lundi 21 mars 2005

Soldier


SOLDIER
(1998)

Paul Anderson, on le sait, est loin d'être un bon réalisateur. Coupable d'un très nul Resident Evil n'ayant presque aucun rapport avec le célèbre jeu vidéo, également scénariste de sa suite encore plus nonsensique, on le connaît aussi pour avoir fait un Alien vs. Predator qui dénatura les deux grandes franchises au lieu de livrer un produit qui aurait pu être formidable. Dans un registre supérieur, il réalisa un Mortal Kombat très nanar mais hautement sympathique, ainsi que Event Horizon. Moins connu, c'est pourtant dans ce registre que ce situe ce Soldier, un agréable divertissement…
Le film se déroule dans une époque parallèle à la nôtre. En 1996 l'Armée recrute plusieurs nouveaux nés pour les soumettre à un système d'éducation visant à faire d'eux des soldats d'élite. Dès leur plus jeune âge, ils sont conditionnés pour être de parfaits robots. On leur apprend à ne parler que si un supérieur leur en donne l'ordre et à voir la violence et la mort comme quelque chose d'anodin. Les années passant, les enfants deviennent des hommes et ils participent à divers conflits, tuant sans sourciller, accomplissant leurs missions comme on l'attend d'eux… Dans une période entre deux guerres, un nouveau type de soldat fait son apparition. Génétiquement crées dans le but de devenir la nouvelle élite, ils sont la fierté de leur supérieur même s'ils n'ont encore jamais effectué de véritable mission. Lors de tests réalisés pour les comparer à l'ancienne garnison, ils se montrent effectivement compétent au point qu'un seul d'entre-eux réussi à se débarrasser de trois anciens soldats lors d'un combat, parmi lesquels Todd, le meilleur élément de cette unité désormais obsolète. Décrétant ces décès comme accidentel, l'Armée se débarrasse des corps en les abandonnant sur Arcadia 234, une planète-décharge. Mais Todd n'est pas mort et se réveil en ce lieu inhospitalier dans lequel il rencontre des colons abandonnés sur place suite au crash de leur vaisseau. Alors que le soldat est accepté au sein de la communauté malgré le danger qu'il représente, l'Armée décide d'effectuer une première mission de terrain pour leur nouveaux soldats, sur la planète même où se trouvent Todd et les colons…
Soldier est écrit par David Webb Peoples, entre autre scénariste de L'Armée des 12 Singes et de Blade Runner. A ce dernier film, il "emprunte" le même univers, Anderson allant jusqu'à qualifier Soldier de sidequel (terme comparable à séquelle ou préquelle mais pour une œuvre se déroulant en parallèle). Un argument plus marketing qu'autre chose évidemment, même si la présence du même scénariste vient faire coïncider quelques éléments. Le côté "low-tech" du design général, la carcasse d'un taxi volant repérable dans la décharge d'Arcadia, on y cite aussi la bataille de Tannhauser Gate (celle dont parle Roy Batty, joué par Rutger Hauer, à la fin de Blade Runner). Quant aux soldats génétiquement élaborés, ils ne sont pas sans renvoyer aux Replicants… Dire que Soldier est issu du même univers que Blade Runner n'est ainsi pas en mensonge en soi, mais il est clair que le film ne s'inscrit pas pour autant dans celui présenté par Ridley Scott.
En fait, si Blade Runner nous montrait comment des êtres artificiels tâchaient de devenir humain malgré leur nature, Soldier tend plus à raconter l'inverse, des êtres humains réduits à l'état de pantins au service de l'Armée. Certes le script du film n'est pas véritablement conçu pour jouer dans le subtile, mais il faut constater qu'au cours de la deuxième partie du film, le concept abordé est aussi intéressant que casse gueule.
Après sa déchéance, Todd atterrie par hasard dans une communauté de pacifistes. Son intrusion provoque évidemment des tensions , mais il est intégré à la société et apprends à travailler avec eux. Le problème est que Todd ne connaît pas la vie sociale et continue d'agir comme un soldat, ne parlant que très peu (ce point est souvent critiqué, mais on se souvient tous du nombre de répliques limité de Mel Gibson dans Mad Max 2, et de toute façon l'absence de communication et l'incompréhension sont les thèmes de cette partie du métrage) et restant très méfiant de cet environnement étranger. De même, des sentiments humains commencent à l'atteindre comme l'attirance physique pour une femme, ou un sentiment de protection envers un enfant.
