mardi 31 janvier 2006

Chris Penn (1965 - 2006)


Ce 24 janvier, Christopher Penn nous a quitté.

Frère de l'acteur/réalisateur Sean Penn, Chris Penn n'a pas profité du même succès critique et public que ce dernier, mais avait une certaine notoriété malgré tout en tant que second couteau réputé et grande gueule du cinéma. Avec sa tronche reconnaissable entre milles, Chris Penn était un de ces acteurs rendant tout de suite un film meilleur, ne passant jamais inaperçu. Un talent certain mais, bien souvent, jamais exploité.

Né le 10 octobre 1965 il débuta avec son frère mais prit très vite ses distances. Au côté de Kevin Bacon dans Footlose (aucun n'était connu alors), on a pu le voir par le suite dans l'excellent western Pale Rider de Clint Eastwood. Après quelques série B (Retour à la Rivière Kwaï, Best of the Best
– a noter d'ailleurs que le monsieur possédais une ceinture noire de karaté !) il atteignit la consécration (si l'on peut dire) lorsque Quentin Tarantino lui offrit le rôle de Nice Guy Eddie dans son Reservoir Dogs. Un personnage inoubliable pour un film déjanté. On le retrouve encore dans l'univers de Mister Q. dans l'excellent True Romance, au casting de cinglés (Christopher Walken, Gary Oldman, Dennis Hopper, Samuel L. Jackson, Patricia Arquette, Christian Slater, Tom Sizemore).


Alternant bons et mauvais films, on a pu le retrouver auprès de grandes œuvres dans Comme un Chien Enragé et Nos Funérailles (pour lesquels il retrouve l'immense Christopher Walken), mais aussi Short Cuts ou Kiss Kiss (Bang Bang), quant il ne retourne pas dans des productions miteuses: Best of the Best 2, Beethoven 2, Papertrail (où il retrouve Michael Madsen). On le voit encore dans quelques "grandes" productions (Rush Hour, Starsky & Hutch, The Darwin Awards) et il fut également doubleur pour le jeu vidéo GTA: San Andreas.

S'il n'apparait presque jamais dans le genre qui nous intéresse ici, on le trouve quand même dans Future Kick auprès de Don "The Dragon" Wilson et Meg Foster, et surtout dans l'adaptation live et ultra foiré de Ken le Survivant avec Gary Daniels et Malcom McDowell (!).

Les circonstances de sa mort ne sont pas clairement expliqué à ce jour, mais il semblerait que l'alcool et la drogue ne soit pas étrangère à cela... Ses dernières apparitions nous le montrait bouffi et faisaient peines à voir... Quel dommage.

So Long, Nice Guy Eddie...

Et comme le dit si bien la chanson ouvrant le Phantom of Paradise de Brian DePalma:

 "We'll remember you forever Eddie..."


Filmographie sélective

Séries TV

1982 - Magnum - Ep. 3.11
1993 - Seinfeld - Ep. pilote
1996 - Dead Man's Walk
- Ep. 1.2
2003 - CSI: Miami - Ep. 1.20
2005 - Law & Order: Criminal Intent - Ep. 4.15

Doublage

2004 - GTA: San Adreas

Films

1984 - Footlose
1989 - Retour à la Rivière Kwaï
          - Best of the Best
1991 - Future Kick
1992 - Reservoir Dogs
1993 - Best of the Best 2

          - True Romance 
          - Short Cuts 
          - Beethoven 2 
          - Papertrail
1995 - Ken le Survivant
1996 - Nos Funérailles
1998 - Rush Hour
2000 - Kiss Kiss (Bang Bang)
2004 - Starsky & Hutch
2005 - The Darwin Awards


vendredi 27 janvier 2006

Pompoko (Heisei Tanuki Gassen Pompoko)

