samedi 29 décembre 2007

Punisher MAX, vol.4: Mère Russie

Le nouveau Punisher vient enfin de sortir chez nous, toujours dans la violente et jusqu'au-boutiste collection Marvel MAX. Les dessins sont assurés par Dougie Braithwaite et le scénario, comme toujours, par Garth Ennis.

Cette fois il s'agit d'un crossover entre Frank Castle et une autre figure célèbre et moins super-héroïque de l'univers Marvel: le colonel Nick Fury, célèbre dirigeant du S.H.I.E.LD., pour qui Garth Ennis a déjà écris quelques aventures, elles aussi publiées chez Marvel MAX.

Fury, viré du commandement du S.H.I.E.L.D., est amer mais voit une possibilité de retrouver son bébé. Il lui faut empêcher un virus mortel d'être lâché contre les USA. Problème: l'inventeur du virus vient de mourir et a caché le virus ET l'antidote dans le corps de sa petite fille. Deuxième problème: les États-Unis souhaitent non pas empêcher la menace mais bien récupérer le virus à leur fins. Fury accepte de diriger les opérations et envoi sur place le seul homme capable de réussir cette mission: Frank Castle.

Notre Punisher, d'abord réticent, fini par se laisser embarquer dans cette aventure avec un vrai G.I. Joe dans les pattes. Le voilà donc en Russie, parti pour infiltrer un silo à missiles nucléaires afin de retrouver la fillette. Seulement voilà, la gamine n'est pas sans lui rappeler sa propre fille et le renvoyer à son image de père, depuis longtemps oubliée...

En voilà une histoire originale. Sur un début qui n'est pas sans donner un air de déjà vu (Au Commencement, deuxième épisode de la série, où Micro tentait de convaincre Castle de bosser pour l’État et assassiner des types comme Ben Laden), Ennis parle de terrorisme et de politique non plus au sujet de l'Irlande mais de la Russie. Un point de vue loin des cliché URSS / guerre froide qui fait plutôt plaisir à lire, et où les salauds sont pas toujours du côté que l'on croit. Toujours aussi violente et pleine de personnages détraqués, la BD nous donne ici un Big Jim qui se croit au top et un mongol spécialiste du kung-fu. Castle flingue et assassine à tout va mais avec cette fois un certain décalage sur la situation.


Moins froid et haineux que d'habitude, on le sent revenir sur son passé de soldat, se raccrochant sur une mission à accomplir (pas de tête de mort ni de costume noir d'ailleurs). Quant à Nick Fury, si sa présence est secondaire et ses rapports avec Castle sympathiques bien que trop brefs, il est toutefois très bien représenté et s'incorpore tout à fait dans l'univers. Enfin l'humour est toujours présent, notamment lorsque le Punisher lance un "j'ai comme une impression de déjà-vu" après s'être copieusement fait casser la gueule par un gigantesque russe.

Au final, ce que l'on retient le plus dans cet album c'est le fameux lien paternel qu'entretient Castle avec la gamine. Une humanisation du personnage qui ne plonge pas dans la mièvrerie et ne rachète pas une conduite au vigilante. Cependant le souvenir de sa fille et ses réactions face à l'enfant sont à la fois maladroites et touchantes. Ennis évoque de nouveau le massacre de sa famille et le rend toujours plus violent (on apprend ici que Castle tenta de ranger les entrailles de sa fille dans son ventre en lui chuchotant que "tout ira bien").

Mother Russia (traduit par Mère Russie chez nous) est une très bonne aventure du Punisher, et on espère qu'Ennis va poursuivre sur la lancée. 

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