de ses rivales potentielles afin d'augmenter ses pouvoirs et de devenir une Déesse toute puissante !



Hansel, quant à lui, a évolué vers un personnage de dur à cuir débrouillard, ce qui était déjà présenté auparavant lorsqu'il se rebellait dans l'antre de Lilith et construisait des pièges de fortunes pour neutraliser ses assaillants. Il rentre chez lui après avoir accumulé pas mal d'expérience mais va devoir faire face à tout un groupe de sorcières sans se douter un seul instant que son pire ennemi est sa propre sœur. Il est assez amusant de voir que c'est lui qui passe pour le mouton noir de la famille, en choisissant de quitter la ville pour mener une vie de SDF, tandis que sa soeur, plus populaire, plus serviable et aimable, est en réalité un véritable monstre. Exactement comme Lilith avant elle !
Ce n'est probablement pas un hasard si les jumeaux Grimm répètent le même schéma que la sorcière cannibale avant eux, qui déclarait dans le premier film avoir eu un frère avec lequel elle ne s'entendait absolument pas et qui a fini par mourir, probablement de ses mains. Un point qui n'est pourtant pas souligné mais que le scénariste va probablement garder sous le coude pour une possible suite, Hansel V Gretel se concluant sur une fin ouverte avec ses héros contraint de fuir ensemble alors qu'ils ne peuvent désormais plus se faire confiance.
En revanche le domaine de la supposition reste malheureusement obligatoire pour quelques autres éléments scénaristiques, eux aussi à peine effleurés en cours de film et pourtant importants au regard de l'intrigue. Difficile de dire pourquoi le corps de la jeune femme dévoile des traces de métamorphoses, comme si le plan de Lilith était de renaitre à travers elle. Car au final on découvre que son véritable corps a été récupéré et caché par Gretel, jusqu'à ce qu'elle soit assez puissante pour la ressusciter de façon conventionnelle. La sorcière n'a donc jamais eu l'idée de modifier l'enveloppe charnelle de l'adolescente pour s'y installer et il est permis de se demander quel était l'intérêt de nous faire croire au contraire. Peut-être que tout ceci n'était qu'une image symbolique, mais le résultat est plus confus qu'autre chose.



Une autre incompréhension intervient lorsque la situation se dégrade pour le groupe de sorcières. Certes, elles pensent Gretel de leur côté et ne voient pas venir sa trahison, toutefois lorsque plusieurs d'entre-elles finissent par périr dans des circonstances mystérieuses, on peut se demander pourquoi aucune d'elles ne se décide à prendre les choses en main et ne plus s'en remettre à une inconnue. Ce n'est même pas comme s'il y avait un code d'honneur entre jeteuses de sorts et la dernière partie du film montre au moins trois d'entre elles se retourner les unes contre les autres.
En fait tout cela tient limite de l'incohérence lorsque l'une des grandes révélations nous apprend que Cthonia, la meneuse du cercle et ancienne disciple de Lilith, n'était pas venue venger sa supérieur mais profiter de sa mort pour s'approprier son territoire ! Pourquoi donc croire un traitre mot de ce que pourrait lui dire Gretel, laquelle s'identifie clairement comme la dernière apprentie de Lilith. Dans le meilleur des cas, celle-ci aurait pu avoir la même idée et chercher à se dresser contre elle. Dans le pire, elle n'accepterait pas un manque de respect pour celle qui lui a enseigné les Arts Sombres ! Et naturellement elle va s'en mordre les doigts en réalisant que celles qui étaient ennemies dans Hansel & Gretel ont depuis formées une alliance afin d'éviter une telle situation...
A partir de là on ne peut que supposer certaines choses, comme le fait que Cthonia était peut-être victime de son égo et voulait asservir une autre disciple de Lilith afin d'éprouver un sentiment de supériorité. Ce qui pourrait être confirmé par la réaction de ses sœurs qui, elles, n'approuvent absolument pas la présence de Gretel dans leur cercle. Mais aucune explication ne vient clarifier les choses.



