jeudi 31 juillet 2014

Dracula: Vlad the Impaler (1993)


Dracula: Vlad the Impaler
(1993)


Alors que la bande-annonce de Dracula Untold fait son arrivée sur la Toile, intéressons-nous a une œuvre qui traite également du "véritable" Dracula, le Seigneur de Guerre qui a existé au XVème Siècle. Avec Dracula: Vlad the Impaler, Topps Comics cherche a faire la transition entre le personnage historique et celui du livre, utilisant bien sûr les anecdotes les plus sanglantes a son avantage pour justifier la description de Vlad l'Empaleur en tant que vrai  monstre, humain ou non-mort.
L'idée n'est pas nouvelle et plusieurs œuvres ont déjà fait le lien, qu'il s'agisse de la série vidéoludique Castlevania ou du Bram Stocker's Dracula de Coppola, et quelques films se sont attardés sur la figure de Vlad III tout modifiant l'Histoire pour mieux le ramener d'entre-les-morts, comme Dark Prince: The True Story of Dracula dont l'intrigue ressemble justement beaucoup a celle de ce comic-book. Cependant rare sont celles qui parviennent mêler habilement les deux facettes du personnage, en tout cas jamais assez pour que les deux versions puissent coexister concrètement. A sa décharge le Dracula de Topps Comics s'en sort très bien. Si bien, en fait, que le final paraît venir trop vite et que l'on aurait aimé une seconde partie qui amène au roman de Bram Stocker pour mieux faire le lien !


Une réussite qui s'explique peut-être par le fait que Dracula le Vampire est quasiment absent du toute l'histoire, et pourtant omniprésent. Absent car sa résurrection n'a lieu qu'en fin de récit, dans les toutes dernières pages, présent car il fournit la narration et nous fait part de son point de vue sur chaque situation. Bien évidemment, c'est en tant que vampire qu'il revient sur son histoire et cela n'est pas sans avoir certaines conséquences dans son analyse de son propre passé.
Une trouvaille très amusante, surtout lorsque l'on se rend compte que son point de vue est "faussé" puisque son jugement n'est pas impartial (et qui plus est, adopté avec quelques siècles de recul). Ainsi Dracula considère clairement son jeune frère Radu comme un enfant incapable de faire autre chose que pleurer ou s'amuser, ce qui n'en fait pas un faible pour autant dans la logique des choses. De même qu'il lui faut admettre que c'est finalement son descendant illégitime qui lui aura le mieux rendu hommage après sa mort.
La frontière entre Dracula, l'homme, et Dracula, le monstre, devient vite difficile a cerner et le scénario l'intelligence de ne pas se contenter des clichés habituels pour se faire. Car autant le dire, il paraît très étrange de vouloir considérer comme barbare et tyrannique un homme qui a vécu durant une époque tout aussi violente et où il n'était finalement qu'un parmi tant d'autres. Ce Dracula l'évoque d'ailleurs a demi-mot lorsque certains de ses ennemis, terrorisés par ses pratiques macabres, semblent avoir oubliés leur propres actes pourtant tout aussi ignobles.
En fait le Prince de Valachie apparaît parfois presque clément face a certains de ses adversaires, comme avec celui qui a fait enterrer vivant son frère aîné et qu'il se contente de décapiter après lui avoir fait creuser sa propre tombe, et certaines de ses actions paraissent même amplement justifiées (il empale un noble qui lui offre sa femme et ses enfants en échange de sa liberté).


