mercredi 29 août 2007

Gypsy Witch – Bikinis, Diamants & Piranhas, Chapitre 3

 III. Bikinis, Diamants & Piranhas

    Jade se trouvait bras croisés, adossée à l'arbre, les yeux rivés sur la glaciaire où s'était négligemment assise Alice. Elle n'arrivait pas à faire le lien entre le récit policier de son amie et la raison de leur présence ici. Sans parler du stock de viande.
– D'accord, lâcha t-elle finalement. Mais quel est le rapport entre le braquage de cette bijouterie et cet endroit ?
Alice sourit, levant un index comme pour souligner l'importance de la remarque.
– C'est précisément là où je veux en venir. Avec la renommée de cette boutique, le vol ne pouvait pas passer inaperçu et une enquête a donc été ouverte. Et vu la richesse du client, les flics sont du genre à faire beaucoup de zèle, tu me suis ? Impossible de passer entre les mailles du filet.
– Donc ils ont été attrapés.
– Oui, mais sans preuves, aucune inculpation. Un bon mobile, quelque témoins, surtout s'ils sont soudoyés ou font partie de ce gros coup de près ou de loin… Du coup, les voleurs courent toujours et les diamants…
– Jamais trouvés, d'accord. Et ils seraient…
– Dans le lac, exactement ma belle ! Et je veux mettre la main dessus avant eux !
Jade soupira, désespérée. Elle ne pensait pas Alice si cupide et, quelque part, elle se sentait déçue. En fait, elle en était même tellement agacée qu'elle pensa partir mais une dernière question lui brûlait la langue.
– Et qu'est-ce que la glaciaire vient faire là-dedans ?
Alice lui offrit un sourire magnifique. Elle semblait complètement passionnée par toute cette histoire et elle transpirait l'excitation.
– Une bonne cachette c'est bien mais un gardien c'est encore mieux. Surtout un gardien insoupçonnable et qui ne réclamera pas sa part. Alors devine quoi ? Ils ont joués les éco-terroristes et ont introduit dans ces eaux une nouvelle espèce qui ne faisait pas partie de l'écosystème.
Intriguée, Jade trouva un regain d'intérêt à l'affaire. Oh, elle en voulait toujours un peu à Alice et comptait bien avoir une explication avec elle, mais pour l'heure c'est le lac qui retenait son attention. Elle le contempla un instant, à la recherche de… N'importe quoi d'inhabituel. Pourtant à vue de nez il n'y avait rien…
– A savoir ?, fit elle pour mettre fin au mystère.
Visiblement aux anges, Alice lui révéla ses dents blanches en un second sourire encore plus grand que le premier.
– Ce lac est infesté de piranhas !

