vendredi 31 décembre 2004

Mutations (Slugs, la Muerte Viscosa)



MUTATIONS
SLUGS, LA MUERTE VISCOSA
(1988)

De son vrai nom Juan Piquer (le Simon étant là pour américaniser et faciliter l'exploitation de ses films), le réalisateur est avant tout connu pour ses nanars, tels que Supersonic Man ou le Sadique à la Tronçonneuse. Avec Slugs, une coproduction entre l'Espagne et les États-Unis, il adapte un petit livre de Shaun Hutson, œuvre horrifique et gore, qui alors cartonne et devient best-seller en Grande-Bretagne.

 
Lorsque Juan Piquer s'attaque au scénario, il est alors sous l'influence d'Aliens et imagine une Reine pondeuse en dernière partie de film. Cette idée de limace géante est trop ambitieuse au regard de la production, qui ne peut en permettre la réalisation. Le scénario est révisé et se limite ainsi à l'invasion d'une petite ville par des milliers de grosses limaces noires ayant mutées suite à une exposition aux déchets radioactifs.



L'histoire se veut donc très banale, et les attaques se limitent à une poignée d'agressions sur quelques habitants, avant que le personnage principal et deux de ses amis ne décident de prendre les choses en main lorsqu'on refuse de les croire. Ainsi Slugs ne serait qu'un basique film d'agression animale comme il en existe des dizaines (pourquoi n'est-on pas surpris de voir qu'à la fin du film, une limace survie à l'extermination ?). Pourtant, Slugs gagne ses galons d'honnête série B par le biais de l'origine de sa menace, bien ridicule quand même il faut avouer, et par ses débordements gore très réjouissants.

 
Bien que possédant une progression narrative plutôt lente (normal pour une histoire de limaces) comme beaucoup de films dans le même genre, Juan Piquer se focalise surtout sur la violence des agressions, qui interviennent à rythme assez régulier. Le film livre son quota de geysers de sang, de têtes explosées et de cadavres rongés. Le scénario n'hésite pas à expédier ses personnages de la façon la plus méchante qu'il soit, que ce soit une jeune fille victime d'une tentation de viol, ou un vieil homme allant jusqu'à couper sa main, prisonnière d'un gant piégé. On peut noter tout particulièrement la mort d'un pauvre gars ayant ingéré une des bestioles (découpée dans sa salade !), se retrouvant attaqué de l'intérieur par des parasites naturels des limaces, lesquels lui feront ressortir les yeux par pression interne, ainsi que celles des deux teenagers qui offrent la scène de sexe classique et inévitable, se retrouvant assaillit par des centaines de limaces autour de leur lit.

 
Malgré quelques excès peu crédibles (la mort du vieux couple dans une explosion un peu trop exagérée, l'apparition de limaces, toujours plus nombreuses sans que cela inquiète vraiment les autorités), et autres menus défauts (personnages souvent creux, teenagers inutiles, musique type "film catastrophe" parfois un peu trop envahissante, longueur dans certaines parties), Slugs est un produit basique mais qui se laisse voir avec plaisir grâce à ses mises à mort, et offre des passages assez impressionnant compte tenu du faible budget de l'entreprise (la plupart des limaces du film ne sont que des morceaux de plastiques associés à de vraies bestioles, afin de donner une illusion plutôt réussie de prolifération aux proportions excessives).


 
Petite série B délirante et gore, Slugs sera censuré dans divers pays (et carrément interdit pendant six ans dans le Queensland, en Australie !) mais qui, au final, a remporté un certain succès au point qu'on pensa un moment produire une suite, Breeding Ground, toujours d'après Shaun Hutson. Un projet qui ne se fera pas, pas plus que Juan Piquer n'a pu après cela monter un Orca 2 (qui aurait pu être intéressant… Ou un vrai navet), poursuivant sa carrière avec d'autres titres.

 
Slugs est un énième film d'invasion de petites créatures, mais force est de constater que Juan Piquer a donné un maximum avec ce qu'il avait, et que la chose est au final bien divertissante.


The Stuff


THE STUFF
(1985)

« Are you eating it ? Or is it eating you ? »


Grande figure du cinéma Fantastique et de SF, Larry Cohen s’est de nombreuses fois illustré dans le genre, notamment en créant la célèbre série télé Les Envahisseurs. Scénariste et réalisateur, on lui doit des films  aux idées généralement farfelues: s’imaginant les conséquences que pourrait engendrer une série de meurtres si elle était commise par un policier en uniforme, il accouche de la trilogie culte des Maniac Cop. En imaginant les ravages que pourrait faire un bébé en colère s’il était pourvu de dents et de crocs, c’est une autre trilogie, celle des It’s Alive (Le Monstre est Vivant) qui voit le jour, et en se promenant à New York, il s’imagine combien un gratte-ciel pourrait parfaitement convenir pour le nid d’un monstre ailé géant, livrant alors son Épouvante sur New York. Lorsqu’il n’offre pas deux des meilleurs films de Blaxploitation avec Fred Williamson, il critique le fanatisme religieux à travers son Meurtres sous Contrôle (dont le titre original, God Told Me To, laisse mieux sous-entendre le cynisme de l’œuvre) et l'éducation militaire avec Uncle Sam. Bref, un véritable amoureux du genre qui, bien que désormais peu actif, tâche de se renouveler à chaque film.

