dimanche 30 novembre 2014

The Walking Dead (5.07)

Ep.5.07
Crossed


Avant-dernier épisode avant la pause du mid-season et on peut lui trouver une certaine redite avec le tout début de cette cinquième saison. Encore une fois Team Rick part à l'assaut d'un autre groupe et ses membres infiltrent les lieux en se préparant à faire le ménage. Pas con, le scénariste réalise que tout ça pourrait finir en copier/coller de la destruction du Terminus et donne le change en faisant choisir à nos héros un stratagème plus pacifique: capturer quelques hommes de Dawn et les échanger contre Beth et Carol. Ainsi chacun obtient ce qu'il veut et tout le monde peut repartir de son côté, sans bain de sang.
Un plan avancé par se bisounours de Tyreese évidemment, mais aussitôt approuvé par Daryl. Et si c'est Daryl qui le dit, c'est forcément bien. On voit l'excuse grossière, mais à sa décharge le responsable essaye de faire passer ça sur une faille du personnage principal, Rick, de plus en plus prompt à foncer dans le tas et dégommer tout ce qui bouge. Daryl lui-même doit le reprendre lorsqu'il tient un adversaire en joue, et lui rappeler qu'un otage vivant est plus profitable pour eux. J'ignore s'il s'agit d'un prétexte temporaire destiné à justifier le stratagème des protagonistes, où s'il y a là les graines d'un futur développement de personnalité pour la saison à venir, mais je n'ai rien contre un Rick implacable et à deux doigts de devenir comme ceux qu'il combat, une sorte de Max Rockatansky dans le territoire des morts-vivants. Tiens, ça tombe bien puisque Mad Max 4 sort bientôt.



Si l'intrigue se tourne vers un conflit, il est cependant difficile d'y trouver la moindre ampleur tant Team Rick a été divisée avec le temps. L'épisode se disperse sans cesse, saute de groupes en groupes, et la narration ainsi fracturée ne parvient guère à intéresser. Ou bien on se retrouve à suivre des personnages dont on se moque éperdument, nous obligeant à attendre le prochain saut de narration, ou bien l'intrigue qui nous intéresse tourne court et il faut prendre son mal en patience pour avoir la suite. Crossed se retrouve à devoir jongler entre quatre situations différentes en parallèle, certaines destinées à se recouper, d'autres peut-être pas.
Et c'est justement en dressant un constat de chacune d'entre elles qu'on réalise qu'il ne se passe pas grand chose cette semaine, le rythme se retrouvant totalement perdu entre ce qu'il doit montrer au public et conserver pour les temps à venir. En ressort une impression de remplissage et je suis certain qu'en remontant sensiblement ce Crossed avec l'épisode de la semaine prochaine, en sacrifiant certains groupes moins intéressant, la narration aurait gagnée en fluidité et en efficacité. Je ne comprends vraiment pas l'intérêt de revenir deux fois sur les personnages restant dans l'église, tout ça pour montrer le prêtre s'enfuir en douce, alourdissant trop le propos. Même chose concernant la troupe d'Abraham, qui en est finalement toujours au même point depuis la dernière fois et dont les interactions sont tellement minimes qu'elles auraient pu être réservées à un autre épisode pour avoir plus de conséquences.



Pour dresser un rapide tour d'horizon, voilà ce qui se déroule globalement au cours de ces quarante minutes. A l'hôpital, Beth tente toujours de sauver Carol et trouve un allié inattendu en la présence de... Dawn. Celle-ci réalise que la petite blondinette est bien plus forte qu'elle ne l'aurait cru et qu'elle a sûrement des chances de réussir ce qu'elle entreprend. Peut-être parce que Dawn réalise que son règne touche à sa fin (elle avoue ne pas faire confiance à ses hommes), elle offre une chance de soigner Carol en toute discrétion avant que le personnel ne la débranche de sa machine par soucis d'économie.
De son côté Abraham reste prostré dans son coin, totalement anéanti par les révélations récentes et le fait qu'il n'a désormais plus aucun but pour se donner la force de continuer à avancer. Sa compagne sympathise avec Glen et accepte sa proposition de le suivre sur le long terme, continuer à vivre au sein du même clan et se protéger les uns les autres.
Alors que Team Rick part à l'assaut de l'hôpital, quelques personnes demeurent à l'église afin de rester avec le bébé. Carl et le prêtre, naturellement, mais également Michonne pour je ne sais quelle raison. Étant donné ses capacités de combat, on penserait qu'elle ferait partie du groupe offensif, mais non. L'idée est certainement de continuer a développer ses liens avec le petit garçon et son instinct maternelle ou quelque chose comme ça. Quoiqu'il en soit Carl tente de convaincre l'homme de Foi de trouver la volonté de se battre mais celui-ci refuse et fini par prendre la poudre d'escampette.



Reste l'équipe de Rick qui s'aventure sur le territoire de la Croix Blanche et prévoient de capturer quelques officiers en patrouilles afin de les échanger contre les leurs. Ce n'était visiblement pas l'idée première de Rick mais ses compagnons l'implorent de trouver une solution moins extrême (pour quelle raison ?) et celui-ci accepte. Naturellement comme il faut un peu d'action, une seconde patrouille arrive au moment des faits et une petite bataille éclate, donnant à l'épisode un sursaut de dynamisme et son habituelle scène gore à base de zombies. Au final nos héros parviennent à soumettre leurs adversaires, mais l'un d'entre eux s'évade, ce qui va permettre à l'intrigue de prendre évidemment une direction beaucoup plus sombre que ce que les personnages avaient prévus.
Du moins pour ce qu'avaient prévus nos héros, car nous autres spectateurs nous doutions bien que les choses allaient vite escalader vers la classique lutte jusqu'à la mort entre les deux équipes. Beaucoup de bruit pour rien en gros, et je me demande vraiment pourquoi Tyreese et Daryl ont voulu opter pour un échange d'otages. A part pour les rendre forcément gentils car ne désirant pas tuer immédiatement ceux qui croisent leur route. Et a part pour faire du remplissage et étirer toute l'intrigue sur deux épisode.
Bref, autant dire que seule la partie avec Rick et la Croix Blanche vaut quelque chose et le reste apparaît comme terriblement inutile. Tout cela n'a aucun sens d'un point de vue narratif mais je flaire l'épisode concept, qui tente d'avoir l'air profond et subtile.



C'est surtout le titre qui me met la puce à l'oreille. Crossed. Aucun rapport avec les comics du même nom naturellement, même si il est impossible de ne pas y penser. Croyez-le ou non, mais je pense qu'ici l'idée était de montrer que tout va déraper par la suite car Team Rick n'est pas unis face à l'adversité. La conclusion du mid-season va s'achever dans un bain de sang ou sur une note sombre car nos héros ne sont pas tous réunis pour s'en sortir. Il y a le fait que tous les membres soient divisés en quatre groupes, bien sûr, mais je ne peux m'empêcher de penser à cette définition du verbe utilisé en guise de titre.

                                                v. crossed, cross·ing
                                                To betray or deceive; double-cross.


Il y a effectivement une notion de trahison en guise de thème récurrent dans l'épisode et chaque troupe doit faire face à la défection d'un membre ou une remise en cause de leur fondamentaux. Ainsi Dawn avoue à Beth qu'elle ne peut tenir tête aux siens et lui permet de sauver sa camarade, trahissant ouvertement son camp ce faisant. En terme de récit cela permet de montrer que le personnage n'est pas si négatif et sa mort (inévitable) n'en sera que plus tragique. A l'église, le prêtre ne parvient pas à accepter les méthodes de ses nouveaux compagnons et on peut le voir frotter nerveusement une tâche de sang sur le sol, souvenir de la confrontation avec les cannibales. Carl tente de lui expliquer que le monde a changé mais l'homme de Dieu préfère s'isoler et s'enfuir en secret, laissant Michonne et les enfants derrière lui.
La compagne d'Abraham réalise que puisque Washington n'est plus une destination valable, le mieux est de continuer son chemin avec Glen et les autres. L'idée lui plaît et elle prend cette décision d'elle-même, sans en référer à Abraham qui était son leader et son amant. Sans aller jusqu'à dire qu'elle brise sa confiance, elle fait définitivement une croix sur cet ancien "groupe dans le groupe" et intègre pleinement Team Rick, là où ses partenaires n'ont pas encore prit de véritables décisions. Enfin il faut mentionner le personnage de Sasha, rongée par la colère et le remord, incapable de faire son deuil de Bob et prête à se lancer dans une guerre ouverte avec la Croix Blanche. L'un de ses otages, pourtant, va la faire réagir puisqu'il porte le même nom que son défunt amant et semble a priori être une personne honorable. Pour ses croyances, ses propres sentiments, elle va avoir une discussion avec lui et l'isoler du groupe sans en avertir qui que ce soit. Et évidemment celui-ci avait prévu un beau discours pour retenir son attention et la trahir par la suite, ce qui lui permet de s'évader.



