jeudi 31 janvier 2013

Mars Attacks Popeye


Il y a quelques temps j'évoquais le Big Event de IDW Publishing nommé Infestation, qui a eu lieu deux fois en deux ans. Je supposais alors qu'un troisième opus verrait le jour en cours d'année et je théorisais déjà sur les séries qui y seraient associées. Presque immédiatement après, je découvre que IDW lance un équivalent similaire, sobrement intitulé Mars Attacks. S'il ne s'agit pas officiellement d'une nouvelle Infestation, le concept reste le même (une même menace dans différente série, les auteurs changeant les règles en fonction des univers) et certains titres phares d'IDW se retrouvent encore une fois choisis par l'éditeur (Transformers notamment). Manque de bol pour moi, point de Petits Poneys ici, ce qui signifie que je me suis farci deux numéros pour rien !


Quoiqu'il en soit, l'Event se base sur les invasions de différents titres par de belliqueux martiens, les mêmes que ceux du film de Tim Burton (à l'origine créés pour une série de cartes à collectionner) et dont IDW possède justement les droits. Ils ont même actuellement leur propre série comics, qui relate différentes attaques sur notre pauvre planète. Ce n'est pas une nouveauté puisque Image Comics avait déjà fait la même chose dans les années 90. La compagnie conçue son propre crossover, où ses différents héros (Savage Dragon, WildC.A.T.s, Spawn) s'opposait à leur invasion.



Après les zombies et les abominations de Lovecraft, les martiens constituent une suite logique puisqu'ils sont eux  aussi de grandes icônes du Fantastique et de la SF depuis toujours, et intituler l'évènement simplement "Mars Attacks" pour faire un peu de pub à la nouvelle série semble presque évident. Ce qui l'est moins c'est lorsque Chris Ryall, l'éditeur en chef d'IDW, déclare avoir voulu faire quelque chose de différent d'Infestation 3. Dans l'idée les martiens font ici officent d'explorateurs de l'Histoire du comic-book américain, se promenant à travers les séries selon un certain ordre chronologique: les années 30 avec ce Popeye, puis les années 70 (KISS), 80 / début 90 (Transformers et The Real Ghosbusters) et enfin 2000 (Zombies vs. Robots). Sur le papier c'est intéressant, mais le résultat final ne change pas grand chose des sélections précédentes.



Un détail amusant cependant: la violence des histoire varie selon les codes de morale établit en fonction des époques. Pas question de gore ou d'humour macabre dans Popeye, une période fortement naïve et innocente ! Le scénariste détourne alors les rayons mortels des extraterrestres via une invention farfelue, laquelle neutralise les armes futuristes pour les rendre totalement inoffensives: les lasers désintègrent seulement les vêtements. Une trouvaille pratique qui convient parfaitement au ton de la série, tout comme l'argument de base. Car de premier abord, un crossover entre le mangeur d'épinard et les martiens semblent carrément improbable ! Mais c'est bien vite oublier les personnages secondaires de la série: si tout le monde connaît Popeye, Olive et le vilain Brutus (absent de cette histoire), il faut aussi compter sur la présence de Haggy la sorcière des mers, une autre méchante disposant d'étranges créatures marines à ses ordres, ou encore de Pilou-Pilou, une sorte de chien/léopard qui vient d'une autre dimension ! Avec ça forcément, de simples envahisseurs d'une autre planète ne semblent pas tellement hors sujet...



L'histoire de ce Mars Attacks Popeye montre nos martiens débarquer sur Terre pour être accueillis par Haggy, qui les hypnotisent avec une gemme magique. La sorcière compte utiliser les envahisseurs pour ses propres projets de conquête et détruit littéralement la ville où habitent les protagonistes de la série. Popeye décide d'affronter la menace mais va vite réaliser qu'il n'est pas de taille contre tout une armée et qu'il va avoir besoin de toute l'aide qu'il peut trouver.



Plutôt original malgré sa simplicité, le script nous montre pour la première fois les martiens obéir à une volonté autre que la leur, et voir les protagonistes d'une série tellement différente devoir s'associer pour trouver une solution contre la menace commune est très intéressante. Divers personnages secondaires prennent alors de l'importance (Pôpa, le père de Popeye, qui semble se moquer du sort de la ville, le Prof, un savant fou dont les connaissances seront bien utiles, Alice et les hommes marins, les anciens laquais de Haggy qui n'apprécient pas d'être remplacés) et au final, même si les épinards restent la meilleure solution, le lecteur se demande quand même comment les héros vont bien pouvoir s'en sortir !



Les aliens ne sont pas en reste puisque l'on retrouve avec plaisir leur célèbre arsenal, du désintégrateur au robot géant. On y croise même, avec grande surprise, un vol de canards enflammés, renvoie immédiat à l'humour noir des cartes originales. Surprenant tant la notion de violence se devait de ne pas être présente, mais appréciable quand même.



Ainsi Mars Attacks Popeye ne s'en sort pas trop mal et dépasse amplement le rang de simple petite curiosité. En centrant l'intrigue sur les personnages humains, le scénariste évite d'appuyer trop lourdement sur l'aspect "crossover" de son histoire (les martiens de Mars Attacks ! aurait pu êtres remplacés par des analogues anonymes sans que le scénario n'en pâtisse) et évite donc soigneusement de sacrifier son intrigue au profit d'un inutile partage de vedette. Chose qui se retrouve généralement dans la plupart des crossovers où chaque série doit être représenté en égalité avec son partenaire de scène.



Le tout est agréablement accompagné d'un dessin rétro, directement issu des anciens Popeye (jusqu'à l'imitation de la vieille trame d'impression !) et le design des martiens s'y intègre très bien, ceux-ci paraissant même encore plus hideux que d'ordinaire tant l'illustrateur s'acharne à détailler leurs visages dégoulinants. Les soucoupes volantes et les robots ont également ce look vintage qui évoque tout autant les comics de l'époque que la science-fiction kitsch d'autrefois. Seul retour de médaille de ce parti-pris: devoir décoder les paroles de Popeye, le marin s'exprimant dans un vieil argot pas toujours évident à comprendre pour ceux dont l'anglais n'est pas très bon.



Bref, voilà une très bonne première entrée au nouvel Event de IDW Publishing qui donne très envie de voir les prochaines intrusions des célèbres martiens dans d'autres franchises. Si le résultat n'est finalement pas différent de n'importe quel Infestation, malgré amusante idée de publication chronologique, il reste tout aussi divertissant ! Les prochaines parutions de ces Mars Attacks se sont effectuées durant tout le mois de janvier, avec dans l'ordre: KISS, Ghostbusters, Transformers et enfin Zombies vs. Robots.



