dimanche 28 novembre 2004

Sprite Animé – Natasha d'Ambre


Un petit sprite animé du personnage de Natasha d'Ambre, par Linoa. Il fait partie d'une série représentant les personnages du forum de jeux de rôle Ambreworld, et elle possède ici sa couleur de cheveux châtain plutôt que noire.
Voici ce que Linoa en disait sur sa page DeviantArt:

Natasha Is A Character Really Special, She Had To Battle With The Others, And Always Go Were It's More Dangerous, lol.
But The Player Is My Friend Too ^^ , And When I Do It's Sprite, I Want To Be More Perfect Than The Others.
That's Why, You Can See Two Of Her Weapons : The Guns And The Claw In His Arm.
Yeah, It's One Of Those I Prefer ^^ .

Sprite Animé – Premutos du Chaos


Un sprite animé du personnage de Premutos, réalisé par Linoa. Il fait partie d'une collection représentant chaque personnage joueur du forum Ambreworld. Apparemment pour celui-ci, Linoa aurait fait plusieurs autres versions, non retenues, avant de parvenir à celle-ci.

Voici la description qu'elle en faisait sur sa page DeviantArt:

Premutos Is.. A.. Playboy T_T . He Want To Take All The Girl In His Bed, Specially Natasha.

vendredi 26 novembre 2004

Ambreworld – Sprite Premutos


Un sympathique "sprite" Premutos, de la part de Chronitio, du forum Ambreworld. Il est issu d'un jeu de combat et a été retouché de manière a correspondre au personnage de Premutos. Un petit cadeau très sympathique.

Voici ce que Chrony en disait sur sa page DeviantArt:

Voici Premutos du Chaos, un personnage joueur d'Ambre World, le Jeu de Rôles que masteurise ! Ce sprite a été fait à partir de bases du Jeu de Combat du nom de Guilty Gear X, surtout de Johnny. Je ne sais pas si vous connaissez ce jeu ou si vous aimerez ce sprite mais si vous avez un commentaire à faire, je vous écoute. ^^

mercredi 24 novembre 2004

Demolition Man


DEMOLITION MAN
(1993)

