lundi 30 avril 2007

Gypsy Witch – Sisterly Love, Chapitre 1

1
Mère et Fille


    La boutique à babioles semblaient faire luire les yeux de Jade comme une luciole. Ce magasin, elle l’adorait. Elle ne comptait même plus le nombre de fois qu’elle et Alice l’avaient prit d’assaut, emportant les objets par dizaines chaque semaine. Elle avait tenue à le montrer à sa mère. Certes, elle n’était pas aussi obsédé que son père mais elle aimait aussi les petits bibelots, et Jade voulait lui faire plaisir. Lui faire repérer un petit truc et le lui offrir. Et pour son père aussi peut-être. Manque de chance, sa propre passion lui montait à la tête et son attention était complètement occupée par les centaines d’articles exposés sans soucis de classement.
    Ça lui rappelait la maison. Ses parents exposaient généralement leurs collections comme ça. Pas d’unité, pas de rangement maniaque. Juste une myriade étincelantes de petites choses de toutes formes, de toutes tailles. Provenances inconnues, mystiques, souvenirs de voyage ; artefacts magiques ou simples décorations… Depuis son enfance, ces trésors l’avaient enchanté. Son regard ne pouvait même pas s’attarder sur un seul d’entre eux tant la beauté transparaissait de l’ensemble. Captivée, elle s’était promenée pendant des heures pour tenter de détailler chaque élément de cet amoncellement fantasmatique.
    D’ailleurs l’une des choses qu’elle adorait le plus, c’était que pratiquement chaque objets avait son histoire. Sa propre origine. Parfois une simple anecdote, parfois un grand récit merveilleux. Combien de nuits les avaient-elle écoutés raconter leurs fantastiques histoires avant de dormir ? Des contes comme ceux des enfants oui, mais des contes véridiques, vécus par ses propres parents il y a très longtemps. La tête pleine de paroles et les yeux envahies d’une explosion de couleurs et de formes, Jade s’endormait souvent pour faire des rêves merveilleux. Des rêves d’explorations, de trouvailles, de chasses aux trésors. De mondes différents…

    La nostalgie et le virus de la collectionnite aiguë  avaient toujours raison d’elle. Une magnifique plume de Paon à la main et un petit serpent-sifflet en bois autour du cou, elle farfouilla en perdant toute notion du temps jusqu’à ce qu’une petite lueur n’attire son attention. Un jeu de lumière sur un petit cristal. Admirant sa découverte, Jade contempla ce qui était une petite plume à calligraphie, création à la finition incroyable. Les détails étaient impressionnant et fruit de l’ouvrage d’une main de maître.
    L’objet ressemblait à un oiseau qui auraient placés ses ailes afin de se faire comme un cocon de protection, sa tête dressée vers le ciel formant la pointe de la plume. De son regard, Jade pouvait voir chacune des plumes de l’animal. Le bec terminant la pointe, les yeux même de l’animal, ses serres recourbés s’accrochant au porte-plume… Tout était d’un réalisme saisissant. Et la lumière se reflétant dans le cristal donnait naissance à une illusion parfaite: l’oiseau semblait de lumière, de flammes. Un pur Phoenix de légende.
    Bouche bée, Jade guida son regard autour de l’œuvre pour comprendre qu’il ne s’agissait là que d’un élément d’un ensemble à calligraphie. Le porte-plume était une baguette d’ébène sculptée à la mode tribal, comportant en son sein une série de représentations gravées. Il était conçu comme un ancien totem indien, avec ses divinités et ses créatures superposées les unes aux autres. Et puis il y avait les autres plumes. Comme le Phoenix, elles étaient pourvue d’une finition exemplaire et brillaient de milles feux. Là un incroyable serpent – comme le célèbre Python, fils de Gaïa (ou d’Héra) dans la mythologie grecque, ici un ibis au plumage blanc, captant la lumière tel Thot avec la lune. Un Kraken (ça plairait à papa !), une louve romaine, une grande licorne… Représentations d’animaux mythiques et divins, mais sans aucune forme religieuse implanté. Un pur chef-d’œuvre.

    Ce n’est qu’une fois remise de la découverte qu’un déclic s’opéra dans son esprit: sa mère avait toujours aimée dessiner. Le souvenir de nombreuses illustrations revinrent en mémoire à Jade. Le regard hypnotisé mais concentré de sa mère durant le tracé d’un trait délicat, les encouragements et les compliments de son père malgré les protestations de l’artiste trop modeste… Des images merveilleuses issue de souvenirs et de lieux lointain. L’Irlande, ainsi découverte dans sa jeunesse. D’anciens camarades, d’innombrables carnets de voyages témoignant de découvertes extraordinaires.
    Le sourire aux lèvres, elle subtilisa doucement l’ensemble, jetant un œil à sa mère. Celle-ci semblait affairée à fouiller une autre partie du magasin. Des dizaines de peluches dans les bras, elle avait le nez dans un antique coffre à jouet, fouillant avec énergie et détermination. Nul doute qu’elle cherchait un objet précis. L’occasion parfaite pour faire l’achat sans se faire repérer. Jade passa donc à la caisse en secret, demandant même un emballage avant de le glisser dans son sac de cours.

