vendredi 31 mars 2006

Richard Fleischer (1916 - 2006)


Alors que ce mois de mars se termine, il est désagréable de voir que celui-ci se termine sur une note tragique. Richard Fleischer, décédé de cause naturel à 90 ans, laissera derrière lui quelques grands souvenirs aux cinéphiles...

Nombreux sont ceux qui ont rêvé devant son 20.000 Lieues sous les Mers, produit par Disney et ayant à jamais iconisé le Nautilus du capitaine Némo (et montré à l'écran le plus grand poulpe de tous les temps !), ou encore devant quelques classiques de la science fiction comme Le Voyage Fantastique et surtout Soleil Vert (avec Charleton Heston et cette vieille tronche de Chuck Connors) qui marqua tout une génération.


Richard Fleischer ne fit pas que de la SF et s'essaya avec succès au peplum dans Les Vikings (avec Heston, encore, en bad guy balafré) ou encore Barabbas. Il fut également à la barre de quelques très bon thriller comme L’Étrangleur de Boston (premier film à utiliser le split-screen !) ou L’Étrangleur de Rillington Place dont la réalisation très documentaire renforce l'impact, mais également Terreur Aveugle avec Mia Farrow. On le trouve sur des policier et des films noirs avec Les Flics ne Dorment pas la Nuit (avec le très sympa Stacy Keach), Mr. Majestyk (avec Charles Bronson) ou encore L’Énigme du Chicago Express. Et il faut encore noter une œuvre maitresse, Tora ! Tora ! Tora !, co-réalisation avec Kenji Fukasaku et traitant de Pearl Harbor, ainsi que son Dr. Dolittle, comédie légèrement SF qui fut l'objet d'un remake avec Eddie Murphy bien plus tard.

Richard Fleischer a cependant connu une très malheureuse fin de carrière et le pauvre se vit devoir enchainer coup sur coup Amityville 3-D, un des opus les plus nazes d'une série déjà pas top, Conan le Destructeur, suite ridicule et ultra nanar d'un film qu'on a plus besoin de présenter, et Kalidor, spin-off de Conan sur le personnage culte de Red Sonja.

S'il nous quitte en raison de sa vieillesse, et qu'on ne peut s'en prendre à rien ni personne, il est quand même dommage qu'il n'ai pu avoir une seconde chance et reprendre son statut de grand faiseur avant de disparaître.

On se consolera comme on le pourra en revoyant la plus grande pieuvre du monde bouffer un sous-marin.


Films

1952 - L’Énigme du Chicago Express
1954 - 20.000 Lieues Sous les Mers
1956 - Le Temps de la Colère
1958 - Les Vikings
1962 - Barabbas
1966 - Le Voyage Fantastique
1967 - Dr. Dolittle
1968 - L’Étrangleur de Boston
1970 - Tora ! Tora ! Tora !
1971 - L’Étrangleur de Rillington Place
         - Terreur Aveugle
1972 - Les Flics ne Dorment pas la Nuit
1973 - Soleil Vert
1974 - Mr. Majestyk
1983 - Amityville 3-D
1984 - Conan le Destructeur
1985 - Kalidor (Red Sonja)

lundi 27 mars 2006

Mad Movies #184 (Mars 2006)


Un Mad sans retard pour une fois, ça fait bizarre !

Au sommaire de ce numéro, un jolie dessin
dans le courrier des lecteurs, illustrant la future préquelle du remake de Massacre à la Tronçonneuse, un petit article consacré au triste décès de Akira Ifukube (compositeur japonais ultra prolifique et associé à la série de Godzilla dont il aura crée le fameux cri), un bref compte-rendu de la 2ème Nuit Excentrique (Nanarland est cité) et un plus long sur le dernier festival de Gerardmer (où l'anime de FF7 sera bien entendu considéré comme de la merde, et où les Happy Tree Friends héritent d'un avis d'une nunucherie et d'une ignorance hallucinante), et beaucoup de pubs comme on en a désormais l'habitude.

Sinon il faut compter sur une preview de X-Men 3 et du remake de La Colline à des Yeux, qui s'annonce très sympathique (pas de Michael Berryman
– sacrilège !!! –  mais présence de Billy Drago), toujours les Masters of Horror avec cette fois le Sick Girl de Lucky McKee et la femme-cerf de l'excellent John Landis. Underworld 2 est aux honneurs puisque considéré comme une séquelle supérieur à l'original, avec critique, interview et petit article sur les effets spéciaux. On y  parle aussi de Destination Final 3 et la France est pour une fois à la Une avec l'animé Renaissance et la série Sable Noire. L'interview carrière se porte non pas sur un cinéaste mais sur un dessinateur désormais connu du grand public: Mike Mignola. Dommage que cela se conclu sur un coup de promotion (la série animée d'Hellboy sera très bien, blablabla), quant au film décrypté du mois il s'agit du culte Soleil Vert, avec Charlton Heston et cette bonne vieille tronche de Chuck Connors (Tourist Trap forever mec !).

Pour le reste c'est comme d'habitude (Fantastic Guide, notules, critiques DVD, Pin-Up...) et le DVD fourni est cette fois le très marrant Zombi 3. Réalisation de Bruno Mattei et Claudio Fragasso pour sûrement 90% du métrage, le pauvre et alors malade Lucio Fulci se retrouvant mis en avant alors qu'il aura toujours renié le film. Un nanar de haute volée cependant, dont on trouve ici la version "originale" américaine et la très marrante version française. Et c'est avec grand bonheur que l'on découvre une version "longue" contenant donc le fameux prologue tournée uniquement pour le marché japonais (un scientifique et son assistante réanime un cadavre asiatique dont la tête se déforme façon Troma). Reste que l'image est très floutée et qu'on pourrait même regretter sa VHS.
 

Hellsing, Vol.7

Ça y est, on approche enfin du climax de l'histoire avec ce septième tome.

Pendant que le QG d'Hellsing est attaqué, Seras Victoria va connaître une évolution radicale et devenir autre chose que la petite fille qu'elle était jusqu'ici, tandis que périra un personnage secondaire des plus sympathique... Dans la foulée, on lève le voile sur le passé de la jeune femme qui se révèle être des plus sombre (on comprend mieux pourquoi elle a décidé de s'engager dans la police), notre petit gros nazi s'enfonce de plus en plus dans la folie et le Vatican entre enfin en scène.