« I’ve seen the future. Know what it is ? 
It’s a 47 years old virgin drinking a banana-broccoli shake and singing “I’m a Wiener”! »
Demolition Man fait partie de ces quelques films, comme Predator 2 et dans une certaine mesure Last Action Hero, qui font la synthèse de tout le cinéma d’action des années 80. Si Predator 2 utilisait un casting bien typé contre son chasseur extraterrestre et que Last Action Hero opposait fiction à réalité en utilisant la comédie, Demolition Man déplace la violence et la vulgarité de ce type de cinéma dans un lieu totalement inapproprié: un monde pacifiste, politiquement correct et aseptisé au possible.
Rien que l’introduction du film, dans un Los Angeles de 1996 complètement ravagé par le crime, est symbolique de ce concept en présentant un best-of du film d’action américain typique: un flic rebelle et efficace, un adversaire fou et dangereux, des fusillades, des empoignades exagérées et des explosions surdimensionnées. Rien de plus banal. Et là tout saute aux yeux du spectateur: ce n’est que le quotidien du film d’action et tout cela nous paraîtrait presque « normal ». Et pourtant, pour l’instant, rien n’est parodié. Sans en avoir l’air, Demolition Man commence donc comme un condensé de ce qui fait habituellement la totalité d’un actioner.
Nous faisons connaissance de deux entités à la fois semblables et opposées: John Spartan, alias le Demolition Man, un flic macho et déterminé qui n’est pas sans rappeler le rôle que Stallone tenait déjà dans Cobra, et son équivalent du crime Simon Phoenix, interprété par un Wesley Snipes en roue libre qui donne une classe incroyable à son personnage malgré un aspect des plus ridicules à première vue (vêtement risibles, hystérie à la Eddie Murphy). Lorsque le premier arrive enfin à attraper le second, c’est pour tomber dans un piège et se faire condamner pour la mort des otages retenues par le criminel. Toutefois Spartan se retrouve être incarcéré dans la toute première et encore expérimentale cryoprison.
Un petit bond dans le futur et nous voilà en 2032, dans un monde des plus aseptisés. Les tenues vestimentaires ont un design aussi ignoble que simpliste et ressemblent vaguement à des kimono ou des pyjamas, le vocabulaire exclu toutes expressions familières et bien entendu la moindre insulte se retrouve passible d’amendes par le biais d’appareils disséminés dans toutes la ville, veillant à punir chaque « infraction verbale ». Progressivement nous découvrons que le moindre contact physique est impossible (on ne se serre plus la main, on ne s’embrasse plus, la procréation est effectuée en laboratoire) et que l’acte sexuel est désormais virtuel. Les musiques en vogues sont celles d’anciennes séries télévisées (La Croisière s’Amuse) ou de publicités, et suite à une guerre de multinationale, Pizza Hut est devenu l’unique restaurant existant dans le pays. Le Muséum d’Histoire Naturelle possède un « Hall de la Violence » avec des reproductions de ghettos et expositions de graffitis ou armes lourdes, Schwarzenegger est devenu Président et le papier toilettes a été remplacé par trois étranges coquillages ! C’est sûr, ça fait un choc. C’est dans ce monde que se réveille Simon Phoenix, lui aussi incarcéré en même temps que John Spartan. Sans savoir pourquoi, il possède des connaissances très complètes de cette nouvelle Amérique et parvient à s’évader. Complètement perdu, il se met alors à faire ce qu’il sait faire de mieux: foutre le bordel. La police, incapable de le stopper, décide de libérer temporairement Spartan, le temps d’appréhender Phoenix…
Dans cette société pacifique « parfaite », il va sans dire que les deux protagonistes font tâche. Les mots vulgaires fusent et le manque de savoir-vivre se fait pleinement ressentir. Pire que ça, le spectateur, s’identifiant uniquement à ces deux personnages, est ainsi mis dans le même sac et se retrouve aussi rabaissé au rang de brute primaire. Et c’est pourtant un véritable plaisir que de voir Wesley Snipes, dont le charisme augmente fortement à ce moment du film, et Stallone faire preuve d’un manque de respect absolu et se comporter de manière violente, détruisant tout sur leurs passages et critiquant cette utopie qui est bien moins agréable qu’elle n’y paraît: nombre de laissés pour compte (personnes refusant de se plier à cette société fasciste, tel que Stallone la décrit lui-même) se retrouvent à vivre dans les égouts, un monde souterrain qui n’est pas sans renvoyer une imagerie post-apocalyptique.
Ces résistants vivant dans la crasse et souffrant du manque de nourriture semblent nettement plus sains d’esprits que les soumis de la surface. Ce n’est pas un hasard si l’un d’entre eux, représenté comme une véritable menace par ceux d’en-haut, se trouve suivit par ses semblables tout en préférant se présenter comme un penseur plutôt que comme un leader. Celui-ci fini par sortir un monologue tout à fait hilarant sur la différence entre les deux types de population de ce monde, et sur sa façon de vouloir vivre (à l'ancienne, désirant manger comme il le souhaite et accessoirement courir nu dans la rue en lisant playboy), sans être esclave du système. Un personnage qui apparaît finalement peu mais qui dégage une présence impressionnante et un charisme immédiat, gagnant tout de suite la sympathie du spectateur (à noter par ailleurs que son nom est Edgar Friendly, les scénaristes ayant sans doute voulu marquer le coup). Si ce thème de la liberté (les exclus crasseux) contre la "beauté" (des moutons propre sur eux) est assez commun dans le domaine de la science-fiction (on se souvient entre autres de Action Mutante de Álex de la Iglesia), il n'est pas désagréable pour autant et s'inscrit très bien dans l’ensemble du film.
Demolition Man est donc un film fun, un comic-book live à l'action surabondante et surréaliste mais tout bonnement jouissive (la mort de Phoenix, complètement exagérée, ne fait que le confirmer) et au second degrés omniprésent (un mannequin militaire est appelé Rambo, on apprends que le tueur en série Jeffrey Dahmmer est un des détenus de la cryoprison et le générique de fin menace même le piratage vidéo de cryoprison). C'est un film où le bad guy concrétise le fantasme du spectateur en frappant sans retenue des crétins pacifistes en pyjama (le fantasme d'un anti-Star Trek?) et où le héros se mange un rat-burger tout en répondant à la formule de politesse général "be well" (portez-vous bien) un très fin "be fucked". En gros, Demolition Man est un film parfait pour se détendre ou s'amuser, mettant en boite toute une génération de films d'action américains sans pour autant s'en moquer, bien au contraire. Un très bon spectacle.
On peut noter pour finir l'influence que le personnage de Simon Phoenix à porté au très nanar Simon Sez avec le basketteur Denis Rodman, se dernier y abordant un look  similaire à celui de Wesley Snipes, se retrouvant avec le même prénom et dont le titre est reprit à sa réplique récurrente ("Simon Sez" est l'équivalent du "Jacadi" français), et signalons une apparition de Jesse Ventura, acteur inoubliable de Predator qui fut par ailleurs élu gouverneur en son temps, et de Steve Kahan, le capitaine de police de la célèbre série L'Arme Fatale.