On pourrait aller encore plus loin et évoquer le fait que les policiers n'ont plus aucune confiance en Dawn, la considérant faible, et qu'ils avouent attendre le moindre prétexte pour la remplacer. Quant à Rick, j'ai déjà évoqué qu'il était présenté comme borderline et pas loin de franchir une limite que le reste de son équipe ne pourra accepter. On peut même percevoir Daryl comme un successeur éventuel si les choses venaient à déraper (ce qui, disons le honnêtement, n'arrivera jamais, même si pour le coup cela serait un superbe pied-de-nez à la bande-dessinée et tout à fait logique dans le concept du show, qui était de s'en éloigner).
Le problème c'est que tout ça est mal écrit, mal exécuté, tout se voit à des kilomètres et devient même une routine après quatre saisons. Je comprends où le scénariste voulait en venir mais je doute que Walking Dead possède la moindre substance pour rendre tout cela légitime. Ou même efficace.
Comme d'habitude la seule chose qui remporte vraiment l'attention est la scène gore / zombie hebdomadaire, prouvant encore une fois que la forme l'emporte sur le fond. Ici c'est la découverte de très beaux zombies fondus au sol, probablement les victimes d'un terrible incendie si l'on en croit la présence d'un campement brûlé dans les parages. C'est original, bien fait, et offre une scène d'action assez tendue puisqu'elle montre deux adversaires s'affronter en lutte au sol au milieu des corps animés mais immobilisés. Les combattants se rouent de coup, s'empoignent, mais doivent aussi éviter les mâchoires qui claquent près de leurs poings. Une sorte de variation du combat à mains nues en plein champ de mines.

Je me garderai de tout jugement définitif puisque Crossed n'est clairement que la première partie d'une histoire en deux épisodes, mais le constat n'est pour l'instant pas très favorable. J'attends de voir la semaine prochaine, mais le showrunner a intérêt à trouver un bon cliffhanger pour maintenir l'intérêt jusqu'à la reprise.


 

jeudi 27 novembre 2014

Constantine (1.05)

Ep.1.05
Danse Vaudou


Plus je regarde Constantine, plus j'ai l'impression d'opérer un véritable retour aux années 90 tant la série semble vouloir reproduire les formules de cette époque. La semaine dernière, l'épisode A Feast of Friends tournait essentiellement autour de l'addiction et des répercutions que cela peut entrainer. Gâchant par ce biais une histoire de rédemption simple mais qui aurait pu tenir la route en soit. Danse Vaudou fonctionne sur le même principe et traite cette fois de la culpabilité, transformant une histoire de fantômes en une réflexion sur nos démons intérieurs, sur notre incapacité à pouvoir nous pardonner pour certaines actions que nous avons commises.
Étant donné que la série part sur le principe que John Constantine est hanté par ce qui est arrivé à la petite Astra, il serait logique de penser que tout ça va mener le personnage vers une nouvelle étape, et ainsi faire avancer le fil rouge. Mais non ! Danse Vaudou parle de culpabilité en mettant en scène d'autres personnages, évoquant à peine celle du héros, comme s'il ne fallait pas encore toucher au statu quo et modifier ce qui a été mis en place depuis le pilote.
C'est décevant, prévisible et ce n'est pas du tout bon signe pour l'avenir du show. Surtout que le scénario n'a finalement rien de particulièrement original et on a vite fait de ressentir une impression de déjà-vu dans la dernière partie.


Dommage car le point de départ était plutôt intéressant, montrant un double cas de phénomènes expliqués au cœur de la Nouvelle Orléans. Celui d'un fantôme hantant les routes, apparaissant de nuit et provoquant un accident a quiconque le prend en stop, référence évidente au mythe de la Dame Blanche (bien qu'il s'agisse ici d'un jeune homme pâle). Il y a aussi cette femme cachant son visage mutilé derrière un masque chirurgicale, qui tue ceux qui la croise en les poignardant avec une paire de ciseaux. Moins connue en Europe, il s'agit pourtant d'une figure célèbre des légendes urbaines japonaises, la Kuchisake-onna (littéralement, la femme à la bouche fendue). Il s'agit de l'esprit d'une femme défigurée qui s'en prend aux enfants, demandant si on la trouve jolie avant d'exhiber sa blessure. Dans le mythe originale, ses joues sont découpées en un horrible sourire de l'ange, mais la série va un peu moins loin et se contente d'une méchante cicatrice sanglante en travers de la bouche.
J'ignore pourquoi les scénaristes ont (sensiblement) modifiés leur apparence et j'aurai préféré une représentation authentique de ces spectres séduisants, aux looks aussi uniques que différents, plutôt qu'une version moins iconiques, mais la simple idée de mêler les folklores au sein d'une histoire de vaudou reste intéressante. Car c'est en effet Papa Midnite qui est derrière cette affaire, ramenant les morts à la vie lors des rites vaudous qu'il effectue à la demande de ses disciples.


Le twist c'est que, s'il est responsable, il n'est pas coupable. Ne réalisant pas que ses pouvoirs sont amplifiés par l'évènement du fil rouge de la série (officiellement baptisé The Rising Darkness), le sorcier pratique des séances pour permettre à certains de communiquer avec des défunts et de remettre les choses à plat. Une grand-mère s'en veut d'avoir mis son petit fils à la porte (l'autostoppeur fantôme, heurté par une voiture en partant de chez lui), une mannequin souffrant de maladie mentale ne supporte pas l'idée d'avoir agressée une concurrente (la femme au ciseau, qui s'est suicidé après les faits), une femme qui n'était pas chez elle lorsque son mari est mort du cancer regrette de ne pas avoir pu lui dire au revoir...
Tous déplorent leurs actions et espèrent trouver le pardon en contactant les victimes. Seulement voilà, la confrontation n'a pas suffit et les revenants sont incapables de trouver la paix tant que leurs "contacts" se sentent responsables. Les âmes en peine se retrouvent à errer dans les parages et à faire quelques victimes, attirant évidemment l'attention de Constantine et de sa bande. L'exorciste va devoir s'expliquer avec son rival et même faire équipe avec lui pour régler la situation. Ajoutez à tout ça la présence d'un policier plongeant progressivement dans le surnaturel, lorsqu'il est témoin d'une manifestation paranormale, s'intéressant alors de près à tout ce petit monde après avoir été ridiculisé par ses supérieurs...


Pour ce qui est de l'intrigue, une histoire fermée qui n'aura que peu de répercussions sur l'intégrale de la saison, elle est passable. Elle se laisse suivre mais ne va pas très loin, le déroulement du scénario étant on ne peut plus prévisible. Constantine et Midnite se crêpent le chignon à longueur de temps, Zed fait preuve d'humanité avec les gens qui l'entourent et le final montre les esprits repartir vers l'au-delà car le groupe de personnes responsables vient évidemment à bout de leur démons intérieurs.
Danse Vaudou est beaucoup plus intéressant en ce qui concerne la relation des protagonistes principaux et surtout le duo Constantine / Midnite. L'épisode montre a quel point les deux ne sont pas en phases culturellement et professionnellement parlant, mais a quel point ils sont finalement semblables. Comme notre exorciste qui possède sa part de responsabilité dans l'affaire Astra, Midnite est traumatisé parce qui est arrivé à sa sœur Cedella par sa faute, puisqu'il semble qu'il l'ait envoyé en Enfer autrefois. L'homme conserve même son crâne afin de pouvoir communiquer avec elle dans l'autre monde, visiblement incapable de tourner la page. Et quand bien même le prêtre vaudou demande de l'argent en échange de ses services, on peut le voir véritablement inquiet du sort d'une des ses fidèles, dont l'énergie vitale est petit à petit absorbée par le fantôme de son mari.
Voir Midnite mettre son égo de côté et s'allier avec quelqu'un qu'il déteste prouve qu'il n'est pas le simple antagoniste de service, et révèle un personnage plus complexe.


En l'état, les autres protagonistes (Zed, Chas et le policier) ont beaucoup moins à faire cette semaine et n'ont donc pas droit à de grandes scènes, toutefois l'épisode se montre suffisamment clément pour offrir un moment à chacun d'eux. Dans le cas de Chas, on lève le voile sur sa capacité de survie évoquée dans le pilote. En fait celui-ci est carrément un immortel tel qu'on en aperçoit dans les Highlander ! Son corps se régénère de lui-même et il se "réveille" brutalement après quelques heures. Je ne sais pas s'il faut crier au plagiat, mais visuellement c'est tellement similaire que qu'il est impossible de ne pas y penser.
Au moins l'acteur a pour lui une petite scène où il cours après la Kuchisake-onna et tente une approche différente à chaque fois, lesquelles sont toutes décrites dans la légende urbaine originale. De son côté Zed développe une connexion psychique avec la carte des États-Unis où apparaissent les phénomènes paranormaux, à force de concentrer son pouvoir de visions dessus. En pratique cela se traduit par une capacité à savoir à quel endroit exact se situent les évènements surnaturels les plus récents. Une manière pour la série de trimballer ses personnages d'un bout à l'autre du pays sans avoir à perdre du temps sur des recherches pour déduire le lieu du drame. Pratique j'imagine, mais cela n'apporte techniquement rien au personnage. Comme pour s'excuser, Danse Vaudou remet sur le tapis ses origines troubles qu'elle garde volontairement secrètes et nous découvrons que la jeune femme à prit la fuite de sa ville d'origine pour, apparemment, quitter sa famille. Plus de réponses d'ici le season finale mais c'est toujours ça de prit.