Gore et violent, Hellsing 7 l'est. La guerre se fait encore plus violente avec l'arrivée d'un millier de Paladins sous les ordres du désormais Archevêque Maxwell, tous préparés à exterminer du vampires nazis comme du pauvres protestants innocents. Les combats se font dantesque et la sensation d’œuvre épique grandit de plus en plus: Maxwell pète complètement les plombs en se livrant à un véritable génocide, les persos de Crossfire arrivent dans l'histoire, Anderson est de retour et il est pas content, allant jusqu'à montrer des signes d'opposition face à son supérieur, tandis que Seras lutte contre la puissante illusionniste Zorin et que Walter revient, rajeunit et au côté d'un certain loup-garou (aurait-il été mordu...?).

Alucard, grand absent du volume, annonce cependant son retour en une imagerie forte de signification lorsqu'il débarque à Londres à bord d'un nouveau Demeter (le porte-avions russe se nomme le Dimitri). Dracula dans toute sa splendeur.

A côté de ça, l'humour habituel de Hirano avec ses dessins déformés (dont en couverture sous la jaquette une "figurine maléfique" représenté par une poupée Seras aux gros seins).

Vite la suite !

dimanche 26 mars 2006

dimanche 19 mars 2006

Ambre – Première Neige Sanglante, Chapitre 1

PREMIÈRE NEIGE SANGLANTE
par Letalis d'Ambre


‒ Notre Père, qui êtes aux Cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre Règne arrive, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel, disait Sœur Bénédicte, à genou devant la grande croix de l'Église Mère, au fin fond des montagnes alpines de France.

Voilà ma vie, voilà les seuls mots prononcés chaque jour. Une répétition incessante de suppliques à un homme que je n'ai jamais rencontré, bien que je sois là depuis bien longtemps. Je m'appelle Letalis Feldane, mon passé, mon présent, mon avenir ne sont pas intéressant. Mais Mère m'a ordonnée d'écrire un récit sur ma vie jusqu'à maintenant.
Je ne suis pas au bord de l'agonie, je ne souffre pas, je ne hais pas, je n'aime pas, je suis juste là. J'expire, j'inspire, mon cœur se gonfle, se dégonfle, mon esprit pense, voilà ce que je suis.
« Exprimes tes sentiments les plus profonds, tes souvenirs les plus lointains. » Ce sont les paroles de ma mère, une Princesse d'Ambre. Je ne comprends pas vraiment ce qu'elle veut me dire et je m'en moque. Je ne fais pas ça pour elle, mais parce qu'au final, cela me rapportera quelque chose.
Je commence a parler pour ne rien dire, c'est ennuyeux.
Bien commençons donc le récit de ma vie.



Je suis née il y a bien longtemps, dans un royaume appelé Ambre. Ma mère Florimel m'a élevée pendant les premières années de ma vie, m'apprenant toute l'histoire de notre famille et de mon sang. Mon nom signifie littéralement en latin, mortel, qui cause la mort, ou encore meurtrier, qui donne la mort. Je crois que cela résume parfaitement ce que je suis. Et j'en suis fière.
Après cette époque d'apprentissage avec ma mère, je pense qu'elle s'est lassée et m'a envoyée dans un couvent sur l'Ombre Terre, dans une contrée reculée appelée Haute Savoie, dans un pays nommé  France...
Mais passons les détails, c'est soporifique...