jeudi 11 novembre 2004

Wallpaper Ambreworld – White Nath / Black Nath


Wallpaper réalisé pour le forum Ambreworld par Lulu (Lucrèce du Chaos). En fait une simple reprise d'une illustration de l'anime Love Hina, montrant deux des héroïnes ligotées l'une à l'autre. Une utilisation plutôt intelligente de cette image puisque, dans le cadre du jeu de rôle, ces personnages en représentent en fait un seul: celui de Natasha d'Ambre. Comme l'expliquent les inscriptions rajoutées, il s'agit d'une visualisation des deux facettes de sa personnalité, l'une douce et humaine et l'autre terriblement agressive et combattive (qu'elle a elle-même nommée "Black").

Des comportements très différents et totalement à l'opposé, mais qui pourtant appartiennent à une même personne. Et malgré que Natasha déteste sa seconde nature lorsqu'elle se trouve dans un de ces états (se considérant comme un monstre en tant que Black lorsqu'elle est normale, se pensant trop faible et naïve lorsqu'elle explose de colère), ses deux "Elle" ne pourraient pas survivre l'une sans l'autre, Natasha utilisant Black pour se battre et cette dernière ayant besoin d'humanité pour exister au-delà des champs de bataille.

Un cadeau adorable et visant totalement juste. Grand merci à sa toute jeune créatrice !

lundi 8 novembre 2004

La Forteresse Noire (The Keep)

LA FORTERESSE NOIRE
THE KEEP
(1981)


Le pitch est simple, mais accrocheur. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, l'armée Allemande envoie un groupe de soldats en Transylvanie afin d'occuper un château abandonné, lieu qui s'avère être le meilleur poste de surveillance en cas d'attaque des Russe près de réseaux pétrolier. Mais les soldats libèrent une puissance maléfique ancienne qui les massacre durant la nuit. L'armée expédie alors un groupe de SS pour mettre fin à ce problème mais cela ne suffit pas et il faudra aux Nazis l'aide d'un vieux Juif handicapé, expert en démonologie, pour tout arrêter. A cela se rajoute un personnage étrange, parcourant le monde en guerre pour atteindre le château le plus rapidement possible.

C'est avec cet ouvrage que se fera connaître du public Francis Paul Wilson. Malgré un sujet des plus particulier et une histoire finalement assez courte, il signe un chef d'œuvre du gothique. L'atmosphère pesante est palpable, la peur des soldats se fait ressentir et la puissance maléfique, ainsi que son efficacité, est écrasante. De même les personnages que représentent l'être ténébreux libéré et l'homme mystérieux cherchant à se rendre au donjon par tous les moyens éclatent de charisme. Le château en lui-même est imposant. Ni vraiment forteresse, ni vraiment donjon, étrangement positionné, possédant une architecture assez particulière et dont les murs sont truffés de croix étranges, l'endroit inquiète et donne le ton au récit, aidé par le paysage si particulier de la Transylvanie.

A la page des remerciements, l'auteur mentionne le célébrissime Howard Phillips Lovecraft mais aussi Robert Ervin Howard, écrivain correspondant de Lovecraft et entre autres créateur de Conan le Barbare. Si les deux cités possèdent des liens à travers leurs fiction (les créatures innommables de Lovecraft se retrouvaient souvent dans les aventures de Conan) , ils avaient  cependant leurs propres
styles d'écriture (ambiance horrifique “contemporaine” pour Lovecraft, heroic fantasy épique pour Howard). Wilson réussis toutefois la tâche incroyable de réunir les deux esprits au sein de la même œuvre.