 
Cette fois il est question d’une substance blanchâtre découverte par hasard dans une station de forage, et qui ressemble à de la crème. La chose ayant visiblement bon goût, elle est très vite mise sur le marché et remporte un succès national des plus important. Tout le monde raffole de ce dessert alors appelé « The Stuff ». L’industrie des produits laitiers, inquiète d’un tel succès pour sa propre entreprise, décide de faire appel à un espion industriel afin de trouver ce qui se cache derrière le phénomène du Stuff. Au même moment, un enfant voit le produit se mettre à bouger tout seul dans le frigo en pleine nuit…


 
Faisant preuve de beaucoup d’inventivité lorsqu’il opère dans le genre qui le passionne, Larry Cohen fait ici état d’un yaourt tueur et manipulateur. Si l’on peut bien sûr penser à la masse gélatineuse des The Blob, il y a une grande différence entre les deux. Car si le Blob est un organisme digérant tout ce qu’il recouvre, le Stuff se laisse manger pour mieux attaquer de l’intérieur.


 
Très loin de faire un simple ersatz du Blob, Cohen ne plonge pas dans le Fantastique pur et emploi un traitement semblable à sa série des Envahisseurs. Paranoïa, complots, ennemis pas directement identifiables, The Stuff suit exactement le même schéma avec pratiquement les mêmes personnages (l’enfant qui connaît la menace par hasard et que personne ne veut croire renvoi directement à David Vincent, le héros de la série). Une approche plutôt sérieuse sur le sujet donc, et ce malgré un décalage évident de par la nature de la menace et le caractère des personnages principaux ; que ce soit le héros, un type très décontracté quoiqu'il arrive et se surnommant lui-même « Mo » car ne pensant qu’à l’argent (money), ou bien Chocolat Chip Charlie, ancien président d’une entreprise de chocolaterie dont les poings sont enregistrés comme « armes mortelles ». L'occasion de scènes étranges, comme lors de cette interrogatoire par le héros d'un ancien employé qui semble être surveillé par son propre chien !

 
Plutôt que de complètement délirer sur la nature de son sujet, Cohen livre donc un récit proche du film à suspense, du polar, et en profite pour livrer une critique sur la société de consommation. La menace Stuff saute aux yeux par son omniprésence, que ce soit par le  matraquage publicitaire (diffusion continuelle de spots télé, messages radio, affiches géantes), de la commercialisation (on vend du Stuff partout) ou par les consommateurs eux‑mêmes, nombreux à se jeter sur le produit. Bref tout le monde y passe, jusqu’au directeur de l’entreprise qui avoue n’avoir même pas goûté à son produit et ne pensant qu’au profit de l’affaire, se préparant même à lancer le « Taste » pour rester dans la course après les évènements du film.

 
Cette folie pour le Stuff (les consommateurs sont appelés les « Stuffers », preuve du phénomène) s’explique par le fait que le produit exerce une influence psychique, rendant dépendant ceux qui y goûtent. La chose prend possession de ceux qui l’ingurgitent, qui deviennent en quelque sorte ses esclaves. Ainsi le yaourt attaque de l’intérieur au niveau organique aussi bien qu’au niveau social. Cette accoutumance provoque bien sûr des effets secondaires désastreux, outre la possession totale de l’esprit: les corps sont rongés au point de devenir creux. L’idée de la dépendance et de la mort à long terme n’est évidemment pas sans faire penser aux drogues, ce que la fin du film, un brin pessimiste, n’oublie pas de souligner en montrant des humains conscients du danger se procurer en cachette le produit, à l’identique d’un trafique de stupéfiants.


 
Altérant le corps humain pour mieux le contrôler, le Stuff n’hésite pas à déformer certains d’entre eux pour mieux passer à l’attaque, provoquant dans les effets spéciaux une certaine réminiscence envers ceux du The Thing de John Carpenter (auquel on pense aussi dans le sentiment de paranoïa et du fait que les protagonistes ne sont peut-être pas ceux qu’ils semblent être. A noter d’ailleurs la ressemblance des titres, The Thing – la chose, et The Stuff – le truc). Malheureusement le manque flagrant de budget ne permet pas d’excellents artifices et au final ces mutations sont assez rares et plutôt grossières. Il est même dommage de voir que, si un effort a tout de même été fournis en matière de mutations des corps, les effets sont coupés au montage, comme pour les dissimuler, si bien que cela entraîne parfois une impression de censure. De même lorsque le Stuff se met à se mouvoir par lui-même, bien que le rendu soit globalement satisfaisant et possède cette touche de sympathique que s’attire pas mal de films fantastiques et horrifiques des années 80. On peut heureusement mentionner de jolis éclatements de trombines lorsque les Stuffers se font percuter violemment, du yaourt jaillissant de leur corps à la place du sang.



