mercredi 22 mai 2002

Tigresses (1978)


TIGRESSES
Solimsa heukpyo (Corée du Sud, 1978)

Réalisation: Hyeok-su Lee
Scénario: Il-mok Lee
Musique: Min-seob Jeong
Avec: Lingfeng Shangguan, Jeong-ran Kim, Yeong-in Kim, Bong Choi...

Dans une province, une jeune femme tue les hommes de main de celui qui règne sur le village. Cette vengeance date de son enfance. Elle fut séparée de sa sœur et ses parents furent assassinés par un homme voulant prendre la place de chef du père des deux filles. Elle affrontera plusieurs gardes de ce chef, jusqu'à ce que celui-ci s'allie avec une autre jeune femme aussi douée qu'elle...

Un vieux film très prévisible. Évidemment que la deuxième femme est la sœur de la première. On pense à Ninja Scroll, l'héroïne affrontant différents gardes ayant chacun des pouvoirs spéciaux. L'image est moche et de très mauvaise qualité, jonglant avec les contre-jours et les séquences nocturnes (on ne voit donc pas grand chose). Les combats sont amusants et possèdent chacun de petites trouvailles (tempête de feuilles, bouche lance-flammes). On retrouve dans l'histoire des éléments maintes fois utilisés, comme les deux enfants séparés possédant chacun une moitié de médaillon. L'humour domine, notamment au cours d'un combat contre un Noir. Celui-ci se fait frapper plusieurs fois au visage et, alors que son adversaire s'arrête, continu de bouger la tête comme s'il recevait encore d'autres coups. Toujours dans le même combat, le Noir fini par avoir un malaise à force de voir son adversaire abuser de sauts câbles (très courant dans ce genre de film).

LA SCÈNE: Le combat final dans la plaine enneigé est la meilleure scène du film. Le combat en lui-même est supérieur aux autres, se permet un petit instant gore, et surtout rend subitement le méchant un peu plus humain. Celui-ci n'est absolument pas de taille contre l'héroïne et le voir se recevoir d'innombrables coups au ralentit alors qu'il est incapable de continuer à se battre peu paraître déloyal. L'héroïne perd son statut pendant un instant, ne laissant de son personnage que celui d'un être plein de haine, achevant sans sourciller son adversaire. Cette scène conclut le film, non sans nous montrer les deux sœurs enfin réunies s’étreindre, ignorantes du sort du vieux manchot ayant aidé l'une d'elle, alors tué par un des gardes du chef.


mardi 21 mai 2002

Bodyguard (1992)


BODYGUARD
The Bodyguard (USA, 1992)

Réalisation: Mick Jackson
Scénario: Lawrence Kasdan
Musique: Alan Silvestri
Avec: Kevin Costner, Whitney Houston, Gary Kemp, Bill Kopps, Tomas Arana

Une star est la victime d'un psychopathe qui la traque sans relâche. Ignorant ce fait, car caché par son entourage, elle supporte mal l'arrivé d'un garde du corps de renom. Ce dernier fut l'un des gardes du corps de Président Reagan, et ancien des Forces Spéciales. Les rapports entre les deux personnes sont orageux, jusqu'au soir où, dans une boîte, la vedette manque de se faire agresser par une horde de fans. Frank, le garde du corps, la sauve. Il vont alors peu à peu tomber amoureux, alors que le psychopathe poursuit sa tâche...

Sur une trame classique, au scénario sans surprise, Jackson installe une histoire d'amour qui soulève le problème des relations entre les stars et leurs gardes du corps. Le film accumule les stéréotypes (les rapports entre la star capricieuse et le garde du corps stoïque, le gamin de la star en admiration devant cet homme et qui n'a pas de père, le chien...), et les personnages sont trop caricaturaux (la star est ainsi chanteuse, danseuse, actrice et organise des concerts dont les fonds iront à une association pour enfants malades, le garde est un pro des armes et réussi à poursuivre à pieds une voiture en fuite). Il critique pourtant bien l'extravagance du monde de Houston, grâce au personnage de Costner (voir son arrivée chez Houston, le brunch et la cérémonie des Oscars). Ce perso reste d'ailleurs assez énigmatique pendant tout le film, ne parlant guère, le regard souvent sombre, ayant un passé trouble que le film ne dévoilera pas. Reste les scènes comiques (film tout public oblige), qui fonctionnent bien (surtout celle où Costner essaye de rentrer dans une pièce en poussant une porte contre laquelle est allongé un chien). Le film se laisse donc regarder même si certaines idées sont convenues d'avance (le premier psychopathe innocent qui en cache un autre plus dangereux, la sœur jalouse, le méchant connu par le héros...).
Bodyguard reste l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma (et l'une des meilleurs ventes de cassettes vidéos), donna à Whitney Houston son premier rôle au grand écran, aura permis aux producteurs (dont Costner et le scénariste) d'engranger la somme de 400 millions de dollars et la B.O. est devenue l'un des plus grands succès commerciaux avec près de 35 millions d'albums vendus. A noter que la série Les Simpsons parodieront le film (musique comprise) lors d'un épisode où Homer devient garde du corps après avoir sauvé Mark Hammil (se doublant lui-même) pendant une convention sur Star Wars qui dégénère comme le brunch.

