mardi 27 mai 2014

From Dusk Till Dawn: The Series (1.09)

Ep.1.09
Boxman
 

Avant-dernier épisode, et c'est déjà mieux. Il se passe des choses et les scénaristes font un effort pour faire rebondir l'intrigue avec quelques nouveautés, ce qui donne presque l'illusion qu'il se passe des choses intéressantes dans cette série. Mais bon, vu qu'on arrive au season finale, tout ceci ressemble fort à une tentative un peu ratée de réveiller l'intérêt du spectateur pour la prochaine saison.
Boxman prépare d'ailleurs le terrain en posant les bases de la "prochaine" intrigue, et établit enfin clairement tous les enjeux. Carlos est identifié comme le véritable antagoniste de l'histoire tandis que Santanico Pandemonium devient une anti-héroïne qui ne cherche qu'a être libre. Seth accepte de jouer le jeu tout en ne pouvant totalement se fier à son frère et Kate Fuller semble toute désignée pour être l'héroïne qui va triompher du labyrinthe mental que représente le Temple.
Les clans se forment et alors que Scott, désormais vampire, choisi de protéger sa famille malgré sa nouvelle condition, Carlos décide de s'allier avec son ennemi Narciso pour empêcher les frères Gecko de détruire leur espèce.
Bref, les choses prennent forme et on sait enfin où on va, mais en contrepartie on sent venir une construction convenue, établit selon les standards des séries TV. Les groupes ne risque pas de se défaire de sitôt et ce nouveau statu quo va probablement d'être préservé pour un moment. Autant dire que ce n'est pas pour rassurer, mais au moins cela permettra de restructurer un peu l'histoire générale qui part quand même dans tous les sens.


Et paradoxalement, tandis que ce Boxman annonce une refonte des plus banales pour le show, il s'agit de l'épisode qui prend le plus de risque en se livrant à un étrange jeu de piste qui prend forme dans l'esprit des Frères Gecko.
Alors qu'il pense avoir trouvé une sortie vers l'extérieur, Seth découvre qu'il est toujours prisonnier dans le temple, prit au piège dans un labyrinthe mystique qui se façonne à son image. Pour s'échapper, il doit revivre de douloureux souvenirs qui vont être totalement altérés par les Culebras et croise quelques visages qu'il a aperçu depuis son évasion. Et si Richie est là pour l'aider, le fait qu'il soit maintenant un vampire et une révélation sur leur passé vont venir jeter le trouble encore un peu plus.
Voilà sans aucun doute le meilleur de ce nouvel acte, qui nous sort totalement du Titty Twister et nous plonge dans une réalité virtuelle où tout peu arriver. Le paysage urbain change un peu de la version cheap du bar et la meilleure scène montre Seth se confronter à son ordure de père. Surprenant, car si on était en droit de s'attendre a un déroulement des plus prévisible, ce thème ayant était mainte fois exploré à la télévision, le résultat sonne juste et redore un peu le blason de Richard Gecko par l'occasion, qui avait été sérieusement édulcoré ces derniers temps.


