jeudi 20 juillet 2006

La Mort au Large (L'Ultimo Squalo)

La Mort au Large, alias L'Ultimo Squalo (le squale ultime, ça c'est du titre !) est un film "bis". Les bisseries sont des spécialités du cinéma italiens périodes 70-80, surtout 80 en fait, et un peu 90 aussi faut dire... Je ne parle pas des "Western Spaghetti" (non attribué par les américains pour fustiger des westerns meilleurs que les leurs !) mais des sous- quelque chose. Sous-Indiana Jones, sous-Mad Max, sous-Alien... Des ersatz à la pelle reprenant le thème du film à succès du moment pour se faire un petit paquet de pognon même quand on est fauché. Le film de zombies est celui qui fit le plus d'émules par ailleurs. Grâce à ces films on retiendra quelques noms, comme Lucio Fulci (pour Zombi 2 surtout, meilleur bisserie de tous les temps), Bruno Mattei (Les Rats de Manhattan et Virus Cannibal), Lamberto Bava (le fils d'un Mario très connu et très doué), Umberto Lenzi (Cannibal Ferox pour le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato) et Enzo G. Castellari avec ses Guerriers du Bronx, qui nous livre ici un sous-Dents de la Mer.

Surfant (huhu) sur le grand succès de ce film parfait qu'est Les Dents de la Mer (et non, Jaws ne se limite pas à un requin mal fichu et une zic très connue, regardez-le une nouvelle fois pour voir), La Mort au Large raconte comment un grand requin blanc de taille peu commune (entre 12 et 15 mètres !) et à l'intelligence redoutable sème la panique dans la ville portuaire de South Bay. Le maire, en pleine période de candidature pour être Gouverneur, refuse d'annuler la grande compétition de planches à voile de l'année et c'est le drame: on se fait croquer à tours de bras...

Une intrigue qui dit vaguement quelque chose mais bon, quant on sait que Nu Image pille encore parfois au dialogue près le scénar de Jaws quelques 30 ans après, on en tient pas trop rigueur. La Mort au Large ne va pas plus loin que ça et se contente de nous balancer d'ennuyeuses séquences de blabla à la con et quelques moments "choc" avec son requin qui mange les gens... Le problème c'est que le-dit requin se trouve être soit un jouet sous-marin aux allures de dauphin (!), soit une batterie de stock-shots où la bête n'a jamais le même gabarit (!!), soit une grosse tête qui sort de l'eau façon Dents de la Mer, mais en un peu plus rigide et bouffi et poussant un cri de dinosaure (?!!). Une bêbête à l'intelligence par ailleurs assez surprenante, sûrement pour ne pas usurper son "Ultimo" du titre: vas-y que je fais tomber des pierres pour bloquer des plongeurs dans une grotte sous-marines ou que je réussi à en emmêler un autre dans des câbles pour l'emporter au large... C'est complètement con mais qu'est-ce qu'on se marre ! Reste les classiques morsures qui, elles, montrent l'étendu du budget réduit: point de bouillon de sang, tout juste un ou deux morceaux de mannequins pour simuler des membres orphelins.

Un budget si mince que le requin n'est visible que très peu de temps, au point que le réalisateur reprend le truc de Spielberg avec la bouée flottante et que les mannequins propulsés en l'air et les maquettes d'hélico sont légions. Avec sa musique hypnotisante de simplicité, le jeu de comédiens tout droit sortit de l'ANPE et son esthétisme eighties tout bonnement affolant (on passe ainsi le plus claire de son temps à mater le bermuda du figurant qui trouve le moyen d'être toujours plus moche que les autres), La Mort au Large est un bon petit nanar qui se laisse voir malgré son titre mensonger (La Mort Près de la Côte aurait été un titre plus juste, le requin ne s'aventurant jamais plus loin que cette eau claire et limpide: on voit la démarcation du niveau de la mer !).


Et pour l'anecdote: les films "bis" étant avant tout destiné au marché américains (personnages aux noms américains, redoublage anglais, drapeaux des USA visibles partout), La Mort au Large gagna le pays sous le titre de Great White. Manque de bol: Hollywood est en pleine conception des Dents de la Mer 3 et apprécia moyennement que l'on vienne marcher sur ses plates-bandes ! Procès: le film est alors interdit pour des raisons de plagiat... Cela ne gêna cependant pas certains petits éditeurs dont un espagnol qui sorti carrément le film sous le titre de... Jaws 3 !