LA SCÈNE: Lors de la cérémonie des Oscars, alors que la tension monte de plus en plus et que l'on fini par découvrir l'identité du psychopathe. Au terme du suspense, le film tombe dans la violence fugitive (les deux coups de feu tirés par Costner). Un peu plus tard, on retrouvera le premier psychopathe dans la foule qui observe le couple de héros monter dans une ambulance.


samedi 18 mai 2002

Une Balle dans la Tête (1990)


UNE BALLE DANS LA TÊTE
Bullet in the Head (Hong-Kong, 1990)

Réalisation: John Woo
Scénario: John Woo, Patrick Leung, Janet Chun
Musique: James Wong, Romeo Díaz
Avec: Tony Leung, Jacky Cheung, Waise Lee, Simon Yam

Hong-Kong, 1967. Trois amis vivent leur vie entre les bagarres de gangs et les émeutes. Apparemment, rien ne pourrait avoir raison de leur amitié. Mais lorsqu'ils se retrouvent au Vietnam, tout dégénère. Là, ils feront la connaissance d'un tueur et d'une jeune femme. Mais l'or, l'amour et la guerre finissent progressivement par changer les trois hommes. Autrefois les meilleurs amis, des conflits commencent à voir le jour entre eux...

Sûrement le film le plus violent de John Woo, et le plus représentatif du réalisateur. On y retrouve d'ailleurs pratiquement tous les éléments de ses anciens et futurs films. La présence d'hirondelles dans le film est la marque de Woo qui utilise cet oiseau dans tous ses films. On y voit aussi un tueur implacable tomber amoureux d'une jeune femme et qu'il tentera d'aider, comme une sorte de rédemption (The Killer), l'amitié (presque fraternelle) entre les trois amis se détériorer (Le Syndicat du Crime 1), une course poursuite en voiture renvoyant à celle en moto de Mission: Impossible 2, la fin du film sans ellipse temporelle après la dernière scène d'action, où le générique de fin commence sur les images des décors en flammes détruits par les explosions et des coups de feu, le héros blessé et inondé de sang alors qu'à terre gît son ennemi qu'il vient de tuer (The Killer, Le Syndicat du Crime 1). Woo compare la violence des tueurs, relativisée par celle, encore plus sanglante, des guerres (comme Sergio Leone dans Le Bon, La Brute et le Truand) et des émeutes (un jeune vietnamien est exécuté d'une balle dans la tête et son sang n'arrête pas de couler, les Vietcongs obligent leurs prisonniers à s'entretuer, les répressions de la police sur les manifestants). Il nous surprend par le contraste entre le début et la fin du film. Le début très fleur bleu où tout le monde est beau et gentil, et la fin où les personnages ont régressés de façon primitive (voir celui blessé à la tête par une balle) et ont basculés dans la violence sordide ; ils sont longtemps des témoins de ces horreurs et finissent par être contaminés par cette violence. La rupture entre les deux extrêmes a lieu lors d'une scène très bien montée: alors qu'au cours d'une émeute, deux amoureux se retrouvent, un soldat trouve une bombe qu'il doit désamorcer. Les amoureux s'embrassent au même instant où le démineur achève sont travail. Enfin, la fille décide de renoncer à une vie commune avec son homme à l'instant précis où le démineur s'aperçoit que la bombe était piégée et qu'une seconde lui explose au visage (comparatif entre l'homme déchiré par la déclaration de sa femme et l'homme démembré par une bombe). Woo expérimente certaines techniques, notamment les arrêts sur image et les fondus. Les images de certaines scènes sont très belles (les scènes de pluie nocturne, l'éclairage bleuté par moment, le soleil éclairant magnifiquement la nature du Vietnam), et d'autres possèdent de grandes significations, notamment à la fin du film où la poursuite en voiture renvoie (par flash-back) à celle en vélo au début. Ces deux poursuites se font au même endroit. Lors de celle en vélo, les amis devaient s'arrêter au dernier moment sur le quai et l'un d'eux n'arrivait pas à arrêter son vélo à temps, manquant de tomber dans l'eau. La course poursuite en voiture nous remontre exactement la même chose, sauf que le personnage devant tomber est absent de la scène, car mort le premier plus tôt dans le film. Malgré toutes ces horreurs, Woo réussit à apaiser le spectateur quand un des personnages rentre chez lui après plusieurs mois d'absence, et se retrouve face à sa femme, découvrant pour la première fois son enfant (une scène renvoyant à la scène finale du futur Time and Tide de Tsui Hark). Avec ce film, Woo dénonce l'absurdité de la violence, quelle qu'elle soit. Violence gratuite, vengeance, guerre, amour impossible, folie, exécution, répression, attentat... Tous les dérivés de la violence sont présent.