‒ Letalis, tu vas aller vivre ailleurs a partir d'aujourd'hui, m'a t-elle dit.
‒ Bien, Mère.
Florimel m'a regardée droit dans les yeux, espérant y déceler une once de tristesse mais comme toujours mes yeux ne m'ont pas trahit. Parfaite en tout point, c'est ce que je suis. Elle a soupirée, découragée par mon attitude si froide a son égard... Pas qu'à son égard par ailleurs.
Je crois que je n'ai jamais aimé ni ressentit le moindre besoin d'aller vers les autres. Je n'aime pas les espèces, que ce soit les Ambriens, les Chaosiens, les Phoeniciens ou encore les Terriens.
Je ne suis pas malheureuse en soit, et je ne me plains pas, j'aime rester seule avec elle...
« Elle »... Nous verrons ça plus tard. Notre première rencontre, un moment agréable.
Bref, à l'aide d'un Atout, elle m'a emmené jusqu'à ma nouvelle demeure. Il y avait alors une tempête de neige, et elle m'a laissé là pour repartir tout de suite après. Il faut dire que ses vêtements ne collaient pas vraiment avec le cadre glacial... Et puis il ne fallait pas qu'elle salisse ses multiples voiles qui lui couvraient à peine le corps.
Autour de moi, il n'y avait que de la neige. Il faisait nuit, et a cause de la tempête je ne voyait rien du tout. Juste ce petit point de lumière au loin.
J'ai marché pendant des heures à travers le vent glacial et la neige qui me brisait les os. Ma petite robe noir de petite fille bien sage ne me réchauffait pas vraiment, mais je me félicitais intérieurement d'avoir mis mes grosses rangers. J'avais au moins les pieds au sec. Congelés mais sec. Maigre récompense ?
Je suis finalement arrivée devant la façade d'une baptise en pierre, immense, vraiment gigantesque. Je suis assez petite alors peut-être que ma vision n'est pas vraiment objectif, mais en tout cas, à cette époque c'est comme cela que je l'ai perçue... Immense et étouffante.
Le regret n'est que la faiblesse des gens insignifiants ai-je murmurée pour contrer ce petit moment d'égarement.
Je me suis avancée vers la porte en bois, un lion me tendait sa patte, je l'ai prise et j'ai frappé. Une vieille peau toute fripée à l'haleine puante m'a ouvert la porte avant de m'entraîner avec tendresse à l'intérieur. Elle est morte depuis, il était temps, je ne pouvais vraiment plus supporter son odeur de cadavre en décomposition. Enfin comme on dit, « paix à son âme ».
C'était Sœur Magali, elle était rentrée dans les Ordres depuis l'âge de 13 ans, elle avait peur de tout, de l'eau très certainement vu la couche de crasse qu'elle transportait, mais surtout des gens. A chaque fois que l'on vendait une partie de notre récolte de confiture, elle se terrait comme un rat.
Ce jour là, elle m'a conduite jusqu'à la Mère Supérieur, Sœur Bénédicte, une femme intelligente, un peu faible mais quel humain ne l'est pas de toute façon ?
‒ Soit là bienvenue jeune enfant, m'a t-elle dit doucement.
‒ Je m'appelle Letalis Feldane, lui ai-je répondu.
‒ Je sais, Dame Florimel m'a parlé de toi. Je suis sûre que tu te plairas ici.
Je n'ai rien répondu. Je n'avais rien à dire, déjà cet endroit m'ennuyait.
Sœur Bénédicte a pris le relais pour me faire visiter mon nouveau palais des glaces.
Elle me montra tout d'abord l'Église Mère où se déroulait toutes les prières quotidienne, un endroit glacial où l'air pouvait se glisser vicieusement à travers les vitraux multicolores. Une énorme croix était situé au fond de l'Église où un homme était accroché avec des clous dans une expression de martyre... Horriblement barbare, et misérablement pitoyable à mon goût... Mon opinion n'a pas changé depuis, mais j'ai appris a respecter leur croyance... Et parfois cela peut être utile... Mais ça aussi j'en parlerai un peu plus tard.
Elle m'a ensuite entraînée dans la salle commune où l'on prendrait notre repas, deux fois par jour.
‒ Pas de déjeuné ici, jeune Letalis. Nous estimons que cela ne fait que nous déranger durant notre temps consacré au Seigneur, a dit Sœur Bénédicte en me regardant.
Je crois qu'elle espérait une réaction de ma part. Mais rien, parfaite quoiqu'il arrive.
‒ Vous ressemblez beaucoup à Mère, lui ai-je dis avec ironie. Toujours a attendre une réaction de ma part.
Ridicule.
J'ai continué a avancer, laissant la Sœur derrière moi un peu choquée par mes propos.
Je crois qu'elle pense vraiment que je ne suis qu'une gamine.
Je me suis alors retournée.
‒ Adopter un comportement face a un physique n'est pas correcte, ma Sœur. J'en ai peut-être l'aspect mais je ne suis plus une enfant.
Déconcertée, c'est le mot qui se rapproche le plus de l'expression du visage de Sœur Bénédicte a ce moment précis. Mais elle s'est reprise bien vite et nous avons continué la visite. Finalement je crois que c'est avec soulagement qu'elle m'a entraînée jusqu'à ma chambre.
‒ Voici ta chambre Letalis, m'a t-elle dit en me désignant une petite pièce en pierre.
Un lit en bois, une bibliothèque, une commode et un bureau était les seuls mobiliers de la pièce. Une fenêtre donnant sur les montagnes enneigées était la seule source de lumière. Mes bagages étaient posés sur mon lit, ainsi que mes couvertures et mes draps.
J'ai tourné la tête vers Sœur Bénédicte et l'ai remerciée en inclinant légèrement la tête.
Ce n'est qu'une espèce bâtarde, elle ne mérite pas que je m'incline d'avantage.
La Sœur ne s'en est pas offensée et au contraire elle m'a sourit.
‒ Bienvenu chez toi Letalis.
Je l'ai ignorée, et j'ai commencé à défaire mes bagages.


Une nouvelle écrite par Mimiru sur son personnage de Letalis d'Ambre, pour le forum Ambreworld. Un récit qui explore le passé de l'Ambrienne et s'intéresse à sa psychologie toute particulière. Dans ce premier chapitre, la fille à laquelle se réfère Letalis en début de texte ("Elle") est Natasha d'Ambre, sa seule amie de Sang.

Gunnm: Last Order, T.7

Sortie du manga qu'on attend beaucoup tout en ne l'attendant plus du tout. Gunnm, série phare du manga cyberpunk en arrive à son septième volet pour ce Last Order et... La déception est heureusement un poil moins flagrante que d'habitude.

Alors que la série originale se faisait rapide et disait ce qu'elle avait à dire en 9 volumes, Last Order souffre du syndrome "Dragon Ball Z" (que les jeunes d'aujourd'hui ne connaissent plus, parlons alors de syndrome "Naruto"): une succession de combat certes parfois très jolis, pleins d'images tape-à-l’œil qui iconisent à mort ses personnages très souvent hyper charismatique, mais complètement inutile à l'histoire au point de la ralentir d'une façon évidente.

Ce volume 7 prolonge ces combats, et oui, mais par contre se permet d'avancer un peu dans son intrigue. On en apprend donc encore un peu plus sur Yoko / Gally, sur son passé avant son arrivée sur Terre, et cette fois de façon claire et précise: un bon flash-back, de bonnes explications. Yukito Kishiro ne nous laisse pas dans le flou et donne l'impression de vouloir en finir avec ce mystère pour enfin nous amener à autre chose.

D'un autre côté, il faut encore une fois voir notre belle fille à bouche de poulpe (♥) se battre avec un autre adepte du Panzer Kunst au look simiesque à la limite du ridicule durant un bon quart du bouquin. Heureusement entrecoupé de révélation et d'images nostalgiques (aaah Yugo, Ido... Vous nous manquez).

L'autre partie nous ramène dans le tournois et retombe donc dans le classique enchaînement de combat. Cependant, il y a une belle évolution de Zechs qui, cette fois, permet même d'orienter une bonne fois pour toute la dimension sexuelle du personnage. Nous n'avons donc plus affaire à un simple clone de Gally mais à une sorte de Vegeta de plus en plus sympathique. Mais là où il y a matière a être déçu, c'est sur ce qui suit justement:

Le reste du manga nous montre donc le combat de l'équipe de Gally contre un espèce de cirque de l'espace. De nouveaux personnages dont les pouvoirs sont basés sur l'illusion et les failles de l'esprit. Un background très bien développé et l'apparition d'un nouveau bad-guy surpuissant puisque pouvant pénétrer dans les méandres de nos esprits. Du pur Lovecraft dans toute sa splendeur qui donne l'impression que les dangers survolés dans la série ne sont que du pipi de chat en comparaison ! Et...... Au final rien. Le "grand méchant" Aga M'Badi finira par mettre un point final à cette histoire alors qu'on était très bien partie, et tout ce qui a été construit jusqu'alors se révèle être vain.

