mardi 30 avril 2013

Doctor Who (Ep. 7.10)

 

Ep 7.10
Journey to the Centre of the TARDIS

Après l'excellent The Doctor's Wife du génial Neil Gaiman, voici un nouvel épisode qui s'attarde un peu plus sur le célèbre TARDIS du Docteur. Un appareil fascinant qui est au moins tout aussi magique que le Timelord lui-même mais qui n'a jamais vraiment été visité. On sait la Blue Box si immense que l'on pourrait s'y perdre et qu'elle contient un nombre probablement infinie de salles, et Journey to the Centre of the TARDIS semblait très prometteur à ce sujet. Hélas, hormis quelques révélations qui tiennent surtout du fanservice (ce dont je n'ai rien contre), nous n'en saurons guère plus sur l'intérieur de la cabine de police puisque l'intrigue de l'épisode se focalise sur un danger "autre" que celui du labyrinthe...
C'est probablement cette déception qui a engendré la réaction assez mitigée des fans, ce qui peut se comprendre. Beaucoup trop d'éléments connus dans la situation et pas assez de surprises et de merveilles, ce que l'on était parfaitement en droit d'attendre d'un tel endroit.


L'intrigue joue sur la relation chaotique qu'entretien Clara avec le TARDIS et débute sur une tentative de réconciliation par le Docteur. Supposant que les deux ont besoin de s'apprivoiser, il souhaite laisser Clara piloter la machine et abaisse quelques protections se faisant. Manque de chance, cette action permet à un autre vaisseau d'alpaguer et d'endommager gravement le TARDIS.
La cause ? Une équipe de "récupérateurs" qui désosse et recycle les carcasses qu'ils découvrent dans l'espace. Une bombe détruit littéralement la Blue Box dont l'intérieur devient un piège mortel. Le Docteur et Clara sont séparés alors que le vaisseau se reconfigure, et il semblerait qu'une dangereuse créature rôde à bord...
Le Timelord doit faire équipe avec ceux qui ont saboté sa machine pour retrouver la jeune femme avant qu'il ne soit trop tard, mais ceux-ci semblent plus intéressés par ce qui se trouve à bord, ne réalisant pas a quel point ils sont eux aussi en danger.


Bref, c'est effectivement a une énième mission de sauvetage que nous avons droit, un peu générique dans son déroulement (les créatures, l'équipage extérieur) et honnêtement le point de départ aurait pu s'en passer. La simple idée que Clara soit perdue dans un lieu si vaste, se modifiant par lui-même, aurait dû suffire. D'autant plus qu'une idée ingénieuse est ajoutée à ce dilemme: de part les dégâts occasionnés, le TARDIS à une "fuite". Non pas de carburant, mais de temps. Ainsi le passé et même le futur commencent à émettre des "échos" et créer des plans parallèles où chacun peut se croiser sans pour autant se voir.
Au lieu de se servir de ce concept comme une bonne trame, où il aurait pu user des principes de Temps et de Dimensions, le scénariste Steve Thompson se contente d'imiter Alien une bonne partie du son histoire avec cette menace invisible dont la nature est intéressante mais révélée trop tard. Dommage car ces "Time Zombies" (les corps calcinés de Clara et de l'équipage, issu d'un futur alternatif où ils n'ont pas survécu à l'aventure) aurait pu être utilisés à bien meilleur escient.
Mais il faut dire aussi que le réalisateur ne relève pas vraiment le niveau en camouflant leur aspect cauchemardesque derrière des flous, une shakycam et un montage ultra rapide, rendant par exemple presque indétectable ce superbe spécimen de corps fusionnés façon siamois.
Il se borne également a filmer platement l'exploration du TARDIS comme un vulgaire film de couloirs, probablement à cause des contraintes budgétaires. Et des couloirs, il n'y a pratiquement que ça, les "grandes" salles que l'on attendait étant pour la plupart de simples incrustations en fond vert que l'on aperçoit que trop furtivement.


Heureusement l'épisode sait quand même jouer sur les attentes et enfin on peut voir a quoi ressemble la fameuse piscine et la bibliothèque, ainsi que la véritable forme du Eye of Harmony ! L'aspect extraterrestre / merveilleux du TARDIS est souligné plus d'une fois avec par exemple cet étrange arbre artificiel aux "fruits" lumineux, sorte de machine permettant de construire d'autres machines, ou cette Encyclopédie de Gallifrey sous forme liquide et conservée en plusieurs bouteilles.
Journey joue également sur  la nostalgie (le Docteur vanne la garde-robe des Timelords, de nombreux clips audio d'épisodes passés sont entendu, dont l'un provient du tout premier épisode de la série) et les attentes (on retrouve une fissure temporelle de la période Pond et Clara découvre le véritable nom du Docteur en lisant un livre sur la Time War) pour fonctionner, et d'ici le season finale il faut avouer que c'est plutôt effectif.
Enfin quelques détails ici et là peuvent s'avérer plaisant, comme l'hommage au Magicien d'Oz lorsque l'on aperçoit le Docteur écrasé sous la cabine de son TARDIS, seuls ses pieds émergeant des décombres. Un petit mot également sur les personnages secondaires que beaucoup auront trouvé (à raison) faibles, voir sans intérêt. Très mince au regard de ce que l'on pouvait espérer et en dressant le bilan je ne peux que comprendre la réaction générale des fans. Mais personnellement je suis assez bon public pour ce qui est de Doctor Who et l'énergie débordante de Matt Smith suffit parfois pour se laisser emporter alors je laisse passer.

Au moins ce n'était pas Cold War...


lundi 29 avril 2013

Hansel & Gretel (2013)


Hansel & Gretel
(2013)


La sortie du Hansel and Gretel: Witch Hunters avec Jeremy Renner et Famke Janssen aura entrainé non pas un, mais trois mockbusters dans son sillage. Ce Hansel & Gretel est bien entendu signé par la Asylum et semble à priori le plus "légitime". A priori. Les deux autres étant un horrible Hansel & Gretel: Warriors of Witchcraft signé David DeCoteau et un étrange Hansel & Gretel Get Baked, où les héros sont des stoners et la sorcière vend de l'herbe...
Pourtant, la vision de ce Hansel & Gretel va en surprendre plus d'un tant le résultat est ici à des années lumières des réalisations (volontairement ?) fauchées de la compagnie. Atteignant sans problème le grade de bonne série B DTV, le film semble avoir été produit par une tout autre boite et on pourrait presque faire penser à un produit de la Lionsgate. Mais l'ironie du sort veut que cette dernière soit distributrice du Hansel & Gretel de DeCoteau, qui lui ressemble énormément à ce que l'on retrouve habituellement chez Asylum: Des acteurs pitoyables, un montage chaotique, des effets spéciaux ridicules et une image définition DV... Un peu comme si les deux firmes avaient échangées leurs copies sans le vouloir !
Je ne m'en plaindrais pas car cela fait de Hansel & Gretel un spectacle beaucoup plus plaisant à regarder. Malgré les critiques assassinent qui fleurissent sur le Net
– et qui me donnent parfois l'impression que les spectateurs se trompent de film, ce mockbuster vaut pour une fois mieux que son concept et s'impose par ses propres moyens.