LA SCÈNE: Celle dans le camp Vietcong, lorsque les soldats oblige un des personnages à tirer sur d'autres prisonniers, et qu'il commence à devenir fou.

A noter qu'à l'origine, ce film devait être une préquelle du Syndicat du Crime, mais Tsui Hark n'accepta pas l'idée. Woo dû cesser sa collaboration avec lui et fonda la "John Woo Film Production Ltd" pour faire le film.



jeudi 16 mai 2002

Le Commando des Morts-Vivants (1977)


LE COMMANDO DES MORTS-VIVANTS
Shock Waves (USA, 1977)

Réalisation: Ken Wiederhorn
Scénario: John Kent Harrison, Ken Wiederhorn, Ken Pare
Musique: Richard Einhorn
Avec: Brooke Adams, Peter Cushing, John Carradine, Luke Halpin...

Un petit groupe arrive sur une île suite à un accident de bateau ayant heurté une épave de navire de la Seconde Guerre Mondiale. Ils ne savent pas que sur cette île a disparu, après la guerre, un groupe de SS ayant subit des expériences génétiques pour le projet du soldat parfait...

Ce film fut tourné en 16mm pour un budget dérisoire.
"Ce n'est pas tout à fait le film que j'espérais, mais je l'aime bien quand même avec son esthétique très Hammer", déclare Wiederhorn. Le film fait à la fois penser à Zombi 2 (la moiteur de la jungle, l'arrivée du groupe sur une île après l'accident de bateau) et à Anthropophagus (l'île déserte), bien que ces deux films italiens aient été réalisés en 1979. Le film possède de belles séquences, comme les prises sous-marines, les soldats sortant de l'eau, les plans de l'épave et de l'île.
Peter Cushing est excellent dans son (court) rôle. Sa première apparition se fait en contre-jour et seule sa silhouette est visible, mais tout de suite reconnaissable. John Carradine est lui aussi  excellent dans son rôle (encore plus court), bien qu' "(...) a l'époque, perclus d'arthrite, il avalait des tonnes de médicaments. Il ne pouvait pas participer aux répétitions et je ne savais jamais ce qu'il me réservait pendant les prises. Vous le pensiez endormi, et le voilà qui bondissait comme un cabri pour vous offrir un formidable numéro d'acteur !" dixit Wiederhorn. Par contre, les autres personnages sont inconsistants, car dès le début du film le spectateur sait qui survivra (le film est un flash-back).
Les soldats ont un maquillage très limité et font très kitsch avec leurs grosses lunettes de plongée, mais la plupart des apparitions, quand ils sortent de l'eau ou qu'ils sont filmés en contre-jour, sont réussites. Le suspens est assez bien mené et la belle Brooke Adams porte très bien le bikini.

Source: Mad Movies #53

LA SCÈNE: Peut-être celle où le sportif est agressé dans la piscine la nuit (avec un beau plan en contre-jour d'un soldat immobile).


mercredi 15 mai 2002

Foutaises (1989)


FOUTAISE
(France, 1989)

Réalisation: Jean-Pierre Jeunet
Scénario: Jean-Pierre Jeunet, Bruno Delbonnel
Musique: Carlos D'Alessio
Avec: Dominique Pinon, Chick Ortéga, Marie-Laure Dougnac

Un homme raconte ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas.

Le dernier court-métrage de Jean-Pierre Jeunet avant qu'il ne passe aux longs. Celui-ci est en noir et blanc et il fonctionne sur le même principe du "aimer / pas aimer quelque chose" que Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, avec utilisation de différents effets (accélération d'images, changement de bruitages...). Jeunet fait appel à la mémoire collective ainsi qu'à celle de sa génération (le passage de l'école), tout comme dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Le générique de début fait penser à Delicatessen (un étalage de boucherie). Marc Caro (qui a réalisé avec Jeunet Delicatessen et La Cité des Enfants Perdus) n'est ici que sur le poste de "sons additionnels". A noter l'apparition du livre de George Perec, Je me Souviens... dès le début (mise en abyme).

LA SCÈNE: Bien que difficile à trouver dans un court, je pense surtout à la scène des aveugles.