De ce fait, ce n'est pas nécessairement par ses actes "sanglants" connu du grand public que Vlad III est désigné comme un être abject, et ses actions contre l'Empire ottoman lui valent d'être considéré comme un véritable héros par son peuple. Ce qui est, en vérité, toujours le cas en Roumanie a l'heure actuel ! Le livre rappel que sa pratique du pal était avant tout une technique de guerre visant a terroriser ses adversaires, et pas nécessairement une démence en soit. Fait d'autant plus intéressant que c'est en Turquie qu'il l'a découverte, durant sa jeunesse en captivité. De même l'anecdote du messager a qui il fait clouer son couvre-chef sur le crâne tient plus ici d'une provocation et d'une revanche personnelle à l'encontre d'un ennemi qu'il connaît bien, plutôt qu'un coup de folie.
Dracula doit alors jouer sur d'autres faits, peut-être réels, peut-être fictifs, mais qui ont le mérite d'être terriblement efficace pour témoigner de sa dangerosité. Comme lorsqu'il envoi des lépreux contaminer les légions ennemis ou quand il réuni les handicapés et les malades dans une bâtisse pour mieux les brûler vif et faire de ses terres une zone "sans misères", ou encore lorsqu'il fait empaler une paysanne sous prétexte qu'elle avait mal cousue les vêtements de son époux, auquel qui il offre une autre épouse en remplacement pour paraître juste ! La scène la plus terrible le montre s'emparer de la veuve d'un de ses rivaux, séduit qu'il est par sa beauté et son caractère, pour en faire sa maîtresse. La jeune femme est évidemment enlevée et violée, mais elle va également être privée d'identité de la manière la plus ignoble qu'il soit: Dracula décide de la renommer Transylvania, puisqu'elle représente pour lui cette Terre qu'il a conquis avec force et qui lui appartiendra pour toujours quoiqu'il arrive !
C'est elle, plus tard, qui va vivre ce destin tragique que l'on a vu dans Bram Stocker's Dracula, toutefois la signification de la scène diffère fortement avec l’œuvre de Coppola. Si ce dernier avait choisi l'angle romantique, faisant de la jeune femme la bien-aimée du Prince de Vallachi dont le suicide était une ruse visant a le déstabiliser, la BD opte pour quelque chose de beaucoup plus sombre. Ici "Transylvania" découvre par erreur un message destiné a son amant, expliquant que des forces armées marchent vers le château et qu'il ne pourra pas survivre à la confrontation. Réalisant qu'elle risque de devenir une esclave des Turques, et donc de revivre le même enfer, elle préfère se donner la mort en sautant dans le vide. Son décès va énormément affecter Dracula, mais plus dans l'idée où celui-ci perd un idéal plutôt qu'une personne qui lui était cher...


Tous ces épisodes font de Vlad III un être imprévisible et donc terrifiant, obéissant a une morale qui lui est propre mais qui reste difficile a cerner. Ainsi sauve t-il un voleur sur ses terres, tuant le représentant de l'Ordre qui vient l'arrêter sans penser à lui prêter révérence, et lorsqu'il décide d'enterrer secrètement ses trésors, il part seul avec quelques hommes en mettant son confident et plus vieil ami a l'écart. Ce dernier, déçu, pense que son Prince a perdu confiance en lui mais réalise bien vite qu'il s'agissait d'une ruse pour l'épargner, puisque Dracula fait exécuter ceux qui connaissent l'emplacement de ses richesses.
Déjeunant tranquillement au milieu d'une dizaine d'empalés, il s'amuse à terroriser un messager en lui présentant un pieu et en lui demandant a qui il est destiné: l'homme, qui a toutefois le bon sens de se nommer lui-même puisque de rang inférieur à une royauté comme Dracula ou son propre Seigneur, se voit alors offrir la vie sauve !
Autant de vignettes inédites et passionnantes qui sont à la hauteur du personnage, choses finalement assez rares malgré les centaines de centaines d’œuvres qui le mettent en scène. Tout ceci nous le devons au script de Roy Thomas, un vieux de la vieille qui a magistralement roulé sa bosse chez Marvel comme chez DC Comics (il est l'un des créateurs de Wolverine) et qui fut entre autre responsable d'avoir introduit le personnage de Conan, le génial barbare de Robert E. Howard, dans le monde de la bande-dessinée. Visiblement en pleine forme lorsqu'il a écrit son scénario, Thomas fait montre d'un très grand intérêt pour la reconstitution Historique et retrace le parcours de Vlad III avec un soucis du détail absolument incroyable. Difficile a croire qu'il ait pu caser autant de faits dans une BD en trois petits numéros !