L'intrigue est une modernisation du conte original, transposé à l'époque contemporaine et avec un résultat bien moins fantaisiste. Ici pas de maison de pain d'épice au sens propre, puisqu'il s'agit en fait du nom d'une pâtisserie dans laquelle travaille la jeune Gretel Grimm. On y vend des gâteaux, des bonbons et mêmes des tourtes à la viande qui valent à l'établissement une certaine renommée.
L'adolescente travaille pour le compte d'une adorable vieille dame nommée Lilith, et cela suffit pour griller l'intrigue.

Non mais "Lilith" quoi.
 

Bref, la tenancière semble toute gentille mais se révèle être en fait une sorcière qui capture des enfants (ou plutôt des adolescents) dans sa maison isolée au fond des bois, afin de les cuisiner.
Alors que Hansel et Gretel se disputent sur leur situation familiale, leur père ayant décidé de se remarier à une femme que le garçon décrit comme "une ensorceleuse", ils se retrouvent dans la forêt et l'adolescent va être victime d'un piège à loup. Les deux vont alors trouver refuge dans la bâtisse la plus proche où ils pensent être à l'abris, la bonne Lilith leur procurant soins et bons conseils. Mais après la consommation de quelques bonbons bien spéciaux, Hansel se réveil dans un cachot parmi d'autres jeunes prisonniers tandis que Gretel va découvrir que sa patronne possède des plans bien particuliers pour elle...


Hormis une introduction différente de l'histoire originale, le script suit grosso modo l'intrigue des frères Grimm et on y retrouve à peu près tous les éléments: les enfants, la sorcière, les sucreries et le cannibalisme, ainsi que le célèbre four... Hansel est bien capturé pour être dévoré et Gretel se retrouve malgré elle à "travailler" même si le scénariste n'en fait pas totalement une Cendrillon. Et bien entendue, la sorcière fini de la manière que l'on connaît.
Toutefois cet Hansel & Gretel rajoute plusieurs éléments de son cru, comme Bobby et Johnny, les enfants de la sorcière (deux jumeaux qui ne se ressemblent pas du tout, dont un sosie de Mark Boone Jr.) qui lui servent de sbires, ou l'obsession de Lilith pour Gretel qui lui rappelle sa propre fille décédée. De bonnes idées qui ne sont malheureusement pas du tout exploitées et n'ont aucune influence sur le déroulement des évènements ! Ils auraient même pu ne pas être là que cela n'aurait pas changé grand chose, et leur intrusion donne au film un aspect Survival qui s'éloigne drastiquement du concept de Conte de Fée moderne. En fait il s'agit surtout d'une façon de faire un énième clone de Massacre à la Tronçonneuse, dont le dernier volet sortait justement en même temps que le Hansel and Gretel parodié.  Une tronçonneuse est carrément filmée de manière suggestive, le temps d'une référence un peu forcée, et la cave de Lilith m'évoque l'antre délirante de Massacre à la Tronçonneuse 2, avec ces guirlandes électriques et ces colliers de doigts...
Un mockbuster 2 en 1 en quelque sorte, même s'il faut reconnaître que le mélange donne un bien meilleur résultat que d'autres ersatz comme Skinned Deep ou Inbred...
 

Je ne boude pas cette "trahison" au mythe original puisque, Hansel & Gretel étant une production Asylum, nous ne pouvions naturellement pas nous retrouver avec une simple réitération du conte. L'histoire se devait de partir dans le n'importe quoi et au final ces ajouts se fondent bien mieux que prévu dans cette relecture. La relation qu'entretien Lilith avec Gretel permet d'épaissir un peu le personnage de la sorcière, allant parfois jusqu'à apporter une dimension tragique à cet antagoniste qui espère tant retrouver une fille après des décades d'immortalité, et la présence des jumeaux rend plausible la situation d'emprisonnement dans laquelle se retrouvent Hansel et Gretel.
C'est également le moyen de fournir le film en séquences gore assez corsées, entre des affrontements qui fond mal (une tête sévèrement défoncée, une machette dans la gorge) et les "plats" préparés façon torture-porn (une adolescente dodues est empalée par l'anus comme une grosse brochette, une autre est brulée vive dans sa garniture). Le scénario se permet parfois d'être même un peu plus imaginatif grâce à un piège ingénieux (un gaz hallucinogène diffusé dans la maison en cas d'évasion des prisonniers) qui donne lieu à quelques séquences oniriques très bien troussées: Hansel rêve de se dévorer vivant lui-même après que des bonbons se soient collés à sa peau, allant jusqu'à dérouler ses propres intestins hors de son ventre, une jeune femme se retrouve dans une pièce bardées de fils de fer acérés comme des rasoirs tout en étant hantée par le souvenir de son horrible père, etc.
Un grand merci aux effets spéciaux très bien réalisé et à l'ancienne !
Après tout, ces moments de cruautés ne sont pas s'en renvoyer à ceux des contes de notre enfance et on pourrait presque dire que les deux partagent le même type d'humour noir, comme lorsque ce gamin qui parvient à s'enfuir malgré une flèche planté dans le dos se fait renverser par la voiture du shérif, se retrouvant empalé une fois à terre !
 

Bien sûr Hansel & Gretel souffre de quelques défauts, inhérent au genre et le spectateur est en droit de s'agacer un peu devant ces facilités qu'il doit se farcir à chaque film. Pourquoi donc aller visiter la maison qui se trouve à 100 mètre de là où a été posé le piège ? Pourquoi nos héros ne s'emparent pas des armes de leurs tortionnaires pour se défendre lorsqu'ils en ont l'occasion ? Au moins le scénario nous évite le coup des téléphones portables en panne de réseau.
D'autres petites choses peuvent aussi gâcher l'ensemble, comme l'acteur jouant Hansel qui apparaît clairement trop vieux pour son rôle, ou le personnage de la belle-mère qui aurait pu permettre un retournement de situation. Perçue comme une sorcière par son beau-fils, il semblerait qu'il y ait bien plus à propos de son personnage qu'on ne le laisse paraître, et la réalisation semble même aller dans ce sens en s'attardant sur elle à certains moment. Mais au final il n'en est rien et elle disparaît bien vite de l'intrigue.
L'ultime révélation, expliquant les motivations de Lilith et apportant un brin de surnaturel à l'histoire (elle dévore la jeunesse à travers la chair), arrive un peu trop tard pour changer le scénario et on retrouve quelques idées "à la Asylum" un peu too much, comme l'explosion quasi nucléaire qui survient à la mort de la sorcière ou le fait que le père termine à l'hôpital alors qu'il a été transpercé par une fourche et poignardé plusieurs fois. 
 

