mardi 29 novembre 2011

Zombrex: One Hell of a Blog !


Le blog que vous lisez à vécu bien des années et de ce fait à connu différentes incarnations. Il y a d'abord le travail effectué avant même que je ne possède Internet, sous la forme de quelques écrits sur un cahier, puis sur feuilles volantes réunies dans un classeur.
La première version fut nommée Des Poulpes et des Femmes, ouvert sur Skyblog, avant une migration sur Overblog après un peu moins d'une année. Cela marque le début de la V2, avec le nouveau titre du Fantastic Club jusqu'en 2009, où diverses circonstances m'ont un peu obligé à abandonner mon travail.
Lorsqu'enfin je me décide à en reprendre les rênes, mon idée est tout d'abord de reprendre de zéro et créer un nouveau blog pour l'occasion. Je cherche à lui donner un look franchement connoté "cinéma d'exploitation" et je lui donne un aspect inspiré des images abimées des vieilles VHS et pellicules de films, un peu à la manière de Planète Terreur.



Cette nouvelle incarnation, alors nommée Zombrex, est façonnée sur Overblog avec un look faussement vieilli, créant alors une nouvelle bannière dans le même esprit. Elle porte une tagline à la façon d'une affiche ("One Hell of a Blog", globalement "Un putain de blog") ainsi qu'une jolie pin-up en guise de mascotte. L'idée était de la faire intervenir ici et là pour les chroniques, en guise d'illustration.
La silhouette appartient à Stéphanie, une de mes actrices sur Attack of the Horrible Dr. Poulet !, d'après une capture d'écran de sa scène de danse érotique.
Manque de bol, sitôt conçu, sitôt abandonné, car Overblog passe par un changement d'interface abominable, laid et difficile à utiliser. Je remballe le tout pour déménager chez Blogger avec un ravalement de façade total, créant ainsi la véritable V3: L'Imaginarium de Monsieur Bizarre, qui accueillera aussi bien les nouveaux textes que les anciens.

C'est par souvenir que je repartage la bannière et ses quelques brouillons, torchés en vitesse en cours de soirée... Un peu comme un film d'exploitation !




vendredi 11 novembre 2011

Visiting Hours


VISITING HOURS




En plus de faire partie des célèbres Video Nasties d'Angleterre, c'est grâce à un sympathique gimmick marketing que Visiting Hours va se faire remarquer. Une bande-annonce qui, plutôt que de s'attarder sur les extraits du film, montre au spectateur une tête de mort se formant sur la façade d'un hôpital grâce aux lumières s'éteignant les unes après les autres. Une image impressionnante qui permet au film de se démarquer un peu de sa rude concurrence de l'époque (les innombrables slashers des années 80). Il fallait au moins ça, car en fait Visiting Hours se rapproche plus du thriller que du basique film de psycho-killer post Halloween.


Alors non, on ne va pas retomber dans les mêmes travers que Snapshot: Un tueur fou sévit effectivement dans un hôpital, massacrant plusieurs personnes à l'arme blanche et poursuivant avec acharnement l'héroïne. On y retrouve également plusieurs lieux communs habituels (la final girl triomphe du psychopathe, celui-ci surgit une dernière fois malgré ses blessures, le flash-back dévoilant le pourquoi de ses motivations). Bref, tout semble bien parti pour une intrigue bateau, mais c'est sans compter sur la construction du scénario signé Brian Taggart, a qui l'on doit le très sympa d'Origine Inconnu (on lui doit aussi Poltergeist III mais c'est déjà plus embarrassant).



Le script de Visiting Hours se divise en rien de moins que quatre parties, chacune se focalisant sur un personnage en particulier: le film s'intéresse d'abord à son héroïne, laquelle a le malheur de provoquer à son insu un fou à lier qui va tâcher de la trucider. Après une attaque ratée qui l'expédie à l'hôpital, le récit se concentre alors sur son agresseur. Jusqu'ici simple silhouette menaçante jamais totalement visible, il devient le nouveau personnage central que l'on suit dans sa quête de meurtre. Est introduit alors un autre protagoniste, une infirmière qui prend à cœur les malheurs de sa patiente et qui va veiller sur elle au grand dam de l'assassin. D'abord en retrait, elle s'impose de plus en plus jusqu'au climax au dénouement inattendu, qui rebondit aussitôt sur une dernière partie concluant le film avec l'habituelle partie de cache-cache entre les deux adversaires.



