samedi 30 juillet 2005

Rage (Rabid)


RAGE
RABID
(1977)

Lorsque David Cronenberg sortit Frissons, il provoqua un scandale qui aurait pu laisser à supposer que sa carrière cinématographique s’arrêterait là. Mais le film remporta un succès qui joua en sa faveur, lui permettant de poursuivre dans la réalisation. Deux ans après son premier long métrage, il livre ce Rage qui navigue dans la même voie que son prédécesseur et en reprend même les grandes lignes.


Rage raconte comment, après un accident de moto lui valant une greffe de peau, une jeune femme subit une étrange mutation: elle possède désormais sous son aisselle droite un espèce de dard, semblable à ceux des moustiques, qu'elle utilise pour absorber du sang humain qui, désormais, constitue sa seule nourriture. Ce qu’elle ne sait pas c’est que chacune de ses victimes se voit alors être contaminée par un étrange virus semblable à la rage, mais en beaucoup plus violent. Et alors qu’elle s’échappe de la clinique où elle se trouvait et continue de prélever du sang sur diverses personnes, les infectés se mettent à attaquer eux aussi, transmettant eux-même leur mal à toujours plus de victimes…


Encore plus que dans Frissons, l’influence de George A. Romero et sa Nuit des Morts Vivants se fait ici grandement ressentir. L’épidémie de rage qui assaille la ville de Montréal n’affecte cette fois pas le mental pour transformer les habitants en obsédés sexuels, mais les rends agressifs avec une envie de mordre le premier venu, l’infectant alors par le biais de la salive. Cependant c’est plus d’un autre film de Romero, sortit en 1973, qu’il faut chercher l’inspiration: à savoir La Nuit des Fous Vivants (plus simplement The Crazies pour le titre original, un mort était rarement fou, il faut le préciser) et le principe de la ville mise sous quarantaine suite à l’apparition d’un virus (contrairement au lieu clos de La Nuit des Morts-Vivants / Frissons).


Ceci étant dit, Cronenberg ne refait pas un remake du film de Romero, pas plus qu’il ne refait son Frissons malgré les ressemblances (les contaminations, le porteur du germe, l’invasion de la ville) et va plus loin dans l’approfondissement des thèmes qui lui son propre. On retrouve donc la médecine, la sexualité, ainsi que la Nouvelle Chair (The New Flesh) et les mutations avec l’étrange changement qui se produit chez le personnage féminin. Ainsi la jeune Rose, femme tout à fait banale, se voit porteuse d’un dard dont la symbolique phallique n’échappe à personne, en particulier lorsqu’elle déclare elle-même être plus forte qu'avant, et s’en sert pour pénétrer ses victimes (la plupart masculine), satisfaisant un étrange besoin de sang qui semble se déclarer en elle comme une pulsion sexuelle.


Le virus, lui, peut encore une fois représenter une MST comme le SIDA avec l’idée d’échange de fluides (sang, salive). Car cette variante de la rage entraîne forcément la mort de l’infecté. La contamination rapide, en six ou huit heures, provoque un comportement violent (et l’apparition d’une salive verdâtre plutôt cocasse) qui se solde par un évanouissement puis par la mort du sujet, le vaccin mit au point n’étant finalement d’aucune aide pour les malades…



Il est toutefois intéressant de constater que cette fois-ci, l’idée de la mutation et de la Nouvelle Chair est bien plus extravagante et irréaliste que celle de Frissons (une simple greffe de peau suffit à provoquer l’apparition d’un dard, une soif de sang, et un virus inconnu), et pourtant l’histoire est hautement plus réaliste. Cela est
en fait dû a une réalisation plus affirmée et à un film plus soigné, qui ne semble plus souffrir d’un budget réduit (excepté lors d’une scène où les habitants de Montréal doivent présenter une carte aux autorités militaires, mais la foule fait illusion quand même). Le rythme gagne en intensité même si quelques lenteurs se font ressentir en début et fin de métrage. Plus soignés également la musique du film (toujours supervisée par Ivan Reitman), qui comporte un très beau thème lancinant, ainsi que le jeu des acteurs, bien plus convaincant que sur Frissons.


Des acteurs, justement, on est heureux de retrouver Joe Silver, déjà dans Frissons, de même que Ronald Mlodzik, bien qu’ici limité à une apparition plus qu’anecdotique. Mais ce qui fut sujet à polémique à la sortie du film c’est la présence de l’actrice porno Marilyn Chambers dans le rôle principal. Un rôle qui devait à la base échouer à l’actrice Sissy Spadeck avant le refus des producteurs (paraît-il en raison de son accent trop texan), qui obtiendra quelques temps plus tard le premier rôle dans le Carrie de Brian de Palma. Affiche qui apparaît d’ailleurs dans le film comme pour bien souligner l’ironie de la chose. Marilyn Chambers, elle, fut conseillée par le producteur Ivan Reitman (surtout connu pour ses comédies comme les deux S.O.S. Fantômes, mais déjà producteur sur Frissons) souhaitant être sûr que le film soit remarqué à sa sortie. Et cela ne manqua pas, bien évidemment (le film possède quelques plans de nudité gratuite, bien dans cet esprit, et on imagine que beaucoup sont allés voir le film uniquement pour l’actrice), pourtant force est de constater que la dame s’en tire avec les honneurs en campant un personnage tour à tour touchant, perturbant et effrayant. Possédant un charme et un magnétisme évident, elle est donc parfaite dans son rôle de femme belle et troublante apportant la mort à ceux qui pourrait la désirer (un genre que l’on retrouve dans le personnage de l’extraterrestre incarnée par Natasha Henstridge dans La Mutante). En comparaison, Frank Moore, l’acteur jouant son petit ami, semble bien fade et son jeu doit être le plus faible du film.