Beaucoup de bruit pour rien alors que tout cela était prometteur, il y a de quoi être énervé. Cependant cela aura au moins eu le mérite d'être captivant et de ne pas trop donner l'impression de ne rien connaître de plus à l'histoire.

A ce rythme là, Last Order ne sera pas fini avant son 40ème tome. Kishiro deviendrait-il commercial ? Une question qui mérite d'être posée, même si elle fait mal...

Slither devient... Horribilis

La news date de quelques jours déjà mais bon, c'est tellement inespéré qu'il ne faudrait pas passer à côté.

Slither, qui promet par ses séquences gore et peu ragoûtante du genre Society, va enfin connaître une sortie nationale en France. Au regard du réseau de distribution français et de son dédain pour les films de cet acabit, c'était déjà une très bonne nouvelle: enfin du bon vieux gore comme "avant", à la Brian Yuzna, Stuart Gordon ou Cronenberg dans ses premières périodes. De la "New Flesh" passablement dégueulasse avec plein de FX façon Screaming Mad George qui sentent bon le latex.

Mais là où on peut pas s'empêcher de sauter au plafond, c'est quand on apprend que le film sortira AU CINÉMA ! Et oui, enfin sur grand écran un bon vieux gore bien gerbeux ! C'était pas arrivé depuis la ressortie de Evil Dead il y a quelques années maintenant !

Bien évidemment il faut tempérer les choses: Slither sera peut-être pas aussi jouissif et crade qu'on le pense, et puis il faudra bien évidemment se taper un doublage français qui a toute les chances d'être insupportable. Sans parler du problème majeur: le nombre restreint de copie. En bref si on habite pas Paris, il y a peu de chance de voir cette chose chez nous (ici à Blois, dans le 41, c'est presque sûr).

Mais bon: gore à l'ancienne + grand écran + futur sortie DVD obligatoire dans les 6 mois = beaucoup de bonheur !

Reste le titre français, qui passe de Slither à... Horribilis... ???? C'est quoi ce titre à la con ? Ben en même temps ça s'accorde pas mal avec le sujet, c'est marrant. Mais euh... C'est quoi ce titre à la con franchement ??

Et hop, petit détour sur le site officiel où on peut s'amuser à monter sa propre bande-annonce. C'est complètement con mais comme des abrutis on se laisse toujours avoir une fois ou deux...


Wallpaper Ambreworld – Natasha, Esprit Combatif


Signé Mimiru, alias Letalis d'Ambre, ce wallpaper a été fait pour le forum Ambreworld et représente Natasha. J'ai hélas perdu les notes qui l'accompagnait, où l'auteure expliquait plus en détail la signification de son image, mais je me souviens que le personnage principal, sur la droite, avait été sélectionné car représentant l'Ambrienne et son esprit combatif. Sur la gauche, la tombe et les petits anges évoquent Cynthia et la tragédie que fut sa mort.
Moins visible, en haut sur la gauche, sont les deux femmes qui s'enlacent. Je dirais qu'il s'agit d'une représentation de l'amour que porte la mère pour sa fille, la serrant contre elle alors qu'elle a atteint un âge adulte. Mais cela pourrait également être une référence à l'amour que porte Letalis, le personnage de Mimiru, pour Natasha, dans une relation plus ou moins à sens unique mais qu'elle désire tout de même ardemment...

mercredi 15 mars 2006

Hurlements (The Howling)

HURLEMENTS
THE HOWLING
(1977)

Premier volet d’une trilogie écrite par l’auteur de La Féline, le roman Hurlements n’est pas aussi connu que son adaptation cinématographique. Par ailleurs la comparaison avec celui-ci est inévitable, si le lecteur l’a vu, ce qui amène à un problème: une grosse révélation de l’histoire est connue d’avance, ce qui fausse toute l’intrigue et la perception du lecteur sur celle-ci. Déjà un peu trop linéaire et prévisible, Hurlements n’en devient que plus banal et il faut alors se raccrocher aux différences avec le film de Joe Dante pour ne pas avoir l’impression d’avoir toujours un train d’avance sur l’intrigue. Bien heureusement celles-ci sont nombreuses et réservent quelques surprises.

Le prologue fait état d’un petit village nommé Dradja, perdu dans la forêt d’Arda qui se situe à la frontière de la Bulgarie et de la Grèce. Un village réputé maléfique et sur lequel on raconte de nombreuses histoires superstitieuses. En 1583, la mort brutale d’une petite famille attira les villageois voisins qui tentèrent d’élucider ces meurtres, ayant alors recours à la torture. Le mutisme des habitants de Dradja causa leur mort, se faisant brûler avec leur village. Le lieu ainsi maudit est abandonné et la végétation n’y pousse plus… Quelques siècles plus tard le livre nous transporte à Hermosa Terrace, un quartier chic de Los Angeles. Alors que son mari s’absente pour travailler, Karyn est victime d’un viol perpétré par le jardinier du quartier, perdant alors l’enfant qu’elle portait. Traumatisée, elle ne supporte plus d’être touchée par son mari et leur vie sexuelle est au point mort. Sur les conseils d’un psychologue, le couple part alors se ressourcer dans un petit village, Drago, au nord de l’état (et plus précisément situé dans une vallée des montagnes Tehachapi, selon la séquelle). Alors que tout semble aller pour le mieux et que les deux jeunes gens tentent de reconstruire leur vie, Karyn est perturbée par un étrange hurlement qui se fait entendre chaque nuit et se referme de plus en plus sur elle-même…