    C'est avec prudence qu'Alice se dirigea vers l'eau, un steak saignant à la main. Jade la regarda faire, bras croisés. Rien que de repenser y avoir trempé les pieds, ça la faisait frissonner. Bientôt, le morceau de viande fut jeté dans les profondeurs et en s'en suivit aussitôt une série de clapotis de plus en plus violent. Cela dura quelques secondes avant que le lac ne reprenne subitement son calme apparent. Une surface plate et accueillante qui avait désormais quelque chose de surnaturel. Autant Alice s'amusait comme une folle, autant Jade fronça les sourcils.
– Je trouve quand même étonnant que personne n'enquête sur une telle situation. Vu l'ampleur de la chose, l'endroit devrait grouiller de scientifiques et de curieux, non ?
– On a signalé pas mal de disparitions et les touristes ont fini par déserter les lieux progressivement. Sans mauvais jeux de mots, ça à fait pas mal de vagues oui, c'est vrai. D'ailleurs nos amis voleurs s'en inquiètent très probablement et vont sûrement vouloir récupérer leurs biens dans très peu de temps. J'imagine qu'ils ne s'attendaient absolument pas à ce que les piranhas deviennent si actifs et si nombreux en milieu naturel…
    La jeune femme regagna la rive pour se poster aux pieds de son amie, mimant un regard suppliant. Visiblement elle s'était beaucoup entraînée.
– La superficie du lac est trop grande pour que je puisse tout explorer toute seule.
– Et tu comptes sur mon aide pour repérer les diamants et éventuellement t'éviter de servir de déjeuners aux poissons du coin, c'est ça ?
– S'il te plaîîîît…
Jade soupira. Alice faisait des yeux de crapaud en joignant les mains pour ressembler à une petite fille demandant une requête innocente à sa mère. Elle espérait vraiment la faire craquer de cette manière ?
    La jeune femme regarda tour à tour le lac, la glaciaire et son amie, puis secoua la tête d'un air las.
– Pfff… Une petite sœur a le devoir de s'occuper de la grande quand elle est dans le besoin, non ? Alors…
Elle esquissa un léger sourire et leva les yeux vers sa meilleure amie pour observer sa réaction. La désigner comme une sœur a toujours été un de ses petits plaisirs. Alice semblait ne jamais s'en remettre, toujours émue avant de laisser éclater sa joie sans retenue. Et cela ne manqua pas: elle poussa un petit glapissement de bonheur avant de se jeter sur elle en la serrant fortement, pour exprimer toute sa reconnaissance. Tout simplement adorable. Avec affection, Jade lui rendit son étreinte, attendant simplement qu'elle se calme. Elle préférait cette Alice, sincère et spontanée, à son autre visage, intéressé et calculatrice. Cela lui rappelait trop ses semblables, les Sangs Réels…
– Alice je voudrais quand même savoir certaines choses…
L'autre hocha la tête dans son cou, encore un peu sous le choc comme d'habitude. Il lui fallait toujours quelques secondes pour se remettre. Plutôt amusant.
– Alice, les piranhas, les brigands, tout ça je comprends. Ainsi que la raison de ma présence dans ton plan. Mais tu dois m'expliquer une chose… Pourquoi veux-tu récupérer ces diamants ?
L'autre se dégagea timidement, les yeux très légèrement rougis.
– J'en ai besoin pour ma boutique…
– Alice, c'est juste des cailloux ! Pourquoi tu me demandes pas de t'en fournir ? C'est beaucoup plus simple ! Et puis c'est beaucoup moins malsain surtout ! Qu'est-ce que tu as besoin de récupérer des pierres volées au fond d'un lac bourré de mini-requins ?!
Le visage de Jade se renfrogna.
– Et puis en fait de coup de main, j'ai franchement l'impression d'être utilisée. Ça ne me plaît pas du tout, surtout venant de toi.
– Mais…
– Je ne te remets pas en cause, simplement j'estime que tu n'as pas été franche avec moi et que tu prends beaucoup trop de risque pour quelque chose qui n'en vaut absolument pas la peine. Et maintenant je voudrais savoir ce que ces bijoux ont de si important que ça. Ou alors ça veut dire que tu ne m'as pas tout dit.
Dévisageant Alice avec méfiance, Jade observa la jeune femme se métamorphoser subitement en petite fille timide et docile. Ce n'était pas vraiment ce qu'elle voulait mais il fallait quand même mettre les choses au point.
– Je suis pas une voleuse, émit doucement Alice. Et j'ai jamais pensée à mal par rapport à toi… Je t'aime Jade, je t'utiliserai jamais… Mais cette boutique je peux pas l'avoir comme ça, je suis contrainte de…
– De voler de vulgaires diamants ? Ça ne tient pas, désolé Alice. Je veux bien croire que la somme soit astronomique ou que ton agence préfère les pierres précieuses en guise de paiement, mais il y a quand même bien plus pratique…
Alice secoua la tête, de plus en plus embêtée. Jade se sentait l'envie de la secouer comme un prunier.
– Je te préviens Alice, soit tu me racontes tout, soit j'utilise la force ! Et je crois que tu vois très bien de quoi je veux parler !
Une lueur de crainte brilla dans les yeux de la prévenue. La menace était très claire et elle ne doutait pas un instant que Jade puisse la mette en œuvre. Elle craignait les chatouilles depuis toujours, et croire que Jade hésiterait un seul moment à l'attacher pour la supplicier des heures durant serait de la stupidité pure et simple. Après tout, cela été déjà arrivé autrefois.
    La terreur sans nom de la jeune femme pour cette forme de torture fut plus forte que tout et elle baissa la tête en signe de soumission.
– D'accord, je vais tout te dire…
– Très bien, fit Jade avec un air triomphant.
Rejoignant Alice et s'asseyant près d'elle, elle perdit immédiatement tout sourire. Attrapant les mains moites de sa pauvre amie stressée pour la calmer un peu, elle écouta, s'attendant au pire…

Gypsy Witch – Bikinis, Diamants & Piranhas, Chapitre 2

 II. Deux Naïades en Maillots de Bain

    Un petit clapotis lui fit ouvrir les yeux. Les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles, elle se trouvait tout au bord du lac comme prévu, à l'endroit même où s'était tenue Alice sur sa photo. La jeune femme tourna sur elle-même pour admirer l'endroit et se félicita alors d'avoir changé de tenue durant le court voyage (maillot deux pièces bordeaux et petit paréo rouge sombre): il faisait beau et doux, le soleil brillant dans un ciel azuré sans nuages. Les rayons caressaient doucement sa peau, la détendant. En fermant un instant les yeux, offrant son visage à la douce chaleur, et sentit qu'elle pourrait même se laisser aller à somnoler tant l'effet était relaxant, bercée par les chants des oiseaux. Le lac, calme, scintillait de milles feux. Jade pataugea un instant dans cette eau tiède. La baignade était tentante mais ce n'était pas le moment. Réajustant son paréo, elle regagna la rive à la recherche d'Alice.

    Quelques mètres plus loin, elle trouva celle-ci endormie à l'ombre d'un arbre. Jade foula doucement de ses pieds nus l'herbe d'un vert éclatant pour la rejoindre, tâchant de ne pas la réveiller. Alice se tenait là, dans son maillot de bain de la photo, allongée sur le dos, les bras en croix. Deux petites feuilles étaient tombées sur son ventre, l'une au-dessus de son nombril, l'autre sur sa hanche gauche. Un petit détail mignon, rendant le tableau si touchant qu'il en méritait une photo. Ce qui fut chose faite une fois l'appareil matérialisé…
Prise d'un élan de tendresse pour son amie, Jade s’accroupit près d'elle pour la regarder dormir, sourire aux lèvres. Il y avait là une ambiance terriblement apaisante, bien loin de leurs dernières aventures, et la jeune femme voulait profiter de l'instant. Un petit aperçu des vacances qu'elles pourraient se programmer d'ici quelques temps.
    D'un regard distrait elle distingua une énorme glacière non loin. Connaissant Alice, elle devait sûrement être remplie de bouteille de jus de cactus, toutefois sa taille conséquente avait quand même de quoi surprendre. S'il s'agissait d'un nécessaire à pique-nique, il y avait ici de quoi contenir le repas d'une vingtaine de personnes au bas mot ! Piquée au vif, Jade s'y dirigea et, après s'être assurée que son hôte dormait toujours, l'entrouvrit pour y jeter un œil.
    Bouche bée, elle observa l'incroyable stock de viande fraîche qui remplissait jusqu'à ras bord le container. Il y avait là l'équivalent de tout une boucherie avec côtelettes, rumstecks, faux-filets et jambonneaux, sans parler des abats et des litrons de sang de porc. Sûrement pas le déjeuner. Pensive, Jade souleva machinalement quelques tranches de viandes avant de refermer l'épaisse porte, non sans récupérer un petit glaçon au passage: Alice avait des explications à lui fournir et elle allait le faire immédiatement.