Côté réalisation, Cohen mène bien son intrigue mais n’évite malheureusement pas les longueurs qui cassent le rythme. Si la partie ayant pour thème le complot autour du Stuff est intéressante, c’est plus la dernière demi-heure que l’on retient, où Cohen se lâche complètement en faisant intervenir un groupe de paramilitaires dont le chef se révèle être un patriote raciste et parano, que le héros flatte en lui faisant croire que la menace communiste qu’il redoute tant se cache derrière le phénomène du Stuff. Là, le film prend un second souffle, se permet de faire jaillir des litres de Stuff hors de ses cuves de stockage et de montrer des séquences aussi délirantes que l’arrivée en ville de la petite armée en taxis, l’ordre étant donné de payer les chauffeurs avec pourboire. Une manière pour Cohen de tirer à boulet rouge sur l’Armée et le patriotisme exacerbé, via une série de répliques très mordantes et hilarantes.


 
Cette dernière partie confirme l’idée que le film est une œuvre complètement barrée, assurant un spectacle des plus divertissant pour finalement se conclure sur une scène dans la continuité du début du film (plus polar que fantastique), les dirigeants de l’entreprise du Stuff se voyant obligés par le personnage principal jusqu’ici fanfaron et amusant, ainsi que le jeune enfant, d'avaler tout un stock de leur produit. Une vengeance froide et inattendue qui se révèle être un des meilleurs moments du film.


 
Très sympathique, The Stuff pêche toutefois par quelques défauts. Outre une baisse de rythme et des effets spéciaux gâchés par un montage parfois trop abrupt, le personnage du petit garçon se révèle finalement assez inutile à l’intrigue et aurait gagné à être moins présent. On note des hasards scénaristiques un peu poussés et on constate un manque d’information total sur la nature et le but du Stuff. Ces scènes furent tournées mais les producteurs imposèrent des coupes à Cohen. Comme il l’avoue lui-même, ces explications n’avancent en rien l’intrigue du film, mais elles auraient été là le bienvenu.
 


Niveau casting, Cohen reprend ici quelques-uns de ses acteurs fétiches et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve l’excellent Michael Moriarty dans le rôle principal (déjà présent dans Épouvante sur New York), de même que l’habitué James Dixon qui vient faire une apparition dans un petit rôle comme d’habitude. A leur côté on trouve également Paul Sorvino (père de Mira Sorvino et déjà vu dans Les Affranchis de Martin Scorsese et le Cruising de William Friedkin ) en militaire complètement barge.




Amusant, The Stuff est un film très original et surtout marqué par la folle imagination de son créateur, associant à la fois la nostalgie des vieux films de monstres grotesques des années 50, aux film à suspense des années 70. Une curiosité bien loin des standards conventionnels de l’époque comme on voudrait en voir plus souvent. Car comme le dit la publicité:

« Enough is never enough »


mardi 28 décembre 2004

La Position du Double Poney


Dans La Sirène de Rivière, Premutos évoque une position sexuelle du nom de Double Poney. Il ne la décrit pas, et pour cause puisqu'elle n'existe pas ! Le terme "double poney" évoque en réalité une certaine de taille de grands poneys en équitation. Chose que j'ignorais lorsque j'ai entendu ça pour la première fois, à la radio, au cours d'une émission qui, je crois, sortait totalement la chose hors de son contexte.

Du coup Under, du forum Ambreworld, s'est amusé à effectuer ce petit croquis pour représenter ce qu'il visualisait de cette figure sexuelle fictive. En toute pureté et toute innocence bien sûr.

Vrilles ! (Tendrils)

VRILLES !
TENDRILS
(1986)


Australien installé en Grande-Bretagne, John Brosnan est un écrivain ayant touché au Fantastique, à la SF, à l’Horreur et au gore. Il a écrit plusieurs œuvres en collaboration avec Leroy Kettle sous les pseudonymes de James Blackstone, Harry Adam Knight (Terreur Déliquescente en 1986) ou encore ce Simon Ian Childer (Les Parasites de la Haine en 1987). Avec ce roman les auteurs marchent dans les traces de James Herbert et de ses Rats, en déclenchant une invasion d’étranges créatures meurtrières dans une petite bourgade provinciale d’Angleterre avant de s’attaquer à Londres. Et comme pour Shaun Hutson avec sa Mort Visqueuse, si le résultat est loin d’être subtile, il demeure très efficace.