Cette année 2006 marque le boom du Studio Ghibli dans notre pays. Alors que Porco Rosso va être édité en DVD et que Mon Voisin Totoro aura même droit à un passage sur grand écran, ce mois de janvier nous aura permis de retrouver le très sympa Château Ambulant en DVD tandis que Pompoko a eu sa place au cinéma. Datant de 1994, il s'agit d'une collaboration entre le grand Miyazaki et Takahata (Le Tombeau des Lucioles, chef d’œuvre absolu), réalisé par ce dernier, qui narre l'histoire de Tanukis (petites bestioles japonaises cousines du raton laveur) voyant leur forêt menacer par l'urbanisation de l'Homme sur leur territoire. Horrifié de voir leurs montagnes et leurs arbres disparaître, ils décident de réagir et se préparent à la guerre. Les anciens apprennent alors aux plus jeunes l'art de la métamorphose et "l'art spectral" afin de pouvoir lutter efficacement contre les humains...

S'il apparaît aujourd'hui comme légèrement daté (mais très peu de rides), Pompoko reste un grand film. Sans être parfait, il demeure un anime majestueux possédant de véritables moments de folies: animaux pourvus de grosses testicules (selon les japonais, hein), nos Tanukis s'amusent à transformer leurs bourses en toutes sortes de choses et vont même jusqu'à se battre avec (et mourir étouffé par des couilles géantes, ça doit pas être cool).

Très drôle, le film s'amuse à glisser quelques petits clins d’œil divers au Studio Ghibli (apparition de Totoro, Kiki la petite sorcière et de l'avion de Porco Rosso sur le même plan !) ainsi que sur la culture japonaise général. Ainsi il ne faut pas s'étonner de voir les Tanukis reprendre tant physiquement que moralement le principe du samouraï (avec au passage un Tanuki Zatoïchi !) et les dessinateurs poussent le vices jusqu'à reprendre telles quelles des estampes de l'ère Edo (1603-1868) dans le dessin: des Yokai lors du fabuleux défilé des fantômes (ce passage justifie à lui seul la vision du film !) ou cette scène d'un Tanuki écrasant un homme avec ses testicules, détournée en ombre chinoise pour représenter une baleine !

Pompoko retrace aussi la vaine lutte pour garder des traces de la vie traditionnelle et de la Culture historique du Japon, de plus en plus perdue de nos jours. Un combat impossible et qui reste tristement réaliste dans le film, lorsqu'au final le narrateur annonce un sentencieux "Tanuki, tu es mort". Des images et des appels parfois glaçant (le regard du narrateur dans le métro, lorsqu'il voit au loin les forêts de son passé, la réplique finale annonçant que si certains peuvent s'intégrer pour survivre, ça ne sera pas le cas de tous...) qui prouvent que contrairement aux films d'animations comme Disney ou Pixar où l'on favorise les gags à base de rots ou de pets, il est possible de faire un dessin animé pour enfants sans infantiliser !

Ghibli frappe dur et juste, et livre encore une fois une production de qualité.


jeudi 26 janvier 2006

Monster Allergy, T.11: Le Souffle du Mugalak

Sortie aujourd'hui du 11ème tome de cette très sympathique série.

Faisant office de suite direct à l'album précédent (c'est assez rare sur cette série), nous retrouvons donc Elena et Zick prisonniers de ses sorcières d'Anguanes, et toujours sur les traces du dragon Mugalak afin de lui voler son souffle...

Comme tout Monster Allergy il se lit très vite, et on peut même le trouver inférieur aux deux derniers tomes... Cependant il faut qu'on se le dise, ce volume 11 est plus un album de transition qu'autre chose. Car au final, il ne se passe pas grand chose: Elena et Zick s'enfuit rapidement de l'arbre creux, puis Zick part tout seul affronter le Mugalak. Fin.