    Délaissant la glacière, elle s'agenouilla près de la jeune femme et la regarda un bref instant. Non, pas de pitié. Sans une seule hésitation, elle plaça sa main au-dessus de l'abdomen de sa camarade et lui glissa le petit morceau de glace dans le nombril. L'effet fut immédiat et Alice poussa un bref piaillement affolé, se réveillant en sursaut et se retrouvant en position assise, nez-à-nez avec Jade. Son visage surpris tenta de se détendre mais le sourire fut un peu crispé.
– Aah euuh, bonjour !
Son amie le lui rendit, mais teinté de sadisme. Un sourire carnassier. Elle avança de nouveau la main pour établir un nouveau contact entre le glaçon et l'épiderme de la jeune femme, visant cette fois le décolleté. Nouveau sursaut et Alice serra ses bras contre elle en un dérisoire geste de protection.
– Hiiii ! Nan ! C'est froid !
Jade ricana puis se releva, balançant le cube par-dessus son épaule. Toujours recroquevillée sur elle-même, Alice la dévisagea avec un vague sourire, encore craintive d'une nouvelle attaque. Jade mit les poings sur les hanches, mimant la colère.
– Viens dans mes bras tout de suite où je recommence !
Un sourire franc se dessina sur les deux visages et la jeune femme au sol décolla littéralement pour étreindre son amie.
– Bonjour toi, dit doucement Jade.
– Bonjour toi, répliqua Alice.
Elles ne bougèrent pas, serrées l'une contre l'autre. Un gros câlin comme ça, ça faisait du bien.
– Tu m'as manquée ma belle, émit timidement Alice. Ça faisait longtemps…
Jade se dégagea doucement, une main sur l'épaule de son amie, une autre déposée sur sa joue. Elle plongea son doux regard dans les yeux pétillants de sa protégée. Nouvel élan de tendresse. Elle lui caressa les cheveux d'un geste maternel avant de prendre ses mains dans les siennes.
– Je suis venue pour toi. Tu disais avoir besoin d'aide. Tout va bien ?
– Oui, oui bien sûr ! Mais ça peu attendre ! Fais voir un peu !
Écartant les bras pour ouvrir également ceux de Jade, Alice contempla un peu plus la tenue de celle-ci avec un grand sourire.
– Il est super ! Un haut sans bretelles c'est bien quand même… Et le paréo est magnifique ! Tourne toi !
Jade s'exécuta, amusée.
– Merci bien ! T'es bien en noir aussi, ça souligne bien tes courbes.
Toujours aussi timide lorsqu'elle se sentait profondément touchée, Alice rougit sensiblement, commençant à bafouiller.
– Hum euh… Euh…
Jade éclata de rire et serra de nouveau sa meilleure amie dans ses bras pour la calmer. Ça et quelques gratouillis sur la nuque, ça marchait toujours. Sa mère utilisait régulièrement ce stratagème sur elle aussi d'ailleurs, ce qui fonctionnait à la perfection également…
– Allez ma chérie, raconte moi tout.

Gypsy Witch – Bikinis, Diamants & Piranhas, Chapitre 1

BIKINIS, DIAMANTS & PIRANHAS


I. Invitation à l'Aventure

    La jeune femme, allongée sur son lit à baldaquin d'inspiration orientale, faisait glisser le petit objet rectangulaire entre ses doigts, appréciant le contact du grain de papier sur sa peau douce. Un plaisir simple qu'elle appréciait depuis toute petite. C'était une lettre, signée de la main d'Alice. Elles ne s'étaient plus revues depuis le début des grandes vacances, il y avait un peu plus d'un mois. Alice était partie voir son clan dans un autre pays et Jade avait rejoint ses parents. Certes elles s'étaient bien promis de quitter un peu leur famille respective pour quelques projets communs, mais finalement rien n'avait été planifié et les deux jeunes femmes ne s'étaient plus retrouvées après le dernier jour de leur troisième année à l'Université.
    Quelque fut ses activités durant tout ce temps, Alice n'avait rien perdue de son panache et la lettre, un objet banal d'ordinaire simpliste, devenait une œuvre de création sophistiquée et élégante. Jade ne pu s'empêcher de sourire. C'était un petit quelque chose qu'elles affectionnaient toutes les deux.
    La jeune femme examina attentivement l'enveloppe avant de l'ouvrir. Un papier couleur crème, très léger. L'écriture était une magnifique calligraphie, très probablement faite à la plume de verre, avec une encre de couleur ocre du nom de "Poussière de Lune". Jade l'a connaissait bien: c'était elle qui l'avait offert à Alice pour qu'elle s'exerce à cet art ancien. Le timbre, lui, gardait également une couleur terre pour aller avec l'ensemble. Un liseré blanc pour les dents, et un rectangle brun où se trouvait un petit dessin. Un Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, représentation de l'éternel recommencement et une des images préférées d'Alice. Et au centre de ce cercle reptilien, une plume, symbole personnel de l'expéditrice.
    Se redressant sur son lit, Jade prit toutes les précautions du monde pour décoller le cachet de cire rouge au dos de l'enveloppe, afin de le garder intacte. Il était semblable au timbre, mais abordait également les armoiries de l'antique famille d'Alice, les Dracul. L'Ouroboros n'était ainsi plus un serpent mais un dragon, perdu au beau milieu d'un ancien blason médiéval. Relevant délicatement les pans de papiers pour libérer le contenu, Jade respira avec une joie non dissimulée les arômes fruités d'encens qui s'en dégagea. Ils ne disparaîtront jamais, fixés magiquement. En plus, elle avait choisie ses préférés. Une délicate attention.
    La carte était en fait une véritable photo, avec un message inscrit au dos. Elle représentait Alice de plein pied, au bord d'un lac. Elle était dans un joli bikini noir, prenant la pose comme une starlette s'exhibant dans les pages d'un magazine de presse people. Jade secoua la tête en souriant: Alice ne changerait jamais. Mais mieux valait la voir ainsi, le contraire étant plutôt déprimant et inquiétant… Et dangereux. L'espace d'un instant elle se demanda s'il s'agissait de son nouveau maillot de bain ou plutôt de son "pyjama". Alice était tellement bizarre, même pour une Ombrienne…
    Retournant l'image, Jade se concentra sur la délicate écriture toute fine. C'était la langue de la terre natale d'Alice, mais la lectrice la comprenait à la perfection.