Ainsi, si les Grands Anciens n'apparaissent pas, on retrouve de nombreuses références à des ouvrages interdits cités par Lovecraft (Le Livre d'Eibon, le Al Azif, alias le Necronomicon) ainsi que l'idée d'une menace invisible, d'un Mal indescriptible (dans un premier temps), qui renvoie immédiatement à ses œuvres. La seconde partie du livre, lors de la présentation totale du Mal Ancien et l'arrivée de l'étranger, évoque plutôt Howard avec son action et ses duels incroyables, ses anciennes civilisations et entités surhumaines. Le tout avec un équilibre parfait, ne tombant jamais dans le ridicule malgré le changement flagrant d'orientation de l'histoire et d'ambiance.

Il faut dire que Wilson renouvelle complètement un mythe du Fantastique et de l'Horreur: celui du vampire. Car l'idée d'un château en Transylvanie fait  obligatoirement penser au Dracula de Bram Stoker. Et en effet, Vlad Tepes y est vaguement évoqué. Mais il n'est pas question du célèbre Comte, pas plus qu'il n'est véritablement question de vampire. Si toutefois le propriétaire du château est assimilé comme tel (sa présence élégante par exemple), les questions posées sur le mythe et tout ce qui en découle (l'ail, le reflet dans le miroir, le soleil, etc) est utilisé de façon intelligente par le biais du démonologue. Ce dernier, cherchant à savoir la différence entre la réalité et la fiction, se retrouve perdu par instant dans un certain manque de logique. Quelque chose cloche sans que l'on sache vraiment quoi.



En fait, Wilson utilise intelligemment un être maléfique hautement plus dangereux qu'un simple vampire pour montrer la création du mythe. Car il n'est pas question d'un suceur de sang dans cette histoire mais bien du Mal lui-même. De son incarnation sous forme humaine. Intelligent, celui ci se sert du folklore des lieux et du contexte historique pour semer la zizanie et se trouver un chemin vers le reste du monde. Contre lui s'élève sa Némésis, un être lui aussi immortel et pouvant avoir des points communs avec le vampire. Le combat classique du Bien et du Mal revisite les mythes surnaturels, permettant à l'intrigue d'évoluer dans un sens inattendu mais très intéressant.

Il est bon de noter aussi le comportement humain au travers de l'œuvre. En effet, la présence du Mal ancestral, bien que terrible, semble parfois très futile face aux évènements mondiaux. Les Nazis, la description de leurs actes ainsi que du plan secret qui les poussent à se trouver en Transylvanie (créer un second Auschwitz), donne l'impression qu'un autre Mal, bien plus terrible, est déjà sur Terre. Ce qui permet donc un partage intéressant des points de vue entre le Juif, souhaitant utiliser le Mal primitif contre les Nazis, et sa fille, se méfiant au contraire de la créature sanguinaire et montrant un minimum de croyance envers sa propre espèce. Un dilemme intéressant que ce choix d'utiliser le Mal pour détruire un autre Mal.

Dans le même ordre d'idée, il est grandement fait état du comportement des soldats Allemands, et plus particulièrement des deux dirigeants des troupes. Un peu à la manière dont le Mal et le Bien s'affrontent à la fin du livre,le livre nous montre la différence de méthode des deux hommes. L'un menant les soldats de l'armée Allemande, l'autre des officiers SS. La différence entre l'Armée et les Nazis est bien montrée à travers l'honneur du soldat et de la sauvagerie des SS. Cette différence transparaît sur les personnages eux-mêmes, l'un militaire et homme de parole s'étant battu pour son pays lors de la Première Guerre Mondiale, l'autre un lâche ayant fuis le champ de bataille pour se ranger derrière Hitler et en profiter pour s'élever. L'aspect psychologique est tel qu'il est même plus intéressant à suivre que le facteur Fantastique de l'histoire, tant les relations et les sentiments sont décrits avec brio. Ce qui contribue à rendre l'œuvre de Wilson encore meilleur.

Toutefois, il est à noter un défaut certains (hormis la court durée du livre qui se lis trop facilement , mais est-ce vraiment un problème ?): si le roman se termine d'une manière abrupt et vraiment sèche dans son dernier chapitre, quelques pages formant un épilogue viennent gâcher tout ce dernier passage par un happy end tranchant complètement avec le reste, et semblant tellement exagéré qu'il parait hors sujet. Rien de plus énervant que de voir une œuvre d'une noirceur pareille se terminer sur une histoire d'amourette des plus inutiles et inintéressantes (et prévisibles, les sentiments des personnages étant explicites durant les derniers chapitres).