Le prologue du récit s’apparente aux Insectes de Feu, où un séisme provoquait l’apparition d’une colonie de blattes incendiaires dans un petit bled de campagne. Ici l’histoire commence lors d’une manifestation sur un chantier de forage où l’appareil trouve une absence de couche terrestre à une certaine profondeur. Alors que la carottière révèle inexplicablement la présence de poils, la foreuse est soudainement violemment éjectée depuis les souterrains et un geyser de fluide noir se déverse sur les manifestants, lesquels vont littéralement se liquéfier ! Peu de temps après cet incident, des créatures assimilables à de gros vers noirs attaquent la population du village le plus proche en absorbant tout ce que contiennent les corps humains (os, organes), ne laissant sur leurs passages que des enveloppes de chaires creuses, dures et fragiles comme du plâtre…

Passé un premier chapitre bien troussé, l’histoire progresse lentement sur le modèle d’un scénario catastrophe avec étude scientifique de la menace et agrandissement de celle-ci à l’échelle nationale. Impossible de ne pas faire le rapprochement entre ce Vrilles ! et les premiers travaux de James Herbert, Les Rats et Fog, par ailleurs deux grands best-sellers dans leur pays d’origine. La structure de ce roman est construite de la même manière, alternant l’intrigue avec des séquences horrifiques tantôt humoristiques (notamment la mort du voyeur) tantôt effrayantes (la petite fille dans son lit, consciente du danger mais que ses parents ne croient pas, l’homme attaqué au petit coin et violé dans son intimité, séquence hautement paniquante et très bien maîtrisé malgré l’idée que l’on pourrait s’en faire) et il n’en faut pas plus pour conclure que l’écrit de Brosnan et Kettle n’est qu’une copie d’une formule gagnante dans le genre. Un sentiment de déjà-vu hante constamment le lecteur et peut éventuellement laisser la sale impression que les auteurs ne sont que des opportunistes n’ayant même pas cherché à apporter un tant soit peu d’originalité à la chose…



Bien heureusement on peut compter sur un bon retournement de situation qui relance l’intérêt de l’intrigue: l’identité de l’agresseur est réévaluée et nous apprenons que les « vers » ne sont que les multiples filaments et tentacules d’une seule et même créature souterraine d’une taille de plusieurs kilomètres, réveillée après que son cocon d’hibernation ait été endommagé par la foreuse. Un monstre peut-être d’origine extraterrestre et probablement responsable de l’extinction des dinosaures ! Il sera d’ailleurs supposé qu’un seul spécimen ne pouvant parvenir à la disparition totale des monstres préhistorique, il en existerait bien d’autres encore en état d’hibernation sous nos pieds…

Cette élément brise nettement la monotonie de l’histoire et redonne un coup de fouet à celle-ci en commençant par rendre les agressions bien plus violentes, abandonnant totalement la narration suggestive précédemment utilisée. Malheureusement, là encore, on ne peut s’empêcher de penser à la trilogie des Rats, tout particulièrement au détour d’une attaque dans un train, et la présence de milliers de rongeurs dans les égouts et le métro ne fait que confirmer ce sentiment… L’histoire évolue cependant une nouvelle fois avec l’implication de l’armée et la mise en quarantaine de la ville suite aux évènements: Vrilles ! fait enfin montre de singularité et offre un climax particulièrement prenant avec l’envoi d’une équipe de volontaires pour descendre dans les entrailles de la terre, sous les décombres d’un Londres dévasté, afin de détruire la créature qui nous est alors dévoilée dans son intégralité. Un dernier morceau de bravoure qui conclut le livre, narré en parallèle avec la lutte de l’héroïne, devant protéger des enfants des tentacules tout en étant elle-même attaquée par un violeur ! Cette dernière partie permet au roman de se débarrasser de ses influences pour s’imposer un tant soit peu et finalement emporter le lecteur grâce à une bonne gestion de la tension.

Grosse série B façon film bis, version livre, Vrilles ! est une simple redite des Rats, de Fog et de La Mort Visqueuse qui ne parvient à prendre son envol qu’à la toute fin de son histoire. S’il n’est pas mauvais en soit dans sa narration (le suspense est très bien mené et les attaques sont violentes, ce qui est a peu près tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un livre horrifique de ce genre), il est simplement dommage que la formule soit un peu trop ressassée pour remporter pleinement l’adhésion.

Vrilles !
Tendrils (Grande-Bretagne, 1986)
Écrit par: Simon Ian Childer (John Brosnan & Leroy Kettle)


vendredi 24 décembre 2004

Ambre – Carnaval: Prologue (Natasha)

Natasha, alors que tu es tranquillement installée sur une Ombre pleine de zombies et autres petites choses à tuer, tu sens une présence t'approcher.
Il s'agit d'Eladriel qui te fait un grand sourire.

"Natasha, ma chérie, il faut qu'on parle, la couronne a besoin de toi !"

Que fais-tu ?


*Je ne regarde même pas Eladriel, m'installant à plat ventre pour viser avec un fusil à lunette les monstres au loin. En tirant, je lui répond d'un ton peu aimable.*

"J'en ai rien à faire. Démerdez vous sans moi."

Et je suppose qu'il va pas me lâcher tant que j'obéis pas aux ordres... Tsss, tu parles d'une vie à la con... Obéir...


Eladriel -> Si c'est moi qui te le demande ?

Il te fait ses yeux chibi-kawaii


"C'est pas toi qui le demande, c'est la Couronne. Et la royauté, j'en ai rien à faire. Démerdez-vous avec d'autres et allez manipuler d'autres Ambriens."

J'ai déjà donné... Bien trop...