Toutefois précisons que chacun de ces comics possède DEUX couvertures alternatives, lesquelles représentent un crossover avec encore d'autres séries: Judge Dredd, Strangers in Paradise, Spike de Buffy Contre les Vampires, etc. Une idée sympathique qui relève un peu l'originalité des parutions en variant covers, mais qui peu engendrer une certaine confusion quant aux nombres de séries exact qui figurent dans le Big Event. En l’occurrence, pour ce Mars Attack Popeye, les variantes présentent Miss Fury, une héroïne Pulp des années 40, et Opus, un comic-strip publié dans les journaux américain durant les années 2000.



jeudi 24 janvier 2013

[FRAGMENTS] Ambre – Prologue A: Natasha d'Ambre

PROLOGUE A
Natasha d'Ambre


    Situé dans l'extrême bordure du Cercle d'Or, la petite Ombre du nom de Uralte Morla est insignifiante. D'origine médiévale, très primitive, elle n'offre rien d'intéressant si ce n'est de larges marais où il est impossible de bâtir la moindre structure importante, pas plus que d'élever le bétail ou de cultiver la terre. Elle n'offre d'intérêt que pour la résine de ses larges arbres noueux poussant au cœur des marais, dont les propriétés spécifiques permettent de nombreuses utilisations: curative, la sève est fréquemment utilisée pour des préparations médicinales. En cuisine, elle donne un goût fruité mais épicé, très apprécié des amateurs de plats exotiques. Enfin, en imprimerie, elle est parfois recyclée comme ingrédient de fabrication pour les reliures de livres précieux ou comme colle à papier.
    Toutefois ce produit, bien qu'assez prisé à travers le Cercle d'Or, n'est pas suffisamment luxueux pour permettre une refonte totale de son lieu d'origine. Personne ne s'y déplace véritablement et les autorités du Royaume d'Ambre autorisent juste la population locale à se rendre au marché et se ravitailler en ce qu'ils souhaitent en échange d'une bonne récolte. Pour résumer, la position de Uralte Morla au sein du Cercle d'Or est nulle et ne sert qu'à simplifier et accélérer les démarches administratives liés aux échanges commerciaux ; jamais aucun projet de développement ne fut sérieusement envisagé.
    Pour ainsi dire, d'un point de vue politique cette Ombre n'existe tout simplement pas.
    C'est sûrement pour ça que personne ne s'est immédiatement intéressé au cas de l'étrange contagion qui s'est propagée chez ses habitants. Plusieurs mois se sont passés avant que la situation ne se dévoile vraiment, et il était alors trop tard pour véritablement agir: l'infection s'était déjà bien trop développée pour être combattue et seule la peur d'une possible propagation à travers Ombre avait justifier l'envoie de quelques troupes. Julian lui-même n'avait pas prit la peine de se rendre sur place.

    C'est là que j'entre en jeu. Deux raisons: la première, c'est parce que c'est à moi que l'on confie ce type de mission "sale". Le boulot ingrat où l'on doit se salir les mains, ce qui est techniquement indigne de notre rang royal. Au Royaume d'Ambre, on préfères les affaires qui nous mettent en valeur ou nous apporte de la considération et de la vénération.
    Pourtant nos capacités physiques et mentales étant naturellement supérieurs à celles des habitants des Ombres, la présence d'un membre de la Famille Royale est généralement nécessaire pour s'assurer du succès des opérations ; mais qui irait superviser un cas pareil ? C'est simple: les jeunes sangs. Ceux de la nouvelle génération, qui ont encore leurs preuves à faire et leurs talents à développer. Une sorte de bizutage si l'on veut, mais en vérité ce n'est qu'un prétexte pour les "Anciens" afin de rester en haut de l'échelle.
    La seconde raison, c'est parce que les situations désespérées, ça me connaît.
    La fille aux monstres, c'est moi. Celle dont on a besoin pour des missions suicidaires, c'est encore moi. En gros dès qu'il faut quelqu'un ayant de l'expérience dans le domaine de l'extermination de choses dégoûtantes, ou qui n'a pas peur de prendre de très gros risques personnels pour le bien du Royaume, c'est pour ma pomme. Non pas en guise de punition, mais parce qu'il n'y a pas vraiment de meilleurs candidats. Je suis celle qui va toujours dans les endroits les plus dangereux, une tête brulée qui se moque totalement de ce qui peut lui arriver et possédant les compétences nécessaire comme agent de terrain pour s'assurer du bon déroulement des opérations. Je ne recherche pas de récompense et ma discrétion est assurée.
    Je ne suis pas dépendante des sensations fortes, je ne suis même pas totalement suicidaire. Simplement un peu autodestructrice et  sans aucune valeur "royaliste" comme mes frères et sœurs. Il faut dire que j'ai été élevée très loin d'Ambre et de l'importance de l'ascension au sein du Royaume, ce qui fait que je ne possède aucun orgueil particulier, ni aucune revendication en rapport à mes origines royales. Et à titre plus personnel, j'ai perdue tout ce à quoi je tenais réellement – mes rêves, mes proches et mon avenir. Je n'ai plus rien à construire et plus rien à aimer, alors les notions princières d'honneur et de fierté, ça ne me parle franchement pas plus que ça...

    Les troupes déployées par le Roi Random ont obéis à une stratégie de "purification" qui a déjà fait ses preuves. Je n'ai même rien eu à faire de particulier jusqu'ici, tandis que nous approchions petit à petit du point zéro. Là où tout à commencé. Une zone minuscule située au cœur d'un marécage, faisant office d'entrepôt pour les récoltes de sèves. L'endroit se compose essentiellement de petites baraques en bois et en chaume: cabanes à outils, chambres de fortune et réfectoires.
    Le Nid, comme on l'appel, a été partiellement englobé d'une matière organique semblable à de la toile d'araignée, formant de nombreux cocons incubateurs de tailles différentes ici et là. C'est ici que les contaminés stockent la nourriture pour les parasites qu'ils abritent, protégeant les larves qui se métamorphosent. On sait également qu'une Reine doit se cacher, prenant des forces pour pondre et propager sa ruche sur un territoire toujours plus grand.
    La décision fut prise de repousser l'envahisseur vers l'intérieur, de manière à ce qu'il se regroupe et ne forme plus qu'une cible unique à détruire. Maintenant c'est à moi d'entrer en scène et de détruire ce qu'il reste de leurs forces, ce qui inclue les contaminés, les larves en gestation et la Reine Mère. C'est cette dernière notamment qui est ma priorité, les rapports faisant état d'une créature a très forte résistance physique avec une capacité de régénération. Classique. En l'état, je suis sûre que nos troupes pourraient pourfendre le monstre sans subir trop de pertes, mais je crois que ni Random ni Julian ne souhaitent prendre de risque. Surtout pas pour Uralte Morla. La mort d'un seul homme serait probablement perçu comme une honte  au regard de la menace, mais l'ordre officielle qui m'a était donné évoque de rétablir l'Ordre et la Justice en l'Honneur du Royaume d'Ambre, et donc forcément, c'est un représentant de la Famille Royale qui doit faire le boulot.
    Il fut un temps question de me prévoir un équipement spécifique avant l'ultime mission. Un briefing qui devait servir à me rassurer quant à la présence de renfort, me fournir une injection d'anticorps pour prévenir de toute maladie transmissible ainsi qu'un produit toxique aux parasites, servant à dissoudre leurs corps pour s'assurer de la disparition totale des germes. Mais il en a finalement été décidé autrement là-bas, à Ambre, soi-disant parce que l'on avait tous perdu trop de temps avec cette histoire. "Fini ça rapidement" m'a t-on dit. "Un simple feu fera très bien l'affaire."

