lundi 27 octobre 2014

The Walking Dead (5.03)

Ep.5.03
Four Walls and a Roof


The Walking Dead, saison 5, épisode 3. Que dire de plus ?

Cette troisième entrée porte le titre de Four Walls and a Roof, mais elle aurait pu tout aussi bien s'intituler Black Dude Dies and Gets Replaced by Other Black Dude, parce que c'est vraiment tout ce qui se passe ici. Lorsque l'épisode commence, il répète ce que l'on a vu la semaine précédente, avec un long discours nonsensique de Gareth, le leader des cannibales, auquel on ne fini par même plus porter attention. Au final il est interrompu par Bob, leur prisonnier, qui leur explique avoir été contaminé et présente une problématique intéressante: les personnages sont désormais condamnés, avec seulement quelques heures grand maximum avant l'inévitable transformation en morts-vivants. De quoi faire rebondir la situation et rendre la petite bande encore plus dangereuse car n'ayant plus rien a perdre. Je ne suis pas scénariste mais je peux imaginer tout un tas de façons d'utiliser ce retournement "inattendu" et créer quelque chose d’intrigant. Après tout, nous avons là des protagonistes qui forment le chainon manquant entre le Survivant et le Zombie !
Mais non, comme toujours la série fait le mauvais choix et ce qui devrait être un important revirement n'affecte aucunement le groupe au-delà de cette scène. En fait, leur réaction immédiate  est de poursuivre leur attaque contre Team Rick, sans qu'il n'y ait le moindre problème de cohésion au sein de leur équipe, et ils se font tous démonter la tête quelques secondes plus tard. J'imagine que le concept était de montrer que nos héros ne perdent plus de temps a essayé de raisonner leurs adversaires, mais du coup l'excuse de la viande contaminée apparaît plus comme une façon d'amener les cannibales a libérer Bob et commettre une erreur de calcule dans leurs projets, plutôt que comme un véritable évènement en soit.


Le reste est si prévisible qu'on est en droit de s'agacer, entre le prêtre offusqué de voir des meurtres commis dans la Maison du Seigneur (ce a quoi un personnage réplique que ce n'est plus le cas et qu'une Église n'est maintenant qu'un abris comme un autre – d'où le titre de l'épisode) et la façon dont Gareth tente de jouer les victimes lorsqu'il réalise qu'il a perdu. Autant de sujets qui se veulent sensibles ou profonds, pour nous faire questionner sur la nature humaine et sa propension a la bestialité, mais qui tombent totalement a plat.
Les mecs sont des cannibales qui considèrent les gens comme du bétail et qui ne font même pas l'effort de s'interroger sur leur propre comportement quoiqu'il arrive. Pourquoi faudrait-il pardonner leurs actes (comme le suggère Tyreese, rions) ou remettre en question l'idée de les neutraliser une bonne fois pour toute ? Dans le monde de Walking Dead, on en a tué pour beaucoup moins que ça et nous arrivons a un point où la morale civilisée et/ou religieuse n'a plus sa place. Bon sang, même Gareth remet sur le plat le fait que lui et les siens ne puissent plus "revenir en arrière" et faire comme s'il ne s'était jamais rien passé ! Et naturellement lorsque Abraham ramène l'idée qu'on puisse sauver le monde en supprimant la menace Zombie, personne ne vient le contredire ou juste supposer que, peut-être, ça n'est plus une vraiment une solution effective désormais.


Sinon Michonne retrouve son katana, Bob nous offre une longue scène d'adieu similaire a toutes les autres depuis le début du show et Tyreese prouve une bonne fois pour toute qu'il n'est qu'un gros Bisounours a des années-lumières de son pendant comic-book, entre sa manière de faire la morale a sa sœur et la confirmation qu'il n'a en fait pas tué l'homme qui avait menacé bébé Judith dans No Sanctuary. Super.
La story-arc des cannibales est donc totalement résolue après seulement trois épisodes et le groupe se sépare, encore, très artificiellement. D'un côté Abraham, qui marchande la présence de Scott et sa compagne et part en route pour Washington, et Rick de l'autre, qui préfère attendre le retour de Carol et Daryl... Lequel débarque finalement le soir même. Ça valait la peine de faire monter la tension pour ça, tiens !
Le cliffhanger semble nous faire croire que nous avons perdu Carol hors-champs, avec peut-être le retour de Beth pour la remplacer, et si je ne vois pas vraiment dans quelle direction la série va s'orienter, je n'en ai pas grand chose a faire non plus. Absolument rien ne vient nous tenir éveiller ici puisque, encore une fois, The Walking Dead prend soin d'esquiver tout sujet potentiellement intéressant (le groupe de Gareth réalisant qu'ils sont contaminés a cause de leur imprudence) ou essayant de rendre grave ou significatif une situation qui devrait pourtant couler de source (tuer des cannibales parce que... se sont des cannibales. Ils tuent et mangent des gens. Après cinq ans a vivre dans un monde post-apocalyptique, en quoi est-ce difficile de concevoir que les supprimer est la bonne chose a faire, bon sang ?!).


Quant au "passé tragique" du prêtre, il se limite a l'habituelle backstory du gars qui était relativement lâche ou inattentif et qui a la mort de plusieurs personnes sur la conscience alors qu'il ne le voulait pas. Autant dire comme tout le monde, pas de quoi en faire tout un plat. De toute façon maintenant que Bob a disparu, la vraie raison de sa présence nous est révélée et il s'agit d'un simple renouvellement de casting qui tente bêtement de paraître choquant et tragique.

Sérieusement, on peut pas revoir Le Jour des Morts-Vivants plutôt ?


Toxic Crypt

http://www.toxiccrypt.fr/

Et bien, encore quelques remerciements pour le très sympa Rigs Mordo, qui tient la Toxic Crypt. Celui-ci vient de rajouter L'Imaginarium dans sa rubrique "Contact et liens", afin de lui attirer quelques visiteurs. Plus tard peut-être, un petit article de news sur le site afin de donner une présentation du blog. Un geste très très apprécié !


Vidéotopsie n°15 REVIEWS


Et bien, voilà qui est gratifiant ! Vidéotopsie n°15 commence tout juste a sortir et frappe bien fort, se retrouvant déjà avec quelques retours positifs. Deux chroniques furent écrites hier, et pas des moindres puisque l'une d'elle provient de Toxic Crypt, jeune site dédié a l'Horreur, au Bis et autres "Mad Movies", et l'autre de Diabolikzine, pendant Web du fanzine du même nom. En gros des fans de la première heure dont l'avis compte énormément. Voilà donc qui est très encourageant (et mérité !) pour David Didelot, même s'il faut reconnaître que Vidéotopsie n°16 verra probablement le jour quoiqu'il arrive. Suite à la petite bombe que fut son livre Gore, cela laisse rêveur quant a ce que ce grand bonhomme peut nous concocter pour la suite.

Comme je le disais précédemment, à ma découverte du fanzine, cela paraît totalement absurde de se voir ainsi cité aux côtés de gros bosseurs et connaisseurs sans doute bien plus éclairé que moi. Visez un peu le boulot accompli par les gars: interview de Léon Paul de Bruyn, qui revient sur le Tromatique Maniac Nurses (♫ Find Ecstasy ♪ malgré tout, parce que ça reste rigolo), dossier sur la saga Hurlements, dont le dernier épisode me laisse encore KO (faire pire que New Moon Rising fallait le faire), un grand hommage a Madame Annie Belle, ancienne compagne de Al Cliver. Une visite du délirant Kiss Museum de LE PAT. Et puis bien sûr, il y a un petit quelque chose a propos du livre Gore – Dissection d'une Collection, sorte de conclusion a l'aventure. Perdus dans tout ça, des tonnes de textes (d'où l'épaisseur surprenante du fanzine) très intéressants. 
Une analyse de Vicieuse et Manuelle, véritable film-fantasme qui réuni les déesses Annie Belle et Laura Gemser, des chroniques de quelques classiques comme King Kong contre Godzilla,Vampyros Lesbos ou Hollywood Chainsaw Hookers (ah si, si). Et j'en passe puisque entre le passage en revue de quelques fanzines et nouveautés (Zombie 108, que je ne m'attendais pas a trouver là), je fini par m'y perdre sans le zine entre les mains...