Moins de gore, de sexe et de provocation que dans son prédécesseur, Rage en ressort pourtant plus soigné, plus aboutie et plus intéressant, possédant une ambiance sombre et froide tout bonnement tétanisante lors de scènes chocs (Joe Silver cherchant son bébé, les cadavres jetés dans des camions à ordures, le final tout simplement glaçant…). Preuve que Cronenberg possède un large champ d’expérimentation cinématographique et que son talent est indéniable, Rage n'a pour seul réel défaut que d’être encore sous une certaine influence que le réalisateur va dépasser pour libérer pleinement son génie créatif quelques années plus tard.


jeudi 28 juillet 2005

Avatar Ambreworld – Premutos du Chaos (v2)


Le nouvel avatar de Premutos, par Renan, pour Ambreworld. Je n'ai malheureusement aucune copie de l'illustration originale, alors voici l'avatar tel qu'il apparait sur le forum. De petite taille malheureusement, mais en bonus le cadre d'Atout est bien visible.

Le personnage a subit un léger redesign depuis la dernière fois, plus fidèle au concept de base, et se trouve accompagné d'une jeune et jolie sirène, en référence à ma nouvelle La Sirène de Rivière. Premutos porte ici son fameux manteau "taillé dans une cape de Spawn" et affiche sans honte être un grand fumeur.


mardi 26 juillet 2005

Frissons (Shivers)


FRISSONS
SHIVERS
(1975)

Après des essais comme From the Drain, Stereo ou Crimes of the Future, puis quelques réalisations pour la télévision, David Cronenberg voit enfin la possibilité de travailler sur un véritable premier film. Un film plus professionnel et abouti, mais surtout un film qui sera le premier à intégrer les thématiques chères au réalisateur canadien. Ce film c’est Shivers, ex-The Parasite Complex, devenu The Parasite Murders pour son exploitation aux États-Unis et par ailleurs souvent renommé en fonction des distributeurs,  se retrouvant affublé de titres tels que They Came From Within ou encore cet hallucinant Orgy of the Blood Parasite.

L’histoire se déroule dans une cité résidentielle huppée, située sur une île près des côtes du Canada, où les habitants vivent pratiquement en autarcie. C’est ici qu’une expérience ayant mal tourné va provoquer l’invasion d’un espèce de parasite, fruit d’expériences génétiques, se logeant dans le corps humain et transformant l’hôte en zombie aux pulsions sexuelles démesurés, contaminant ses partenaires en leur transmettant un autre parasite…


Impossible de parler de l’œuvre sans la remettre dans le contexte de son époque. Après les événement de 1968, les années 70 sont sous le coup de la Libération Sexuelle, qui se fait énormément ressentir à travers l’Art. A ce niveau la génération de 68 devient de plus en plus provocatrice et ce malgré le fait que ce mouvement soit encore très jeune et controversé par les vieux gardiens de la bonne morale. Frissons sort en 1975 dans l’Ontario, lieu excessivement puritain, et va donc créer un scandale. La notion de « film d’horreur » n’évoque pour eux que les châteaux gothiques et le noir et blanc traditionnelle, et personne ne veut de ces films de la nouvelle génération. On peut établir un parallèle avec ce qu’avait fait George A. Romero en 1968 avec sa Nuit des Morts-Vivants


De part son scénario, le film gêne volontairement. La « menace » se veut libératrice de pulsions enfouies, celles que nombreux ne veulent pas reconnaître: les mœurs sexuelles. Le savant fou responsable des parasites voit l’Homme comme un animal s’étant oublié et ayant lui-même éteint son instinct le plus primaire, celui du corps. Puis vient l’idée d'utiliser ses créations comme outils de libération, permettant à l’Homme de redevenir ce qu’il était et d’oublier tout le système social et la civilisation en un simple acte sexuel éternel. Film d’horreur social avant tout donc.