Enfin comment ne pas évoquer l'introduction de ce policier dont je tais le nom depuis le début de cette chronique. Il se trouve que celui-ci n'est nul autre que Jim Corrigan, plus connu sous le nom du Spectre. Une entité surnaturelle des plus importantes (et comptant parmi les personnages les plus puissants du DC Universe) puisqu'il s'agit de l'incarnation de la Vengeance. Pour le moment le personnage n'en est pas encore là, mais une vision finale de Zed montre sa future mort et renaissance. Et puisque Jim semble prêt à plonger totalement dans l'univers sombre de la magie, il n'est pas difficile de deviner que son destin est directement lié à ce qui arrivera en fin de saison.
En attendant de voir un peu plus le véritable Spectre en action, il me faut mentionner son apparence entrevue à travers l'esprit de Zed. Un crâne et une aura verte qui évoque vaguement la cape et cagoule du personnage original. Il est claire que la version live ne pouvait pas d'emblée reprendre le design des comics sous peine de paraître ridicule, mais je crains quand même une redite de l'horrible Galactus dans Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer, où le Dévoreur de Mondes était représenté par une masse nuageuse prenant vaguement, très vaguement, la forme du personnage.

Bref, Danse Vaudou est loin de constituer un bon épisode et évoque même une quelconque série télé fantastique comme il en existe des pelles, mais c'est regardable. Ça met en scène un fantôme relativement peu connu du grand public et le casting reste le point fort du show, permettant de rendre très supportable les dialogues et interactions pas folichons.
Constantine témoigne d'une baisse de régime certaine et si les choses ne s'améliorent pas, il est fort probable que le show soit annulé avant sa deuxième saison.


dimanche 23 novembre 2014

The Walking Dead (5.06)

Ep.5.06
Consumed


Sixième épisode et franchement je ne sais même pas quoi en dire. Donc ici nous suivons le tandem Daryl / Carol dans une sorte de long flash-back, qui va évidemment mener à l'affrontement entre Team Rick et le personnel de l'hôpital. Comme prédit Carol est capturée et Daryl rentre au bercail avec Noah. Et c'est tout.
Je me retrouve bien embêté parce que je n'ai globalement rien à dire a propos de ce Consumed. Deux personnages se baladent, tuent des zombies et discutent jusqu'à ce que les dernières minutes ne viennent chambouler la situation pour que l'épisode se raccroche aux wagons. Je ne peux même pas dire que c'était mauvais ou ennuyeux, car pour une raison un peu inexplicable ça se laisse suivre avec beaucoup plus de facilité que certaines tentatives précédentes, mais il n'y a pas de quoi en faire tout un foin. Le prototype même de l'épisode qui juste remplir la grille des programmes, en somme.
J'ai un temps pensé à faire la même chose en parlant du personnage de Daryl et de son interprète, Norman Reedus, afin de combler le manque de substance de cette chronique, mais en fait non. Cela n'intéresse personne, n'a finalement rien à voir avec la série et en plus je me retrouve dans la majorité puisque le personnage remporte mon adhésion. Au mieux je peux juste dire que j'avais repéré l'acteur avant l'heure, via son rôle de petit jeune dans Blade II et surtout dans le génial La Fin Absolue du Monde (l'épisode de John Carpenter pour Masters of Horror) et donc qu'il ne s'agit pas d'un simple effet de mode pour ma part. Bien que ça revienne au même au final !


Du coup, que peut-on bien dire à propos de Consumed ? Déjà il réutilise une nouvelle fois ce paysage urbain apocalyptique, qui vient trancher avec la campagne bien triste qu'on se gave depuis longtemps. C'est oppressant, ça souligne l'aspect post-apocalyptique et on peut parfois relever quelques détails amusants en arrière-plan. Un bras de zombie qui dépasse d'une porte, une banderole "HELP" accrochée à un balcon. Ce n'est pas grand chose, mais ça apporte un peu de vie dans ce décors de mort, ce qui aide à construire une atmosphère. En fait je me suis quelque fois surpris a guetter les fenêtres de divers bâtiments pour voir si je n'apercevrai pas quelques figurants grimés par endroit. Bien sûr que la production ne se permettra jamais ce genre de chose, mais voilà qui à le mérite d'attirer plus l'attention que la sempiternelle forêt.
Le duo Daryl / Carol fonctionne très bien et se laisse suivre. Bien que les acteurs ne soient pas toujours aidé par des dialogues banales et / ou inutile, il n'y a pas ici de surenchères ou de longs moments d'apitoiement. Bonne chose que les deux soient également efficaces dans leur genre, se frayant un chemin dans la cité sans se perdre, sans trop gaspiller de temps ni sans trop faire de mauvais choix. Oui, on va y revenir car il y a tout de même UNE scène qu'il faut mentionner a ce sujet, mais globalement le tandem évite nombre de scories qu'on doit endurer chez d'autres personnages de la série. Certaines de leurs interactions se montrent même très amusante, comme leur différent point de vue concernant une toile d'art moderne.


Ce qui doit être la meilleure séquence de la semaine montre Carol guider son partenaire vers un refuge qu'elle a autrefois côtoyé avec sa fille, lorsqu'elles étaient encore sous la coupe d'un homme violent. Une simple chambre, petite, perdue dans des locaux sociaux. Si l'origine de cet endroit nous est évidemment expliqué, ce n'est pas souligné au marqueur et on devine même assez vite ce qu'il en est pour peu que l'on suit la série depuis le début. Ce passage permet l'air de rien de montrer l'évolution du personnage et le chemin qu'elle a parcouru depuis la première saison. En tout cas, cela fonctionne beaucoup mieux que ces flashbacks inutiles qui parsème l'épisode et renvoie à différents moments difficiles auxquels a dû faire face Carol depuis la saison dernière.
La structure de l'épisode est exactement la même que la semaine dernière, mais là où la narration fragmenté fonctionnait pour Abraham (l'épisode dévoilait un passé dont on ignorait tout, et coïncidait avec un épilogue remettant en cause tout le cheminement du personnage depuis cette époque), elle apparaît totalement inutile. On sait déjà ce qu'il y avait dans la tête de Carol lors de ces différents moments, nous avons déjà été témoins des évènements, et surtout ils ne changent en rien la situation dans laquelle elle se trouve actuellement. C'est comme si les producteurs voulaient paraître intelligent sans avoir compris comment le système fonctionne.
En fait, je suis sûr que c'est le cas.


Et puisque nous en somme à parler d'idiotie et de maladresse, il me faut mentionner le morceau d'anthologie de Consumed. Probablement conçu comme une grosse scène d'action mémorable, elle apparaît surtout mal foutue, improbable et assemblée à la truelle au montage. L'idée est la suivante: les protagonistes repèrent un camion portant la croix blanche de l'hôpital, abandonné sur un pont après avoir heurté le rail de sécurité. Le véhicule pend à moitié dans le vide et fouiller dans l'habitacle se révèle être une tâche dangereuse. Et alors que Daryl et Carol cherchent de précieux indices, des masses de zombies se rapprochent, venant de chaque côté du pont.
D'emblée on voit où les scénaristes veulent en venir. Nos héros vont se retrouver piéger et leur seule chance d'échapper aux morts-vivants est de se réfugier à l'intérieur du camion en équilibre précaire. Oui, c'est une idée à la con puisqu'ils vont forcément se retrouver au piège comme des rats avec une espérance de survie forcément très limité. D'autant plus que le faible nombre de zombies rôdant sur la route n'aurait pas dû être un problème pour eux (soyons clair, les personnages de Walking Dead font face à bien pire dans pratiquement chaque épisode !). Mais là où la séquence devient surréaliste est lorsque Daryl réalise que leur seule façon de s'en sortir est de faire tomber le camion dans le vide ! Je vois en quoi la scène peut être cool d'un point de visuel, mais question tactique, s’émet des doutes.
Le plus drôle dans tout ça, c'est que le scénario tient à protéger ses personnages autant que possible. Alors qu'un tel crash en aurait laissé plus d'un sur le carreau, tout du moins blesser les passagers en raison de l'impact, ils s'en sortent sans peines.
Et chapeau au monteur pour vouloir nous faire croire qu'un véhicule de plusieurs tonnes piquant du nez lors de sa chute puisse atterrir sur ses quatre roues, comme un chat. Le raccord est tout bonnement IN-DÉ-TE-CTABLE.