Joe Dante n’a finalement gardé que l’idée de base du couple arrivant dans une petite communauté repliée sur elle-même pour son film, avant d’orienter l’histoire vers quelque chose de radicalement différent. Le Hurlements de Gary Brandner se veut plus classique mais d’un autre côté nous épargne les personnages trop creux et insupportables du film. L’héroïne notamment, dont la fragilité est palpable et la paranoïa très compréhensible. Son mari quant à lui est bien loin d’être l’homme idéal puisque passant vite d’un comportement sympathique à celui d’un égoïste abandonnant son épouse et ses problèmes à la moindre occasion. En guise de thérapie, on découvre un petit village perdu dans les bois, coupé du monde, et qui n’a rien d’accueillant: la forêt cache la lumière du soleil et l’endroit est quasiment désert la plupart du temps. Même si Drago abrite une centaine d’habitants, on y croise pratiquement personnes, les rares badauds traînant dans les rues dans un état léthargique tandis que le shérif du coin se révèle être plutôt avare en parole et qu’une voluptueuse jeune femme fait du gringue au mari de Karyn, sous ses allures de sorcière mystérieuse. Seule la vieille épicière du village se révèle être amicale…


 
Le récit installe une atmosphère inquiétante dès les premières pages et ne fait pas longtemps planer le doute: il se passe effectivement bien des choses inquiétantes à Drago. Tout d’abord c’est la petite chienne du couple qui disparaît, puis c’est le mari de l’héroïne qui se met à la quitter subitement dès que l’occasion se présente. Enfin les hurlements se font de plus en plus insistant chaque nuits. Livrée à elle-même, Karyn se laisse droguer par le docteur du village après qu’elle ait racontée qu’un loup est responsable de la disparition de son chien. Évidement, on s’en doute rapidement, il est question de la présence de loups-garous, descendants des habitants de Dradja. Et Hurlements garde une approche très basique de cette créature, telle qu’on la voyait autrefois: il s’agit du fruit d’une malédiction, œuvre de Satan qui fait de l’Homme son serviteur. Le loup-garou se transforme chaque nuit (la pleine lune n’étant ici qu’une légende), prend la forme d’un loup (et non d’une créature hybride), possède des capacités de guérison très développées et, bien sûr, ne peut être tué que par de l’argent.

Pas d’innovation, aucune originalité, et cela peut être quelque part assez décevant puisque aucun élément n’est jamais développé. Le livre ne traite pas du satanisme, pas plus qu’il ne nous fait réellement découvrir les habitants de Drago qui, en tant qu’humain, ne sont finalement pas bien méchant malgré un côté un peu taciturne. Heureusement Brandner s’attarde un peu plus sur le mode de vie du loup-garou par le biais d’un jeune initié: pensées humaines de moins en moins cohérentes alors que la transformation approche, instincts animal prenant le dessus et besoin de liberté qui attire inexorablement dans la forêt. A noter pour les connaisseurs du film l’absence de la scène d’accouplement en pleine transformation, les deux amants ayant ici tour à tour des relations sous forme humaine puis animale. L’érotisme est d’ailleurs assez corsé à travers les scènes de sexe, ce qui s’avère plutôt surprenant pour une histoire où l’on s’attend plus à des passages sanglants, qui eux sont pratiquement inexistant !


Ce que l’on retient de Hurlements au final, c’est sa bonne approche du personnage principal et son atmosphère intéressante qui, hélas, se dissipe un peu en raison de trop de non-dit et de non-vu: il se passe bien des évènements étranges mais en trop petit nombre et trop dispersés sur la longueur de l’histoire. Du coup, rien de véritablement intéressant n’arrive vraiment, si ce n’est par petites touches, et les loups-garous que l’on attend impatiemment finissent par perdre tout aspect terrifiant lors de leur entrée en scènes: les monstres interviennent, certes dangereux, mais ne suscitant ni craintes ni angoisses. Trop classique, trop bateau, Hurlements perd alors tout son intérêt tant l’on devine ce qui va se passer par la suite (et cela sans prendre en compte l’adaptation cinéma). C’est bien dommage car aussi simpliste qu’était l’intrigue de Brandner, elle aurait pu être très efficace si mieux narrée. Le seul bon point réside dans le fait que le livre soit plutôt court, ce qui évite trop de temps mort.

Finalement, s’il est à des années lumières de sa version cinéma, bien moins spectaculaire malgré son personnage principal plus attachant, Hurlements demeure comparable à celui-ci: beaucoup d’inaction et d’attentes pour quelques passages intéressants seulement. Roman moyen mais vite lu, on peut s’y tenter pour satisfaire sa curiosité ou pour le comparer au film.


Hurlements
The Howling (USA, 1977)
 Écrit par: Gary Brandner


dimanche 12 mars 2006

Talisman


TALISMAN
(1998)

Débutant sur des tournages de films pornos gays, David DeCoteau a toujours été attiré par les jeunes éphèbes imberbes et réussissait fréquemment à en caser l’air de rien dans ses films (dans Creepozoids, Linnea Quigley n’était pas seule sous la douche souvenez-vous). Si personne n’avait rien remarqué durant les années 80, la fin des années 90 change la donne, montrant un DeCoteau de plus en plus permissif qui allait progressivement remplacer la bimbo aux seins siliconés par l’éphèbe musclé au torse nu. Avec la série des The Brotherhood, des Voodoo Academy et la plupart de ses films de cette époque, David DeCoteau a clairement montré ses préférences en éliminant quasiment l’argument fantastique de ses métrages, en limitant ou supprimant les rôles féminins et en se livrant a du voyeurisme allant parfois un peu loin (de beaux jeunes hommes se caressant langoureusement). Talisman est pour ainsi dire l’un des premiers films de cette période. C’est aussi sous ce titre qu’il va utiliser pour la première fois son pseudonyme de Victoria Sloan avec lequel il va signer d’autres productions Full Moon tournées par la suite (Le Retour des Puppet Master et Shriek la même année, Castle of the Dead). Car malgré le manque de ressemblance (d’alors) de Talisman avec le reste des films de la firme, qui va progressivement s’enliser dans une certaine médiocrité à partir de là, il s’agit bien une production Charles Band même si ce dernier n’est pas crédité au générique.