Eladriel -> Ne me prends pas pour l'un d'entre eux, cependant, si tu comptes laisser éternellement un type s'en prendre à tes Ombres, c'est toi que ça regarde.

Il a l'air à la fois énervé et triste.


"Effectivement, c'est moi que ça regarde..."

*J'arrête un instant de tirer et tourne la tête vers lui.*

Mais c'est que j'aurais réussis à lui taper sur les nerfs finalement!

"Et de toute façon je n'ai pas d'Ombres... Je suis une vagabonde."

C'est quoi encore cette histoire ? On en sort jamais !

*Je reporte mon attention sur mes cibles et colle de nouveau un œil à la lunette et continue de tirer.*

"Bonne chance pour la mission, monsieur "Blanc comme neige" !"

Eladriel -> Tu es impossible.

Il t'attrape par la taille et te porte

Eladriel -> C'est plus grave que tu ne le penses...


"Ben bien sûr..."

*Je me débat un peu.*

"Allez lâche moi, t'as gagnés..."

Jamais tranquille...

"C'est quoi cette histoire ?"

Eladriel ne te lâche pas et commence une marche en Ombre en sifflotant.

Eladriel -> Je t'expliquerai une fois arrivés.


"J'ai pas envie de me payer la honte, lâche moi."

Il m'énerve...

"Et je voudrais au moins savoir où on va !"

Eladriel -> A Venise... Ville des amoureux, on prendra une barque et on se baladera...

Il penche la tête vers toi et te sourit.

Eladriel -> Ça te va comme programme ?

Tu le sens modifier les Ombres et se diriger vers l'Ombre Terre.


"A Venise ? Bon..."

C'est quoi cette histoire ?

"De toute façon je suppose que je peux pas dire "non"... ? Et lâche moi tu veux ! Je peux encore marcher toute seule !"

Eladriel -> Non, d'abord l’hôtel Keur .

Il te fait un clin d’œil et entre dans un hôtel en te portant dans ses bras comme une nouvelle mariée.

Eladriel -> Chambre 507 s'il vous plait.

Tu as eu le temps de lire le nom de l'hôtel "Maria" .


*Je ne bouge pas, me faisant froide. Je ne réagis plus, me contentant d'attendre qu'il se calme. Puis je lui parle d'une voix neutre.*

"Je peux savoir ce qui se passe vraiment maintenant ?"

Eladriel ouvre une chambre et te pose sur le lit.
Il te fait un sourire et te tend une missive à ton nom, elle est couverte de taches de sang.

Eladriel -> Je crois que tu devrais lire.


*Je prends la lettre et la lis.*

"Les masques ne pourront vous protéger, à Venise, je serai le maître de toute cette mascarade !"

Eladriel -> Ton costume est prêt, je reste avec toi, dans la chambre à côté.


*Je regarde Eladriel sans comprendre.*

"C'est quoi cette histoire ? En quoi est-ce grave ?"

Eladriel -> Ça ne le serait pas si tu n'étais pas visée. Je vais dans ma chambre, appelles-moi quand tu sortiras, et couches-toi vite, le carnaval commence demain...

FIN DU PROLOGUE

jeudi 23 décembre 2004

Wallpaper Ambreworld – Hell's Angels !


Wallpaper de Renan (Pern du Chaos), pour le forum Ambreworld. Un gentil cadeau de sa part puisque outre son propre personnage, Léandra du Phoenix, apparaît Natasha. Et il est clair que les deux jeunes femmes devraient faire équipe plus souvent, elles feraient un duo du tonnerre !

En attendant de futures aventures (et plus si affinités ? Léandra espère !), grand merci à l'artiste. Voilà un cadeau de Noël très sympa !

Ambre – Paix aux Hommes de Bonne Volonté… Et aux Femmes

PAIX AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ...
ET AUX FEMMES
par Pern du Chaos


Mon Dieu !

Mais c'est vraiment immonde ici, c'est… Comment fait-on pour vivre ici ? Est-ce que ma mère t'a fait souffrir à ce point ? Non, il y a autre chose. Autre chose, oui…

Prince de Sang au grand manteau de cuir noir. Marques rouges sur le visage, trace de sa douleur passée, souvenir de ce que doit être sa voie…
Pas vraiment l'image qu'on se fait du Père Noël. Peut-être dans un monde gothique ? Non, simplement un morceau de famille qui cherche à retrouver un être perdu…

Une Ombre sale, une conscience perturbée. Tout me porte à croire que tu as décidément trop souffert. Mais tu t'éloignes de moi, et pourtant, quand j'ai vu ce regard de petite fille, cette innocence, j'aurais dû savoir que tu ne pourrais que souffrir… A cette époque, j'étais trop faible pour te soutenir, pour te tirer de ses griffes. Nous en serions mort tous les deux. Mais finalement, j'aurais dû essayer.

Un coup d'œil sur ma montre, une heure du matin, tu dors encore, c'est sûr. Au pied de cet immeuble dans lequel tu dors, la neige s'accumule, je pousse la porte, elle grince en cédant.

Une volée de marche, ton appartement.

“Do not disturbed”. Désolé, mais cette fois, c'est non !