Logique.

Au moins la pluie de zombies qui s'ensuit est plutôt rigolote et rattrape un peu l'aspect hautement amateur de la réalisation. Mais à ce niveau là, c'est à se demander si les responsables n'en ont tout simplement plus rien à foutre. Peut-être pensent-ils avoir le public dans leur poche, mais je tiens juste à préciser que la concurrence pointe le bout de son nez et que Z Nation commence a avoir plutôt bonne réputation de son côté.
Autre conseil, il faudrait songer a arrêter avec les séquences musicales qui se veulent dramatiques. Depuis l'utilisation de la superbe chanson Lead Me Home de Jamie N. Commons, dans la saison 3 (épisode 12, Clear), le show croit bon de refaire la même chose en espérant réitérer le succès du moment. Manque de bol, les musiques sont toutes inférieures et surtout la formule évoque les multiples série télé policières qui abusent du même principe (sérieusement, regardez n'importe quels Experts, NCIS ou Cold Case, vous verrez que tous les épisodes se concluent en chanson, dans une attention vaguement atmosphérique). C'est un cliché ambulant qui tue dans l’œuf toute sensation d'implication.


Comme je ne veux pas nécessairement conclure sur une mauvaise note, je trouve mon bonheur où je peux. Pas de massacre de Walkers cette semaine, mais une sacré bonne idée quand même avec ce groupe de campeurs morts-vivants, prisonniers de leurs duvets et de leur tentes pour l'éternité. Belle mise en scène également lorsque Carol et Daryl découvrent leurs voisins zombies à travers une porte en verre fumée, dont on ne distingue que les silhouettes. Une femme tout d'abord, puis son enfant. Saisissant.
Cette séquence sert à raffermir les liens entres les deux personnages. Il n'est pas difficile d'imaginer que Carol connaît ces personnes, ou peut-être y voit-elle le fantôme de ce qu'elle était, à l'époque où elle était mère et qu'elle fréquentait ce refuge. Son premier instinct est d'aller détruire les créatures mais elle est stoppée par Daryl. Le lendemain, elle réalise que ce dernier s'est occupé de leur cas, leur offrant les derniers sacrements en brûlant leurs dépouilles. Aucun dialogue, tout dans l'ambiance. Une très belle scène, et c'est à se demander pourquoi The Walking Dead ne favorise pas ce genre de chose !


samedi 22 novembre 2014

[Ciné] John Wick


John Wick
(2014)
Mega CGR 2 Lions, Tours (37)

J'avais pas de chiot, alors...


Constantine (1.04)

Ep.1.04
A Feast of Friends


Voilà un épisode qui aurait pu être très bon, mais qui n'est finalement qu'extrêmement banal. Ce n'est pas parce que l'histoire est mauvaise, ni même que le scénario manque d'intérêt. Celui-ci fait même preuve d'un peu d'audace et met en scène quelques rituels de magie assez graphiques et proches de l'univers de Hellblazer. Le problème c'est que, à cause de la structure de narration, l'intrigue reste coincée dans un format très basique et ne donne jamais l'impression d'exploiter les dimensions fantastiques qu'elle explore. En gros, il y a beaucoup d'éléments très intéressants ici, entre la nature de la menace, l'introduction d'un personnage brisé par la vie et la conclusion particulièrement amer. Seulement l'ordre des séquences est monté d'une telle façon qu'il rend tout cela moins important que le sous-texte, le thème de l'épisode qui est exploré en filigrane. Lequel ? La drogue, c'est mal.
C'est comme si les producteurs avaient prit peur du potentiel pourtant prometteur de l'épisode et avaient choisi de mettre plus en avant le message, la métaphore, que le surnaturel proprement dit. Ce n'est pas nécessairement un mal, seulement Constantine n'a pas encore assez de force pour paraître audacieux ou intelligent dans ses propos, et tout cela donne surtout l'impression de revenir 20 ans en arrière, à l'époque où les séries télés n'osaient pas encore se développer au fils des épisodes, de peur de perdre les nouveaux venus.


De la manière dont est présenté le sujet, A Feast of Friends narre les déboires de Gary Lester, une ancienne connaissance de John Constantine qui a sombré dans la drogue depuis l'affaire de Newcastle et l'exorcisme raté de la petite Astra. Alors qu'il rentre au pays après avoir traîné à l'étranger pour fuir ses problèmes, il ramène avec lui une antique bouteille qui renferme une puissante créature qu'il est parvenu à enfermer. Mais alors qu'il voulait retrouver Constantine pour l'impressionner et lui demander son aide, il est arrêté dès son arrivé à l'aéroport et un garde libère l'esprit. Celui-ci est un démon de la Faim et saute de corps en corps pour consommer toute nourriture qui lui tombe sous la main, jusqu'à ce que son hôte soit consumé de l'intérieur, l'obligeant à trouver un nouvel hôte.
Alors que les médias se saisissent de l'affaire, la population pensant à une épidémie mortelle d'origine inconnue, Constantine voit d'un mauvais œil le retour de son "ami" qui ne lui apparaît que comme un junkie incapable. Maintenant que le démon commence à faire des victimes, l'exorciste n'a pas d'autre choix que de s'occuper de lui mais réalise, à son grand étonnement, que celui-ci est beaucoup plus puissant qu'il ne l'aurait cru et qu'il va avoir besoin d'aide pour le neutraliser...


Ces prémices ne sont pas plus mauvais que d'autres, même si raconté comme ça, c'est loin d'être original. Enlevez le nom de Constantine et ça donne l'impression de lire le résumé d'un épisode d'une quelconque série fantastique comme Buffy Contre les Vampires, Poltergeist: The Legacy, la seconde saison de Baywatch Nights ou bien sûr Supernatural. C'est d'autant plus probant que le thème socio-écologique de l'épisode renvoie directement aux années 90, ce bon vieux temps où les jeux d'arcades affichaient le message "Winners don't use drugs" et où les dessins-animés nous faisaient prendre conscience des affres de la pollution, avec Captain Planet et autres Widget.
Gary exhibe des traces de piqûres sur les bras et toute sa relation avec Constantine tourne autour de promesses non tenues et de manque de confiance, comme n'importe quelle liaison avec un drogué en manque. Une première scène avec Zed tourne autour de l'effet de bien-être qu'elle ressent lorsqu'elle utilise ses pouvoirs, ce que l'exorciste décrit alors comme le fait de planer et de perdre le contrôle. Le démon lui-même peut être perçu comme une représentation de l'addiction puisqu'il est montré comme une bête inintelligible qui ne fait qu'engloutir, au risque de se détruire lui-même comme le montre le rituel nécessaire à son bannissement. Aussi, Constantine doit absorber une drogue magique afin de trouver ses réponses pendant son trip.
Vous l'aurez compris, c'est loin d'être subtile et vu a quel point John Constantine est censé abuser des substances toxiques comme la liqueur et la cigarette, c'est totalement hors propos.


Dommage car si l'épisode s'était ouvert dans l'ordre chronologique des évènements, ou durant les divagations droguées de son héros, cela aurait fonctionné du tonnerre. Parce que au-delà de la métaphore, A Feast of Friends narre une histoire particulièrement tragique et ose s'aventurer sur un territoire visuel un peu plus copieux que les semaines dernières. Voyez plutôt:
Tout commence au Soudan, où le démon Mnemoth utilise la population à son avantage. Il tire sa puissance de la famine et saute de corps en corps afin de dévorer tout ce qu'il trouve, y compris la force vitale de ses hôtes. Un shaman, désespéré par la situation, comprend qu'il doit agir et n'a pas d'autre choix que de sacrifier une vie pour ce faire. Un jeune homme a qui il grave des symboles sur le visage, des marques permettant de garder prisonnier l'esprit qui le possède. Le garçon est abandonné dans une hutte, ligoté, car Mnemoth finira tôt ou tard par se consumer lui-même en dévorant l'hôte auquel il est lié. Malheureusement celui-ci parvient à s'enfuir et se retrouve à errer dans les quartiers chauds du pays, son chemin croisant alors celui de Gary...
Celui-ci est un homme totalement anéanti par la culpabilité et la consommation de stupéfiants. Pour dresser un rapide portrait du bonhomme, disons que celui-ci a toujours été une sorte de profiteur, un petit filou doué pour obtenir ce qu'il désir et de la façon la moins honnête possible. Admirateur de John Constantine comme beaucoup d'autres, il faisait partie d'un petit groupe le suivant partout et apprenant les ficelles du métier d'exorcisme. Mais suite à l'affaire Newcastle, Gary a préféré fuir et tente désormais d'oublier.