Talisman raconte l’histoire d’un jeune garçon, Elias, arrivant à Gornek, un établissement institutionnel international pour garçons construit dans une église. Le jeune homme est hanté par d’étranges souvenirs qui se font de plus en plus explicatifs lors de la progression du film, et qui dévoilent comment ses parents sont morts en tentant un rituel étrange sur la tombe de son grand-oncle Stefan Mastur, avec un vieux médaillon tout moche acheté à la boutique goth du coin, assassinés par un gros type chauve aux yeux rouges. Sur place il sympathise avec un gentil Noir dont la moustache ressemble à celle d’Hitler, se fait l’ennemi d’un méchant gosse de riche et se trouve tout troublé à la vue de la seule jeune fille du coin. Fille de la froide et soupçonneuse directrice de l’école par ailleurs…


L’histoire ne progresse pas mais on comprend finalement que notre brave garçon est volontairement venu ici pour retrouver sa sœur qu’il n’a pas revu depuis la mort de leurs parents, laquelle lui a envoyé une lettre pour l’avertir que des choses étranges se passent dans l'établissement. Et effectivement, c’est le cas: le type chauve de ses souvenirs et le médaillon tout moche sont présents au sein de l’école et plusieurs personnes se font arracher le cœur de temps à autre. Quelqu’un cherche visiblement à poursuivre l’œuvre de Stefan Mastur, à savoir ouvrir les portes de l’Enfer en invoquant l’Ange des Ténèbres et permettre à l’armée de Lucifer de provoquer la fin du monde…



Talisman n’est qu’un brouillon du futur Voodoo Academy. Une histoire convenue et clichée à base de sorcellerie où il ne se passe jamais rien en dehors de quelques rituels et messes noires. Du fantastique économique en somme. Ici, il est question de l’Ange des Ténèbres, Theriel, chassé du Paradis pour ne pas avoir voulu s’agenouiller devant Dieu. Et si le médaillon du film le représente comme une espèce de gargouille démoniaque, son apparence dans le film est tout autre: un homme grassouillet qui renvoie immédiatement à l’Oncle Fétide de La Famille Addams ! Pour instaurer la peur on repassera. De plus, notre ange déchu au teint blafard est souvent accompagné d’atroces effets spéciaux qui ne l’aide pas à gagner en charisme: distorsions d’images, yeux clignotant, petites étoiles rouges sur sa main lorsqu’il transperce les corps humains, lumière orangée en surimpression sur son visage… Le pauvre aura beau marcher au ralenti en faisant claquer sa cape, il ne parvient jamais à impressionner. Quand en plus on entend le son de cocotte-minute que font ses mains lorsqu’elles chauffent (parce qu’elles viennent de l’Enfer !) pour mieux arracher et brûler des cœurs, on se dit que DeCoteau l’a fait exprès, ce n’est pas possible autrement.



Alors la question: comment ouvrir la porte de l’Enfer quand on est situé dans un trou perdu au milieu de nulle part ? Simple. Il suffit de sacrifier sept vies. Problème: avec un casting aussi restreint il y a tout juste le compte, donc hors de question d’enchaîner les morts à la manière d’un slasher sous peine de voir le film se terminer au bout d’un quart d’heure. Alors DeCoteau limite la durée de son film à seulement 72 minutes (il nous a déjà fait le coup autrefois, voyez Creepozoids) et la majeure partie du métrage étant gonflée artificiellement par des ralentis et des prises de vues inutiles sur les décors. Et autant le réalisateur va profiter de ces laps de temps et scénarii prétextes dans ses futurs films, pour se laisser aller à ses penchants, autant ici on sent qu’il n’a pas encore le courage ou la volonté de s’y plier, se contentant de filmer platement un script extrêmement bavard (pourtant signé Benjamin Carr, scénariste de nombreux Full Moon de l’époque comme les sympas Le Cerveau de la Famille, Hideous ! et The Creeps, ainsi que The Killer Eye, Stitches et Sideshow).



Les séquences relevant du Fantastique sont elles aussi très limitées: passé l’introduction où un étudiant se fait trucider, il faut attendre vingt minutes de présentation des lieux, personnages et intrigue avant de voir une nouvelle apparition de l’Ange des Ténèbres, causant deux nouveaux morts. Encore vingt interminables minutes où il ne se passe strictement rien pour quelques secondes de meurtres ridicules, un quart d’heure de suspense foireux et le final très soporifique et prévisible à l’avance… Au total le film n’a certes duré que 1h12, mais en a semblé le double (!) et seule l’apparition finale d’un démon façon Witchouse vient nous rappeler que l’on regarde ce qui est censé être un film d’horreur.



Talisman fut tourné en Roumanie pour un budget microscopique (on retrouve par ailleurs le nom de Vlad Paunescu au générique, un des piliers de la production Full Moon et accessoirement technicien ayant bossé sur les Subspecies). Le casting nous le montre d’ailleurs assez bien: trois acteurs américains, les autres ayant été recrutés sur place pour un moindre salaire. La réalisation tente de faire passer la pilule mais rien n’y fait. Que ce soit quand on nous relance quatre fois de suite le même plan d’un type entrain de faire ses pompes dans sa chambre (et dans la même scène !) ou lorsqu’un personnage raconte que quelqu’un fut poignardé une centaine de fois alors que quatre ou cinq coups sont visibles à l’écran, on comprend très bien que tout le monde se moquait éperdument de la qualité du produit. N’ayant même pas assez d’argent pour faire quelques prises de son supplémentaire, la production va jusqu’à insérer des cris préenregistrés (et très reconnaissable) au montage, parfois même simultanément au cri en prise directe des acteurs !



Talisman c’est aussi une imagerie de la sorcellerie très poussée, avec un médaillon satanique représentant une croix à l’envers sur un pentacle renversé (vraiment maléfique donc), un démon des plus simplistes avec grandes dents et arcanes sourcilières proéminentes en guise de monstre final, du gore furtif à base de jets d’hémoglobine sur le visage et de cœurs arrachés brièvement aperçus (quoique l’on peut aussi noter des yeux crevés avec des pouces, cheap mais très efficace) et surtout les prémices de ce qui va faire la signature du réalisateur avec ces minets faussement viriles et cette scène de musculation entre garçons, gros sous-textes homosexuel à l’appui, prouvant une bonne fois pour toute que notre pervers de DeCoteau est un fétichiste du boxer blanc.