    Un coup d’œil à sa montre lui indiqua que ça faisant maintenant plus de deux heures qu’elles parcouraient la ville, et au moins une demi-heure dans cette boutique. La vision de son pauvre père les attendant désespérément près du restaurant s’imposa à elle, lui intimant d’abréger leurs courses. Jade s’avança donc d’un pas décidé vers sa mère et lui posa la main sur l’épaule.
– Dit maman ?
– Hmm ?
Celle-ci se retourna alors, les bras surchargé de poulpes en tout genre. Peluches, jouets en plastique, mous ou rigides… Des gros, des petits… Des dizaines de ces bestioles s’entassaient, couvrant presque le visage de la jeune femme. Jade repensa immédiatement à « La Boite à Poulpe », petite plaisanterie de sa mère pour son père où des centaines de poulpes avaient été entassés pour s’échapper comme des serpentins lorsque le couvercle était soulevé.
– Oh ça va plaire à papa ça…
– Oui hein ? Quand j’ai vu ça, ça m’a fait pensé à lui.
Jade sourit gentiment. Voir ses parents être toujours aussi intentionnés l’un pour l’autre lui avait toujours plu. Elle ne comptait plus les couples se détruisant comme un rien car n’ayant jamais été véritablement amoureux. Et puis elle les trouvaient si mignon comme ça…
    Quelques minutes plus tard, elles étaient de nouveau dans la rue, une mini-boîte à poulpes dans les bras. Elles ne pouvaient s’empêcher de rire en imaginant la tête de Premutos lorsqu’il l’ouvrirait. Sans parler des clients…
– Ça va être une bonne journée, émit Jade un peu rêveuse.
Sa mère la gratifia d’un petit câlin auquel elle répondit avant de lever vers elle des yeux pétillant.
– Oh fait je peux te faire chier ?, demanda t-elle avec une fausse méchanceté.
– Mi ?
Avec un grand sourire, Jade brandit devant ses yeux son paquet cadeau, mimant un rire sadique. L’hilarité la gagna lorsque le visage de sa mère se décomposa, toute émue et surprise, puis se plaignant qu’elle n’aurait pas du faire ça. C’était tout bête, mais voir se visage heureux la remplissait de joie à chaque fois.
– Je t’aime maman !
– Miiiii… Je t’aime aussi ma chérie…
Un nouveau câlin, puis le cadeau fut déballé à grande vitesse…

    C. fixa un long moment les plumes de cristal et le bâtonnet d’ébène. Une foule de souvenirs lui monta en tête alors subitement, la renvoyant en arrière lorsqu’elle était encore toute jeune. Pas plus grande que Jade. Elle se souvint de l’achat d’une petite plume en cristal dans un festival, elle se souvint de son goût pour le dessin, la manière dont cela la détendait… Elle se souvint aussi des félicitation de Premutos, de ses demandes timides de dessiner pour lui…
    Elle prit délicatement les plumes pour les regarder de plus près. C’était un ouvrage d’une beauté exquise, visuellement somptueuse. Ses doigts manipulèrent avec dextérité le porte-plume, lui assurant une prise en main sûre et précise. Avec ça elle pourrait dessiner avec une habileté déconcertante !
– C’est magnifique ma chérie…
– C’est vrai, ça te plaît ?
– Oui ! Mon cœur c’est vraiment merveilleux… Et puis…
– Ça te donne envie de dessiner ?, demanda Jade avec espoir.
– Mi…
C’était un « oui » qui fit sauter Jade sur place. C’était exactement ce qu’elle avait voulu déclencher. Plus que l’objet lui-même, cette envie de dessiner, cette passion, était ce qui était le plus important, et elle avait réussie à l’offrir à sa mère.
    Ne pouvant retenir un câlin, elle se serra une nouvelle fois très fort contre jeune femme avant que celle-ci ne lui passe une main dans les cheveux. Doucement, C. s’appliqua à lui grattouiller les cheveux. Ce fut comme si son enfant se mit à fondre.
– Gaaah !, émit vaguement Jade en se détendant complètement.
C. sourit et continua de caresser les doux cheveux de sa fille. Cette dernière était amorphe, se laissant aller.
– Tu aimes ça, demanda t-elle, pas vrai ?
– Ça fait du bien, répondit Jade d’une toute petite voix.
Sa mère eu un petit rire amusé.
– Oui… Je suis incapable de bouger quand ton père me fais ça.
– J’adoooore…
– Ça me rappel quand je te grattouillais le dos quand tu étais toute petite.
– Arrête, c’était génial ! Je pouvais même plus bouger.
Nathalie hocha la tête en souriant. Les grattouillis de dos, c’était aussi quelque chose que Premutos lui faisait lorsqu’elle allait mal, et Jade avait toujours aimée ça aussi. Cela faisait parti de ces petits plaisirs simples que l’on s’offrait, en témoignage d’amour.