Parce qu'il avait fumé de l'herbe et planait totalement durant le rituel qui a coûté la vie à la petite fille, Gary se sent responsable et a sombré dans une profonde dépression qui l'a transformé en junkie. Lorsqu'il rencontre par hasard le garçon possédé par Mnemoth, comprenant que quelqu'un l'a condamné à mort en gravant les symboles, il voit là une occasion de se racheter. Sa seule chance de rédemption. Il pratique un exorcisme et le démon ne se fait pas prier pour sortir du corps, trouvant refuge dans une bouteille scellée et attendant son heure. Parce que le rituel s'est bien passé, Gary décide de rentrer au pays et de montrer le résultat à Constantine, pensant pouvoir remonter la pente et peut-être récupérer un semblant de vie. Seulement Mnemoth se libère et commence à infester la population locale, ce qui vaut au drogué d'être immédiatement rejeté par son ancien mentor. Seule Zed, la nouvelle protégée, est touchée par son histoire et tente de lui donner du courage...
Voilà qui fait une histoire de rédemption bien plus intéressante, surtout qu'elle trouve dans ses derniers instants une conclusion pour le moins amer, Constantine décidant d'utiliser Gary pour parvenir à ses fins, montrant que l'un ne vaut finalement pas mieux que l'autre. De quoi briser la confiance que Zed éprouve pour lui, et le peu d'espoir qu'avait Manny (l'Ange) pour le voir devenir quelqu'un de bien.


Via une excellente séquence montrant le maître des Arts Sombres faire un voyage spirituel pour découvrir l'identité et les faiblesses de Mnemoth, où il absorbe une drogue si puissante que ses effets durent pour toujours à moins de prendre un antidote, nous découvrons à quel point le démon est ancien et puissant. Que cela soit lié ou non au fil rouge de la monté en puissance du Mal importe peu, nous réalisons surtout que même Constantine n'est pas de taille pour affronter un tel monstre. La seule solution qui s'impose est celle du shaman, un sacrifice humain. Et alors qu'on devine ce que le "héros" a en tête, on doute un moment que l'épisode puisse prendre cette direction. Non pas tellement à cause du personnage ou de l'univers, après tout il s'agit d'une adaptation de Hellblazer, mais parce que jusqu'ici la série télé s'est montrée particulièrement sage. Rappelez-vous qu'elle ne peut même pas montrer le personnage principal fumer une cigarette ! Du coup l'idée qu'il puisse manipuler une connaissance, lui faire croire en ses capacités pour finalement l'utiliser comme hôte et capturer Mnemoth, ça fait une limite qu'on ne pense pas pouvoir franchir dans le cadre de la diffusion télévisuelle.
Après une première apparition inutile (il arrive pour repartir aussitôt, allez comprendre), l’intervention de Manny est cette fois lourde de sens. Il fige le temps pour apparaître à l'exorciste et, sans entrer dans les détails, montre son refus d'en arriver à de telles extrémités. Seulement il ne peut pas intervenir et laisse Constantine faire. En fin d'épisode, il revient et, sans un mot, reste au côté d'un Gary agonisant, lançant un regard noir à son partenaire. Lequel tente de persuader ses compagnons (et lui-même par l'occasion) qu'il n'avait pas d'autres choix.
Durant ces instants, A Feast of Friends surpasse grandement ses prémices d'épisode gimmick, d'histoire à message d'intérêt public, et offre une intrigue pour le moins originale, une tentative échoué de rédemption aux conséquences dramatiques.


Du reste, l'épisode est visuellement semblable a ses prédécesseurs. De bonnes idées mais beaucoup trop sage, beaucoup trop banal et déjà-vu. L'apparence de Mnemoth elle-même ne prend pas de risque et se limite à une invasion de gros cafards volants qui ne sont pas sans évoquer les scarabées de La Momie version Stephen Sommers. Quand bien même cela a un sens ici, thématiquement parlant (il s'agit de Khapra beetles, ou trogodermes, l'une des espèces les plus envahissantes du monde), il aurait été préférable que le démon de la Faim prenne une apparence plus mythologique, ou démoniaque. Un peu comme le Pale Man du Labyrinthe de Pan par exemple, qui évoquait un obèse ayant fondu et se retrouvant avec des pans de peau flottante sur tout le corps.
En l'état, c'est surtout pratique d'un point de vue logistique puisque les insectes numériques se glissent très facilement dans la bouche de quelques acteurs vaguement grimés, jouant la carte de la facilité et évoquant le génial Hidden de Jack Sholder. Au moins les possédés affichent parfois un look soigné, comme cette personne aux dents proéminentes, mangeant comme une bête sauvage la carcasse d'un porc dans une chambre froide, puis reprenant la célèbre Spider Walk de Regan, de la célèbre scène coupée de L'Exorciste. Mais bien sûr rien ne vaut le sacrifié, jeune homme dont les symboles gravés à même la peau renvoient aux tatouages maoris ancestraux, et évoquant alors d'emblée le sublime Cabal de Clive Barker dont le héros portait les mêmes stigmates. Et ce n'est pas une mauvaise référence étant donné que l'écrivain a, en quelque sorte, inventé son propre John Constantine avec Harry d'Amour, personnage vu dans le film Le Maître des Illusions et présent dans plusieurs de ses histoires. Et comme pour mêler un peu plus la ressemblance, les deux protagonistes ont été crées globalement la même année, quelque part entre 1984 et 1985.


Pour la forme on peut toujours noter l'emploi de quelques visuels osés et fulgurants. Un marabout arrache l’œil de Constantine pour le mettre à la place du sien durant leur trip hallucinatoire, un shaman arrache une langue au couteau avant de graver les chairs (une tâche qui se montre particulièrement pénible tant pour le bourreau que le supplicié) et le démon Mnemoth bouffe la joue d'un gardien de sécurité tentant de le neutraliser. Belle occasion manquée avec ce possédé qui plonge sa main dans l'huile bouillante pour récupérer quelques malheureuses frites, car le membre ne montre aucun signe de blessures, ce qui diminue fortement l'impact de la scène.
Et dans un registre totalement différent, notre exorciste se montre sarcastique devant les mascottes souriantes d'une usine à viande. Un trait d'humour sans importance mais qui fonctionne et prouve que, encore une fois, Matt Ryan est parfait dans le rôle.


mardi 18 novembre 2014

Wrong Turn 5: Bloodlines (2012)


Wrong Turn 5: Bloodlines
(2012)


Vous vous souvenez quand je vous ai dit que Wrong Turn 4: Bloody Beginnings était le même film que Wrong Turn 3: Left for Dead ? Et bien Wrong Turn 5: Bloodlines est le même film que Wrong Turn 4. Exactement le même, la neige en moins. Comme dans Wrong Turn 4, on retrouve Three Finger et ses deux frérots du premier opus, comme dans Wrong Turn 4, tout le monde y passe et les consanguins sont en quelque sorte les héros de l'histoire, et comme dans Wrong Turn 4, seules comptes les mises à mort totalement outrancières. Cette fois Declan O'Brien a la brillante idée de ramener une ancienne star du genre pour appâter les fans, à savoir Pinhead en personne: Doug Bradley.
Il joue ici ce qui doit être l'un des rares êtres humains normaux a pouvoir côtoyer les frères Hilliker sans crainte, et pour cause: c'est un tueur en série particulièrement vicieux qui parvient à leur tenir tête par sa seule volonté ! Il est assez incroyable de voir un personnage lever la voix sur les Mountain Men sans craindre la moindre représailles et il faut vraiment se raccrocher à l'explication qui nous est donné pour l'accepter: ils sont de la même famille. Difficile à croire qu'une personne physiquement irréprochable puisse provenir de la longue lignée de mutants consanguins qui hante les montagnes de Greenbrier depuis des générations, mais les faits sont là. Le sous-titre de cet opus, Bloodlines, signifie qu'ils sont liés par le sang et il avoue lui-même au détour d'une réplique qu'ils sont parents.
Tout laisse à penser que l'intrigue de ce cinquième film va tourner autour de la notion de famille, l'acceptation d'un membre éloigné et les différences qu'il faut savoir accepter et surmonter. Le tout à la sauce gore. Mais non ! En aucun cas le scénario ne touche à ces sujets et O'Brien doit s'en moquer éperdument, puisqu'il préfère lâcher ses monstres en plein centre-ville plutôt que d'approfondir les divers éléments qu'il met en place.