Cette structure étrange a le mérite d'être non seulement originale, mais surtout nécessaire pour ne pas prédire trop à l'avance la conclusion d'une histoire somme toute banale. Certains diront qu'elle complique inutilement l'intrigue, mais elle en fait également sa force puisque exploitant autant que possible trois personnages pour impliquer le spectateur. Elle trouve cependant son défaut dans la durée du film. Forcément, 1h40 c'est long, surtout pour un slasher, et avec son rythme lent Visiting Hours donne parfois l'impression de se traîner sur des séquences qui auraient pu être coupée au montage. L'histoire est donc celle de Deborah, une reporter qui tente de défendre les droits des femmes et plus particulièrement sur le cas d'une épouse ayant tuée son mari violent par autodéfense. Ses propos ne plaisent pas, ni à son patron le Capitaine Kirk (William Shatner !), ni à Colt Hawker l'homme de ménage. Ce dernier, joué par le toujours excellent Michael Ironside, est un psychopathe meurtrier et profondément raciste, comme l'évoquent les nombreuses lettres d'appels trônant sur les murs de son appartement. Vouant une haine viscéral pour la gent féminine depuis qu'il a vu, étant enfant, sa mère jeter de l'huile bouillante au visage de son père (celui-ci, saoul, voulait profiter de son épouse non consentante), il a pour habitude de prendre en photo ses victimes durant leur agonie et d'assembler les images en une tête de mort.



Colt s'introduit alors chez Deborah, laquelle va le retrouver totalement nu, maquillé et portant ses bijoux, lorsqu'il s'en prend a elle. Blessée, elle s'en sort de justesse et est transférée à l'hôpital. Cela ne semble pas décourager Colt qui passe
encore à l'attaque, se trompant de victime au passage. Une erreur qui va lui coûter cher puisque dès lors la police protège l'établissement, l'obligeant à redoubler d'effort pour infiltrer les lieux et atteindre sa victime. Pendant ce temps, une infirmière ayant autrefois subit les coups d'un compagnon violent décide de personnellement veiller sur Deborah, inconsciente du fait qu'elle est désormais une nouvelle cible pour Colt...


Avec un résumé pareil, impossible de ne pas penser à Halloween II. Sorti un an auparavant, il mettait en scène Michael Myers dans l'hôpital où était envoyée sa sœur suite aux évènements du premier opus, tuant le personnel hospitalier à tour de bras. D'ailleurs ne retrouve t-on pas dans Visiting Hours rien de moins que William Shatner, dont le propre visage sert de masque pour Michael Myers ? L'inspiration est évidente, mais nous n'avons pas affaire ici à un simple copier-coller. En fait l'originalité du film tient dans ce choix de prendre à contre-pied l'univers stupide des slashers: ici pas de jeunes adolescents en guise de protagonistes, pas de tueur surnaturel ou over-the-top, pas de péripéties incroyables ou de police incompétente. Tout ce déroule dans une ambiance réalise à 100%.



Voilà donc le second point qui dissocie Visiting Hours de ses semblables, le rapprochant plus d'un film policier que du cinéma d'horreur. Colt Hawker est un psychopathe crédible qui n'est ni invincible ni aidé par un scénario bien pratique. Plusieurs de ses tentatives échouent, l'obligeant à fuir et à revoir sa stratégie. Les personnages sont des adultes au caractère bien trempé, notamment Deborah qui est une femme forte mais refusant de répondre à la violence par la violence. La police enquête et n'hésite pas à envoyer un commando à l'appartement du tueur, enfin les victimes de ce dernier ne se contentent pas d'attendre en criant qu'on leur ôte la vie et se rebiffent bien vite pour survivre.