Au final nous obtenons un navet obtenu à coup sûr volontairement par un réalisateur qui se fout un peu de la gueule du monde tant il ne se foule pas. Alors maintenant, Talisman est-il le pire des DeCoteau ? Il est pratiquement impossible de répondre tant le réalisateur va continuer de livrer des produits tout aussi nuls (La Légende de la Momie 2 par exemple), et de toute façon cela ne change pas les faits: Talisman est une véritable purge qui se regarde très difficilement.


samedi 11 mars 2006

Octopus 2 (Octopus 2: River of Fear)


OCTOPUS 2
OCTOPUS 2: RIVER OF FEAR
(2001)

Si les productions Nu Image sont au mieux de petits nanars (Spiders, Octopus) ou au pire de gros navets (Shark Zone), Octopus 2, lui, relève du supplice cinématographique. Une histoire qui ne décolle jamais et où il ne se passe quasiment rien, consternant toujours un peu plus ses spectateurs jusqu’au point de non-retour, lors d’un final qui n’entretient plus aucun rapport avec le genre concerné (fantastique / science-fiction) pour se vautrer dans un conformisme bien pensant digne des plus mauvais films patriotiques américains (pléonasme).



Après un Octopus pas très original mais franchement sympathique malgré une absence totale de moyens, le pitch de cette séquelle pourrait laisser à prévoir le meilleur: cette fois ce n’est pas à un sous-marin ou à un yacht que s’attaquera la pieuvre géante du film, mais à New York elle-même puisque ayant élue domicile en plein dans l’East River ! Du gros n’importe quoi en perspective que l’on imaginait franchement hilarant. Hélas Octopus 2 ne retrouve jamais l’ambiance détendue du premier opus, décidant de jouer la carte du sérieux et non du second degré, et sombre sans cesse dans la médiocrité la plus absolue à tel point que l’on se demande s’il est possible de faire encore plus mauvais (et on vous rassure: oui, c’est possible).




L’histoire nous montre l’enquête de deux membres de la brigade portuaire de Manhattan sur un double meurtre. Un pauvre clochard leur affirme que le responsable n’est pas un humain mais un céphalopode géant, et ils ne le croient évidemment pas. Alors que le maire s’inquiète quant à la sécurité du port puisque la fête nationale arrive bientôt, la pieuvre continue ses méfaits. Après visionnage d’un documentaire animalier, l’un de nos agents fini par être persuadé que le sans-abri avait raison mais il se heurte à l’incompréhension de son entourage…




Octopus 2 ne possède aucun rapport avec le premier opus, le monstre marin excepté. Nous n’avons pas affaire ici à une créature mutante mais tout simplement à une bestiole des grands fonds comme on en a rarement vu. Comment a t-elle pu se glisser dans l’East River, me demandez-vous ? Pas d’explication véritable, mais notre héros suppose que sa présence pourrait être due à un ouragan récent qui aurait apporté beaucoup d’eau de la Nouvelle Écosse, emportant le poulpe avec lui. Explication vaseuse et tirée par les cheveux notamment quand le final, repompé sur Lake Placid, nous montre une seconde pieuvre présente dans les eaux.




Passé l’irréalisme de la situation dont on se tape un peu (on est venu voir une pieuvre bouffer du monde quand même), attardons-nous sur le reste du film. Le scénario est signé Danny Lerner (le responsable de l’horrible Shark Zone) avec la participation de Boaz Davidson (aussi réalisateur de films comme American Cyborg ou LunarCop) et Michael D. Weiss, deux autres scénaristes et producteurs de Nu Image, et ceux-ci montrent qu’ils connaissent leurs classiques, lorgnant sur Les Dents de la Mer (pour la fête nationale et son héros devant lutter seul un bon moment) et même sur sa suite (toute une scène où l’on retrouve une fille terrifiée, cachée dans un bateau à la dérive). Le script s’attarde sur d’interminables scènes de dialogues inutiles à l’intrigue et limite les attaques de la pieuvre au point que celles-ci interviennent presque comme un cheveu sur la soupe, tant elles ne sont là que pour rappeler la présence du poulpe géant au sein du film (voir la mort d’un garde dans les égouts, étranglé par un tentacule). Et puis subitement, on expédie la mise à mort du monstre, sans tension ni rien, pour embrayer sur un remake de Daylight, chien inclut ! Durant un quart d’heure nous sommes contraint d’assister au sauvetage de petits enfants venus du monde entier pour voir la fête nationale américaine (à noter au passage que tous ces enfants sont très turbulents sauf bien entendu l’Américaine du groupe, adorable petite handicapée en fauteuil roulant, toute mignonne, qui suscite la sympathie et que l’héroïne aide fièrement à planter son petit drapeau américain en un geste maternel). Une séquence des plus dispensables qui achève le spectateur et lui fait immédiatement regretter la vision du film, d’autant qu’on sent le manque de budget. Et que dire de ce protagoniste qui se réfugie à l’abri dans le bus alors que tout s’écroule dans le tunnel, non sans ordonner au chauffeur Noir d’aller chercher le chien d’une vieille bourgeoise resté dehors ?



Outre ce scénario ridicule qui se fout de son public, on trouve des acteurs un peu mieux employé que d’habitude (le sympathique Frederic Lehne, vu dans Amityville 4  et Men in Black, en faux héros, Paul Vincent O’Connor et Duncan Fraser, deux acteurs de séries, dans les rôles du  chef de police et du maire, et l’habitué Velizar Binev en gérant d’un hôtel miteux), mais un héros toujours aussi fade comme très souvent chez Nu Image. On dispose aussi d'un grand nombre de stock-shots pour économiser un peu (pas mal de plans reprit à Octopus, dont la destruction de la bête qu’on nous ressert ici deux fois de suite !) et quelques explosions de maquettes repassées sous différents angles… Octopus 2 c’est aussi beaucoup de plans (stock-shots) d’épaves de navires au fond de l’eau, au point que l’on se demande si l’East River ne serait pas qu’un cimetière de bateaux, et des séquences du plus bel effet: des tentacules en caoutchouc très mal animés (ou passés à l’envers) quand les comédiens ne les agitent pas eux-mêmes en se débattant pour faire croire à une attaque, des CGI tout lisses dont les incrustations au film sont des plus ratées, et…




... une scène qui vaut quand même le coup d’œil. Alors que la fête nationale bat son plein, la pieuvre se prend pour King Kong et escalade la Statue de la Liberté pour en arracher la tête ! Malheureusement cette séquence se révèle n'être qu’un cauchemar de notre héros (Danny Lerner nous rejoue ce coup là dans Shark Zone), et les effets spéciaux bien ridicules (le personnage chutant dans le vide via un blue screen notamment) donnent à la scène un cachet nanar des plus appréciables. A noter par ailleurs dans les plans de la foule en panique, en bas à gauche de l’écran, ce petit garçon obèse qui regarde stupidement en direction de la caméra, visiblement peu au courant de ce qu’il est censé faire mais affichant un sourire niais. Un figurant mémorable au même titre que le type au pénis à l’air dans Teen Wolf.