    Avec son enfant dans les bras, C. respira le bonheur. Jade était une grande fille maintenant et ces scènes là se faisaient un peu plus rare désormais, mais c’était toujours avec une joie immense qu’elle en profitait. Prise d’un élan d’affection sans cesse grandissant, elle referma ses bras sur ce petit corps pressé contre le sien et ferma les yeux, s’abandonnant à la douce sensation de chaleur. Elle se sentait heureuse.
    L’étreinte dura un bref instant qui sembla pourtant suffisamment long a chacune d’elles. Puis elles se dégagèrent doucement avant de se regarder toutes les deux en souriant. Mère en fille passant un instant agréable. Puis…
– Papa !
– On l’a encore complètement oublié !
Éclatant de rire, elles se prirent la main pour rejoindre le restaurant. Ce n’est qu’un bref instant plus tard que Jade analysa quelque chose du coin de l’œil. Une forme furtive, une silhouette familière. Tournant la tête un peu trop tard, elle ne pu analyser immédiatement ce qu’elle identifia pourtant comme… Alice ?
    Se retenant d’ouvrir la bouche pour l’appeler, Jade se laissa guider dans les ruelles par sa mère. Cette sensation… Pourquoi avait-elle l’impression qu’Alice c’était trouvée près d’elle un instant auparavant ? Si c’était le cas, elle s’en saurait rendue compte, non ? Et puis Alice serait même venue la voir ! Intriguée, Jade prit soin de garder tout cela dans un coin de sa mémoire.

Gypsy Witch – Sisterly Love – Introduction

SISTERLY LOVE


Introduction

    Jade pencha la tête lorsque la porte à laquelle elle venait de frapper s’ouvrit. Elle était pressée et voulait juste glisser quelques mots à Alice, mais la surprise la figea sur place.
Mi ?
Face à elle se trouvait un jeune homme au visage froid, nerveux, et visiblement agacé. Un regard noir lancé à travers ses grosses lunettes confirma à Jade qu’elle le dérangeait en plein travail. Pourtant le manque de patience d’Herbert était bien le dernier de ses problèmes et elle tordit le cou pour essayer de voir au-delà de l’encadrement de la porte.
Elle n'est pas là, fit subitement Herbert.
Sa voix vibrait de colère, comme d’habitude, et Jade n’y prêta même pas attention.
D’ailleurs je pensais qu’elle était avec toi, poursuivit le scientifique qui commença a refermer la porte.
Une New Rock se cala dans l’ouverture pour bloquer celle-ci et Alice passa ensuite sa tête par l’ouverture, souriant à l’idée d’embêter un peu plus le jeune homme.
Tu serais un ange si tu pouvais lui laisser un mot.
Ôte ton pied…
Tu lui dira que je peux pas trop la voir aujourd’hui ? Je passe la journée avec mes parents…
L’autre ne répliqua pas, de plus en plus agacé, et Jade sourit encore plus.
Merci Herbie !
La New Rock retirée, la porte lui claqua au nez avec violence et Jade retint un rire. Décidément Herbert serait un éternel aigris.

    Quittant le bâtiment, Jade perdit sa bonne humeur un instant, perplexe quand à l’absence d’Alice. D’ordinaire elle la tenait au courant, ou bien se faisait un plaisir d’expliquer à Herbert le moindre de ses rendez-vous, sachant pertinemment que celui-ci n’en avait strictement rien à faire et que ça avait le don de l’agacer prodigieusement. Pourquoi alors partirait-elle sans un mot ? Haussant les épaules, Jade s’approcha de la magnifique jeune femme qui l’attendait au-dehors. Alice avait le droit à sa vie privée après tout, et elle devait aussi profiter de ses vacances. Nulles doutes qu’elles se raconteraient tout la prochaine fois.
    Oubliant tout cela, Jade ouvrit grand ses bras et serra très fort la personne qui l’attendait depuis quelques minute, et le sourire revint sur son visage.
Bonjour maman !
Bonjour ma chérie !
Tu m’as pas trop attendue ? Je voulais prévenir une copine que je sortais.
Non ne t’inquiète pas. J’ai envoyé ton père nous réserver une place pour le restaurant, on l’y rejoindra tout à l’heure.
D’accord !
En attendant, ça te dit de faire les boutiques ?
Question inutile. En digne fille de ses parents, Jade adorait plus que tout se trouver des babioles en centre-ville et s’acheter toutes sortes de choses. De plus, passer un peu de temps avec sa mère par une aussi belle après-midi lui donnait envie. Ça faisait un moment maintenant qu’elles n’avaient plus fait ce genre de choses toutes les deux.
A ton avis ?, répondit t-elle en la prenant par le bras et l’attirant dans une des rues principales.
Je suis contente de te revoir ma puce, répliqua doucement sa mère.
- Moi aussi maman.
Oui. Ça allait être une belle journée.

dimanche 29 avril 2007

This is... Persiaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!


Avec le succès public grandissant des Pirates des Caraïbes et de la Fantasy en général, Disney ne pouvait pas s'arrêter en aussi bon chemin de créativité arti...financière. Et pourtant l'idée d'un équivalent oriental et "Mille et Une Nuit" des Pirates est assez tentant, en tout cas visuellement parlant.

L'épisode retenu est donc l'assez récent (mais un peu daté quand même) The Sands of Time, et non les "vieux" jeux d'avant 32-bits. Reste que, je le rappel, il s'agit d'un Disney, donc inutile de s'imaginer le Prince en version Dark se mettre a charcler ses ennemis avec son Cimeterre, ou voir des personnages périr dans des pièges atroces (ou alors de façon rigolote, comme dans La Momie de Sommers). Et puis de toute façon il n'y a pas de version Dark dans The Sands of Time alors ça tombe bien !