Quel dommage qu'il ait fallu attendre aussi longtemps pour que les scénaristes se mettent enfin a soigner leur travail, car il semble évident qu'il s'agit d'une simple parenthèse dans l'ensemble de la série télé. D'une part parce que la deuxième moitié de l'épisode (qui suit les autres protagonistes) vient le confirmer en retombant dans les défauts habituel du show, mais aussi parce que cette étrange aventure psychique s'inspire ouvertement du travail de Tarantino plutôt que de celui de Rodriguez.
On dénote immédiatement la  rupture de ton et même de mise en scène. Les acteurs sont bien mieux dirigés, mention spéciale pour D.J. Cotrona qui, certes, imite George Clooney mais parvient a montrer les failles derrière la façade de gros dur de Seth Gecko. Les dialogues font mouche, particulièrement lorsqu'un joaillier évoque son incroyable anecdote concernant la faune transsexuelle brésilienne, et nous avons enfin des petits rôles joués par de vraies gueules du cinéma... Comme dans Une Nuit en Enfer !
Ici c'est le toujours génial William Sadler (dernièrement vu dans Machete Kills) qui débarque, pour ma plus grande surprise et ma plus grande joie, et il semble s'éclater à jouer son personnage de texan un brin mafieux sur les bords. C'est probablement la meilleure chose qui soit arrivé au show depuis la danse d'Eiza González. A ses côtés le sympathique James Remar, dans le rôle de Ray Gecko, le détestable papa. Celui qui fut un des Warriors de Walter Hill et qu'on a pu récemment voir dans Django Unchained livre une prestation loin des clichés habituels de père tyrannique. Aucune référence poussive à son rôle dans Dexter, et c'est heureux !
Et dans un registre plus anecdotique signalons aussi le retour furtif de Sonny Carl Davis dans le rôle du Mean Old Bastard, ce qui me donne encore une fois l'impression que toute cette série n'est qu'un trip hallucinatoire causé par Eebee des Evil Bong ! Si seulement...


Si l'épisode s'en était tenu a tout cela, Boxman aurait certainement été plaisant a suivre et sans gros défauts notables. Malheureusement on ne s'en sort pas a aussi bon compte et il nous faut endurer en parallèle les mésaventures de la famille Fuller. Et alors qu'ils retrouvent notre super Ranger, juste comme ça au détour d'un couloir, les voilà victimes d'une étrange boucle temporelle puisque leurs déboires de la semaine dernière se répètent a l'identique!
Alors non, je ne veux pas dire que le script utilise réellement le voyage dans le temps, je veux dire qu'il se passe ici exactement les mêmes choses que dans l'épisode précédent. Encore une fois le groupe découvre une salle où se cachent une horde de vampires inintelligibles, encore une fois Kate trouve le moyen d'être isolée de ses pairs, et encore une fois elle finie capturée et ligotée sur un autel sacrificiel. Sérieusement. Même l'ignoble séquence où la jeune fille tentait de faire appel aux bons sentiments de Frost pour les aider est reprise avec El Rinche, lequel déclare alors qu'elle "voit la Lumière chez les autres". Une façon un peu maladroite de souligner à quel point le personnage va avoir son importance un peu plus tard.
La seule différence notable étant cette fois le design des vampires. S'ils évoquaient sensiblement les indigènes des films de cannibales italiens la semaine passée, ils volent cette fois le look des Crawlers de The Descent. Affligeant.


Si vous rajoutez a cela un concept reprit à Highlander, qui veut que celui qui trouve la sortie du Labyrinthe décroche un mystérieux Prix dont personne ne connaît la teneur (on pari que c'est Kate qui gagne et qu'elle ramène sa mère à la vie ?), le heel turn prévisible de Jake Busey (pouvait-il en être autrement vu l'acteur choisi pour le rôle ?) et le fait que Santanico Pandemonium se rhabille, vous conviendrez qu'il n'y a plus aucune illusion à ce faire sur cette réadaptation d'Une Nuit en Enfer.
Plus qu'un épisode a tenir. Gageons qu'il se révèlera être très décevant même si on peut compter sur William Saddler et peut-être une ou deux surprises pour ne pas sombrer dans la dépression totale.
Vivement qu'on en finisse, et rien ne presse pour cette seconde saison. On ne l'attend vraiment pas.