Maintenant quant on compare La Mort au Large aux Dents de la Mer 3 (ou 4) pour savoir lequel est le plus raté et bien... Et bien cela mérite réflexion...!

mercredi 19 juillet 2006

[Ciné] La Colline a des Yeux


La Colline a des Yeux
The Hills Have Eyes (2006)
Cap Cinéma, Blois (41)


Mad Movies #188 (Juillet 2006)


Un bon retard pour le numéro double de cet été, mais bon on est habitué maintenant.

Pour ouvrir le bal: une double couverture reprenant la grande affiche du Devil's Rejects  de Rob Zombie. Classe, il est vrai (et ça change de certaines couv' honteuses). 132 pages de magasines qui se lisent en trois quart d'heure pour le reste, mais l'actualité est suffisamment intéressante pour qu'on s'y replonge avec plaisir.

Les Notules Lunaires nous apprennent que Snoop Dogg s'apprête à sortir un film d'horreur à sketch, Hood of Horror, que l'on espère saignant (et sans rap), tandis que Dans les Griffes du Cinéphages nous renvoi les habituelles petites critiques des dernières sorties: Takeshis', Origine, la ressortie de Nausicaa au cinoche (pays de retardé !), le risible Stay Alive, mais également Fast and Furious 3 par exemple...

On tombe quand même dans le vif du sujet durant les previews (ne parlons pas de celles de Pirates des Caraïbes 2, ou du futur merdique Pulse
– remake de l'excellent Kairo par un Wes Craven complètement à la masse, qui font plus office de remplissage qu'autre chose): le Frontière(s) de Xavier Gens, un Survival français apparemment gore, violent et immoral. Les propos du réalisateur font plaisir et les premières images font envie ! On parle aussi du très Z dans l'âme Des Serpents dans l'Avion avec Samuel L. Jackson et des déboires du pauvre Michael Mann pour son adaptation cinématographique de sa série Miami Vice.

On attaque ensuite l'actualité avec une double-chronique sur House of 1000 Corpses et Devil's Rejects, avec interview du Rob, mais aussi mini-interviews de Sig Haid, Sherry Moon Zombie, Bill Moseley et Ken Foree (le black héros de Zombie pour ceux qui ont la mémoire courte). Un grand moment ! Mad Movies nous parle également de Superman Returns, visiblement plutôt raté, Singer reprenant ses défauts de X-Men 1 et 2 pour les amplifier, avant de revenir au bon film de genre avec Wolf Creek puis le dernier opus de Michele Soavi (le sublime Dellamorte Dellamore): Arrivederci Amore, Ciao, interview du coupable en prime.

Les plus courageux s'attaqueront au papier sur la seconde saison de Lost, mais perso j'en ai rien à faire (j'ai même pas vu la première), ainsi que sur Rome, mais on préfèrera se jeter sur l'article des animes Gilgamesh et la nouvelle saison de Ghost in the Shell. Puis on fini l'actualité avec un rapport sur le marché de Cannes où l'on y parle du fameux Labyrinthe de Pan de Del Toro, mais aussi du Election 2 de Johnnie To, du dernier Bruno Mattei (un Women in Prison !) et quelques autres...

Les rubriques restantes nous donneront une interview carrière de Robert Kurtzman (voir Wishmaster), des chros sur divers DVDs (un très bon zone 1 de Funny Man, Alexandre Bustillo qui doit encore fumer pour être la seule personne au monde à défendre le House of the Dead de cette grosse nouille de Uwe Boll) et JPP termine enfin les "C" pour s'attaquer au "D" de son Fantastic Guide !

Enfin, le DVD Mad du mois n'est autre que La Mort au Large de Castellari, fameuse bisserie ersatz des Dents de la Mer qui s'est même vu être poursuivi en justice aux USA par les producteurs de la saga ! Une copie impeccable pour un DVD quand même bâclé, car pas de v.o. encore une fois, et ça commence à devenir une très mauvaise habitude.

mardi 18 juillet 2006

Preview: Night of the Living Dead 3D

Comme on le sait, La Nuit des Morts-Vivants est tombé dans le domaine public pour une histoire de copyright mal placé. Ce pauvre George Romero s'en mord toujours les doigts pour cette erreur de jeunesse, mais tout le monde sait qu'on doit lui attribuer la paternité de ce chef d’œuvre.