Quand au respect du jeu vidéo, et bien on verra ! De toute façon après les affronts par lesquels nous sommes passés (Resident Evil, BloodRayne, House of the Dead) nous ne sommes plus à ça près. Reste juste à espérer un résultat à la hauteur du second Pirates des Caraïbes, visuellement magnifique et proche d'une Fantasy aventurière bien plus excitante que le mollasson premier opus.

jeudi 19 avril 2007

Cervelles de Moineaux !


Les Oiseaux, ce grand classique de 1963 réalisé par le grand maître du suspense Alfred Hitchcock est une œuvre intemporelle dont l'efficacité marche parfaitement encore de nos jours. Une véritable réussite, marquant le spectateur et le hantant pour toujours (aah cette scène de la cage à écureuil à l'école primaire). Un film qui fait office de Classique, au même titre que Psychose par exemple.

Et bien ce grand film va lui aussi connaître les outrages du remake hollywoodien ! C'est Universal qui s'en occupe, apparemment très confiant dans son projet au point de balancer directement quelques noms (on parle de Noami Watts et Brad Fuller). Bon lorsque l'on vit dans un monde capable de refaire des films cultes et surtout intouchables comme Massacre à la Tronçonneuse ou Zombie (très bons au demeurant), comment feindre l'étonnement ?

Après tout une suite avait même été établie, carrément signée par Alan Smithee, le pseudonyme choisi par les réalisateurs ne souhaitant plus reconnaitre un film comme étant le leur. Une séquelle vulgaire jouant de la surenchère et avec des effets spéciaux sanglants tout à fait dispensable.

Pourtant, encore une fois, nous allons être choqué. Pas tant que l’œuvre de Hitchcock soit refaite, mais surtout parce que, encore une fois, ces producteurs n'ont encore strictement rien, mais alors RIEN compris ! Pour preuve:

We think we have a very contemporary take. In the original, the birds just showed up, and it was kind of like, why are the birds here ? This time, there's a reason why they're here and (people) have had something to do with it. There's an environmental slant to what could create nature fighting back."

("Nous pensons avoir une version très contemporaine. Dans l'original, les oiseaux se contentaient d'apparaître, et c'était du genre, pourquoi ces oiseaux sont là ? Cette fois, il y a une raison à leur présence et (la population) a quelque chose à voir avec ça. Il y a un concept environnementale à propos de ce qui pourrait pousser la nature à réagir.")

 ... Très sincèrement les mecs, un film avec des oiseaux tueurs qui attaquent des humains parce qu'ils sont de méchants pollueurs vous croyez pas que c'est un concept de série Z ? Sincèrement ? Peut-être qu'il aurait fallu leur dire que toute la fascination pour le film d'Hitchcock tournait justement autour du fait que la mystérieuse nature agressive des oiseaux n'était PAS expliquée ? Et qu'on pouvait même former l'hypothèse qu'elle était dû à la présence de ces deux étranges inséparables acheté par l'héroïne au début du film !

Et là vous nous ressortez une espèce d'explication vaseuse qui a déjà fait ses preuves dans Zombi 3 de Fulci et Mattei ?
!

Visuel: Piranha Park


"Piranha in a water park." Teens breaking into a water park for Senior Skip Day are attacked by killer piranha and must get out of the park before the military's F16 fighters blow it up. In pre-production."

On parlait il y a peu de Killmeleon, de Gary Jones. L'homme n'est pas près de s'arrêter puisqu'il semble avoir signé un contrat avec le producteur Tony Kandah (un autre as du petit budget comme en témoigne les titres de sa filmo: The Vampire Samurai, Starforce...) pour réaliser plusieurs petits budgets dans la même période. Se succèdent donc un certain Scarabeus, American Beast (!), le fameux Tue-Moi Léon, et ce Piranha Park qui relève d'une vaste blague.

Écrit par Gary Jones lui-même (avec l'aide de deux autres personnes quand même, faut pas déconner), le film narre l'histoire d'un parc d'attraction aquatique où les teenagers habituels viennent en vacance et que des piranhas vont prendre d'assaut. De quoi nous remaker l'une des plus célèbres scènes du Piranhas de Joe Dante quoi...

Bon ben je crois que tout cela se passe de commentaire...

mercredi 18 avril 2007

Visuel: Killmeleon


"A giant 30-foot chameleon discovered by a rouge scientist in the jungles of Madagascar, escapes from a plane crash while being smuggled into the United States. Hungry, the giant creature goes on a rampage through the countryside, devouring everyone in its path and laying waste to small towns. The military, along with the scientist's daughter, must destroy the giant lizard before it reaches Los Angeles. In pre-production."

Bordel de merde... Finalement ils auront encore réussi à se renouveler...
Ce Killmeleon est donc un film de monstre géant américain dont la star est ici un caméléon... Découvert à Madagascar, il est transporté par avion-cargo mais celui-ci se crash (ben tiens) et le monstre attaque donc Los Angeles...

Le scénario est déjà vu bien sûr. En fait c'est même un archétype. Seulement... Attendez les gars ! Un caméléon tueur ! Et géant ! Non mais vous imaginez le potentiel ?!!

