mercredi 25 octobre 2006

[FRAGMENTS] Les Dents du Cauchemar

– A Nightmare on Elm Street –
LES DENTS DU CAUCHEMAR


L’enfant fixait l’écran, comme hypnotisé. Le film touchait à sa fin et il était littéralement plongé dans l’histoire. Il n’avait même plus conscience de la position délicate qui était la sienne et qui, pourtant, l’avait mis si mal à l’aise.
Alors qu’il aurait dû se trouver au lit depuis longtemps, il lui avait fallu ramper hors de sa chambre, ouvrir doucement la porte pour qu’elle ne grince pas, se frayer un chemin dans le noir à pas de loup et surtout ne pas réveiller le chien (ou marcher dessus), puis accéder à la salle où se trouvait la télévision. Là, il avait dû batailler avec la télécommande pour pouvoir baisser le volume au minimum dès que le poste fut allumé, et trouver un son audible mais très faible afin ne pas se faire entendre.
Chacune de ces actions avaient ravivées en lui sa crainte de réveiller ses parents malgré l’excitation de pouvoir regarder le film, le troublant au point d’entretenir une inquiétude constante. La lumière émise par la télé ne serait-elle pas visible ? Le son encore trop fort ? Et si le chien faisait du bruit ou que les parents se réveillaient sans raison ? Le moindre son, même insignifiant, le faisait sursauter, son cœur battait si fort qu’il se demandait s’il ne s’entendait pas à l’autre bout de la maison, dans le silence… Et puis la peur gonflait sa vessie et il se dandinait, mal à l’aise. Tiendrait-il sans aller au toilette ?
Les multiples publicités avaient mis sa patience à rude épreuve et il faillit presque abandonner. Mais quand le film commença, l’enfant oublia alors le monde qui l’entourait.

Le titre l’avait marqué. Les Dents de la Mer. Les scènes s’enchaînaient et les images s’imprimaient dans l’esprit du jeune spectateur: la fille hurlante, secouée dans tous les sens dans cette eau sombre, le geyser de sang et le matelas pneumatique crevé, le ponton arraché subitement… Et plus que tout, cette gueule béante entr’aperçu un instant pour gober un homme, juste avant qu’une jambe coupée ne sombre doucement dans l’eau…
Le requin n’apparut que brièvement mais l’enfant été terrorisé. Il s’attendait a le voir surgir à n’importe quelle instant, véritable figure du Mal, intelligente et sournoise. Avec son apparence aussi monstrueuse, sa taille et sa mâchoire impressionnante avec toutes ces dents, il était évident que cette créature le poursuivrait dans ses rêves.
Pourtant il ne détourna pas le regard, ne chercha pas a fuir. Il suivit la traque du grand blanc par les trois héros avec un frisson de plaisir, s’y sentant encore plus impliqué que dans n’importe lequel des Indiana Jones. ÇA, c’était de la grande aventure !
Enfin le requin mourut. Loin d'être rassuré, le petit garçon frissonna en voyant sa carcasse couler. N'avait-il pas entendu une sorte de grognement, comme un cri de dinosaure ? Le générique signa la fin du film et le charme fut rompu. Dur retour à la réalité. Avec milles précautions, il baissa le son et éteignit la télévision en priant pour que le gros interrupteur ne fasse pas de bruit. Il prit conscience du silence ambiant, et après tant d'agitation cela lui semblait bizarre. Après un tel déploiement de la magie du cinéma, la réalité lui paraissait mortellement ennuyeuse, et il aurait tout donné pour remonter à bord de l'Orca, au côté de Quint, Hooper et du shérif Brody. Mais cela ne changeait pas le fait qu'il avait tout intérêt à regagner son lit rapidement. Il serait difficile de se lever le lendemain mais le jeu en avait valu la chandelle, ça oui !