Le Logrus pénètre le barillet, fait sauter les verrous, la porte s'ouvre, cette fois ci, je ne te laisserais pas faire.

Quelle odeur, c'est infect ! Je passe le pas de la porte, à voix si basse qu'elle est inaudible. “Itadakimasu”, je suis rentré.

Un studio, peut-être moins en fait… Bref, il n'est pas temps de s'apitoyer. Où es-tu ? Je reste silencieux, j'écoute, je cherche ta respiration, ton souffle.
Un léger vent, comme un soupir, tu es là. Je parcours la pièce en douceur et m'approche du… Lit ? Matelas ? C'est ?

C'est quoi au juste ?

Un coup d'œil sur la table. Une arme automatique, modifiée, chargée et armée, pas de cran de sûreté. Je m'assoie sur le lit, en douceur, enlève mon gant, coupe mes transfert et pose ma main sur ta tête, tu soupires, une caresse écarte de ton visage la masse de tes cheveux…
Un effort simple, je pénètre doucement ton subconscient, change tes cauchemars en rêves apaisants. Le contact est en place, mes dons de métamorphes entre en toi, modifiant légèrement ton métabolisme, régulant ton sommeil, désormais, tu vas rêver, rêver un bon bout de temps…

Le temps que ton frère fasse ce qu'il faut pour toi…

Je me redresse, sort de ma poche le cadeau que ma femme m'a fait, cette piécette de métal m'offre le contrôle de ses Ombres. Je brasse la matière, remue la trame de ce monde, le quartier change légèrement, la pollution disparaît, les arbres repoussent, les oiseaux reviennent.

Je jette un coup d'œil autour de moi, change les murs jaunis et craquelés en murs lisses et blancs rehaussés de rouge sombre. La plomberie siffle à nouveau, les radiateurs se raccroche, le gaz se rebranche, l'électricité reviens ! Un sourire à ta petite bouille qui dort sur ce lit.

Je lâche le contrôle d'Ombre et range ma pièce. Je m'approche, enlevant mon manteau. Si cette Ombre a changée, il reste encore quelque chose à y faire. Je te prends dans mes bras, t'arrachant à ce… Nid de puces, pour te déposer comme je l'ai fait jadis pour mon fils au creux de mon manteau.

Je retrousse mes manches, je saisi le mobilier et le passe par la fenêtre, chaque objet qui disparaît est aussitôt remplacé. Pour une fois que le Logrus me sert à quelque chose…

Culottes, sous-vêtements, T-shirts, pantalons, vestes. Tant de choses hors d'usage. Je modifie tout ça, je brasse tant de saleté que l'air est irrespirable !
Une nouvelle garde robe, une nouvelle penderie, une nouvelle armoire, une chaîne Hi-fi, un lecteur de DVD, une vidéothèque ! Allons-y joyeusement, ce n'est rien finalement, mais je veux te prouver que le confort existe !

Le salon a de nouveau forme humaine. Propre, il sent bon. Le lit est large, confortable, une petite lampe de chevet, un porte-photo. Un regard sur toi, petite sœur, tu dors encore, ton sommeil forcé semble t'apaiser. Je retrouve le visage de la petite fille que j'avais voulu sauver…

Mais ce n'est pas fini, ça c'est qu'un début en fait…

Sur la porte “toilette” j'ai comme un doute…

J'ai affronté beaucoup de monstre dans ma vie, mais j'ignorais qu'une chiotte et une douche puisse être aussi terrifiant. Je soupire , un rien découragé.
Je glisse une main dans ma poche, j'en tire la piécette. Je manque de courage là.

Je modifie la trame d'Ombre une fois encore, l'effort est difficile mais je le lui dois ! Les carrelages se ressoudent, les toilettes se nettoient, la douche se reforme, le miroir revient à la normal. Les produits de toilettes s'alignent dans l'armoire murale, du gel douche, des sels de bain, des crèmes, des brosses, du maquillage.

Que du superflu me dirait-on ? Mais du superflu qui donne au corps un peu de réconfort. La salle de bain est propre, ouf… J'allume l'eau, fait couler un bain, je sais qu'il me reste beaucoup à faire.

Le bain coule, les sels se dissolvent dans l'eau lui donnant de curieuses propriétés régénérantes, apaisante, et pour l'âme, et pour le corps.

Je repasse dans le salon, tu es toujours sur le sol, sur le tapis, roulée dans ma veste. Je te prends dans mes bras, te regarde un instant.

J'ai baigné mon fils, ma femme, une foule de malades, mais pour toi, te soigner prend un sens différent. Tes vêtements ne rejoignent pas la commode, mais la poubelle. De toute façon… Ils sont déjà remplacés.

Je te porte jusqu'à l'eau, t'y pose délicatement.





A t-on idée de se soigner à coups de Chatterton… Après avoir étudiée la médecine en plus… Mes doigts déroulent prudemment le scotch, les plaies sont à vif, elles suppurent…
Je nettoie ton corps, soigne les plaies, appliquent onguent et crèmes sur tes bleus, fait disparaître tes plaies.

