dimanche 22 juin 2003

Cube² : Hypercube (2002)


CUBE² : HYPERCUBE
(Canada, 2002)

Réalisation: Andrzej Sekula
Scénario: Sean Hood et Ernie Barbarash & Lauren McLaughlin
Musique: Norman Orenstein
Avec: Geraint Wyn Davies, Kari Matchett, Neil Crone, Matthew Ferguson, Barbara Gordon, Lindsey Connell

Plusieurs personnes qui ne se connaissent pas et qui n'ont apparemment rien en commun se réveillent dans un lieu étrange, constitué uniquement de pièces cubiques avec un passage à chaque mur. Ils tentent alors de trouver la sortie, tout en cherchant à comprendre où ils sont et pourquoi...

Si le premier Cube était un très bon film, sorti en salle alors qu'on ne s'y attendait pas, et qu'il avait le mérite d'être original, ce n'est absolument pas le cas de cette séquelle, tout à fait inutile.
La première chose qui marque, c'est la réalisation. Là où Vincenzo Natali donnait de la claustrophobie dans les pièces du Cube, Sekula (chef opérateur du premier film) lui offre une impression de grandeur, sa caméra flottant dans l'espace-temps, usant de l'image de synthèse pour rajouter de nombreux mouvements amples et cadrant étrangement ses personnages (gros plans inutiles sur diverses parties du corps, décadrages volontaires, caméra d'épaules, split-screen) ; le tout avec une extrême mollesse qui se ressent et freine encore plus le rythme déjà lent du film, qui devient vite soporifique car inerte (ça parle beaucoup pour ne rien dire et ça ne bouge pas vraiment). L'aspect technique vient renforcer cette mauvaise réalisation, Sekula usant de plans numériques foireux, approximatifs et déjà dépassés depuis longtemps, conférant à Cube² un aspect proche du jeu vidéo très "cheap" (voir la fin, lorsque le Cube se déstructure, ou les effets de distorsions temporelles et les pièges).
Le Cube lui-même diffère du premier, troquant les couleurs différentes pour des pièces absolument toutes semblables, d'un blanc aseptisé (le réalisateur souhaitait que sa version soit plus froide et intemporelle).
A cela vient s'ajouter un scénario inepte, effarant de nullité face à l'efficacité du script du premier volet. L'intrigue est simple: c'est exactement la même que dans le film précédent. Seulement cette fois l'effet de surprise n'est plus et on se contente de remplacer l'attardé mental par une vielle femme sénile, le nouveau groupe se composant ici d'un aveugle, un adolescent, une avocate précieuse, une brute épaisse et une femme élevée au rang d'héroïne dès le début. Des stéréotypes usés jusqu'à la corde, d'autant que l'on sait directement ce que chaque protagoniste ou presque va devenir, là où Cube attendait de vraiment mettre ses personnages à l'épreuve avant d'installer la tension, toujours plus montante.
De plus l'histoire ne fait preuve d'aucune nouveauté par rapport à l'original, si ce n'est d'inclure la théorie de l'Hypercube, une cube contenant des dimensions parallèles (temps, largeur, profondeur et une multitude d'autres). Les scénaristes mettent alors au point de fumeuses théories sur la téléportation quantique (mieux vaut revoir la série Code: Quantum, c'est plus drôle) à laquelle ici tout le monde croit (sauf le spectateur !) sans même se poser de question sur la probabilité de telles inepties. On peut d'ailleurs noter que bien que l'un des écrivains, Sean Hood, possède une formation universitaire poussée dans les mathématiques, la plupart des formules inscrites dans le film sont incorrectes.