    C'est donc en pleine nuit que je me retrouve à patauger dans les marais, équipée de mes lames jumelles pour tout matériel et devant improviser ma tactique sur le tas. Pas tellement un problème en fait puisque c'est ainsi que j'opère les trois quart du temps, peu regardante sur la question de ma propre protection. A vrai dire, mon seul geste de préparation est de m'attacher les cheveux avec un petit élastique pour les combats à venir...
    Sur place je ne progresse que modérément en raison du terrain accidenté. Une crue  récente à provoquée une inondation importante et le niveau de l'eau est monté au-dessus de la normal, engloutissant partiellement les constructions du Nid. Certaines ont fini par céder et s'affaisser, offrant la vue étrange de maisonnettes sombrant lentement comme des navires en pleine mer. Les cocons, eux, semblent très bien s'accommoder de cette humidité supplémentaire, se gorgeant d'eau pour gonfler des vessies supplémentaires. Moi je patauge dans l'eau croupie qui m'arrive à mi-cuisses, m'enlisant toujours un peu plus à chaque pas. Mon pantalon en cuir me colle à la peau tandis que mes bottes et mes genouillères semblent peser le double de leurs poids. Pour ne rien arranger les choses, il fait terriblement lourd et moite, et je transpire rapidement ; un climat tropical que l'obscurité ne rafraichit pas. J'ai bien fait de ne porter qu'une brassière de sport, ça me permet de rester un minimum à l'aise et de ne pas handicaper mes mouvements. Certes cela aurait pu se montrer désagréable avec les moustiques qui infestent habituellement la zone, mais je m'aperçois bien vite que cela ne sera pas une gêne: leurs corps enflés flottent à la surface du marais. Absorber le sang des contaminés aura entrainé des mutations rendant leurs abdomens trop lourd et ils se sont tous noyés. Au moins comme ça ils ne risquent pas de me transmettre une saloperie...
    L'eau glacée m'arrive jusqu'à la taille maintenant, sa température contrastant désagréablement avec l'air ambiant. Tous mes sens en alerte, je dégaine mes lames et sonde le marais devant moi, juste au cas où l'une de ces créatures se cacherait dans ses profondeurs pour m'attirer. Un bref instant je crois bien faire, car je fini par détecter une sorte de résistance, mais le poids et l'immobilité ne correspondent pas à un être vivant. Curieuse, je soulève la chose du bout de mes lames pour révéler un squelette humain en mauvais état, couvert d'algues puantes et de chair pourrissante. J'imagine que les restes de dizaines d'habitants reposent au fond du marais à l'heure actuelle, je ferais mieux de faire attention si je ne veux pas trébucher.
    Je repousse silencieusement le cadavre sous l'eau et avance jusqu'au premier nid. Un cocon de taille moyenne, me dépassant d'un bon mètre. La chose luit vaguement, émettant une dégoutante lueur blanchâtre, et bouge lentement. Comme un poumon se gonflant d'air régulièrement. Je ne suis pas une personne que l'on écœure facilement, mais la simple idée de planter mes lames dans cette chose me répugne. C'est avec des grenades incendiaires que je m'occuperai de ces saletés, la Marelle me fournissant ce dont j'ai besoin. Quelques pas et voilà un sac à dos bourré d'explosifs apparaissant sur le rebord de fenêtre d'une cabane ensevelie dans le marais. Je n'ai qu'à tendre la main pour le saisir et, un bref instant, cela semble si simple que je relâche ma garde. A peine ai-je saisie la l'objet qu'un bras difforme émerge de la fenêtre, m'attrapant fermement le poignet. Surprise, je me fige un moment, regardant la silhouette qui s'extirpe de la fenêtre. C'est un homme et il possède encore sa chemise blanche malgré la tumeur géante qui fait comme une bulle dans son dos. Une grosse boule pleine de pus, dans laquelle je peux voir tout un réseau de veines rougeâtres... Et ce qui me semble être de petites araignées en gestation. Un véritable cocon sur pattes, rendu fou par la douleur.
    Il pousse un rugissement qui n'a plus rien d'humain, et je peux voir que les mutations le transforment progressivement en hybride: ce qui ressemble à des pattes d'araignées lui pousses sur les épaules et les flancs, tandis que sa mâchoire se décroche pour libérer une paire de mandibules chitineuses. Mon bras libre frappe rapidement, transperçant le crâne avec précision. Je le repousse à travers la fenêtre et j'entends comme un "plouf", me témoignant que l'intérieur de l'habitation est totalement inondé. Je m'apprête à partir lorsque j'entends comme un bouillonnement. Des remous violent dans l'eau qui semble indiquer la présence d'autres monstres. Je lance une première grenade à travers la fenêtre avant de m'éloigner et d'enfiler le sac. A partir de maintenant je vais devoir oublier toute notion de furtivité...

    L'explosion soulève des trombes d'eau qui m'aspergent partiellement. De toute manière je comptais prendre une douche en rentrant. La réaction chimique des grenades permet au feu de prendre, s'élevant haut dans le ciel et embrasant ce qui reste de la construction en bois. L'incendie ne se propagera pas, épargnant les arbres environnant d'où Uralte Morla tire ses précieuses ressource, et il va me falloir détruire les restes du village bâtiment par bâtiment.
    Je ne perds pas un instant et trottine dans l'eau sale, car maintenant que la première explosion à réveillée l'essaim, je peux entendre les hurlements des contaminés. J'expédie encore deux grenades sur un nid et une toiture émergente avant que les "soldats" ne fassent leur apparition. Et en quelques secondes, c'est l'Enfer. Le feu me fournit un éclairage pratique mais traitre car sans cesse changeant, selon la danse des flammes, et j'ai parfois du mal à discerner les silhouettes des jeux d'ombres. Pas le temps de compter – ils sont nombreux, c'est tout ce que je peux dire. Sans cesse en mouvement, j'utilise le terrain à mon avantage, sautant de structure en structure pour échapper à leurs griffes et leur jets de venin, coupant des membres et transperçant des corps. Je ne perds pas mon temps sur une cible de peur de me faire submerger et je laisse derrière moi plusieurs blessés dans un état de rage.
    J'aimerai dire que c'est une mission facile, surtout vu le QI peu élevé de mes proies, mais j'avoue devoir me concentrer plus que de nécessaire. Je risque des brûlures par le feu et les projectiles acides, le nombre d'assaillant me paraît sans fin et l'eau et la boue me ralentissent considérablement. Plusieurs fois je trébuche et manque de m'étaler, buvant la tasse. Un goût ignoble qui me file la nausée.
    Après de longues minutes à répéter la même stratégie encore et encore (s'éloigner de la masse, tuer les isolés, brûler les structures proches et identifier la prochaine cible de proximité pour recommencer), je fatigue un peu. La sueur me pique les yeux et mes bras commencent à me faire mal. Parfois, je laisse les lames se coincer dans un corps et je perds de précieuse seconde à les retirer. Certains contaminés on le temps de m'entailler la peau  derrière moi superficiellement, mais tout de même. L'un fini même par m'attraper par les épaules, arrivant derrière moi sans que je ne le remarque. Je m'en débarrasse rapidement, l'envoyer valser d'une prise de judo avant qu'il ne réalise quoique ce soit, mais la situation commence à tourner en ma défaveur...

