mercredi 18 mars 2009

[FRAGMENTS] Gypsy Witch – Adieu à ma Fille

ADIEU À MA FILLE


    Je suis allongée sur une table de métal froid, nue si ce n'est un grand drap blanc qui me recouvre. Il fait noir, il n'y a aucun bruit et je ne ressens rien. Lorsque je reviens à moi, je comprends immédiatement où je me trouve avant même d'ouvrir les yeux. La morgue. Après tout ce temps, nous y voilà...
    Je me redresse sans hâte, accablée. Je ne suis pas déboussolée, je ne suis pas douloureuse. J'aurai préférée car je n'aurai pas autant conscience de la situation que je ne le suis maintenant. Lentement je me lève et descend de la table, me couvrant du drap. Pendant un bref instant, j'essaie de ne pas y penser et de vérifier ma condition. Pas de pouls, basse température, respiration facultative... Je suis bien morte. Ma seconde nature a pris le relais, m'octroyant une vision parfaite dans l'obscurité de la salle et une poussée de canines. Mes blessures ont déjà disparues tandis qu'une soif incroyable me brouille l'esprit.
    Ces vérifications faites, je cesse de perdre du temps et je quitte la salle vaincue par un sentiment de fatalité. J'ai beau savoir depuis longtemps que ce moment arriverait, c'est difficile. Dans ma tête naissent des centaines de scenarii où je me soustrais aux règles, où j'arrange les choses, mais je n'y prête aucune attention. Les dés sont pipés depuis le départ et je n'ai aucun moyen d'échapper à ce qui va suivre...

    Qui aurait cru que les couloirs d'une maternité soit si désert ? Rien ni personne ne vient entraver ma progression, et c'est peut-être ça le plus dur. Cette sensation d'inéluctabilité. Si mon corps était en meilleur santé, je tremblerai de tous mes membres.
    Et finalement j'y suis. Mes yeux se posent sur la grande vitre qui donne vue sur la dizaine de berceaux entassés dans la salle. Dans chacun d'eux, un petit être endormi. Je reste longtemps à les examiner, cherchant celui qui porte le nom que je lui ai choisi.
    Je me raidis lorsque je l'aperçois, inerte dans son petit lit, emporté par le sommeil. Si minuscule.

(...)

Texte inachevé. Un simple essai basé sur un arc narratif pas encore pleinement établit. L'idée était juste d'improviser pour voir ce que ça pouvait donner, peut-être pour une très courte nouvelle.

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