Et puis dans tout ça il y a ce bout de texte sans importance, concernant un film que personne n'a jamais vu. Cannibal Mercenary. Le peu de confiance que j'avais en moi étant récemment passé a la poubelle, j'avoue ne m'être attardé dessus que pour jeter un œil a la mise en page et me dire "oui, ton papier est bien là." Aussi même avec du recul je ne peux pas me prononcer sur ce texte. J'imagine qu'il doit partir un peu dans tous les sens entre mes divagations sur le cinéma italien et Hong-kongais, la description des sévices qui traversent le film et cet encart a propos d'une suite invisible qu'il me sera impossible de découvrir.
Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que les deux articles félicitant ce 15ème numéro de Vidéotopsie évoque cette chronique. Vu le sommaire incroyable de la revue, je ne crois pas que ma participation soit a la hauteur du travail de passionné abattu par mes "collègues" et je suis resté pantois devant les quelques mots écrit par Rigs Mordo pour Toxic Crypt: mon article serait un "gros morceau" qui "décrit avec brio" le film dont je traite. Moi qui me souviens encore envoyer avec appréhension mes fichiers a David, pensant ne pas être vraiment digne de son fanzine et de ses participants, je suis plutôt sur le cul.


Je ne peux remercier assez David qui, il y a quelques mois encore, tentait de me convaincre que ma chronique était tout ce qu'il y a de plus correct, pour avoir accepté mes quelques documents. Et je crois qu'il en va de même pour Monsieur Rigs Mordo et ses quelques mots qui, en cette période post-apocalyptique pour moi, me touchent profondément et m'encouragent a continuer. Il y a quinze ans, j'aurai considéré ça impossible mais génial. Il y a dix ans, j'aurai sauté sur l'occasion pour pondre dix milles textes et les distribuer a tout autant de fanzines, me donnant l'impression d'être un journaliste pour ce Mad Movies que je bouquine depuis toujours. De nos jours, ça me paraît simplement incroyable d'avoir pu atteindre un lectorat partageant ma passion pour le genre.
Certes ce n'est pas grand chose, mais ça fait quand même son effet. J'ose simplement espérer pouvoir réitérer l'expérience désormais.

Pour les intéressés, ces deux reviews de Vidéotopsie n°15 sont trouvables sur leur site respectif.

Par Roberto Tobias (

Par Rigs Mordo (http://www.toxiccrypt.fr/)

Et naturellement, le fanzine Vidéotopsie se trouve a travers son blog, Vidétopsie Fanzine Cinéma, et sa page Facebook, Vidéotopsie Fanzine. Achetez-le, c'est limite plus engageant que ce que l'on trouve dans la presse dite "professionnelle".


dimanche 26 octobre 2014

Constantine (1.01)


Ep.1.01
Non Est Asylum

"Bollocks"


On se goinfre assez de Batman comme ça et la série Gotham ne fait donc pas partie de mes priorités. Avec l'arrivée prochaine de Avengers 2 du côté Marvel, DC Comics semble s'investir plus que jamais dans sa division cinéma et passe son temps a faire le buzz a propos de ses futurs projets (on nous sort un calendrier de film sur plusieurs années alors qu'aucun script n'est encore écrit), et a nous matraquer de pubs a propos de ses show télé comme Gotham, Arrow et le nouveau venu Flash. Malgré tout mon amour pour cet univers, et bien que je sois un fidèle lecteur, tout ceci me laisse de marbre pour rester poli. De toute façon je suis certainement de ceux qui n'ont pas encore bien digéré le "reboot" Nu52 et cela m'a rendu assez sélectif concernant les productions DC. Et a vrai dire, ces séries m'apparaissent surtout comme de nouveaux Smallville.
En revanche j'étais assez impatient de découvrir cette nouvelle version de Hellblazer depuis son annoncement. Avec Gotham qui commence juste, j'ai l'impression que la maison d'édition ne mise pas vraiment sur sur cet autre show pour se faire de l'audience et son arrivée fait beaucoup moins de tapage que ses aînés. En fait j'ignorais même que l'épisode pilote avait déjà fuité sur le Net quelques temps auparavant ! Mais si Constantine passe un peu sous silence, il faut avouer qu'il se trimballe un lourd passé avec cette risible adaptation de 2005, et même neuf ans plus tard, un doute subsiste. Est-il vraiment possible de mettre en scène ce détective de l'occulte, ce britannique buveur et clopeur qui n'a absolument rien d'héroïque et qui tape même sur les nerfs de beaucoup de super-héros ?
S'il est encore trop tôt pour se prononcer avec certitude, j'aurai quand même tendance a dire que oui. Totalement. Constantine version télé s'annonce encourageant et pourrait même devenir un must-see pour peu que la saison soit bien prise en charge par les responsables.


Parmi ceux-là, on retrouve quelqu'un de très connu: David S. Goyer. De Blade à Man of Steel, en passant par le Batman de Christopher Nolan, il est un peu l'homme du moment concernant cette (longue) période "comic-book" au cinéma. Capable du meilleur comme du pire, et on se souvient tous de la débâcle que fut Blade: Trinity pour n'en citer qu'une, le scénariste aurait très bien pu remodeler le personnage de John Constantine pour en livrer une version peu flatteuse sur le petit écran. Et considérant son point de vue sur She-Hulk et Martian Manhunter, il serait légitime d'avoir des craintes. Heureusement le résultat se montre des plus respectables et, bien qu'il ne s'agisse que d'un premier épisode, cela laisse envisager le meilleur pour la suite. En fait Goyer partage ici le scénario avec une autre personne, donc il est difficile de porter un véritable jugement à ce propos...
Quoiqu'il en soit, Non Est Asylum est une entrée en matière tout ce qu'il y a de plus banale pour un univers aussi riche et si cela peut rebuter les fans de la première heure, il faut quand même rappeler que le but est surtout de sensibiliser le grand public. Il est donc évident que l'intrigue ne puisse pas être particulièrement complexe et que les péripéties qui en découlent soient limitées dans un premier temps. Donnons a Constantine le bénéfice du doute, d'autant que la série fait mieux en 40 petites minutes que tout le film de 2005 avec pourtant la même histoire !


Le prologue présente un John Constantine au bout du rouleau qui s'est volontairement fait interner a l'asile de Ravenscar, afin de surmonter la culpabilité qui le ronge. Quelques temps plus tôt il fut amené a exorciser une gamine de neuf ans, Astra, et conjura un puissant démon du nom de Nergal afin d'effrayer la créature ayant possédé l'enfant. Malheureusement le monstre invoqué était incontrôlable et tua la petite, emportant son âme en Enfer où elle souffre désormais pour l'éternité.
Accablé de remord, Constantine se laisse aller aux électrochocs et aux thérapies de groupe en espérant remonter la pente, mais un esprit vient l'avertir d'une sombre affaire, l'obligeant a reprendre son travail. Il doit maintenant retrouver une jeune femme du nom de Liv Aberdine, fille d'un ami et collègue décédé, qui est en danger de mort. Parce qu'elle possède le même don que son père, elle est devenue la cible du démon Furcifer et notre spécialiste de l'occulte doit non seulement trouver un moyen de la protéger, mais aussi de lui expliquer son héritage dont elle ignore tout.
Un script simple qui reprend pourtant pas mal d'éléments qui composaient déjà la version 2005: un John Constantine lessivé qui se sait damner pour l'éternité, et se disputant avec un Ange qui lui reproche sa façon de vivre, une jeune femme innocente se retrouvant catapulté dans un monde surnaturel dont elle ignore tout, ainsi que  la mort et la résurrection de Chas, le meilleur ami de Constantine. Assez troublant. 