« Ma précieuse Jade,

    Bonjour ma toute belle, comment vas-tu ? J'espère que les vacances sont amusantes, bien que j'imagine qu'avec vos pouvoirs cela doit être très pratique pour les décors de rêves ! En tout cas, je veux que tu t'éclates, c'est un ORDRE !

    Je suis désolée de n'avoir pu te joindre ces derniers temps, mais j'ai été plutôt occupée. Et puis je vois de moins en moins ma mère et je voulais passer un peu de temps avec elle. Nous avons été  près de la plage, c'était magnifique. Promis, je t'y emmènerais un de ces jours, je t'assure que le spectacle vaut le coup !

    Mais je suis un peu égoïste ma chérie, et bien que cela me peine, je t'écris pour te demander un petit coup de main. Je me trouve actuellement au Lac de Snagov et j'aimerai que tu m'y rejoignes… Je suis à la recherche de quelque chose d'important mais j'ai besoin de ton aide.

Je te demande cela comme une requête, c'est important pour moi: tu te souviens de la boutique que je souhaite ouvrir ? C'est pour concrétiser ce projet que je fais ces recherches mais je n'y arriverai jamais seule. Du moins pas sans un atout dans ma manche..

    Attention cependant, cet endroit n'est pas sans danger et je ne veux pas t'y exposer inutilement ! Je t'aime trop pour qu'il t'arrive quelque chose. Si tu ne veux pas je comprendrai et je préfèrerai que tu t'amuses ! Mais si tu acceptes je t'en serais extrêmement reconnaissante.

    Quoique tu décides, embrasse tes parents pour moi (ils vont bien ?) et fais quelques films et photos ! J'adore quand tu me fais rêver avec ces endroits si merveilleux ! Milles bisous ma belle ! Je t'aime très fort ! Tu me manques, tu sais ?


Ta grande copine,
Alice

    PS. Tu aimes le maillot de bain ? »

    Machinalement, Jade retourna la photo pour examiner le bikini une nouvelle fois en acquiesçant. « Oui » pensa t-elle, « il est bô ton maillot de bain. », puis elle lu la lettre une nouvelle fois, s'attardant surtout sur la deuxième partie. Alice était loin d'être une manipulatrice même s'il lui arrivait d'être opportuniste. Sa mise en garde n'était pas non plus là pour faire polie, c'était une vraie supplication. Pensive, la jeune femme songea un instant à se renseigner sur le lac, mais elle s'en abstint. Alice lui raconterait tout, et ses parents n'étaient pas disponible actuellement. Fouiller dans la bibliothèque de carnets de voyage sans aide prendrait un temps fou.
    Avait-elle quelque chose d'autre à faire ? Pas vraiment. Se souvenait-elle de cette fameuse boutique dont Alice lui avait parlé ? Bien entendu: elle jubilait à l'idée de faire du commerce mystique. Et puis ne lui manquait-elle pas aussi, sa meilleure amie ?
    Cette dernière question fini de la convaincre. Au pire il restait la solution de rebrousser le chemin, ce qui ne lui coûterait absolument rien. Jade se releva et rangea délicatement la photo dans l'enveloppe, déposant celle-ci dans ses étagères à bibelots où elle s'intégrait parfaitement au décor. Puis elle ferma les yeux et fit le vide en elle. Elle fit appelle à son pouvoir et utilisa l'image de la photo pour former le paysage avant d'utiliser une ancre psychique et se relier à Alice. Peu à peu, sa forme physique s'étiola. Elles étaient désormais connectées, Jade n'avait plus qu'à se transporter là-bas. La jeune femme devint intangible puis invisible. Quelques secondes plus tard, la chambre était vide. Elle était partie…

dimanche 26 août 2007

Portrait de Premutos – Tattoo


Nouvelle représentation de Premutos du Chaos, par Lady A., cette fois dessiné aux crayons de couleurs dans mon dos dans le cadre d'un essai sur les tatouages éphémères.
J'ai volontairement rehaussé les couleurs et les détails sur la photo afin d'avoir un meilleur rendu du travail (trop flou sur l'original), malheureusement la session étant un simple entrainement sans soins du corps pour aller avec, cela signifie que le résultat est moins... Agréable visuellement. Désolé !