Mais s’il est provocateur, Frissons ne se limite pas à cette simple satire de l’époque et se trouve même être en avance sur son temps, par le biais de cette idée de contamination à travers le sexe: des années avant l’apparition du SIDA, Cronenberg invente la MST. Forcément inconnu à l’époque du film, cela saute désormais aux yeux du spectateur tant la critique sociale elle-même est dépassée. Et si ce concept de transmission sexuel n’était autrefois qu’un moyen de libérer les pulsions sexuelles refoulées, elle apparaît maintenant comme un véritable danger (à l’époque inexistant). Frissons peut donc se lire à différents niveaux en fonction des époques et de leurs contextes, ce qui le rend très intéressant.


Intéressant aussi de constater que la libération sexuelle n’est pas non plus montrée comme quelque chose de complètement sain. Ainsi les zombies sexuelles du film ne se contentent pas de passage à l’acte hétérosexuel et (déjà plus osé pour l’époque) homosexuel, mais on trouve aussi certains extrémismes malsains comme l’inceste (lorsqu’un vieil homme et une jeune fille s’enlace avant de nous révéler qu’ils sont père et fille) et surtout la pédophilie via quelques séquences bien senties (l’attaque dans l’ascenseur d’une mère et de sa petite fille par un contaminé). Bien entendu le concept du viol lui-même y figure, car très rares sont les victimes se laissant volontairement contaminée, et les agressions sont bien souvent violentes.


A cela s’ajoute une foule de scènes marquantes où le rapport charnel a toujours un rôle important. On peut citer l’ouverture du film, après un générique semblable à une publicité nous présentant le Starliner (le lieu où se déroule le film), une scène où une jeune femme en uniforme de collégienne et un vieil homme à l’aspect peu engageant luttent sans que l’on ne comprenne réellement ce dont il en retourne. Puis l’homme se met à étranger l'adolescente pour la déshabiller une fois évanouie, lui ouvrir le ventre et verser une bouteille d’acide dans ses entrailles. Une scène glauque, filmée froidement, et qui se conclue par le suicide de l’assassin qui se tranche la gorge avec son scalpel. Des images violentes et perturbantes qui reviennent sans cesse, comme lorsqu’une des premières contaminée, une vieille femme obèse, observe un garçon de chambre en répétant sans cesse « I’m hungry for love » avant de se jeter sauvagement sur lui, ou encore la fameuse scène de « viol » d’une femme dans son bain par un parasite qui s’introduit dans son corps directement par son vagin. Et comment oublier cette brève vision, très pasolinienne, où deux très jeunes filles en maillot de bain sont tenues en laisse et marchent à quatre pattes en poussant des jappements ?
(ce qui introduit à nouveau la sexualité déviante, ici la pédophilie et le fétichisme).


Provocateur, avant-gardiste et précurseur, voilà comment on pourrait qualifier Frissons. Précurseur vis-à-vis du « réel » (la MST) mais également vis-à-vis du genre la science-fiction et de l’horreur. Car jusqu’ici les films d’horreurs étaient basés sur d’anciens mythes (les vampires, les maisons hantées) et Cronenberg invente « l’horreur organique », celle liée aux corps et se déroulant dans un univers contemporain. L’idée de parasites investissant l’intimité la plus total de l’être humain n’est pas vraiment nouvelle en elle-même et on peut trouver des similitudes avec le Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel. Mais ici pas de replicants ou de cadavres utilisés comme nacelles. Ce sont les êtres humains qui deviennent le réceptacle d’une nouvelle entit, et cette idée fut alors reprises bien plus tard avec Alien (il est pratiquement certains que Dan O’Bannon, scénariste du film, ait reprit cette idée de Frissons), créant alors tout un nouveau concept dans le genre horrifique qui sera maintes fois repris (The Hidden, par exemple.). Frissons est l’un des premiers avatars de toute une nouvelle génération de films, créant une véritable révolution au sein même du Genre.


Cette révolution a bien entendu était amenée avant tout par La Nuit des Morts-Vivants et son influence s’en fait fortement ressentir sur Frisson, qui n’est autre que son équivalent façon Cronenberg. Ce n’est pas un hasard si les parasites suppriment tout comportement rationnel chez leurs hôtes, les transformant ainsi en véritables zombies venant agresser les êtres « normaux », et la démarche de ces contaminés n’est pas sans renvoyer à celle des morts-vivants de Romero. Tout particulièrement dans la dernière partie, lorsque les protagonistes déambulent dans les sous-sols du Starliner et que les parasités surgissent de partout, ou encore lorsque l’un des personnages tente une sortie hors de la résidence avant de voir surgir, hors de de l’obscurité, une foule de personnes à la démarche lente et saccadée.


Malgré tout Frissons trouve déjà chez lui les thèmes principaux de son réalisateur: la science, les manipulations génétiques, la sexualité, et bien entendu l’organique, avec les métamorphoses et mutations du corps, ici entraînée par l’apparition des parasites se développant dans leurs hôtes. On dénote même la notion de la « Chair » (the « Flesh ») si importante à Cronenberg, ici évoquée au détour d’une réplique: « He told me that even the Old Flesh is erotic flesh, that disease is the love of two alien kinds of creatures for each other, that even dying is an act of eroticism » (traduction: « Il m’a dit que même l’Ancienne Chair est une chair érotique, que la maladie est l’amour entre deux espèce de créatures étrangères l’une pour l’autre, que même mourir est un acte érotique »). On dénote par ailleurs que état "naturel" de l’être humain, avant son changement de comportement par les parasite, est appelé « Old Flesh » et qu’il faut s’en débarrasser pour atteindre un autre état, celle de la « New Flesh ». Le concept de la « New Flesh » sera la thématique général de l’œuvre de Cronenberg, et même directement évoquée dans une de ses pièces maîtresses: Videodrome To become the New Flesh, kill the Old Flesh » et la fameuse « Long live the New Flesh »). 