Cette première partie se concentre alors sur les rapports entre Todd et les colons, et plus particulièrement le personnage de Sean Pertwee et sa famille, choisissant d'accueillir le soldat chez eux. Et ce qui aurait pu être débordant de guimauve et de bons sentiments exacerbés se laisse pourtant voir, n'ayant pour seul défaut que d'avoir un impact hautement prévisible à ce genre d'histoire, à savoir l'exclusion de Todd après un malentendu. A force de crainte envers ses capacités, son comportement est finalement jugé nuisible au mode de vie des colons et il se retrouve rejeté par ceux qui l'ont accueillie. Une manière d'humaniser encore plus le personnage en lui incluant la notion d'injustice et de tristesse.
Mais à ce point précis du scénario, on ne peut plus vraiment dire que l'histoire importe sérieusement. L'Armée arrive avec ses supers soldat, et il est évident que Todd va choisir de protéger les civiles, réintégrant leurs rangs après avoir fait ses preuves. Au passage on supprime même le personnage qui l'empêchait d'aller plus loin dans sa romance et dans son côté paternel. Pas de doute, le film fini bien et Todd gagne femme et enfant après les avoirs sauvés d'un grand danger. La base même de l'héroïsme, cliché par excellence du personnage déchu se cherchant une rédemption dans la voie du Bien.
Cela donne bien sûr matière à critiquer le film dans le mauvais sens du terme. L'histoire est archi-connue et ce n'est pas le cadre futuriste du film qui va rehausser l'intérêt. Alors ? Et bien on attend la bataille, l'inévitable conflit opposant l'ancien soldat aguerri aux nouvelles générations expérimentales. Et là, on est loin d'être déçus puisque Soldier déploie tout une énergie guerrière et sauvage qui lui confère une atmosphère hautement appréciable. Le côté "série B à petit budget" disparaît pour laisser place à un divertissement très prenant qui va jusqu'à prendre un aspect comic-book au détour de certains plans magnifiques qui profitent à fond du design du film. Jeu de traques à la Predator, fusillades énergiques et bien entendu empoignades musclées entre Todd et sa Nemesis (qui l'avait mis au tapis au début du film), bref, le film ne fait plus dans la bluette et délaisse le côté "gentillet" mit en place jusqu'ici pour utiliser le moteur principal de son histoire: les soldats.
Soldier devient évidemment encore plus prenant lors de cette partie, faisant de l'entertainment 100% fun et décomplexé à la manière d'un Commando mais en moins stupide. Avec une mise en scène stylisée, un look sympathique et de l'action non stop, ce dernier acte permet de bien situer le film: très réussi dans sa forme et non dans son fond. S'il n'y a rien en substance (en tout cas rien de nouveau), le film n'en demeure pas moins extrêmement efficace et plaisant.
S'il n'est pas l'un des meilleurs films de Kurt Russell, Soldier demeure un titre très sympathique de sa filmographie, qui se permet par ailleurs de faire un petit clin d'œil à quelques uns de ses meilleures rôles: lors de l'affichage des états de faits de Todd sur un ordinateur, on peut s'amuser à retrouver quelques décorations particulières comme la Cash Medal of Bravery (référence à son personnage de Gabriel Cash dans le très marrant Tango & Cash), le O'Neil Ring Award (le colonel O'Neil de Stargate) et surtout la MacReady Cross et le Pissken Patch (les personnages de MacReady et Snake Plissken, deux des meilleures rôles de Russell, bien entendu tiré des chef d'œuvres de John Carpenter The Thing et New York 1997).
On pourrait évidemment débattre sur les nombreux petits défauts du film, notamment un manque de développement des personnages ou encore l'étrange rupture de rythme entre les différentes parties du film, mais il faut reconnaître que Soldier est une très bonne surprise compte tenu de son budget et de son scénario bourré de cliché. Quant en plus on peut compter sur des acteurs aussi bon que Kurt Russell, Sean Pertwee ou encore cette bonne vieille tronche de Gary Busey (qui disparaît trop vite ! C'est ça LE vrai défaut du film !), on ne peut que se laisser aller à ce petit divertissement agréable et pas prise de tête pour un sou.