A part ce soucis un peu gênant en ce qui concerne l'ambiance générale (que l'on peut éviter si l'on occulte ces quelques pages), The Keep est un petit bijoux du roman horrifique et gothique. A lire absolument.


La Forteresse Noire ou Le Donjon
The Keep (USA, 1981)
Écrit par: Francis Paul Wilson


Vampires (Vampire$)

VAMPIRES
VAMPIRE$
(1990)


Le mythe du vampire, dans la littérature ou au cinéma, a tellement été décliné qu’il en devient difficile à renouveler. Rares sont les œuvres qui innovent complètement mais Vampires est de ceux-ci, insufflant au mythe une grosse dose d’action et supprimant toutes notions de romantisme ou d’aristocratie chez les créatures de la nuit. Ici, les vampires ne sont plus de tout à fait les prédateurs mais plutôt les proies: celles de la Vampire$, Inc., une organisation mandatée par le Vatican et dont les membres sont des durs à cuir.

Vampires nous parle donc de ces hommes dont le travail consiste à libérer le monde (bien que le groupe œuvre surtout aux USA) des vampires, se faisant payer par les villes où ils agissent. Des mercenaires en quelque sorte. Nous suivons alors Jack Crow et son équipe, laquelle va se faire massacrer un soir de fête après la destruction d’un nid de vampires dans une petite ville. Crow survit avec l’un des siens et ils partent retrouver les derniers membres de l’organisation. Crow n’a cependant pas l’intention de reformer une nouvelle escouade dans l’immédiat, malgré l’arrivée d’un prêtre dans leur rang et le fait qu’une journaliste s’intéresse de près à son travail. Il comprend que cette fois, c’est l’équipe qui est pourchassée et prise au piège et il recontacte alors une ancienne connaissance, Félix, qu’il enrôle dans son unité. Désormais limité en nombre et avec la moitié de ses membres qui ne sont pas des combattants, le groupe va devoir venir à bout d’un Maître vampire…

Le livre est avant tout centré sur les chasseurs de vampires plus que sur les buveurs de sang, se focalisant sur les protagonistes humains et ne dévoilant concrètement les vampires que le temps d’un chapitre (ou plutôt d’un interlude), en plus de quelques affrontements. C’est ce qui fait l’originalité du roman qui décrit de façon crédible la vie de ces combattants du Mal. Pas de super-pouvoirs ou de prédispositions naturelles, les héros de Vampires ne sont que des hommes. Des rustres, généralement grands et bien bâtis, des hommes d’actions, mais avant tout des êtres humains. Chacun sait qu’il n’a aucun autre avenir que de périr des mains d’un vampire et tous passent leur temps à boire, vivant le moment présent et dépensant leurs soldes sans construire de projets autre que de s’offrir une fiesta dantesque, qui pourrait bien être leur dernière.

De même, malgré un armement conséquent (côtes de mailles, pieux, arbalètes, balles en argent bénit, croix halogènes…), un savoir-faire remarquable et un physique généralement impressionnant, tous vivent dans un climat de peur, de paranoïa, depuis le massacre de la première équipe. Ce sentiment d’impuissance et d’insécurité face aux monstres est parfaitement retranscrit et donne un véritable attachement à ces protagonistes qui agissent pour une cause presque perdue d’avance. Que ce soit à travers les blagues de Caitlin, la douceur d’Annabelle, la fragilité de Davette ou le comportement rentre-dedans de Jack Crow, l’auteur donne corps à ses héros et les rend touchant.
 

Face à eux, leurs ennemis sont bien loin du romantisme de Anne Rice. Ils sont ici bestiaux, l’incarnation de la luxure et de la sauvagerie, et se classent en deux catégories: d’une part les « brutes », les goules, qui proviennent directement des personnes massacrées par les vampires. Des zombies incapables de réflexions et comparables à des animaux. Puis il y a les vampires, les « Maîtres », asservissant les humains pour se constituer des troupes. Ils possèdent une puissance physique phénoménale et n’hésitent d’ailleurs pas à se qualifier de dieux. Parmi les autres qualités qui en font de véritables machines à tuer, on peut compter sur une vitesse surhumaine et une aura de séduction permettant de soumettre les humains à leur volonté, lesquels, aux rythmes des morsures, perdent toutes notions du temps et de liberté, se trouvant dans un état de manque et éprouvant une honte des plus terrible pour avoir été manipulé comme des marionnettes…