Le fait que le film soit libre de droits aura permit à un bon nombre d'éditeurs peu scrupuleux de ressortir ce classique dans des versions plus ou moins fidèles (une colorisée, par exemple), ainsi qu'à ce faux ami de John Russo, scénariste original ayant quitté la Team Romero pour une histoire de divergence quant à la façon de faire évoluer l'histoire des morts-vivants (et croyez moi, sa version de la suite à La Nuit est, euh... Ben, mieux vaut Romero quoi), qui est allez jusqu'à retourner des scènes en vidéo pour sortir une version rallongée du film original, défigurant l’œuvre une fois de plus.

Si un pseudo remake était déjà sorti en 1988 (Flesh Eater, de et avec Bill Hinzman, le 1er mort-vivant à apparaître dans la saga), c'est Tom Savini qui, en 1990, sort un premier véritable remake produit par Romero lui-même, dans le but de s'attribuer officiellement, juridiquement parlant, la paternité de La Nuit et de se faire dessus un peu l'argent pour récupérer qu'il n'a jamais reçus la première fois. A la surprise général, Savini livre un "bon" remake, jouant sur ce que l'on connait du film original pour nous surprendre, changeant complètement de direction pour certains personnages et offrant au majestueux Tony Todd le rôle de Ben. La légende dit que Romero serait jaloux du résultat.



Désormais, voilà que
va sortir ce Night of the Living Dead 3D. L'intérêt ? Se faire du fric bien sûr, mais cette fois pas de Romero, ou quiconque de l'équipe original derrière ça. Juste un petit opportuniste qui profite de la vague actuelle des remakes pour se faire de la thune en proposant une relecture apparemment pas du tout fidèle. Et si les zombies ont l'air plutôt bien foutu et que Sid Haig, (revenu à la mode grace à Rob Zombie avec House of 1000 Corpses et The Devil's Reject) est de la partie, ça sent le faisandé... Le montage à l'air de montrer quelque chose qui assure, mais il ne faut pas être dupe: tout cela semble cacher un film cheap, pas loin, au mieux, d'un Dead & Breakfast, au pire d'un (nul !!!) Day of the Dead 2: Contagium. La preuve en est ce SMS, reprenant la fameuse réplique "They're coming to get you, Barbara !" tout bonnement ridicule, ou encore la fameuse idée de 3D.


Car oui, à la manière de Spy Kid 3 cette nouvelle Nuit sera filmée de façon à la voir en 3D, via une paire de lunette. Comme dans les bonnes vieilles 80s avec ses Amityville 3D, ses Dents de la Mer 3D ou encore Vendredi 13 3D... Tout un remake juste pour ça ? Ça fait mal quand même...

En attendant d'en savoir plus voici le site officiel, mais moi je commence vraiment à en avoir ma claque de ce manque
flagrant de créativité aux States...


vendredi 7 juillet 2006

Black Cat, T.19

Les derniers numéros de Black Cat commençaient à s'embourber dans le Shonen classique avec cette succession de combat dans le repaire du grand méchant, chaque héros ayant son rival ou son adversaire bien particulier. Il était à craindre que la série ne deviennent l'un de ses multiples mangas sans fin à la Naruto ou Shaman King, souffrant du "syndrome Dragon Ball Z", mais heureusement l'auteur ne nous fera pas cette affront et entame là son avant dernier volume.

Ce tome, "Comme un Vrai Nettoyeur", se présente pourtant comme les volumes précédents. Rien de particulier, ni révélation ni cliffhanger spécifique, à tel point que si on nous annonçait que dix autres volumes suivent derrière, on y croirait sans problème. Ainsi le manga s'ouvre sur la suite du combat entre Sephiria et Creed, lequel prend l'avantage grâce à ses nanomachines. Pendant ce temps nos héros se prennent un peu la tête avec les Chrono Numbers qui pourtant disparaissent complètement de l'histoire (une page pour montrer Janus et Lin se livrer à un futur combat, quelques cases pour Kranz et Bardolias qui prouvent que les méchants son vraiment méchant et qu'il ne faut pas se laisser aller à la bonne moral de sauver toutes vies). Point de combats entre eux mais, comme par hasard, encore un groupe de cyber-adversaires histoire de rallonger l'arrivée au dernier boss ; Eve et Sven se débrouillant seul avec eux alors que Train va enfin se confronter à Creed... Un affrontement qui commence bien et dont on verra la fin la prochaine fois.