Pour ceux qui attendait un simple slasher rétro, il peut y avoir de quoi être déçu. Les meurtres sont simples et, quoi que cruel et bien mis en scène, ne versent pas dans le gore ou le spectaculaire. Les victimes sont peu nombreuses et Colt Hawker perd son aura de tueur monolithique pour gagner en réalisme lorsque le film se focalise sur lui. Chacun percevra le film à sa façon, en fonction de ses attentes et de ses préférences. Tout le monde cependant pourra s'accorder à dire que Michael Ironside était un excellent choix pour jouer l'assassin.



Inutile de présenter l'homme (sinon je me demande ce que vous foutez là!), lequel s'est fait repéré l'an passé dans l'excellent Scanners de David Cronenberg. Avec sa voix profonde, son visage typé et ses regards menaçant, il confère à Colt Hawker toute l'intensité nécessaire pour en faire un véritable prédateur. Le plus surprenant reste son jeu tout en retenu, très loin du cabotinage d'un Highlander II par exemple. Le reste du casting est tout aussi solide, Lee Grant interprète avec conviction le personnage de Deborah, à des années-lumières des petites scream queens, tandis que Linda Purl et Lenore Zann (respectivement l'infirmière et une ado agressée par Colt) offrent de très bons seconds rôles.



Seul William Shatner reste en retrait, dans un rôle tellement anecdotique qu'il aurait pu être coupé au montage ! Incompréhensible, surtout quand Star Trek II: La Revanche de Khan a triomphé au cinéma la même année. Son nom reste probablement un argument de vente non négligeable, mais le rôle lui-même est inutile à l'intrigue. Il est même amusant de constater comment Visiting Hours représente les hommes comme, au mieux, un peu idiots et inaptes (Shatner et la police), ou méprisables à souhait (Colt et son père, l'avocat débattant avec Deborah en début de film) alors que les femmes se montrent courageuse et active. Une inversion des rôles franchement bienvenue ! Étrange cependant que, pour un film censé prôné le féminisme, Ironside et Shatner soient présenté au générique avant Lee Grant...



Pour peu que l'on ne soit pas réfractaire au rythme mollasson du film, Visiting Hours représente l'un des beaux morceaux du slasher / thriller des années 80. De bons interprètes, un scénario existant et soigné, des effets spéciaux convaincant voir même douloureux, comme lorsque Colt se taillade le bras avec du bris de verre. Plusieurs scènes restent en mémoire, telle l'exploration du domicile de l'infirmière et l'attaque dans le monte-charge (reprise pratiquement telle quelle dans Halloween H20 !), et au final seule la musique laisse à désirer, trop peu inspirée. Un bilan plutôt positif pour un film qui change un peu des Sleepaway Camp et autres My Bloody Valentine, certes très bons mais tout de même très balisés.




L'affiche Turque qui ne mentionne pas Michael Ironside,
dont le visage ressemble ici à Jack Nicholson !

vendredi 4 novembre 2011

Frankenstein Reborn


FRANKENSTEIN REBORN


Attention de ne pas confondre ce Frankenstein Reborn de 2005 avec le Frankenstein Reborn ! de 1998, production Full Moon réalisée par David DeCoteau. Ici nous sommes sur le territoire d'une compagnie pourtant semblable, The Asylum, et là je n'ai plus besoin d'en dire plus concernant le niveau de qualité du film. Oui, il s'agit d'un titre conçu par la société responsable de Transmorphers, Snakes on a Train et Mega Shark vs. Giant Octopus. Oui, le produit est cheap, avec peu d'acteurs et de lieux de tournage. Oui, le script ne brille pas par son originalité. Le plus important ici, c'est de savoir si le film est bon dans le sens nanar du terme.


Pas tellement en fait, puisque le réalisateur Leigh Scott accouche d'une œuvre plutôt sérieuse, malgré quelques travers indiquant son affiliation avec la firme responsable de Titanic II et Mega Python vs Gatoroid. Nous sommes ici sur le territoire de cette bonne vieille série B avec monstre, scènes gore et actrices dévêtues, mais sachant tenir un minimum son histoire sans sombrer dans d'excentriques débordements. A vrai dire, Frankenstein Reborn se montre même assez fidèle au matériel d'origine, aussi surprenant que cela puisse paraître.