 

dimanche 25 mai 2014

From Dusk Till Dawn: The Series (1.08)

Ep.1.08
La Conquista
 

Nouvel épisode de From Dusk Till Dawn, nouvelle déception. Encore une fois il est sidérant de voir à quel point le résultat est médiocre malgré le potentiel, et s'il fallait une dernière confirmation pour dire que jamais le reste de la saison ne relèvera le niveau, la voici. Avec seulement trois épisodes restant au compteur, on été en droit d'attendre beaucoup de La Conquista, d'autant qu'enfin celui-ci réalise l'idée que j'avais en tête depuis l'annonce de la série: l'exploration du temple aztèque sur lequel est construit le Titty Twister !
Une trouvaille ingénieuse qui, en toute logique, devait nous permettre d'en apprendre beaucoup plus sur les vampires et leur mythologie, et qui pouvait permettre aux scénaristes de s'affranchir une bonne fois pour toute de son modèle cinéma pour avoir une plus grande liberté créative. Las, non seulement les déambulations de nos héros n'amènent rien de nouveau, au contraire, mais en plus elles semblent volontairement ralentir la narration générale en offrant une sorte de parenthèse via leur rencontre avec un nouveau protagoniste. Un personnage que l'on attendait depuis l'arrivée au bar mais qui est tellement inutile qu'on aurait pu tout aussi bien le couper au montage. Je veux bien entendu parler de Frost, ancien soldat qui était campé par le génial Fred Williamson dans Une Nuit en Enfer.
Enfin il faut également signaler le "buzz" autour de cet épisode puisqu'il a été réalisé par Fede Alvarez, auteur du navrant remake d'Evil Dead. Il semble que beaucoup avait placé leurs espoirs en lui, souhaitant probablement qu'il fasse monter le taux d'hémoglobine et qu'il réitère les scènes "chocs" de sa version du classique de Sam Raimi. Des attentes sûrement justifiée vu la popularité de son film, que beaucoup estime, mais au final c'est un véritable flop. Comme son Evil Dead.



Alvarez se contente d'une réalisation télévisuelle très plate, ennuyeuse et même sacrément paresseuse lorsqu'interviennent les rares scènes d'action. On peut se moquer de Robert Rodriguez mais au moins celui-ci tente de placer quelques idées visuelles de temps en temps, et de jouer de sa caméra. Ici le résultat est tout simplement inexistant et si banal que ça en devient infligeant.
Lorsque nos héros sont poursuivis par une horde de monstres dans les couloirs du temple, tout sentiment d'urgence et de tension disparaît en raison d'une mise en scène molle à base de travellings à la traîne sur les acteurs. Une lutte contre un groupe de Culebras dans les sous-sols obscures renvoie aux premières heures de Buffy Contre les Vampires via une chorégraphie approximative, des idées tuées dans l'œuf (le fusil-harpon à pieux de Seth, immédiatement neutralisé par les vampires) et d'une gestion de la lumière très maladroite à base de lampes torches.
Reste le duel entre Carlos et El Rinche, épée contre hache, avec quelques sauts câblés et passages amusants, mais c'est bien peu pour donner une bonne note à l'ensemble.
Au final la participation d'Alvarez sonne, au mieux, comme un petit coup de main d'un réalisateur hispanique à un autre, au pire comme un fumeux coup médiatique.



A sa décharge, le script de La Conquista s'avère bien peu engageant de toute manière. Passé un prologue prometteur qui nous montre les origines de Carlos (un Conquistadore venu piller l'or des Aztèques avant de tomber amoureux de Santanico, retenue prisonnière d'un temple par le culte des serpents, et de se damner pour elle), l'épisode joue sur les attentes et n'en fini plus de séparer les personnages en promettant de l'action ou des révélations sans pour autant en offrir.
D'un côté Santanico Pandemonium explique les raisons de sa vampirisation et de son envie de rébellion à un Richard Gecko méfiant, de l'autre Carlos tâche de se débarrasser d'El Rinche car celui-ci représente une menace importante: il semblerait en effet que celui-ci descende d'une longue lignée de tueurs de vampires, ce qui explique pourquoi il a survécu a sa confrontation avec Santanico et pourquoi il ne se transforme pas en Nosferatu. Un rajout malvenu qui fait redite avec l'épisode précédent (Jake Busey expliquait que les frères Gecko lui évoquait la légende de frères jumeaux se rendant dans le monde des Ténèbres pour détruire les Forces du Mal) et qui débarque un peu tardivement. Honnêtement on aurait pu s'en passer et on a surtout l'impression que les scénaristes se laissent des portes ouvertes pour la prochaine saison.
Et puis il y a nos héros, lesquelles descendent dans les profondeurs du temple en espérant trouver une sortie et qui finissent par tomber nez-à-nez avec Frost, qui s'était retranché dans une des nombreuses pièces inoccupées (?) du repaire. Contrairement au film original où il était lui aussi un survivant de l'attaque surprise des vampires, le soldat a ici trouvé refuge après un massacre antérieur de plusieurs semaines. Plusieurs mois peut-être même, l'idée étant que l'édifice joue avec l'esprit des humains.