Mais qu'importe, ces petits "désagréments" n'entachent en rien la bonne facture de ce film et l'actrice Dee Wallace (célèbre héroïne "mère" de E.T., Cujo et Critters) livre une très bonne performance dans le rôle de la sorcière, tour à tour adorable et horriblement sadique, véritable moteur du film.
Bien filmé, parfois même très joli, et bénéficiant même d'un score composé par Alan Howarth (collaborateur de longue date de John Carpenter), Hansel & Gretel laisse présager de beaux espoirs pour le futur de la Asylum. Même s'il ne faut pas trop rêver: il s'agit probablement d'une expérience "accidentelle" qui est entièrement a attribuer au réalisateur...

... et c'est déjà pas mal !


vendredi 26 avril 2013

Ooga Booga (2013)


Ooga Booga
(2013)

Erf...
Je savais que le film serait mauvais. Simplement je ne savais pas à quel point il serait mauvais. Et ça me peine de dire ça car j'aime les productions Full Moon en général et que je veux continuer à soutenir Charles Band pour ses idées délirantes. Même si ses méthodes et les dires de ses collaborateurs ont fini par me le révéler comme étant bien moins sympathique que je ne l'aurais cru...
Mais soyons francs, la compagnie fonctionne maintenant tellement sur l'économie, avec pour seul objectif de vendre des produits dérivés, que les films sont pour la plupart de véritables abominations. Certains se plaignaient sûrement à l'époque de Dollman vs. Demonic Toys ou de Puppet Master 5
, mais ces productions restaient corrects, regardables, et surtout elles ressemblaient encore à des films. Maintenant à part quelques petites surprises (les deux derniers Killjoy notamment) il est désormais une certitude que chaque nouvelle sortie soit une déception et/ou une purge: Evil Bong 3, Demonic Toys 2, The Dead Want Women, les derniers Puppet Master... La liste est longue et ce Full Moon No. 260 en fait partie.


Le film est écrit d'après une histoire de Charles Band et réalisé par ce dernier, ce qui est déjà l'une des pires choses qu'il puisse arriver tant le bonhomme se contente du minimum. Le but avoué étant de présenter encore de nouveaux jouets, on peut déclarer sans l'ombre d'un doute que ce Ooga Booga n'est qu'une grande pub d'1h30 destinée à appâter l'acheteur. Le problème c'est que s'il y avait encore un intérêt dans l'acquisition de poupées à l'effigie de Puppet Master, du fait qu'elles évoquent quelques bons films, il n'y en a aucun pour celle d'Ooga Booga.
Ce n'est un secret pour personne, la figurine n'est qu'une représentation caricaturale (et donc raciste) des "petits sauvages". Un guerrier tribal africain avec un os dans le nez. Bien sûr il s'agit très certainement d'une parodie de la célèbre poupée Zuni qui pourchassait l'actrice Karen Black dans un mémorable segment de Trilogy of Terror, mais le résultat laisse franchement perplexe. Après la poupée nippone de Puppet Master X, on serait presque en droit de se poser des questions...
Alors bien sûr Ooga Booga n'a pas été inventé pour l'occasion (heureusement) et provient en fait d'une autre production Full Moon, le plutôt mou Doll Graveyard où il faisait équipe avec plusieurs autres jouets démoniaques. Charles Band avait même déjà montré son intention de ramener le personnage sur le devant de la scène en lui offrant un caméo dans Evil Bong, preuve qu'il pense réellement que Ooga Booga possède un fort potentiel commercial.


Qui dit figurine de Noirs dit Blaxploitation, et Ooga Booga est dans la même veine qu'un Ragdoll ou un Killjoy auxquels il emprunte d'ailleurs à peu près la même histoire. Il est donc encore une fois question d'un jeune Black trouvant la mort, ici abattu par un flic raciste après s'être trouvé sur les lieux d'un crime par accident, et qui revient pour se venger. Autant dire qu'on a l'impression d'avoir déjà vu le film, et pas qu'une fois.
Alors pour ceux qui s'intéressent aux soucis de continuité autant le dire maintenant, Ooga Booga n'est aucunement lié à Doll Graveyard. Ce n'est ni une suite, ni un spin-off puisque le personnage est radicalement différent de celui aperçu auparavant. Au lieu d'être un jouet antique enterré dans un coin de jardin, il est ici fabriqué par le pathétique Hambo, un clown à nez de cochon qui anime une émission pour enfant. Un ivrogne vulgaire et pervers que l'on avait déjà vu dans Zombie vs Strippers. Très probablement un alter ego, au même titre que ce personnage de Texas Ranger Earl McGraw dans les films de Tarantino et Rodriguez. Pourquoi ? Probablement pour justifier du clin d'œil à Django Unchained qui apparaît sur l'affiche d'Ooga Booga...

Si tout cela vous semble confus, c'est normal. C'est parce que ça l'est.


Quoiqu'il en soit Ooga Booga raconte comment Hambo fini par être viré de son travail en raison de son comportement (il se masturbe juste avant d'entrer en scène) et celui-ci décide de se rabattre sur un autre projet: la vente de d'action figures qu'il a lui-même conçu. Une série de figurines baptisées les Badass Dolls et qui représentent divers stéréotypes: les gays, les asiatiques, les prostituées, etc.
Il fait part de ses intentions à son meilleur ami Devin, un jeune homme sur le point de devenir médecin et qui reste la seule personne à croire en lui. Pour l'en remercier, il lui offre même un cadeau: une figurine grande taille de Ooga Booga, un guerrier tribal fumeur de marijuana. Le garçon accepte malgré l'offense et l'emporte avec lui, s'arrêtant en chemin dans une épicerie où il va être témoin d'un braquage qui dérape. Prévenant la police après que le drame, il est aussitôt interpellé par un officier raciste et se fait abattre.
Mais grâce à une machine à sirop défectueuse (!!) son âme est transférée dans le corps de la poupée. Devin retrouve sa petite amie et le couple décide de se venger...


Voici le point de départ qui constitue le "gros" du film. Tout le reste du script se contente d'enchainer quelques scènes de dialogues sans grand intérêt jusqu'à une conclusion qui arrive si vite qu'on se demande parfois s'il ne manque pas des scènes. Un film de vengeance doit normalement suivre un certain rythme de progression mais Ooga Booga ne s'en soucie guère et se contente d'enchainer les scènes-clés. Lorsque nous ne sommes pas dans l'informatif (les braqueurs sont aidés par un juge corrompu, lui-même étant le supérieur du policier raciste), nous voyons directement les héros en action sans qu'il n'y ait besoin d'ellipse temporelle.
Le script tente de camoufler cette aberration avec quelques petites excuses (les personnages habitent dans "une petite ville") mais il ne faut pas se leurrer: Charles Band s'en balance éperdument. Ce qu'il veut c'est du contenu "vendeur", comme les scènes de meurtres ou les blagues pourries qu'on peut caler dans la bande-annonce. Le résultat est plutôt laborieux puisqu'on a parfois l'impression de suivre une succession de vignettes reliées par un fil rouge plutôt qu'un véritable film qui progresse naturellement, comme une sorte de compilation de webisodes.
Tant est si bien en fait qu'on croirait regarder une production Troma volontairement chaotique plutôt qu'une série B estampillée Full Moon. Y aurait-il eu un peu plus de gore ou de sexe qu'on aurait pu confondre.