samedi 5 mars 2005

Signature Ambreworld – Natasha (v2)


Deuxième version de la signature "Natasha d'Ambre" pour le forum Ambreworld, toujours par Chronitio. Elle y est cette fois belle et bien brune, comme elle est censée l'être, mais ses vêtements conservent la couleur bordeaux utilisée par Pern pour son avatar (pour contourner l'interdiction du noir, mais aussi faire le lien avec son propre personnage qui sont censés être frère et sœur, Pern portant exclusivement du bordeaux).


 
Voici ce que Chrony en disait sur sa page DeviantArt:

"A new avatar which represents Natasha, another character of Ambre World. I like very much the expression of her face: anger and sadness. It is necessary to say that this young lady suffered in past...

Un nouvel avatar qui représente Natasha, un autre personnage d'Ambre World. J'aime beaucoup l'expression de son visage: colère et tristesse. Il faut dire que cette jeune femme a souffert dans le passé... "

jeudi 3 mars 2005

Creature (Titan Find)


CREATURE
TITAN FIND
(1985)

Après l’avènement d’Alien en 1979, la série B entre dans les année 80 en produisant en masse des ersatz du films de Ridley Scott, le budget et la surprise en moins. Creature est de ceux-là, produit cliché sans innovation, et si certains de ces clones parviennent à se révéler intéressants ou sympathiques, ce n’est ici pas le cas tant celui-ci s’évertue à rester dans le minimum syndicale…



William Malone s’est déjà rendu responsable d’une série Z, Scared to Death, dont le monstre repiquait déjà le design de H.R. Giger (et qui sera repris quelques temps après dans  Syngenor). Cette fois-ci, il tente de se dédouaner en décrétant que Creature n’était pas le film qu’il souhaitait faire à l’époque et que le script était loin d’être original. Et en effet, ce dernier se contente de reprendre la trame d’Alien dans ses grandes lignes: dans le futur, deux multinationales concurrentes (les américains NTI et les allemands de Richter Dynamis) se livrent bataille pour la récupération de nouveaux matériaux. Se rendant sur Titan, une des lunes de Saturne, une équipe de Richter Dynamis met à jour des containers renfermant des créatures extraterrestres dont l’origine remonterait à 200 000 ans. Alors qu’ils découvrent une cuve intacte contenant un spécimen parfaitement conservé à l’intérieur, l’un des membres de l’équipage l’a fissure par accident après avoir aperçu la créature bouger. Ce qui s’ensuit est assez trouble, car de cette ouverture s’écoule une substance étrange et le spationaute est subitement tué, sans que l’on ne sache s’il s’agit du monstre ou du liquide qui se serait infiltré dans sa combinaison. Quoiqu’il en soit l’équipage va être décimé à son tour et, peu de temps après, leur navette traverse l’espace à toute allure pour s’en aller percuter une station spatiale. Suite à l’incident, la NTI décide d’envoyer une équipe enquêter sur Titan pour comprendre ce qui c’est passé. Sur place les américains découvrent le reste du vaisseau allemand ainsi que le bâtiment contenant les spécimens aliens, avant d’être rapidement prit en chasse par la créature…



De l’équipe faisant partie d’une multinationale à la découverte d’un site extraterrestre sur une planète hostile, en passant par l’utilisation des corps humains au profit de la créature, tout est là. Le film recycle allégrement le scénario de son illustre modèle jusqu’à inclure un étrange personnage féminin pratiquement muet et à la solde d’un supérieur hiérarchique irritant qui n’est pas sans renvoyer aux androïdes et / ou traîtres de services habituels de la saga Alien. Mais cette copie carbone, par manque de budget, ne peut pas se s’offrir un monstre digne de ce nom et limite ses apparitions autant que possible. Ridley Scott avait lui aussi opté pour ce stratagème, peu convaincu de sa créature, mais en travaillant sa mise en scène pour compenser. Creature, lui, choisi des artifices aussi grossier que les fumigènes ou la constante obscurité. Et si Alien montrait un splendide extraterrestre monstrueux, Creature tente vainement d’imiter son design avec les moyens du bord. Il en résulte une navrante créature de caoutchouc, pataude et peu mobile.



Celle-ci n’est finalement pleinement visible que quelques minutes avant la fin du film. Dans un premier temps on ne va que l’entr’apercevoir et même avoir droit à une vue subjective avec un visuel psychédélique (du Predator avant l’heure, sauf qu’ici on dirait que le monstre est sous acide) et le réalisateur peut également compter sur une certaine trouvaille du scénario: la créature, provenant d’un antique zoo intergalactique, utilise elle-même d’autres petites bestioles parasites qu’elle place sur le corps de ses victimes pour les contrôler par télépathie. Une idée qui rappelle tant le système d’incubation humain de Alien que l’emploi du camouflage humaine du The Thing de John Carpenter, un autre grand film de science-fiction horrifique qui marqua tout autant que celui de Ridley Scott. Une manière d’économiser les effets spéciaux ringards en ne faisant  appel qu'aux comédiens. Et si l’idée, à défaut d’être originale, aurait pu fonctionner, ce n’est ici pas le cas: le spectateur sachant déjà qui est déjà mort ou non, il a un énorme train d’avance sur les personnages, ce qui fausse d’emblée toute tentative de suspense ou de retournement de situation.