Cependant, ici, tout cela n’est évidemment pas aussi bien géré que dans ses futures œuvres. Le film souffre de quelques défauts liés à une réalisation qui se cherche encore, notamment dans le montage avec ces fondus au noir trop rapide et nombreux, coupant un peu l’action, ainsi que les grosses pertes de rythmes (notamment au début) et quelques problèmes de continuités assez flagrants: par exemple lorsque le téléphone est coupé dans toute la résidence, le personnage principal parvient cependant à joindre par téléphone les occupants d’une chambre, et ce dans le but de joindre quelqu’un qui a justement quitté ce lieu parce que le téléphone était coupé! De plus, il faut reconnaître que l’œuvre à plutôt vieillie…


L’interprétation, elle, est bien desservie par des acteurs confirmés comme Joe Silver et la troublante Barbara Steele, ancienne égérie des films d’épouvantes dans les années 60 (Le Masque du Démon et Le Corps et le Fouet de Mario Bava pour ne citer que ceux-là) qui disait pourtant ne plus vouloir jouer dans ce registre en marquant sa défection pour le genre. A noter la belle Lynn Lowry, qui passe subitement du rôle d’infirmière potiche à celui d’une femme fatale à la beauté vénéneuse, et la présence de Ronald Mlodzik, que Cronenberg avait prit comme acteur principal dans Stereo et Crimes of the Future.


Jouant la provocation, alignant les passages malsains et les scènes de nudité, le tout avec un soupçon de gore, Frissons
est une œuvre intéressant, marquant la base de toute la mythologie de David Cronenberg. Elle fait d'ailleurs partie d'une sorte de  diptyque avec le futur Rage, qui en reprend les grandes lignes. C'est l'entrée dans une nouvelle génération de films d'horreur, témoignant d'un contexte social passé, tout en restant d'actualité. Brillant.



jeudi 21 juillet 2005

Amityville II: Le Possédé (Amityville II: The Possession)


AMITYVILLE II: LE POSSÉDÉ
AMITYVILLE II: THE POSSESSION
(1982)

Le tout premier Amityville possède désormais le statut de « classique » dans la catégorie de film de maison hanté et il n’est pas rare de le voir être cité à côté d’œuvres beaucoup plus cultes lorsqu’il s’agit de films d’horreur ayant rapport au Diable, comme L’Exorciste ou La Malédiction. Pourtant cette réputation est un peu usurpée car il faut avouer qu’en dehors de quelques séquences chocs, Amityville reposait surtout sur le concept que son scénario fut inspiré d’un soit disant "fait divers réel". Mais qui dit statut « classique » dit « séquelles ». En ce qui concerne la série, elle en comporte huit (remake et reportages sur la véritable maison non compris), pour la plupart de très mauvaises qualités. Exception faite de ce Amityville II qui surpasse l’original et s’impose comme le meilleur film de la saga.


La trame de cet opus s’inspire du fait divers original qui créa toute la médiatisation autour de la véritable maison, à savoir la mort de la famille DeFeo, massacrée au fusil par le fils aîné, que des voix auraient poussées à commettre ce crime. Arrive ainsi au 112 Ocean Avenue une famille américano-italienne, les Montelli, qui va subir le même sort, le fils se faisant posséder par les forces maléfiques de la bâtisse.


Le problème c’est qu’avec cette histoire Amityville II a du mal à s’intégrer dans la chronologie de la saga. Car si dans le premier opus il est fait état du massacre des DeFeo dès le début et que les Lutz, famille qui emménage par la suite, est prévenue des faits, ce n’est pas le cas ici. Ni les DeFeo ni les Lutz ne sont évoqués et la maison n’est pas reconnue comme ayant eu des antécédents malheureux. Le film se déroule t-il donc après le premier Amityville,  sans que personne ne pense à évoquer les évènements passés, ou bien avant l’arrivée des Lutz ? En fait ni l’un ni l’autre car, selon une annonce de la production, Amityville II est tout simplement une fiction basé sur l’événement fondateur du mythe et sans aucun lien avec le reste de la série. Un film hors-série donc, que l’on pourrait à la rigueur situer dans une univers alternatif.