Dans l'absolu pourquoi pas puisque le concept (totalement reprit du Predators produit par Rodriguez !) s'applique parfaitement au personnage de vétéran de guerre traumatisé. Tout comme dans sa version cinéma, Frost est encore mentalement prisonnier de ses douloureux souvenirs et le scénario laisse sous-entendre qu'il doit les affronter chaque fois qu'il erre dans les couloirs du temple.
Mais cela aurait nécessité un bon travail d'écriture. Vous pensez qu'une série qui s'appliquait jusqu'ici a montrer le moindre détail d'Une Nuit en Enfer à travers de longues scènes pourrait nous gratifier d'un ou deux flashbacks ? Perdu ! Non seulement Frost est totalement mis de côté par le scénario, mais en plus son unique utilité est d'offrir une variation de la scène où les héros découvre les stocks volés par les vampires.
De la manière la plus cliché possible, Frost exprime son souhait de ne pas se joindre au groupe, arguant qu'il a déjà été témoin de tentatives d'évasion de ce genre, avant de revenir au dernier moment pour sauver tout le monde en se sacrifiant. Le tout avec l'inévitable moment où un personnage moralisateur (ici Kate) réveille son humanité. L'espace d'un instant, on se croirait dans The Walking Dead devant tant de facilités...



Il y avait pourtant moyen d'utiliser Frost mieux que cela, même le temps d'un seul épisode, surtout à travers le principe des hallucinations qui assaillent ceux qui explorent le repaire des vampires. Cet élément est finalement illustré de la façon la plus pauvre possible: Kate croit apercevoir sa mère dans une des chambres, tente de communiquer, et se fait immédiatement capturée ! Tout ceci alors que Frost l'avait mise en garde la scène précédente !
Rassurons-nous, elle est bien vite retrouvée, indemne, par ses amis, et ça malgré que les lieux soient supposés être labyrinthiques. Heureusement aussi que les Culebras aient voulu la sacrifier plutôt que de la mordre. Oui c'est con comme ça, From Dusk Till Dawn. Et encore je ne vous parle pas de l'origine du nom de Sex Machine (une blague pas drôle s'inspirant de l'expression Deus Ex Machina), de la référence un peu forcée aux Indiana Jones et du fait que Richie est officiellement lavé de tout péché puisqu'il n'a finalement jamais tué personne hormis l'otage du motel, et ceci sous l'influence de Santanico. Entre ça, le manque de gore et l'absence de nudité, ça donne salement l'impression de voir une version PG-13 d'Une Nuit en Enfer, et là je vous le demande, quel est l'intérêt ?!



Reste une réplique amusante de Carlos (épinglé sur un fauteuil par son adversaire, il grogne de douleur avant d'en rire en lançant un "No seriously, it doesn't hurt that much") et Eiza González est toujours aussi séduisante dans son bikini. C'est tout et ça suffit à dresser le constat concernant la série. Il n'y a officiellement plus rien a attendre de ces derniers épisodes, on sait déjà quels vont être les péripéties à venir (le groupe va être victime de souvenirs difficiles qu'il faut surmonter pour s'échapper, une manière bien artificielle de développer les personnages) et ce n'est pas la dernière sous-intrigue qu'on nous balance en fin d'épisode qui va changer la donne.
Ainsi découvre t-on que Santanico souhaite remplacer Carlos par Richie, car elle considère son ancien servant comme vénal, et celui-ci apprend la trahison de sa bien-aimée grâce à un espion inattendu. Richie reçoit enfin le baiser des Ténèbres et on imagine déjà les conflits que cela va engendrer par la suite.
Par ailleurs, il apparaît clair que tout ceci ne sera pas résolu à la fin de cette saison et qu'une nouvelle série d'épisodes va poursuivre la situation actuelle. Moi qui était curieux jusqu'ici, pensant que c'était un moyen de nous offrir une nouvelle histoire avec un contexte totalement différent, me voilà bien déçu. Vivement l'alliance entre Seth et son frère vampire pour renverser les Neufs Lords. Ou pas.