A ce niveau j'ai presque envie de dire que ce genre de soucis narratif est on ne peut plus normal étant donné la nature du film. C'est une petite production Asylum, alors qui se soucie de logique ? Sûrement pas les producteurs, et certainement pas le public qui s'est fait à l'idée que le studio ne pond que des nanars à la chaîne. Mais peut-être y a t-il une ou deux scènes coupées qui trainent quelque part et qui pourrait apporter un peu d'eau à mon moulin. Parce que malgré tout, ce diptyque Hansel & Gretel est suffisamment sympathique pour mériter que l'on s'y attarde et que l'on s'intéresse à ses intrigues. Et puis bon, si un film Jolly Roger: Massacre at Cutter's Cove en possède, pas de raison pour que ça ne soit pas le cas ici !
En revanche je doute franchement qu'il existe le moindre matériel supplémentaire pouvant donner un semblant de sens à l'apparition finale, inattendue, de la Reine du couvent. Alors que le film arrive à sa dernière partie et que le trio Gretel / Lilith / Cthonia n'en fini plus de se trahir, un nouveau personnage fait son entrée. Quelqu'un que l'on avait jamais vu, dont on avait jamais parlé et dont on aurait même pas soupçonné l'existence jusqu'à présent. Un protagoniste qui n'a même pas de nom, c'est dire si son arrivée dans le scénario tient du rajout de dernière minute !
Il se trouve que Lilith n'a jamais été à la tête du couvent de sorcières. Elle n'en était qu'un simple membre et possède en fait une supérieure hiérarchique. Une Reine si l'on veut, qui a observé tous les évènements en se cachant dans le corps d'une jeune femme au-dessus de tout soupçon. Car quand le film ne met pas en scène ses sorcières, il fabrique une pseudo romance entre Hansel et Willie, petite amie d'un soir qu'il a abandonné suite à l'aventure Hansel & Gretel. Les deux se tournent autour et la jeune femme fait office de demoiselle en détresse récurrente, obligeant notre chasseur à courir des risques. Et d'un coup, sans prévenir, celle-ci change subitement de comportement. "Willie est morte il  y a longtemps", déclare t-elle. "Et elle était délicieuse".



Twist final aussi imprévisible qu'inutile, ce personnage de Grande Sorcière n'apparaît que quelques minutes afin de mettre des bâtons dans les roues de Gretel, avant de se faire aussitôt éliminer par Hansel à qui elle laisse justement une arme à disposition. Un choix incompréhensible, confus, qui aurait pu être tout simplement évité en utilisant Lilith comme ultime antagoniste. Le scénariste s'est un peu laissé aller à multiplier les personnages et plusieurs d'entre eux auraient pu être écarté du film sans que cela ne modifie la trame générale. Je pense au frère d'un disparu, qui aide Hansel dans son enquête et dont le couple avec Willie n'est que du vent, ainsi qu'à grand-mère Grimm qui ne sert qu'à être tuée et montrer que Gretel a franchi le point de non retour.
Elle est au centre d'une fausse piste plutôt agaçante d'ailleurs, le début du film nous faisant presque croire qu'elle est également une sorcière. Son introduction la montre échanger un regard concerné avec Gretel lorsqu'elles apprennent que Hansel a exterminé plusieurs praticiennes de magie noire, et elle tente de le temporiser en lui expliquant qu'il existe de "gentilles" magiciennes. Pourtant la vieille dame est totalement ignorante de ce qui se trame autour d'elle et trouve la mort rapidement, sans même comprendre de quoi il en retourne. C'était déjà exactement la même chose avec la belle-mère dans Hansel & Gretel qui, je le rappel, était signé du même auteur.