Son nouvel opus se déroule après la préquelle, mais évidemment avant les évènements narrés dans le Détour Mortel original. Une interquel en quelque sorte, même si toute notion de chronologie est désormais hors propos. Après une période non définie, les trois cannibales ont fini par s'installer dans une petite maison au fond des bois (oui, encore une), toujours dans le comté de Greenbrier. Ils y vivent avec un certain Maynard J. Odets, meurtrier en cavale depuis trente ans qui se trouve être de leur famille, même si nous n'apprendrons jamais rien de leur première rencontre. Étant donné que les mutants ne sont pas du genre à tergiverser lorsqu'ils rencontres des promeneurs, il est permis de se demander comment la petite bande en est venu  à faire de la coloc.
Tueur expérimenté, Maynard a prit les trois sous son aile et leur apprend à chasser en groupe et à ne laisser aucune preuve derrière eux. Une tâche difficile étant donné la stupidité affligeante des consanguins et leurs relations sont parfois houleuse, Maynard utilisant carrément une clef à molette pour dresser ses garçons. Pillant leurs victimes et recyclant les corps pour, on le suppose, se nourrir, la petite famille aurait pu poursuivre son train de vie sans perturbations si leur chemin n'avait pas croisé celui d'une bande jeunes en route pour un festival. Des proies parfaites auxquelles ils tendent un piège: l'homme se place au milieu de la route pour provoquer un accident et simule une blessure, attirant l'attention du groupe.
Alors qu'il agresse les personnes proches de lui, les cannibales sont censés venir à son aide pour lui éviter d'être neutralisé et éventuellement rattraper les fuyards. Seulement une patrouille de police est témoin de l'incident et embarque tout le monde au poste, leur présence déstabilisant les Moutain Men qui n'ont encore jamais dû faire face à cette situation. Déterminés à retrouver leur mentor et parent, ils embarquent alors dans leur camion direction la ville la plus proche, Fairlake, où Maynard est retenu prisonnier...



Voilà qui est couillu, courageux. Oser chambouler le statu quo et projeter les mutants dans un environnement qui ne leur est pas du tout familier, ce qui pourrait renverser les valeurs et offrir un peu de sang neuf. Obliger nos monstres à faire preuve de jugeote et tirer des leçons de leurs erreurs, les confronter à des choses qu'ils ne maîtrisent pas et qui pourraient bien vite les mettre en danger. Inattendu et carrément improbable étant donné que leur existence est censée demeurer un secret dans les histoires suivantes. Encore que si j'en venais a décortiquer minutieusement toute la série, cela pourrait à peu près expliquer la réaction du shérif de Détour Mortel 3 lorsqu'il entend une survivante évoquer la présence de cannibales dans les montagnes.
Mais s'il faut quand même justifier la présence des personnages dans un lieu où ils ne devraient jamais mettre les pieds, ce nouveau film ne cherche même pas d'excuse. La franchise sort régulièrement un nouvel opus pour les fêtes d'Halloween ? Voilà l'explication ! L'intrigue se déroule ainsi à cette période bien pratique pour permettre aux frères Hilliker de passer totalement inaperçu dans les rues pleines de gens costumés. Brillant. Mais là où il convient d'utiliser l'expression "jumping the shark", c'est lorsque l'on découvre que Fairlake ne propose pas un festival d'Halloween traditionel mais un Mountain Men Festival dédié aux consanguins qui hantent le comté depuis le siècle passé ! On en arrive presque au même niveau qu'un Hellraiser: Hellworld, où les Cenobites étaient perçus comme des personnages de fictions et célébrés par des milliers de fans à travers le monde quand bien même ils étaient absolument réel.
Ce qui n'était qu'une légende urbaine locale dans le film précédent est maintenant amplifié au point de devenir un fait historique très connu et célébré. Un personnage déclare que l'évènement est du même niveau que celui du Burning Man (dans le Nevada) et une reporter précise que Fairlake est littéralement envahie de visiteurs venu de tout le pays ! Difficile a croire dans ses conditions que Three Finger et les siens n'ai jamais été aperçu par quelques visiteurs chevronnés, journalistes de bas étage ou d'obsédés des mythes et légendes. En fait il est même étrange que personne n'ai profité de la fête pour se rendre dans l'hôpital du film précédent, qui devrait être connu pour avoir abrité bon nombre de malades difformes.



A vrai dire O'Brien s'en balance un peu puisque tout ceci n'est qu'un gimmick pour ce qui est le cinquième opus d'une série de petits films d'horreur sans imagination. Essayer de mettre de l'ordre et de la logique dans la franchise était déjà mission impossible depuis la préquelle, mais cette nouvelle entrée met la barre très haute puisqu'elle invente tout un nouvel historique autour des Montain Men. Quelque chose d'impossible à faire caser dans la chronologie ou même de raccorder avec ce qui a été raconté auparavant.
Nous apprenons ainsi que Fairlake fut fondé en 1814 et que les mineurs du coin étaient en conflit avec le "peuple des collines", les premiers Mountain Men, certainement déjà déments et incestueux alors. Durant la nuit d'Halloween de 1817, ceux-ci lancent une attaque sur la ville et s'emparent de tous les habitants, qu'ils tuent et dévorent dans les bois. Aucun corps ne fut retrouvé mais l'affaire est tout de même réputé pour être le plus grand massacre de tout l'état. Ce qui n'est guère plausible mais passons. Il s'agit maintenant du 10ème festival annuel et les gens paradent dans les rues habillés exactement comme Three Finger, Saw Tooth et One Eye. Ce qui est plutôt pratique pour permettre à ces derniers de venir faire du repérage sans être inquiété par leur apparence ou leur comportement pourtant suspect.
Alors si le film, pourtant baptisé Bloodlines, ne traite finalement pas de l'esprit de famille, le diriger vers un Wrong Turn: Halloween Night reste une bonne idée. Il y aurait de quoi jouer sur la présence de multiples faux mutants, comme dans Scream 2 ou cette scène d'Halloween 4, montrer la police être débordée et ne plus savoir différencier les citadins des consanguins. Le scénario pourrait aussi profiter de la célébration, mettre en scène des meurtres sous le nez de tout le monde, mais perçus comme des mises en scènes et des spectacles par les témoins alcoolisés. Nos mutants pourraient même jouer le jeu de se déguiser en monstres afin de se différencier des faux Mountain Men et ne pas paraître louche au premier regard. Enfin quoi, un tel sujet déborde de potentiel et pourrait être une véritable ode à cette fête de l'Horreur ! De toute la franchise, Détour Mortel 5 est probablement celui qui avait le plus de disposition à l'auto-dérision et au second degré. Il aurait pu sans problème se hisser au niveau de Wrong Turn 2 en terme de délire assumé et d'enthousiasme communicatif.



C'est donc sans surprise ce cinquième volet décide d'ignorer royalement toutes ces bonnes choses. Dire que le concept du Mountain Men Festival est sous-exploité serait un euphémisme, car hormis une ou deux scènes d'expositions, Halloween n'est jamais utilisés ou même mentionné par la suite ! L'idée était simplement de permettre l'isolation des protagonistes du reste des habitants et ainsi apprend t-on que toute la population s'est donnée rendez-vous dans un seul et même endroit pour faire la fête. Une zone que l'on ne verra même pas, le manque de budget ne permettant sûrement pas de réunir le décors et les personnes nécessaires.
Wrong Turn 5 gâche ainsi deux gimmicks en un coup, chacun ayant pu permettre de différencier ce volet de ses prédécesseurs, et préfère donner dans la redite par sécurité. Et par là je n'entends pas juste qu'il s'agit d'un slasher basique mais que le concept même prend racine dans Détour Mortel 3, où déjà les cannibales avaient affaire aux forces de l'Ordre. Ceux qui ont lu ma chronique se souviennent peut-être que l'intrigue avait été une occasion manquée de rejouer le formidable Assaut de John Carpenter, où l'un des mutants aurait été retenu contre son gré dans un petit commissariat tandis que ses compagnons partent à son secours. Et c'est justement ce que nous avons ici, avec Maynard qui attend patiemment en cellule que ses garçons viennent le délivrer ! Une idée pas mauvaise en soit mais qui n'excuse pas de foutre en l'air deux autres points de départ bien plus excitant.
Au moins je peux voir en quoi ils étaient nécessaire à O'Brien pour dépeindre le cadre de sa nouvelle histoire. On ne pouvait décemment pas avoir l'un des Hilliker être séparé de ses frères sous peine de déséquilibrer le trio et le personnage de Doug Bradley remédie totalement à ce problème. De plus, je comprends ce que sa présence est censée apporter aux mutants, qui est de les prévenir des risques de la civilisation et de la nécessité de vivre caché. Le problème c'est que tout cela n'était pas nécessaire vu comment ils se débrouillaient très bien sans lui dans l'aventure précédente, et que cela vient sacrément altérer le concept initial d'hommes des bois sauvages et quasi mythiques. Enfin la grande fête d'Halloween était le meilleur moyen de vider le quartier de ses habitants, faire en sorte que les personnages se retrouvent seuls contre la menace et privés de tout contact avec l'extérieur. En concept, cela semble logique et bien pensé, mais dans l'exécution, c'est l'un des points faibles du film.