J'en veux pour preuve cette erreur de raccord quand même assez énorme, lorsqu'un drogué se fait descendre par l'héroïne en plein milieu d'une pièce. Un plan éloigné montre subitement son corps au pas de la porte, que la jeune femme doit d'ailleurs enjamber pour sortir, avant de revenir à sa position initiale quelques minutes plus tard lorsqu'un policier entre sur les lieux...


De Troma, on y retrouve aussi le mauvais goût, cet humour trash qui en met plein la gueule à l'Amérique prude. Un clown plonge son nez dans la poitrine de sa partenaire, l'héroïne se demande pourquoi Ooga Booga fume un joint alors que Devin n'en était pas adepte, une gamine latte les couilles à un adulte et le mot "négro" est répété un nombre de fois incalculable.
Mais ce qui est drôle chez Troma ne l'est pas nécessairement ici et tout cela semble un peu trop forcé pour susciter le rire. Un peu comme une imitation sans saveur. Et si quelques gags fonctionnent, comme lorsque Ooga Booga s'énerve en se retrouvant nez-à-nez avec d'autres figurines racistes, ou le fait que le policier xénophobe se nomme White, Charles Band va peut-être un peu trop loin dans son "humour". Surtout lors de cette incroyable séquence où la poupée se masturbe en matant sa copine prendre une douche après qu'elle se soit faite violée par trois malfrats !
Dingue, oui. Drôle ? Pas vraiment...

Il faut ajouter à cela le facteur "cheap" de l'entreprise qui est tout de même franchement handicapant. Il n'y a globalement que trois décors et cinq acteurs, Ooga Booga n'apparaît que très rarement (pour éviter d'avoir à l'animer), les dialogues s'étirent à n'en plus finir et certains effets spéciaux sont risibles. Les coups de feu en CGI, par exemple, comptent parmi les plus ratés que j'ai jamais vu. Et quelqu'un devrait dire au scénariste qu'on ne meurt pas d'une simple énucléation.
Tout cela fait que Ooga Booga possède cet aspect amateur qui le rend vite pénible à suivre.


Heureusement si la direction d'acteurs est désastreuse (il faut voir l'héroïne faire semblant de composer un numéro de téléphone pendant au moins trois bonnes minutes tout en essayant de ne pas se faire repérer), les comédiens sont plutôt bon dans l'ensemble avec même en guest-stars les légendes que sont Stacy Keach et Karen Black. Le Ooga Booga en CGI n'est pas mal du tout, sa version physique évite l'effet "jouet en plastique" que l'on retrouvait dernièrement (Demonic Toys 2), et certains décors recyclent le merchandising Full Moon, ce qui est toujours amusant.
Je note même l'utilisation audio de ce qui doit être Killer Eye dans l'appartement des gangsters, ce qui n'a jusqu'ici jamais été relevé par aucun chroniqueur. Mais j'imagine que tout le monde devait mater à ce moment là la pornstar Siri, dont la taille des imposantes mamelles provoque chez moi plus de l'effroi que de l'excitation.
Cependant la seule vraie bonne chose qui ressort du film, c'est Karen Black dans le rôle de Madame Allardyce (bel et bien nommée d'après le film Burnt Offerings, où elle jouait avec Oliver Reed). Car si Stacy Keach se contente de fumer un cigare en insultant tout le monde, ce qui est très drôle en soit, la comédienne se donne à fond dans ce rôle de proprio obsédée par la télévision. Un personnage qui parodie son célèbre rôle dans Trilogy of Terror et qui rejoue au chat et à la sourie en huis-clos, mais avec une certaine lenteur liée à l'âge, ce qui rend la scène des plus tordantes.


Âgée de 73 ans et luttant actuellement contre un cancer, Karen Black ne s'avoue pas vaincue et continue s'amuser comme une folle. Et nous avec. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance et tous mes vœux de rétablissement.

J'ai vraiment l'impression de passer pour l'un de ces idiots de critiques évoqués dans Gingerdead Man 2, et ça me fait presque mal au cœur tellement j'aime la Full Moon et que je voudrais la défendre, mais il n'y a quasiment rien à sauver de ce Ooga Booga. Ce film est mauvais, chiant et pas vraiment drôle en plus de ne pas être original. Au final on a l' impression de s'être fait avoir. Il faut vraiment que ça cesse ou Charles Band risque de perdre ses derniers fans...



jeudi 25 avril 2013

Modern Vampires (1998)

 
Modern Vampires
Revenant
(1998)


Modern Vampires, dont le titre original semble être Revenant, est une série B que l'on doit au duo responsable du bien farfelu Shrunken Heads. Le réalisateur Richard Elfman, frère du célèbre compositeur, et le scénariste Matthew Bright (les deux Freeway et le sympathique Dark Angel: The Ascent) s'en prennent cette fois aux vampires et autant dire que leur version du mythe n'a rien de classique. Fusse le budget plus important et les compères auraient pu livrer quelque chose d'un peu plus mémorable que ce film oublié de tous.
La faute à des valeurs de production très basses qui diminuent fortement l'impact de certaines scènes, et à un script un brin confus qui déborde d'idées mais n'arrive jamais à se focaliser sur une intrigue bien précise. Résultat les personnages gravitent autour de plusieurs histoires qui auraient pu donner lieux à différents films, sans qu'aucune ne soit bien exploitée. C'est un peu comme regarder un de ces téléfilms composés de plusieurs épisodes de série télé remontés n'importe comment.


Modern Vampires se déroule à Las Vegas, qui est sous le règne secret du Comte Dracula (assimilé ici à un vulgaire chef criminel), et comme dans le jeu de rôle Vampires: La Mascarade, les suceurs de sang vivent cachés parmi les Hommes et ne doivent pas attirer l'attention sur eux.. Les Nosferatus qui ne respectent pas ces règles représentent une menace pour toute la société vampire est sont condamnés à la destruction. L'une de ces renégats, Nico, est une jeune vampire ne sachant rien de sa nature et se faisant passer pour une prostituée afin de se procurer du sang frais. Les médias s'emparent du phénomène et lui donne le surnom de Hollywood Slasher.
Son chemin va croiser celui de Dallas, un vampire exilé depuis une vingtaine d'années et de passage en ville pour revoir ses amis. Celui-ci a autrefois transformé le fils de Van Helsing, provoquant une guerre sans fin et lui valant de se mettre Dracula à dos. Alors qu'il a ordre de repartir le plus tôt possible sous peine d'être exécuté, il décide de prendre Nico sous son aile pour la sauver et les deux tombent naturellement amoureux.
Mais pour ne rien arranger les choses, Van Helsing débarque lui aussi en ville afin de se venger...