On peut donc regretter un enchainement beaucoup trop rapidement ainsi qu'un délaissement d'Elena qui se fait pas mal ressentir. Mais en contrepartie, l'album offre pas mal de chose:

On en apprend un peu plus sur le "complot" formé par la tante Ermelia et l'assistante sociale, on retrouve un Timothy qui convaincra les députés de la ville des monstres de se préparer à l'attaque prochaine de Masque de Feu et ses esprits noirs, le père de Zick commence à prendre de l'importance, notamment dans sa relation avec son fils, et on entrevoit le début d'une nouvelle sous-intrigue (j'extrapole ?) avec les camarades de classes de Zick et Elena... De plus la mythologie des Dompteurs commencent à bien être exploité et surtout le final permet enfin l'intégration à part entière du père de Zick lors des dernières planches très touchante.

Au bilan, une certaine noirceur (une prémonition de Zick sur "quelque chose qu'il ignore mais qu'il sent", sa peur avant sa rencontre avec le Mugalak -- et surtout un ou deux gros mots !!!), peu de gags et de relation inter-personnages, mais de bons passages et des dessins toujours aussi agréables.

Ce tome 11 est un album moyen mais avec lequel on passe un bon moment grâce à cette ambiance toujours aussi sympa. Une très bonne série.

The Deadly Spawn en DVD


Un nouvel éditeur DVD français vient d'arriver. Son nom: Le Chat qui Fume. Celui-ci a décidé de sortir pas mal de films Fantastiques sur notre territoire, et c'est tout à son honneur quand on connait le dédain du réseau de distribution de notre pays pour le genre.
Là où on comprend que l'on a peut-être affaire à des bons gars, c'est que le premier titre annoncé est un film devenu rare chez nous: The Deadly Spawn. Une grosse série B bien gore avec de gros gloumoutes comme on adore. Je n'ai pas vu le film mais selon quelques extraits (vu sur Terror Tape pour les connaisseurs), j'avais toujours rêvé de mettre la main dessus. Comme quoi il faut savoir garder espoir.



Prévu pour le 15 mars, le DVD sera carrément édité en digipack avec une foule de suppléments (visiblement pas encore tous défini). On parle d'un commentaire audio du producteur, des images de tournage commentés par des fantasticophiles (Julien Dupuy de Mad Movies par exemple) ainsi qu'une vidéo sur le casting (15mn), un extrait d'un journal télé américain (2mn30), un intitulé "Les Collectors de Deadly Spawn" (5mn), six galeries de photos, des bandes-annonces ainsi qu'une séquence d'ouverture alternative et un bonus caché. D'autres suppléments seraient même rajoutés et le sous-titres français présent sur tous.
Si ça se fait, Le Chat qui Fume risque de devenir un éditeur de confiance que l'on se mettra rapidement dans la poche !


dimanche 22 janvier 2006

Fangs, la Revanche des Chauves-Souris (Fangs)


FANGS, LA REVANCHE DES CHAUVES-SOURIS
FANGS
(2002)

Pas grand chose à dire sur ce petit produit dans la lignée des Nu Image et autres UFO. Marchant sur les traces du déjà bof Bats, Fangs n’est qu’un petit téléfilm ridicule calibré pour les soirées en famille sur les chaînes câblés.



L’histoire se déroule dans le petit bled de Scottsville où une horde de chauve-souris génétiquement modifiées s’échappent de leur laboratoire (situé en pleine université) pour s’en aller faire quelques victimes. L’affaire intéresse un vétérinaire veuf ainsi qu’une criminologue célibataire qui bien entendu vont faire équipe pour enquêter sur cette histoire, tandis qu’un entrepreneur immobilier, une ordure finie, souhaite se débarrasser de cette affaire au plus vite pour ne pas annuler une petite festivité locale et ainsi perdre ses clients et son argent…



Une petite ville, une menace étouffée pour ne pas nuire à une fête locale… Et oui, c’est bien le scénario des Dents de la Mer ! Fangs ose nous refaire le coup de ce qui est désormais devenu l’un des plus grands clichés de tous les temps dans le domaine du film d’horreur animalier et le combine même à une affaire policière dont la révélation finale est particulièrement stupide. Car comme le souligne plusieurs fois le film, les chauves-souris n’attaquent pas à l’aveuglette (mais au sonar, haha) et sont guidées par de petits appareils placés à divers endroits de la ville. Une sous-intrigue totalement inutile puisque jamais exploitée sauf en toute fin de métrage, tombant complètement à plat dans ce genre de film et nanti par ailleurs d’un twist navrant essayant de nous fournir une grosse surprise avec l’un des principes les plus usités dans ce genre de cas (le coup du type qui se fait passer pour mort, ça vous dit quelque chose ?).