Trouffion 1: On l'a perdu sergent. Pas de chance hein ? Un caméléon de 20 mètres quand même...
Trouffion 2: Bon... On va rentrer au QG en attendant.
Trouffion 1: Tiens c'est marrant, je me souviens pas de ce building dans ce quartier.
Trouffion 2: Sûrement une nouvelle construction.
Trouffion 1: De plus en plus rapide chez nous, hein ?
*Et le building s'en va sur la pointe des pieds durant ce temps*

Quand en plus on sait que c'est Gary Jones à la réal'... Oui, le type qui nous a offert Spiders et Crocodile 2 pour le compte de Nu Image, mais surtout Mosquito, on se dit qu'on va avoir a une très bonne petite série B !

Ci-joint une affiche vraiment laide qu'on aurait aimé qu'elle ait la particularité de se camoufler comme un caméléon.


dimanche 15 avril 2007

Cabin Fever 2: La Fièvre du Samedi Soir


Cabin Fever... Un bon film pour certains, une sombre merde pour d'autre. Pour moi en tout cas, l'un des finals les plus hallucinant depuis celui des Rats de Manhattan de Bruno Mattei... Qui ne se souvient pas de se brave bouseux qui, en début de film, explique que la présence d'un fusil chez lui "c'est pour les nègres" avant de voir au final une bande de blacks tout droit sortie du ghetto, R'N'B en fond sonore, venir s'en taper cinq avec lui, venant tout simplement venir récupérer leur fusil qu'il avait nettoyé pour eux !

Mais rien, non rien ne pourra jamais nous faire oublier cet étrange petit garçon neuneu, coiffé comme un métalleux du haut de ses 8 ans, se mettre subitement et sans aucune raison à faire du kung-fu au ralenti en hurlant "PANCAKE" à tout-va.


Bref. Tout ça pour dire que si Eli Roth s'est maintenant construit sa réputation avec Hostel (je ne relance pas la polémique), c'est Ti West, un jeune réalisateur récemment découvert avec The Roost, qui s'attèle à la suite. Il livre une séquelle qui ne prendra très probablement pas compte du final apocalyptique (à venir) de la fin du premier opus et tape dans quelque chose d'une
moindre ampleur. En même temps, c'est typique du petit budget de la séquelle qui grappille. Ainsi, sous le nom de Cabin Fever 2: Spring Fever (faut-il y voir une métaphore sur le printemps et la fièvre qui s'empare du mâle de chaque espèce qu'il soit sur cette planète ?), ce nouveau film se déroulera dans un lycée lors du traditionnel bal de fin d'année.

Une manière de revenir vers le slasher ou en tout cas un archétype du film d'horreur basique, les contaminés et le virus remplaçant le grand méchant. De là a imaginer que les jeunes adolescents bourrés d'hormones en chaleur vont se jeter, en rut, sur leurs bimbos artificiellement poumonées, il n'y a qu'un pas. Et de là a dire que le Ti est un peu à l'ouest, ben... Ben je l'ai dis ça y est. En même temps il le cherchait un peu ! Et on espère que Ti West saura mener a bien le projet (parce que de ce côté The Roost s'est planté).

Côté gore en tout cas ça a l'air bien parti au vu des clichés promotionnels récemment parus.


samedi 14 avril 2007

Preview: La Mutante 4


L'air de rien, une franchise est née. Et après un premier film moyen valant surtout pour un Michael Madsen "héroïque" et une créature de Giger, un second opus bien volontiers satirique (Peter Medack oblige), nous avions eu droit a un troisième épisode plutôt surprenant puisque changeant complètement l'aspect "exploitation movie" linéaire de la série pour s'orienter vers un thriller de SF bien plus ambitieux, malgré justement le manque total de moyen !

Comme d'habitude, l'histoire de ce quatrième épisode de La Mutante ne semble pas du tout tenir en compte le final de l'épisode précédent (qui se souvient encore de ce bébé abandonné à la fin du premier opus ?) pour s'orienter dans une direction – encore une fois – différente. Une variation sur le même thème en quelque sorte...

Species Quattro, tel est son nom, nous présente une nouvelle mutante, cette fois-ci sans véritable connexion avec Sil visiblement, et n'étant plus "pure" mais un hybride entre la race alien et l'être humain. Sunny Mabrey ne reprendra donc pas le rôle de Sara, pourtant en totale liberté, et c'est une certaine Helena Mattsson qui incarne ici la nouvelle croqueuse d'homme.

Si le changement d'orientation de la série et la perte totale des quelques repères qui nous restaient peu faire peur, c'est encore une fois Ben Ripley, scénariste du troisième film, qui pond le script. L'histoire devrait donc tenir la route à défaut de la réalisation, donnée à un clippeur débutant qui aura sûrement fort à faire pour gérer ses effets spéciaux avec le peu de budget alloué.

Allez, on attend de voir...

Iron Man, la première armure révélée

Contre toute attente le projet Iron Man semble bel et bien en plein envol et nous livre ici sa première photo: l'armure. Bien sûr il ne s'agit pas de la version définitive mais du tout premier prototype que créa Tony Stark avec l'aide d'un autre homme. Une armure lourde, pas très maniable, et qui ne dure en fait qu'un seul épisode.
Pour le coup la fidélité au comic-book est bien là, alors que l'on redoutait surtout le syndrome Dr. Doom. On espère que la (ou les ?) prochaine(s) armure(s) auront un design aussi réussi et proche de la BD d'origine.