Pour ceux qui pense qu'un sentiment de répétition est normal étant donné que les deux œuvres s'inspirent de la même BD (il y a ici, il est vrai, un peu de Dangerous Habits, une histoire de Garth Ennis, via le destin funeste du héros) et bien... Non, tout ceci était exclusif au film de 2005 ! Ou bien le concept de la demoiselle en détresse plaît aux scénaristes américains, ou bien ils sont victimes d'un sacré manque d'imagination alors qu'ils travaillent sur un univers où l'on peut faire a peu près tout et n'importe quoi.
Mais pourtant, allez comprendre, cette fois ça fonctionne très bien. Peut-être grâce au soin apporté aux personnages et a leurs interactions, et tout particulièrement à Constantine lui-même qui est brillamment interprété par Matt Ryan et assure le spectacle a lui tout seul. Oubliez Keanu Reeves et son jeu mono-expressif, ici notre exorciste est charismatique, sarcastique, il plaisante, il pleure, il gueule, il noie son chagrin dans l'alcool en dissertant sur les Ramones et les Sex Pistols. Et il est blond et british. Seule sa manie de fumée est étrangement absente, même si on le voit régulièrement manier le Zippo. Peut-être les producteurs souhaitaient-ils éviter d'appuyer sur un autre élément déjà vu dans le film...
Bref c'est un quasi sans faute pour ce qui demeure l'attraction principale de la série télé et on peut déjà affirmer que suivre John Constantine sera des plus agréables... Du moment que les scripts tiennent la route !


Son fidèle compagnon Chas, conducteur de taxi, est aussi appréciable. De toute façon il aurait été difficile de faire pire que la version Shia LaBeouf. Le show semble lui ajouter un certain pouvoir, alors qu'il n'est censé être qu'un être humain ordinaire, et Constantine le décrit comme possédant de "grands talents de survie". Ce qui se traduit ici par une énigmatique résurrection alors qu'il a été empalé par un démon ! Affaire a suivre.
Le reste du casting cherche encore ses marques, comme ce personnage d'Ange descendu sur Terre pour "guider" Constantine et l'amener a faire le Bien autour de lui. Assez anecdotique pour le moment, il apparaît malheureusement trop stéréotypé pour être appréciable et il faut espérer que le reste de la saison lui donne un peu plus de choses a faire que de jouer les moralisateurs. Quant a Liv, elle est tout simplement inutile. Son rôle se limite a être le repère du spectateur, ce protagoniste qui pose les questions et qui permet d'introduire petit à petit les éléments fantastiques dans un réalité a priori banale. Et tout comme l'Agent Myers dans Hellboy, elle n'a malheureusement pas de rôle ni de personnalité en-dehors de cette fonction ! Pour le seul personnage féminin de la série, autant dire que c'est une déception et les responsables ont dû s'en rendre compte puisque l'actrice a été congédiée et son personnage écarté de la série !
Cela s'en ressent un peu lors de l'épilogue, où Liv est témoin d'un meurtre d'origine surnaturel. Il semble évident qu'elle devait prendre conscience de son talent et ainsi prendre la décision d'aider Constantine dans ses aventures, mais la conclusion amène le résultat opposé. Son personnage ne réapparaît plus et c'est à un autre d'expliquer pourquoi elle a préféré de fuir et ne pas s'impliquer dans cet univers paranormal. Si l'exécution est maladroite, on ne peut qu'approuver cette décision de ne pas poursuivre dans une mauvaise direction, et sa remplaçante s'annonce immédiatement plus intéressante. Zed, une ex de Constantine, également versée dans l'occulte et qui possède ses propres talents. Une sidekick qu'on ne se traînera pas comme un boulet, ce qui est un soulagement.


D'autres personnages sont a prévoir et c'est rien de moins que le Spectre, alias l'esprit de la Vengeance personnifié, qui va apparaître cette saison ! Pourvu que la série arrive a lui trouver un design intéressant et surtout ne pas le limiter a son alter-ego humain, par peur de verser dans le Fantastique avec un grand F. Souhaitons également que l'on puisse un jour compter sur la présence de la magnifique Zatanna, magicienne charmante au potentiel infini. Au moins le fanservice sera de mise et on trouve déjà le casque de Dr. Fate parmi quelques reliques. Inutile de dire que celui-ci paraît plus impressionnant que l'incarnation tout en plastique aperçue dans Smallville, il y a quelques années...
Quant aux démons et autres créatures surnaturelles, ça ne serait pas un mal qu'ils soient un peu plus imaginatif que ce Furcifer. Si Nergal dispose d'un design très intéressant, d'après ce qu'on peut en voir, les autres esprits ne sont que des entités qui évoquent la multitude de films de fantômes qu'on se paye depuis Paranormal Activity ou autre Exorcisme d'Emily Rose. Encore que cela ne me dérange pas tellement de voir ce type de revenant dans une série de ce genre (c'est toujours mieux que les "démons" a forme humaine et charisme de flan façon Charmed), mais il faut avouer que question créativité c'est au ras des pâquerettes.
On sait que la NBC n'est pas ce qu'il y a de mieux pour gérer de gros effets spéciaux, avec par exemple la série Grimm qui se montre assez handicapée dans ce domaine, donc il faut vraiment espérer que DC fasse un peu de forcing pour soigner son rejeton et lui éviter le syndrome Agents of S.H.I.E.L.D. (un univers riche et merveilleux mais où on ne voit finalement jamais rien d'extraordinaire). Heureusement il y a quand même quelques petites touches d'inventivité, comme ce passage où Constantine s'amuse avec les gouttes d'eau d'une pluie figée dans le temps, qu'il serait bon de voir d'avantage.


Constantine n'est peut-être pas l'adaptation ultime de Hellblazer, et John Constantine lui-même n'a pas autant de punch que sa version papier, mais il est indéniable que cet épisode pilote part sur de bonnes bases malgré quelques scories. La réalisation de Neil Marshall (l'homme derrière Dog Soldiers, The Descent et Doomsday) est simple mais efficace et on accroche carrément au personnage principal et a son attitude désinvolte.
Sans imaginer le show pouvoir aller aussi loin que son modèle BD, il est permis de croiser les doigts tant les possibilités sont grandes. Reste qu'on peut craindre la suite tout autant et j'avoue que lors de la dernière séquence, montrant une mystérieuse dessinatrice composer de multiples portraits du détective, je fus pris de quelques doutes. Voyez-vous, les illustrations en questions sont directement reprises des publications comics et cela me rappel furieusement la fin du pilote de la série télé Witchblade, qui finissait de la même manière. Et on se souviens tous a quel point celle-ci fut une sombre déception...

Espérons que, contrairement au Maître des Arts Sombres, je ne sois pas clairvoyant.


samedi 25 octobre 2014

Wrong Turn 2: Dead End (2007)


Wrong Turn 2: Dead End
(2007)


La scène post-générique de Détour Mortel montrait Three Finger survivre a son apparent trépas, prêt a trucider quelques randonneurs pour l'inévitable séquelle. Il fallu cependant attendre quatre ans pour que celle-ci voit le jour, un lap de temps relativement conséquent pendant lequel le genre horrifique, sur grand écran, a totalement changé de style. Lorsque l'original fut distribué en salle, le public était surtout habitué au neo-slasher, une nouvelle vague totalement inoffensive et politiquement correct née de Scream.
En 2007 cependant, c'est une toute autre époque. Rob Zombie a fait son Devil's Reject, Alexandre Aja a livré un incroyable remake de La Colline a des Yeux et la série Masters of Horror a ramené quelques vieux briscards sur le devant de la scène. Le temps est au gore, aux scènes choc et a l'horreur sale. On célèbre une sorte de retour en arrière, on réanime toute une période située entre les glorieuses années 70 et 80. Alors que le monde célèbre l'avènement du BluRay et de la haute définition, Tarantino et Rodriguez ramène l'image sale et délavée avec leur duologie Grindhouse.
Autant dire qu'entre Détour Mortel et sa suite c'est une nouvelle génération qui a émergé, et tout comme le premier opus, qui était finalement très en phase avec son époque (un film plat et sans saveur, tout juste sauvé a l'époque par un retour au survival), Wrong Turn 2 est très représentatif de sa période de production. Le film est gore, bourré d'idées en tout genre et évoque ces bandes d'exploitations délirantes d’antan. Des qualités qui, si elles n'en font pas un grand film, ni même un bon film, rendent cette suite indubitablement supérieur a son aîné et lui donnent ses galons de bonne grosse série B qui fait plaisir a voir. 