Ce postulat de départ, un peu chargé, pourrait évoquer l'habituelle romance tourmentée que l'on retrouve fréquemment dans les histoires de vampires, mais ne nous y trompons pas. Elfman et Bright ne cherchent pas à faire dans la tragédie sérieuse et font preuve de tout autant d'idées déjantées qu'auparavant.
Ainsi découvre-t-on pleinement la vie quotidienne des vampires, véritables monstres sans pitié qui s'éclatent dans des night club bien plus sordides que ceux de Blade. Ici les humains sont gardés en cage ou enchainé, livrés en pâtures aux suceurs de sang comme de vulgaires amuse-gueules. S'ils ne sont pas dévorés sur place, ils sont victimes de pratiques horribles: certains se font directement transfuser par intraveineuse, d'autre se retrouvent prisonniers de tables d'où seule leur tête dépasse tandis que les clients s'installent autour pour leur découper le crâne à la scie circulaire...
Mais le plus étrange est que ces actes horribles sont contrebalancés par toutes les autres actions de nos vampires. Ils s'entre-aident, se témoignent amour et affection, pleures la disparition de leurs semblables et s'amusent de petites choses. Il faut voir Casper Van Dien se limer les dents dans la salle de bain ou se couple dont la femme est enceinte depuis plus d'un siècle vanter la les joies de la maternité...
Bref, le script accumule les séquences un peu délirante dont la plus mémorable reste quand même celle où une femme vampire, capturées par les acolytes de Van Helsing et attachée à un lit, remet en question la virilité des jeunes hommes et leur ordonne de l'honorer sans attendre... Pour mieux prendre une forme monstrueusement hideuse afin de freiner leurs ardeurs ! Contre toute attente, ces derniers s'emploient quand même à la besogner et vont en découvrir les terribles conséquences puisque le vampirisme est ici assimilé à une MST !


Des comme ça il y en a plein dans Revenant, entre les gags liés à l'immortalité (un vampire enflammé qui tente de s'éteindre avec un tuyau d'arrosage, la demi-douzaine de pieux planté dans le corps de Dracula) et ce pauvre Van Helsing passant une annonce dans le journal pour se trouver un apprentie. Celui-ci est contraint de s'associer avec une bande de gangsters du Ghetto qui, par un incroyable coup du sort, se retrouverons être les premiers vampires Noirs de l'Histoire !

Du coup il en devient presque étrange de voir des scènes beaucoup plus sérieuse, comme celle où Nico rentre chez ses parents après vingt ans d'absence pour mieux se venger du beau-père qui l'avait maltraité, tout en espérant pouvoir encore renouer avec sa mère.  Bizarre aussi ce choix de script qui inverse subitement les rôles et fait passer les vampires pour des héros, révélant à notre plus grande surprise que Van Helsing fut un scientifique Nazi qui aurait peut-être bien pratiqué des expériences sur des enfants (!) et qu'il a tué son fils par haine plutôt que d'accepter sa condition et de revoir son jugement sur les Nosferatus !
Dommage que ces petites choses viennent perturber un univers qui était plutôt bien trouvé, d'autant qu'entre ça et le script qui part dans tous les sens, on peut aussi relever des fautes de goût parfois gênantes: la surabondance de musiques classiques (ce qui est étrange quand on a Danny Elfman pour vous pondre le thème musical), les bruitages façon rugissements de fauve lorsque les vampires attaquent, des maquillages parfois limite pour leur forme monstrueuse (celui de Dracula notamment, avec sa perruque ridicule) et surtout ces étranges mini-montages "artistiques" qui se déclenchent lors des morsures (montrant des choses un peu étrange comme des fleurs s'ouvrant en accéléré ou un cimetière en noir et blanc). Je comprends qu'ils représentent probablement un espèce de transfert de souvenirs, comparable à ceux de Underworld, mais ça fait tout de même un peu maladroit !


Modern Vampires / Revenant ne conviendra pas à tout le monde, ni à tous les fans de vampires, et il va de soit qu'il faut être ouvert au délire. Cependant il y a de la substance dans ce film et ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir le grand Udo Kier "danser" dans un boite de nuit des années 90 ! Sa présence est bien trop courte mais on peut compter sur la prestation d'un Rod Steiger en pleine forme dans le rôle de Van Helsing, tantôt en transe, tantôt à côté de la plaque selon les situations, et Casper Van Dien joue avec conviction un anti-héros assez loin des standards.
Avec sa belle gueule et ses capacités de comédiens, celui-ci aurait mérité une bien meilleur carrière et il prouve ici qu'il aurait pu sans problème se hisser au niveau d'un Tom Cruise.

Pour les intéressés, il existe un DVD "special director's cut" (en fait une version non censurée) et disposant de quelques bonus comme un commentaire audio du réalisateur et de l'acteur principal, qui peuvent peut-être lever un peu le voile sur les intentions de Elfman et Bright.


mardi 23 avril 2013

Zombieland: The Series (2013)


Bon sang ce que c'était nul.

Je n'aime pas Zombieland. Une énième tentative de surfer sur la vague de Shaun of the Dead et de faire une "comédie" avec des morts-vivants, sans jamais comprendre qu'il y a une légère différence entre la comédie et la parodie, et sans retrouver la subtilité propre au réalisateur Edgar Wright. Alors certes, comparé a beaucoup d'autres clones fauchés et vite produit, Zombieland était soigné dans ses grandes lignes (budget confortable, casting important) mais le produit reste aussi creux et sans âme que les zombies qu'il met en scène.
Outre des personnages têtes à claques qui tapent vite sur les nerfs, ce qui est quand même un sacrée plaie puisqu'on se moque éperdument de ce qui peut leur arriver, le film se force beaucoup trop à  paraître drôle pour être honnête. Ce qui fonctionnait naturellement dans Shaun of the Dead disparait au profit de références façon "culture geek" pour flatter le public-cible, des éléments factices qui ne sont ni amusant ni inventifs, et qui finissent par devenir rapidement lassant.
Seul bon point dans tout ce bazar, la backstory du personnage joué par Woody Harrelson, apparaissant d'abord comme un détail humoristique décalé avant de révéler sa nature de profonde tragédie.