Évidemment maintenant il faut la voir en mouvement, mais c'est plutôt très bien parti et du coup Iron Man évite le buzz négatif que subirent Les 4 Fantastiques et Ghost Rider dès leurs premières images, les vouant à un échec commercial pur et simple (enfin en même temps pour le coup c'est aussi la faute à un échec artistique, hein).

On attend donc de voir la suite. Peut-on espérer la présence de War Machine ?

Fruits Basket, T.21

Le chef d’œuvre qu'est Fruits Basket approche désormais à grands pas de sa conclusion et ce 21ème volume marque une nouvelle étape dans le déroulement de l'histoire à ce propos.

L'impact émotionnel du volume est d'une réussite qui frise la perfection. L'histoire entre Yuki et Machi arrive à son point culminant, Kyô nous livre des révélations douloureuses et Akito se dévoile à nous comme jamais. Le sort de Kureno nous est également donné et Yuki et Kyô on enfin droit à une véritable scène entre eux deux, chose qui n'était plus vraiment arrivé depuis un moment maintenant.

Je ne raconterai pas les détails, le risque de gâcher l'histoire étant trop grand. Sachez simplement que – encore une fois – nous ne sommes pas déçu du voyage et que, bien au contraire, tout l'intérêt de cette série se retrouve encore une fois rehaussé par la virtuosité de son auteur.

Et on se prend, à la fin de ce volume, à espérer que le prochain ne soit pas le dernier. Évidemment il faudra bien en finir, il faudra bien quitter cet univers, mais une chose s'impose clairement dans notre esprit: Fruits Basket nous a marqué. La série restera ancrée dans notre esprit et nous nous souviendrons longuement de ses personnages.

Nous n'attendons plus que la conclusion de ce qui est un chef d’œuvre monumental pourtant pas mal boudé par beaucoup de monde.

mercredi 11 avril 2007

Previews: Gothic Vampires, Mummy Maniac & Shark Attack


Gothic Vampires from Hell. Si ça c'est pas du titre ! On sent que le concept d'exploitation a parfaitement été compris par les auteurs pour le coup ! Dommage que l'affiche ne vaut rien car on perd beaucoup du charme qui aurait pu opérer pour ce petit produit obscur.

L'histoire, toute con, est celle d'un petit groupe que l'on imagine basé sur le Black Metal (quoiqu'il pourrait s'agir d'un peu de Goth ou de multiples dérivés dont je me perd à chaque fois sur les noms) souhaitant avoir sa part de succès. Les membres s'empressent de faire parvenir leur démo aux deux dirigeantes du label Gotham Records sans savoir qu'elles sont des vampires...

Voilà, rien de bien alléchant en somme, si ce n'est à la rigueur la bande-original qui n'a pas l'air de prendre le public pour un con puisqu'elle s'offre le luxe d'y adjoindre un très bon Christian Death ! A cela se rajoute une petite pelletée généreuse: Switchblade Symphony, et les autres, inconnu pour moi (Electric Hellfire Club – pas mal le titre, Razed in Black, Fear Cult, Leather Stip ou encore Pitbull Day Care).

Gothic Vampires from Hell est sûrement très naze et pas cher, mais au moins ça va faire péter les enceintes avec son 5.1. Le DVD sort aux États-Unis le 15 mai (et non, pour une fois ce n'est pas un Lionsgate !). Moi de mon côté je vais retourner voir Black Roses, parce que rien n'égalera jamais cette intro sur Lizzy Borden.



Allez, on reste dans le titre farfelue (Mummy Maniac, quand même !) et on retourne chez nos copains de Lionsgate pour un petit film (encore !) de Ulli Lommel (et oui encore !) qui sortira encore une fois en direct-to-video aux States (re-re oui) le 3 juillet à venir, 16/9 et 5.1. à prévoir.

Pas d'info particulière pour ce qui s'annonce un énième petit budget sans talent, mais un titre pareil ça calme direct. D'autant que cette fois l'affiche se la pète grave. En tout cas, on sent qu'on va beaucoup plus se marrer qu'avec la baudruche de Stephen Sommers !

En espérant que le PQ servira de bandelettes...



Et non, ce Shark Attack in the Mediterranean n'est pas le quatrième volet de la saga de Nu Image ! Quel dommage ! Dire que l'on attendait tous un nouveau film de requin par la petite firme ridicule maintenant devenu grande...

Nous avons en fait ici affaire à un simple téléfilm allemand sorti chez nous sous le titre de La Chasse au Requin Tueur à la télévision. Seul les bouffeurs de choucroutes avaient une version DVD, et bien maintenant les américains auront le leur ! Ils vont être content ! Surtout avec un titre pareil, franchement "coup de poing".

Et nous, et bien nous ne mentirons pas en disant que nous n'espérons quand même pas une distribution chez nous, parce que bon, rigoler ça va un moment mais faudrait quand même pas déconner !

[Ciné] 300


300
(2006)
Cap Cinéma, Blois (41)


jeudi 5 avril 2007

Les Contes de Terremer (Gedo Senki)

Bon on est allez le voir hier et, que dire... Une première réalisation forcément bancale mais prometteuse.