dimanche 18 mai 2014

From Dusk Till Dawn: The Series (1.07)


Ep.1.07
Pandemonium
 

J'ai longuement hésité avant d'écrire quelque chose au sujet de la série, avant de finalement laisser tomber face à la qualité franchement discutable de cette adaptation. Pour résumer l'ensemble de la saison jusqu'ici, From Dusk Till Dawn: The Series est chiant, longuet, poussif et pas franchement intéressant. La faute a cette idée stupide de reprendre étape par étape le film original, moins quelques modifications, et de rallonger l'intrigue artificiellement en mettant en scène le moindre éléments narratifs qui n'était alors qu'accessoire.
Avions-nous vraiment besoin de voir Seth Gecko se rendre au fast-food du coin pour acheter ses burgers ? De croiser son ex-femme alors que son existence ne provient que d'une punch-line
ridicule ? De faire de l'accident qui a coûté la vie de Mme Fuller un point central du scénario ? S'il est compréhensible de réutiliser quelques trucs afin d'alimenter une série de dix épisodes, l'écriture semble trop souvent s'embourber dans d'inutile intrigues annexes et donne surtout l'impression de vouloir prolonger la première partie (l'avant Titty Twister) pour mieux faire languir son public.
D'autant plus que, maintenant que nos héros sont arrivé dans le repaire des vampires, on ne peut pas dire que les personnages se soient particulièrement enrichis entre temps. Hormis Richie, fondamentalement différent de sa version cinéma, la fine équipe demeure au même stade que lors de leur introduction. Autant dire qu'il était donc inutile de faire traîner les choses a ce point.
Tout parait d'autant plus vain que, lorsque l'on pense à une version longue d'Une Nuit en Enfer, le seul élément qu'il convient de développer est la mythologie autour des vampires. Il aurait été plus judicieux de faire intervenir les personnages plus tôt au Titty Twister et de changer les choses a partir d'ici. Car en l'état même si la série amorce enfin le tournant tant attendu, nous sommes déjà au courant de l'existence des suceurs de sang et ce qui va suivre perd un impact considérable...

 
Arrive cet épisode #7, réalisé par Robert Rodriguez lui-même, où la belle et redoutable Santanico Pandemonium fait enfin son entrée en scène. La série en profite pour nous offrir un nouveau générique d'ouverture, comme pour bien confirmer le changement de direction du scénario, mais puisque l'existence des vampires a déjà été révélée auparavant, cela n'a maintenant plus vraiment de sens.
En fait de surprises, ce sont plus des révélations qui ont lieux ici et une part du mystère autour des visions de Richie se lève enfin. Ce n'est pas pour autant que les intrigues se rejoignent et, contrairement au film original, l'orgie sanglante qui a lieu est loin de marquer une transition vers le Survival.
De nouveaux points sont soulevés et vont servir a nourrir non seulement les prochains épisodes, mais sûrement aussi la seconde saison qui a été validée. En effet, Carlos et ses filles vampires sont loin d'être les uniques Nosferatus du monde et c'est tout une hiérarchie qui nous est ici présentée. De quoi relancer l'intérêt général et éviter de limiter le reste de la saison a un simple jeu de massacre sur trois ou quatre heures, malheureusement tout ceci ne semble pas "coller" à l'univers de From Dusk Till Dawn. Ces luttes internes, avec cette société de vampires propres sur eux, limite mafieux, renvoie beaucoup plus aux Underworld et aux jeux de rôles White Wolf. En fait, cela évoque a peu près n'importe quel films de vampires de ces dernières années ! Le film de Rodriguez et Tarantino avait pour lui d'offrir quelque chose d'original, de l'Horreur basique avec des suceurs de sang monstrueux et sales, tout droit sortie des EC Comics.
Las, cette nouvelle monture d'Une Nuit en Enfer s'échine a paraitre épique et complexe, introduisant les Neuf Lords et leurs subalternes classieux, faisant du repère mexicain une simple banque du sang et transformant Carlos et Santanico en petits malfrats situés au plus bas de l'échelle. Tout cela est décevant et fait disparaître l'extravagance propre à l'univers que l'on connaissait. Si nous avions tous hâte de voir a quoi allait ressembler le Titty Twister version télé et ses habitants, autant dire que l'impatience est retombée comme un soufflé.