Si le manga est toujours aussi bien dessiné et agréable, on est quand même déçu, arrivé à l'avant-dernier volume, de perdre toute l'originalité de ce qui faisait le début de la série et surtout de ne plus voir les persos secondaire être développés... Ainsi Rinslet et Yoko ne reviennent plus (et Rin depuis pas mal de temps déjà), Ekidona semble jouer les faire-valoir, le singe Eathès devient l'habituel "sous-fifre du méchant sauvé par un gentil, et qui deviendra gentil à son tours" tandis que Creed perd son amour pour Train et le considère comme un vulgaire ennemi (alors que toute l'originalité du manga été là: rendre le grand méchant  fou amoureux de son adversaire, pensant devoir le sauver !).

Dans le même ordre d'idée, on regrette la disparition de ce qui annonçait un background sur Sephiria (qui est vraiment le clone de ma Alexia du Chaos, c'est dingue). On se souviens d'une étrange illustration de celle-ci au volume précédent, nous la montrant enfant et enchaînée, de même qu'un dessin nous la montre ici encore une fois en bas âge mais... Rien. Et je doute que le numéro restant suffise a expliquer...

On essaiera de se consoler en lisant les bêtises de la team (où comment se faire peur avec les toilettes entre deux jours de travail) et une mini-histoire narrant la rencontre entre Sven et Train, toutefois bien trop courte pour être vraiment intéressante.

Fin de parcours pour Black Cat, ça se sent et ça désole, mais la série était toutefois suffisamment sympathique pour être suivie. On attend plus que le dernier volume pour livrer nos impressions globales. Vite vite !

jeudi 6 juillet 2006

Shark Attack 2: Le Carnage (Shark Attack 2)


SHARK ATTACK 2: LE CARNAGE
SHARK ATTACK 2
(2000)

En l’an 2000, Nu Image décidait de sortir une petite salve de films d’horreur animalier: Crocodile, Octopus et Spiders ainsi que Shark Attack, réalisé un peu en avance l’année précédente. Un an après leur sortie vidéo et les multiples diffusions télé, la firme décrète que ces petits produits sont suffisamment rentables pour recommencer l’expérience et commande alors une suite pour chacun d’eux, toutes réalisées le plus vite possible bien évidemment. Ainsi nous parvient ce Shark Attack 2 (rebaptisé L’Attaque des Requins Tueurs pour la télévision chez nous) qui, contrairement à ses petits frères, se veut une véritable suite à son prédécesseur. Ou presque, tant les éléments sont infimes, ce qui peut surprendre puisque ce sont toujours les mêmes scénaristes, Scott Devine et William Hooke, à la barre. Le réalisateur du premier film, lui, est remplacé par David Worth, dont la carrière n’est pas meilleur puisque outre le futur Shark Attack 3, il est responsable de plusieurs grosses séries B d’action comme les deux Lady Kickboxer avec Cynthia Rothrock et surtout du Kickboxer avec Jean-Claude Van Damme.



Et pourtant ça ne cogne pas vraiment dans ce deuxième Shark Attack, bien au contraire. Là où le film original se permettait de caser quelques fusillades, explosions et empoignades musclées, sa suite se contente de suivre le schéma extrêmement classique et fatigué de l’ersatz des Dents de la Mer. Voyez plutôt: A Cape Town, en Afrique du Sud, deux sœurs pratiquant la plongée sous-marine se font attaquer par un grand requin blanc qui dévore l’une d’entre-elle avant de se faire éborgner par la seconde. Une semaine plus tard, l’animal est capturé et exhibé dans un parc d’attraction aquatique (!) où se rend la survivante dans le but de se venger. Elle va être stoppée par un biologiste, dont elle va bien sûr tomber amoureuse, tandis qu’un accident va provoquer la mort d’un membre de l’équipe, dévoré par le requin, lequel va profiter de la confusion pour s’échapper. S’ensuit l’habituel avertissement du biologiste envers le propriétaire du parc d’attraction, un homme d’affaire fortuné qui minimise l’accident pour des raisons d’argent et qui va bien sûr refuser de faire fermer les plages à cause d’une compétition de surf, tandis que rôdent au-dehors non pas un, mais six squales particulièrement voraces. Alors que notre héros et sa nouvelle amie tente d’empêcher le massacre débarque une star de la télé, sorte de Crocodile Dundee qui veut profiter de l’occasion pour faire une vidéo à succès…