Quoiqu’il en soit le scénario de Amityville II semble couru d’avance lorsque le fils aîné de la famille se met à entendre des voix qui lui demandent de tuer sa famille, et le sous-titre du film (The Possession) ne fait que le confirmer: les Montelli vont connaître le même sort que les DeFeo. Mais c’est alors que l'histoire rebondit dans une seconde partie qui n’est ni plus ni moins qu’une redite de L’Exorciste, où un prêtre va tenter de faire fuir le démon du corps du jeune Montelli. Un second acte tout aussi prévisible que le premier en fait, puisque le film de William Friedkin y est copié jusqu’à son retournement de situation final.


Et pourtant malgré cette démarche peu honnête ainsi que la rupture de ton et de rythme lors du passage à cette seconde partie, Amityville II fonctionne très bien. Tout d’abord parce qu’il y a là une démarcation évidente avec le premier volet: ici, la famille ignore tout de la maison et pas une seule fois le surnaturel n’est évoqué (on apprend juste quelques informations supplémentaires, notamment le fait que la maison ait été bâtie par une sorcière de Salem sur d’anciennes sépultures indiennes – comme dans Shining tiens… Une explication quelque peu exagérée). Les Montelli ne s’en remettent pas à Dieu sans arrêt et au contraire s’agressent de plus en plus, brisant progressivement une cellule familiale déjà bien fragile. Car si les Lutz formaient une famille heureuse, les Montelli sont ici déjà dangereusement plus instables, notamment en raison d’un mari brutal battant ses enfants et dont le couple bat de l’aile (on apprend même qu’il semble forcer sa femme à lui "faire l’amour"). Un parti-pris intéressant sûrement dû au réalisateur italien, alors bien loin de la conception des valeurs familiale américaine qui sont supposées surmonter de toutes les épreuves. Le climat du film devient très pesant, d’autant plus que les forces maléfiques enveniment rapidement les choses. Cela commence par quelques détails, comme un miroir se décrochant du mur, qui a pour effet de transformer un repas de famille qui s’annonçait joyeux en scène de ménage particulièrement violente (voir impressionnante), puis des pinceaux se mettent à dessiner sur les murs, inscrivant des messages obscènes à l’adresse du père, jusqu’au point de non-retour lorsque le frère et la sœur aînés s’unissent dans un acte incestueux.


L’ambiance général, déjà bien mise à mal par l’aspect si particulier de la maison (et ses fameuses fenêtres ressemblant à des yeux amplis d’une essence maléfique), n’en ressort que plus glauque encore, loin des clichés habituels des films américains. Ici tout est sombre, sordide, à prendre au premier degré. Pas d’humour mal venu, pas de figure héroïque parmi les personnage – tous sont on ne peut plus réels et tout simplement humains. Même la présence d’un prêtre n’est d’aucune aide dans le sens où le réalisateur n’insiste pas du tout sur l’esprit religieux de la famille, d’autant que le père Montelli n’est pas pratiquant et ne semble pas apprécier l’arrivée du personnage censé bénir sa maison.


Cette sensation de malaise explose quand le fils va prendre un fusil pour tuer toute sa famille. Une scène mémorable, cauchemardesque, où l’on sait pertinemment ce qu’il va advenir de chacun, même lorsque la grande sœur tente dans un dernier espoir d’appeler le prêtre de la famille peu avant le drame (lequel ne décroche pas le téléphone et va recevoir le message bien plus tard, comme pour appuyer sa culpabilité). Il est aussi très plaisant de remarquer que si les protagonistes y passent, ce n’est pas en raison d’une stupidité latente ou d’un scénario ridicule. La tentative de fuite désespérée de la sœur aînée, les exécutions froides du petit frère et de la sœur cadette ou encore l’assaut répété sur le père, comme pour évacuer un trop-plein de haine, dégagent réellement un sentiment de désespoir et de monstruosité rarement atteint dans ce genre de film. Probablement parce que, malgré l’apparence démoniaque du fils Montelli alors possédé, cette scène horrible est suffisamment ancrée dans le réel pour être crédible.


C’est sur ce moment d’anthologie que s’achève la première partie du film, qui passe ensuite à une sorte de remake de L’Exorciste. Le fils Montelli, arrêté par la police, est encore possédé par un démon et le prêtre va tenter de l’aider. Un acte tout aussi convenu que la première et nettement moins réaliste. Un choix plutôt casse-gueule tant le film mise alors sur les effets spéciaux plutôt que sur le script, mais qui heureusement réussie à garder le même ton qu'auparavant et amène même à une conclusion qui, si elle est évidemment reprise au film de Friedkin, trouve tout naturellement sa place, achevant le récit sur une dernière note sombre et tragique. De plus cela ne traîne pas trop en longueur, ce qui permet de ne pas remarquer le brusque changement de direction du film.