De l'enfance choyée où sont déjà présente les graines de la violences et du narcissisme, à son éducation en Turquie, alors prisonnier du Sultan avec son frère, de sa vengeance contre les nobles responsables de la mort de son père (il force des familles a construire son château jusqu'à épuisement, exécutant ensuite les quelques survivants) aux nombreuses batailles qu'il a mené au nom du pays ou de sa gloire personnelle, en passant par son incarcération temporaire et la trahison de Radu, c'est toute une épopée qui nous est ici conté, avec un souffle épique et lugubre comme on en voit rarement.
Naturellement viennent s'ajouter ici et là quelques entorses au réalisme, afin de mieux fondre ce Dracula à celui que nous connaissons. Une scène fait écho à la célèbre réplique "I never drink... Wine" lorsque Dracula s'amuse des ragots lancés à son encontre, qui le décrivent comme un buveur de sang (il déclare ici que le vin a bien meilleur goût), et une autre évoque énormément le comportement de Renfield, le mangeur d'insecte du roman, lorsque Dracula se retrouve emprisonné dans son propre palais suite à une défaite. Abattu, replié sur lui-même, Vlad III semble être devenu fou et parle seul avec des personnages imaginaires... Qu'il représente à l'aide de cadavres de petits animaux, chats et rats qu'il a empalés !
Petit bémol, toute la conclusion qui intervient après l'assassinat de Dracula paraît un peu forcée et pas vraiment en lien avec le reste de l'histoire. Certes il fallait bien trouver une manière de le ressusciter sous forme de Nosferatu, mais le résultat est ici des plus simplistes: un descendant inconnu, un grimoire et un sacrifice. Totalement anecdotique au regard de ce que l'on vient de lire, la scène évoque un peu Dracula 73 ou Dracula Vit Toujours à Londres de la Hammer, avec leurs messes noires hors propos. Dommage car le retour de Dracula est tout de même saisissant, lequel s'envole dans la nuit en proclamant son immortalité à juste raison. Toutefois cette légère déception est bien loin de ternir l'ensemble de l'ouvrage et s'oublie même immédiatement. Dracula: Vlad the Impaler est pour ainsi dire un sans fautes et il est hors de question de rabaisser sa valeur pour quelques malheureuses pages !


Toutefois il serait inconvenant de créditer l’entière responsabilité de cette réussite a Roy Thomas, car si son histoire est des plus passionnante, il faut quand même dire que c'est son partenaire Estaban Maroto qui transporte le lecteur grâce à ses graphismes d'une splendeur absolue. Artiste d'origine espagnol qui n'est autre que l'homme qui a inventé le célèbre bikini métallique de la féroce Red Sonja (elle portait une tunique bleue peu iconique avant son intervention), il a déjà collaboré avec Roy Thomas sur Conan et s'est illustré à travers les pages des publications Warren (Vampirella, Eerie, Creepy) où son talent parle pour lui.
C'est bien simple, ses dessins semblent dégager une aura de magie véritable où chaque forme et couleur respirent le surnaturel. Le mot "féérique" n'est pas suffisant pour décrire a quel point ses graphismes semblent provenir d'un autre monde. Dracula n'a jamais semblé aussi imposant, beau et puissant, les décors de la Transylvanie sont à tomber et le château de Dracula, avec toutes ses gargouilles et ses formes bizarres, n'a rien à envier aux imaginatifs niveaux des Castlevania. Estaban Maroto est l'un des artistes comics les plus doués, les plus flamboyant qu'il m'ait été donné de voir, et son travail amplifie totalement les qualités de cette bande-dessinée. Comble du bonheur, il est ici secondé par un coloriste qui semble avoir parfaitement compris son esprit artistique et qui accouche d'une palette de couleurs resplendissantes.
C'est tellement beau qu'il parait impensable que les splendides couvertures dessinées pour les trois numéros de la série aient été remplacées lors de la réédition de 1995. Et pourtant ! Topps a en effet réédité Dracula: Vlad the Impaler deux ans après sa première publication sur un papier de bien meilleure qualité, qui rend beaucoup plus justice à Maroto et àson coloriste, mais a fait l'étrange choix de modifier le titre et de lui donner un look résolument plus "moderne" en commandant de nouvelles illustrations à Joseph Linsner, le créateur de Dawn. Cette réédition, The Dracula Chronicles, est certes un objet supérieur a l'original puisque mettant mieux en valeur son contenu, mais reste une bien curieuse opération commerciale.






jeudi 3 juillet 2014

Gabrielle (2001)


Gabrielle
(2001)