Par où commencer ? Shark Attack 2 accumule tellement de tares qu’on se demande même comment le résultat final a pu être validé et surtout commercialisé. Le scénario, tout d’abord, est l’exemple type de la mauvaise copie d’un grand succès écrite en vitesse, sauf que Les Dents de la Mer date tout de même de 1975 ! Il est évident qu’il n’est pas facile de faire un film sur des requins sans être comparé à l’œuvre de Spielberg, mais Shark Attack premier du nom donnait pourtant dans l’originalité en s’inspirant de Deep Blue Sea et en rebondissant sur une intrigue policière. Ici les scénaristes ont simplement reprit à l’identique la trame de Jaws, ainsi que des passages entiers du film (l’effet "Vertigo" sur le shérif lors de l’attaque de la plage, la photo avec le requin tigre que les pêcheurs pensent être l'animal tueur, avec le même plan d’ouverture sur la gueule béante du squale), mais également quelques éléments de ses suites ! Ainsi retrouve t-on le requin défiguré des Dents de la Mer 2 ou encore le parc d’attraction et la vedette de documentaire des Dents de la Mer 3-D. Du plagiat sans aucune finesse que les auteurs n’auront pas eu la décence de camoufler un tant soit peu...




Là dedans, le lien avec le premier Shark Attack ne se résume finalement pas à grand chose. Nous sommes toujours en Afrique du Sud et les squales ici présents sont en fait les descendants de ceux du premier film, ces derniers étant en fait des femelles qui se sont faites fécondées. Les nouveaux venus possèdent bien entendu de quelques caractéristiques particulières hérités du traitement génétique de leurs mères et se retrouvent avec un métabolisme quasi hors-norme, en raison d’un taux de globules blancs trois fois supérieur à la normal (?) ainsi que d’une légère difformité de la taille de la queue et de la nageoire dorsale, empêchant alors d’estimer leur âge (ce qui ne sert pas à grand chose puisque les stock-shots nous révèlent des requins normaux). Et à ce titre s’ils ont déjà une taille adulte, les bestiaux n’ont en fait qu’à peu près un an. De quoi fournir une très vague justification à l’agressivité excessive de nos squales, choses dont ne s’embarrassera même plus Nu Image avec Shark Zone deux ans plus tard…



Mais soyons honnête, il ne fallait pas en attendre trop d’un film de commande devant être réalisé au plus vite pour une distribution quasi immédiate. Octopus 2 va souffrir du même problème et afficher par ailleurs la même histoire ! L’ersatz des Dents de la Mer semble être le summum de l’économie chez Nu Image. Que le sujet ait été établit en vitesse semble presque normal, mais est-ce que cela excuse les faiblesses et les facilités du scénario pour autant ? Un film se nommant Shark Attack doit, par conséquent, comporter un certain nombre d’attaques de requins, hors celles-ci se font plutôt rare hormis un carnage très propre lors de la fameuse compétition de surf, quand elles ne sont pas tout simplement ridicules: l’évasion du requin en est l’exemple parfait. Ainsi un technicien devant nourrir la bête marche au bord de la piscine/aquarium sans se méfier d’une corde qui traîne là et, bien sûr, il se prend les pieds dedans. Mais le faire chuter dans l'eau serait trop simple ! Au lieu de ça Shark Attack 2 se croit dans un cartoon et la corde s’attache subitement en nœud coulant autour de la cheville de la victime tandis que le squale attrape l’autre extrémité depuis son bassin, tirant dessus pour attirer le malheureux dans l’eau. Mais à QUOI pensaient les scénaristes lorsqu’ils ont écrit cette scène ? Car si le film était une parodie, cela serait compréhensible, hors ce n’est pas le cas ! Et pourtant il faut se farcir des tirades franchement poussives (“Sharks are evil, they have to be destroyed !”) et des scènes caricaturales comme celle où le personnage principal rentre dans le lard aux requins en jet-ski pour leur passer l’envie de dévorer du surfeur, ou encore cette improbable séquence romantique où notre couple de héros roucoule sous fond musical, cheveux au vent, faisant du manège ensemble, jouant avec des enfants et donnant à manger à un écureuil avant de regarder le couché de soleil ! On vous rassure, ils auront vite fait de finir leur journée en faisant l’amour dans la piscine quand même. Quant au pourri de l’histoire, il ne se fait même pas dévorer !