jeudi 16 août 2007

[FRAGMENTS] Gypsy Witch – Le Cœur de Glace du Bonhomme de Neige

LE CŒUR DE GLACE DU BONHOMME DE NEIGE


I. Le Chemin des Soupires

    A deux heures du matin passé, c'est tout le village qui était endormi. Pas une âme au-dehors, pas une fenêtre d'allumée, pas même un animal pour émettre un son. Sur la grande place, tout cela avec un aspect presque irréel, avec l'épaisse brume bleutée et la fine couche de givre présente partout. Le petit garçon se frotta les yeux et se demanda, l'espace d'un instant, s'il n'était pas tout simplement entrain de rêver, se tenant bien au chaud dans son lit. La vision de cet endroit, désert alors que d'ordinaire grouillant de monde et de bruits, perdu dans l'obscurité et tapissé d'argent, lui semblait terriblement éloigné de lui, comme une simple image distante. Seul le froid et le léger mouvement du brouillard, hypnotique et soporifique, lui rappelait qu'il était bel et bien sorti de son domicile une fois ses parents endormis.
    Ses pieds ne faisaient même pas de bruit sur le sol cristallisé, c'était comme si tout autour de lui s'était subitement transformé en coton. Comme si le village avait été coupé du reste du monde, ce qui de toute façon ne faisait pas grande différence par rapport à d'habitude, et qu'il était le seul être vivant encore présent en ces lieux. Pourtant cet étrange univers semblait parfaitement coller avec la situation, simple décorum d'un évènement encore plus extraordinaire a venir. Il pouvait le sentir au fond de lui-même, et de toute façon si ça n'avait pas été le cas, il ne serait pas là. Il ne se tiendrait pas en pleine nuit dans un froid hivernal pour espérer, pour rêver. Il était bien décidé à voir la Magie agir, à voir un miracle. Tous les enfants, et même quelques adultes parfois, en rêvait si fort que leurs fantasmes prenaient presque forme physique. Les rêves, leurs pensées, leurs peurs et leurs espoirs, tout ce rapportait à la Magie. A la sorcière.
    Ce n'était un secret pour personne, celle-ci habitait tout au fond de la minuscule allée, celle entre les deux clôtures de hautes haies. Le Chemin des Soupires. Personne n'osait s'en approcher, mélange de superstitions et d'incrédulité pour les uns (les adultes), et de crainte et de respect pour les autres (les enfants). Cet endroit mystique était le centre d'intérêt des plus jeunes et le sujet de conversation préféré des adultes (ceux-ci n'en parlaient jamais dans leur état "normal" non, mais dans un fort élan de joie, de peur, de colère, ou simplement abrutis par l'alcool lors des soirées de fin de semaine). Certains phénomènes un peu particulier se déroulant dans la vie quotidienne. La sorcière, on la bénissait et on la maudissait en même temps. Elle était à la fois une divinité et un bouc-émissaire. Du moins chez les adultes, car même si les enfants racontaient parfois des histoires horribles se rapportant à elle, entendues de bouches à oreilles depuis, aucun n'avait jamais osés dire du mal de la femme mystérieuse. Aucun n'avait même jamais osés le penser, car un être magique ne pouvait pas être à la fois bon et mauvais, comme eux. De plus aucun n'avait jamais fait l'expérience d'une mésaventure personnellement...
    Chacun avait sa propre vision de la sorcière. Pour certains, elle était telle que l'on les décrient dans les vieux contes: une vieille femme au dos voûté avec un nez crochu et une grosse verrue au bout, se trimballant avec un vieux balais et un chat noir miteux. Pour d'autre, il s'agissait d'une vieille femme plus ordinaire, ampli de méchanceté ou de bonne volonté (c'est selon), alors que d'autres encore imaginaient plus volontiers une fée à la baguette magique et l'air maternel. Le petit garçon, lui, voyait plutôt une femme grande et élégante mais au visage froid, détachée de tout ce qui caractérise les êtres humains, et ne s'intéressant qu'à sa propre personne et aux choses impossibles à comprendre pour les non initiés en sorcelleries. Pas un ange ni un démon, mais plutôt une personne au-dessus de tout. D'absolument tout, y compris les lois naturelles qui régissent ce monde.
    C'est peut-être parce que sa vision de la sorcière n'était pas entaché d'un certain extrémisme que l'enfant s'était décidé à lui demander de l'aide. Ni trop méchante pour le dévorer, ni trop gentille au point que cela lui paraisse suspect (car s'il arrivait à son père d'être gentil avec lui, ce n'était que pour endormir sa méfiance, et il estimait que les adultes devaient user de ce stratagème très souvent, qu'ils soient humains ou magiciens), elle l'écouterait et peut-être l'aiderait. Elle pourrait tout aussi refuser, après tout ça serait presque normal, mais même cette optique la rassurait alors, lui donnant l'impression que l'entité qu'il s'apprêtait à affronter serait plus proche d'un simple être humain vaquant à ses propres affaires plutôt qu'une créature surnaturelle absolument imprévisible.