Car si la première partie, malgré quelques effets spéciaux bien présents, jouait surtout sur l’ambiance, les personnages et l’histoire, la seconde semble presque avoir été imposée comme pour s’assurer que Amityville II soit un film d’horreur comme on l’entend dans le sens général du terme. Il est plus qu’évident que les producteurs ont mit leur nez dans cette affaire, d’une part parce que ce procédé n’est pas nouveau (la triste loi du cinéma américain), de l’autre parce qu’on trouve un scénariste non crédité au générique, à savoir Dardano Sacchetti, en plus de Tommy Lee Wallace et du fait que le livre Murder in Amityville de Hanz Holzer (qui relate du véritable massacre des DeFeo) ait été utilisé comme base de scénario. Il ne serait pas impossible que l’un ou l’autre des scénaristes ait écrit une histoire narrant le destin des DeFeo, dans un genre horrifique tout en nuance, et que les producteurs, prenant peur d’un tel concept et souhaitant livrer un film n’allant pas plus loin qu’une banale histoire de fantôme, aient demandé à l’autre de remanier le script. Cela expliquerait aussi le changement de nom de DeFeo en Montelli, même si là encore cela pourrait être causé par une quelconque histoire de droits. Tout cela reste du domaine de l’hypothèse, mais celle-ci se révèle très crédible, notamment au vu de l’orientation des autres épisodes de la série, d’un niveau médiocre et n’étant plus vendues comme des « histoires vraies » mais de simples séries B pleines de monstres et autres apparitions démoniaques.



En ce qui concerne les effets spéciaux, on note là aussi une différence d’utilisation en fonction des deux actes. Le premier, jouant sur l'angle réaliste, se limite surtout à quelques éléments si basiques (objets en lévitation par exemple) qu'ils en sont même gênant ! En effet, l’approche du film rend les séquences « fantastiques » assez pitoyables pour le coup: les voix démoniaques parlant au fils Montelli depuis son walkman et surtout le drap jeté sur un crucifix semble vraiment de trop, comme si les auteurs avaient peur que la présence maléfique ne soit pas assez ressentie. Certains effets auraient gagnés à ne pas être montrés (la scène des dessins obscènes dans la chambre des enfants), quant au maquillage simulant la possession du fils Montelli, il est parfait lorsqu’il est discret mais souvent exagéré, à grand renfort de prothèses en latex peu réussies. En gros les effets trop démonstratifs sont les plus ratés car ne collant pas à l’ambiance. Et au contraire la seconde partie gagne en intérêt justement par cette débauche d’effets spéciaux parfois gratuits, mais relançant alors un script assez classique et fade. Le sous-sol de la maison charrie du sang (très Shining encore une fois), la cave laisse apparaître une horde de silhouettes gémissantes dans un brouillard bleuté (un court mais superbe passage qui n’est pas sans renvoyer à du Lucio Fulci !) et surtout l’apparition fulgurante d’un démon arrachant son enveloppe charnelle humaine. Il est d’ailleurs à noter que la censure frappe souvent sur ce film, et plus exactement lors de la scène de massacre, supprimant la mort de la petite sœur ou celle, assez gore, de l’explosion de la tête du père.



Mais plus que les effets spéciaux, c’est surtout la réalisation de Damiano Damiani qui donne une ambiance impeccable au film. Filmant sobrement les séquences de tensions, il se permet pourtant de reprendre des cadrages à Sam Raimi (Evil Dead, sortie la même année) en utilisant une vue subjective accompagnée de murmures étranges pour simuler la progression de la force démoniaque, au point même de le copier complètement lorsque le fils Montelli va se faire posséder, ce dernier déambulant dans la maison en chemise bleu et armé d’un fusil de chasse (le look Bruce Campbell !), le tout cadré de manière peu conventionnelle (dont un plan de caméra passant de l’arrière de la tête au visage comme dans Evil Dead, mais ici réalisé en sens inverse). Et il faut voir la façon dont sont filmées les célèbres fenêtres de la maison, ou cette dernière dans son ensemble. Des plans très étranges et accentués par une magnifique musique signée Lalo Schifrin (déjà compositeur du premier Amityville) dont on retient notamment le thème d’ouverture du film.


Cependant cette réalisation possède un défaut de taille: un rythme lent. Trop lent d’ailleurs, au point de risquer d’endormir le spectateur pas très réceptif à l’histoire ou au cinéma daté. On remarque que cela agit comme une sorte de malédiction sur la saga des Amityville, car tous les films possèdent ce même rythme mou et soporifique ! Reste qu’ici on peut éventuellement surmonter ce problème car le film est de bien meilleur qualité que les autres, et qu’en plus de séquences intéressantes, d’une réalisation inspiré et d’une musique sympathique, il faut aussi compter sur un bon jeu d’acteur, surtout en ce qui concerne Burt Young (inoubliable Paulie, frère de Adrienne dans les Rocky) qui tire son épingle du jeu en composant un personnage tout simplement détestable.