S'il se sentait en sécurité quant à son escapade de cette nuit, le petit garçon mis du temps à se détendre dans son lit. Autour de lui rôdaient les ténèbres de la nuit, cruelles et méchantes. Sournoises, comme le grand blanc. Sa peur de l'obscurité se mêla aux souvenirs de cette gueule énorme, aux yeux noirs, et il sentit son cœur battre aussi fort que durant le film.
Il visualisait les choses différemment désormais. Les silhouettes menaçantes des objets de sa chambre n'étaient plus les monstres de la nuit, et le noir n'était plus une entité maléfique. C'était un océan d'obscurité dans lequel on pouvait sentir la présence d'un gigantesque requin.
Refoulant autant que possible les souvenirs du film, l'enfant ferma les yeux avec force, comme si cela pouvait agir en une quelconque protection. Si seulement il pouvait s'endormir, il oublierait tout cela...
Confiant dans cette idée, il ramena les draps vers lui comme pour s'en recouvrir et attendit le sommeil. Et les rêves.

Il fut réveillé par une série de secousses régulières, comme si tout son lit s'était mis à tanguer. Ce qui l'alerta fut le petit bruit de clapotis qu'il entendait à chaque mouvement, un peu comme une barque sur l'eau. L'enfant ouvrit les yeux immédiatement, prit d'un mauvais pressentiment. Au-dessus de sa tête se dressaient les ténèbres, mais pas celle de sa chambre. 
Un ciel noir immense s'étendait partout où il portait le regard. Un néant infini. Il ne se demanda même pas où il se trouvait ni comment il avait atterrie là. Il tourna simplement la tête pour découvrir ce qu'il soupçonnait: autour de lui, il n'y avait qu'un océan.
Les eux étaient sombres, noires, parcourues de vaguelettes. Et sous cette apparence calme se cachait quelque de terriblement dangereux. Une présence menaçante. L'enfant l'avait ressenti, il savait qu'un monstre se cachait là-dessous. Un grand requin blanc.
Il demeura parfaitement immobile, tâchant de ne pas céder à la panique qui grandissait en lui. Ça ne pouvait pas être possible. Comment avait-il pu se retrouver là, subitement, alors qu'il dormait ? Il ne se perdit pas dans la recherche d'explications. Peu importe ce qui se passait, la peur était bien là. Malgré tout son courage, il ne pu s'empêcher de trembler et il sursauta en poussant un petit cri lorsqu'une brusque secousse fit trembler son lit au moment même où le bruit se fit entendre: c'était comme si un objet lourd était tombé dans l'eau, ou était sorti de l'eau. Comme la tête d'un gros poisson, crevant la surface.
Ça n'avait duré qu'une seconde et le calme était revenu, mais il savait que le requin était là, juste à côté de lui, et qu'il l'avait repéré. Allait-il jaillir des profondeurs pour l'attraper ? Cette idée lui arracha des larmes. Il voyait très bien la tête conique du squale émerger des eaux ténébreuses pour atteindre le bord du lit. C'est à ce moment que le petit garçon se redressa d'un bond. Il lui était venu l'idée que, allongé, il était vulnérable, car sa tête posée sur l'oreiller se trouvait alors proche d'un des bords. Ainsi positionné, assis au centre du lit, les genoux contre lui pour ne pas laisser traîner ses jambes, il pourrait mieux surveiller ce qui se passait autour de lui et se tenir éloigné de l'eau.
C'est avec une infinie précaution qu'il se mis à cette tâche. A chacun de ses gestes, il avait peur d'agiter le requin et s'attendait à tous moments le voir passer à l'attaque. A chacun de ses gestes, le matelas tanguait si dangereusement qu'il cru qu'il allaient chavirer. Mais la bête ne donnait toujours pas signe de vie. Évidemment c'était une ruse, le petit garçon le savait bien. La créature était bien là, sous l'eau noire, et sûrement très proche de lui.

Tâchant de trouver une position un peu plus confortable mais suffisamment pratique pour se mouvoir en cas de besoin, il toucha du pied un objet solide dans le lit. C'était sa vieille lampe torche, que son père lui avait donné pour chasser les monstres et les ombres de sa chambre. Instinctivement, il la prit dans ses mains en la serrant très fort contre lui. Est-ce qu'elle pourrait chasser le requin ?
Un clapotis le fit sursauter et il braqua la torche devant lui. Il ne capta que les ondulations de l'eau mais comprit que quelque chose venait, encore une fois, d'effleurer la surface. Retenant son souffle, il promena le faisceau lumineux dans la zone, s'attendant à découvrir la tête monstrueuse de la créature hors de la surface, mais ce qu'il accrocha l'intrigua. Petite, la forme flottait paisiblement et dérivait vers lui. Ce n'est que lorsque la chose ne fut qu'à une dizaine de centimètres de son lit que l'enfant l'identifia: c'était un chapeau.
Un vieux chapeau usé. Il avait dû appartenir à quelqu'un, se dit le petit garçon qui subitement se sentit mal. S'il y avait un chapeau ici, c'est que la personne qui le portait s'était fait manger par le requin !
Retenant son souffle, il fixa la chose se rapprocher de lui progressivement. La simple idée qu'un objet puisse se trouver hors du matelas, dans l'eau, lui était insupportable. Cela lui donnait une impression d'insécurité, de vulnérabilité. Si un chapeau pouvait tomber à l'eau, alors cela voulait dire que lui aussi pouvait tomber dedans...  