Rajoutez des flashbacks qui se passent hors du Cube (ce qui évapore encore plus le concept de claustrophobie), notamment pour la présentation des personnages avant leur emprisonnement, la présence d'un être à l'existence hypothétique qui aurait été créé génétiquement pour être supérieur à l'Homme, lequel serait un hacker surpuissant et recherché par ses créateurs, le fait que tous les personnages aient un point commun avec l'existence du Cube (ce qui entraine une certitude quant au fait que celui-ci soit l'objet d'une conspiration), un épilogue se déroulant hors de ce dernier (là où l'original conservait toute son énigme), dans un hangar plein de militaires qui semblent agir pour le Gouvernement et montrant l'aspect extérieur de la chose comme un liquide façon Stargate (alors qu'un des personnages du premier film était le concepteur de la coque externe), un humour qui ne fonctionne jamais ainsi que l'abandon pur et simple de la violence: il n'y a pour ainsi dire aucun piège mais des distorsions temporelles qui permettent de retrouver en vie des personnages déjà mort. Et surtout, des dialogues qui laissent sans voix tellement ils sont nuls ("C'est horrible cet endroit.", "Aidez-moi j'ai peur !"). Le final n'est pas un happy-end et est censé surprendre le spectateur par une série de retournements de situation tellement gros qu'ils agacent plus qu'autre chose. Sans parler des protagonistes, insupportables comme cette vieille dame, amusante au début mais vite prise de tête au fil du film, ou cette aveugle hystérique qui ne sert strictement à rien si ce n'est à une des surprises de la conclusion, laquelle arrive de manière tellement rapide que le spectateur ne peux l'accepter. Au point que de se demander si ce n'est pas une idée rajouté en dernière minute.
Bref, rien ne peut sauver ce film de la catastrophe: mal filmé, mal joué, déjà vu, énervant, pédant mais jamais à la hauteur de ses ambitions. A éviter en somme.
On note la promesse d'une autre séquelle à la fin (on nous apprend ainsi que la "phase 2" est terminé, sans parler d'un objet qui est récupéré mais dont on ne sait absolument rien). Malgré sa nullité, Cube² obtint le prix de la critique au Fantasporto 2002 (Portugal) et à échappé de peu au prix du meilleur film (!) au profit de Intacto. Quant à Kari Matchett, on la retrouve étrangement dans le Cypher de Natali, sa seconde réalisation après Cube...

LA SCÈNE: Le final, qui plombe tellement l'énigme du premier Cube sans pourtant apporter de véritable explication, tellement aberrant qu'il en devient le seul véritable souvenir que l'on peut avoir du film.

[Ciné] Evil Dead


Evil Dead
The Evil Dead (1981)
Cap Cinéma, Blois (41)


[Ciné] Cube 2: Hypercube


Cube 2: Hypercube
Cube²: Hypercube (2002)
Cap Cinéma, Blois (41)


vendredi 20 juin 2003

La Fille de Jack l'Éventreur (1971)


LA FILLE DE JACK L’ÉVENTREUR
Hands of the Ripper (Grande-Bretagne, 1971)

Réalisation: Peter Sasdy
Scénario: L.W. Davidson (d'après le roman de Edward Spencer Shew)
Musique: Christopher Gunning
Avec: Eric Porter, Angharad Rees, Jane Merrow, Keith Bell, Derek Godfrey, Dora Bryan

La femme de Jack l'Éventreur découvre le secret de son mari, qui la tue sous les yeux de leur propre petite fille. Des années plus tard, celle-ci fini par tuer la personne l'ayant adoptée. Elle est prise en charge par un docteur qui ne se doute pas de qui elle est réellement. Traumatisée par la mort de sa mère, l'enfant réagit bizarrement lorsqu'elle voit un objet brillant, tombant en transe. Est-elle possédée par son père, ou est-ce tout simplement un trouble mental dû à son choc traumatique ?