L'histoire, qui n'est pas sans évoquer celle de l'ignoble Halloween: Resurrection, montre une équipe de télé réalité s'installer dans la forêt de Greenbrier afin d'y tourner une émission. Un show baptisé Ultimate Survivalist et présenté par un ancien Marine, prenant pour thème un cadre post-apocalyptique où les candidats jouent des survivants devant fonctionner en binôme. Ces derniers doivent triompher de diverses épreuves et surtout trouver un moyen de transmettre leur carte "radioactive" éliminatoire a un autre, afin de se débarrasser des concurrents et remporter la jolie somme de 100.000 dollars. Évidemment tout ce petit monde ignore que Three Finger et le reste de sa famille habitent dans les parages, et qu'ils sont déjà partis en chasse. La véritable lutte pour la survie ne fait que commencer...
Ce script, qui n'a rien pourtant rien d'extraordinaire, fourmille de bonnes idées et de trouvailles qui relancent totalement l'intérêt de ce qui aurait pu n'être qu'un banal survival. De ces émetteurs sonores faisant partie du jeu télé, pouvant aussi bien trahir les victimes que les cannibales qui leur courent après, au gigantesque broyeur à viande qui est mit a contribution vers la fin du film, le scénario met en scène un véritable jeu de massacre inventif, et le fait avec beaucoup d'humour noir. Comment ne pas rire devant la vision de Three Finger portant en perruque le scalp d'une victime ? Ou lorsque les héros s'emparent d'un barbecue trouvé dans les bois avant de repérer le tatouage de leur camarade, imprimé sur un bout de viande grillé qu'ils sont entrain d'ingérer ? En fait il n'y a qu'a voir le T-shirt Battle Royale que porte l'un des protagonistes pour comprendre que le ton est a la rigolade.
Cette ambiance décomplexée on la doit aux scénaristes Turi Meyer et Al Septien, qui n'en sont pas a leur premier essai. Ils sont déjà responsables des très sympas Leprechaun 2 et Sleepstalker mais aussi, hélas, du très déplaisant Candyman 3.


Ils sont ici en très grande forme et apportent plusieurs éléments intéressant a une histoire somme toute stupide. Le premier est de donner de l'importance à plusieurs personnages, au-dehors de quelques stéréotypes ambulants destinés, si bien qu'il devient difficile de prédire qui va s'en sortir vivant. En fait Wrong Turn 2 est même une plutôt bonne surprise là-dessus car chaque spectateur peut avoir son pronostique et se retrouver très surpris du résultat ! Bien vu également ce moyen de couper les candidats du reste du monde via la nécessité du jeu, les faisant se séparer volontairement de leurs téléphones plutôt que de surjouer le coup du manque de réseau.
Le film s'applique parfois un peu plus que son prédécesseur, comme par exemple avec ce nouveau cimetière de voitures beaucoup plus vaste et impressionnant qu'auparavant (il faut dire, le remake de La Colline à des Yeux est passé par là): au lieu de cinq voiture agglutinées dans une carrière, c'est une bonne douzaine de véhicules qui se retrouvent entassées a l'intérieur d'une usine chimique abandonnée. Un lieu improbable tout droit sorti d'une production Troma (avec baril de déchets toxiques, tête de mort et matière verte gluante incluse) qui sert naturellement de nouveau repaire aux Mountain Men.
Mais le coup de force du duo est surtout d'avoir osé inclure la sexualité déviante des antagonistes via ce qui reste la scène la plus mémorable du film. Elle commence par une séance de masturbation d'un des consanguins, lequel observe une belle jeune femme venant tout juste de s'envoyer en l'air. Sa sœur (et amante) le surprend et s'en va rageusement éliminer sa concurrente a coups de couteau avant de retourner dans les bras de son frère pour le consoler. Quelques instants plus tard, les deux copulent très joyeusement tandis que madame porte le visage de sa victime afin de mieux exciter son partenaire !


Aussi incroyable que soit Détour Mortel 2, tout ceci n'aurait sûrement pas été possible sans une équipe aussi déjanté que ses scénaristes. C'est le méconnu Joe Lynch qui s'occupe de mettre tout ça en image, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est tout à fait dans son élément. Acteur occasionnel (Terror Firmer pour la Troma et quelques films d'Adam Green, Frozen et Hatchet II), il est surtout le réalisateur de Knights of Badassdom et participa au délirant Chillerama. Filmer des corps qui explosent ou se démembrent est tout à fait son truc et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne s'en cache pas.
Quant au casting, il semble ici parfaitement s'accorder au sujet du film, contrairement au premier opus qui était terriblement plat. A commencer par l'incroyable Henry Rollins, une personnalité tout simplement hors norme puisqu'il est a la fois écrivain, journaliste, animateur radio et chanteur de Punk hardcore lorsqu'il n'apparaît pas dans Sons of Anarchy ! Impossible de ne pas éprouver de la sympathie immédiate pour ce gros dur probablement aussi bad-ass en vrai qu'à l'écran. A ses côtés, deux belles transfuges de la nouvelle ère du cinéma d'horreur: Erica Leerhsen, qui était la copine de Jessica Biel dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse, et Daniella Alonso, dans un rôle quasi similaire a celui qu'elle tenait dans La Colline a des Yeux 2, sorti la même année. De façon agréablement surprenante, son personnage de femme soldat est présentée comme étant homosexuelle, mais sans que cela ne soit son unique trait de caractère. Même en cette fin 2014, c'est assez rare pour être signalé. Enfin, dans un registre totalement différent, il faut citer cet acteur au nom aussi improbable que génial: Texas Battle ! Apparemment celui-ci serait surtout connu pour sa participation a un célèbre soap-opera américain...
Du côté de nos consanguins on retrouve aussi un grand nom puisque c'est Ken Kirzinger, le Jason de Freddy vs. Jason, qui incarne le patriarche cannibale. Seul acteur du premier Wrong Turn a revenir, celui qui jouait le vieux pompiste au courant de l'existence des Mountain Men. Une présence justifiée par l'exploration de leurs origines.


Et c'est là qu'on réalise que la franchise Détour Mortel ne fait pas vraiment  cas de sa continuité. Il ne s'agit ici que du second film dans la série, et pourtant celui-ci semble exister dans son propre univers plutôt que d'établir une véritable connexion avec le précédent. Nous découvrons donc que la nature monstrueuses des consanguins ne provient pas juste d'actes incestueux, mais d'une mutation liée aux déchets toxiques d'une usine abandonnée il y a une trentaine d'années, laquelle les as rendus difformes et puissants. En fait Three Finger et les siens ne sont plus les rejetons de générations d'unions illicites, et ne forment qu'une seule lignée dont le père n'est autre que le pompiste !
C'est évidemment faire abstraction de l'intro de Wrong Turn où la légende des Mountain Men remontait à la fin des années 50, ainsi que de la scène finale montrant le vieil homme se cacher dans sa station service en apercevant le camion des frères cannibales. Mais ce ne sont que des détails triviaux, évidemment, et de toute façon la saga est loin d'être ancrée dans la pop culture pour engendrer un univers étendu ou une fanbase fidèle comme celles de Freddy ou de Michael Myers. En fait tout ceci semble surtout prouver que Turi Meyer et Al Septien ont retravaillé un script a la base indépendant pour le transformer en séquelle, ce qui est assez commun dans le milieu du cinéma.
Le traitement de Three Finger pourrait le confirmer tant sa présence est minime. Wrong Turn 2 préfère se concentrer sur la "nouvelle" famille, et contre toute attente, notre sadique hystérique disparaît très vite après une confrontation contre Henry Rollins. Il est même le premier mutant du film a mordre la poussière. Ce rôle semblerait bien mieux convenir a un antagoniste anonyme et sans importance plutôt qu'au seul rescapé du film original, et j'imagine que c'était probablement le cas dans une version antérieur du script.