Amityville II, malgré son rythme lent, propre à la série, et certains effets assez ridicules, possède un potentiel très intéressant et distille une ambiance malsaine comme on en voit rarement pour une production de ce genre. Si la saga de la plus célèbre des maisons hantées comporte beaucoup de volets, seul ce deuxième opus est à retenir, les autres allant du sombre navet (Amityville 3-D) à la série B regardable mais pas transcendante (Amityville 1993).




samedi 16 juillet 2005

Premutia


Petite retouche d'image parodique que l'on doit à D-rek (Derek du Phoenix), pour le forum Ambreworld. Celui-ci ayant découvert par hasard une version Rule 63 d'Hellsing, représentant une version femme d'Alucard, il ne lui a pas fallu longtemps pour la détourner et m'offrir un Premutos ayant changé de sexe. Un concept crédible qui plus est, les métamorphes pouvant effectivement modifier leur corps à volonté.

Donc merci Derek – je suppose – pour ce cadeau. Je suis sûr que je pourrai trouver une histoire pour l'accompagner !

lundi 11 juillet 2005

Alice Cooper – Dirty Diamonds Tour


Alice Cooper
Dirty Diamonds Tour
11 Juillet 2005
L'Olympia Bruno Coquatrix, Paris (75)


LINE-UP

Alice Cooper
Calico Cooper
Damon Johnson (guitare)
Ryan Roxie (guitare)
Chuck Garric (basse)
Eric Singer (batterie)


1ère Partie
Revenge


SET-LIST

Department Of Youth
No More Mr Nice Guy
Dirty Diamonds
Billion Dollar Babies
Be My Lover
Lost In America
I Never Cry
Woman Of Mass Destruction
I'm Eighteen
Between High School And Old School
What Do You Want From Me
Is It My Body ?
Go To Hell
Black Widow (instrumentale)
Gimme
Feed My Frankenstein
Welcome To My Nightmare
Steven
Only Women Bleed
Ballad Of Dwight Fry
I Love The Dead
School's Out


Encore

Poison
I Wish I Was Born In Beverly Hills
Under My Wheels


dimanche 10 juillet 2005

Le Cirque des Vampires (Vampire Circus)


LE CIRQUE DES VAMPIRES
VAMPIRE CIRCUS
(1972)

L’intrigue se déroule durant le XIXème siècle à Schtettel, un petit village européen. Les villageois vivent dans la terreur du Comte Mitterhaus, un vampire se nourrissant du sang de leurs enfants. Lorsqu’une petite fille se retrouve enlevée, plusieurs d’entre eux surmontent leur peur et se décident à agir, investissant le château et tuant le vampire qui leur lance une malédiction: le sang de leurs enfants servira un jour (enfin, une nuit plutôt) à lui redonner vie (enfin non-vie plutôt). Alors que son château est détruit, une jeune femme sous son emprise, qui lui servait d’amante et lui ramenait ses proies, cache son corps dans une crypte et reçoit l’ordre de trouver son cousin, un certain Emil, afin de l’avertir de la situation.



Quinze ans plus tard, Schettel est en proie à un fléau terrible: la peste fait des ravages. Le village est placé en quarantaine et quiconque tente d’en sortir est abattu sur le champ par les hommes postés aux barrages. Alors que la plupart des villageois soupçonnent la malédiction de Mitterhaus, un médecin s’échappe afin de chercher les médicaments nécessaires et leur prouver par ailleurs qu’il n’y a rien de surnaturel dans cette maladie. Au même moment arrive un cirque itinérant, « The Circus of Nights » (le Cirque des Nuits), qui cache en fait plusieurs vampires dont Emil, venu retrouver le corps de son cousin et lui permettre de ressusciter…


On ne présente plus la célèbre Hammer, firme anglaise qui se spécialisa dans les films d’horreur gothique et qui a élevé au statut de cultes des comédiens tel que Peter Cushing ou Christopher Lee. Les années 70 signent une période de crise dont la Hammer ne se relèvera pas. C’est la fin de l’Âge d’Or et le public d’alors ne suit plus vraiment. On tente de renouveler un peu les genres et de donner du sang neuf aux grands classiques, notamment avec le mythe du vampire comme en témoignent les futurs Captain Kronos, Vampire Hunter et  Les Sept Vampires d’Or (une coproduction avec la Shaw Brothers !). Des films très intéressant de par leur approche différente, mais qui malheureusement ne vont pas permettre à la firme de regagner son succès d’antan.



Vampire Circus fait partie de ces essais et tente dès le début d’en mettre plein la vue: révolte des villageois, massacre chez un maître vampire, nudité féminine, explosion du château… Pour faire bref, le film débute par un condensé des clichés habituels des films de vampires de l’époque. On y trouve même une sorte de Renfield au féminin par la présence d’une jeune femme dévouée corps et âme à un vampire pourtant très porté sur les enfants. Si rien n’est explicitement montré, la référence à la pédophilie est assez appuyée, voir même franchement osée, notamment au début du film lorsque, après avoir bu le sang d’une fillette, notre cher Comte se sent subitement d’envie de s’envoyer en l’air avec sa partenaire en lâchant un « One lust feeds the other » (« Un désire en nourrit un autre ») assez lourd de sens. Sans parler de l’idée que son corps absorbe le sang des enfants afin de lui permettre de « revivre ». Ce sous-texte particulièrement malsain, bien que pas forcément discernable à la première vision puisque passant bien vite au second plan, est plutôt bienvenu et trouve très bien sa place dans le contexte du mythe du vampire, dont la sexualité est généralement dépravée ou bien complètement nulle (le vampire tourmentant alors sa victime pour jouir de son impuissance et de sa fragilité).