(...)

Texte inachevé, ce qui peut paraître assez inexplicable du fait que toute l'intrigue était planifiée à l'avance, et qu'elle devait être très courte. Conçu pour le projet Chroniques d'Ombre, cet écrit touche exactement au même sujet que celui de La Cicatrice, que je n'ai jamais fini non plus...

Les Roses d'Ombre, Chapitre 2


Nouvelle illustration à l'aquarelle par Lady A., pour notre jeu de rôle Ambre et la campagne Les Roses d'Ombre. La scène représentée se situe au début d'un nouveau chapitre, un moment de calme entre deux missions permettant aux personnages de se rapprocher. Nous y voyons la mystérieuse entité Deserty (silhouette encapuchonnée sur la gauche) apporter de nouvelles révélations à ses agents et surtout offrir à Premutos ce qu'il lui avait promis: ses souvenirs disparus.
Un processus qui s'avère douloureux tant physiquement que psychologiquement, le Chaosien redécouvrant alors d'horribles évènements et des pertes tragiques qui vont durement le secouer. A ses côtés, C. tente de prendre soin de lui, sans vraiment comprendre ce qui se passe...

Hélas il s'agit toujours d'une simple photo du dessin original, en lieu et place d'un fichier numérisé, d'où la qualité franchement moyenne de l'image et le cadrage hasardeux.

mardi 24 octobre 2006

C. et Premutos


Voilà un dessin fait par Lady A., apparemment durant ses cours. Il s'agit d'une illustration à l'aquarelle reprenant notre jeu de rôle d'Ambre, pendant lequel le personnage de C., traumatisée par son passé et en pleine recherche de l'homme qu'elle aime, rencontre Premutos.
Le Chaosien tente de venir en aide à la jeune femme, repliée sur elle-même et hantée par des souvenirs de viol et de souffrance qui la rende très méfiante envers lui.

Les tatouages sur le corps de C. sont en fait des cicatrices de scarification, faites par son agresseur après avoir abusé d'elle. Concernant ce détail, la dessinatrice regrette que les arabesques aient été un peu atténuées par le scanner, lequel a fortement diminué les couleurs et la qualité générale de l'image.


lundi 23 octobre 2006

Mater Lachrimarum: enfin !

Bien qu'aujourd'hui conspué, le maître italien Dario Argento revient donc sur le devant de la scène, non pas avec les Masters of Horror mais avec son prochain film, un vieux projet de très longue date qui n'est autre que LE film que l'on attend: le troisième volet de sa trilogie des Trois Mères.

1977: Le célèbre Suspiria, avec Jessica Harper tout juste sortie du chef d’œuvre Phantom of Paradise, et avec les Goblins à la musique. Ce premier film sur les Trois Mères nous présentait alors Mater Suspiriorum.

1980: Le psychédélique Inferno. C'était cette fois Mater Tenebrarum qui apparaissait, au son d'une sublime et entrainante musique du même nom, par Keith Emerson.

Désormais il semble que le fameux projet du troisième volet de cette trilogie (attention il ne s'agit que d'une trilogie thématique, et non pas de trois films se suivant réellement) va enfin voir le jour. Ce troisième film, dont le titre serait Mother of Tears, mettra donc en scène Mater Lachrimarum.

Malgré leur fâcherie, Asia et Dario tourneront apparemment ensemble pour cet ultime volet. Un rêve improbable dans lequel on aimerait retrouver également Jessica Harper. C'est cependant avec joie que l'on apprend que l'immense Udo Kier revient, très probablement dans le rôle du professeur qu'il incarnait dans Suspiria.