L'histoire n'est pas réellement une adaptation du roman de Edward Spencer Shew puisque de nombreux éléments ont été changé.
Comme la plupart des films de la Hammer, l'intrigue se déroule sous l'ère Victorienne. Considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs films de la firme, Hands of the Ripper est effectivement très réussi. L'ambiance n'est pas sans rappeler le giallo italien en plusieurs points: tout d'abord l'esthétisme du film, en particulier lors de la scène finale faisant immédiatement penser à du Dario Argento. L'atmosphère elle-même n'est pas aussi prude que dans certaines autres productions, et ainsi les prostituées de White Chapel ont un langage grossier, l'une d'entre-elle se révèle être une lesbienne ayant un penchant pour les toutes jeunes filles (le sujet est très discrètement abordé au long du film, par ce protagoniste tout comme le personnage principal qui tombe progressivement amoureux de cette enfant, au point de l'embrasser sur la bouche). L'érotisme vient se faire assez insistant,  avec cette catin prostituée qui touche les seins de la jeune héroïne tout en parlant des siens, ou quand le prétendant de la fille l’Éventreur n'hésite pas à rentrer dans la salle de bain alors que celle-ci est encore dans sa baignoire. Il y a même un personnage aveugle qui renvoi a lui tout seul au
giallo dans la scène finale. On se rappel l'importance que Lucio Fulci accordait aux yeux, on pense aussi au Chat a Neuf Queues de Dario Argento. Enfin, les "mains" de Jack l'Éventreur viennent effectivement remplacer celles de sa fille lors des meurtres, de gros plans nous montrant alors celles-ci couverte de cicatrices qui n'appartiennent pas à l'héroïne. De même, les meurtres sont étonnamment sadique et gore (le film eu d'ailleurs quelques problèmes avec la MPAA aux États-Unis): des aiguilles dans les yeux, des gorges tranchées, sans oublier l'étrange miroir à main, brisé de telle sorte qu'il se transforme en véritable poignard, le morceau de glace restant étant comparable à une lame.
Ces crimes semblent avoir été commis par une personne très puissante (une femme est empalée par un tisonnier qui ressort au travers d'une porte en bois de chêne). Alors qui est le meurtrier ? Est-ce vraiment Jack l'Éventreur qui possède l'esprit de sa fille, ou bien celle-ci est-elle tout simplement schizophrène ? Le doute est laissé (le spectateur lui-même, voyant les mains de l’Éventreur à la place de celles de l'héroïne, ne peut même plus croire ce qu'il voit, au même titre que les personnages du film qui, ne voyant jamais la fille entrer en transe, ne savent vraiment de quoi il en retourne, chacun ayant son opinion). D'ailleurs, le film prend bien soin de prendre pour héros une personne athée et penchant pour la psychanalyste (Freud est cité). Le problème, comme bien des productions Hammer, c'est que celui-ci est souvent en tort puisque ne croyant jamais au surnaturel avant d'y être finalement confronté et obligé d'admettre son existence. Celle de Dieu aussi du coup, même si cela n'est toujours pas explicitement rapporté au spectateur (on se souvient, par exemple, des Cicatrices de Dracula avec Christopher Lee). C'est assez décevant ici puisque l'intrigue perd alors de son énigme pour redevenir un simple film fantastique.
On note un très mauvais générique de début, mettant le film en arrêt sur image à chaque plan pour inscrire les écriteaux (ce qui devient vite énervant, ce que la musique très "ambiance bourgeoise" n'améliore pas).

LA SCÈNE: La scène finale renvoyant au giallo. La confrontation entre la fille possédée et l'aveugle renvoie immédiatement à ce genre italien, renforcée par un esthétisme fascinant à la Argento, jusqu'à la fin du film. On regrettera cependant que l'on puisse prévoir celle-ci  lorsque cette dernière scène arrive...


mardi 3 juin 2003

Corps et Âme


Vieux projet vidéo datant du lycée, conçu pour un exposé en Arts Plastiques. Il s'agit du travail et du concept de Wendy, une amie, pour son sujet. J'ai simplement tourné les scènes sous sa direction et nous avons fait le montage ensemble. La vidéo est volontairement bizarre, créée pour donner une atmosphère particulière et être diffusée tout au long de l'entretien, sur le thème "Corps et Âme". L'ironie étant que le film n'aura finalement pas été utilisé en raison d'un petit soucis, la personne devant transmettre la copie du film à Wendy ne l'ayant pas fait...

La musique très particulière de cette vidéo est un remix de différentes musiques/séquences audio de films d'horreur italiens des années 70/80, réalisé par un dénommé "rockOPERA". On peut trouver ce morceau en temps que bonus track sur une OST de L'Enfer des Zombies de Lucio Fulci avec d'autres reprises de ce film. Parmi les différents samples utilisés (issus des versions anglaises internationales), on peut reconnaître bien sûr L'Enfer..., mais également Frayeurs et Cannibal Holocaust entres autres. Je ne crois pas avoir pu tout identifier encore. Si quelqu'un y parvient, n'hésitez pas à me prévenir !