Le récit est ainsi narré en flashback par Victor Frankenstein lui-même, ou plutôt Victor Franks comme il est appelé dans le film (ce qui pose la question, pourquoi appeler le film "Frankenstein quelque chose" si le nom n'est finalement pas utilisé ?), qui est emprisonné dans un asile psychiatrique suite a plusieurs meurtres dont il est accusé. Soumis à une évaluation pour son procès, il va donc raconter son histoire incroyable au Dr. Walton (qui remplace le capitaine du roman). Ce dernier est convié par la police à valider son bilan mental pour pour permettre son jugement mais le récit du savant fou va grandement le perturber...



Dans cette nouvelle version, Dr. Franks est en scientifique travaillant sur un projet de bio-nanotechnologie qui pourrait soigner le corps humain et, dans un goal ultime, réanimer les cellules mortes et donc ramener les morts à la vie. Avec son assistante et maitresse Elizabeth ainsi qu'un collègue chirurgien, il va tester sa formule sur Bryce, un patient ayant perdu toutes ses capacités moteurs. Très vite le jeune homme se rétablie et tout semble fonctionner à merveille, jusqu'à ce que Franks tente de vérifier une théorie: et si les bio-nanos étaient capables de retenir les souvenirs et sentiments de leurs hôtes ? Et si ces informations pouvaient être stockées ?



Le temps va valider cette idée farfelue puisque Franks va s'injecter lui-même les nanomachines, lesquelles vont alors enregistrer ses fantasmes et ses émotions les plus sombres, conservant les données dans l'ordinateur du laboratoire avant de les redistribuer à Bryce ! Très vite celui-ci va être victime de pulsions meurtrières alors qu'il se trouve au lit avec sa partenaire, assaillit de visions violentes et finissant par taillader la jeune femme avec un rasoir... Le monstre est créé.



Victor Franks nous est présenté ici comme un homme extrêmement intelligent et amoureux passionné de sa maîtresse (quoique le film échoue à vraiment montrer ce dernier point), mais psychotique. Il drogue une laborantine pour réaliser un plan à trois, est praticien de jeux sado-maso et lorsque Bryce lui demande d'annuler l'expérience pour redevenir lui-même, il n'hésite pas un instant a l'assassiner ! Le transfert de psyché lui étant prouvé, il ne lui reste plus qu'à utiliser le corps de sa victime pour une ultime expérience: la résurrection.



L'histoire va alors suivre un schéma plus classique. Franks et son assistant fabrique une créature à partir du corps de Bryce, charcutant sans remord son anatomie pour injecter les bio-nanos avant d'utiliser un puissant courant électrique pour relancer le coeur. Bien sûr Bryce revient à la vie mais n'a plus rien d'humain, traumatisé par son état et la vue de son visage défiguré. Enragé, il tue le chirurgien et s'apprête à faire de même avec Franks, mais ce dernier parvient à le raisonner: il est désormais le seul à pouvoir s'occuper de lui. Afin de protéger Elizabeth des représailles, Franks rompt avec elle mais la créature la retrouve et la tue en lui arrachant le cœur. Le savant s'associe alors avec son monstre pour la faire revivre, lui demandant de tuer d'autres femmes pour lui procurer de la matière première.


On retrouve là pas mal d'éléments du livre de Mary Shelley, modifiés pour l'occasion. Quelques retouches ont également lieu dans la structure narrative car, si Dr. Franks raconte son histoire, ce n'est pas dans un flashback linéaire. Les évènements sont d'abord évoqués de façon disparates avant de se rejoindre progressivement au fil de l'interrogatoire. Un choix qui a le mérite de relancer l'intérêt de l'histoire qui semble un brin plus complexe comme ça. Car malheureusement, mises bout-à-bout, la succession de scènes n'est guère palpitante. Ça parle beaucoup, le monstre n'apparaît pas avant une bonne demi-heure et n'a finalement pas grand chose à faire hormis quelques meurtres craspec, le scénario faisant l'impasse sur l'aspect tragique du personnage.