Ses remplaçants composent une famille un peu a part, comme leurs noms l'indique: Pa, Ma, Brother et Sister. Les deux premiers, certainement frère et sœur, forment un couple unis et leurs enfants ont prit modèle sur eux en devenant amants. S'il est évident que Pa est ici un substitue pour Saw Tooth (même difformité, même carrure impressionnante, même rôle de chef de meute et jusqu'à l'utilisation de l'arc), au point qu'il pourrait être son frère jumeau (un des personnages fait justement cette réflexion en regardant des photos de familles), il est plutôt amusant de voir que Détour Mortel 2 développe beaucoup plus les relations des consanguins que son aîné.
A la manière d'une caricature, les cannibales se conduisent comme la famille américaine typique, avec papa buvant sa bière en regardant la télé tandis que maman fait la cuisine et repousse ses avances. Les mômes se chamaillent et une séquence amusante montre Pa décider que son fils est assez grand pour apprendre a tirer a l'arc... Sur des proies humaines ! Mais la perle revient a cette reprise de la scène de repas de Massacre à la Tronçonneuse (avec justement cet outil suspendu dans un coin de la pièce en référence), où, tout mutants anthropophages qu'ils soient, les Mountain Men n'oublient pas les bonnes manières et récitent le bénédicité.
Dommage que ceci se fasse au détriment de la mise en scène, laquelle aurait mérité de copier celle du premier opus pour créer un semblant d'atmosphère. Wrong Turn 2 n'étant qu'un produit destiné au marché vidéo plutôt qu'a une exploitation en salle, il est filmé très simplement et sans le moindre effet de style. Les mutants apparaissent de plein cadre à la lumière du jour et dévoilent un maquillage grossier, très loin de ce qui avait été conçu par le Stan Winston Studio. Les difformités se limitent a quelques prothèses sur le visage, Three Finger perd un peu de son rire et si les consanguins communiquent toujours dans leur propre "langue", ils lâchent désormais des "fuck" et  des "shit" très révélateur du manque de réflexion de la part de l'équipe créative.


Toutefois il ne faut pas bouder son plaisir. Ces quelques défauts, évidemment lié au manque de temps et de budget, ne gâchent en rien le plaisir qu'on peut avoir a la vision de cette série B délirante et pleine d'humour. Détour Mortel 2 s'en sort bien mieux que son aîné et possède assez de caractère pour être considéré comme un spectacle préférable. Le film a d'ailleurs reçu beaucoup de retour positif et marqua le début d'une série au rythme de parution très régulier, et dont le cahier des charges se base tout naturellement sur cet opus victorieux.
La conclusion du film, qui montre Three Finger donner un biberon de produit toxique a un nourrisson mutant, pourrait presque être perçu comme une métaphore. C'est un hideux bébé, mais on ne peut s'empêcher de l'aimer et de vouloir le voir grandir. Dommage que la réalité ne soit jamais a la hauteur des espérances !


mercredi 22 octobre 2014

Vidéotopsie n°15


Reçu avec un peu de retard a cause du facteur (il n'avait pas sonné deux fois, aussi ne l'ai-je pas reconnu), mais le dernier Vidéotopsie est bien là ! Pas eu le temps de le lire pour l'instant mais vu l'épaisseur je ne peux que rester béa devant la qualité du bouzin.

En fait de fanzine, je dirais qu'il s'agit d'un véritable magazine publié indépendamment de la presse classique. La maquette en jette et le contenu promet d'être intéressant (et je crois apercevoir un texte sur l'inénarrable Maniac Nurses Find Ectasy que j'adore). 
Un très gentil petit mot de David Didelot avec ça qui fait bien plaisir. Seul coup de gueule: ce satané publiciste qui a cru bon bourré ma petite boîte aux lettres de multiples catalogues et journaux, abimant sensiblement mon précieux colis ce faisant. Une sorte de version franchouillarde du laitier de Stephen King j'imagine (j'aurai préféré un scorpion ou une tarentule pour aller avec, mais les dernières créas de Dior franchement...).



Aussi stupide que ça puisse paraître, ça fait drôlement plaisir de voir ses modestes mots dans une publication aussi soignée et "pro". Tout comme pour Gore – Dissection d'une Collection, le boulot abattu pour Vidéotopsie est remarquable et ça paraît surréaliste d'y trouver son propre article parmi ceux qu'il contient. Il reste plus qu'a prier pour que le lectorat (et le grand patron) aime bien et je garderai de tout commentaire là-dessus.
Je me reverrai presque Cannibal Mercenary juste pour fêter ça tiens !
En tout cas je remercie encore David pour avoir accepté ce papier au sein de son fantastique ouvrage et je vais de ce pas faire un peu de lecture.




mardi 21 octobre 2014

Wrong Turn (2003)


Wrong Turn
(2003)


Parce qu'il est sorti au cinéma un peu avant le remake de Massacre à la Tronçonneuse, c'est bien ce Détour Mortel que je considère comme une (petite) évolution du cinéma d'horreur. Car indépendamment de tout jugement sur le film lui-même, il symbolisa le retour du gore sur grand écran. Voyez-vous, suite a la sortie de Scream en 1996, le genre tomba dans une formule déplorable, parfois nommée neo-slasher. Antagonistes forcément humains et aux motifs stupides, meurtres hors-champs ou très propres, le tout dans une ambiance non pas teenagers comme on a tendance a la décrire (beaucoup de bon films d'horreur tournent autour de jeunes gens), mais plutôt soap-opera. Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si l'un des responsables de cette ignoble nouvelle vague créa la série Dawson quelques temps plus tard !
Avec les horribles Souviens-Toi... L’Été Dernier, les Urban Legends et autres Mortelle Saint-Valentin, la mode était a l'horreur propre et très saine, a des années lumières de ce qui avait été fait auparavant dans les années 80. Des films comme Sleepaway Camp, My Bloody Valentine ou encore The Burning, avec cette touche de folie dans l'ambiance, ce charme rétro ou des meurtres suffisamment sanglants pour être mémorable d'une façon ou d'une autre. Le neo-slasher, en revanche, s'adressaient de base a un public différent. Des films d'horreur pour les gens qui n'aiment pas les films d'horreur !
Wrong Turn, avec son intrigue rappelant celle de La Collines a des Yeux, la participation du maestro Stan Winston et la présence de quelques dégénérés cannibales, sonnait tout de suite comme un retour au source.  Certes ce n'était pas une première et on pouvait déjà compter La Maison de l'Horreur (1999) et surtout Jeepers Creepers (2001) comme représentants bien plus légitimes du genre, mais ces derniers étaient enterrés par la compétition et n'ont pas eu raison de cette mode horreur-glamour donc, bon...
Celle-ci mourut a petit feu et disparue pour ainsi dire en 2003 aussitôt remplacé par... Son opposé exact ! Cette même année sortirent Jeepers Creepers 2 et le remake de Massacre à la Tronçonneuse, suivi de Saw et du Dawn of the Dead de Zack Snyder en 2004. Le temps passe et les nouvelles productions, bonnes comme mauvaises, viennent confirmer cette réorientation un peu extrême: Hostel, Descent, le remake de La Colline a des Yeux... Une page est tournée.



Toutefois revoir Wrong Turn hors de cette époque n'a pas vraiment d'intérêt. Si le film pouvait paraître "nouveau" ou intéressant alors, c'est parce qu'il différait de la soupe insipide qu'on nous resservait constamment. Hélas force est de constater que celui-ci est également des plus fadasses et ne reste en mémoire que par la présence d'une jeune Eliza Dushku, a l'époque fraichement sortie de la série Buffy Contre les Vampires.
Le fait est qu'il s'agit d'un film avant tout produit par Stan Winston et que l'aspect créatif était visiblement le dernier soucis des responsables. Le scénario n'est qu'une resucée de La Colline a des Yeux, écrit par le gars responsable de chef-d’œuvres tels que Halloween 4, The Marine avec John Cena et l'adaptation de Tekken, et le tout est réalisé par un quelconque cinéaste sans grandes ambitions a en juger par sa filmographie. Il y a fort a parier que Stan Winston n'ait accepté de prendre le projet sous son aile que pour donner du boulot facile a son équipe (trois mutants vaguement déformé, c'est pas ce qu'il y a de plus compliqué a faire) et obtenir un peu de pub au passage. Du coup le résultat est creux, sans originalité et donc inintéressant.
En fait de La Colline à des Yeux auquel il est souvent comparé, Détour Mortel est surtout un quasi remake du survival Just Before Dawn dont il reprend beaucoup, de la forêt sombre aux frères consanguins, de la chute d'eau aux silhouettes menaçantes se découpant dans la lumière. Naturellement les deux films sont qualitativement incomparables et je ne peux que recommander l'original a quiconque serait intéressé par un survival forestier. Il n'y a qu'à voir la séquence pré-générique, où deux alpinistes se font trucider (hors-champ) par un assaillant invisible pour comprendre que ça ne vole pas très haut.