C'est dire si l'idée d'une série télé dérivé de Zombieland n'est pas tellement pour me rassurer, d'autant que le pilote est écrit par Rhett Reese et Paul Wernick, les deux responsable de l'original... Toutefois soyons conciliant: il est vrai qu'à l'origine Zombieland avait été développé par les deux hommes pour être une série télé, avant que le hasard ne transforme le projet en film. Cela se ressentait, notamment dans l'absence d'intrigue véritable et dans quelques idées (le fameux Kill of the Week par exemple), et restaurer l'univers dans ce format permettrait de réévaluer la chose.
L'argument supplémentaire qui m'attire, c'est la présence de Eli Craig à la réalisation. L'homme derrière le génialement drôle Tucker and Dale vs. Evil possède son propre sens de l'humour et cela aurait pu (dû) jouer en faveur de ce Zombieland version télé. Mille fois hélas, Craig se contente de mettre platement en scène cet épisode-test de 30 minutes et parvient à faire bien pire que l'opus original. Et ce n'est pas une façon de dire parce que je n'aime pas le concept de base, non. Même les fans de Zombieland seront extrêmement déçu par cette nouvelle monture. Moi, j'ai juste trouvé ça à chier. Et c'est déjà pas mal...


Par où commencer ? Peut-être dans le projet lui-même. Si Zombieland ciné était une tentative d'exploiter la veine comique du film de morts-vivants après le succès de Shaun of the Dead, il paraît évident que cette déclinaison télé ne doit son existence qu'en raison de l'audience de Walking Dead. Mais si cette dernière, malgré tout ses défauts (et ils sont nombreux !), avait pour elle des maquilleurs de renoms et un budget suffisant pour mettre en scène l'univers apocalyptique avec un minimum de crédibilité, il n'en est pas de même pour Zombieland: The Series.
Le pilote a été produit par Amazon Instant Video, une branche du célèbre site Amazon.com, en même temps qu'une dizaine d'autres ! Tous des épisodes courts diffusés en ligne et soumit au vote du public afin de savoir si, oui ou non, ces séries potentielles peuvent plaire. Dans le cas de Zombieland, il semblerait que Reese et Wernick espère pouvoir valider une saison de 13 épisodes. Autant vous dire que c'est mal barré car le jugement des internautes est quasi unanime: it suck ! Et ce n'est pas tellement le budget ou la durée qui est à plaindre (bien que cela ne joue pas en sa faveur), mais plutôt le script. Et le casting.
Car oui, projet télé oblige, le quatuor est maintenant interprété par de nouveaux acteurs, et le manque d'alchimie dans le groupe saute aux yeux. Quelques changements légers dans les comportements sont également à noter, le pire étant réservé à Tallahasse qui passe du redneck farfelu au gros débile. Oubliez le chapeau, les bottes et le couteau,  c'est quasiment un personnage différent qui nous est présenté, avec une introduction pré-apocalypse qui ne semble pas non plus lui correspondre.
Les créateurs auraient mieux fait de nous faire suivre un autre groupe de survivants plutôt que de modifier ceux que le public connait, car ce genre de choix est quasi suicidaire.


Pour le reste, il n'y a pas grand chose à dire. L'histoire se déroule très peu de temps après les évènements du film et la petite "famille" continue de survivre et de s'amuser. Colombus et Wichita ont rompu depuis peu et  c'est a peu près tout concernant l'évolution des personnages. De manière complètement improbable et sans explication, le groupe communique maintenant par radio avec une femme mystérieuse, Detroit, qui leur indique ce qu'ils veulent, de l'emplacement de survivants à l'état du reste du pays.
Comment fait-elle pour connaitre la localisation de survivant dans des zones isolées et sans technologie, pourquoi n'envoie-t-elle pas tout d'autres groupes à la rencontre nos héros ? Nous n'en saurons rien ! Probablement parce que ces éléments pourraient être utilisés pour de prochains épisodes, mais présenté comme ça et sans introduction, ça ne prend pas.
L'intrigue, des plus simples, montre nos protagonistes faire exploser une usine de feu d'artifices avant de réaliser qu'il ne reste plus personne pour apprécier le spectacle. Le genre de truc qui contredit complètement la dernière scène du film, où ils faillirent tous mourir après avoir attirés l'attention sur eux en activant les manèges d'un parc d'attraction, mais passons. Ils décident subitement d'inclure de nouveaux membres dans leur groupe et partent à la recherche de ces derniers. Malheureusement, chaque nouveau candidat trouve la mort un peu par accident.
Vous avez là tout le sujet du pilote. Le quatuor va à la rencontre d'un personnage, lequel se fait immédiatement tuer par un zombie. Du comique de répétition qui rejoue trois fois la scène, de façon très prévisible, jusqu'à ce que l'épisode finisse lui-même par abandonner. Pas de conclusion, rien. Nos héros repartent en voiture en mangeant une tarte et hop, générique de fin.


Je ne saurais même pas comment décrire ce qui cloche avec ce pilote. En dehors d'un scénario sans intérêt qui lasse dès qu'on réalise le running gag, Zombieland: The Series semble n'avoir rien à raconter. Les "gags" se limitent à mettre un compteur du mot "vagin" à l'écran et à montrer un zombie mordre Colombus avec un dentier (déjà vu dans Braindead, désolé les gars). Et c'est tout. Vraiment.
Reste l'intro assez amusante, montrant deux employés de bureau discuter de leur "horrible" journée tandis que par la fenêtre derrière eux a lieu l'apocalypse. Malheureusement ce qui devrait être une séquence courte s'allonge beaucoup trop, et la "chute" est grillée dès le début, nous faisant languir.
Et comme si cela ne suffisait pas, le générique de fin nous gratifie de quelques outtakes où le mot "vagin" est répété ad nauseam, comme si on tenait nous convaincre que c'est une bonne blague.
Pour le côté "horreur" c'est aussi raté. Le Kill of the Week est amusant (un zombie écrasé par une boule en plastique géante) mais les zombies font cheap, sont abattus sans même un headshot et certains disent même "ouch" lorsqu'ils se font taper dessus. Aucun d'entre eux ne représentent un réel danger et même lorsque l'épisode brise l'une des règles du film (#2: Beware of bathrooms), les conséquences sont nulles.

Bref, il n'y a strictement rien à retenir de ce Zombieland, et même s'il faut généralement laisser du temps à une série télé pour trouver ses marques et construire son intrigue, il n'y a ici tout simplement aucun potentiel.
Espérons que les réactions sur le Net suffisent à Amazon pour ne pas valider 12 autres épisodes du même genre, et si un producteur souhaite profiter du succès de Walking Dead, qu'il réactive plutôt Zombieland 2. Ça ne pourra pas être pire.


lundi 22 avril 2013

Doctor Who (Ep. 7.09)


Ep 7.09
Hide

"Doctor what ?"