Un dernier acte est également totalement inventé par l'occasion, et alors que l'on s'attend à voir le monstre débarquer à l'asile pour trouver son créateur, nous voyons au contraire toute une petite troupe accompagner Victor Franks à son laboratoire pour vérifier de la véracité de son histoire. Deux policiers, une psychiatre, le Dr. Walton et même un avocat qui arrive comme un cheveu sur la soupe, sans présentation et dont on se demande un moment qui il peut bien être ! Bien sûr, Bryce rôde aussi dans les parages et massacre plusieurs personnes avant de se retrouver face à Franks pour une confrontation dans la lignée des classiques de la Universal. La fin elle-même laisse une porte ouverte vers une suite (logique pour un film de ce type) plutôt que de conclure les choses. 



Frankenstein Reborn ne renouvelle pas le genre et passe même totalement inaperçu parmi la multitude d'autres films sur le même sujet. Le fait qu'il s'agisse d'une production Asylum ne joue pas non plus en sa faveur. Pourtant le produit final s'avère un minimum soigné: l'utilisation des flashback permet de camoufler les faiblesses du scénario, la musique est de bonne facture et Rhett Giles, qui interprète Victor Franks (avec un faux air de Bruce Payne), se montre très convaincant. Généreux en gore, le film pâtit de quelques démembrements malhabiles mais le maquillage du monstre est irréprochable. A tel point qu'il est même dommage que la créature soit si rarement montrée ! Au final, c'est bien plus que ce que certaines autres séries B accomplissent de nos jours !



Maintenant le film n'est pas exempt de défaut. Comme je l'ai cité plus haut, le film se traîne en dialogue inutiles et, choisissant de se contrer sur le personnage du Dr. Franks, en oublie même carrément son monstre. Celui-ci n'apparaît pas avant une trentaine de minute et se retrouve clairement sous-employé alors qu'il avait beaucoup de potentiel. De la même manière, la « fiancée » ne fait qu'une apparition et ne se réveille qu'à la fin du film, en guise d'épilogue. Sa résurrection est tellement évidente qu'il en devient agaçant qu'il ne s'agisse pas d'un point important de l'histoire !


Le manque de budget se voit beaucoup et les décors sont, du coup, d'une grande pauvreté: une boite de nuit fréquenté par les personnages est vide de tout clients, le laboratoire secret de Franks n'est qu'un sous-sol aménagé (genre le même que dans Dr. Poulet quoi !) et l'asile est représenté par des bureaux d'entreprises. Certaines prises de vue souffrent également, désespérément plates, tandis que le montage empire les choses en voulant camoufler tout ça. S'ensuit alors une série de bruitages high-tech placés sur des éléments hors-propos (un dictaphone, une seringue) tandis que les scènes d'actions sont caviardées d'arrêts sur images comme-ci un photographe prenaient tout une série de clichés ! Au moins ça me permet une transition sympa entre ce film et Snapshot...



Mais pour être franc, ces problèmes sont tellement habituels pour une production de ce genre qu'il ne s'agit pas vraiment d'un critère de jugement. C'est toujours dommage, mais jamais embêtant. Je reste en revanche beaucoup plus sceptique sur certains choix de casting (les deux flics caricaturaux, franchement mauvais tant comme personnages que comme acteurs) et de scénario. Intégrer une petite fille à l'histoire en référence au Frankenstein original est plutôt sympa, mais pourquoi donc considère t-elle le monstre comme son ami même lorsque celui-ci a tué sa babysitter sous ses yeux ? Lorsque le Dr. Franks fait croire à son chirurgien que leur patient c'est suicidé, comment celui-ci fait-il pour ne pas questionner la présence d'un impact de balles dans l'abdomen ? Et y avait-il besoin de défigurer le cadavre à ce point pour leur opération ? Même en prenant compte la nécessité d'atteindre le cerveau sans ouvrir le crâne, c'est un peu exagéré: je ne savais pas qu'on avait besoin de retirer des dents pour une telle intervention...