Paru en 2001 chez l’éphémère éditeur Pointe Noire (qui déposa le bilan un an plus tard), Gabrielle est la première œuvre de Kara, auteur français sous pseudonyme qui occupe ici les postes de scénariste, illustrateur et coloriste. Un petit one-shot qu'il a tenu a réaliser pour sortir au moins une BD dans sa vie, lui qui était avant tout chroniqueur pour le magazine Animeland et le site BoDoï, Explorateur de Bandes Dessinées.
Alors évidemment ce premier ouvrage est victime des défauts habituels chez les jeunes auteurs et on peut lui reprocher certaines choses. Une histoire simple et très rapide tout d'abord, qui aurait pu convenir a un récit encore plus condensé que la cinquantaine de pages ici offertes, de trop abondantes références aux artistes qui ont influencés le créateur et surtout un graphisme assez typé qui a dû en rebuter plus d'un. Autant mettre les pieds dans le plat pour se débarrasser: oui, Gabrielle fait partie de ses BD dessinées "façon manga", et oui c'était une mode très envahissante à l'époque.
Vu le passif du dessinateur il en aurait difficilement été autrement, surtout pour un premier essai, mais que l'on se rassure ; si son chara-design et sa façon de représenter le mouvement emprunte énormément au travail asiatique, Kara possède sa propre patte et montre un trait plus traditionnel pour ce qui est des environnements dans lesquels évoluent ses personnages. En fait c'est bien simple, son travail sur les décors est tout simplement incroyable et témoigne a lui seul de l'étendu de son talent, forcément plus pointu que celui d'un simple imitateur.


Mais, s'il serait réducteur de considérer Kara comme simple copieur, il faut admettre que son récit et sa mise en image n'est pas sans évoquer certaines œuvres types Angel Sanctuary ou le X de Clamp, jugez plutôt:
L'histoire est celle de deux Archanges aux corps de petites filles, Gabrielle et Raphaëlle, en mission sur Terre depuis de nombreux siècles. La première est subitement prise de folie meurtrière et massacre hommes, femmes et enfants tout en tenant des propos énigmatiques. Sa sœur mène l'enquête, incapable de comprendre comment celle qui était un être de bonté a pu devenir un tel monstre, mais découvre que cette affaire est étroitement liée à la perte de contact entre les mondes mortels et divins.
Bien vite il apparaît que le Paradis et ses créatures ont été détruites par un cataclysme d'origine inconnu, laissant les deux anges seules survivantes. Raphaëlle comprend alors que la confrontation avec sa semblable est inévitable puisque celle-ci a fait un pacte avec un démon de l'Enfer: en échange de ses services, ils lui accorderont refuge dans leur monde pour l'éternité...
Autant dire que le récit ne brille pas son originalité et que cette habituelle lutte du Bien contre le Mal sous fond de religion chrétienne (grandement détournée) a déjà été utilisées maintes et maintes fois auparavant.


Fort heureusement Gabrielle est très loin d'être une histoire aussi banale qu'elle ne le paraît et va même nous épargner l'argument théologique qui n'est finalement qu'une toile de fond, et surtout un prétexte pour évoquer des thèmes universels comme la morale, l'immortalité, la foi et le doute. Pas un seul instant Kara ne fait de la propagande religieuse et cela évite au lecteur athée ou de conviction autre d'être abruti par un argumentaire qui sonne dans le vide.
En fait l'auteur semble n'avoir utilisé ce contexte que pour toucher plus facilement a certains sujets et donner une problématique évidente à ses personnages principaux (si le Paradis n'existe plus, que devient un Ange coincé entre la Terre et l'Enfer ?). Le cœur du récit reste évidemment la relation conflictuelle qu'entretiennent Gabrielle et Raphaëlle, l'une s'accrochant désespérément à ses valeurs tandis que l'autre change de voie puisque réalisant l'inutilité de sa fonction. Les dialogues échangent autour du sens de la vie divine, du conservatisme et de la nature humaine qui s'est trouvé une alternative à la vision manichéenne des choses: on ne voit pas les choses en noir et blanc, mais en gris.
Un tel discours pseudo philosophique (soyons clair, cela ne sert que l'intrigue et Kara ne tente pas une analyse véritable de l'Humanité) pourrait vite montrer ses lourdeurs et devenir rébarbatif, voir carrément dévoiler la nature pompeuse ou prétentieuse de son auteur, mais honnêtement cela reste acceptable car intégré au récit. Aucune de ces déclamations ne paraît hors sujet ni ne viennent ralentir la progression narrative.