J'avoue qu'après un épisode précédent très moyen je n'étais pas particulièrement pressé de retrouver Doctor Who cette semaine, et autant le dire, ceci est statistiquement quasi impossible.  Bien sûr il y avait quelques excuses (notamment le fait de succéder à la vision de l'incroyable final de Spartacus) et cette fois les choses ne pouvaient pas se montrer aussi décevante.
A raison, puisque Hide est un savoureux épisode qui joue beaucoup sur le concept des voyages dans le temps, comme Steven Moffat les affectionnent. Écrit par Neil Cross (The Rings of Akhaten plus tôt cette saison), le script commence comme une "banale" histoire de maison hanté. Une façon de surfer sur la vague des Paranormal Activity et autres films de fantômes au rabais ? Pas du tout ! Plutôt une manière de revisiter et dépoussiérer une intrigue classique avec cette magie que seul Doctor Who possède.



Le Docteur et Clara débarque en 1974, en pleine nuit, dans un manoir abandonné. Ils y rencontrent un couple de chasseurs de fantômes enquêtant sur une mystérieuse revenante dont la légende remonte à plus de 300 ans. De quoi exciter le Docteur qui se lance immédiatement sur les traces du spectre et explore les lieux avec Clara. Mais le Docteur semble trop bien connaître ses hôtes pour que tout ceci soit un pur hasard...
Dès le début quelque chose cloche et on le sent. La question du surnaturel se fait très rare dans Doctor Who et se voit être le plus souvent résolue en utilisant l'origine extraterrestre comme explication du phénomène. Pourquoi donc le Docteur irait-il jouer les Ghostbusters aussi soudainement, sans disposer de véritables informations sur la situation et tout en connaissant parfaitement l'historique des deux autres enquêteurs ? La réponse ne sera donnée qu'en toute fin d'épisode et sert au fil rouge de cette saison: le mystère que représente Clara.
Quoiqu'il en soit cette "récréation" pour le Docteur est loin de paraître inutile car elle dispose d'une intrigue vraiment intéressante. La première partie, celle impliquant la maison hanté, fonctionne comme une sorte d'hommage au genre, au point de faire référence à la célèbre scène de "la main" de The Haunting. Courant d'airs frais, bruits étranges, messages sur les murs et formes menaçantes dans le noir, tout est là pour instaurer une atmosphère Fantastique et guider le spectateur vers un chemin balisé qu'il va tenter de décoder, pour savoir de quoi il en retourne.



Et c'est là qu'un retournement de situation inattendu vient tout bouleverser, présentant le fantôme comme un voyageur temporel prisonnier d'un autre univers et dont on ne perçoit en fait que les échos. Et le Docteur utilise le TARDIS pour remonter progressivement le temps, époques après époques, afin de surveiller l'évolution du secteur "hanté", ce qui nous vaut une visite inattendue du début ET de la fin du monde !
De belles petites surprises qui attisent la curiosité puis l'intérêt du spectateur, alors que le postulat de départ n'était pas des plus intéressant. Bref tout le contraire d'un Cold War, d'autant que l'épisode saute sur  l'occasion pour  souligner une nouvelle fois l'étrange relation qu'entretien Clara avec le TARDIS. La jeune femme était déjà venue à la conclusion que la Blue Box ne l'aimait pas, nous en avons maintenant la confirmation lorsque l'étrange machine l'empêche de rentrer et utilise un hologramme pour se chamailler avec elle ! Une dispute hilarante puisque nous avons l'impression de voir deux rivales sur le point de se crêper le chignon. Innovant, et pour une série vieille comme Doctor Who, c'est dire quelque chose !



Rajoutez à ça un monstre zarbi bien mis en scène et l'alchimie sans cesse grandissante entre le Docteur et Clara, et vous obtenez un bon spectacle très loin devant la déception de la semaine derrière. Et pour finir en beauté, la preview du prochain épisode sait faire du charme au spectateur grâce à son sujet des plus incroyables. Une visite au centre du TARDIS ? Comment résister ?!

Vivement la suite !



Hannibal (Ep. 1.03)

Ep. 1.03
Potage


L'épisode confirme que Hannibal ne joue pas dans le registre du tueur / semaine et poursuit son histoire sur l'Affaire Hobbs qui se prolongera sans nul doute à travers toute la saison. De ce fait, Potage ne fera peut-être pas l'unanimité des spectateurs puisqu'il ne donne ni dans le spectaculaire, ni dans les révélations. Il s'agit d'une simple progression à travers l'enquête et les protagonistes, nécessaire pour la conclusion qui verra le jour au dernier épisode.
Hannibal Lecter se fait beaucoup plus présent cependant et son petit jeu va avancer drastiquement. Pas tellement dans le registre de la manipulation, Will Graham étant suffisamment instable comme cela sans qu'il n'y ai besoin d'en rajouter (il est de plus déjà poussé à bout par les agissements de la journaliste Freddie Lounds), mais dans son degré d'implication.
Car Abigail Hobbs se réveil enfin de son coma et, étant suspectée d'être la fameuse copycat de son père, est étroitement analysée et surveillée par l'équipe de Crawford. La jeune femme se retrouve ainsi avec Graham, Lecter et Bloom sur le dos en plus de devoir affronter les citoyens qui la considère déjà comme une criminelle. Seule sa meilleure amie semble la soutenir, hélas elle fini bien vite assassinée...


Le scénario entretien le mystère quant à l'identité du copycat, et de l'innocence / culpabilité d'Abigail. Celle-ci ne nous est pas présenté comme la gentille adolescente que l'on pourrait croire et possède au contraire un esprit retord et manipulateur qui laisse vraiment planer le doute sur sa personnalité. Quelques flashback nous la montre dans une partie de chasse avec son père, lequel lui apprend tout sur l'équarrissage, mais jamais ne parvenons-nous à savoir si elle est totalement innocente, si elle était forcée à agir par son père ou si elle a tout simplement elle aussi sombré dans la psychose (la fameuse Folie à Deux qui est évoquée).
Reste que les quelques tentatives de montrer Lecter comme auteur probable de ces imitations semblent un peu vaine. Certes les spectateurs ignorant tout du personnage le verront déjà comme responsable, mais cela n'a aucun sens. Hannibal Lecter est un homme d'une intelligence rare, cultivé et calculateur. La bête qui sommeil en lui n'éclate que pour quelques raisons précises, qu'il s'agisse de survie, de vengeance, d'évasion ou de "provocations" par rapport à l'art (le fameux flûtiste qu'il a cuisiné à l'orchestre de Baltimore). Pourquoi irait-il tuer une pauvre adolescente innocente ? Même dans l'idée d'aliéner Will Graham, cela ne tient pas vraiment...