Je te frotte la tête, te savonnant les cheveux avec prudence. Je soigne ta peau, a t-on idée de se faire souffrir à ce point ? Finalement à ton âge je n'étais pas différent…
Quoique tu en penses petite sœur, tu restes très féminine, tu as bien grandie depuis que je t'ai vu pour la première fois. Je rince tes cheveux, ils sentent bon le propre, ton cuir chevelu est comme neuf lui aussi. Plus de bleus plus de bosses. Mes dons de métamorphes modifient ton corps, le rendant plus performant, tu cicatriseras plus vite sœurette. Ils ont raison de tes dernières plaies.

Te voilà propre et saine. Un grand drap de bain et mes bras pour te sécher, je te porte jusqu'au salon. T'installes dans un fauteuil, la tête en arrière. Une paire de ciseaux, un peigne, un rien de patience.
Je te rafraîchis la tignasse, tes cheveux sont pleins de vigueur.

Je souris en te regardant grogner…
J'ai presque terminé petite sœur, presque…

Te voilà fraîche, tu sens bon, ta peau est douce, tes cheveux coiffés, tes plaies ne sont plus que de vieux souvenir. Je frotte la serviette sur ta peau, mes mains te réchauffent un peu. Ta peau est devenue douce.

Je te change, rapidement, un pyjama bordeaux en soie, confortable, chemise à manches longues, pantalon de même… Une paire de chaussette, les vieux réflexes de père reviennent vite.

Je te porte en te berçant légèrement, écarte les draps tout frais et t'y dépose. Je m'assoie sur le bord de ton lit, je prends ta main dans la mienne, écartant les quelques mèches de tes cheveux de ton front.

“Natasha, ma puce… Dans quel état tu as pu te mettre…”

Je continu à te câliner en relâchant doucement mon étreinte sur ton inconscient, tu vas te réveiller je le sais.

Tu ouvres un œil, plus que surprise, paniquée. Un sourire, une caresse, la confiance, je t'apaise…

“Chhhhtttt, c'est moi, c'est ton frère… Calme toi petite sœur, j'ai repris un rien ta vie en main…”

Tu ne comprends pas, tu veux te lever, tu te redresses un peu vite. Tu te heurtes à moi, te voilà prise au piège, mes bras se referment sur toi. Depuis combien de temps n'as tu pas eût de tendresse ?

“Dorénavant, voilà ce qui va se passer. A chaque fois que tu te feras du mal, je serais là pour te soigner ! A chaque fois que tu t'enfermera en enfer, je t'en tirerais de gré ou de force…”

Petite sœur s'énerve, me griffe, me frappe, se débat, un peu… Pas beaucoup… Plus du tout…

“Voilà petite sœur, c'est mon cadeau de Noël. Une famille, un peu de paix, que tu sache que je suis là et que je veillerais sur toi, tout Sang Réel que je suis.”

Tu ne luttes plus, tu te laisses faire. Tu reste dans mes bras, je caresse tes cheveux sourire aux lèvres. Je te réinstalle dans mes bras.

“C'est ma confiance que je t'offre, et un peu de mon cœur… Et tu sais quoi ? On ne refuse pas un cadeau…”

Tu te laisses enfin aller, je sens tes larmes. Je te berce…

Natasha ? Natasha ? Joyeux Noël ma petite sœur…

Ton grand frère qui t'aime, petite sœur.

mardi 21 décembre 2004

Soubrettes


Petit croquis de Renan pour illustrer une séquence du jeu de rôle Ambre, sur le forum Ambreworld. Il représente les personnages de Kiara du Chaos, son compagnon Under d'Ambre et bien sûr Premutos, tous les trois habillés en petites soubrettes. Un habile camouflage pour passer inaperçu dans le palais hautement gardé qu'ils ont infiltrés pour leur mission.
 
Les personnages masculins, évidemment, font la tronche, alors que Kiara affiche une mine plutôt réjouie. Ce qui est totalement out of character lorsqu'on la connait, mais pour le gag...

mercredi 8 décembre 2004

Mad Max



MAD MAX
(1979)