Évidemment, qui dit vampire dit érotisme et l’interlude présent dans le récit, se concentrant sur les suceurs de sang, nous apprend ainsi qu’ils sont capables de déclencher un orgasme chez un être humain rien qu’en le caressant. Ils prennent aussi plaisir à humilier leurs victimes sur le plan sexuel puisque, impuissant, ils ne peuvent eux-même rien éprouver. Fait amusant: là où Anne Rice dénaturait son romantisme lyrique en faisant de Lestat une rock star, John Steakley nous apprend que les vampires, aussi sauvages soit-ils, détestent le rock et préfèrent l’opéra ! Loin des clichés traditionnels, ceux-ci ne craignent pas non plus l’ail ou la vue d’une croix. Un pieu dans le cœur ne suffit pas à avoir raison d’eux et même l’argent béni provenant d’une Sainte Croix ne peux pas les détruire (provoquant tout de même de terribles blessures inguérissables au passage). Seuls le soleil et le feu sont ici efficaces.

Bref, l’écrivain modernise complètement la mythologie et lui confère un aspect issu du Western de par son cadre (le Texas et les petites villes). On est donc pas surpris que John Carpenter ce soit inspiré de cette histoire pour son propre Vampires, dont il reprend de nombreux éléments bien que son histoire suive une autre direction. Ici il n’est pas question de la recherche d’une Croix mystique permettant aux vampires de survivre le jour, mais avant tout d’une longue cavale qui semble destinée à échouer…

Le récit travail surtout à s’immerger dans cet univers particulier de la Vampire$, Inc. et insiste énormément sur les peurs et les espoirs de ses personnages. L’intrigue, solide, demeure très simple et se contente d’aller du point A au point B sans se perdre en sous-intrigues ou en rebondissements dans la dernière partie. Un procédé qui pourrait laisser croire que Vampires n’a finalement pas grand chose à proposer, mais qui fait, en réalité, la force du livre: par ses personnages attachants, ses situations explosives et l’atmosphère lourde de tension du début à la fin, l’œuvre se suffit à elle-même et n’a besoin d’aucun artifice pour gonfler son intérêt.

Pas dénué de surprises pour autant, le livre garde bien quelques révélations ici et là et se conclu sur une scène finale inattendue et dramatique très bien rendue par l’écriture de John Steakley, l’écrivain n’ayant pas son pareil pour plonger le lecteur au cœur de la situation. A noter que celui-ci a reprit les noms de Jack Crow et Félix des deux personnages principaux de son livre précédent, Armor, comme s’il voulait d’emblée les élever au rang de figures héroïques. Et ça quand bien même Crow refuse d’être considéré comme tel dans le récit.

Rafraîchissant, crédible et dynamique pour peu que l’on ferme les yeux sur quelques longueurs, Vampires est un incontournable pour les passionnés de vampirisme ou les fantasticophiles.


Rock and Roll !

Vampires
Vampire$ (USA, 1990)
Écrit par: John Steakley

jeudi 4 novembre 2004

She Creature (Mermaid Chronicles, Part 1: She Creature)


SHE CREATURE
MERMAID CHRONICLES, PART 1: SHE CREATURE
(2001)

Responsable des effets spéciaux  sur de nombreux grands films (Terminator, Predator, Jurassic Park), Stan Winston s'est imposé comme parmi les plus grands. Avec Creature Features, une série de films de monstres, il s’occupe lui-même du design des créatures tandis que son équipe se charge de la fabrication des effets spéciaux pour les films. Cette anthologie veut rendre hommage aux vieilles productions de Samuel Arkoff, bien que différant complètement des histoires originales. Sont alors produits cinq films: Earth vs. The Spider, The Day the World Ended, How to Make a Monster et ce She Creature, qui devait à la base se nommer War of the Colossal Beast (tous ces titres, bien entendu, sont repris de ceux d’Arkoff), tandis que furent mise en vente les figurines de chacun des monstres. Celle du présent film a pour nom « Queen of the Lair ».