    Tâchant de garder mon sang froid, je poursuis ma tâche jusqu'à réaliser que je suis entourée par les flammes. Le marécage devient un labyrinthe de murs brûlant et je commence à tourner en rond pour trouver de nouvelles cibles. Les soldats, moins nombreux maintenant, ne foncent plus bêtement sur moi et se perdent également dans ce dédale puant. On se surprend mutuellement, le plus rapide réussissant à prendre le dessus sur l'autre. Devinez qui gagne à chaque fois ?
    Et finalement le calme retombe. Je n'entends plus de grognement et les flammes commencent à mourir. Prudente, je fais mon inspection pour m'assurer de n'avoir raté aucun nid ou aucun survivant, mais il semblerait que j'ai finalement gagné la partie. Même ma crainte de voir l'ennemi gagner en intelligence et me piéger fini par se tarir, et je commence à fouiller les lieux avec moins d'attention. Grossière erreur.
    Car c'est lorsque je repère enfin le dernier nid, un cocon situé un peu à l'extérieur du village et partiellement caché par les arbres noueux du marécage, que deux infectés me tombent dessus. L'un sur ma droite, l'autre sur ma gauche. Ils n'attaquent pas, mais se tiennent prêt, sifflant comme des animaux apeuré. Je me fige un bref instant, incertaine de mon choix d'action, lorsqu'un bruit mou se fait entendre. Une vive douleur explose dans mon bras droit, juste sous mon poignet. Une sorte de toile d'araignée très épaisse et visqueuse s'y est enroulé. Un long filament que je suis du regard et qui se poursuit jusqu'à quelques mètres plus loin: directement dans la gueule d'un des monstres !
    Ces salopards sont capable de cracher un filament organique par la bouche, un peu comme une version grotesque de Spider-Man. Agacée de m'être fait avoir, je bande les muscles et tire sur mon bras pour me libérer. Ça ne fonctionne pas et je ressens encore une fois cette douleur. Un rapide coup d'œil m'indique que la toile, enduite d'une sorte de bave acide, s'est infiltrée à travers ma peau. Je débats plus fort et pousse un grognement de souffrance: la matière organique semble s'être accrochés aux fibres de mes muscles. Pas moyen de me libérer à moins de dissoudre totalement la toile ou, plus rapide dans ce cas, de la couper d'un coup sec.
    C'est là que je réalise que je suis prise au piège. Car au moment exact où je lève l'autre bras, la seconde créature crache sa propre toile, aspergeant toute ma main. Le contact irritant me fait pousser un cri. C'est le signal que les monstres attendaient pour attaquer à nouveau: chacun tir sur sa liane, éloignant mes bras de mon corps pour m'immobiliser. J'ai beau lutter de toutes mes forces, les infectés parviennent à me maîtriser, crachant tout autour d'eux pour tisser une nouvelle toile dans le décors et y mêler mes liens.
    Mes lames sont inutiles et forcer sur mes muscles ne sert qu'à me faire perdre du sang. Je regarde avec colère les deux hommes-araignées s'approcher de moi, restant sur leur garde malgré tout. Ils semblent hésiter un instant, me voyant toujours me débattre, et l'un d'eux se remet à cracher sa toile, emprisonnant une de mes jambes. Son compagnon l'imite aussitôt et je me retrouve prisonnière d'un petit cocon de toile jusqu'aux genoux en quelques secondes. La douleur m'arrache des larmes et je cesse de lutter, tâchant avant tout de retrouver mon souffle. Me voilà prise au piège...

    Les deux contaminés n'ont plus rien d'humain. Leur tête est celle d'une araignée, avec huit gros yeux noirs, un crâne difforme et des mandibules noires. Une légère fourrure brune couvre leur peau et, dans leur dos, d'énormes ballons de chair transparente. Leurs mains, encore humaine dans la forme, sont devenues extrêmement larges et les extrémités de leurs  doigts forment des griffes de chitines dont j'ai déjà pu tester le tranchant.
    Ils ne grognent pas, émettant plutôt une série de caquètement en claquant leurs mandibules. J'ignore s'ils communiquent entre eux mais ils demeurent ainsi quelques instants sans rien faire, me donnant l'impression que leur intelligence dépasse sensiblement celle de leurs confrères. Ils n'ont pas réagit sur l'instant, me chargeant aveuglément, mais ont préférer opter pour la prudence, créant une stratégie pour me surprendre. je ne serais pas surprise s'ils obéissaient directement aux ordres de la Reine puisque cette dernière est la seule que je n'ai pas encore aperçu. Si c'est le cas, ma situation me permettrait peut-être de retrouver sa trace  pour peu que je me libère.
    Je serre les dents pour surmonter la sensation de la toile acide et tâche de ne plus bouger pour ne pas représenter une menace. Petit à petit, mes adversaires osent s'approcher un peu plus et finissent par m'encercler.


(...)

Une nouvelle sans suite, avant même que le premier chapitre ne voit le jour. L'histoire devait faire intervenir deux personnages principaux et débuter par deux prologues différents, chacun montrant la situation dans laquelle se trouve l'une des héroïnes.

Concernant Natasha, voici quelques notes montrant ce qui devait se passer dans la suite de cette introduction, avant que son intrigue ne rejoigne celle de l'autre protagoniste:
 
- la mène dans un nid
- larves sur elle, s'en débarrasse et brûle le tout (Marelle)
- incendie excite toutes les bestioles, se fait encercler
- massacre tout, utilise explosif pour détruire autour d'elle les nids
- a moitié assommée par déflagration, reste 1 nid imposant
(boit la tasse, trempée, perd son élastique, cheveux collant à sa peau)
- chose pulse, Nath découvre que nid à moitié enterré dans le sol boueux
- se fait avoir, vaguement assommée et collée au mur
- fini par se détacher et attaque la Reine
- celle-ci s'enfuit
- Temple Aztèque perdue dans la jungle
- Natasha contact QG, raconte ce qu'elle va faire
- entre dans la zone, traque le monstre et le tue
- trouve un artefact en chemin ?

- rentre, fatiguée, blessée mais fait son inexpressive
- rapport doit pas attendre malgré son état, va tt de même prendre une douche
- dans son appart à Ambre où elle va jamais, évoque sa mère (présence d'objet)
- fait son compte rendu, doit immédiatement repartir pour autre mission

- port Ambre, présence d'un bateau inconnu, personne ne répond
- Natasha dis qu'elle aime pas l'eau, le Roi se marre car pourtant se bat contre monstre et n'affiche jamais de peur


mardi 22 janvier 2013

Costume de Danse Orientale


En attendant de pouvoir scanner le dessin, voici un aperçu Instagram du dessin de préparation de Lady A. pour le costume de danse orientale que je devrais porter en Février, pour le spectacle organisé par l'association Takassime. Les motifs noirs et ors ont été imposés par notre professeur, qui organise la scénographie, mais le design général a été conçu par l'illustratrice et moi-même. Puisque je suis le seul homme de la classe, nous avons été très libre dans nos choix.

La tenue sera fabriquée prochainement, à moins que le stress ne me fasse choisir de ne finalement pas participer à la représentation !

mardi 8 janvier 2013

Gypsy Witch PULP – The Dreaming Master


Horrible dessin, comme à mon habitude, réalisé à main levée, à la souris, via Photofiltre (mon MS Paint à moi lorsque je m'ennuie). Ces "schémas" font partie d'un projet d'illustrations s'inspirant des vieilles couvertures de Pulp, ces vieux romans de gare qui avaient pour habitude de montrer des demoiselles en détresse de la façon la plus sexy possible pour attirer le lecteur.
Des produits de pure exploitation, tournant généralement autour d'histoires de détectives privés, d'aventuriers, de criminels ingénieux ou de proto super-héros comme The Spider ou The Shadow.
Flirtant avec le bondage, ces images, impossibles à reproduire de nos jours, ont cependant perdurées un bon moment à travers d'autres média, comme les affiches de films d'horreur, les comics et autres publications purement masculine et d'un autre temps (Man's Life et consorts). Un côté vintage en ressort désormais, et l'idée est ici d'appliquer ce traitement à mon héroïne pour simuler d'improbables aventures d'une autre époque, façon Doc Savage, Flash Gordon et autres agents secrets...

http://i.imgur.com/PnxLR3S.jpg http://i.imgur.com/OEHWOym.jpg http://i.imgur.com/BeMiDge.jpg

L'idée est d'engager un véritable illustrateur pour l'occasion et de créer une fausse couverture, avec titres et autres exclamations vendeuses, et d'accompagner le dessin d'un synopsis ou d'une nouvelle relatant l'intrigue qu'elle est censée représenter, forcément pleine de mutants, zombies, aliens, sorciers et Nazis en colère, soumettant la justicière à un horrible sort.
Ces premières images sont en fait de simples brouillons d'idées, destinés à guider l'artiste pour la commande, avec évidemment un choix d'interprétation / modification de sa part selon l'inspiration.