Commençons tout d'abord par les bons points. On peut d'ores et déjà dire que Miyasaki fils sera très doué s'il persiste dans ce domaine. Sa mise en scène, certes débutante, fait preuve d'inexpérience mais est loin d'être plate ou sans talent. Bien au contraire, Miyasaki démontre un savoir faire conséquent et nul doute qu'il évoluera très rapidement par la suite.

Preuve en est cette volonté à ne pas tomber dans le piège du "c'est comme son père": ici pas de petites bestioles kawaï (les noiraudes, les esprits de la forêt de Mononoke, le hamster et le petit oiseau de Chihiro, Calcifer, etc). Tout juste un lama en guise de monture, un petit agneau croisé vite fait à un moment, mais c'est tout. Si le spectateur s'attendait à ce repère habituel de Miyasaki père, il faut qu'il comprenne maintenant qu'il a affaire à quelqu'un d'autre ayant sa propre identité.

Ainsi les humains sont traités de manière très différente, peut-être même un peu plus cruellement que chez Miyasaki père. N'avons nous jamais, dans n'importe quel Ghibli, vu un homme "mauvais" se laisser aller à une bassesse tel que la pulsion de viol ? Et pourtant ici ce trait est montré sans détour lorsque le chef des esclavagists se met en tête de "profiter" de Therru, tentant de lui arracher ses vêtements.

De même, la notion d'homicide et de folie est ici bien plus présente et plus expressive. Si nous avions quand même vu un Ashitaka démembrer ses adversaire avec sa force de démon dans Mononoke Hime, ici les réactions d'Arren sont fondamentalement différentes. Bien que "possédé", c'est sciemment qu'il s'emporte dans le cycle de la violence, abordant un sourire sadique surprenant et possédant un véritable regard d'assassin, prenant plaisir à l'acte de brutalité. A voir par ailleurs le film s'ouvrir sur un parricide d'une rare violence et d'une rapidité à surprendre.

La folie meurtrière représentée par Arren n'a jamais été aussi palpable et terrifiante de tout Ghibli, même devant les actions guerrières de Nausicaä et le désire de vengeance de San dans Mononoke... Sans verser dans un genre différent de son père, Goro Miyasaki parvient à établir sa propre thématique (qui se cherche encore), peut-être plus mature, en tout cas beaucoup plus frontale puisque montrée sans fioriture ni grand spectacle (à la différence de la folie de la guerre dans Nausicaä par exemple, sensiblement perdue dans l'ampleur épique de l’œuvre).


Arren n'est pas le seul à être pourvu de cette particularité, et un être androgyne se perd devant nos yeux dans les méandres de la folie pure et simple d'une façon assez conséquente. D'abord "mégalo" comme tout grand méchant de base, celui-ci se déforme tant physiquement que mentalement pour atteindre le point de non-retour après sa tentative de meurtre envers la jeune Therru. Titubant tel un zombie, ses orbites vides grossissant ou rétrécissant, et doté d'une petite voix, celui qui était un être reptilien et charismatique en diable est alors une créature pathétique irrécupérable. Impressionnant.

Autre changement, l'importance de la petite fille "héroïne" de l'histoire. Car on le sait, la Femme a énormément d'importance chez Miyazaki père et ça depuis toujours. Et quand bien même un jeune garçon est au centre de l'histoire (Le Chateau dans le Ciel, ou encore Mononoke), la fille le remplace à tous niveaux. Ici pourtant, la jeune Therru n'est qu'un second rôle dans l'histoire. Plus en retrait dans le rôle, plus en retrait dans le comportement. Et pourtant si présente et si importante car nous avons là aussi une figure de femme forte: jeune fille portant une cicatrice de brûlure sur le visage, témoin constant de sa condition de parias, elle se rebelle de façon considérable face à ce qu'elle estime être détestable ("ceux qui ne respecte pas la vie"), renvoyant à Arren ce qu'il "est" (sa colère meurtrière, mais aussi son effacement face à la vie et aux autres). Nul doutes que Miyazaki père aurait traité le sujet bien différemment en donnant à Therru un rôle plus présent dans toute cette histoire...

Passons enfin sur le graphisme qui, aux premiers abords, semble identique à celui de Miyazaki père. Goro ne cache pas son admiration pour le trait de son paternel et a lui-même décidé de le conserver. Et pourtant là encore on note une différence, bien que très légère. L'air de rien, on se retrouve avec des chara-designs éloignés des productions Ghibli habituelles. Oh certes nous retrouvons beaucoup de visages "classiques" de figurants ou de rôles secondaires (notamment le chef des faiseurs d'esclaves, clone du laquais de la femme en armure de Nausicaä), mais il faut reconnaitre une diversité bien plus importante des physiques. Le comportement influe énormément sur le graphisme, et, si le personnage de l'Archimage Épervier reste du Miyazaki père 100% pur jus dans son apparence, son calme et son placement dans l'histoire lui donne une stature et une allure fondamentalement différente des héros Ghibli (pour preuve, revoir dans Nausicaä ce personnage de héros et tuteur combattant, en comparaison).