 
Bref, nous aurons tout le temps d'en reparler par la suite aussi venons-en a l'autre grosse attente de l'épisode, à savoir la sensuelle danse serpent de Santanico Pandemonium. Scène inoubliable, elle comptait comme l'un des morceaux d'anthologie d'Une Nuit en Enfer et il était évident que Robert Rodriguez la réemploie ici. D'autant qu'avec la plastique envoûtante d'Eiza González, il aurait eu tort de s'en priver.
Verdict ? C'est réussie, en tout cas du côté de la chorégraphie. La jolie mexicaine imite son modèle a la perfection, reprenant quasiment l'intégralité de sa danse avec quelques ajouts ici et là, comme une inattendue séquence de pole dancing et l'apparition d'un serpent à deux têtes. C'est beau, ça colle au personnage et Rodriguez nous gratifie même de quelques plans osés supplémentaires (le serpent qui glisse entre ses jambes !). Belle prestation, même si on reste loin du magnétisme de Salma Hayek et qu'on pourrait reprocher à Eiza Gonzáles d'avoir un abdomen un peu moins dessiné que son aînée...
En revanche niveau réalisation il y a un sacré relâchement. Le budget télévisuel rabaisse évidemment l'ampleur du spectacle (fini ces amples mouvement de caméras et ce ralenti surnaturel soulignant l'aspect envoûtant de Santanico Pandemonium) et donne parfois la mauvaise impression d'assister à une vulgaire lap dance tirée d'une série policière. Quant au montage, il brise la magie en caviardant la prestation d'insert malvenus (réactions de nombreux personnages annexes) ou en se mélangeant les pinceaux dans le déroulement du numéro ! Ainsi la prestation est fréquemment interrompue par des plans où la vampire prend la pose ou joue à la magicienne en apparaissant / disparaissant sans prévenir, tandis que la barre de pole dance semble sortir de nulle part pour disparaître sitôt utilisée.
Un bordel monstre qui renvoi un peu à Desperado et son gunfight bordélique dans le bar, sauf que si ce film possédait une énergie brut qui permettait de ne pas prendre conscience directement de ce chaos, c'est ici très loin d'être le cas !

