jeudi 11 mai 2006

Death...


C'est d'une source pas vraiment officielle mais suffisamment sérieuse (Devil Dead) pour être considérée comme réelle que j'apprends la triste nouvelle: La firme "Fantastic Factory" disparaît. Brian Yuzna et Filmax International viennent de mettre un terme à leur collaboration.


Fantastic Factory ne sera jamais connue des cinéphiles "respectables" et lecteurs de Télérama. Et pourtant, Fantastic Factory avait des couilles, chose très rare pour notre époque. Co-création espagnole et américaine, elle fut fondée par le producteur Julio Fernández (celui qui nous aura permis de découvrir LE grand nom du Fantastique Espagnol actuel, Jaume Balagueró, avec La Secte Sans Nom) et du réalisateur américain Brian Yuzna que l'on ne présente plus (le délirant Society, les suites de Re-Animator). Autant dire l'association de deux grands talents. A leurs côtés, le réalisateur et comparse de Yuzna, le très bon Stuart Gordon (Re-Animator et From Beyond, deux grands titres).


Une courte production avec un rythme de parution assez lent. En 2001 tout d'abord, avec successivement un moyen Arachnid, grosse série B assez gore mais trop basique, le sympathique Dagon, d'après l’œuvre de Lovecraft, puis l'adaptation d'un comic-book ultra gore et politiquement incorrect, Faust: Love of the Damned. Silence radio par la suite jusqu'au titre supra attendu en 2002: Beyond Re-Animator, troisième volet de la série culte qui failli ne pas se faire. En 2004 sort discrètement chez nous Romasanta, une relecture du mythe du loup-garou à travers un whodunit se déroulant au XIXème siècle, et pour l'instant, les trois derniers films de la firme n'ont toujours pas été distribué: Rottweiler, un Terminator version canine, ainsi que La Monja et Beneath Still Waters.


Le soucis de Fantastic Factory fut, comme toujours, l'argent. Un manque de budget flagrant qui se voyait au travers d'un grand nombre de figurants espagnols, d'effets spéciaux numériques parfois foireux (très visibles dans Faust) et des unités de lieux limitées. Et pourtant on se souvient surtout de films meilleurs que la moyenne, très souvent complètement barrés (les productions étant espagnoles, pas de soucis liés aux prudes américains), et des noms connus des fantasticophiles.


Arachnid a été mit en boîte par Jack Sholder (réalisateur du classique The Hidden et du deuxième film de Freddy) et Stuart Gordon a pu continuer sa série de réadaptation de Lovecraft avec Dagon. En ce qui concerne Faust, l'adaptation est certes à des années lumières de la folie de la BD originale, mais a tentée ce qu'elle a pu pour rester dans sa logique (du gore, du pétage de plomb, une femme transformé en créature informe...) et surtout a pu bénéficier de la participation de Andrew Divoff (éternel Djinn des Wishmaster) et de Jeffrey Combs ! Grand ami de Yuzna et Gordon, Jeffrey Combs a par ailleurs pu reprendre son rôle culte du Dr. Herbert West dans le 3ème volet de la série, au côté de l'espagnol complètement barge Santiago Segura (l'inoubliable Torrente, vu aussi dans Action Mutante et... Trop de films pour citer !). Romasanta fut marqué par la présence de l'excellent Julian Sands (le Warlock entres autres), Yuzna a continué de mettre en scène avec Faust mais aussi Rottweiler et Beneath Still Waters, quant à La Monja, il a carrément Jaume Balagueró pour scénariste.


Le public d'aujourd'hui, gavé de SFX au "top" et de fantastique édulcoré tout public (aah les remake The Ring et Vanilla Sky...), n'aura évidemment pas suivi et on se doute que c'est ce qui a causé la fin de Fantastic Factory. Dommage car l'association de talents américains et espagnols était à la fois original, osé (Yuzna avait toutes les chances de foirer son coup en proposant cette association) et sacrément généreuse pour la communauté Fantastique.

Doit-on pleurer sur la mort de Fantastic Factory ? Et bien non ! Car si toutes choses à une fin, rien n'empêche de tout recommencer...


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