Il est presque intéressant de voir que Wrong Turn se désintéresse de son sujet et expédie l'origine et les habitudes de ses créatures dès le générique d'ouverture ! Une succession d'articles médicaux et de coupures de presse permettent de dresser le portrait d'un groupe d'hommes des bois malformés, nés de consanguinités et vivant dans les montagnes de Greenbrier, en Virgine-Occidentale. Atteints de démence en raison de leur affliction, dotés d'une force surhumaine et d'une résistance a la douleur hors du commun, ces êtres sont responsables d'un nombre alarmant de disparitions depuis plusieurs décades. En fait, la légende de ces Mountain Men remonte apparemment jusqu'à la fin des années 50.
On imagine là sans problème l'existence d'une famille se reproduisant d'elle-même depuis des siècles et ce sont bien trois frères que nous découvrons, chasseurs et cannibales qui s'en prennent a tout ceux qui s'aventurent sur leur territoire. Il y a d'abord ces deux colosses qui évoquent les jumeaux de Just Before Dawn: Saw Tooth, doté d'un bec-de-lièvre impressionnant et d'une maîtrise de l'arc rivalisant avec celle de Robin des Bois, et One Eye, un obèse borne supposément espiègle comme s'il avait gardé son âme d'enfant, ce qui n'ai jamais vraiment retranscrit dans le film. Et surtout il y a le famélique Three Finger, un hyperactif avec un rire encore plus agaçant que celui du Joker. S'il n'a pas spécialement plus d'importance que ses frères, il sort du lot  grâce à son physique et c'est lui que l'on retrouvera régulièrement tout au long de la saga.
Peut-être que l'idée était de trouver un moyen original d'introduire les antagonistes, tout en évitant les scènes d'expositions pouvant ralentir le rythme du film, mais en l'état Wrong Turn semble dépouillé d'un élément certes pas essentiel, mais un minimum attendu. Là c'est un peu comme si on nous disait "voilà une bande de mutants, ils tuent des gens, maintenant débrouillez-vous avec ça". D'ailleurs le résultat est tellement minimaliste que la durée du film ne dépasse pas les 80 minutes.



Le scénario, basique, raconte l'histoire d'une bande de voyageurs se retrouvant coincés dans la forêt après un accident. Alors que le groupe part chercher de l'aide, il découvre une cabane qui se trouve être le repaire des Moutain Men et se fait bien évidemment prendre en chasse par ces derniers. Un à un, les citadins périssent jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une poignée. Lorsque la belle Jessie est enlevée par les monstres, son prétendant va a sa poursuite et se prépare a en découdre avec un adversaire pourtant presque invulnérable...
Je résume, mais l'histoire ne va jamais au-delà de cette ligne directrice et le nombre de péripéties s'en retrouve fortement limité. La conclusion paraît précipité, faute de protagonistes a tuer et d'intrigue a résoudre, et donne l'impression d'un manque. Un "vide" qui correspond bien sûr au manque d'ambition et de créativité du film et que le scénariste tente de combler avec de nombreuses références a d'autres survivals. L'effet Kevin Williamson en quelque sorte, ce qui est une très mauvaise idée tant le spectateur se demande pourquoi il ne regarde pas les films en question, forcément meilleurs.
J'évoquais Just Before Dawn et La Colline a des Yeux juste au-dessus, le classique Délivrance est cité par un des personnage et la maison des cannibales renvoi forcément a celle de Massacre à la Tronçonneuse, puisqu'ils y entreposent leur butin (un trésor de bibelots récupérés de leurs victimes, de la poupée au bocal rempli de dentiers !) et préparent leur tambouille a partir de morceaux de cadavres. Également présent le Crazy Ralph de service, avec ce vieux pompiste très au courant de l'existence des Mountain Men. Et s'il en fallait un dernier pour enfoncer le clou, citons le remake de La Colline à des Yeux, qui réutilise ce même personnage ainsi qu'un autre élément (le cimetière de véhicules). Bien qu'il ait été réalisé trois ans plus tard, il est impossible de revoir Wrong Turn sans y repenser, surtout que celui-ci fait office de parent pauvre en comparaison. Littéralement.



Sans originalité ni personnalité, Détour Mortel devient une proie très facile pour la critique et ça serait tirer sur l'ambulance que de citer ses moindres défauts. Pourtant impossible de ne pas rouler des yeux devant les jump scares a répétitions, les personnages insupportables comme cette jeune femme défaitiste et pleurnicheuse qui ralenti tout le monde, et les invraisemblances du scénario (des centaines de disparus sur plusieurs années et aucune activité des autorités, sérieusement ?), quand bien même tout ceci reste assez banal finalement. Toutefois, il est impossible de ne pas mentionner le "gâchis" que représente Jessie, le personnage incarné par Eliza Dushku, qui fait presque office de publicité mensongère.
Avant tout connue pour son rôle de Faith dans Buffy, une tueuse de vampires particulièrement bad-ass et caractérielle, la comédienne semblait toute désignée comme étant l'héroïne de Détour Mortel. L'attraction vedette, en-dehors des mises à mort. Toute la promotion du film tournait autour de sa présence, son personnage apparaît sur l'affiche du film et son introduction laisse effectivement a penser qu'elle serait capable d'en remontrer aux dégénérés qui lui courent après. Bref, on pensait tous que Jessie serait une femme forte qui botterait des culs et ne pleurnicherait pas sur l'épaule du premier macho venu.
Et bien on s'est fait avoir. Si Jessie paraît compétente par rapport a ses camarades, elle est totalement inutile a l'intrigue et ne fait strictement rien de tout le film. C'est le personnage de Desmond Harrington qui est le héros, celui qui a les bonnes idées, celui qui se montre héroïque et qui se bat. Elle n'est que la faire-valoir. Et c'est d'autant plus frustrant quand on voit a quel point son partenaire de scène semble dormir debout. Eliza Dusku passe la plus grande partie du film a crier et gesticuler comme l'habituelle bimbo de service et va se faire capturer par les cannibales pour qu'un homme vienne la sauver.
Que la jeune femme apparaisse sexy dans son petit débardeur blanc n'est pas un problème, mais il y avait certainement de quoi la rendre plus intéressante que de la transformer en objet inutile ! Ripley contre les cannibales, quelqu'un ?



Quelques choses positives quand même, avant de conclure. Premièrement il faut reconnaître de beaux décors comme la chute d'eau et l'impressionnante tour de garde, le film s'appliquant a montrer l'immensité du territoire montagneux contrairement aux futures séquelles. On trouve même quelques money shots assez sympa comme cette caméra voltigeant a travers une serrure de porte pour révéler un œil caché derrière, et dans lequel se reflète une horrible scène, ou celui où le point de vue s'élève au-dessus d'une tête coupée, en équilibre sur une lame de hache, pour montrer le reste du corps tomber au sol.
Mais le vrai point positif de Wrong Turn réside dans ses créatures. Visages couturés, doigts manquants, ossatures saillantes et cicatrices qui reflètent la dure vie dans la nature sauvage... Un grand soin fut apporté a la création des trois frères, et cela malgré un design des plus simplistes. Un détail appréciable montre ces derniers communiquer entre eux avec leur propre dialecte, une série de grognements indéchiffrables, et la mise en scène s'applique a suggérer, plus que montrer, leur apparence en usant de jeux d'ombres et de lumières, faisant ainsi presque preuve de subtilité par rapport aux prochains opus de la série.