 
La scène se conclue par l'introduction du nouveau générique, fondu dans le récit via la musique de la danse (une reprise en espagnol de After Dark). Une manière de marquer le début de cette seconde partie de l'histoire où les vampires gagnent de l'importance. Un peu tardif a mon avis puisqu'il ne reste que trois épisodes pour cette saison, mais c'était a prévoir vu "l'attente" qu'il y avait à propos de ce virage narratif.
Autant vendre la mèche tout de suite, rien dans ce qui suit ne relève le niveau de la série. Il y a une différence fondamentale entre l'attaque surprise des vampires dans Une Nuit en Enfer et celle de cette nouvelle monture, et la comparaison ne joue pas en sa faveur. Comme je l'ai dis plus haut, From Dusk Till Dawn se prend trop au sérieux et gomme l'aspect joyeusement timbré qui le caractérisait. Toutes les créatures extravagantes et les idées farfelues passent à la trappe, laissant place à un carnage "classique". Quelques femmes vampires sautent sur leurs clients, les égorgent ou les démembrent, et on en reste là.
Les effusions de sang en elles-mêmes sont bien propres, abusant du sang numérique, l'aspect reptilien des créatures de la nuit est loin d'être impressionnant (Eiza González notamment, qui a vraiment l'air de porter un "costume" imitation écailles) et leur mise à mort est tout simplement anticlimatic puisque les vampires disparaissent dans un simple petit nuage de fumée ! Reste quelques scènes gore à l'ancienne mais ça n'impressionne pas et le petit budget alloué à la série se fait gravement ressentir tout au long du massacre: c'est bien simple, le bar semble vide. Hormis une dizaine de figurants, c'est comme-ci la population du Titty Twister s'étaient perdue en route. Difficile de prendre la menace au sérieux lorsque les seuls protagonistes que l'on semble apercevoir (les Gecko, les Fuller, Sex Machine et le Ranger) sont a peine agressés par deux ou trois monstres et ensuite oubliés sans raison !

 
Car oui, si le film original montrait les survivants venir a bout de leurs adversaires pour mieux rencontrer une nouvelle vague d'ennemis plus nombreux, la série fait disparaître ses vampires après quelques meurtres sans véritable explication, laissant les personnages dans un coin du bar le temps de s'intéresser à la sous-intrigue liée à la rébellion que prépare Santanico Pandemonium. Alors non seulement c'est maladroit (les humains n'ont littéralement plus rien a faire si ce n'est parler de tout et de rien, se chamaillant) mais surtout cela déséquilibre totalement le scénario.
On se perd un peu temporellement entre les deux trames et beaucoup d'enjeux sont mal exposés. Carlos et sa bien-aimée cherchent a assassiner leurs supérieurs en les empoisonnant avec du venin de serpent (comment est-ce possible si ces vampires sont a moitié reptile de nature ?) et si la belle danseuse compte sur Richie pour arriver à ses fins, elle laisse pourtant ses fidèles sujets l'attaquer sans mettre des gants. Le professeur incarné par Jake Busey est venu infiltrer le Titty Twister alors qu'il doit être la seule personne au monde a connaître le danger d'un tel endroit, et tout l'aura mystique qui tournait autour de Santanico (présentée comme une demi-déesse jusqu'alors) se casse la figure dès lors qu'on apprend qu'elle n'est qu'une petite joueuse dans la hiérarchie vampirique.
L'épisode prend également un gros coup de mou en milieu de partie, lors de la "pause" qui se déroule juste après l'attaque des vampires, puisque le temps alloué aux protagonistes est entièrement utilisé à des fins d'expositions. Le professeur passe le plus claire de son temps a raconter le background des suceurs de sang et de leur temple, sûrement afin de nous  débarrasser de ces "encombrants" détails. Lorsque les responsables de la série se targuait de vouloir explorer la mythologie derrière leurs créatures, ils auraient dû préciser que tout cela tiendrait en quelques lignes de dialogues.