http://i.imgur.com/hfbJirI.jpg   http://i.imgur.com/tntC97y.jpg

Ici la mise en scène est plutôt complète, avec ce qui est une reprise d'un mémorable épisode de Monsters (le spin-off / successeur de la série Tales From the Darkside), où un romancier d'horreur invite de jeunes femmes chez lui pour les livrer en pâture à un monstre carnivore qui se trouve être... son propre lit ! Il y a une mythologie assez sympa derrière la créature, dans le fait qu'il s'agit d'une sorte de Grand Ancien, ayant régné sur Terre avant même le temps des dinosaures, et ayant été témoins de grands évènements comme la chute d'Atlantis.
La chose prend la forme innocente d'un lit, qui se trouve être en possession d'un individu pathétique avec qui elle communique psychiquement. En échange de nourriture humaine - autrefois probablement un "sacrifice", le "Maitre" raconte d'incroyables histoires à son serviteur à travers ses rêves (un peu comme Cthulhu), qui en fait alors des romans à succès. Le titre de l'épisode fictif, Dreaming Master, est rattaché à ce concept.
Ici c'est Alice qui s'est laissée séduire, étant elle aussi écrivaine et transposant ses propres aventures en bouquins par amusement et en guise de gagne-pain. Séduite par ce collègue dont elle ne sait rien, elle se retrouve désormais ligotée à son lit en sous-vêtement dans ce qui devait être un quelconque jeu de rôles pimenté - en fait une assurance du serviteur que la proie ne s'échappe pas. Elle se retrouve donc sur le point de se faire dévorer, des tentacules s'emparant d'elle pour l'attirer dans la gueule béante qui s'ouvre sous elle...

http://i.imgur.com/KaY1tzh.jpg   

Ci-dessus la version en noir et blanc, globalement tracée sous impulsions pour garder l'idée autant que possible, en partie reprise à l'affiche française de Freddy 3 composée par Melki, et la version "couleur" inachevée et très moche.
La troisième image représente la couverture générale, avec le placement du titre, d'une pseudo tagline (sur la gauche près de la machine, en fait une réplique issue de l'épisode télé) et de plusieurs petits détails pour le dessinateur, comme par exemple un précédent roman de l'écrivain sur son bureau ("Mange mon Cerveau", en français dans l'épisode !) et les vêtements d'Alice trainant en vrac sur le sol car enlevés à la hâte...


dimanche 6 janvier 2013

My Little Pony: Friendship is Magic #2


Oui je sais. J'avais dis qu'on ne m'y reprendrai (probablement) plus, mais voilà ! Il fallait quand même que je sache si cette jeune BD allait poursuivre son hommage improbable aux grands classiques du film d'Horreur, et puis c'est l'anniversaire de notre cher Lieutenant Cole Blaquesmith, grand amateur de Poneys et de jolies filles (surtout quand c'est un peu les deux). Alors du coup en guise de cadeau, me voilà à replonger dans l'univers des Petits Poneys et en révéler le contenu. Encore que, puisque j'ai dépassé la date à cause d'une livraison tardive, cet argument n'est plus valide.


Quoiqu'il en soit, que se passe t-il donc dans My Little Pony: Friendship is Magic #2 ? Et bien pas grand chose ! La petite équipe s'en va rejoindre le Royaume des Changelings et comme une grande montagne leur bloque le chemin, elle décide alors de passer par une ancienne mine pour gagner du temps. On crois sentir là l'influence du Seigneurs des Anneaux, d'autant que Le Hobbit vient sortir au cinéma, mais il n'en est rien. Pas plus que la BD ne se réfère à Indiana Jones ou a n'importe quelle œuvre connue du grand public. En fait, ce second épisode ne fonctionne pas du tout comme son prédécesseur et se met même à construire son histoire en pensant au long terme, notamment grâce au stratagème du "diviser pour mieux régner" orchestré par la Reine Chrysalis.


En effet, alors que nos héroïnes se retrouvent séparées en plusieurs groupes de deux, suite à un éboulement, des Changelings empruntent la forme de plusieurs d’entre-elles pour semer la zizanie via quelques mauvaises paroles. Tout le monde en prend pour son grade, de Rainbow Dash et sa prétention à Rarity et sa vanité. Le plus amusant dans tous ça, c'est que ces déclarations sonnent quand même vraiment justes à mes oreilles, ainsi lorsque la grande amitié entre Poneys est remise en question suite à ces reproches, je ne peux que me demander pourquoi cela n'est pas arrivé plus tôt. Très probablement parce que "l'amitié magique" est juste une façade publique de lèche-culs, du genre qui régente certaines communautés parisiennes que je côtoie.


En dehors de ça, nos équidés vont devoir affronter un gang d'araignées (moustachues) à chapeaux ainsi qu'un Troll des Cavernes collectionneur, qui m'apparaît ouvertement comme une caricature de tous les fanboys et fangirls de My Little Pony. Un renvoi direct aux jouets Mon Petits Poneys et à comment les enfants passaient leur temps à les coiffer inlassablement. On retrouve d'ailleurs sur une "étagère" quelques reliques d'un autre âge qui évoquera peut-être des souvenirs à certains lecteurs: un Optimus Prime en mauvais état, un Rubik's Cube, et un petit crâne à crête de Punk qui, j'en jurerai, provient de Mighty Max !


Pas grand chose à signaler sinon, le ton de la série s'adressant clairement aux plus jeunes et faisant donc fi de toute notion de danger et de sérieux. Reste le comportement d'une Pinkie Pie totalement allumée comme si elle était sous acide, plutôt gonflé mais marrant, et le  Troll calinou quand même vachement sympa, mais qu'on ne reverra pas par la suite. Là clairement, je ne crois plus avoir quoique ce soit à faire avec cette série, d'autant plus que le fameux Infestation 3 que j'évoquais la dernière fois vient d'être annoncé, sans les Poneys et sous un titre sensiblement différent (en relation avec Mars Attacks, nous en parlerons juste après !). Le graphisme, lui, hautement coloré et très expressif, est vraiment très bon.


Ainsi je ne vous donne probablement pas rendez-vous le mois prochain pour le 3ème numéro, mais puisqu'une année ça fait quand même long, on ne sait jamais. Peut-être y aura t-il d'autres occasions de retrouver les Petits Poneys à l'avenir, des numéros spéciaux d'Halloween, des crossovers, des Big Events, etc. Dieu nous garde, mais TOUT est possible. Mais rassurez-vous, je ne succomberai pas au charme de ces petites bestioles. J'aime bien trop les voir se faire torturer pour ça !



samedi 5 janvier 2013

Night of the Living Dead: Aftermath (1992)


Nous y voilà, la conclusion de l'excellente adaptation de La Nuit des Morts-Vivants par FantaCo Enterprises. Un court récit d'une vingtaine de pages qui clôt une bonne fois pour toute l'intrigue que l'on connait avant de rebondir vers une nouvelle histoire à plus grande échelle: la propagation du fléau dans le reste du monde. Une progression logique si l'on suit la série de George A. Romero, puisqu'il nous montrait comment la civilisation courrait à sa perte dans Zombie, son second opus.



Qui n'a jamais voulu savoir ce qu'il advenait des hommes du shérif McClelland après la conclusion glaçante du film? Une bande de bouseux finalement peut-être plus dangereuse que les zombies eux-mêmes, et qu'on l'on se surprend à détester en raison de leur manière de gérer le problème. Romero leur faisait écho dans Zombie, lorsque les héros survolent un coin de campagne où se déroule un massacre de morts-vivants comme s'il s'agissait d'une festive partie de chasse ! Impossible d'imaginer l'un de ces abrutis s'en sortir sur le long terme. Et bien c'est exactement ce que nous prouve cet Aftermath, qui reprend pile là où l'on s'était arrêté à la fin du film.