    La brise glacé qui se leva ramena le petit garçon à la réalité, lui coupant le souffle et l'obligeant à plisser les yeux pour ne pas sentir le froid lui donner la migraine. Levant sa petite tête vers le voile noir qui faisait office de plafond cosmique au-dessus de ce village fantôme, il commença à apercevoir les petits morceaux de ciel blanc descendre doucement. Dans quelques secondes, la neige allait s'abattre sur toute la région et la température risquait alors de chuter encore plus. La perspective de se retrouver transformer en bonhomme de neige devenant progressivement plus effrayante, du moins plus tangible, que celle de rencontrer la sorcière en personne, l'enfant pressa le pas à la recherche des deux maisons aux clôtures de hautes haies.
    Il traversa la grande place, patinant plus qu'autre chose, et se dirigea dans le labyrinthe de ruelles qui devenaient toutes les mêmes lorsque la lumière du jour ne venait plus les éclairer. C'était pourtant un chemin qu'il pouvait parcourir les yeux fermés, comme n'importe quel autre enfant du village. Du moins jusqu'aux clôtures. Là, c'était comme si une barrière magique empêchait quiconque de s'aventurer plus loin, et le garçon se figea en une sorte d'automatisme. Malgré sa détermination, il ne pouvait visiblement pas continuer sans une impulsion mentale un peu plus puissante.
    Son regard alla d'abord du côté de la petite pancarte, fixé sur le fin pilier de béton qui délimitait les clôtures des haies. C'était un de ces petits panneaux rectangulaires présent à chaque coin de rue pour en indiquer le nom, car aussi impensable que cela puisse paraître, l'étroit passage entre les deux haies était officiellement reconnu comme tel. Enfin plutôt comme un chemin.

« Le Chemin des Soupires »

    Si l'origine de ce nom était maintenant oublié depuis très longtemps, sûrement depuis l'époque de la construction du village il y a quelques siècles, beaucoup pensaient que ce simple nom avait suffit à contribuer à la mystification du lieu et à la légende de la sorcière. Quoi de plus normal tant cette appellation détonnait dans votre esprit, prêt à vous faire imaginer mille et une chose ? Pour certains, ce chemin possédait ce nom car en fait les haies n'étaient autre que les humains pétrifiés par un sort, trop imprudents d'avoir voulu s'approcher du domaine de la sorcière, et désormais fossilisés en plantes, gémissant et soupirant leur douleur. Pour d'autre il s'agissait de l'esprit du vent, un compagnon de la sorcière bien entendu, ses souffles passant entre les minuscules trouées présentes dans la forme compact des plantes, se transformant alors en murmures qu'on pourrait comprendre si on tendait bien l'oreille. Certains disaient qu'il s'agissait simplement du fait que le chemin à traverser soit long, presque interminable, que les randonneurs soupiraient car n'en voyant jamais le bout. Lui-même s'imaginait l'entrée d'un gigantesque labyrinthe végétal caché.
    Quelque soit la véritable réponse (aucune, peut-être toutes à la fois), le jeune aventurier se tenant au seuil du Chemin des Soupires ne se découragea pas. Scrutant le fin fond du chemin, n'y trouvant que Ténèbres impénétrables, il soupesa le petit sac qu'il tenait caché sous son manteau. Le poids de la chose lui donna une impression tangible de réalité et permit à son jeune esprit de ne pas s'égarer. Il réaffirma sa prise sur l'objet enveloppé, crispant légèrement sa main pour en sentir les arrêtes, repensant a ce que quelqu'un lui avait dit un peu plus tôt.
    « Ne va pas voir la sorcière sans rien lui apporter », lui avait dit un autre garçonnet lorsqu'ils parlaient spectres et démons. Si l'idée ne lui avait jamais effleuré l'esprit avant que cette discussion n'ait lieu, elle lui avait parut terriblement logique après coup. Aussi logique que d'apporter de l'argent pour acheter quelque chose chez le marchand. Sauf qu'une sorcière ne se contenterai pas de quelques pièces de monnaie, et selon son interlocuteur, il fallait autre chose. «Quelque chose de précieux ». Le garçon avait hoché la tête, l'air grave, seulement durant le soir qui avait suivit, alors qu'il fouillait doucement la maison durant le sommeil de ses parents, une question lui était venu alors. Quelque chose de précieux dans le sens général ou pour une sorcière ? Parce que personne n'aurait d'objets magiques dans le village, quant à sa famille elle était très loin d'être riche. Par défaut, il s'était saisie de la vieille alliance en or de son père. Un bijou de famille qu'il ne mettait de toute façon jamais, comme si l'idée d'être marié (« collé » comme il dirait si bien) à sa femme le révoltait.
    L'anneau était lourd et épais et il semblait bien en or massif. Il n'y avait pas de gravure dans le côté intérieur et pas de fioriture sur l'extérieur. Un simple cercle d'or massif qui tranchait très mal avec la relative pauvreté de ses parents. Une famille modeste mais pauvre en devenir. Très vite en devenir. Mais c'était un truc d'héritage comme le disait son père, et visiblement il valait mieux la mort que la perte de l'objet. Personnellement, il était toujours resté dubitatif devant cette façon de voir, surtout avec le visage peiné et exténué de sa mère devant lui.
    Il l'avait gardé caché sous un oreiller comme s'il s'agissait d'une nouvelle dent pour la petite sourie mais son acquisition ne l'avait pas satisfait. Il avait simplement l'impression d'avoir volé l'objet pour le mettre dans un coin, alors qu'il s'attendait à se dire « voilà un paiement pour la sorcière » et ne plus y repenser. Quelque chose de précieux, c'était relatif visiblement, car pour sa mère comme pour lui, cette alliance était symbole de richesse perdu et de tristesse là où son père y voyait effectivement un objet de valeur. Il était donc logique qu'il ne puisse pas non plus trouver quelque chose de précieux pour la sorcière puisqu'il ne l'a connaissait pas.
    Il était resté de longues heures dans le lit, tournant et retournant ce dilemme dans sa tête, puis une idée avait germé alors que le sommeil commençait à s'emparer de lui. Peut-être qu'il ne fallait pas d'objets précieux pour les autres, mais précieux pour lui. Quelque chose qui lui tiendrait à cœur plus que n'importe quoi et dont il devrait faire le sacrifice, comme ces vieux rituels pour les dieux anciens. Peut-être que cette préciosité était beaucoup plus objective qu'il ne l'aurait pensé et qu'il lui aura suffit de fouiller au fond de lui-même pour trouver ce qui dédommagerai la sorcière du coup de main qu'il allait lui demander ?
    Il passa les prochaines heures à retourner toute sa chambre à la recherche d'un objet bien particulier. Un objet dont il ne connaissait pas encore la nature mais qu'il était sur de posséder. Lorsqu'il le trouverai, il le saurai. Il passa en revu ses vieux jouets, ses vieilleries dégotés dans le village ou la campagne, bibelots en tout genre, trésor de gosse. Puis sa main s'était refermée sur quelque chose d'assez volumineux, et un simple coup d’œil avait suffit. Il avait fourré l'objet dans un petit sac de papier brun, accompagné de l'alliance de son père au cas où, et l'avait maintenant contre sa poitrine en retournant au lit, dormant en position fœtal comme si l'objet ainsi récupéré avait été une partie de lui au sens propre.