Bien sûr dans tout ça, j'oublie de mentionner le quota de fesses bien pratique pour attirer le spectateur. La laborantine semble même n'être introduite dans le film que pour ce seul besoin (en plus d'une autre scène de meurtre), se retrouvant au cœur d'une scène plutôt chaude avec Elizabeth. Deux femmes qui font l'amour, forcément, c'est essentiel à l'intrigue: ça permet de montrer a quel point Victor Franks est un pervers. Maintenant faudrait être bien hypocrite pour critiquer la présence d'une scène pareil, aussi vais-je m'abstenir de toute jugement !



Malgré ses 84 petites minutes, Frankenstein Reborn en montre pas mal et s'en tire très honorablement, se hissant sans problème au-dessus de la majorité des autres productions The Asylum. Son réalisateur ne va d'ailleurs pas hésiter à reprendre à peu près la même équipe pour ses œuvres suivantes, revisitant encore quelques classiques de l'horreur via The Beast of Bray Road (un film de loup-garou) et Dracula's Curse. A noter que celui-ci semble s'être donné un petit rôle dans le présent film, non crédité au générique, sous le nom génial de Dr. Cadaverella. Probablement une scène coupée au montage puisque je ne trouve aucune trace de lui.



Et puisque nous sommes sur les anecdotes pour conclure, on peut s'amuser à constater que le background de Victor Franks mentionne une compagnie pharmaceutique du nom de Blackthorn Industries. Cette dernière réapparaîtra dans d'autres production The Asylum, comme Dead Men Walking et Exorcism: The Possession of Gail Bowers du même Leigh Scott ! Simple clin d’œil ou tentative de créer un univers cohérent ? Affaire à suivre !



jeudi 3 novembre 2011

The Night After Halloween


Snapshot
THE NIGHT AFTER HALLOWEEN

Halloween venant juste de se terminer, il semble parfaitement appropriée d'évoquer un film titré The Night After Halloween. Une production australienne de 1979 qui veut a priori surfer sur la vague du Halloween de John Carpenter réalisé un an auparavant. En fait l'une des affiches semble même faire croire qu'il s'agit là d'une suite non officielle avec une tagline annonçant: « They thought it was over, but the real horror began... ». Bien sûr nous sommes ici dans le territoire du cinéma d'exploitation et The Night After Halloween risque d'avoir autant de connections avec Halloween que Troll avec Troll 2. Jetons un œil au résumé du dos de la jaquette.



« She's young, she's successful, and she's deeply in love – with a kill-crazed maniac ! Our heroine glides happily through life, until she finds out that her "perfect" mate is indeed a carnal criminal. Not satisfied with merely raping and killing, this psycho takes lurid photographs of his helpless female victims (among other things). When she stumbles upon his secret den of kinky collector's items, her love turns into utter horror and desperation. She is the next target, and yet no one will believe her, despite her persuasive gathering of evidence. As time runs short, she is eventually lured into one of his more ingenious and lethal traps. Only the strongest will survive... »



Ô surprise. Une jeune femme se retrouve traquée par un tueur en série, comme dans tout slasher de cette époque. Cependant comme prévu, pas de Michael Myers, pas de Laurie Strode ni de Dr. Loomis. A vrai dire, la fête d'Halloween elle-même n'est pas évoquée. Peut-être logique pour un film se déroulant après celle-ci mais tout de même... Hmm, ça sent bon l'arnaque tout ça. Après vision du film, en effet, il se trouve que The Night After Halloween ne contient ni référence à Halloween, ni même tueur masqué. Et oui, le produit se cachant derrière ce beau titre mensonger n'est même pas un film d'horreur mais un simple thriller !



Voici un petit cours d'histoire pour expliquer le pourquoi du comment. Nous sommes en Australie, durant les années 70/80, où le producteur Antony I. Ginnane domine l'industrie grâce à d'excellents titres comme Patrick, Thirst, Harlequin, The Survivor ou encore Turkey Shoot. En 1979, il s'associe au réalisateur d'Harlequin pour livrer Snapshot (terme anglais désignant la prise en photo par un petit appareil), un film qui se veut une satire acerbe du milieu de la publicité et du modeling. L’œuvre possède une atmosphère proche de celle de certains giailli, polar et autres films à suspense plutôt crus, contenant son lot de séquences angoissantes.