Film banal, décevant a tout niveau et prévisible de bout en bout, Détour Mortel n'a pas grand chose a offrir. Fut un temps où son existence était justifiable, après de longues années de films d'horreur PG-13, mais cela ne fait que prouver sa nature de film de producteur. Périmé au bout de quelques mois.
Au bout du compte le seul souvenir que l'on en garde est la présence d'Eliza Dushku et il y a fort a parier que ce Wrong Turn premier du nom aurait sombré dans l'oubli total si personne n'avait pensé a ressusciter la série quatre ans plus tard, pour le marché vidéo. En l'état, il paraît même improbable qu'une telle chose ait pu engendré par moins de cinq séquelles et pourtant...


 

lundi 20 octobre 2014

The Walking Dead (5.02)

Ep.5.02
Strangers


Après un season premiere relativement nerveux, retour au rythme de croisière avec cet épisode bavard où il ne se passe quasiment rien, hormis l'habituel scène de démasticage de zombies et le cliffhanger exagéré. Et sans surprise le scénario est signé Robert Kirkman, ce qui se passe de commentaires. Loin de repartir sur de bonnes bases, The Walking Dead s'enlise dans la répétition et a peu près chaque scène de ce Strangers semble avoir déjà été vu auparavant dans la série.

L'histoire reprend pile là où No Sanctuary s'était arrêté, avec nos héros errant dans les bois et profitant de leur temps libre pour mettre certaines choses à plat, notamment le cas Carol et sa réintégration au sein du groupe. En chemin ils sauvent un prêtre de quelques Walkers, lequel est a la recherche de nourriture et prétend ne jamais avoir vraiment quitté son Église depuis l'invasion. Évidemment après le Gouverneur et les cannibales du Terminus, l'équipe est plus que méfiante mais Carl tente de convaincre son père de lui venir en aide car "tout ne le monde ne peut pas être mauvais". Cependant l'homme de Dieu cache un passé trouble comme le prouve une inscription laissée sur sa paroisse et sa réaction devant un zombie qu'il reconnaît durant un raid.
Pendant ce temps le groupe est suivi par une personne si discrète qu'elle est capable de camoufler sa présence même aux sens aiguisés de Daryl. On pense immédiatement a Morgan Jones que l'on retrouvait dans la séquence post-générique du season premiere, et il est fort possible que ce soit bien lui, mais la fin de l'épisode révèle la présence d'autres rôdeurs: les cannibales rescapés du Terminus, qui sont parvenus on ne sait trop comment a rattraper la petite troupe. Et tant pis si les survivants étaient piégés au beau milieu d'une horde de zombies dans un bâtiment en flammes, ou que Rick et les siens avaient prit pas mal d'avance en plus de choisir une destination au hasard. Tout ce petit monde fini par se retrouver avec une facilité déconcertante et bien trop pratique.



Du reste, on est dans du Walking Dead classique avec beaucoup de parlote sentant le recyclage de dialogues et faisant office de remplissage. Tyreese a beau dire qu'il a eu une conversation avec les autres a propos de Carol et de ses méfaits dans la prison, nous n'avons aucun aperçu de ce dilemme moral. Et la petite nana qui était du côté du Gouverneur essaie maintenant de trouver sa place... Laquelle est immédiatement accepter sans aucun jugement de la part de l'équipe, pas même la fille d'Herschel.
Alors pour passer le temps il y a bien sûr le passage obligé de massacre de morts-vivants, et comme toujours il s'agit de la meilleure séquence de l'épisode grâce a un boulot de maquillage irréprochable. Ici ce sont quelques Walkers barbotant dans un trou d'eau depuis des semaines que les héros doivent exterminer afin de récupérer de précieuses provisions. Des zombies noyés et gluant qui ne sont pas sans renvoyer au Tarman de Return of the Living Dead.
Rien d'autre a signaler en-dehors de quelques plans totalement ridicule en début d'épisode (visualisation des membres du groupe, marchant au ralenti dans la forêt, d'un air déterminé) et naturellement le cliffhanger qui montre Bob s'isoler du groupe – vraisemblablement mordu et préparant son départ ou suicide en douce – avant d'être capturer par les cannibales. Assommé, il se réveil près de leur feu de camp, a l'heure du dîner, avant de réaliser qu'il lui manque une jambe ! Une séquence qui aurait pu être oppressante si elle n'avait pas trainée en longueur avec des répliques ridicules a base de justice cosmique et de ce "Je dois dire que tu as meilleur goût que je ne l'imaginais." qui évoque le pire de Hopkins en Hannibal Lecter.



Cette nouvelle saison semble finalement bien partie pour se concentrer sur la lutte entre Team Rick et les anthropophages, du moins jusqu'au mid-season, en changeant de lieu afin de laisser une meilleure chance de survie aux héros... Et la possibilité de les faire marcher et parler en toute liberté pendant de précieuses minutes de remplissage.
Un dernier doute quand même sur la sous-intrigue de Washington, où Abraham presse Rick et les siens de s'y rendre afin de sauver le monde. No Sanctuary évoquait justement la futilité de la chose lorsque Bob exposait ce but, en leur disant que tout rentrerait dans l'ordre. Sans même une hésitation, sans considérer la possibilité de la chose ni même de la réfuter, le leader des anthropophages répliquait simplement qu'il était désormais impossible de revenir en arrière. Dans Strangers, Rick lui-même déclare que l'Homme est un danger plus grand que les Walkers. Et c'est effectivement vrai car dans l'univers de Walking Dead, où les zombies deviennent finalement bien peu de chose face a la sauvagerie humaine, il paraît impossible de ramener la civilisation a ce quelle était avant ce fléau. Alors pourquoi perdre du temps a éradiquer ce qui n'est maintenant qu'une menace secondaire ?
J'imagine que la réponse est, en toute logique, l'Espoir. L'espoir qui permet d'avancer et de ne pas se laisser mourir par fatalité. C'est sûrement une évidence, mais il aurait été intéressant que les personnages eux-mêmes soulèvent la question. Quant a supposer que cette réflexion puisse être un élément central du scénario a venir, je crois que là c'est nous qui nous bernons d'illusion. C'est nous qui espérons...



mercredi 15 octobre 2014

The Walking Dead (5.01)


Ep.5.01
No Sanctuary


Alors que la cinquième saison de The Walking Dead fait ses débuts sur les écrans, je réalise que je n'ai encore jamais rien écrit sur cette série. Je me souviens avoir acheté le premier volume français  du comic-book, il y a des années, bien avant que l'adaptation n'existe et j'avais été charmé par le graphisme typé, le noir et blanc et la description de cette petite communauté dans un monde apocalyptique. J'emmenais la BD régulièrement au lycée pour la faire découvrir a mes camarades, lesquels avaient tendance a s'arrêter au point de départ: "On dirait 28 Jours Plus Tard", me répétait-on inlassablement. Ce a quoi je répondais "Hum, oui, ça ressemble a 28 Jours Plus Tard, c'est vrai. Mais..." avant d'essayer de présenter l’œuvre et ses qualités. Je serais bien incapable de vous dire si j'ai été convainquant, mais je sais que personne n'a jamais daigner lire ou acheter cette première édition de Walking Dead, et je crois que le second volume n'a même pas été publié avant la réédition...
Je ne sais pas vraiment pourquoi il m'a fallu autant de temps pour me décider a faire un article sur la version télé, mais je crois que c'est assez révélateur du gros soucis derrière le show. Walking Dead ça se regarde distraitement, on roule fréquemment des yeux devant les dialogues balourds et les situations prévisibles, on attend toujours qu'il s'y passe quelque chose et on ne s'intéresse a l'épisode que lorsque l'on a droit a l'habituelle scène gore impliquant les morts-vivants, ou lorsque notre personnage et/ou acteur préféré a son moment de gloire. En gros c'est du vent, c'est creux, ça se croit profond avec ses réflexions sur la nature humaine, et le tout nous est présenté dans un "bel" emballage (les effets spéciaux, merci KNB) qui apparaît de plus en plus fade a chaque vision, notamment a cause des acteurs qui sont pour la plupart catastrophiques.
Ce n'est pas pour rien qu'on se réfère a la série sous le titre de The Talking Dead et la saison 2 est probablement le meilleur exemple de tout ce qui lui est reprochable. Bien sûr on trouvera toujours les défenseurs qui prétextent que la série doit être soutenue car c'est la seule qui représente le genre du mort-vivant a la télé (drôle d'excuse pour se satisfaire de médiocrité) et ceux qui ne se branche dessus que pour "être geek" et mais qui n'ont jamais regardé un seul film de George Romero ou de Lucio Fulci.  J'ai envie de dire que beaucoup de ceux-là se mettent des œillères ou se choquent très facilement de pas grand chose (l'exécution de la petite fille psychopathe de la saison dernière, par exemple) car il n'y a ici rien qui n'ait déjà été fait en mieux ailleurs. Ça et la qualité d'écriture est vraiment déplorable. Entre les redondances des situations, les choix idiots ou illogiques des personnages et le manque de subtilité de l'ensemble, il y a vraiment de quoi détester les scénaristes qui promettent beaucoup et ne délivrent jamais.