Sur de petits détails cette différence se fait ressentir: les cheveux se hérissent moins lorsque les personnages ont peur ou sont énervés (là où Chihiro semblait être passée sous une ligne à haute tension !), les larmes sont beaucoup plus réaliste et font moins "torrent", etc... Bref, si le style est encore à ses tâtonnements (et c'est normal), il est déjà perceptible et on à hâte de voir où ira l'évolution.

Au scénario, malheureusement, on ne peut strictement rien dire. Car en dehors de la mise en scène focalisée sur Arren plutôt que Therru, il faut dire que Goro ne prend pas encore trop de risque. Les Contes de Terremer sont, à la manière du Château Ambulant, une adaptation d'un roman anglais. Forcément, les deux pays sont très différent et surtout Les Contes forme le 3ème volet d'une saga, là où Le Château Ambulant était une histoire fermée car un simple one-shot.

Et le plus grand défaut des Contes, c'est indubitablement son scénario. Un récit perdu aux milieux d'autres et qui paraît presque anecdotique quand raconté en-dehors de sa saga. Et oui, Gedo Senki fait presque preuve de publicité mensongère pour le coup: pas de dragon ou presque, pas de rapports entre ces créatures légendaires et les humains ou si peu... Ici, il s'agit simplement de l'introduction des personnages d'Arren et Therru, et de nombreux éléments restes très flous.

Le film, comme Le Château, va forcément décevoir lors d'une dernière partie trop précipitée et confuse. Quelle est cette histoire de "véritable nom", qui est ce "fantôme" qui persécute Arren ? Quels sont les véritables liens qui unissent Épervier avec le mage androgyne ? Qui est le père d'Arren et qu'est-ce que cette épée "magique" ? Et enfin, pourquoi la magie semble dépérir et que les dragons s'entre-tuent ? Autant de questions auxquelles nous n'auront jamais de réponse à moins de s'attaquer à la saga littéraire.

A noter d'ailleurs que Miyazaki père hésitait, à l'époque, laquelle des  deux œuvres il voulait adapter et que c'est Le Château Ambulant qui a fini par l'emporter. En regardant les deux films et en voyant la déception que procure la dernière partie du Château, on ne peut s'empêcher de se dire que les choses auraient dû être différente. Par son expérience, le père aurait dû adapter Les Contes tandis que le fils aurait pu se faire plus facilement la main sur Le Château...

Oui, Gedo Senki aurait mérité à être traité de façon différente car Goro commet deux erreurs. La première est d'avoir choisi une petite histoire se situant au centre d'une plus grande, et la seconde c'est de s'être malheureusement laissé prendre au piège de l'adaptation de sa façon le plus basique. Les Contes, loin d'être une grande œuvre cinématographique, n'est qu'une simple retranscription du livre.

Ce qui n'est pas un défaut en soi le devient par la force des choses, lorsque l'on se rend compte que Goro Miyazaki n'a rien à montrer. Il suit les errances d'Arren, la vie des protagonistes, puis arrive le final avec ses flous et ses questions en suspens... Nous allons d'un simple point A à un point B à la manière d'n livre simpliste et sans personnalité. Gedo Senki s'enlise dans un rythme lancinant, pas désagréable mais pas prenant, nous rendant spectateur de son histoire plutôt que de nous y plonger purement et simplement.


A cela se rajoute une sobriété visuelle inhabituelle pour une production Ghibli. Point de détail foisonnant, d'explosions visuelles et d'images donnant le tournis. Tout est centré sur les personnages et l'intrigue, n'accordant des détails en second plan qu'en de rares occasions. Les décors, aussi magnifiques soient-ils, restent très simples et ne témoignent pas de cette vie que l'on retrouve chez Miyazaki père. Les termes "pauvres" ou "tristes" ne seraient pas approprié, cependant il faut reconnaitre que si le film ne manque pas d'ampleur a proprement parler, un peu d'animation et de vitalité n'auraient pas été de trop.

Adaptant un roman étranger, Goro n'a malheureusement pas pu gommer les défauts intrinsèques de l’œuvre de base. Son film semble s'enfermer dans un carcan de moralité et d'un certain sens de manichéisme purement anglais (et déjà présent dans Le Château). Évidemment c'est la différence culturelle qui le veut, mais il n'empêche que se voir ressortir les idées de "côté obscure" et de "force de la lumière" devient assez gavant et amoindri l'impact que cet univers peut avoir sur le spectateur.

Rien de bien grave, mais on aurait préféré que Goro adapte le roman à sa sauce plutôt que de vouloir le coller à la phrase près, de peur de se perdre dans sa tâche. Cela reste une erreur de débutant qui, on imagine, sera corrigé en temps voulu. Après tout Les Contes est une première réalisation et nul n'est parfait !

Au final Gedo Senki est un bon film, une œuvre prometteuse pour une première réalisation, mais peut-être le plus faible de tous les Ghibli !


PS. J'en profite pour dire que la musique est, une fois de plus, tout bonnement sublime avec une consonance très Irlandaise absolument ravissante, bien qu'elle ne marque pas de "thème" musical particulier comme on en trouve chez Miyazaki père,

PPS. Encore une fois, félicitations à la VF qui trouve le moyen d'appeler un "lama" un "cheval" ! Mais jusqu'où iront-ils ces français ?