Toutefois Vampire Circus n’a pas pour thème la sexualité déviante et prend une toute autre direction avec l’arrivé dudit cirque. Le film gagne alors son identité et le côté malsain pouvant être ressentit plus tôt disparaît au profit d’une ambiance plus classique, bien que très plaisante. On retrouve le côté gothique qui fait le charme si particulier des productions Hammer, renforcé ici par des séquences quasi oniriques, notamment lors d’un spectacle de danse acrobatique entre un dresseur de fauve et une femme nue au corps peint représentant une panthère, ou quand le nain de la troupe (Skip Martin, déjà vu dans Le Masque de la Mort Rouge) se met subitement à s’arracher ce que l’on pense être son visage avec un rictus hargneux, en fait un masque reprenant le maquillage caché dessous. Le tout sur l’inquiétante et obsédante musique du cirque. Le film en ressort avec une tonalité particulière, mélangeant l’onirisme, l’inquiétant et possédant bien sûr un charme rétro on ne peut plus agréable.



Vampire Circus se hisse au-dessus du schéma classique du film de vampire de l’alors, nous présentant des créatures de la nuit assez particulières se faisant aider par des humains, sans que la raison en soit connue (le nain, l’Hercule, les danseurs qui servent même aux vampires pour se nourrir), et possédant des pouvoirs assez particuliers: Emil peut se transformer subitement en panthère noire, les danseurs acrobates sont liés l’un à l’autre (les blessures infligées à l’un sont ressenties par l’autre), sans parler du miroir magique pouvant refléter des illusions et servant de portail vers la crypte de Mitterhaus ou encore la transformation physique de la compagne de ce dernier en une autre femme. La mythologie du vampire est  bien plus étoffée qu’à l’habitude même si l’on garde les éléments basiques comme la mort assurée par la décapitation ou le pieu dans le cœur, la peur du crucifix, etc…



Cherchant à s’éloigner des œuvres précédentes de la Hammer, Vampire Circus mise surtout sur son histoire et sa réalisation bien soignée (on retient la scène dans la forêt où la tension monte sans cesse par la manipulation des images qui visent à faire croire à l’arrivée de la panthère noire) et non sur la présence d’une star éventuelle. Les acteurs sont ici bien moins connus mais très efficace dans leur rôle (à l’exception des rôles de Thorley Walters, trop poussif, et John Moulder-Brown, assez fade, respectivement le bourgmestre et le jeune héros), que ce soit Robert Tayman qui campe un Comte Mitterhaus très convaincant (voir l’impression de puissance qui émane de lui lors de sa résurrection), Adrienne Corri et son charme sulfureux, Skip Martin ou encore la très effacée mais toute mignonne Lynne Frederick en jeune héroïne. Quant à Anthony Higgins, l’interprète d’Emil, on a beau dire sur son look ridicule (chemise rose et coupe de cheveux très datés des seventies) et son manque évident de charisme, il dégage quand même une aura de magnétisme dans son regard et se montre donc parfait dans son rôle. On peut aussi noter la présence de David Prowse dans le rôle de l’Hercule du cirque, qui a déjà campé deux monstres de Frankenstein pour la Hammer (Les Horreurs de Franktenstein et Frankenstein et le Monstre de l’Enfer) et qui est surtout connu pour être le Darth Vader de la trilogie originale de Star Wars.



Rajoutons à cela quelques scènes gore (dont une belle décapitation à l’arbalète) et Vampire Circus aurait pu être une petite bombe. Malheureusement le scénario souffre de quelques longueurs et surtout d’incohérences assez flagrantes, ne gâchant certes en rien la vision du film mais pouvant se montrer assez gênantes. Ainsi, alors qu’il nous est dit que quinze ans après la destruction de Mitterhaus les villageois craignent encore la malédiction lancée par celui-ci, l’arrivée subite d’un cirque itinérant dans leur village pourtant ravagé par la peste ne les inquiète pas outre mesure. Pire: lors des spectacles, et alors que les habitants sont pour la plupart superstitieux, personne ne semble avoir peur lorsque les deux acrobates se transforment subitement en chauves-souris (alors que le parallèle chauves-souris / vampires est justement fait un peu plus tôt dans le film !) et, lorsqu’une famille est retrouvée atroce mutilée et qu’on accuse enfin le cirque et ses fauves, le jeune héros tente de rationaliser les choses en arguant que les fauves ne peuvent pas sortir car ils sont… enfermés dans leur cage ! De quoi consterner, surtout venant du personnage censé représenter la voie de la raison…



Toutefois cela ne détruit en rien toute l’ambiance mise en place et Vampire Circus, à défaut d’être une grande œuvre, reste un très bon film débordant d’idées originales.