Maintenant, il serait facile de faire comme certains, de dire "c'est mieux dans les comics" et de justifier cette mauvaise adaptation par un manque de budget et d'ambitions vis-a-vis des séquences épiques qui ont lieux dans la BD, mais... Non. Même dans sa version papier ça reste chiant, blindés de dialogues qui n'en finissent plus et d'intrigues qui se répètent et tournent en rond. Une chose qui ne manquera jamais de me faire rire, c'est lorsqu'un numéro se termine par un gros plan sur Rick qui, tout colère, lâche une réplique sentencieuse a ses amis comme s'il avait rejoint le côté obscur de la Force. Un running cliffhanger qui en devient hilarant et fini par tuer toute tension et tout suspense tellement il a été utilisé en plus d'une centaine d'épisodes.
Passé les centaines de zombies et de scènes gores qui parsèment la saga, voilà à quoi s'apparente Walking Dead pour moi. Une succession de cliffhangers caricaturaux qui sont aussitôt désamorcés a la publication / diffusion suivante, où l'intrigue semble avoir fait marche arrière pour se concentrer sur de la parlote. Beaucoup de parlote.
C'est dire a quel point je n'attendais pas particulièrement cette reprise, étant même carrément tombé par hasard sur l'épisode. La bonne nouvelle c'est que celui-ci fait la part belle a l'action et du coup on ne s'y ennuie pas. La mauvaise, c'est que le concept des cannibals est tué dans l'oeuf et que ça ne fait toujours pas avancer le Schmilblick.


La fin de la saison précédente imitait son modèle papier en se concluant sur un Rick aigris et vengeresque qui promettait l'enfer a ses geôliers. D'emblée cet épisode choisit de ne pas nous faire patienter et, alors qu'il était logique de situer la confrontation vers le mid-season, nous jette dans le bain dès le prologue. Rick et les siens se préparent a l'affrontement dans leur cellule, mais c'était sans compter sur la prudence des gardes qui ont vite fait de les neutraliser et d'en emmener quelques uns a l’abattoir.
Alors que le groupe est sur le point d'être saigné (au passage le scénariste ajoutes quatre prisonniers sortit de nulle part afin des les tuer d'abord et de nous faire comprendre le danger encouru par les héros, une subtilité comme une autre dans la série) le Terminus est prit d'assaut par une horde de Walkers... Où s'est infiltrée Carol qui, ayant eu vent de la capture de ses amis, passe en mode Rambo et vient carrément faire exploser les lieux ! La diversion parfaite pour Rick qui s'évade, prend les armes et libère ses compagnons.
Le reste de l'épisode n'est qu'un massacre général où les morts-vivants et les cannibales croulent sous les balles. Aussi démentiel que paraît ce résumé, le résultat n'a rien de sensationnel et il faut préciser que l'aspect hautement dérangeant du cannibalisme est a peine effleuré. A vrai dire, a part un bref aperçu de dépeçage humain filmé a la manière d'Hostel et la présence d'un garde-manger peu fournis, il n'y a aucune différence entre ces personnages et les troupes du Gouverneur des saisons passés. Bon forcément après avoir vu Détour Mortel 6 l'autre soir, ça ne risquait pas de voler très haut comparé aux excès de Three Finger...
C'est en tout cas l'occasion de voir nos héros se montrer sans pitié, notamment Rick qui n'a aucun remord a tirer dans le dos de ses adversaires, laisser les blessés en plan pour qu'il se fassent dévorer, et qui va jusqu’à préserver leurs cadavres pour qu'ils se transforment en guise de punition !


La réalisation est assurée par Greg Nicotero qui a fini par acquérir suffisamment d'expérience pour mettre en scène l'épisode de manière irréprochable et même de nous gratifier de quelques plans soignés. L'utilisation de CGI sur quelques Walkers se fait encore un peu ressentir mais cela vient plus de l'effet Uncanny Valley que de mauvaises incrustations. Et ce sont malheureusement les seuls compliments que je peux faire a l'épisode car le tout sent un peu la redite.
L'assaut du Terminus n'est pas sans évoquer les nombreuses batailles entre les troupes de Rick et du Gouverneur et son déroulement en devient assez prévisible. Un sentiment de répétition qui n'aurait peut-être pas eu lieu si l'intrigue s'était étiré sur deux ou trois épisodes, afin de d'explorer plus en avant le monde des anthropophages, mais le scénario s'oriente clairement dans une autre direction.
Un choix très surprenant que de boucler ainsi une intrigue qui s'annonçait majeur. Et si cela fonctionne au bénéfice de l'épisode, qui non seulement évite la baisse de rythme en milieu d'épisode mais pour une fois délivre ce que l'on nous avait promis (la rébellion des héros), il faut espérer que cela ne soit pas au détriment du reste de la saison ! Car vu comment les choses s'annonce, nous sommes bien parti pour une longue partie de cache-cache dans les bois pour les temps a venir...
Au moins la série semble avoir rectifiée l'intrigue liée a Eugène a son avantage, et la possibilité d'un remède semble plus concret que dans la version comics (méfiance tout de même, nous ne sommes pas a l’abri d'un twist foireux qui nous renverrai aux mêmes conséquences).


Du reste, tout n'est pas parfait, loin de là. Les tentatives d'établir Tyreese comme gros dur sont toujours aussi ratées et ne laissent plus beaucoup d'espoir envers le personnage. Même chose pour mémé Carol qu'on nous présente comme une guerrière accomplie, mais qui ne sera jamais crédible avec son charisme naturel (et ce n'est pas faute d'avoir d'autres personnages qui pourrait remplir ce rôle, plutôt que de jouer les potiches). No Sanctuary accuse aussi d'une étrange structure, rajoutant ici et là quelques flash-backs concernant les cannibales et comment ils en sont venus a commettre ces atrocités. Une drôle d'idée de vouloir créer l'empathie pour un groupe d'illuminés qui n'ont finalement pas plus dégustés que n'importe qui d'autre dans cet univers et qui ne justifie absolument pas leur lubie culinaire ! D'une certaine façon, cela les rend presque plus détestables que le Gouverneur, qui lui au moins avant l'excuse d'être un psychopathe...
Ici et là traînent encore quelques improbabilités, comme l'angle de tir de la fusée que lance Carol pour détruire les défenses du Terminus, et autres séquences téléphonées comme lorsque le groupe perd du temps a libérer un prisonnier, pour se prouver a eux-mêmes qu'ils sont encore humains, lequel mort la poussière comiquement l'instant d'après. A ce niveau, on est pas loin de Zombieland: The Series...
Cela étant dit, il s'agit de reproches mineurs car basés sur des scories que l'on retrouve tout au long de la série. The Walking Dead est ainsi fait depuis son tout premier épisode et on fini par intégrer ces éléments imparfaits sur le long terme. Ceux qui sont persuadés que le show est bon ne verront probablement rien, les autres sont déjà blasés depuis un bon moment. En l'état, No Sanctuary est un très bon départ pour cette cinquième saison et pourrait même faire partie des meilleurs épisodes de toute la série. Et s'il ne faut pas se leurrer quant a la qualité des choses a venir, il est permis de reconnaître l'effort et l'efficacité de cette nouvelle entrée en matière. C'est déjà pas mal.