Le Comté de Willard est donc passé au peigne fin au jour levé, la milice continuant d'abattre les cadavres ambulants et d'alimenter un bûcher gigantesque. Du bon boulot, encore fallait-il considérer le nombre toujours croissant de l'ennemi car après une longue journée d'extermination, la nuit tombe et les hautes flammes attirent tout naturellement des hordes de zombies ! Ceux-ci ont tôt fait d'encercler les hommes de McClelland et ce qui s'ensuit est un véritable bataille: les vivants paniqués tirent dans tous les sens tandis que les zombies dépècent et démembrent à tour de bras (coupés). Un massacre que Kastro illustre merveilleusement à grands coups d'ombres menaçantes et avec un sacré sens du dynamisme.


C'est l'occasion de quelques retrouvailles, comme avec la petite Karen qui utilise de nouveau sa truelle, ou Barbara et Johnny, enfin réunis dans la mort. Du fan service, certes, mais ça reste très bien pour clore le chapitre une bonne fois pour toute. Car la seconde partie du livre nous amène quelques jours plus tard dans la ville de New York, alors que les morts ont envahie les lieux... Le monde n'est pas encore tout à fait en ruine et si les zombies déambulent dans les rues, ils ne sont pas si nombreux. Les habitants fuient vers les aéroports tandis que l'armée encadre ces dernières zones de civilisation, une situation qui n'a que très peu était utilisée par Romero dans sa série, si ce n'est au tout début de Zombie


C'est dans cette ambiance de fin du monde que nous suivons une femme anonyme qui tente elle aussi de s'échapper. Mordue durant sa course contre la montre pour attraper son avion à temps, elle s'en sort de justesse en cachant sa blessure aux autorités. Si Land of the Dead expliquait, dix ans plus tard, que le phénomène de réanimation s'effectuait au même moment de part le monde, voilà une autre manière – simpliste – de dire comment la contamination s'est étendue hors du pays. Car voilà notre protagoniste en route pour Londres, et le récit de se terminer par la mention "à suivre" avec cet incroyable Clive Barker's Night of the Living Dead: London ! Un deuxième tome qui s’affranchit totalement de l'univers de Romero pour présenter une forme d'Horreur beaucoup moins conventionnelle. Une histoire folle, et vous pouvez être sûr que je vous en reparlerai ici ! 


Quant à cette Night of the Living Dead, c'est simple, elle m'a tout simplement conquis. Ce n'est peut-être pas complètement objectif tant j'ai eu le coup de foudre pour la chose, cependant le niveau de créativité derrière cette adaptation est nettement supérieur à un bon nombre de BD que j'ai pu lire ces dernières années. Au bout de trois chroniques il me semble inutile de revenir sur les détails, mais le boulot de Tom Skulan et de Carlos Kastro est pratiquement irréprochable si ce n'est quelques broutilles (un prologue qui n'en montre pas assez). On se surprend même a espérer qu'une série régulière ait pu prendre forme suite à cela, et en quelque sorte ce fut le cas ! Hélas, ce second titre qui va voir le jour après London n'a rien, mais alors rien de la qualité découverte ici. Mais ça aussi nous en reparlerons...

Si seulement un éditeur pouvait maintenant se décider à réunir la série en tradepaperback, avec Prelude et Aftermath, pour la ressortir... Et puis tant qu'à faire, Night of the Living Dead: London ferait un très bon second volume.


vendredi 4 janvier 2013

Night of the Living Dead #1 (1991)


"They're coming to get you, Barbara..."

Après un double #0, quoi de mieux qu'un simple #1 pour poursuivre l'exploration du monde des comics ? Généralement lorsque je parle d'une BD sur un numéro unique, c'est parce que je fais un compte-rendu d'une parution récente (comme c'était le cas récemment avec Punisher: Nightmare #1). Ici en revanche, les choses sont différentes ! Car il m'est pratiquement impossible de mettre la main sur les autres numéros de la série, ceux-ci n'ayant jamais été scannés pour une copie digitale et étant très difficiles à trouver sur le Net (en plus d'être chers). Ainsi cette adaptation de La Nuit des Morts-Vivants en 4 épisodes me restera incomplète pour un bon moment, mais plutôt que de l'ignorer je peux toujours étudier plus en détail ce premier tome !


En vérité, je vous en ai déjà parlé il y un peu plus d'un an, avec Night of the Living Dead: Prelude. Un petit one-shot servant d'introduction à la mini-série et inventant des scènes n'apparaissant pas dans le film. Toutes les informations relatives à cette adaptation ayant déjà été exposées lors de cette première chronique, aussi je vous invite à la relire si vous souhaitez satisfaire votre curiosité car je n'en parlerai pas ici afin de gagner du temps. Retrouvons donc le duo Thomas Skulan / Carlos Kastro au commande de cette première partie qui relate l'introduction du film, de l'apparition du premier mort-vivant dans le cimetière à la rencontre entre Barbara et Ben dans la ferme isolée.


Ce qui est amusant c'est que je peux presque vous en parler sans lire la BD puisque je connais cette histoire par cœur, mais les graphismes cauchemardesques de Kastro sont tellement fascinant que je suis obligé de me replonger au cœur de cette intrigue ! A vrai dire, il s'agit même de la raison première pour laquelle Night of the Living Dead se laisse lire, tant les dessins se réapproprient l’œuvre pour lui offrir une identité visuelle unique et – j'ose le dire – presque supérieur au film. Les illustrations anguleuses de l'auteur confèrent une véritable atmosphère d'épouvante à l'ancienne, avec le noir et blanc et le style qui évoquent immédiatement l’expressionnisme allemand. Rêvons donc instant d'une Nuit des Morts-Vivants filmée à la manière du Cabinet du Dr. Caligari...


S'il est facile de se laisser transporter par l'aspect visuelle de la BD, c'est aussi parce que cette première partie ne comporte quasiment aucun dialogue. Logique puisque ces séquences sont quasiment muette dans le film, accompagnées par une musique qui, il faut le dire, à beaucoup vieillie. Ainsi les échanges entre Barbara et Ben restent minimalistes et n'apportent finalement pas grand chose pour le moment, conformément au script qui nous les montrent être surtout dépassés par la situation. Ce premier numéro ne progresse pas non plus énormément (une adaptation plus courte aurait certainement expédiée toute cette partie en cinq ou dix pages pour ce qui en fait ici une cinquantaine !) mais là encore tout tiens dans la retranscription – très fidèle – du film.


Vous l'aurez compris, ce Night of the Living Dead est un véritable coup de cœur pour moi au point que je considère certaines transpositions comme de véritables améliorations par rapport à l’œuvre originale. La mort de Johnny gagne en violence, la fuite de Barbara s'étire beaucoup moins en longueur et les morts-vivants sont bien plus terrifiant. S'il fallait énoncer quelques défauts cependant, je pointerai quand même du doigt les dessins et la mise en page si chaotiques qu'ils en deviennent parfois un peu brouillon, à l'instar de la première apparition de Ben où deux cases semblent fusionner au point de donner l'impression de se retrouver avec deux jumeaux se faisant face !