 
Et c'est dommage car il y avait sûrement matière a développer ces "Waxaklahun Ubah Kan" (d'après les sous-titres). Également appelés Los Culebras, c'est-à-dire les Serpents, ces monstres semblent descendre du mythe du Serpent à Plumes et possèdent des caractéristiques qui évoque la religion des Aztèques. Ils peuvent changer de formes, possèdent le don de double-vue et sont immunisés contre le soleil et les crucifix. L'idée d'utiliser des crocs de serpent à la place des canines traditionnelles est plutôt bien vu et le maquillage évoque assez subtilement les reptiles dans les formes et couleurs. Dommage que de grossiers CGI viennent gâcher ce travail en rajoutant des langues fourchues sifflantes à l'occasion !
Bien sûr ces changements éloignent drastiquement ces vampires de leur version cinéma, et il est regrettable que leur apparence soit beaucoup moins soignée que ne l'était Salma Hayek dans Une Nuit en Enfer, mais cela permet de faire rebondir l'intrigue au point qu'il apparaît maintenant clair que, si la série suivait jusqu'ici le film de A à Z, elle va maintenant tout faire pour s'en éloigner. L'épisode le prouve ici en prenant totalement à contrepied la raison pour laquelle les vampires attaquent leurs clients: si Santanico se transformait à cause d'une soif de sang incontrôlable, tuant Richard Gecko d'entrée de jeu, c'est ici pour le protéger qu'elle dévoile sa véritable nature, lorsque le Ranger vient attaquer son protégé.
Si j'étais au début réticent devant un tel parti-pris, d'autant que le concept de la vampire-serpent du film ne fut décidé qu'au dernier moment suite à la danse de Salma Hayek, il me semble maintenant assez intéressant pour être perçu comme l'une des bonnes idées du show. D'autant plus que l'on retrouvait déjà quelques autres "serpents" dans Une Nuit en Enfer 3. En revanche je reste toujours aussi critique vis-à-vis de l'exécution qui ne me fait toujours pas ressentir la moindre sensation de danger, de terreur, ou d'amusement. Et ça c'est franchement problématique.

 
Reste quand même quelques bons moments qui laisse entrevoir ce qu'aurait pu donner From Dusk Till Dawn: The Series si elle avait été a la hauteur de ses ambitions. Santanico Pandemonium fait preuve de souplesse et d'acrobatie lorsqu'elle attaque ses proies, une gestuelle totalement adaptée à son physique et qui fonctionne beaucoup plus qu'une simple force surhumaine. Le Titty Twister recèle de trappes cachées dans lesquelles sont précipités les humains, qui finissent déchiquetées par des broyeurs géants tandis que leur sang est recueillit quelques étages en-dessous pour garnir le banquet des vampires, et l'ingéniosité de Richard Gecko est amplement mise à contribution lors du siège. Voir les frères Gecko agir de concert contre l'adversité reste très appréciable et il faut évoquer l'apparition d'un vampire monstrueux qui évoque le Djinn de Wishmaster.
Par politesse, je tairais la mollesse impressionnante de son combat contre Seth et Richie, franchement embarrassante.

 
Sorte d'épisode de transition après un épisode de transition, ce Pandemonium déçoit énormément et s'inscrit donc dans la parfaite continuité de ce qui c'est fait jusqu'à présent. Les quelques bons éléments qu'on y trouve restent bien peu de choses devant les choix scénaristiques frustrants et le manque de budget de l'entreprise, et si l'on comptait jusqu'ici à un revirement de situation avec la découverte du repaire des vampires, il n'y a désormais plus beaucoup d'espoir pour le reste de la série...
Parce qu'on est parfaitement en droit de rouler des yeux devant se sosie du pauvre de Danny Trejo, du manque de talent du groupe de musique (n'est pas Tito Larriva qui veut), et de l'utilisation abusive du cock-gun de Sex Machine dans les dernières productions Rodriguez. Les personnages restent globalement inintéressant au possible, notamment chez les Fuller (Scott est antipathique, Jacob est éteint et Kate est vue comme une petite chose prude et fragile), et l'absence de Frost se fait bien ressentir. Au moins celui-ci évite la réinterprétation risible de Sex Machine (un simple pseudonyme pour un Jake Busey a côté de la plaque). Bref, c'est une sacrée débâcle.
Reste que Seth se confronte enfin à son frère, ayant perdu toute confiance en lui, que El Rinche se retrouve à devoir s'associer à ses ennemis à la manière d'Une Nuit en Enfer 2, sans qu'il n'en devienne un allié pour autant, et que le tout se conclut par un bon cliffhanger qui va probablement mener à la vampirisation de Richie, mais d'une manière très différente de celle que l'on connaît.
C'est pas grand chose, mais c'est déjà ça !