D'emblée Fairlake nous est présenté comme une toute petite ville. Même avec un festival en cours, il est difficile de croire que personne n'ait décidé de rester chez soit ou même de se promener dans le coin. C'est d'autant plus problématique qu'il y a un hôtel dans cette zone précise et qu'il est précisé que la fête attire beaucoup de touristes. Même dans l'idée où la majeur partie des résidents se sont déplacés au cœur de la fête, où sont les retardataires, les ivrognes, les patrouilles de police, ou même simplement le personnel de l'hôtel ? Mais rien n'y fait, Fairlake est devenue une ville fantôme où il est permis de tirer des coups de feu, de faire exploser des bâtiments ou même de créer tout un blackout sans que personne ne vienne voir ce qui se passe.
Et le pire c'est que je me sens très con de relever ça comme un défaut, étant donné que je parle de Détour Mortel 5 ! A ce stade qui en a quelque chose à faire, honnêtement ?  Pourtant il faut quand même différencier ce qui est de la suspension d'incrédulité et ce qui est de la connerie pure et simple. Par exemple, si le Mountain Men Festival est le plus gros évènement annuel de la ville, comment se fait-il qu'il n'y ait pas une seule décoration dans toute la ville ? Pas une guirlande, pas une citrouille, pas même une banderole ! Quand je vous disais que tout ceci n'était qu'un prétexte pour permettre la présence des Hilliker, ce n'était pas une façon de parler.
Alors du coup, il reste quoi ? Des meurtres sanglants bien sûr, et c'est a peu près la seule chose qui transparait dans le film. En fait c'est à peine si l'on se raccroche à autre chose, puisque personne n'a de véritable but ici. Autrefois les survivants devaient trouver une échappatoire, des armes, secourir leurs amis, parfois ramener des secours. Là ils attendent simplement que le temps passe et on sait d'avance qu'ils sont condamnés. O'Brien trouve même le moyen de les rendre tous antipathiques d'une manière ou d'une autre, ou bien parce qu'ils prennent des décisions particulièrement stupides, ou bien parce qu'ils se montrent condescendants les uns envers les autres. En fait seul un personnage d'ivrogne remporte l'adhésion du spectateur car il offre son aide en comprenant que la shérif est dépassée par la situation, et tente de rassurer une adolescente terrifiée. Et naturellement, il va périr dans d'atroces souffrances.



Au programme de cette cuvée 2012, de la torture et rien que de la torture. Un bellâtre se fait défoncer les jambes à coups de maillets avant d'être abandonné sur une route, pour mieux lui rouler dessus en camion en le regardant ramper. Une jeune femme est éventrée d'un coup de hache et Three Finger ramasse ses entrailles pour lui donner à manger dans son agonie, un type se fait enfermer dans un tonneau qui est placé au-dessus d'un feu et une idiote se fait crever les yeux au coupe-papier pour avoir fait confiance à Doug Bradley. La palme revient à une séquence qui semble être particulièrement inspirée de la machine à couper les têtes de Caligula, lorsque deux adolescents se réveillent en plein terrain de foot après avoir été capturés. Enchaînés au but ou enterrés jusqu'au cou, ils sont à la merci d'une gigantesque fraise à neige et finissent évidemment en bouillie.
L'épilogue, cruel, donne à Angela le choix entre deux façons de mourir abominables (brûler vive ou se faire exploser le visage au fusil) mais surtout se montre particulièrement abjecte envers l'une des adolescentes, celle devenue aveugle. Plus tôt dans le film, Doug Bradley la tourmente en lui racontant comment il va mettre fin à ses jours avant de se raviser, expliquant qu'il va la garder en vie pour la violer et permettre aux Hilliker d'abuser d'elle avant de lui arracher les seins en guise de trophée. La jeune femme terrifiée prend la fuite et on la retrouve à errer sur la route dans les dernières minutes. Un véhicule s'arrête et le conducteur la guide doucement vers l’habitacle. Est-elle sauvée ? Non bien sûr, car il s'agit de nos cannibales et la situation ne manque pas de faire rire Maynard justement.
Voilà qui soulève le gros soucis du film: il est tout simplement détestable. Que Wrong Turn 5 soit un énième rejeton d'une franchise ridicule, qu'il soit conçu en vitesse avec un scénario pathétique et aucun budget, c'est une chose. Je passe ma vie a regarder des petites séries B et le film s'adresse clairement a un public qui n'est pas trop regardant sur la qualité, donc le problème n'est pas là. Seulement il ne ressort de ce Détour Mortel 5 que de la méchanceté gratuite, liée au comportement des antagonistes. Ceux-ci apparaissent comme arrogants, prennent plaisir a faire souffrir les autres et sont totalement immunisés de toute contre-attaque par la magie du scénario. Un peu comme les tueurs du Funny Games de Haneke, mais sans le rapport au voyeurisme et à la violence qu'il y a derrière.



Comme dans le film précédent, il n'y ici rien d'effrayant ou de choquant à proprement parler. Mais il n'y a rien d'amusant non plus et il ne s'agit en aucun cas d'une forme d'humour noir. Le fait est que les Mountain Men sont tout simplement énervant. A les voir s'attaquer aux autres à plusieurs et se marrer comme des gamins devant les sévices qu'ils infligent, ils ne ressemblent plus à des monstres mais à ces petites terreurs qui vous menaient la vie dure au collège. Vous savez, comme ces petits garçons qui s'en prennent à Bastien dans L'Histoire Sans Fin et le balance dans une poubelle pour s'amuser. Pour ceux qui ont connu ça dans leur jeunesse, vous en conviendrait que ce n'était pas de la peur que vous ressentiez vraiment, mais plutôt de la colère. Et c'est exactement le cas ici, tant le film s'applique à dresser un portrait vraiment puéril de ces mutants.
Il devient alors impossible de s'impliquer dans le film d'une façon ou d'une autre et la seule chose qui nous fasse tenir est l'espoir de voir Doug Bradley être trucidé par ses propres ouailles, ce que le scénario semble mettre en place en début de film avec ses maltraitances. Mais évidemment cela n'arrive pas et la petite bande parvient à fuir sans visiblement craindre l'enquête des US Marshals qui ne manquera pas d'être mise en place dès le lendemain matin. A ce stade, il pourrait se passer n'importe quoi dans le récit que cela n'aurait plus aucune importance. En voulant donner dans la démesure et l'horreur triomphante, Declan O'Brien perd son audience et se montre guère plus mature qu'un adolescent de quinze ans persuadé de pouvoir traumatiser tout le monde.
Que reste t-il d'intéressant au final ? Pas grand chose, peut-être encore quelques traces d'humour lorsque Saw Tooth ramasse une main tranchée en réponse à l'expression "donner un coup de main" ou que One Eye s'examine dans le miroir en vérifiant qu'il n'a pas un morceau de viande coincé entre les dents. Doug Bradley semble totalement s'éclater à insulter tout le monde et à semer la zizanie depuis sa cellule, traitant ses amis mutants de "pinheads" et dégageant une présence indéniable par rapport au reste du casting.  Le monteur a enfin comprit où faire apparaître l'écran-titre, utilisant ici une main coupée qui s'ouvre en grand dans un spasme pour afficher le n°5. Après trois tentatives avortées, c'est toujours ça de prit.



Et c'est à peu près tout. Il y a encore beaucoup de nudités gratuites pour nous distraire des faiblesses de la réalisation, mais j'ignore si c'est une bonne ou une mauvaise choses. En fait la toute première scène du film met dans l'ambiance en montrant un couple s'envoyer en l'air sous une tente, comme pour confirmer le degré zéro de la mise en scène de ce Wrong Turn 5. Plus tard, un adjoint et une étudiante s'en vont batifoler dans une voiture pendant trois ou quatre minutes, tout ça pour simplement empêcher Angela de le joindre par radio. Au moins c'est agréable à regarder, même si du coup la séquence qui met en scène la jolie Roxanne McKee paraît bien sage à côté, étant donné que l'actrice devait avoir une close de non-nudité dans son contrat. Au moins elle porte le traditionnel débardeur blanc et exhibe ses jolies gambettes.
Les CGI sont toujours présent mais désormais réduit au strict minimum, afin de permettre quelques trucages qui n'auraient pas été possible compte-tenu du temps de tournage et du budget (quelques giclées de sang et raccords gore, l'incendie final), ce qui est clairement une amélioration par rapport aux deux derniers films. En contrepartie la réalisation n'est pas sans faire quelques choix étranges, comme l'utilisation de musiques classiques reprises à la guitare lors des scènes de meurtres. Pourquoi donc la Sonate au Clair de Lune lorsqu'une jeune femme est contrainte d'avaler ses propres entrailles, enfin ?!
Les maquillages sont lamentables, tout simplement les pires que la série nous ait offert. Saw Tooth et One Eye sont à peine reconnaissables et vaguement employés. Three Finger est sans surprise le favori et il est de nouveau incarné par Borislav Iliev de Détour Mortel 3, mais se retrouve bridé par la présence de ses frères et ne se lâche jamais autant qu'on le voudrait. Inutile de mentionner le manque de cohérence dans leur résistance à la douleur, puisque comme d'habitude les Mountain Men peuvent encaisser une balle dans l'épaule sans broncher, et s'écrouler de douleur avec un petit coup sur la tête...