Le tournage débutera en Italie le 30 octobre prochain. Il n'y a plus qu'a espérer que tout se passe bien !

mercredi 18 octobre 2006

George Lucas, ce clown

Retard de news rattrapé avec cette petite photo que je trouve hilarante.

Récemment viennent de ressortir en DVD (coffret ou uniques) les 3 épisodes de la trilogie originale, à savoir La Guerre des Étoiles (ou plutôt Un Nouvel Espoir, comme il convient de le dire désormais), L'Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi. La raison de cette nouvelle édition est bien entendu la plainte des fans suite aux versions bidouillées et super moches dernièrement parues.

Surprise: Lucas aurait entendu les fans. Lui qui disait que cette bande de geeks étaient tombé amoureux de "films inachevés", voilà qu'il comble nos attentes ! Un geste de générosité ? Et non !

La vérité est toute autre: dixit Lucas, cette sortie permettra de savoir quelle version sera celle qui s'imposera et que les générations futures adopteront. Sauf que le Lucas, il est pas con, et il tourne tout à son avantage !

Ainsi les DVD sortant proposent certes bien nos films sans remontages dégueulasses ni rajouts horribles mais.... 4/3 uniquement comme à la bonne vieille époque de la VHS, et surtout une image et un son pas du tout restauré, mono d'origine et teintes périmées 100% d'époque.

Et oui ! On voulait les éditions d'origines et on a... Les éditions d'origines ! Comme quoi on aurait dû se méfier: tel le Djinn dans Wishmaster, le génie Lucas s'applique à prendre nos souhaits au pied de la lettre. Il est donc évident que tout le monde (enfin surtout les génération future... Et la génération actuelle d'ailleurs) se tournera vers une qualité d'image haute définition et un son en THX Quadri Sony Digital Laser (© Les Inconnus) !

D'ailleurs, si vous prenez au coffret, on vous offre les "nouvelles" versions en prime. Vous aviez déjà ces DVDs ? Ben vous l'aurez en double comme ça, et puis ça justifiera le prix !

Comme si transformer le terrible bad guy Darth Vader en simple clown ne suffisait pas...

On l'aura compris, George Lucas est un grand farceur et Star Wars est devenu la plus blague la plus cosmique de tout les temps.


Evangelion... Le retour !

Alors que beaucoup pensaient l'improbable (une adaptation live) – pas si improbable d'ailleurs puisque la rumeur va toujours de bon train, la série culte Neon Genesis Evangelion va donc nous revenir sous une forme tout bonnement inattendue.... En anime !

Quatre films pour être exact. Alors, suites ? Préquelles ? Évènements en parallèle ? Remake ? Et bien de remake justement, c'est presque le cas. "Presque" car le communiqué officiel ne l'annonce pas de cette manière afin de ne pas faire hurler les fans mais voyez plutôt le projet insensé: on garde la même timeline (1995
– second impact / 2015 – les Anges), on garde les personnages et les lieux et... On repart à zéro !

Rebuild of Evangelion, puisque c'est son nom, propose donc une version "grand public" de Neon Genesis. Une version "simplifié" surtout. Le communiqué nous l'annonce de lui-même: pas d'utilisation de "mots et phrases compliqués", bref tout le symbolisme inhérent à la série passe à la trappe (exit les répercutions des problèmes psychologique et l’interpellation au spectateur à la fin de End of Evangelion. En gros, pas de métaphores...) et se concentra sur l'histoire en soi (on tape sur la gueule aux Anges pour survivre). Idéal pour ne pas faire réfléchir son public et se rameuter plus de monde, notamment tous les réfractèrent de l’œuvre originale.

Ce Rebuild, ultra commercial dans sa démarche, cherche en fait à se faire un nouveau public tout en pariant évidemment sur l'intérêt des fans originaux. Le communiqué annonce que l'histoire est tellement différente qu'il n'y aura pas de redondance. On veut bien les croire puisque le but est d'aller vers le spectaculaire, déniant le réalisme de la série... "Ceux qui ne connaissent pas pourront voir sans risquer de ne rien comprendre et ceux qui connaissaient auront un matériaux différent devant les yeux".

Dans leur belle langue de bois, on nous explique qu'il ne s'agit pas d'un remake, d'un "retelling" ou de "re-creation" mais d'un "new work". Quelque chose de complètement nouveau qui se voudrait une antithèse de ce qui se fait actuellement dans le domaine de l'animation...