Scénarisé par les grands noms de Nu Image et mis en scène par un professionnel (Yossi Wein, réalisateur de Cyborg Cop 1 et 2, d’Operation Delta Force et de Shark Attack 2), Octopus 2 est une œuvre affligeant atteignant tout juste les 90 minutes de rigueur et n’offrant même pas le minimum syndical. Un navet absolument pas conseillé donc. On peut dire que sur ce coup, Nu Image à fait très fort.





jeudi 9 mars 2006

Underworld: Evolution

Underworld laissait présager une suite, d'autant plus qu'on parle déjà d'une trilogie avec une volet racontant la suite des aventures, ainsi qu'une préquelle narrant la lutte médiévale des lycans et des vampires. Certains restaient perplexes: après le scénario ébauché pour obtenir une créature hybride à la fin du film, comment le final pouvait-il nous montrer aussi bêtement la création d'un nouvel être de ce genre (du sang de lycan coulant dans la gorge d'un Aîné) ?

Les réponses sont toutes là: Marcus, l'Aîné restant, est un ancien certes, mais il est aussi LE premier ancien. Viktor n'était en fait que le second avant de s'accaparer le pouvoir avec Amélia (vaguement aperçue dans le premier film). Marcus est donc le direct descendant de Alexander Corvinus, le 1er immortel qui vit deux de ses fils devenir respectivement le premier lycan (William) et le premier vampire (Marcus).

Underworld: Evolution commence par un prologue en 1209, où le lycan original fait un carnage de plus en plus impressionnant, chaque cadavre devenant un loup-garou  sauvage. Face a la situation, Viktor, Amélia et Marcus décident de le stopper. Après une courte bataille et une belle trahison (Viktor prend le pouvoir), William est enfermé à jamais dans un endroit gardé secret...

Avançons vers le présent: Selene et Michael sont en cavale et font un arrêt rapide pour s'approvisionner en armes et en sang. Tandis que l'un hésite à devoir se nourrir et perdre définitivement sa condition d'être humain, l'autre espère arriver au manoir avant Kraven pour l'empêcher de prendre le pouvoir. Marcus s'éveille alors, plus puissant que jamais. Hybride aux ailes de chauves-souris, il traque désormais Selene qui détient un objet qui l'intéresse et lui servira à libérer son frère. Parallèlement, un homme mystérieux envoie sa petite armée nettoyer le champ de bataille du premier film et récupère sur Viktor un second artefact également convoité par Marcus...


Comme son sous-titre l'indique, Underworld évolue. L'intrigue ainsi que l'univers mis en place auparavant atteignent des proportions bien plus vastes et trouvent un second souffle, donnant l'impression que l'on pourrait se retrouver avec une saga d'un niveau épique. Mais le film ne s'en donne hélas pas les moyens. Il reste néanmoins un très bon spectacle, à la fois égale, inférieur et supérieur au premier volet (rien que ça).

L'histoire gagne de nouveaux personnages et développe quelques anciens. Viktor, grand absent du film, intervient quand même de nombreuses fois au cours de flash-back, et Amélia acquière un statut plus intéressant que sa triste apparition dans Underworld. Selene est beaucoup plus humaine qu'auparavant et se trouve être la clé d'enjeu plus important qu'on aurait pu le croire (au point d'ailleurs de trouver cela comparable à une petite facilité narrative), quant à Alexander Corvinus, l'homme de légende, il se dévoile enfin à nous. Tout cela amène l'histoire à multiplier les intrigues et les secrets, offrant une vision de l'univers un peu différente de celle du premier opus: la guerre entre vampires et lycans va bien au-delà de la vengeance et de la folie de deux hommes, comme on nous l'avait raconté.

D'un autre côté, il faut faire des concessions: Michael est un peu le grand inutile du film, s'interrogeant sur son humanité pour finalement être laissé pour mort pendant un moment, revenant subitement et sans réels explications (il est unique et a des pouvoirs illimités, voilà) en un Deus Ex Machina un peu poussif, tandis que l'insupportable Kraven revient le temps d'une scène avant de voir son personnage être évincé du reste scénario.


Les lycans n'apparaissent presque pas si ce n'est sous forme "sauvage" et non en société comme auparavant, et il n'y a que très peu de vampires. L'intrigue, concentrée sur ses nouveaux personnages et par ses révélations, semble laisser ses attractions principales (vampires et loup-garous) au vestiaire. On note la disparition de Erika, rivale amoureuse de Selene.  Disparition aussi du charismatique Lucian, dont la présence manque véritablement à l'écran, d'autant qu'on le croise au détour d'un très bref flash-back.

Dommage également que le film fonctionne sur la mémoire dans le sang. Une trouvaille très sympathique qui permet à Marcus de rattraper son retard sur notre monde mais qui fini par noyer le récit sous un millier de retour en arrière et de stock-shot du premier volet très redondants, à commencer par le pré-générique qui retrace les grandes lignes de Underworld.

Bilan mitigé donc. Underworld: Evolution c'est quand même bien plus d'action (Selene se bat comme une déesse, Marcus est un monstre), de gore (un visage déchiré à coup de dents, une mâchoire de loup arrachée à la main), un budget plus important qui se voit à l'écran (plus de lieux), et au on a même le droit à une scène d'amour entre Selene et Michael, bien que complètement inutile mais renvoyant à une prochaine séquelle: Selene est sûrement enceinte d'un hybride qui possédera ses propres (nouveaux) pouvoirs et ceux de Michael.

En espérant alors que les lycans auront un rôle plus important...