(...)

Histoire inachevée, jamais poursuivi au-delà de ce chapitre, mais plus de détails sont disponible sur les notes de texte lisibles ici.

mercredi 8 août 2007

Gypsy Witch – Oasis of the Living Dead

OASIS OF THE LIVING DEAD


L'histoire débute en France, où un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale reçoit une ancienne connaissance qui possède de nombreuses dettes. Ce dernier est venu lui demander son aide pour récupérer un trésor dont il est le seul a connaître l'emplacement: un butin nazi enfoui quelque part dans le désert africain. Alors que l'ancien soldat refuse, prétextant que l'endroit est maudit depuis la guerre, il est alors assassiné par son complice qui lui vole ses notes et embarque pour l’Égypte, où il tente de retrouver un contact de la victime qui connaît également l'endroit où se trouve le magot.

Cette personne n'est autre qu'Alice, qui semble résider dans un petit village reculé près du désert. Celle-ci le reçoit dans un hammam, en serviette et en plein massage, envoûtante et mystérieuse. Troublé, le français ne sait comment aborder la jeune femme et renonce finalement à se montrer agressif envers elle, se contentant de lui parler du trésor et de l'ancien soldat. La sorcière ne se montre pas réticente et lui révèle l'emplacement d'un oasis via une ancienne carte. Ses manières perturbent l'homme qui la laisse lui prédire son avenir via un saiban, un pendule traçant des symboles dans le sable. Celui-ci prendra une forme semblable à une croix gammée et Alice conclura l'entretien en lui conseillant d'éviter de se lancer dans cette recherche. Ce qu'il ne fait pas bien évidemment, partant sur le champ.

Quelques heures plus tard, Alice reçoit un appel téléphonique d'un jeune homme, fils de l'homme récemment assassiné, lequel la prévient du décès en ayant trouvé son numéro dans les contacts importants de son père. Ne l'ayant pas vraiment connu et cherchant a éclaircir les circonstances de sa mort, il lui demande la permission d'en discuter et Alice l'invite donc à le rejoindre. Elle le reçoit lui et le groupe d'amis qui l'accompagne après qu'ils soient arrivés durant son spectacle de danse orientale. Alice leur révèle alors l'histoire de l'oasis qui, durant la Deuxième Guerre Mondiale, a vu une bataille se conclure par la mort d'un bataillon Nazi entier et des alliés qui les combattaient, ne laissant qu'un soldat français pour survivant. Durant la bataille fut perdu un important stock de lingots d'or appartenant aux Allemands, lequel se trouve encore dans le désert..

La conversation est alors interrompue par des villageois, lesquels ramènent un homme blessé et délirant qu'ils ont trouvé dans le désert. Il s'agit bien sûr du français parti à la recherche du trésor, lequel souffre d'importantes morsures. Dans sa fièvre, il parle de la malédiction de l'oasis avant de mourir. Son corps est alors brûlé selon un rite religieux particulier, qui sera d'ailleurs filmé par les invités d'Alice. Le fils de l'ancien soldat se met alors en tête de retrouver le trésor, qu'il estime comme faisant partie de son héritage, promettant le partage à ses camarades. Malgré ses réticences, Alice se décide de les accompagner, à la fois tentée par l'aventure, mais également afin de les protéger de la malédiction.

Leur voyage dans le désert se passe sans encombre mais ils sont sans le savoir surveillés par une caravane de brigands qui vont les suivre à distance, n'osant attaquer par peur superstitieuse. L'oasis atteinte, les fouilles vont alors commencées jusqu'à la tombé de la nuit. Là, les corps des soldats morts depuis des années émergent du sable et se massent pour attaquer les pilleurs. Ils sont squelettiques et momifiés, les ossements secs et brunis par le soleil. L'un d'eux, au crâne ouvert, a la boite crânienne remplie de sable... Les morts attaquent le campement et dévorent un ou deux hommes avant d'être repoussés par le feu sur les conseils d'Alice... Quelques instants après, les pirates passent également à l'attaque du campement en pensant la malédiction écartés. Le combat est très rapide et l'équipe se retrouve débordée, avec de nouvelles pertes. Les otages doivent cependant poursuivre les recherches et vont être contraint de travailler pour eux. Les restes des morts-vivants et des cadavres sont incinérés et on demande à Alice d'exécuter une danse en spectacle de divertissement pour les brigands, tous la trouvant très désirable...