Malheureusement ces productions ne furent prévues que pour de simples diffusions télévisuelles et c’est la chaîne HBO qui produisit le film, provoquant un planning de tournage évidemment des plus réduit (environs seize jours ici) et un budget des plus mince. Les téléfilms ainsi créés ne brillent généralement pas par leurs qualités ou leur intérêt: comment ne pas repenser aux catastrophiques productions Nu Image ou UFO tels que Shark Attack ou Python ? Et il est vrai que la plupart des films de l’anthologie Creature Features sont globalement moyens, exception faite de ce She Creature, un véritable petit bijou !



L’histoire se passe en 1905, en Irlande, où la petite troupe d’une fausse foire aux monstres organise son dernier numéro dans le pays. A l’issu du spectacle, un vieil homme vient se plaindre de la supercherie à propos de la sirène du cirque. Se faisant raccompagner chez lui par Angus Shaw, le dirigeant, et sa fiancée Lillian, il en vient à leur parler du mythe des sirènes puis leur révèle en posséder une lui-même. Angus, obsédé par la découverte, décide d’y retourner la nuit même afin de lui voler la créature, pour l’exhiber au monde entier. Le vieil homme meurt accidentellement et cela permet à Angus de faire embarquer secrètement la sirène sur le bateau qui doit l’emmener lui et ses compagnons aux États-Unis…



Après une première partie narrant la découverte de la sirène en Irlande, le film devient un huis-clos maritime qui aurait facilement pu s’orienter vers un énième ersatz d’Alien (ce n’est donc pas un hasard si She Creature renvoie à Alien 3 sur sa fin). Heureusement Sebastian Gutierrez mise avant tout sur l’ambiance qui évoque directement le gothique de la Hammer, mais surtout les écrits de Lovecraft. Ici la sirène n’est pas l’équivalent de l’héroïne de Splash ou du dessin animé de Disney: pas de queue de poisson simpliste mais quelque chose de beaucoup plus élaboré anatomiquement parlant, pas de cheveux devant la poitrine ou de soutien-gorge en forme de coquillage. La sirène ne parle pas non plus la langue humaine, pas plus qu’elle ne chante comme une déesse (même si le principe de la voix inhumaine demeure). L’approche se veut plus réaliste, mais aussi plus horrifique. Ainsi notre créature possède des doigts palmés, une dentition proche du piranha et une petite crête dans le dos. Quant à sa queue, elle n’est pas sans faire penser aux Serpents de Mer plutôt qu’au simple poisson d’aquarium. Le thème du loup-garou est même reprit  par le biais de la transformation en humaine ou en créature monstrueuse les nuits de pleines lunes. Ajoutons à cela des pouvoirs psychique ainsi qu’une attirance toute particulière pour la Femme plutôt que l’Homme et le fait que la sirène soit carnivore, et le mythe du vampire est lui aussi intégré à l’histoire.



She Creature possède également une qualité esthétique étonnante et absolument magnifique au regard de son budget, avec une richesse de décors et de costume particulièrement soignée renforçant bien entendu l’immersion dans l’histoire. Incroyable également de voir l’excellente distribution, Carla Gugino en tête, à la fois magnifique et touchante, et Rya Kihlstedt, l’envoûtante et inquiétante sirène au regard troublant, réussissant à rendre son personnage des plus crédible, tour à tour amusante, touchante, sensuelle et terrifiante. Rufus Sewell y est parfait comme à son habitude et on retrouve Aubrey Morris dans le rôle du vieillard obsédé par la sirène, à l’origine prévu pour Christopher Lee avant le refus de ce dernier…



On sera
également heureux de constater que les effets spéciaux, parfaitement réussis, ne cèdent pas à la facilité du numérique (généralement foireux pour ce genre de production), jouant du latex et d’autres procédés old-school tout bonnement impeccable (Stan Winston oblige). On regrette tout juste quelques ajouts digitaux pas franchement nécessaire comme des yeux rougeoyants peu convaincants et un morphing des plus laids. Dommage.


She Creature aurait dû être une série B tout juste passable, un téléfilm basique comme il en existe à la pelle, et pourtant le résultat nous montre du haut de gamme: un conte horrifique baignant dans une atmosphère gothique semblable à celles de Lovecraft ou Poe. A ne pas laisser tomber dans l’anonymat donc, tant les nombreuses qualités font de ce téléfilm une petite perle. Reste à comprendre pourquoi un titre annonçant un hypothétique Mermaid Chronicles Part 2 tant le film ce suffit à lui-même…