Court, ridiculement prévisible, Fangs ne peut pas compter sur son histoire mais encore moins sur le traitement de celle-ci. Complètement aseptisée, il n’y aura ni séquences sanglantes, ni insultes, ni actes de violence de la part de quiconque, et le film passe plus de temps à montrer des scènes pseudo-comiques que des agressions animales. Un humour bien souvent au ras des pâquerettes même s’il lui arrive de faire mouche de temps en temps (le parcmètre indiquant « time expired » lors de la mort du chef de police par exemple), peu aidé il est vrai par une prestation pas des plus réussies de la part des acteurs, même si on a connu bien plus affligeant. D’ailleurs il faut quand même compter sur la (petite) participation d’un Corbin Bernsen (le dentiste dans Le Dentiste) qui cabotine comme un sagouin en attendant son chèque de fin de tournage. Le bougre a beau cachetonner, il sauve néanmoins le film du néant abyssal et on s’attend à tout moment à le voir péter un plomb et massacrer tout le monde avec un instrument de chirurgie dentaire… A noter également le caméo du regretté Dennis Fimple pour l’une de ses toutes dernières fois à l’écran, lequel ne fait là malheureusement que de la simple figuration. Navrant. Heureusement le bougre aura su se rattraper avec ses histoires salaces dans le House of 1000 Corpses de Rob Zombie !




Et les chauves-souris alors ? Supposées être une centaine (en fait une bonne trentaine à tout casser), elles sont le fruit de mutations génétiques: leurs crocs sont deux fois plus longs que la normal et leur salive possède un anticoagulant. Pas d’ambiance malsaine cependant, les braves bêtes possèdent un anesthésiant qui évite à la victime de ressentir toute douleur lors des agressions. C’est beau la volonté de ne pas choquer son public. Leur mutation leur permet également de grogner comme des petits chiens et apparemment de ressusciter comme le témoigne cette chauve-souris revenant à elle dans le labo du vétérinaire, bien que cet élément n’est réemployé en cours de métrage ! Leur rendu à l’écran ? Et bien surprise ! Elles sont très bien réussies ! Entièrement conçues en CGI, elles sont très bien intégrées au film, possèdent une apparence soignée et très réaliste (on est loin des mutants à tête de pitbull de Bats) et des mouvements travaillés, ce qui surprend énormément vu la qualité du métrage.



Film minimaliste et non-violent, Fangs n’a absolument rien qui puisse lui donner un soupçon d’intérêt, à moins d’être un fan absolu de Corbin Bernsen ou de séries B au rabais. Tant qu’à faire autant se revoir Bats, pas folichon non plus mais tellement plus réussi.


samedi 21 janvier 2006

Zombi Holocaust


ZOMBI HOLOCAUST
(1980)

En 1979 George A. Romero triomphe avec son cultissime Zombie et les italiens tentent de profiter du succès, accouchant alors d’un Enfer des Zombies (alias Zombi 2) réalisé par Lucio Fulci tout bonnement formidable. Fabrizio De Angelis, producteur, pense avoir trouvé une affaire rentable alors que son pays est pris d’une véritable zombiemania. Au même moment Ruggero Deodato livre également un film qui fera un effet bombe: Cannibal Holocaust. Les cannibales deviennent eux aussi à la mode et De Angelis, opportuniste, décide d’exploiter le filon (laissant alors tomber Fulci et son Frayeurs) en produisant un film unique et novateur qui… Mélange les deux genres ! De là va naître Zombi Holocaust, dont le titre lui-même mixe ses deux sources d’inspirations, réalisé par un certain Frank Martin, alias Marino Girolami.