Je ne peux malheureusement pas parler plus en détail de la BD puisque ce premier chapitre ne contient rien de plus que ce je viens d'évoquer et qu'il me faudrait lire les autres numéros pour juger de l'adaptation dans sa globalité. Ce sera peut-être le cas un jour mais pour l'instant, il faudra se contenter de mes aperçus de ce premier numéros ainsi que du Prelude et Aftermath dont je vais m'atteler à la chronique par la suite. Mais croyez-moi si je vous dis que Night of the Living Dead est un travail de haute tenue, bien plus soigné et respectueux que les autres comics se réclamant du même film, parus sous la bannière d'Avatar Press. La très bonne impression d'après la lecture de Prelude persiste et je me risque à dire qu'il s'agit là de la parfaite adaptation du film de Romero, tous médias confondus !


Tout au plus me permettrais-je un petit paragraphe sur les quelques textes présents en fin de livre. Deux messages de remerciements, de la part de Tom Skulan (qui évoque au passage que son projet d'adaptation remonte à 1987 et qu'il semble avoir été difficile à mettre en place) et de Carlos Kastro (lequel, parlant français et installé à Asnières, se permet même une dédicace dans la langue de Molière à un camarade) ; mais aussi un agréable petit billet nostalgique de la part d'Eric Stanway (un autre artiste de FantaCo, ayant œuvré sur Gore Shriek), dans lequel il relate ses premières expériences avec La Nuit des Morts-Vivants, de ses 11 ans lorsqu'un ami lui a parlé du film avec un enthousiasme débordant à sa première vision dix ans plus tard, avec ses colocataires de la petite chambre qui lui servait de logement.


jeudi 3 janvier 2013

Ninjak #0 & #00


Lorsqu'on se promène pendant un temps dans monde des comics, voir quelque chose comme un #0 est on ne peut plus banal. Il s'agit généralement d'une sorte de numéro preview destiné à appâter le lecteur en lui montrant, en quelques pages (moins que dans un épisode régulier), à quoi vont ressembler les illustrations et l'univers au lancement de la série. Il n'y a généralement pas de véritable intrigue, juste une rencontre avec quelques éléments que l'on retrouvera par la suite: héros, vilains, personnages secondaires, sociétés et organisations, objets magiques, créatures, etc. Plus rare mais finalement tout aussi connu, la présence d'une numérotation à virgule. Des épisode 1.A ou 1.B, ou encore des 5.1, 5.2 et 5.3 se situant entre un #5 et un #6 (un des derniers exemples en date, la série Amazing Spider-Man qui amorce son final avec le #700 et qui voit un #699.1 relater des évènements en parallèle de cette conclusion).

En revanche, découvrir une combo #0 et #00, je n'avais jamais vu ça. Outre le fait qu'une telle numérotation soit extrêmement confuse, risquant de perdre le lecteur potentiel (dans le but de lui faire acheter plusieurs copies dans le doute ?), il ne semble y avoir aucune véritable raison derrière une telle gimmick. Un #0 devrait se suffire à lui-même, ou bien autant sortir un one-shot spécial un peu plus long. Et après lecture je peux vous dire que ce qui se trouve dans ce #00 pourrait tout aussi bien être raconté dans un #1 tant la "suite" de l'intrigue pourrait être séparée de son prologue. Ainsi ce qui s'annonçait comme un concept limite nanar, avec lequel le scénariste aurait pu s'amuser (pourquoi ne pas raconter les origines du Ninjak en #0 et de son adversaire en parallèle dans le #00 ?) n'est finalement qu'une simple (mauvaise) stratégie de vente dans l'espoir de faire apparaître ces épisodes comme de futurs "collectors" aux yeux des acheteurs. Une technique qui à hantée les années 90, ce "Dark Age" du comics, où les industries rivalisaient d'idées pour multiplier les ventes (couvertures alternatives, couvertures hologrammes, cartes "de collection" bonus, spin-off de personnages plus que secondaires, etc).


Mais avant d'explorer plus en avant cet improbable Ninjak, parlons un peu du personnage-titre. Crée en 1994 par une petite compagnie, Valiant Comics, d'où émergea tout de même quelques séries assez connues  (X-O Manowar, Shadowman), il représente une variation sur le personnage de James Bond, auquel on aurait rajouter un background à la Mortal Kombat. De son véritable nom Colin King (!), il est un playboy et agent secret britannique ayant vécu son enfance au Japon, découvrant l'art du Ninjutsu. Grâce à ses talents et à l'aide d'une technologie fantaisiste très à la mode à l'époque, il mène de nombreuses missions pour sauver le monde. Le personnage, apparaissant à l'origine dans les pages de Bloodshot (sous les dessins de Joe Quesada) devint assez populaire pour voir naître son propre spin-off.


On le voit, il n'y a pas vraiment matière à un personnage intéressant et tout ce qui entoure l'univers de Ninjak semble être du réchauffé. Dommage car passé l'aspect "extrême" de la chose (à la mode d'alors) il aurait été intéressant d'intégrer un personnage d'espion à l'ancienne type Guerre Froide dans un cadre de super-héros plus commun. Les références sont là en plus, tant dans les dates (les origines du protagoniste remontent à la fin des années 50 pour mieux se poursuivent sur plusieurs décades par la suite) que dans le scénario (un ancien projet Nazi de surhomme, les tensions politiques entre l'Angleterre et le Japon, les retournements pleins d'agents doubles et de trahisons). Même l'esprit des romans pulp demeure à travers un héros "parfait", à la fois beau, riche, grand sportif et très intelligent, capable de faire tomber toutes les femmes et de déjouer tous les pièges.


Hélas, lire ces premiers numéros de Ninjak ne change pas de la plupart des histoires de super-héros cybernétiques qui pullulaient alors. Il y est question d'expériences génétiques et de révolution technologique, le tout avec un peu de mysticisme pour permettre à d'éventuels adversaires magiques d'apparaître dans l'avenir. Les compétences spéciales de Ninjak semblent être les mêmes que celles de n'importe quel autre héros et ses adversaires sont parfaitement interchangeables. La faute pas nécessairement à l'auteur Mark Moretti (son créateur dans Bloodshot), qui scénarise et dessine l'aventure, mais à une époque peu encline à l'originalité et à une course à la vente en pleine expansion.


Ninjak #0 commence pourtant bien avec le récit d'enfance du hideux Dr. Augustus Silk, un savant fou qui possède une canne dont le pommeau montre une énorme veuve noire enfermée dans de l'ambre. Vous l'aurez devinez, il est de ces personnages qui sont défini par leurs noms (Silk, en anglais la "soie", en rapport à la toile d'araignée). Né Augustus Silkowski, il était un enfant surdoué mais hélas difforme, victime de la maltraitance d'un père alcoolique. Une vie triste qu'il s'était résolu à accepter, s'interposant même volontairement dans les disputes parentales pour épargner des coups à sa mère ! Jusqu'au jour où il surprend une conversation remettant son avenir en jeu: avec son intelligence supérieur, il se voit offrir une entrée gratuite à l'Université. Malheureusement son père ne l'entend pas de cette oreille et Augustus réagit mal.


S'ensuit une scène de violence domestique très bien rendue, sous la narration d'un Dr. Silk désormais adulte et détaché. Fuyant son père, Augustus se retrouve dehors, dans la rue, alors qu'un orage éclate. Rattrapé par son paternel, il se fait battre violemment jusqu'à ce que l'ivrogne glisse sur le trottoir et fasse une mauvaise chute à travers la vitrine d'un magasin. Se blessant, l'homme se vide de son sang sous le regard de son fils, l'artère fémorale coupée par un débris de verre. L'enfant hésite encore à faire quelque chose lorsque le blessé se met à convulser. Celui-ci vient d'être piqué par une veuve noire ! M. Silkowski se trouve en fait dans une animalerie, ayant écrasé le nid de l'araignée après sa chute. Outre l'irréalité de la situation (quelle genre d'animalerie vendrait une veuve noire mortelle comme un simple hamster ?!), la scène fait son effet. Augustus abandonne son père, se préparant pour partir à l'école et assurer son avenir, et on a effectivement l'impression d'assister à la naissance d'un super-vilain, avec une raison derrière le thème de l'araignée.