Voilà donc le seul vrai défaut du film. Des cafouillages narratifs pas probant mais qui font que la cohésion de l'ensemble est loin d'être parfaite. En voulant en faire "plus", Jose Prendes en a peut-être fait trop ; gageons qu'il voulait créer un histoire un peu plus épique que la précédente et qu'il s'agit des erreurs d'un premier essai. D'autant plus qu'il n'y a absolument rien de grave ici, puisque ce genre de détails n'est qu'extrêmement secondaire et qu'une bonne partie du public n'y fera de toute manière même pas attention (The Walking Dead s'en tire bien depuis cinq ans avec les mêmes conneries, alors quoi !).
Prendes se rattrape de toute manière en élaborant quelques idées originales (une sorcière s'arrache une vertèbre pour s'en servir comme arme) et en composant un groupe de sorcières multi-ethnique qui change des couvents traditionnels. En fait je soupçonne la Asylum d'avoir commandé une approche "comic-book" à l'équipe du film, tant elles évoquent un groupe de super-vilaines avec leur tenues et pouvoirs différents. Il y a Bunny, une cheerleader blonde qui utilise des pièges comme une toile d'araignée tranchante comme du rasoir. Kikimora, une asiatique capable de générer un brouillard opaque pour aveugler ses proies, et dotée d'ongles longs façon Fu Manchu. Morai, une superbe sorcière Vaudou qui peut lancer de puissantes rafales de vent et que ferait une bien meilleure Tornade que Halle Berry. Cthonia, la meneuse, peut "lire" objets et humains en les léchant. Et puis il y a Circa, une goth d'Indonésie diablement sexy et qui peut charmer n'importe qui avec ses pouvoirs de séductions.



S'il n'y a pas de scènes particulièrement mémorables comme celle des hallucinations du précédent opus, Hansel V Gretel se rattrape en injectant une forte dose d'humour noir. Ça délire sec, notamment à travers les réactions de Gretel qui sont en total décalage par rapport aux personnages "humains" qu'elle côtoie ; elle se lamente de choses très secondaires et roule des yeux devant des évènements atroces, la scène la plus amusante la montrant tester ses nouveaux pouvoirs d'hypnoses sur un pauvre garçon qui va repousser ses avances même en transe car... Il est gay ! Une clocharde est transformée en une sorte de Renfield qui course les petits chiens et certaines répliques font mouche ("I have seen stuff that'll turn your shit white"). Enfin, même s'il s'agit probablement d'un gros hasard, je ne peux pas m'empêcher de trouver amusant le fait que, pour un Edward en forme de gros Troll dans Hansel & Gretel: Witch Hunters, ce film se fend d'un Jacob inutile et pas très brillant.
Brent Lydic, qui reprend le rôle de Hansel, paraît beaucoup plus à l'aise ici en chasseur de sorcières qu'en adolescent capricieux. Il change de look et copie la garde robe de Bruce Willis dans Die Hard 4, tout en nous gratifiant d'une intro qui semble tout droit sortir des comics Hack/Slash: il pénètre dans le repaire d'une démoniaque cannibale muni d'un masque à gaz et d'une machette, dispose d'un van blindé d'armes en tout genre et se montre plutôt direct lorsqu'il s'agit de terrasser les créatures des Ténèbres. Un trait de caractère probablement calqué sur la version jouée par Jeremy Renner dans le blockbuster hollywoodien.



L'actrice Lili Baross succède à Stephanie Greco pour Gretel, mais la ressemblance est suffisante pour que le changement ne saute pas aux yeux. En revanche on ne peut pas en dire autant de Lilith: puisque Dee Wallace ne revient pas, la sorcière est gardée dans l'ombre pendant tout le film, visible uniquement de loin, de dos ou camouflée par un flou artistique. En tout cas jusqu'à sa résurrection, la nouvelle venue devant alors subir le port d'une horrible perruque qui cache les 3/4 de son visage et qui ne manquera pas de vous faire bien rire !
Mais peu importe au final. Peu importe si certaines choses n'ont aucun sens, si l'affrontement promis n'a pas vraiment lieu ou si certains acteurs comme ceux incarnant Jacob et Willie jouent affreusement mal. Hansel V Gretel est un film imparfait comme n'importe quelle série B, mais il surpasse sans problème ses défauts mineurs pour livrer un produit bien foutu, plaisant, et même intéressant dans sa mythologie grandissante. Et avec la suite de Hansel & Gretel: Witch Hunters prévue pour 2016, on peut être sûr que la Asylum ne manquera pas le coche avec un troisième volet. D'ici là Jose Prendes prépare le terrain et laisse traîner quelques pistes à explorer, comme lorsque Hansel théorise sur l'origine surnaturelle des sorcières (des humains corrompus ou des démons sous forme humaine ?) ou quand les jumeaux doivent fuir les autorités alors qu'ils sont désormais ennemis. Autant le dire, j'attends cette séquelle de pied ferme, bien plus que celle de Jeremy Renner et Gemma Arterton, malgré toute ma sympathie pour ces deux là.