Belles paroles...

Alors concernant les changements, il faut tout d'abord s'attendre à une évolution graphique. Si l'équipe d’origine reprend bien le projet, on parle d'une évolution plus "moderne" du chara-design et une exagération du mecha-design pour pousser vers le "spectaculaire". Hmm...

Niveau scénario on ne sait pas grand chose même si tout ce que l'on connait sera remanié. Peut-on espérer un Shinji rebelle à la "bad-ass attitude", une Asuka toute gentille et une Rei bavarde ?! En tout cas une intrigue simplifiée et proposée pour les fans de Naruto, y a des chances...

A noter d'ailleurs que sur les sites officiels, tout ce qui existait à propos d'Evangelion (série, films et director's cut, manga original, jeux vidéos...) est désormais nommé "Old Evangelion" comme pour marquer une scission avec cette nouvelle franchise...

Je sais pas pour vous, mais moi ça le fait pas du tout...

jeudi 12 octobre 2006

[FRAGMENTS] Ambre – Une Question d'Endurance

UNE QUESTION D'ENDURANCE


« Tout n'est qu'une question d'endurance, avait dit Premutos. Physique et psychologique.
Essoufflée, la jeune Tao l'écouta à peine se répéter. Elle n'avait fait que courir toute la matinée et se trouvait à bout de forces. Épuisée, affamée, elle se contenta de haleter. Ses jambes tremblaient si fort qu'elle doutait pouvoir marcher à nouveau, quant à son estomac, il lui rappela qu'il était midi et qu'elle n'avait même pas prit de petit déjeuner. Cet entrainement à la traversée du Logrus était une véritable torture.
Quand tu y seras, continua Premutos, tu verras à quel point cela est éprouvant. Pour le corps comme pour les nerfs. C'est pour cela que je veux t'y préparer. L'exercice d'aujourd'hui portera là-dessus: endurer physiquement et émotionnellement. Prévoir et anticiper. Supporter l'esprit et le corps. Il n'y a rien de plus difficile que de se concentrer sur l'un quand on est attaqué sur l'autre. Et crois-moi, tu seras assaillit sans pitié.
A-attend !, hoqueta Tao. T-tu veux dire que... Que jusque là c'était qu'un... Un échauffement ?!
Absolument, tout ceci n'avait pour but que de t'affaiblir et te mettre en condition pour la véritable épreuve. Fatiguée ?
J'suis morte !
Parfait. Comme ça tu opposeras moins de résistance.
Il lui lança quelque chose qu'elle attrapa au vol. Un tissu étrange.
Des sous-vêtements ?, demanda t-elle.
Un maillot de bain.
Premutos désigna le lac dont elle venait de faire le tour au pas de course depuis l'aube.
Tu vas aller me faire quelques longueurs...

    Cachée derrière le gros arbre, la jeune femme enfila le deux-pièces avec curiosité. C'était la première fois qu'elle voyait de tels habits, et jamais jusqu'ici elle n'aurait soupçonnée leur existence. Elle avait bien portée des dessous ressemblant, mais ceux-ci étaient intriguant. La matière était étrange, souple et élastique, imperméable. Cela permettait au vêtement d'épouser parfaitement les formes de son corps. Tournant sur elle-même pour se regarder, Tao comprit que le maillot de bain lui allait parfaitement. Sa poitrine était mise en valeur mais sans exagération, sa quasi nudité la rendait belle mais sans être vulgaire. Elle était bien loin des lingeries aguichantes censées exciter les mâles: pour la première fois de sa vie elle se trouva simplement "mignonne".
    Elle se sentit à l'aise ainsi vêtue, ce "costume" était vraiment agréable. C'était comme s'il avait été fait sur-mesure pour elle. Son frère avait l’œil pour ce genre de chose, c'était certain. A cette pensée Tao sourit. Même s'il était son frère, il demeurait un homme, et elle une femme. Ça aussi elle trouva ça "mignon".