Pur produit d’exploitation, Zombi Holocaust fut exporté un peu partout et en particulier aux USA, ce qui lui vaut de posséder une multitude de titres alternatifs. Connaissant également celui de La Regina dei Cannibali en Italie, il aura son équivalent américain (Queen of the Cannibals) quand il n’est carrément pas assimilé à Zombie 3. On trouve aussi un Island of the Last Zombies, mais également un Dr. Butcher, Medical Deviate parfois simplement appelé Medical Deviate tout court, et en Angleterre il se fait nommer sobrement Zombie Holocaust (le « E » de « Zombie » revient tout simplement). Tout cela bien sûr avec les diverses versions intégrales ou censurées… Mais le pire reste à venir avec cette version américaine reprenant un des titres existant en le changeant légèrement, Doctor Butcher M.D. (ou parfois juste Dr. Butcher M.D.), copie remontée par un distributeur n’ayant plus les droits du films et souhaitant créer un nouveau générique pour se permettre de le sortir malgré tout. C’est ainsi que cet honnête artisan rajoute une nouvelle séquence d’ouverture, changeant donc le générique au passage, ainsi que la musique originale du film (la nouvelle composition est signée par un certain Walter E. Sears) et trois minutes d’un film d’horreur inachevé de Roy Frumkes (scénariste du Street Trash de Jim Muro et réalisateur de Document of the Dead, documentaire sur… Le Zombie de Romero !) nommé Tales That’ll Tear Your Heart Out. Un film à sketchs auquel devait également contribuer Wes Craven. Un zombie n’y retrouverait pas ses membres, mais c’est le dur destin du film d’exploitation…


Mais revenons au film lui-même. L’histoire débute à New York dans un hôpital où ont régulièrement lieux des vols assez particuliers, puisque ce sont des morceaux de cadavres frais qui sont pillés. Pour éviter de se retrouver ennuyé par la police (?) un médecin décide de piéger le voleur qui se révèle être un de ses assistants. Celui-ci se défenestre alors, non sans avoir le temps de prononcer le mot « Kito » avant de mourir et de laisser apparaître un étrange tatouage tribal sur sa poitrine. Enquêtant sur l’incident, le Département de la Santé  avoue au médecin et son assistante, une femme possédant un doctorat en médecine ET en anthropologie, que ce cas est loin d’être isolé et que plusieurs actes de cannibalismes ont été repérés dans la ville. Notre anthropologue les informes alors que le tatouage, commun aux coupables, est celui de la secte de Kito, une divinité provenant de l’île du même nom dans l’archipel des Moluques, dans le sud-est asiatique. Deux membres du Département et l’anthropologue médecin – qui a d’ailleurs passé son enfance sur cette île (elle en fait des choses) – se rendent donc sur place, accompagnés d’une journaliste, afin de tirer toute cette histoire au clair.



Le spectateur aussi aurait envie de tirer cette histoire au clair. Pourquoi des cannibales des îles viendraient en plein New York pour perpétrer leurs rites ? Et bien nous n’aurons pour ainsi dire aucune réponse. Il s’agit d’un simple prétexte pour amener nos héros sur une île et les confronter tour-à-tour à des figurants cannibales par très convaincants (ni convaincus d’ailleurs), à des zombies mal maquillés qui grognent comme Darth Vader et à un savant fou comme on en fait plus. Alors pour trouver une cohérence là-dedans…



Le film passe un petit moment à nous balader dans une jungle pas poisseuse pour un sou (elle est loin l’ambiance de Zombi 2), tentant vainement de nous faire ressentir un quelconque malaise et l’impression que « quelque chose ne va pas ». Alors que les cannibales attaquent petit à petit en bouffant tout le casting dans un déluge de tripailles assez amateur mais toujours sympa (yeux crevés, geysers de sang, etc.), on commence à se demander où sont les zombies promis. Et bien il faudra attendre plus de 45 minutes avant de les voir apparaître: ceux-ci arrivent, font fuir les cannibales, et disparaissent aussi vite. Très peu de présence à l’écran, ils ne reviendront qu’une ou deux fois au final.