Potage ne plaira probablement qu'à ceux qui ont suivi et apprécié l'intrigue développée jusqu'ici tant il demeure minimaliste dans son approche et dans ce qu'il a à offrir. La conclusion apporte cependant des éléments très intéressant, avec cette sorte d'alliance qui pourrait éventuellement se former entre Lecter et Abigail, et quelques idées malsaines relèvent encore l'intérêt comme lorsque la fille Hobbs découvre avec horreur que les petits coussins de chez elle ont été rembourrés par les scalps des victimes de son père, ou dans la manière dont un jeune homme en deuil devient le bouc-émissaire dans l'affaire du second tueur.
La série fonctionne en tout cas très bien pour moi, et je ne me lasse pour l'instant pas du jeu très monolithique de Mads Mikkelsen dans le rôle Lecter, même s'il est vrai que le personnage ne semble finalement intéressant que lorsqu'il se laisse aller à quelques émotions. Au détour d'un bref sourire ou d'un regard surpris, il captive immédiatement et laisse appréhender la moindre de ses réactions.


Je ne peux conclure cette chronique non sans un léger coup de gueule face à la décision qui vient d'être prise par la chaine et le showrunner, qui est d'annuler tout simplement la diffusion de l'épisode 4 en raison des récents attentats de Boston.
Non seulement cela est extrêmement stupide et mal joué pour une série qui fonctionne sur la progression séquentielle d'épisodes en épisodes (nous ne sommes pas là dans une série d'enquêtes à part, qui peuvent être vu dans le désordre), mais la raison éthique évoquée n'a aucun rapport avec le sujet de la série. En quoi une saga policière mettant en scène des tueurs en série et des jeux de manipulation à le moindre rapport avec des actes terroristes à la bombe ?
Passe encore si l'épisode était seulement retardé, mais il est bel et bien supprimé du cadre de diffusion, ce qui obligera le spectateur à le voir "plus tard" avec le risque de perdre beaucoup une fois la trame scénaristique conclue. Contrairement à ce que laisse entendre NBC, je doute que l'épisode soit un simple stand alone sans aucune répercution sur le reste de la saison.
Quelques rumeurs ici et là laisse toutefois entendre qu'il pourrait être disponible en ligne. Bref, on est dans le flou le plus total et j'ai la drôle d'impression de me retrouver des années en arrière avec X-Files et son épisode "sensible" Souvenir d'Oubliette.

Hannibal (Ep. 1.02)

 Ep. 1.02
Amuse-Bouche


J'enchaine avec ce second épisode pour rattraper mon retard et rester un peu dans le bain, ce qui facilite pour entrer dans l'histoire. Ce nouvel opus succède parfaitement au pilote en conservant, voir même en accentuant, cet aspect onirique qui planait sur les visuels.

L'issu du précédent épisode a grandement secoué Graham au point que Crawford demande son suivi par Hannibal Lecter, craignant probablement que son atout ne finisse par le lâcher en cours d'enquête. Le début du vrai cauchemar pour le profiler mais celui-ci ne le sait pas encore. Alors qu'il est victime d'hallucination où lui apparaît le tueur en série qu'il a abattu, Graham est aidé par Lecter qui falsifie un document officiel et lui permet de reprendre son travail sur le terrain, sous prétexte d'améliorer leurs rapports.
L'occasion d'une nouvelle enquête qui le mène sur la piste d'un autre tueur, beaucoup plus morbide, qui enterre ses victimes et les transforme en engrais à champignons. Des diabétiques à qui il provoque un coma, les enfouissant vivant et les laissant pourrir progressivement jusqu'à ce que leurs corps ne soient plus qu'une masse spongieuse grotesque. Un délire visuel impressionnant qui évoque les débordements d'un MPD Psycho, mais aussi dans une certaine mesure à l'excellente série MilleniuM de Chris Carter, dont le personnage principal Frank Black pourrait correspondre à une version beaucoup plus mature de Will Graham.



Hannibal évite agréablement l'effet "serial killer de la semaine" malgré ce postulat, puisque continuant la storyline précédente et utilisant l'intrigue de ce nouvel épisode comme une continuité. La manière dont Graham agit ici est directement influencé de sa dernière confrontation avec le tueur du pilote, et l'enquête n'est donc qu'un prétexte pour faire avancer le personnage. Si celui-ci refusait toute implication personnelle jusque là, il s'enlise maintenant bien plus loin qu'il ne le souhaitait afin de chasser ses démons, lesquels apparaissent sous les traits de visions de sa "victime".
Il serait facile de dire que Graham se lance à la poursuite du tueur au champignon afin de se remettre en scelle, mais la vérité est plus dérangeante car le profiler fini par avouer avoir prit du plaisir à abattre le cannibale de l'épisode pilote. En serait-il de même avec ce nouveau psychopathe ?



Tout ceci nous amène bien sûr à Hannibal Lecter qui va enfin avoir son emprise sur Graham. Loin de devenir son "partenaire" d'enquête, ce qui nous évite d'avoir à comparer la série avec Dexter, il reste cette fois très éloigné de l'intrigue policière pour simplement recevoir quelques visites à son bureau.
Là encore on note une envie de garder éloigner le personnage pendant quelques temps et cultiver en quelque sorte le "mystère". J'ai d'ailleurs lu que l'intention du créateur du show était de ne pas désigner immédiatement Lecter comme la figure maléfique centrale de la série, afin que les spectateurs qui n'auraient jamais lu ou vu les histoires précédentes ne puissent pas percer Lecter à jour immédiatement.
Un concept assez étrange, d'autant qu'il apparaît évident que quelque chose "cloche" chez lui, mais on verra bien comment cela tournera d'ici la fin de la saison.


Bref, un bon épisode qui prolonge l'histoire et l'atmosphère surréelle du pilote et qui continue d'introduire de nouveaux éléments (ici via le personnage d'une journaliste fouineuse, féminisé pour les besoins du show au casting essentiellement masculin). Tout au plus peut-on regretter le clin d'œil un peu grossier à Seven lorsqu'une des victimes moisies se révèle être toujours vivante, mais ce n'est pas vraiment ce que l'on peut considérer comme un point noir.
On a aussi l'occasion de voir le générique de la série, mais celui-ci n'a rien de spécial. Quelques effets CGI sur fond blanc lumineux, montrant de l'hémoglobine former des corps humains. Rien d'original, et le thème musical n'a pas de mélodie particulière. Il a au moins le mérite d'être court.



Notons tout de même que les titres de chaque épisode de la série semblent avoir été choisis selon des noms de plats de cuisine française, et à l'apéritif (pilote) se succèdent les amuse-gueules, ici appelés Amuse-Bouche. Autant dire qu'on commence tout juste à goûter à Hannibal et qu'il risque de s'en passer des choses, d'ici le dessert !
Enfin Bryan Fuller, le showrunner, s'est amusé à lier la série au même univers étendus que forment ses précédentes création (Dead Like Me, Pushing Daisies, Mockingbird Lane, etc), faisant apparaître l'un de ses personnages (Gretchen Speck, aperçue dans Wonderfalls) comme l'une des victimes du tueur aux champignons.
Une constante chez le scénariste, aussi faut-il peut-être s'attendre à trouver plus de références au "Fullverse" à l'avenir !