Le film sort l'année suivante aux États-Unis, durant le mois d'octobre, et son distributeur décide de changer le titre pour mieux le vendre. Une pratique très courante vis-a-vis des films d'exploitation même si l'on est en droit de se questionner sur la stratégie marketing mise en place. Car plutôt que de vendre l’œuvre pour ce qu'elle est, la compagnie pense pouvoir la « modifier » en un film d'horreur afin de capitaliser sur le succès très récent d'Halloween, qui commence dès lors à faire des émules (Vendredi 13 sort cette même année). Le film est  rebaptisé The Day After Halloween et se fait annoncer comme étant une énième histoire de psycho-killer terrifiant. 



Et là, vous me dites: « Le JOUR avant Halloween ? Mais ce n'est pas le titre que tu as écrits en début d'article ! » ou quelque chose comme ça. Et bien non ! Il se trouve que cinq ans plus tard, un autre distributeur rachète les droits de Snapshot pour l'éditer en VHS sur le territoire américain et, pour une raison quelconque, décide de changer le jour du titre en nuit. Peut-être pour coller encore plus à Halloween dont la tagline était « The night HE came home ». C'est sous ce titre que je me suis procuré le film et il faut avouer qu'il rendait plutôt pas mal pour succéder à ma thématique précédente...



Les choses semblent encore plus confuses puisque le film possède également un autre titre alternatif, One More Minute, et que le site IMDB recense même celui de The Day Before Halloween, même si je n'en trouve de trace nulle par ailleurs. Tant mieux parce que sinon je me serais retrouvé dans une impasse pour savoir quand effectuer cette chronique. A la place, j'ai juste à me demander si je dois tout simplement parler du film en lui-même vu qu'il n'entre pas du tout dans les catégorie que je traite d'ordinaire... De toute façon c'est trop tard, pas vrai ?



Alors de quoi parle exactement Snapshot / The Day / The Night Before / After Halloween ? De la galère dans laquelle s'embarque Angela, une jeune femme de dix-neuf ans travaillant comme coiffeuse. Traitée comme un chien par son patron, elle est victime d'un ex-petit ami trentenaire qui est incapable de se remettre de leur rupture et qui rôde sans arrêt autour d'elle, l'effrayant toujours un peu plus. Manipulateur, il se met dans la poche le reste de la famille de l'adolescente, à savoir sa jeune sœur, un petite conne irrespectueuse, et sa mère, une saloperie narcissique et menteuse, pour la culpabiliser et lui donner le mauvais rôle.



C'est dans ce climat très tendu que s'immisce Madeline, une actrice qui s'est liée d'amitié avec Angela au salon de coiffure. Ne supportant pas la manière dont elle est traitée, elle l'incite à quitter son travail et la présente à un ami photographe dans l'idée de faire d'elle une star. Ce qui signe le début d'une nouvelle vie va pourtant vite tourner au cauchemar après un premier shooting où Angela est contrainte de dévoiler sa poitrine nue. Non pas que le shooting soit un traquenard en soit, mais les choses vont devenir de plus en plus compliquées pour l'adolescente: sa mère fait changer les serrures, la contraignant à se loger chez son photographe, son ex se montre de plus en plus insistant pour qu'elle revienne dans le droit chemin et le milieu de la photo et de la mode se révèle des plus sordides... 



Hormis l'élément du petit ami harcelant l'héroïne, rien ne semble vraiment indiquer que Snapshot puisse s'aventurer dans sur le territoire du polar. C'était sans compter sur la superbe scène d'ouverture: deux silhouettes impressionnantes marchent lentement dans un écran de fumée. Ce sont deux pompiers en combinaison intégrale et masque de respiration qui investissent un bâtiment incendié. Ce qu'ils mettent à jour en neutralisant les flammes, c'est un corps humain calciné qu'ils retrouvent dans une pièce tapissée de la même photo topless de l'héroïne. 