Si la forme eût été plus soignée que le fond, peut-être que Shark Attack 2 aurait éventuellement pu être une aimable série B, nanar au possible mais avec un minimum de tenu. Las, c’était sans compter une réalisation fade, molle et inintéressée qui ne fait que transcender la nullité affligeante de l’ensemble. Très pénible à regarder, le film ne possède aucun sens du rythme, se dote d’effets spéciaux ridicules, d’un jeu d’acteur approximatif et se voit envahi d’une multitude de stock-shots très mal raccordés à l’ensemble. La représentation même de la ville où se déroule l’intrigue, Cape Town en Afrique du Sud, a de quoi laissé perplexe: les blancs y sont nombreux, certes, mais à ce point là ce n’est plus crédible ! Tout le monde y possède l’accent américain et il n’y a pratiquement aucun figurant noir. Mais l’élément ultime qui prouve que Shark Attack 2 est un mauvais film, celui-là même qui fait la célébrité de Nu Image, c’est le rugissement émit par les requins. Si le premier opus restait très réaliste dans son traitement, sa suite par complètement en vrille en ce qui concerne ses créatures…



David Worth et ses scénaristes nous présentent alors non plus des requins maladifs victimes d’expériences mais de véritables monstres vicelards, quasiment invulnérables aux balles et qui arrivent à éjecter des plongeurs de leur cage anti-requin à force de taper dessus ! Du grand n’importe quoi jamais justifié bien entendu. Au nombre de six, nos squales apparaissent toutefois très peu en groupe, sauf dans un climax qui fait appel à quelques CGI extrêmement laids ou lors du « carnage » du film auprès de quelques surfeurs où des maquettes en plastiques taille réelle sont utilisées. Et parlons-en de ces maquettes, car quiconque se moque du ballon de baudruche des Dents de la Mer 4 n’a jamais vu celles-ci ! Sans aucune articulations (pas même la mâchoire) et doté d’une peinture bleue un peu trop voyante (des requins bleus ?), elles ne sont pas du tout convaincante sauf en cas d’extrême gros plans, un cadrage sur quatre. Leur rigidité et leur texture en plastique lisse leur donnant des allures de gros jouets, autant dire que tout le potentiel de terreur qu’offraient les squales tombe à l’eau. Le pire reste toutefois ces ailerons mal découpés, regroupés par lot de trois ou quatre afin de simuler un effet de groupe !




Et il ne faut surtout pas compter sur les images d’archives reprises aux documentaires animaliers pour pallier à cet énorme défaut: là où Shark Attack avait su soigner son montage, les séquences sont ici balancées n’importe comment sans même se soucier de l’effet produit. On avait jamais vu aussi raté depuis Virus Cannibale ! Les apparitions subites d’appâts sont légion dans les plans sous-marins, remplaçant occasionnellement une pauvre victime pour faire office d’effet gore. Lamentable, surtout que les pauvres requins sont tout sauf agressif dans ces séquences dont le grain de l’image est radicalement différent de celui du reste du film. Un travail bâclé qui va devenir une constante par la suite chez Nu Image, puisque nombre de stock-shots seront recyclés dans d’autres productions sans qu’aucun effort ne soit fourni pour les intégrer correctement à l’ensemble. Les habitués peuvent alors reconnaître pêle-mêle une épave de bateau rouillé au fond de la mer, des mouvements saccadés d’attaques sous-marines avec une plongeuse, le vol d’un hélicoptère ou encore ce plan (filmé pour l’occasion cette fois) reprit des Dents de la Mer 2 d’un aileron de requin se rapprochant d’un bateau alors qu’une personne n’arrive pas à remonter à bord.




Ce beau bourbier ne serait pas complet sans se livrer à du suspense facile (gros plan de pieds d’enfants qui barbotent dans l’eau), à une mauvaise incrustation des FX (un requin avale un jouet pour le recracher ensuite sans même l’avoir abîmé !) et à des effets de bruitages préexistant et déjà milles fois entendus. Il serait simple de plaider l’incompétence absolue pour expliquer un tel spectacle, malheureusement c’est plus d’un dénigrement total des responsables qu’est victime Shark Attack 2. Sitôt annoncé, sitôt tourné, au point que personne ne s’est probablement jamais posé la moindre question sur la nécessité d’implication que demande la création d’un (télé)film. Au final ce métrage est sans aucun intérêt puisque techniquement mal foutu, scénaristiquement consternant et possédant un casting dénué de sommité dans le genre. Malgré la débâcle, Nu Image ne lâche pas l’affaire et arrive alors Shark Attack 3: Megalodon là où les autres productions ne vont pas survivre à leur deuxième opus. Une franchise est née.