Car en l'état les seules références bibliques que l'on peut trouver sont quelques noms (une fillette se prénomme Eve et son chat Lilith) et œuvres d'arts d'origines antiques ou mythologiques qui apparaissent dans le Musée de l'Homme où réside Gabrielle.
Tout s'explique lorsque l'on découvre que Kara dispose en fait d'une formation en Histoire de l'Art et qu'il souhaite rendre hommage à cette multitude de merveilles de création qu'il a découvert avec le temps. La présence du musée n'est évidemment pas un hasard, pas plus que les quelques scènes qui se déroule sur Tanis, une véritable ville-bibliothèque abritant des millions de livres. On peut tout aussi bien y découvrir les titres d'ouvrages de références tant réels que fictifs (le Necronomicon, bien sûr), tandis que les bâtiments abritent diverses sculptures et objets d'Art faisant écho à différents patrimoines.
La BD elle-même est accompagnée de la locution latine "Et in Arcadia Ego" sur sa page de garde, une phrase dont l'interprétation compliqué trouve pourtant bien résonance dans les thèmes qu'évoque ici Kara (l'Art et la Mort). Alors certes cela peut paraître compliqué ou poussif, mais le résultat final est pourtant assez léger et le lecteur pourra sans problème passer a côté de tout ça et ne rien manquer de l'histoire !


Maintenant, évidemment, Kara ne manque pas une occasion de mêler le fond et la forme, et c'est là qu'entre en considération son graphisme. Non pas l'aspect "manga" dont j'ai parlé plus haut, mais celui plus habituel pour l'arrière-plan.
Le moindre décors apparaît comme grandiloquent et théâtral, qu'il s'agisse des serres privées d'un riche parent, de l'intérieur majestueux du musée à l'abandon et des ruelles-bibliothèques de Tanis. Tout apparaît comme immense et très fouillé, gorgé de petits détails qui évoquent des siècles de cultures et de trésors humains. On peut même, sans rire, feuilleter la BD uniquement pour contempler ces illustrations, comme un artbook.
Cette mixture incroyable de connaissances ne se limite pas seulement à l'univers fictionnel de Gabrielle mais également dans son aspect général puisque s'y mêle Steampunk, Cyberpunk, Chine féodale, Renaissance et Belle Époque. Et bien sûr le style "manga" est impossible a ignorer tant dans le design de certains personnages que dans la manière de représenter les deux anges: des jeunes filles prépubères qui savent se battre à l'épée mieux que personne, capable de terrasser des ennemis dix fois plus gros qu'elles et, dans le cas de Gabrielle, affichant une mine déconfite lors des séquences d'expositions, comme pour gagner une aura mystérieuse autour de son passée et de ses actions.
Il va sans dire que cette innutrition peut vite devenir indigeste et donne à la BD une étrange atmosphère un peu autre, qui n'est pas sans renvoyer aux histoires que l'on trouvait dans les pages de Métal Hurlant, jusqu'au twist final qui vient offrir une nouvelle perspective au récit.
Autant être prévenu. C'est très loin de vouloir dire que c'est mauvais, mais ce n'est évidemment pas traditionnel et au goût de tous.


Suite a sa première édition aujourd'hui épuisée, la bande-dessinée a été sauvé du néant par l'éditeur Soleil, chez qui s'est justement réfugié Kara peu après pour créer sa nouvelle œuvre. Elle fut republiée en 2003 sous le label Soleil Levant, en même temps que le premier tome du Miroir des Alices, et a gagné une nouvelle couverture ainsi qu'un document de quatre pages intitulé Genèse. Celui-ci, long de quatre pages, semble revenir sur la confection de la BD mais je ne l'ai lu et je ne peux donc pas témoigner du contenu.
En revanche ce que je peux dire, c'est qui si aucune suite n'a jamais été donnée à ce one-shot, Kara avait laissé une fin (relativement) ouverte juste au cas où pour permettre une telle possibilité. Selon lui, cette séquelle intitulée Raphaëlle se serait déroulée quelques heures ou journées après la fin du premier album, et aurait trouvée sa conclusion quelques 8 milliards d'années plus tard durant la fin du monde ! Elle ne sortira évidemment jamais, puisque lors d'une interview en 2009 Kara avait confié que seule une poignée de fans se risqueraient a acheter ce second tome huit ans après le premier. En outre son évolution graphique risquerait de jeter le trouble quant à savoir si cette suite serait belle et bien du même auteur.
C'est une évidence mais j'aurai été très curieux de voir ce qui serait advenu de cet univers aux portes de l'Apocalypse, maintenant que Dieu et les siens n'existent plus.





 

Ghost Charmer – Tribal Shaman (W.I.P.)


Work in Progress. Un simple entrainement à reprendre les crayons, constituer des designs et tester différentes choses. Ici Natasha, portant une tenue tribale de Shaman à base d'ossements et de peintures primitives. Fait au crayon de papier sur une vulgaire feuille d'imprimante.