Ces zombies ne sont ici pas des êtres anthropophages (ce qui ferait redondant avec les cannibales) et n’ont rien à voir avec nos morts-vivants à la Romero. Véritables zombies dans le sens littérale du terme, ce sont de pauvres indigènes trafiqués par les expériences d’un savant fou officiant sur l’île de Kito. Obéissant à ses ordres, ils ne n’attaquent donc personne et le seul qui se met en tête d’agresser notre bellâtre de Ian McCulloch se fait dégommer aussi sec sans avoir le temps de riposter. Décevant, d’autant plus que le comportement des créatures change en fonction des scènes: un coup lent, un coup vif, un coup indestructibles car déjà mort, un coup terrifié par le feu… Du grand n’importe quoi tout comme leurs origines: des corps morts dans lesquels ont aurait transplanter le cerveau de personnes vivantes. Si si, ça paraît con comme ça mais visiblement ça marche. Le problème c’est que le savant fou déclare avoir travaillé sur ce projet depuis plus de quatre ans en attente d’un résultat particulier: la résurrection d’un mort… Un mort un peu plus intelligent que les autres peut-être puisqu’il semble vouloir savoir « quel effet ça fait de mourir puis d’être ramené à la vie ». Amusant de remarquer que ce malade, le Dr. Obrero, se retrouve aussi parfois appelé le Dr. O’Brien (du nom de l’interprète ?) selon les versions. Maintenant vous vous demandez quel est le rapport avec les cannibales ? Et pourquoi ces derniers sont-ils revenus à New York, et civilisés qui plus est ? Ben c’est simple, y en a pas.



Ou plutôt si: c’est le savant fou qui leur a dit de reprendre leurs rites comme autrefois. A comprendre que la tribu ne pratiquait plus ces actes depuis longtemps et, sur les conseils d’un allumé, a décidé de s’y remettre. Et puisqu’il n’y a personne à par eux sur l’île, ils vont s’expatrier aux USA pour le faire, même s’ils opèrent alors sur des cadavres (c’est un peu extrapoler le scénario mais cela nous permet de mieux cerner la structure narrative de celui-ci). Pourquoi ? Et bien d’après notre scientifique, pour « améliorer la nature » (ah.). Un peu mince niveau psychologie du personnage, mais le bougre est déterminé: « Vous êtes un fou sanguinaire. » lui déclare McCulloch, ce à quoi il répond tout calmement que « C’est un jugement très superficiel. ». Faudrait pas prendre pour plus con qu’il n’est !


En parlant de connerie, on reste ébahie devant le spectacle qu’offre Zombi Holocaust, notamment lorsque le script se met à imiter La Montagne du Dieu Cannibale quand l’héroïne, alors capturée par les natifs, devient alors leur reine (d’où le titre alternatif du film): séquestrée dans une caverne, on lui peinturlure deux ou trois pâquerettes sur le corps avant de l’allonger sur un autel en polystyrène imitation pierre, par ailleurs très bancale. Et justement au moment même où elle va être sacrifiée (et pourquoi pas tout simplement dévorée comme les autres ?), celle-ci va basculer à l’horizontale sous son poids, ce qui va très hautement impressionner nos indigènes, lesquels vont alors la prendre pour une déesse (et en profiter en s’approchant si près de l’actrice totalement nue au point que l’on s’attend presque à un viol collectif !).