Le scénario de Creature s’évertue alors au banal massacre de l’équipage, membre par membre, sans que cela ne provoque la moindre sensation au spectateur si ce n’est un ennui de plus en plus grandissant. Le film, bavard et lent, ne retient jamais l’attention. Tout au plus remarque t-on quelques effets gore, comme de belles giclées de sang mais surtout un visage arraché à mains nues et une explosion de tête de plus bel effet ! On patiente donc entre chaque attaque, pratique routinière du film d’horreur, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le couple habituel de héros qui va réussir à détruire le monstre avant de repartir dans un final des plus conventionnels qui achève le spectateur, alors passablement anémique, devant tant de manque d’originalité.



Quel dommage que le film ne se soit pas focalisé sur son concept pourtant très sympa du zoo extraterrestre. De celui-ci, rien ne nous est jamais montré hormis quelques cuves vides et un ou deux spécimens à peine discernable dans le noir. Il y avait là pourtant matière à injecter un peu de sang neuf et à délirer totalement sur le potentiel d’un tel endroit ! Hélas il n’y a pratiquement rien à sauver hormis quelques scènes stupéfiantes comme lorsque l’extraterrestre, sous la forme d’une jeune femme, se met entièrement nue pour attirer son bien-aimé à elle sur la surface de la planète (possédant un air empoisonné et une température avoisinant les –25°), le tuant en lui ôtant son casque et en l’embrassant. Une incroyable décalque du Lifeforce de Tobe Hopper sorti la même année ! Étrangement le héros, lui, ne semble pas affecter par ce mal lorsqu’il se retrouve lui aussi à l’extérieur et sans combinaison, restant même conscient un petit moment avant de simplement s’évanouir et d’être réanimé avec quelques claques sur les joues !



Dans le même genre d’idées stupides on peut aussi mentionner ce monstre qui s’amuse à étrangler le héros de ses mains au lieu de le dévorer, comme il le faisait précédemment avec ses autres victimes (pour lui laisser une chance de s’en tirer ?), l’héroïne qui propose d’électrocuter la bête pour la tuer parce qu’elle a vu ça dans un film de science-fiction avec une sorte de carotte géante extraterrestre (il s’agit bien sûr de La Chose d’un Autre Monde) ou bien encore le personnage finalement inutile de cette étrange femme que l’on s’imagine être un androïde, qui disparaît subitement en cours de métrage avant de revenir à la toute fin, arguant s’être perdue dans les parages !



Ridicule de tout en bout, le film ne soigne pas plus sa forme que son fond et au côté du monstre raté se mêle décors de carton-pâte pas très crédibles (beaucoup de toiles d’araignées sur des roches en polystyrène) et costumes rétro tendance Cosmos 1999 ou V. Avec ça et le manque de charisme total de la majorités des acteurs, Creature possède un esthétisme à faire peur mais qui prête gentiment à rire lors des visites des coursives vides des vaisseaux, ou des explorations de la planète supposées être balayées par des vents violents (simulés par des éclairs et du tonnerre des plus banals).



La seule attraction du film reste la présence du célèbre Klaus Kinski, ici en guest-star qui ne fait pas long feu (il n’était disponible qu’une semaine et on connaît ses caprices) mais qui reste de loin l’acteur le plus agréable à suivre du film (bien aidé il est vrai par un casting très mauvais). On est quand même en droit de se demander comment William Malone a pu gérer une personnalité aussi instable, surtout dans le cadre d’un film bas de gamme. Il est également amusant de savoir que le réalisateur, réputé pour être le plus grand collectionneur d’objet ayant rapport au grand classique qu’est Planète Interdite, a inclus quelques unes de ses pièces dans le film pour se faire plaisir. Inutile de les chercher cependant, celles-ci sont complètement perdues dans les décors mal éclairés et n’apparaissent pour ainsi dire jamais.



Distribué par la firme Troma, sûrement en raison de son amateurisme et de son manque flagrant de budget, Creature est un très mauvais film. Long, insipide, ennuyeux, pas original et ne possédant en tout et pour tout qu’une tête qui explose et un Klaus Kinski pour sa défense, il donne surtout à son spectateur l’impression de perdre son temps. A éviter. Quant à William Malone, il lui fallu attendre son troisième film avec La Maison de l’Horreur pour lui trouver une once de talent...