    Premutos contempla le lac, immobile et bras croisé. Il lui rappelait la rivière de chez lui, avec ses eaux calmes et apaisantes. Et le gros arbre lui renvoyait à celui au tronc noueux, plein de succulent fruits dont raffolaient les sirènes... Cet arbre derrière lequel, il y a très longtemps, Alexia s'était réfugiée pour enfiler son maillot de bain noir qu'il lui avait offert à son anniversaire. Cette journée avait été merveilleuse, et Alexia ne lui avait jamais paru aussi belle que dans cette tenue. Son corps sublime et presque nu qu'il n'avait cessé de dévorer du regard. Elle lui était apparu telle qu'elle était au naturel, magnifique, et il l'avait tant désiré... C'était juste avant qu'ils ne se mettent à parler mariage et que cela ne change irrémédiablement le cours de leur vie...
Premutos ?
La voix le rappela immédiatement à la réalité et il se tourna vers l'arbre. Il se figea un bref instant en voyant sa petite sœur.
    Tao se présentait à lui, légèrement intimidée. La tête basse et le visage légèrement empourprée, elle lui faisait face et s'était visiblement forcée à garder ses mains dans le dos pour ne pas se couvrir d'elle-même. Apparemment elle tenait à se dévoiler à lui malgré une légère appréhension.
Comment tu me trouves ?, fit-elle d'une toute petite voix.
    Le Chaosien la regarda de haut en bas. Son corps luisant de sueur lui livrait pratiquement tous ses charmes, c’en était déstabilisant. Elle était sa petite sœur après tout, et il se rendit compte qu'elle n'en restait pas moins une jeune femme aux formes matures. Admiratif, il prit de nouveau le temps de la contempler, de la détailler.
Ça te va à ravir. Tu portes bien le bikini !
Ah... C'est vrai ?
Il te plaît ? Si tu veux je te l'offre.
Un sourire illumina le visage de Tao. Sa gêne avait disparu et le cadeau de son frère lui faisait très plaisir. En fait c'était la première fois qu'on lui offrait quelque chose !
    Mû par une sensation étrange mais enivrante, elle se précipita sur lui pour l'enlacer. Elle ne comprit elle-même pas trop pourquoi elle venait d'agir ainsi, mais au fond d'elle-même cela lui semblait être la chose à faire. Et puis... C'était agréable. Loin de la repousser, son grand frère referma ses bras autour d'elle.
Je te donnerai le paréo qui va avec, aussi.
D'accord !
Tao se sentit légère, soulagée. Même sa fatigue sembla s'effacer au profit de ce petit instant de bonheur.
Maintenant va nager.
Maiiiiis... !

    Depuis la rive, Premutos observa sa jeune sœur se démener dans l'eau. Après quatre aller-retours, elle commençait véritablement à peiner et ralentissait la cadence. Elle n'en avait probablement pas conscience mais elle se montrait très athlétique au vu de son âge. Admiratif, il redouta néanmoins l'épreuve du Logrus. Malgré ses talents, Tao était totalement ignorante de l'environnement chaotique de ceux de leur race et n'avait subit aucune formation véritable. Lui-même n'était ni professeur ni expert en la matière et ne pouvait lui enseigner que les rudiments, accompagnés de quelques conseils...

(...)

Début d'une nouvelle inachevée qui devait tourner autour de Premutos et de Tao, personnage encore très récemment créée et dont j'ai décidé de faire devenir la petite sœur du Chaosien. L'histoire devait se dérouler après leur première rencontre, lorsque le jeune homme prend l'adolescente sous son aile et la prépare pour en faire une Chaosienne capable de voyager à travers les mondes une condition nécessaire pour sa survie, puisque leur père est décidé à supprimer cette héritière trop encombrante pour lui.

Ayant grandit seule sur une Ombre de type médiévale et agressive, Tao est mentalement instable et boderline psychopathe, ayant appris la Nécromancie et utilisant la sorcellerie pour se débarrasser de ceux qui la gène. Ancienne prostituée, elle n'a également aucun contact véritable avec les Hommes et le comportement de Premutos la trouble énormément. La nouvelle, se déroulant quelques temps après leur premier contact, devait montrer l'évolution de ses sentiments qu'elle ne maitrise pas du tout.

La suite devait narrer l'entrainement difficile de Tao en préparation de l'épreuve du Logrus, cela impliquant une parodie des montages sportifs dans les films type Bloodsport ou Karate Kid, ce qui inclue une séance de chatouilles et l'utilisation de Purnis, créature de type gazeuse dont l'origine remonte au forum d'Ambreworld...