Ce monument du cinéma Bis possède d’autres petits passages hallucinant, notamment un bel éclatage de trombine au moteur de hors-bord ainsi que cette scène où notre scientifique sur le point d’opérer, complètement stressé par les cris incessant de sa victime, lui coupe les cordes vocales pour lui apprendre à le déranger ! Sans parler de Ian McCulloch qui se fait plus ou moins vanner sur ses cheveux…



Avec tout ça, il faut aussi rajouter un soupçon de racisme ambiant (les porteurs indigènes y passent les premiers, les « héros » se mettent à l’abri tandis que le Noir et les servants doivent creuser des tombes pour leurs amis, etc.), des stock-shots inutiles piqués à Zombi 2 (quelques plan lorsque la voiture traverse l’île !) quand ce n’est pas carrément des acteurs (Ian McCulloch et Dakkar) et les décors (l’église de la fin du film ici reconvertie en repaire du savant fou, et qui finie encore une fois en flammes). Enfin on note une bande-son synthé tantôt réussie (le thème général et celui des zombies) et typique de l’époque – on pense à du Fabio Frizzi, tantôt absolument ridicule comme par exemple cette espèce de mélodie absolument hilarante présente à chaque fois que l’héroïne se déshabille (oui, uniquement, et ça arrive plus d’une fois !) comme si l’on était dans un porno, ou ce bruitage prévu pour souligner un détail du style « quelque chose d’horrible se prépare » digne d’un épisode de Tintin.


Les producteurs ont, par tous temps, tentés de profiter du succès d’un grand film en sortant des ersatz mal ficelés et tournés en vitesse, Fabrizio De Angelis en particulier (tous les Killer Crocodile, Guerriers du Bronx, Thunder Warrior). Pas étonnant donc qu’il nous livre ce nanar de haute volée. Une valeur sûre du cinéma Bis rital post-Zombie à voir pour se marrer un bon coup !



Photo de tournage de
Tales That'll Tear Your Heart Out

Blade, la série TV


Blade, un ancien personnage de comics que l'on avait oublié jusqu'à ce que David Goyer ne le fasse revenir sous les traits de Wesley Snipes dans un film qui avait été une très agréable surprise... Puis il écrivit sa suite et le génial Guillermo Del Toro en avait fait un pur film de fanboy, qui plait ou non, mais en tout cas visuellement impressionnant et ultra jouissif.

A l'époque, Goyer et Del Toro annonçait même un Blade III très excitant: le Daywalker ne vieillissant que très peu, on le retrouvait dans le futur où les vampires ont étendus leur domination sur le monde, utilisant les humains comme poches de sang vivantes (idée aperçue dans une scène coupée du premier film) et gardés prisonniers dans des camps de concentration. Au lieu de ça, le Blade: Trinity nous est parvenu... Une vraie daube où Whistler y passe dès le début, où Dracula à le physique d'un catcheur et où des chasseurs de vampires passent leur temps à faire des vannes pourries.



Blade était inexistant, Wesley Snipes en serait même venu aux mains avec David Goyer (par ailleur réalisateur de cet épisode) alors que celui-ci était bien plus plongé dans le scénario de Batman Begins que de son nouvel opus du tueur de vampire. La saga Blade si prometteuse commençait à partir en sucette, d'autant plus que des rumeurs faisait état d'un film ou d'une série TV mettant en scènes les nouveaux sidekicks du Daywalker...

Et bien au final, il y aura peut-être bien une série TV. Centrée sur Blade, elle prendra forme pour l'instant d'un pilote de 2h. Celui-ci est encore une fois réalisé par Goyer qui serait d'ailleurs entrain d'écrire les premiers scripts pour la série. Selon lui, elle aurait d'abord été envisagée avant même le premier film mais se déroulerait donc désormais après la trilogie. Cependant il n'y aurait pas besoin d'avoir vu ces précédentes aventures pour la suivre.

Au vu des photos promotionnelles, un seul constat s'impose: ça CRAINT ! D'autant que le petit écran aseptise tout ce qui pourrait nuire au grand public (voir le massacre de RoboCop sans sa satire, The Crow où on ne tue plus, Highlander où les têtes ne volent pas), il y a fort à parier que le Daywalker va perdre toute sa bad-ass mother fucker attitude, et ça, ça va pas aider.