Si seulement le reste avait pu être dans la même veine... Nous quittons totalement Dr. Silk, qui ne fait que quelques apparitions ici et là jusqu'à la toute fin du #00, pour nous intéresser aux parents de Ninjak. Les services secrets britanniques viennent de découvrir que le Japon développe des "para-humains", des individus améliorés par manipulation génétique selon un ancien programme Nazi. Pour contrer la menace, le chef de l'Agence et son meilleur agent, Jonathan King, décident de relancer le projet Hope & Glory, un équivalent. Celui-ci nécessite de faire des injections sur des fœtus dans l'espoir de créer des êtres humains supérieur, et le duo convient de créer un couple pour élever cet enfant. Jonathan sera le père tandis que la mère porteuse devra, en plus de subir l'expérience, se marier avec lui. La première discussion qui ouvre la scène se porte même sur le choix de l'heureuse élue, M. King déclarant qu'il est dans son bon droit de choisir lui-même sa partenaire puisque devant par la suite jouer le rôle du père et mari aimant.


Je ne sais pas si c'était le but recherché, mais les "bons" m'apparaissent immédiatement comme une belle bande de salopards manipulateurs là où Dr. Silk remportait toute ma sympathie. Peut-être est-ce ma préférence naturelle pour les freaks et autres proscrits là où le milieu aristocrate ne m'inspire que du mépris, mais dans tous les cas Ninjak rate le coche pour ce qui est de s'intéresser aux origines du héros ! Et même s'il est possible d'arguer que cela correspond au genre pulp, romans d'une époque fortement raciste et sexiste (relisez la série de Fu Manchu pour vous en convaincre), il reste assez dérangeant de devoir se ranger du côté de personnages agissant en dépit de toute humanité (enfants conçus sans amour, femme manipulée, secret d'États).


Quoiqu'il en soit le récit part sur une structure assez chaotique, sautant de mois en mois et d'années en années, pour raconter une succession d'épisodes de la vie du futur Ninjak, de sa naissance à sa transformation de justicier. On apprend ainsi que les injections ont accélérées sa naissance, le faisant tout de même naître à terme et non pas prématuré. En grandissant, il fait preuve des qualités prévues (premier de la classe et meilleur athlète) et drague déjà l'air de rien, s'intéressant une petite japonaise et s'attirant du coup les foudres d'un rival, Goro, destiné à devenir un futur ennemi. Car oui, bien que l'enfant soit le seul espoir de l'Angleterre contre le Japon, c'est dans ce pays qu'il va être élevé, multipliant les risques de sa découverte par l'ennemi !


Pourquoi ? Tout simplement parce que le papa, réalisant que l'enfant n'est en fait pas de lui mais d'un autre homme, pique une crise est décide de le former lui-même. Et tant pis si le chef de l'Agence ne l'entends pas de cette oreille ! Et comme pour mieux souligner l'absurdité d'une telle décision, M. King nomme l'enfant Colin... Du prénom du véritable père ! Freud aurait sûrement quelques commentaires à faire mais tout cela n'a strictement aucune répercutions sur le devenir de l'enfant. Enfin jusqu'à ce qu'il soit découvert par la faction adverse et que son père se fasse assassiner sous ses yeux. Recueillit par des amis ninjas de son père (!), il est caché et élevé dans un temple où il va progressivement devenir une arme mortelle. Lorsque, longtemps plus tard, il est retrouvé et que l'un de ses protecteurs est tué, il prend les armes et se lance à la poursuite du responsable, devenant alors Ninjak. Pourquoi un tel nom ? Tenez-vous bien ! Il s'agit en réalité d'une contraction de "Ninja-Jack", qui est déjà une contraction de "Ninja Union-Jack" en référence à ses origines britanniques !


Bref. Ces #0 et #00 sombrent très rapidement dans le n'importe quoi. Surgissent des idées bizarres comme le fait que la bien-aimée de Colin, fille d'un riche entrepreneur, deviennent une Geisha sur la décision de son père, pour freiner son amour pour un Gaijin (au Japon on devient une dame de compagnie comme on rentre dans les Ordres en fait ?), lequel se fait  apprendre l'art du sexe comme une "arme" par la femme qui veille sur lui depuis des années ! Et que dire de tout ces bonds dans le temps qui arrivent environ toutes les deux pages dans le #00, pour mettre en places des évènements finalement sans importance... Le pompon revient peut-être à cette idée de faire quitter le territoire japonais à Ninjak, alors qu'il est sur le point d'obtenir sa vengeance, l'obligeant sans raison à abandonner sa mère et sa belle pour rejoindre l'Angleterre. Difficile de cerner la tragédie lorsqu'on nous annonce quasi immédiatement que Colin s'adapte très bien à sa vie de playboy et que la fille du Chancelier vient fréquemment lui rendre visite pour s'envoyer en l'air !


Alors certes, il était évident qu'un numéro 0 ne fait qu'introduire des éléments intéressant pour mieux donner l'envie de suivre l'histoire par la suite, mais tout de même. Il y avait de quoi permettre un bon teasing avec l'apparition du fruit des expériences génétiques japonaises (qu'on ne verra jamais si ce n'est avec le retour de Goro) ou le mystère derrière la perfection qu'incarne Colin  (une petite Jillian est également née du projet mais n'est pas différente d'une enfant normale), mais tout ceci n'est que vaguement survolé. C'est encore une fois le Dr. Silk qui sauve la mise, le dernier acte de cette origin story nous dévoilant qu'il est devenu fou après un attentat l'ayant (encore plus) défiguré. Perdant toute humanité, il prend alors la tête de diverses multinationales de part le monde, se retrouvant à la tête d'une gigantesque organisation tentaculaire décrite une "toile d'araignée". Voilà l'histoire que j'aurais préféré lire!


Heureusement on peut compter sur une certaine forme d'humour, très grossière, mais intervenant régulièrement pour empêcher de s'ennuyer derrière les interminables discussions d'espionnage. Ici Ninjak infiltre la base d'opération du Dr. Silk, déclarant que celui-ci a dû regarder trop de James Bond vu ses systèmes de sécurité, là des Ninjas s'engueulent après un meurtre à propos du sang ayant giclé sur leurs costumes ! Les adversaires de l'Angleterre dirige une compagnie appelée Musashi Chemical Engineering (référence à une figure emblématique du pays) tandis que Colin King va jouer au Black Jack au Royale Casino.


Le bilan est plus que mitigé. S'il apparaît normal qu'un spin-off d'une série banale des années 90 ne soit pas la BD du siècle, il y avait là beaucoup de potentiel. Peut-être qu'à une autre époque Ninjak aurait pu être un personnage intéressant à suivre, mais en l'état c'est loin d'être le cas. Et je ne peux même pas compter la version du reboot de 1996, opéré par Acclaim Entertainment (la compagnie derrière Mortal Kombat) lors de son rachat de Valiant Comics, puisqu'il ne s'agit plus du même personnage: cette fois il y est question d'un adolescent recevant des pouvoirs magiques issus d'un jeu vidéo (!), devenant donc Ninjak, le héros du jeu. Sa quête est de retrouver les méchants du jeu qui, eux aussi, apparaissent dans le monde réel...

Peut-être aurons-nous plus du chance cette année puisque des rumeurs évoque un retour de Ninjak pour début 2013, dans une nouvelle série qui serait écrite par Benjamin Bailey, critique pour le site de jeux vidéos et comics IGN, Affaire à suivre.