Qui est donc mort dans ce brasier ? Un psychopathe sans doute, mais s'agit-il du petit ami d'Angela ou de quelqu'un d'autre pour qui elle est devenue une obsession ? Le film est un flash-back qui mène à cet événement et nous constatons bien vite que les suspects ne manquent pas. Serait-ce Madeline, une lesbienne qui semble un peu trop prendre l'adolescente sous son aile ? Le photographe qui possède une fascination morbide pour les animaux morts ? Le producteur qui veut la photographier nue ? Ou bien est-ce Angela elle-même, un vilain petit canard si l'on en croit ses proches ? Autant de pistes qui se croisent à la manière d'un whodunit policier.



Beaucoup de personnes semblent ne pas avoir vraiment compris l'intérêt d'ouvrir le film sur cette révélation, les dernières minutes répétant l'action avant de conclure. C'est plutôt étrange car c'est justement ce qui fait l'intérêt du film: découvrir l'identité de la victime et, éventuellement, du tueur. Et au final les différents éléments qui se regroupent vont en surprendre plus d'un. Si nous sommes loin du slasher, Snapshot n'a rien a envier au giallo et ses ambiances lourdes et malsaines. Voilà peut-être la raison qui a poussé les distributeurs à le vendre comme un film d'horreur... 



Le vrai problème n'est finalement pas tellement l'identité du produit. Le problème, c'est que Snapshot est extrêmement ennuyeux malgré quelques passages inspirés. La faute même pas à un rythme particulièrement mou, mais plutôt à un scénario qui répète les mêmes scènes de tensions encore et encore (le camion de glace, les suspicions d'Angela envers son entourage) sans même chercher à meubler derrière. Résultat, entre le début et la fin, il ne se passe finalement pas grand chose et tout cela aurait pu être écourté pour le meilleur. Tout spectateur ne se sentant pas particulièrement inspiré par l'intrigue risque de se sentir perdu très vite. 



L'autre mauvais côté du film vient plus de la forme que du fond. Le métrage a été réalisé durant les années 70, et dire qu'il a vieilli est un euphémismes. Du col pelle à tarte du coiffeur à la musique disco quasi constante en bruit de fond, Snapshot se vautre dans un esthétisme certes d'époque mais aujourd'hui tellement ringard qu'il perd des points en atmosphère. C'est dotant plus dommage que le reste de la composition, que l'on doit à Brian May (celui de Mad Max 2) était plutôt pas mal ! Mais il faut également se farcir l'ignoble thème d'Angela, joué par un groupe nommé Sherbet (en français sorbet, en rapport avec son vendeur de glace d'ex petit ami) et les innombrables imitations d'un chanteur costumé a la bouche béante dont la simple présence suffira vous donner des cauchemars jusqu'au prochain Halloween... 



Dommage que le réalisateur d'Harlequin s'embourbe ainsi, car il parvient ici et là à relever le niveau grâce à un peu de provocation. Tous les personnages semblent instables ou dangereux à un certain degré, la notion de famille est franchement mise à mal et la représentation du romantisme et de la sexualité n'est pas conventionnelle. Ce n'est pas une histoire d'amour que vit l'héroïne mais une histoire de rejet, qui ira jusqu'au bout. Autre que son ex-petit ami, plus âgé qu'elle mais agissant de façon immature, les autres hommes que croise Angela sont soit ouvertement homosexuels, soit de vieux pervers. Quant à Madeline, sa meilleure amie, c'est une lesbienne extravertie qui n'hésite pas à l'embrasser sur la bouche ni à se montrer très agressive avec les hommes ! 


Il faut compter également sur une très bonne interprétation de la part des comédiens, parmi lesquels on peut retrouver Vince Gil, ici méconnaissable dans le rôle du vendeur de glace rôdeur (il était l'inoubliable Nightrider de Mad Max), Chantal Contouri dans celui de Madeline (elle sera l'héroïne de Thirst la même année) et une Sigrid Thornton alors débutante.


Un bilan mitigé pour ce film à suspense qui évoquera Mulholland Drive à certains. Bonne atmosphère, quelques idées, mais un manque total de progression dans son intrigue qui lui vaut de ne jamais atteindre le niveau de thriller respectable. Passable tout au plus. Dommage.