Le scénario, troué de partout, fait disparaître des personnages juste après les avoir présentés (l'équipe de reportage, l'homme à la radio) et tente de nous faire croire que des consanguins vivant dans les bois depuis toujours peuvent conduire un véhicule en centre-ville sans commettre la moindre infraction au code de la route, reconnaître une centrale électrique et savoir la désactiver, ou deviner par l'opération du Saint Esprit dans quelle chambre de motel leurs proies se sont installées. Bref. N'en jetez plus, la coupe est pleine.
Détour Mortel 5 est unanimement conspué, gagnant haut la main le grade de pire film de la saga. Dans les bonus DVD, Declan O'Brien exprima son désire de poursuivre la franchise et de faire de la jeune aveugle l'héroïne d'un futur Wrong Turn 6, ce qui aurait pu rendre l'épilogue de ce cinquième volet un poil moins lugubre et peut-être même réparer les soucis de continuité que pose Maynard (qu'advient-il de lui sur le long terme ? Est-il le vieil homme de la station service vu dans les deux premiers films ?). Et bien vous pouvez oublier tout ça car O'Brien céda la place au débutant Valeri Milev pour s'en aller réaliser un autre DTV à la place, à savoir Joy Ride 3: Road Kill, le troisième volet du thriller connu chez nous comme Une Virée en Enfer.
Wrong Turn 6: Last Resort, lui, ne reprend absolument pas les personnages et éléments mis en place dans Bloodlines, ce qui fait de ce cinquième opus un film totalement inutile et donc parfaitement oubliable. Quant à ce nouveau Détour Mortel, il est nettement meilleur et livre exactement ce qui n'a pas été exploité ici: un étrange rapport de famille entre les Mountain Men difformes et leurs cousins propres sur eux.



jeudi 13 novembre 2014

The Walking Dead (5.05)

Ep.5.05
Self Help


Du Walking Dead pur jus cette semaine, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Pour le meilleur d'abord, car ce n'est pas souvent qu'on peut trouver quelque chose de spécialement intéressant dans cette série. Self Help bouge pas mal et apporte de grosses révélations. Dans ses dix dernières minutes. Avant cela il faut se farcir un ventre mou interminable qui cristallise tous les poncifs du show (ça parle, ça tente de créer de l'émotion ou de renforcer des liens entres les personnages, ça rabâche des situations que l'on connait par cœur, bref on se fait chier et ça remplit l'épisode) mais lorsque le contexte se renouvelle, amorçant un virage décisif dans la narration pour préparer un nouveau chapitre dans l'histoire, et bien ça marche. Il se passe enfin quelque chose et nous pouvons voir les personnages devoir s'adapter, faire des choix décisifs, se disputer à cause de ce chamboulement de plan inattendu.
Abraham surtout, centre de l'épisode, voit son avenir idéalisé se briser et doit maintenant faire face à la dure réalité. Et quand bien même je roulais des yeux dès qu'il parlait de pouvoir sauver le monde, chapeau aux scénaristes qui ont su ramener cette idée au simple rang de fuite mentale. Voyez-vous, Eugène dévoile un lourd secret que les lecteurs du comic-book ne seront pas surpris de voir. Certes les circonstances sont sensiblement différentes (pas de radio, l'idée ayant été reprise bien plus tôt avec Rick et son téléphone imaginaire) mais le résultat est le même.
Un flash-back épisodique, montré tout au long de l'épisode, nous apprend la façon dont le colosse et le scientifique ont fini par se rejoindre, et il apparaît que l'instance d'Abraham pour remplir sa mission n'est qu'une façade. Un but qu'il s'est donné sans vraiment y songer, suite à une tragédie qui l'a amené au bord du suicide.



Donc non, le showrunner n'a pas bêtement réécrit cette partie de The Walking Dead et je suis très heureux de voir qu'il n'y aura pas suite à l'intrigue de Washington et du remède. Aucun retour possible vers une civilisation "normale" et c'est tant mieux.
Rajoutons à cela des tensions qui font éclater le faible équilibre du nouveau groupe, la belle Rosita s'opposant pour la première fois à son chef (et amant !) et Glen devant jouer la voix de la raison alors qu'il est d'ordinaire très en retrait. Bref, Self Help chamboule le statu quo, et même si je crains que le reste de la saison ne modifie jamais vraiment les choses de façon permanente (Glen restera un suiveur timide, Abraham conservera sûrement son assurance, etc.), ça fait du bien de voir The Walking Dead sortir des sentiers battus et oser foutre un peu de désordre dans son écriture jusqu'ici en pilotage automatique.
C'est très bien, bravo ! J'applaudis sincèrement.
Et pour rester dans les bonnes choses, la séquence gore de la semaine se trouve être très originale. Du jamais vu même, puisqu'il s'agit de l'utilisation d'un camion de pompiers et de sa lance d'incendie pour faire le ménage dans une bande de morts-vivants. Le jet d'eau fait exploser des têtes, perdre des membres, fait de gros trous dans les corps. Innovant, et en 2014 ce n'est pas rien ! Dommage simplement que la pression d'eau n'ai pas l'air si puissante que ça, donnant parfois l'impression que les corps des zombies doivent être en carton-pâte pour se détruire aussi rapidement.
Mon âme de geek tente de me persuader que toutes ces bonnes choses sont dues  en partie grâce au réalisateur, Ernest Dickerson, celui qui fut l'auteur du génial Le Cavalier du Diable (alias Tales From the Crypt, le film) et dont je n'arriverai probablement jamais à dire du mal. Mais je sais que non, tout l'honneur en revient aux scénaristes et il faut rendre à César ce qui est à César. Au moins je n'ai pas trop à médire sur le travail d'un artisan que j'apprécie.



Quand je dis "pas trop", il y a quand même quelques choses qui ne vont pas, et j'étends par là tout le reste de l'épisode. Puisque les personnages n'ont rien à faire en attendant la conclusion et le massacre de zombies hebdomadaire, et bien ça discute. Et ça discute, et ça discute encore. Les dialogues ne sonnent jamais juste ou bien sont trop anecdotiques pour être remarqués (surtout quand entendu a peu près trente milles fois pendant ces quatre dernières saisons), ou juste totalement stupides comme cette discussion sur le mythe de Samson.
Lorsque les protagonistes passent la nuit dans un bâtiment, la scène où chacun exprime ses doutes et se rassure les uns les autres se répète en boucle au moins trois fois (combo Glen / Maggie, Abraham / Glen, Eugène / Rita). Déjà interminable en soit, ce n'est que plus agaçant lorsque l'on sait qu'on a déjà vu tout ça auparavant dans la prison, dans la ferme de Hershel, puis encore ailleurs, et encore et encore. Visiblement les scénaristes ne s'en lassent pas et doivent confondre les scènes d'expositions avec celles de caractérisation. Il y  a quand même une sacré différence entre approfondir un personnage, ses peurs et ses décisions, et voir les mêmes bonhommes jouer sempiternellement le coup des gars incertains mais se soudant les coudes pour vaincre tous les obstacles.
Assez. On en a mangé pendant quatre saisons déjà. Il est temps de passer à autre chose.



Bref. Reste le comportement sensiblement dérangeant d'Eugène qui, bien que sympathique dans le fond, va quand même trafiquer le véhicule du groupe, risquant leur vie, et jouer le voyeur lorsque Rosita et Abraham font l'amour dans leur coin. Tout ça sans nécessairement penser à mal mais transformant ce qui est comportement asocial en sacré petit manipulateur.
Des faiblesses de caractère étranges, un poil flippantes, mais qui n'en font pas un antagoniste pour autant. Dans une série comme The Walking Dead, j'irai jusqu'à dire que c'est un personnage complexe. Après des épisodes entiers à ne rien le laisser faire, c'est plutôt courageux d'explorer son caractère et sa façon de voir les choses. J'espère juste que cela ne signifie pas la mort imminente du personnage, comme c'est généralement le cas dans la série: aussitôt que quelqu'un de (très) secondaire est mis sur le devant de la scène, cela signifie qu'il disparaît. Après tout, le prêtre vient de remplacer Bob, donc je suppose que l'évadé de l'hôpital pourrait prendre la place d'un autre membre de la Team Rick...

Je conclurai juste en disant que faire un épisode où la belle Christian Serratos a une scène de sexe, mais qu'on nous laisse rien voir, est purement criminel. En faite ça fait même un moment qu'on a pas eu droit de voir son petit nombril. Scandaleux. Zero stars, thumbs down.