Archétype même du road movie, Mad Max est une œuvre culte et légendaire, au même titre que son héros. Généralement prit comme référence du film post-apocalyptique, Mad Max est en fait souvent confondu avec sa séquelle. Car pour le coup, le film ne se passe pas encore dans un futur dévasté, et on pourrait même dire qu'il est le seul et unique film pré-apocalyptique.
Le film nous présente en monde en perdition, mais où la civilisation existe encore. Et l'imminence de la fin du monde est palpable à chaque instant. Que ce soit à cause de la barbarie dont font preuve certains malades sur la route, ou de l'impuissance de la police, dont les locaux ne sont que des ruines, face à un monde vivant dans la terreur et ne souhaitant pas témoigner contre leurs agresseurs.
Dans cet univers, les policiers de la route finissent par apprécier tout autant les courses poursuites que les malades qui les provoquent. Parmi eux le jeune Max Rockatansky, pilote d'un V8 Interceptor, que son chef aimerait ériger en héros pour redonner espoir à la population. Mais lorsqu'il provoque la mort du Nightrider au terme d'une poursuite aux allures de vrai course (le Nightrider perd toute son agressivité une fois que Max l'humilie à sa façon, en lui montrant qu'il est lui-même plus rapide), il attire dans les parages un gang de motards dirigé Toecutter, désireux de le venger.
Finalement la barbarie régressive de l'homme est présente des deux côtés, et si les policiers ne sombrent pas tout à fait c'est parce qu'ils croient encore pouvoir rétablir l'équilibre dans leur monde. Max est de ceux là, pulvérisant ses adversaires au nom de ce en quoi il croit, et trouvant le réconfort auprès de sa famille et de son coéquipier. Pourtant, comme il l'avoue lui même, il ne sent aucune différence entre lui et ceux qu'il pourchasse et à peur de devenir comme eux.
Après la tragédie qui frappe son coéquipier, brûlé vif par Toecutter, Max se rend compte qu'il n'est pas intouchable et prend quelques vacances. Malheureusement sa famille va devenir la cible du gang, achevant de transformer Max en un malade du volant assoiffée de revanche, comme il le redoutait… 
Ce parti-pris est ce qui rend le film, en tout cas le scénario, des plus intéressant. Nous n'avons pas vraiment affaire à un héros manichéen mais à un homme normal que la sauvagerie guette. Et lorsque tous ses repères disparaissent et qu'il sombre dans cette folie meurtrière, le monde qui paraissait garder un semblant d'existence fini par disparaître également. Dans la logique du personnage qui a tout perdu, le film s'oriente vers le post-apocalyptique, la catastrophe qui détruit le monde dans Mad Max 2 pouvant être assimilée à celle qui a détruit Max dans ce premier opus.
Si le paysage de l'Australie aide beaucoup à l'aspect road movie et apocalyptique du film, il lui donne aussi un aspect très "Wild West" que George Miller exploite autant graphiquement que narrativement. Ainsi Max, alors errant sur les routes à la recherche de vengeance, n'est pas sans renvoyer aux personnages principaux des westerns de Sergio Leone, fantomatique, vengeur, mystérieux et pas spécialement gentil. Les motards quant à eux, évoquent les desperados en chevaux, et si le Toecutter fait penser à un animal sauvage par de nombreux aspect (son comportement, ses mimiques, son physique), c'est clairement parce qu'il est celui qui semble le plus issu d'un western transalpin. Et de nombreuses scènes pourraient être restituées dans ce genre. Que ce soit la progression lente de la narration, l'arrivée des motards dans une petite ville, venant chercher le cercueil du Nightrider à la gare, les courses poursuites filmées de la même façon qu'un duel (l'aile d'un véhicule en avant plan tandis que se profile l'adversaire en arrière plan), l'escapade punitive de Max, les agressions des motards… On y retrouve la même sauvagerie dont l'Homme est capable, tuant pour un rien, instaurant la terreur dès son arrivé. Max, dont le regard vide montre qu'il n'existe plus vraiment, agit froidement et brutalement pour se venger, et la dernière scène clôture le film sous un choc final tout simplement électrisant. Il donne le choix à sa dernière victime entre se couper la cheville ou mourir dans une explosion… George Miller va jusqu'à insérer des images d'oiseaux pour iconiser les personnages: le corbeau pour les motard, l'aigle pour Max.
Cette violence, alliée à une puissance motorisée à l'état brut rarement égalée (la couse poursuite ouvrant le film dont l'impact est encore intact malgré le poids des années), à cependant causé de nombreux problèmes à Mad Max, alors considéré comme trop graphique et interdit ou bien censuré dans de nombreux pays. Un problème qui n'est pas sans renvoyer à celui que subit Massacre à la Tronçonneuse quelques années auparavant. Les films ne sont pas spécialement violent visuellement parlant mais montrent à quel point l'Homme peut être sauvage, créant une tension toute particulière et un climat unique. Il fallut attendre Mad Max 2, simple film d'action aux proportions épiques et au succès internationale pour permettre la réhabilitation de Mad Max.
Aux rayons des anecdotes, on peut noter que les fameuses scènes des yeux exorbités, lors des morts du Nightrider et de Toecutter, viennent d'une fausse tête. Un accessoire que George Miller a réutilisé pour un sketch dans Histoires Fantastiques. Quant à Mel Gibson, il ne doit sa présence qu'à un gros coup de chance: venu au casting pour accompagner un ami, il fut repéré suite à son visage blessé lors d'une bagarre. Rappelé pour faire auditionner un rôle de bad guy, on lui demanda finalement d'essayer le personnage de Max. Enfin le manque de budget du film obligea George Miller à supprimer de nombreuses cascades de son film et à utiliser son propre van dans l'une des scènes (tout bonnement pulvérisé à la fin de celle-ci).
Mad Max est un film unique, très différent de ses séquelles bien qu'on ait tendance à l'oublier. Et quoi qu'ayant prit quelques rides, la puissance qui se dégage du film reste intact.

Chef d'œuvre.