Les fouilles mettent à jour des véhicules enterrés sous le sable ainsi qu'un premier coffret de lingots. Celui-ci va accidentellement se déverser dans une tranchée creusées par les chercheurs, et le brigand s'apprêtant à les ramasser se fait alors mordre au bras par un nouveau mort-vivant surgissant de sous le sable. La créature est vite détruite et malgré la panique, on exécute le blessé afin d'éviter toute contamination. L'équipe profite de la diversion pour tenter une évasion mais celle-ci rate et l'un des membres du groupe se fait tuer en représailles. Le trésor est récupéré malgré la peur que la malédiction ne soit pas levée... Au moment où les lingots sont saisis, le vent se lève et tout le monde comprend qu'une tempête de sable d'origine surnaturelle à lieu. Dans l'affolement, le campement étant renforcé à la va-vite, les brigands oublient de brûler les deux cadavres. Et bien plus loin au cœur de la tempête, les morts se relèvent par dizaines et marchent, camouflés par l'écran de sable en une version désertique de The Fog.

Dans la hutte du chef de clan, Alice est ordonnée d'agir et menacée de mort en cas de refus. N'ayant cependant pas confiance en une femme, c'est leur homme de religion qui va tenter de conjurer la malédiction, utilisant la sorcière comme d'un outil. Alice doit subir un certain rite pour que soit offerte la protection aux vivants, et sur son corps doit être tatoué certains symboles (dont l'Œil de Râ, symbole du Dieu Soleil représentant la Lumière pour contrer les Ténèbres, et le symbole d'Anubis pour tromper la mort). Les encres étant cependant asséchées de façon inconnue (soit par Alice qui refuse de porter ses signes de façon permanente, soit par les forces maléfiques qui se protègent ainsi du sortilège), on les lui grave alors à même la peau. Une torture lente et très douloureuse qui prendra plusieurs heures...

Durant la nuit, les deux corps oubliés se réaniment également. Celui ayant appartenu à un des jeunes aventuriers s'apprête à agresser ses anciens compagnons mais l'alerte est sonnée. Dans le mouvement, personne ne fait attention au second cadavre qui attaque et décime quelques hommes. Devant les morsures, c'est de nouveau la panique générale et ceux qui ne sont pas mort commencent à fuir en ignorant leur chef. Ne resteront que ce dernier et quelques fidèles ainsi que leurs otages. Alice leur annonce que la fuite est inutile et que ces hommes sont déjà perdus car s'étant précipité dans les bras de la Mort. Le vent apporte le cri des mourants et tous sont apeurés car comprenant que les morts-vivants sont proches...

La dernière bataille se joue en aveugle, la tempête devenant de plus en plus virulente. Les morts sont combattu avec les moyens du bord, pistolets, carabines et machettes. Alice use du revolver avec les yeux bandés, tirant sur ses cibles en fonction des sons une fois encerclées, telle une Zatoichi pistolero. Ce sont également les dernières pertes humaines et, hormis Alice, ne reste plus que le chef des brigands et un jeune couple dont le fils de l'ancien soldat. Le groupe s'enferme dans un vieux camion à moitié enterré, et les morts se massent autour du véhicule, tapant aux portes et contre la carrosserie, certains essayant de rentrer par voie souterraine en passant à travers la cabine. La tempête de sable submerge presque complètement l'appareil, et les anciens impacts de balles tirés sur la cabine durant la guerre sont autant de trous d'où s'écoule le sable. Les survivants sont prit au piège comme s'ils étaient enfermé dans un sablier géant, sur le point d'être enterrés vivants...

Alice est la seule a garder son sang froid. Le chef des brigands, lui, préfère tenter une sortie plutôt que de mourir de cette façon et ouvre grand la double-porte à moitié ensevelie de la cabine. Le sable coule sur eux mais cette partie du véhicule n'est pas encore immergé et il s'échappe ainsi à l'air libre, abandonnant le sac contenant les lingots dans sa fuite. Les morts, eux, convergent vers le camion et le trio doit également quitter l’abri, visant alors une autre carcasse de véhicule, branlante, comme refuge potentiel. Désormais dehors, en pleine tempête et encerclés par les zombies, les trois survivants sont dos à dos et donnent des coups comme ils le peuvent, sur le point de céder...

C'est alors que les gravures faites sur le corps d'Alice réagissent. La sorcière est envahie d'un pouvoir catalysés par les symboles et elle incante pour libérer cette puissance. Les carcasses métalliques des véhicules s'élèvent alors du sol et s'assemblent chaotiquement, formant un improbable golem de fer informe qui pulvérise alors les morts-vivants, les enterrant avant de s'écrouler lui-même et de les ensevelir toujours un peu plus. Alice et le couple s'en sortent en évitant de justesse l'effondrement de la masse...

Il fait beau, la tempête n'est plus. Tout a été recouvert par le sable et il ne reste plus rien. Le désert est venu à bout de l'oasis. Alice et le couple se dégagent des rares décombres existantes et s'apprêtent à partir. La jeune femme remarque, au sol, un lingots d'or à moitié enfoui dans le sable. Elle se penche pour le ramasser mais une main déchiquetée sort du sol pour griffer la sienne. La tête tuméfié du chef des brigands sort du sable, zombifié, mais le fils du soldat la détruit pour protéger sa compagne. Les survivants s'éloignent alors pour regagner le village tandis que, derrière eux, le lingot laissé à terre fini par être comme absorbé par le sable...